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lire numérique, une régression ?

2 octobre 2008, 09:24, par FB

Vous pointez très exactement, Thierry, les questions qui nous préoccupent :
 "le grain du papier, son odeur", oui il y a une sensualité propre au livre - oserai-je dire qu’on a du mal à la retrouver avec le papier à la chaux d’aujourd’hui ?, corollaire : le magnifique travail de la micro-édition (voir Wigwam, l’Amourier, bien d’autres...), à qui Internet donne viabilité pour de micro-niches... mais j’ai plaisir du toucher équivalent avec le lecteur Sony
 "ce que les comités de lecture considèrent comme bon" - le dernier mot est peut-être à scruter de plus près (voir ce qu’en dit Eric Vigne), parce que la publication est d’abord une convergence d’un choix et d’une possibilité industrielle ou commerciale, longtemps que les comités de lecture ne sont plus dépositaires de la "prescription" dans les grandes maisons - mais il n’y aura pas d’édition numérique viable sans un même processus d’édition, dans ses 2 composantes : technique (relecture, correction, maquette, paratexte) et symbolique (validation, catalogue), c’est ce que nous essayons de construire avec le comité éditorial de publie.net
 le "compagnon sur l’étagère" : oui, bonne définition pour l’étagère transportable qu’est le Sony - ce soir j’interviens à la maison Heine, débat avec Dominique Viart, je viens de charger sur la Sony des textes de Walser, Kafka, Benjamin et Michaux - et cet été, en vacances, j’avais tout mon Balzac et plein d’autres en 260 g
 idem l’ergonomie : longtemps qu’on n’est plus à se dire qu’un univers neuf surgit et remplace l’autre, c’est l’articulation des 2 qui nous passionne (voir "la guerre" de Dominique Dussidour sur publie.net et "le risque de l’histoire", son livre chez Laurence Teper, et nous souhaitons développer ces publications complémentaires, le mois prochain avec magnifique ensemble de poèmes-lectures d’André Markowicz en même temps qu’une salve de traductions aux Solitaires Intempestifs), mais pour les guides de voyage comment l’édition papier pourrait-elle lutter avec les mêmes guides associés à un GPS dans une tablette ? passionnantes réflexions de quelques libraires sur comment devenir prescripteurs et conseil en ce domaine aussi... pour moi c’est acquis : sur Kindle et Sony, ou Ganaxa, l’ergonomie tablette est supérieure à l’ergonomie papier (sauf pour la baignoire, bon...)
 littérature, sauvagerie, jeunesse : je vous rejoins complètement - me tarabuste que tant d’auteurs de ma génération n’ont pas fait le saut dans l’inconnu, et risquent beaucoup - ce n’est pas une question d’âge, voir Michel Chaillou, ou le "jeune" Chevillard - mais les auteurs que j’ai accueilis via ma collection Déplacements ou qui consituent désormais le projet publie.net ont quasi tous démarche parallèle blog et textes publiés, cette binômie étant première par rapport à celle du support papier/numérique

pour terminer : demain vendredi Arnaud Maïsetti sur France Culture "Place de la toile", en plein dans ces mêmes questions