Je pense que tu as raison, François : mon propos était simplement d’exprimer la part d’irrationalité, de subjectivité, de peur enfantine qui nous saisit face à cette révolution. Toi-même le reconnais, ça change tout. Quand l’homme a abandonné la tablette de cire pour le parchemin, il allait vers du plus solide, une précarité moins grande. Dans leur (si) grand désir de laisser trace, il n’est pas surprenant que des écrivains perçoivent le passage au numérique comme une sorte d’autodafé potentiel et virtuel permanent (un contrôle alt suppr et on n’en parle plus, ceci a tué cela, etc.). Sans doute sont-ils à côté de la plaque, comme le sont ceux qui s’arc-boutent sur une orthographe du XVIIe (mais avant vingt ans je te fiche mon billet qu’il faudra traduire le vieux père Hugo en texto pour qu’une bonne part des élèves de troisième puissent le comprendre). Le changement exigé est profond. Mais le monde littéraire est ensommeillé, et nous continuons à contempler nos bibliothèques de papier comme Narcisse son reflet dans l’eau, sans voir que l’étang se vide.
Je pense que tu as raison, François : mon propos était simplement d’exprimer la part d’irrationalité, de subjectivité, de peur enfantine qui nous saisit face à cette révolution. Toi-même le reconnais, ça change tout. Quand l’homme a abandonné la tablette de cire pour le parchemin, il allait vers du plus solide, une précarité moins grande. Dans leur (si) grand désir de laisser trace, il n’est pas surprenant que des écrivains perçoivent le passage au numérique comme une sorte d’autodafé potentiel et virtuel permanent (un contrôle alt suppr et on n’en parle plus, ceci a tué cela, etc.). Sans doute sont-ils à côté de la plaque, comme le sont ceux qui s’arc-boutent sur une orthographe du XVIIe (mais avant vingt ans je te fiche mon billet qu’il faudra traduire le vieux père Hugo en texto pour qu’une bonne part des élèves de troisième puissent le comprendre). Le changement exigé est profond. Mais le monde littéraire est ensommeillé, et nous continuons à contempler nos bibliothèques de papier comme Narcisse son reflet dans l’eau, sans voir que l’étang se vide.