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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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		<title>81 | Philadelphie, bar de nuit</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>2015</dc:subject>
		<dc:subject>Philadelphie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : USA, Philadelphie, 2015&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1144" rel="tag"&gt;Philadelphie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;Philadelphie aussi ce souvenir : parfois il peut suffire juste de ce coup de barre du soir pour r&#233;cup&#233;ration en cours du d&#233;calage horaire, de la journ&#233;e belle mais harassante si tu as conjugu&#233; la fac, le mus&#233;e, la ville en tout cas il &#233;tait pr&#232;s de minuit et on avait faim, tout &#233;tait soit d&#233;sert soit ferm&#233;, on &#233;tait remont&#233; par des petites rues adjacentes &#224; l'h&#244;tel, &#224; Paris aussi chaque avenue a sur l'arri&#232;re une rue bien plus &#233;troite qui est comme une rue de service, de livraisons, de commodit&#233;s et sans plus aucun apparat, soudain une autre Philadelphie &#233;mergeait qui &#233;tait comme une sorte de Londres &#224; la Dickens puisqu'en plein jour, camions ou crasse jamais tu ne te serais engag&#233; dans ces ruelles mais il y avait cette enseigne bleue avec le mot pizza clignotant (ce n'est pas vraiment exceptionnel ni rare, le mot pizza clignotant rouge ou bleu ou jaune dans les nuits am&#233;ricaines), et puis soudain comme retrouver tout ce monde agit&#233;, bouscul&#233;, rapide, on &#233;tait certainement les seuls touristes dans le caboulot o&#249; les gens de nuit (travaillant la nuit) entraient et ressortaient avec des pochons &#224; emporter, nous on s'&#233;tait assis mais on repartirait aussi avec un doggy bag puisque les portions n'&#233;taient pas &#224; notre discr&#232;te mesure, on avait pay&#233; trois sous mais ces nuages de vapeur et fum&#233;e, ces fritures qui semblaient d&#233;passer en volume sonore la radio commerciale et ses raps, et puis ce qui me reste, ce man&#232;ge &#233;trange &#224; tel moment d'un type lui parfaitement habill&#233;, mais rien de caricatural, rien de voyant ou d'affect&#233; ou &#224; peine sauf que ce n'&#233;tait pas le genre des autres types &#8212; que des hommes ou surtout des hommes &#8212; venus s'asseoir ici ou emportant vers leurs activit&#233;s de nuit les pochons fa&#231;on doggy bag et les canettes, je crois m&#234;me qu'avec le type on avait &#233;chang&#233; quelques mots, il avait d&#251; rester une vingtaine de minutes mais &#224; un moment pr&#233;cis la fille de la caisse lui avait remis en liquide une liasse aussi disproportionn&#233;e que leurs pizzas br&#251;lantes, et il &#233;tait reparti dans la rue, la liasse gliss&#233;e dans le col de sa veste toute&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>80 | Philadelphie, petit-d&#233;j' avec Donald Trump</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Philadelphie</dc:subject>
		<dc:subject>2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : USA, Philadelphie, 2015&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1144" rel="tag"&gt;Philadelphie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Et Philadelphie mais le troisi&#232;me voyage, sans avoir pu retrouver la veille au soir ce diner de la premi&#232;re fois (mais c'&#233;tait quinze ans plus t&#244;t), au matin quittant l'h&#244;tel qui ne servait pas de petits-d&#233;j' et remontant la rue (cette grande avenue principale qui va du port &#224; la fac, Walnut Street, laissant &#224; un peu de distance Market Street plus monumentale avec la mairie puis l'Independance Hall, en bas aussi le fleuve mais en haut la gare aux Amtrak que le surlendemain, ce premier voyage, on prendrait pour New York) l&#224; &#224; trois pas c'en &#233;tait un, de comptoir petit-d&#233;j' avec doughnuts si on voulait ou omelette ou autre si on pr&#233;f&#233;rait, tenu par un couple asiatique, et le plateau servi et pay&#233; montant &#224; l'&#233;tage (la plupart des autres clients se posant l&#224; niveau rue sur des tabourets inconfortables mais nous on avait le temps), une salle vide avec baie donnant sur Walnut et