Dylan, le livre

comment et pourquoi un livre de plus sur Bob Dylan...



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Bob Dylan, une biographie, on trouvera ci-dessous 2 épisodes du feuilleton présenté sur France Culture en février dernier, dans une réalisation de Claude Guerre, sur 2 points particuliers de l’histoire de Dylan : la rencontre avec Joan Baez en 1963, l’enregistrement de Blonde on Blonde en 1966.

C’est une grande chance d’avoir pu, en cours d’écriture de cet essai sur Dylan et l’écriture, le saisir avec l’imaginaire et les techniques propres de la radio, dans sa matière même : versions rares, documents sonores d’époque, sources et emprunts. Après le feuilleton Rolling Stones et celui sur Led Zeppelin, je remercie France Culture de nous ouvrir de telles portes, démultipliant les strates sous l’écriture...

- voir l’agenda pour les différentes présentations et lectures (Brest, Montpellier, Bordeaux, Toulouses, Strasbourg, Metz, Lille, Paris, Mantes-le-Jolie, Bruxelles...).

- itw en ligne : avec Aureliano Ronet pour MKII, et avec Mathieu Menossi pour evene.fr


- à l’écoute : 1963, la belle et le vagabond, 20’

- à l’écoute : 1966, Nashville et l’homme hué, 20’

- à lire : quelques réflexions sur la traduction

- des liens Bob Dylan

D’autre part, en introduction, cet entretien diffusé par mon éditeur, Albin-Michel :

 

1.Pourquoi entreprendre une nouvelle exploration de la vie de Bob Dylan, quand tant de livres lui ont déjà été consacrés ?
Dans le domaine anglo-américain, il y a une masse de livres bien plus grande que ce qui a été traduit en France. On connaît les mêmes éternelles figures de la vie de Dylan, on a multiplié les albums photos, les références factuelles, tel auteur a suivi les processus musicaux, tel autre les questions privées, mais il faut s’éloigner de Dylan pour retrouver l’histoire sociale américaine, la guerre froide, le mouvement des droits civiques, ou l’histoire parallèle du rock anglais. C’est la convergence de tout cela qui produit du sens, et qu’on a à démêler.
D’autre part, le fait que Dylan ait décidé d’écrire lui-même une passionnante traversée de son itinéraire, via ses Chroniques, mais en n’éclairant que quelques points de passage, et basculant souvent dans l’autofiction, nous ouvre une nouvelle lecture. Les Chroniques ont provoqué ces trois ans l’accès à toute une nouvelle strate d’archives.
Enfin, la littérature. Dylan est poète, et une poésie qui interagit avec l’ordre du monde. Il est lecteur assidu de Brecht et Rimbaud, il est très proche de Ginsberg, qui est un poète immense. Là, il y a tout à faire.

2. Après les Rolling Stones, Dylan. En quoi les années 60 et 70 engagent-elles votre travail d’écrivain ?
Au départ, pour moi, c’était juste une question de se connaître soi-même. Je suis né en 1953, l’assassinat de Kennedy j’avais 10 ans, c’était la première fois qu’on voyait un événement lointain en direct, via la télévision, et en couleur, via Paris Match. Un bouleversement considérable du rapport au monde. Et, en 1965, sont venues jusqu’à nous toutes ces musiques. Les objets, la consommation, les voyages, tout était affecté mais on ne considérait pas cela comme matière de l’histoire. Aujourd’hui, si je veux penser ce qui nous a menés, par exemple, à mai 68, je dois passer par tous ces micro-changements. Les Stones, Dylan, ce sont comme d’immenses chantiers archéologiques, des milliers de témoignages, d’images, et peu à peu on retrouve ce qu’on traversait nous-mêmes.
Je ne sais pas si c’est spécialement le fait qu’il s’agisse des années 60, des années 70. Je suis à la recherche de ma propre histoire, mon « temps perdu », et il y a comme des pics d’intensité : Dylan résonnera plus pour ce qui se passe en 1963, les Stones plus pour ce qui se passe en 67-69, Led Zeppelin plus pour 72-73.
Je crois que le plaisir, voire le vertige à entrer là, c’est un peu comme Saint-Simon parlant des maîtres de guerre de Louis XIV, ou de la mort du duc de Bourgogne : sur des individus comme Dylan ou les Stones se catalyse l’histoire du monde, et dans une configuration où tout se décide à l’adolescence. Où on retrouve l’école, les parents, et le mystère qui fait que c’est vous qui êtes choisi parmi cent mille anonymes qui font la même chose. Là, il y a encore à démêler.

3. A quoi, finalement, tient le mythe Dylan ? Comment expliquer une telle longévité ?
C’est hallucinant comme les chansons de Dylan nous poursuivent. C’est aussi le côté énervant de sa voix, sa façon de détimbrer. On a tous croisé, à un instant précis de notre vie, une chanson qui particulièrement nous a saisis : il y a le mystère d’une culture qui se fait universelle, à échelle du monde occidental, quand la littérature ne saurait plus y parvenir. Et le deuxième étage : Dylan a infléchi l’écriture des Beatles, a donné leur vocabulaire à Hendrix, Clapton et tant d’autres, jusqu’à Springsteen ou Rage Against the Machine. Ou, dans notre propre chanson, de Souchon à Noir Désir. On travaille sur la mécanique de tout cela : comment cela s’est constitué. Et ça nous concerne pour la totalité de nos fonctionnements culturels, dans les aspects politiques aussi bien que financiers. Dylan aujourd’hui, c’est toujours une énigme : un nomade, à cent concerts par an, alors qu’il aurait pu avoir droit à un bonheur plus calme. Il ne semble pas l’avoir trouvé. Et toujours une capacité de miracle, d’émerger avec un trait de génie. Même si le mystère essentiel, et le cœur de ses concerts, ça reste la trilogie de 65-66.

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 août 2007
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Messages

  • Bonjour,

    Je cherche desesperement depuis 2 ans a retrouver votre excellent feuilleton pour France Culture. Y a t -il un moyen de l’acheter, ou plus simplement de le telecharger ?
    Je suis en manque !!!!!!
    J’ai également lu votre Bio, dans laquelle on retrouve pas mal de choses de l’emission. Très beau rythme. Bravo !

    J’attends votre réponse !