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y a-t-il une frontière livre dans le numérique ?

25 novembre 2009, 15:38, par Dominique Dussidour

François Bon écrit : « Que cela s’appelle livre ou pas livre n’est plus problème. Que cela s’appelle littérature, oui, cela le demeure, le ravive. J’ai choisi le web. »

Je vais poursuivre là-dessus.

Je suis en partie d’accord, en partie pas d’accord.

Et d’abord dire que je n’ai pas envie de choisir, dans mon travail d’écrivain, entre le papier et le numérique.

Quand je commence à écrire un texte (à l’ordinateur ou au crayon papier au dos des pages d’anciens manuscrits, dans un carnet ou la marge d’un quotidien), c’est le langage qui me convoque. Je dois oublier que ce texte aura une destination (papier ou numérique - ou rien), qu’il sera même fini un jour, que d’autres le liront. Ces questions sont alors sans importance, sans pertinence.

Le langage à l’œuvre dans la littérature, il arrive qu’on l’entende ou qu’on le formule dans la rue lors d’une conversation, au cours d’un rêve, qu’on le lise dans un manuel d’ethnologie, qu’on le voie ou qu’on l’écoute. Et il y aussi les textes qu’on n’écrit pas, qu’on n’écrira pas. On y pense, on y rêve, on les élabore dans sa tête, c’est tout. Ils font pourtant partie de la littérature, invisible, on dira.

Dans ma pratique quotidienne, il y a l’écriture d’un texte peut-être à venir, au jour le jour, seule, dans l’exubérance ou le désarroi. Il y a aussi le partage du site remue.net auquel je collabore. De nouvelles formes littéraires s’y cherchent, y tâtonnent, elles naissent à la fois de la littérature écrite et dite avant elles et des possibilités techniques du web.

Ces deux lieux, la feuille de papier et l’écran, le solitaire et le collectif, se complètent, se renvoient l’un à l’autre, s’accompagnent, se questionnent mutuellement.

Des bouleversements, des interactions sont à l’œuvre. De nouvelles formes naîtront probablement davantage, il me semble, du contact entre les textes.

Merci pour toutes ces contributions, elles aident à avancer.
Amitiés à tous,
Dominique Dussidour.

Voir en ligne : http://remue.net