Pourquoi n’y parviens-je pas, François ? Je ne puis me faire à l’idée d’abandonner le livre papier pour lire des textes sur une ardoise magique. Ce n’est pas seulement le fait d’une nostalgie améliepoulesque, j’aime fréquenter des blogs comme le tien (hum ! « fréquenter », ça fait un peu lupanar), j’aime errer sur l’océan numérique, même si parfois on s’y sent comme un marin du Vendée-Globe après démâtage : toutes ces propositions d’horizons, ces liens hypertextes, ces avatars, ces pseudonymes, c’est un monde diffus et très instable pour un Breton de l’intérieur comme moi. Et c’est là que je veux en venir : le sentiment que notre société tend à se dissoudre, que notre monde manque un peu de chair, que nos jours sont creux et que sous nos pieds le sol vacille. Ne sont-ce vraiment que des totems de vanité, ces bibliothèques que nous élevons dans nos bureaux ? Ne sont-elles matériellement là que pour nous rassurer sur notre propre ignorance ? Sans faire de la psycho à deux radis, il me semble que ces murettes de bouquins nous protègent aussi d’un certain vide sidéral, indéfini, qu’elles représentent autour de nous une manière de nidification (un syndrome de Diogène précoce, peut-être). Voilà pourquoi, malgré la justesse de tes arguments, il est encore bien des internautes qui préféreront s’endormir sur leurs vieux livres, et même y renverseront leur tasse à café (ce qui n’est pas grave, en soi, mais sur un e-book…). Pardonne aux autruches d’avoir un estomac qui supporte les livres à la chaux.
Pourquoi n’y parviens-je pas, François ? Je ne puis me faire à l’idée d’abandonner le livre papier pour lire des textes sur une ardoise magique. Ce n’est pas seulement le fait d’une nostalgie améliepoulesque, j’aime fréquenter des blogs comme le tien (hum ! « fréquenter », ça fait un peu lupanar), j’aime errer sur l’océan numérique, même si parfois on s’y sent comme un marin du Vendée-Globe après démâtage : toutes ces propositions d’horizons, ces liens hypertextes, ces avatars, ces pseudonymes, c’est un monde diffus et très instable pour un Breton de l’intérieur comme moi. Et c’est là que je veux en venir : le sentiment que notre société tend à se dissoudre, que notre monde manque un peu de chair, que nos jours sont creux et que sous nos pieds le sol vacille. Ne sont-ce vraiment que des totems de vanité, ces bibliothèques que nous élevons dans nos bureaux ? Ne sont-elles matériellement là que pour nous rassurer sur notre propre ignorance ? Sans faire de la psycho à deux radis, il me semble que ces murettes de bouquins nous protègent aussi d’un certain vide sidéral, indéfini, qu’elles représentent autour de nous une manière de nidification (un syndrome de Diogène précoce, peut-être). Voilà pourquoi, malgré la justesse de tes arguments, il est encore bien des internautes qui préféreront s’endormir sur leurs vieux livres, et même y renverseront leur tasse à café (ce qui n’est pas grave, en soi, mais sur un e-book…). Pardonne aux autruches d’avoir un estomac qui supporte les livres à la chaux.