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aujourd’hui je traverse la mer

22 août 2009, 16:32, par grapheus tis

Retour de mer, aux rives de l’Estuaire, ces jours, je me disais qu’il y manquait une ombre bienfaisante !

Je te souhaite, Ami, délaissant et écrans et papiers, de te perdre, quelque jour, sur la côte de Gaspésie, d’y contempler le Rocher Percé qui "n’est ailé que de ses oiseaux".

Sûr ! Tu y verras apparaître Mélusine, tu sais bien, celle de tes enfances poitevines, du côté de Mervent, mais une Mélusine revisitée par l’homme aux agates du Lot, qui, naguère par le "web", nous rapprocha.
Deux fois, ou plus, il entendit son cri dans les nuits de Gaspésie.

« Le premier cri de Mélusine, ce fut un bouquet de fougère commençant
à se tordre dans une haute cheminée, ce fut la plus frêle jonque rompant son amarre dans la nuit, ce fut en un éclair le glaive chauffé à blanc devant les yeux de tous les oiseaux des bois. Le second cri de Mélusine, ce doit être la descente d’escarpolette dans un jardin où il n’y a pas d’escarpolette, ce doit être l’ébat des jeunes caribous dans la clairière, ce doit être le rêve de l’enfantement sans la douleur.

Mélusine à l’instant du second cri : elle a jailli de ses hanches sans globe, son ventre est toute la moisson d’août, son torse s’élance en feu d’artifice de sa taille cambrée, moulée sur deux ailes d’hirondelle, ses seins sont des hermines prises dans leur propre cri, aveuglantes à force de s’éclairer du charbon ardent de leur bouche hurlante. Et ses bras sont l’âme des ruisseaux qui chantent et parfument. lît sous l’écroulement de ses
cheveux dédorés se composent à jamais tous les traits distinctifs de la femme-enfant, de cette variété si particulière qui a toujours subjugué les poètes parce que le temps sur elle n’a pas de prise. »
André Breton,
Arcane 17

Aie souci de toi !