H.P. Lovecraft | L’ombre qui prit Innsmouth, §57

un récit essentiel de H.P. Lovecraft, présentation bilingue


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It was a living object — the first except the driver that I had seen since entering the compact part of the town — and had I been in a steadier mood I would have found nothing whatever of terror in it. Clearly, as I realised a moment later, it was the pastor ; clad in some peculiar vestments doubtless introduced since the Order of Dagon had modified the ritual of the local churches. The thing which had probably caught my first subconscious glance and supplied the touch of bizarre horror was the tall tiara he wore ; an almost exact duplicate of the one Miss Tilton had shewn me the previous evening. This, acting on my imagination, had supplied namelessly sinister qualities to the indeterminate face and robed, shambling form beneath it. There was not, I soon decided, any reason why I should have felt that shuddering touch of evil pseudo-memory. Was it not natural that a local mystery cult should adopt among its regimentals an unique type of head-dress made familiar to the community in some strange way — perhaps as treasure-trove ?


C’était une forme vivante – la première que j’aie vue, à part le chauffeur, depuis que nous étions entrés dans cette zone dense de la ville – et même si j’avais été dans un état d’esprit encore plus studieux, je n’aurais trouvé en lui aucun élément de terreur. Clairement, je le réalisai un instant plus tard, c’était le pasteur du lieu ; revêtu d’habits singuliers parce que l’Ordre de Dagon avait changé les rituels des églises locales. Ce qui avait probablement saisi mon premier regard inconscient, et fourni ce sentiment d’une horreur bizarre c’était la haute tiare qu’il portait ; une réplique presque exacte de celle que mademoiselle Tilton m’avait montrée le soir précédent. Agissant sur mon imagination, c’est ce qui avait donné des particularités sinistres et sans nom au visage indéfini, comme dérobé, sur la forme qui se traînait sous elle. Ce n’était pas, décidai-je bientôt, une raison suffisante pour que j’en aie ressenti le frisson démoniaque de la pseudo-mémoire. N’était-ce pas naturel qu’un mystérieux culte local adopte pour habitude un type unique d’ornement, d’une étrange manière devenu familier à la communauté – peut-être venu d’un trésor ?
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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 décembre 2017
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