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La Ville multiple et mutilante pour l’esprit et le corps ?

23 août 2009, 09:49, par Mth P

Lorsque Cathie dit :"Quand j’écris je suis un lieu", me vient immédiatement le jeu de mot : "Quand j’écris je suis un lien ", et c’est d’ailleurs ce que j’ai trouvé dans l’écriture de François BON pour son travail de mise en forme de l’événement -pré texte de sa version de l’ Incendie à l’Hôtel Hilton. S’il y a ROMAN ( et surtout pas dans l’acception du "romancé" ) ce sera pour moi à la manière de ce qu’on appelle le ROMAN FAMILIAL , c’est à dire une reconstitution personnelle et singulière de tout ce qui a pu constituer les déterminants d’un rapport aux êtres et aux objets du Monde. Si tout va au mieux, on peut s’approprier a minima l’endroit où on respire, où on parle, où on déploie les gestuelles ordinaires. Mais quand le lieu est imposé par des circonstances exceptionnelles ( un incendie avec évacuation, un salon du livre au sous-sol avec pléthore d’inconnus autour de soi et une langue non familière, un livre à faire paraître, un stage collectif de remédiation cognitive en bonne conduite automobile, la conversation d’un vieil écrivain qui encombre et prête à identification projective, une rencontre trop furtive avec des connaissances qu’on voudrait connaître encore plus...), tout devient à la fois irréel et surimprimé dans l’appareil visuel, auditif , olfactif et locomoteur. Pour une reconstitution , il faut revenir sur le lieu et sur les faits, relier justement des images mentales, des notes et des images réelles . Cet épuisant travail de reprise des surprises et de neutralisation des effets psycho-affectifs est manifestement un ouvrage de haute couture. Chaque "lambeau" de souvenir est détaché de la page et de l’écran pour être juxtaposé et recollé de façon à la fois aléatoire et préméditée. Un travail dans le préconscient. J’aime ce livre parce qu’il condense avec talent la démarche habituelle de François BON ( hâtivement décriée par ceux qui ne comprennent pas et se défient ) en découpages plus nets et recevable dans un temps de lecture intense et réduit. Il s’agit bien d’un livre , où tourner la page entraîne bien dans le sillage d’une parole écrite et permet de se situer anonymement dans un environnement parfaitement plausible qui donne à penser sinon rêver. Le lieu est une utopie où il est permis de vivre une expérience d’auteur "assigné à résilience ?"...

Voir en ligne : C@useries Nomades dans la VILLE et Alentour