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touché

21 mars 2010, 03:37, par brambillo

j’ai réagi à chaud, en mélangeant plusieurs choses.
qqes précisions donc.
je n’ai pas voulu dire qu’éditer en numérique revenait à bâcler le travail ; simplement, pour un certain nombre de sites, dont publie.net ne fait pas partie, il y a de gros progrès à faire, mais j’ai bien conscience qu’on ne peut pas (déjà) demander à chacun des contributeurs de wikisource d’être ferré en typo et sensibilisé à l’importance centrale des questions de traduction, dès qu’on touche aux littératures étrangères. pour les textes publiés en langue originale, le problème se pose moins, même si scanner un poche à la 6-4-2 ne permet pas d’informer l’internaute, comme il se devrait, de l’existence de plusieurs versions du texte, de variantes, etc, etc... mais dans la pratique, mieux encore que le livre papier, le numérique le permet et sans nul doute on y viendra ; peut-être que je chipote un peu.
concernant les libraires en revanche, il n’est pas question de chiffon noir, il y a une certaine inquiétude, voilà tout. les nouveaux modes de médiation se résument peu ou prou à s’efforcer de vendre du livre physique sur internet, cad à courir derrière amazon, dont l’importance s’est accrue considérablement depuis dix ans. je connais bien les libraires de librest, je travaille avec mollat ou decitre, qui ont lancé leurs sites il y a un moment. sur internet, j’ai l’impression qu’ils restent pour l’instant des moucherons sur le pare-brise du poids lourd amazon, et il y a là des menaces très précises. en terme de chiffre d’affaires bien sûr, car amazon, après les grandes surfaces plus ou moins culturelles, grignote petit à petit, mais concernant le prix unique également. les libraires indés ont attaqué quand amazon a lancé la gratuité des frais de port, et ils n’ont pas été très soutenus. juridiquement je ne sais pas où en est l’affaire, mais amazon propose tjs sur son site la gratuité des frais de port, apparemment sous certaines conditions. les librairies indépendantes ne pourront pas rivaliser avec des pratiques comme celles-là, et j’ai confiance en amazon pour trouver de quoi leur mettre un peu plus de bâtons dans les roues. si le livre numérique prend réellement une place importante, là encore, ne soyons pas naïfs, avec la possibilité de vendre depuis l’étranger, le prix unique aura vécu, et les gros mangeront les petits. gallimard ou hachette tireront leur épingle du jeu, parce qu’ils ont beaucoup à vendre à apple, amazon et consorts, mais la librairie indé, belle exception française (je le dis sans chauvinisme aucun, mais c’est un fait), aura du souci à se faire, et je suis parfaitement sincère quand je dis que je serais le premier à le regretter. cela dit, ce n’est pas mon intention de jouer les cassandre, et nous verrons.
pour resituer mon propos, je suis un peu échaudé par le climat qu’entretiennent les grands médias au sujet du livre numérique depuis quelques mois, présentant l’affaire comme entendue et sans considération aucune pour tous les dégâts collatéraux que ce passage pourrait engendrer.
bien cordialement
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