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A cet arbre si haut qui ne cache pas la forêt

8 décembre 2008, 15:19, par Christine Eschenbrenner

Au creux du jour, entre les navettes quotidiennes, les urgences et les temps de latence, parmi les adolescents qui circulent dans l’enceinte , une halte pour lire ce texte à l’écran, relayé par toi dans une reconnaissance partagée.

Forêt des verriers, lieu des conteurs, oasis verdoyante où puiser tout ce qui apaise provisoirement la soif, de Cervantès à Ducharme en passant par Roumi, Hugo ou Chamoiseau.On retrouve à travers l’évocation immense la question de l’écriture, la présence vitale des livres phares, tout ce qui nous a menés là où nous sommes aujourd’hui- au beau milieu de la cité ,au coeur d’un monde qui propulse sans relâche vers nous les visages des enfants toujours autres, toujours en demande d’ici et d’ailleurs .Il faudrait être aveugle pour ne pas voir l’importance de ce que rappelle Le Clézio.La faim au départ et aller sans tricher à la rencontre de ceux qui,se tournant avidement vers nos visages et vers nos voix, scrutent tout ce que nous sommes, disant : mais qu’avez vous rapporté pour nous de là où vous êtes déjà passés ? Quel éclat ? quelle ombre ? Quel signe ? Quelle fièvre ? Quelle nourriture ? Quel rêve et quelle action ?

Il n’a rien oublié .En rappelant les voies ouvertes, il convoque la figure d’Elvira et à travers elle la puissance de la transmission .Je reconnais là tant d’arches, de piliers,de berceaux et de points de passage dans la nuit obscure, parfois douce.
Merci pour cette lecture bienfaisante, et tellement fraternelle.Il fait bon savoir les arbres debout par les temps qui courent.