Réponse ici de Patrick Rebollar : [à propos de la non-évolution du traitement de texte, point 6] parce qu’on n’en a (presque) plus besoin. Je ne m’en sers plus qu’une ou deux heures par semaine. Le traitement de texte servait à préparer des textes imprimables, pour être transmis, imitant la lettre manuscrite (en-têtes), la revue (colonnes), le journal, le rapport, le livre (édité par soi-même), etc., tout ce qui formait le monde de l’imprimé et que l’on pouvait imiter - que ce soit pour y entrer ou pour le refuser. Or, il en est de moins en moins question : si j’imprimais mon JLR pour le diffuser, il n’aurait que cinquante lecteurs par an, alors que dématérialisé comme ceci il en a au moins cinquante par jour. Il reste des usages professionnels du traitement de texte, mais ils disparaîtront vite, d’ici cinq ans. Par contre, ses fonctions principales s’intègreront dans de nouveaux outils en ligne (exemple actuel : Writely).
Je suis, Patrick, en parfait désaccord. Je repense toujours avec nostagie au Rédacteur, le logiciel de traitement de texte Atari conçu vers 1988 pour Libération. On pouvait intégrer nos propres fonctions. Par exemple, inversion de deux mots, très utile pour moi. Ou alors, fonctions d’analyse statistique : longueur moyenne de la phrase, un critère qui m’était sacrément plus indicatif que le "phrases trop longues" laconiques du "correcteur" grammatical de Word. J’ai essayé Writely, mais que pourrais-je en faire ? Chez moi, OK, encore je n’ai pas envie de dépendre de l’humeur du réseau pour travailler à un texte. Mais quand je m’isole 2 semaines dans un gîte rural, c’est mes meilleures périodes de travail, hors connexion. Ou dans le train, ou dans les hôtels en 56k. Et je n’imagine pas confier à un logiciel en ligne un manuscrit complexe de 400 pages avec des index, une hiérarchie. Je guette les logiciels, et surtout la nouvelle génération de logiciels libres, pour les traitements de texte, nombreux à être plus sympathiques que Word, d’ailleurs. Mais ils continuent d’en être comme un décalque.
Je te rejoins par contre en ceci : écrire en ligne déplace notre rapport à l’instant même de l’écriture. Depuis toujours, recevoir un livre imprimé, ou découvrir son texte en revue, c’est un choc bien plus déstabilisant que même le lire en "épreuves". En publiant mon texte sur Internet dès sa conception, je suis mieux armé pour le pousser...
Reste que je suis frustré de la non-existence absolue de logiciels voués à l’écriture littéraire, par exemple des pages écrans où on pourrait librement positionner les mots dans l’espace page (voir les manuscrits de Hölderlin). Ceux qui existent (logiciels d’aide à écriture scénaristique, par exemple) ont une trop triste conception de la chose : personnages, chronologies, fiches...
Enterrement prématuré ? Là encore, question recoupe l’horizon même du livre : que souhaitons-nous concevoir ? Je rêverais aussi d’un logiciel qui accumule à mesure la totalité de mes articles ou textes ou livres dans un seul fichier avec arborescence. L’ordinateur joue ce rôle via la gestion du disque dur, le site Internet joue ce rôle via ma propre intervention, mais jamais on n’a posé la question d’un logiciel qui fonctionnerait selon le principe du "composez vous-même votre Pléiade d’oeuvres complètes, annexes, commentaires, variantes..." Et pourquoi pas ?
Réponse ici de Patrick Rebollar : [à propos de la non-évolution du traitement de texte, point 6] parce qu’on n’en a (presque) plus besoin. Je ne m’en sers plus qu’une ou deux heures par semaine. Le traitement de texte servait à préparer des textes imprimables, pour être transmis, imitant la lettre manuscrite (en-têtes), la revue (colonnes), le journal, le rapport, le livre (édité par soi-même), etc., tout ce qui formait le monde de l’imprimé et que l’on pouvait imiter - que ce soit pour y entrer ou pour le refuser. Or, il en est de moins en moins question : si j’imprimais mon JLR pour le diffuser, il n’aurait que cinquante lecteurs par an, alors que dématérialisé comme ceci il en a au moins cinquante par jour. Il reste des usages professionnels du traitement de texte, mais ils disparaîtront vite, d’ici cinq ans. Par contre, ses fonctions principales s’intègreront dans de nouveaux outils en ligne (exemple actuel : Writely).
Je suis, Patrick, en parfait désaccord. Je repense toujours avec nostagie au Rédacteur, le logiciel de traitement de texte Atari conçu vers 1988 pour Libération. On pouvait intégrer nos propres fonctions. Par exemple, inversion de deux mots, très utile pour moi. Ou alors, fonctions d’analyse statistique : longueur moyenne de la phrase, un critère qui m’était sacrément plus indicatif que le "phrases trop longues" laconiques du "correcteur" grammatical de Word. J’ai essayé Writely, mais que pourrais-je en faire ? Chez moi, OK, encore je n’ai pas envie de dépendre de l’humeur du réseau pour travailler à un texte. Mais quand je m’isole 2 semaines dans un gîte rural, c’est mes meilleures périodes de travail, hors connexion. Ou dans le train, ou dans les hôtels en 56k. Et je n’imagine pas confier à un logiciel en ligne un manuscrit complexe de 400 pages avec des index, une hiérarchie. Je guette les logiciels, et surtout la nouvelle génération de logiciels libres, pour les traitements de texte, nombreux à être plus sympathiques que Word, d’ailleurs. Mais ils continuent d’en être comme un décalque.
Je te rejoins par contre en ceci : écrire en ligne déplace notre rapport à l’instant même de l’écriture. Depuis toujours, recevoir un livre imprimé, ou découvrir son texte en revue, c’est un choc bien plus déstabilisant que même le lire en "épreuves". En publiant mon texte sur Internet dès sa conception, je suis mieux armé pour le pousser...
Reste que je suis frustré de la non-existence absolue de logiciels voués à l’écriture littéraire, par exemple des pages écrans où on pourrait librement positionner les mots dans l’espace page (voir les manuscrits de Hölderlin). Ceux qui existent (logiciels d’aide à écriture scénaristique, par exemple) ont une trop triste conception de la chose : personnages, chronologies, fiches...
Enterrement prématuré ? Là encore, question recoupe l’horizon même du livre : que souhaitons-nous concevoir ? Je rêverais aussi d’un logiciel qui accumule à mesure la totalité de mes articles ou textes ou livres dans un seul fichier avec arborescence. L’ordinateur joue ce rôle via la gestion du disque dur, le site Internet joue ce rôle via ma propre intervention, mais jamais on n’a posé la question d’un logiciel qui fonctionnerait selon le principe du "composez vous-même votre Pléiade d’oeuvres complètes, annexes, commentaires, variantes..." Et pourquoi pas ?