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bon qu’à ça

26 janvier 2010, 13:32, par François Bon

travailler à des questions pertinentes, par quelqu’un qui a préparé la rencontre en lisant, c’est toujours un plaisir

recevoir des enquêtes toutes faites, basées sur des clichés, et envoyées à un listing d’auteur, c’est une fois par semaine, alors en général on met gentiment un message disant qu’on n’a pas le temps

mais des fois ça gratte où ça fait mal et ici c’est un site personnel, ça s’y répercute

dans ce qui était autrefois une presse littéraire vive, coriace, chercheuse, multiplication de ces reportages à thème où toutes les douze lignes vient une brève citation en italique d’un auteur pour illustrer les généralités et ça c’est plus la peine d’y contribuer

l’autre mode pour les journaux, là où autrefois il y avait un propos critique qui se cherchait lui-même, c’est d’appeler l’auteur au téléphone pour trois phrases bateau, là aussi finalement l’impression que la presse traditionnelle creuse elle-même l’écart : on a des infos directes et bien plus spécifiques via le web

tout ça n’a pas grande importance : c’est juste un peu dommage - y voir surtout la nostalgie où peut être qqun de ma génération pour le paysage critique qui m’a accompagné plus de 20 ans et s’est maintenant dissout en large partie

on a heureusement quelques foyers de résistance, dont le cher Matricule

vous assure, Martine, que pour un mail de cet ordre répercuté en ligne il y a une dizaine que je laisse tomber - une des choses les plus préoccupantes aussi c’est la spécialisation "journaliste" laissée à des écoles de "communication" sans formation artistique véritable

on a sur le web un axiome pour les réponses rapides "stwf" see the web first, on pige tout de suite aux questions qu’on reçoit si notre interlocuteur a pris la peine d’aller débroussailler le terrain en allant préalablement se renseigner sur nos positions et interventions

franchement, entre ce qui se densifie et s’approfondit sur le web, et une presse toute repliée et crispée sur son propre déclin, y a pas de quoi se traumatiser