(...) Que reste-t-il au livre qui lui serait spécifique, quand la musique est devenue indépendante de son support ? (....)
Le livre n’est pas indépendant de son support. Le livre a déja subi toutes les concurrences possibles et imaginables. Il est déjaen situation de sur-concurrence. Si le livre avait dû disparaître, ce serait déja fait. Toute concurrence du livre est marginale par rapport à la masse préexistante. Le livre tient à sa qualité d’objet (pourquoi vend on des iPods, plus chers que les autres engins du même type ? Pourquoi Apple survit-elle ? Au moins en tant qu’objet plutôt que fonction) transportable, ductile (combien pertinent ce mot que tu as employé) et surtout mobile, transportable, résistant, simple, non tributaire de contraintes techniques. D’une certaine manière, c’est l’écologie du livre qui non seulement le sauve mais le garantit.
Pourquoi le traitement de texte est-il le logiciel qui a le moins évolué, voire même a régressé par rapport à sa ductilité des années 80 ?
Word 3 pesait 365 K. Pas Mega : Kilo-Octets. Word 3 contenait plus des trois quarts des fonctions actuellement usuellement employées pour un traitement de texte.
Le meilleur logiciel graphique que j’aie jamais utilisé est Aldus Superpaint, qui n’existe plus depuis près de 10 ans.
La meilleure intelligence artificielle stratégique que j’aie jamais rencontrée était dans le War in Russia de Gary Grisby qui tournait sur Apple II avec 48 Ko de mémoire.
L’intelligence de programmation, laquelle conditionne l’agrément, la pertinence, l’ergonomie d’un logiciel, n’est pas fonction de la puissance disponible. Elle est fonction d’elle-même. C’est de l’intelligence tout court. Pas plus disponible en informatique qu’ailleurs.
Pourrons-nous défendre un Internet vintage comme pour mes lectures publiques je préfère ce micro MD441 ayant paraît-il appartenu à Frank Zappa ?
Non. La loi de Moore (doublement de la puissance des processeurs en 18 mois ), ou son équivalent, est applicable à l’internet. Le mot internet n’existait pas voici 12 ans. On pourra défendre un internet vintage à peu près comme on crée des clubs d’utilisateurs de 4CV Renault. Mais il faut se rendre à l’évidence. Les ordinateurs quantiques ou bio-technologiques, s’ils voient le jour (les prototypes existent) aux alentours de 2020, défient l’imaginaire même. Une seule de ces machines serait équivalente à la totalité de la puissance de calcul informatique installée dans le monde en 2001. En matière informatique, le vraisemblable, c’est la science-fiction, et HAL est pour demain.
Le journalisme est, au sens propre, désemparé par la publication électronique individuelle (PEI). Les journalistes (littéraires aussi) jouent leur jeu en fustigeant des excès et des manques, mais il y a suffisamment de bons sites et de bons blogs pour que ces attaques soient marginalisées et ridiculisées, plombant à chaque fois un peu plus le "journalisme".
On ne comprendra pas l’effroi du journalisme face à la PEI sans y intégrer la notion de pouvoir. Le pouvoir du journalisme est essentiellement lié à la raréfaction du mode de diffusion de l’information. Cette raréfaction est organisée politiquement et économiquement, par exemple en matière audiovisuelle, notamment grâce à la technologie. Mais la technologie de l’internet, issu de l’Arpanet, est conçue pour résister à la contrainte, y compris politique et économique et elle tend à détruire la rareté de la diffusion de l’information, et par là-même le pouvoir du journaliste. Pouvoir politique : si tout citoyen peut se déterminer librement sans passer par l’intermédiaire du journaliste, ce dernier conserve les clés d’une cité dont les portes n’existent plus. Pouvoir économique : si tout le monde peut devenir Tintin grand reporter, Tintin n’est plus vendable.
(...) Que reste-t-il au livre qui lui serait spécifique, quand la musique est devenue indépendante de son support ? (....)
Le livre n’est pas indépendant de son support. Le livre a déja subi toutes les concurrences possibles et imaginables. Il est déjaen situation de sur-concurrence. Si le livre avait dû disparaître, ce serait déja fait. Toute concurrence du livre est marginale par rapport à la masse préexistante. Le livre tient à sa qualité d’objet (pourquoi vend on des iPods, plus chers que les autres engins du même type ? Pourquoi Apple survit-elle ? Au moins en tant qu’objet plutôt que fonction) transportable, ductile (combien pertinent ce mot que tu as employé) et surtout mobile, transportable, résistant, simple, non tributaire de contraintes techniques. D’une certaine manière, c’est l’écologie du livre qui non seulement le sauve mais le garantit.
Pourquoi le traitement de texte est-il le logiciel qui a le moins évolué, voire même a régressé par rapport à sa ductilité des années 80 ?
Word 3 pesait 365 K. Pas Mega : Kilo-Octets. Word 3 contenait plus des trois quarts des fonctions actuellement usuellement employées pour un traitement de texte.
Le meilleur logiciel graphique que j’aie jamais utilisé est Aldus Superpaint, qui n’existe plus depuis près de 10 ans.
La meilleure intelligence artificielle stratégique que j’aie jamais rencontrée était dans le War in Russia de Gary Grisby qui tournait sur Apple II avec 48 Ko de mémoire.
L’intelligence de programmation, laquelle conditionne l’agrément, la pertinence, l’ergonomie d’un logiciel, n’est pas fonction de la puissance disponible. Elle est fonction d’elle-même. C’est de l’intelligence tout court. Pas plus disponible en informatique qu’ailleurs.
Pourrons-nous défendre un Internet vintage comme pour mes lectures publiques je préfère ce micro MD441 ayant paraît-il appartenu à Frank Zappa ?
Non. La loi de Moore (doublement de la puissance des processeurs en 18 mois ), ou son équivalent, est applicable à l’internet. Le mot internet n’existait pas voici 12 ans. On pourra défendre un internet vintage à peu près comme on crée des clubs d’utilisateurs de 4CV Renault. Mais il faut se rendre à l’évidence. Les ordinateurs quantiques ou bio-technologiques, s’ils voient le jour (les prototypes existent) aux alentours de 2020, défient l’imaginaire même. Une seule de ces machines serait équivalente à la totalité de la puissance de calcul informatique installée dans le monde en 2001. En matière informatique, le vraisemblable, c’est la science-fiction, et HAL est pour demain.
Le journalisme est, au sens propre, désemparé par la publication électronique individuelle (PEI). Les journalistes (littéraires aussi) jouent leur jeu en fustigeant des excès et des manques, mais il y a suffisamment de bons sites et de bons blogs pour que ces attaques soient marginalisées et ridiculisées, plombant à chaque fois un peu plus le "journalisme".
On ne comprendra pas l’effroi du journalisme face à la PEI sans y intégrer la notion de pouvoir. Le pouvoir du journalisme est essentiellement lié à la raréfaction du mode de diffusion de l’information. Cette raréfaction est organisée politiquement et économiquement, par exemple en matière audiovisuelle, notamment grâce à la technologie. Mais la technologie de l’internet, issu de l’Arpanet, est conçue pour résister à la contrainte, y compris politique et économique et elle tend à détruire la rareté de la diffusion de l’information, et par là-même le pouvoir du journaliste. Pouvoir politique : si tout citoyen peut se déterminer librement sans passer par l’intermédiaire du journaliste, ce dernier conserve les clés d’une cité dont les portes n’existent plus. Pouvoir économique : si tout le monde peut devenir Tintin grand reporter, Tintin n’est plus vendable.