Oui, Laurent, je connais, et j’ai même un compte perso sur Writely, histoire d’essayer, d’ailleurs nous en parlions plus haut avec Patrick R.
Je suis bien sûr très souvent dans des conditions appelant écriture collective. D’abord pour l’écriture utilitaire. Pour une pièce, un film, une lecture, sans parler de prises de position citoyennes, on élabore à 2, à 3 ou plus un texte qui intègrera apport de chacun. Seulement, sans rien reprocher à des amis comme Charles Tordjman, mon binôme pour le théâtre, pourquoi les embêter à se connecter et écrire en ligne ? Pour l’instant on s’en tient au ping-pong d’un fichier rtf transmis par e-mail. Cela pourra évoluer, pourquoi pas.
Mais il y a une instance plus fondamentale de la question. En pensant à Ralentir Travaux et autres exquisités surréalistes rassemblant interventions plurielles, et non des moindres. Mais cela rejoint-il, hors la fragile conjonction d’un surgissement, l’oeuvre de Breton, Char et Eluard ? Il y a d’autres exemples : Erckmann et Chatrian auraient aimé Writely peut-être, dans cette écriture à deux corps deux têtes. On peut imaginer Rimbaud et Germain Nouveau s’y essayant : ils le faisaient bien sur papier...
Mais j’ai tendance à penser que l’instance du singulier est d’autant plus nécessaire, dans cette période de mutation diffuse. Qu’un livre qui ne nous satisfait pas est un livre qui ne va pas au bout de sa singularité propre. Saurions-nous, dans le contexte d’une écriture à plusieurs, ne pas équilibrer l’état final du texte depuis ce qui nous est admis et partagé ?
Je trouve très beau que nous soyons rassemblés désormais à pas loin de 40 pour rédiger remue.net et je trouve très novateur l’habitude que nous prenons d’intervenir discrètement, complétant par un lien, développant tel point, dans ce qu’un ou une autre a mis en ligne. Le rêve du texte unique n’est pas mon texte. Livre fait de mille voix et mille livres, plus.
François, connais-tu cela : http://www.writely.com/ ?
Écrire à plusieurs mains.
Mais peut-être aussi cela pourrait-il changer quelque chose pour les écrivains ?
Amitiés
Laurent Grisel
Oui, Laurent, je connais, et j’ai même un compte perso sur Writely, histoire d’essayer, d’ailleurs nous en parlions plus haut avec Patrick R.
Je suis bien sûr très souvent dans des conditions appelant écriture collective. D’abord pour l’écriture utilitaire. Pour une pièce, un film, une lecture, sans parler de prises de position citoyennes, on élabore à 2, à 3 ou plus un texte qui intègrera apport de chacun. Seulement, sans rien reprocher à des amis comme Charles Tordjman, mon binôme pour le théâtre, pourquoi les embêter à se connecter et écrire en ligne ? Pour l’instant on s’en tient au ping-pong d’un fichier rtf transmis par e-mail. Cela pourra évoluer, pourquoi pas.
Mais il y a une instance plus fondamentale de la question. En pensant à Ralentir Travaux et autres exquisités surréalistes rassemblant interventions plurielles, et non des moindres. Mais cela rejoint-il, hors la fragile conjonction d’un surgissement, l’oeuvre de Breton, Char et Eluard ? Il y a d’autres exemples : Erckmann et Chatrian auraient aimé Writely peut-être, dans cette écriture à deux corps deux têtes. On peut imaginer Rimbaud et Germain Nouveau s’y essayant : ils le faisaient bien sur papier...
Mais j’ai tendance à penser que l’instance du singulier est d’autant plus nécessaire, dans cette période de mutation diffuse. Qu’un livre qui ne nous satisfait pas est un livre qui ne va pas au bout de sa singularité propre. Saurions-nous, dans le contexte d’une écriture à plusieurs, ne pas équilibrer l’état final du texte depuis ce qui nous est admis et partagé ?
Je trouve très beau que nous soyons rassemblés désormais à pas loin de 40 pour rédiger remue.net et je trouve très novateur l’habitude que nous prenons d’intervenir discrètement, complétant par un lien, développant tel point, dans ce qu’un ou une autre a mis en ligne. Le rêve du texte unique n’est pas mon texte. Livre fait de mille voix et mille livres, plus.
Hors hapax.