au fond plus sombre de la salle un &#233;cran de t&#233;l&#233;vision g&#233;ant mais sans personne &#224; regarder puisqu'on &#233;tait les seuls clients, et l&#224; ce matin avec le d&#233;calage horaire qu'il devait &#234;tre &#224; peine sept heures la premi&#232;re fois que vu et entendu Donald Trump, ses d&#233;clarations d'amour, s'&#234;tre dit qu'heureusement qu'un pareil guignol n'aurait aucune chance dans la course au pouvoir, cette impression si bizarre de ce discours paten&#244;tre et paternaliste qui se versait comme &#224; l'eau ti&#232;de sur la salle vide pour personne, et comment tu t'y serais pris cependant pour lui couper le sifflet, le rendez-vous &#224; la fac ce serait l'apr&#232;s-midi, souvenir d'avoir sur Walnut achet&#233; une paire de chaussures sport en solde tellement j'avais les pieds r&#233;tam&#233;s de la journ&#233;e pr&#233;c&#233;dente, et puis que dans une rue parall&#232;le &#224; la Walnut en remontant pour aller &#224; la Barnes &#234;tre pass&#233; devant une boutique transform&#233;e en halte-garderie pour chiens et &#234;tre longtemps rest&#233;, outre quelques photos, &#224; voir comment la socialisation forc&#233;e transformait les bestioles, ou faisait ressortir leurs individualit&#233;s propres mais bien s&#251;r je n'insiste pas, c'est juste un souvenir comme &#231;a et la voix t&#233;l&#233;vis&#233;e de Donald Trump, jamais non ce clown on ne l'aurait pris au s&#233;rieux et puis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>92 | Civray, chez Biquette</title>
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		<dc:date>2022-01-12T07:39:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Ch&#226;tellerault (86)</dc:subject>
		<dc:subject>Civray (86)</dc:subject>
		<dc:subject>Ruffec</dc:subject>
		<dc:subject>2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Civray, Ruffec, 1969&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1095" rel="tag"&gt;Ch&#226;tellerault (86)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1096" rel="tag"&gt;Civray (86)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1097" rel="tag"&gt;Ruffec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;

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&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;92 | Civray, chez Biquette&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; vendre, Soleil Immobilier &#187; avec adresse et t&#233;l&#233;phone, il y a plusieurs de ces petits panneaux peints sur contreplaqu&#233;, rue du Faubourg-S&#233;n&#233;geaud &#224; Civray, sud de la Vienne, o&#249; je suis arriv&#233; en sixi&#232;me pour en repartir fin de la premi&#232;re &#8212; donc travers&#233;e au passage, dans l'ordre &#224; peu pr&#232;s chronologique, de l'arriv&#233;e des 45 tours des Beatles et des Rolling Stones dans la vitrine du magasin d'&#233;lectrom&#233;nager Chauveau, de la couleur dans l'int&#233;rieur des pages de &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt; (leur premi&#232;re Une en couleur en 1963 pour l'assassinat &#224; Dallas de John Fitzgerald Kennedy), la mixit&#233; dans les classes &#224; l'ouverture du nouveau coll&#232;ge, mon premier &#233;lectrophone pour le BEPC, les grandes vacances de mai 68, au bout de cette rue du Faubourg-S&#233;n&#233;geaud, qui longeait par l'arri&#232;re l'&#233;cole primaire (ex coll&#232;ge de filles) et au niveau du cimeti&#232;re se prolonge par la d&#233;partementale 7 qui m&#232;ne &#224; Couh&#233;-V&#233;rac, je reconnais la maison des Rocher, un couple de profs (lui la gym, elle l'anglais), mais lui jamais il ne m'avait emb&#234;t&#233;, ayant vite compris que ni les sports collectifs ni le saut en hauteur ne me conviendraient jamais, m&#234;me pour lui faire plaisir, par contre j'aimais bien courir le mille m&#232;tres &#8212; je ne saurais plus &#8212; c'&#233;tait le deal dans cette paix non pas arm&#233;e mais passive faute d'&#234;tre conviviale), leur maison a les volets ferm&#233;s comme tr&#232;s longtemps, rue du Faubourg-S&#233;n&#233;geaud je reconnais facilement, derri&#232;re le panneau &#171; &#192; vendre, Soleil Immobilier &#187;, le bar-caf&#233;-restaurant que tenaient les parents d'Alex A., je ne crois pas qu'il n'y ait jamais eu de nom en fa&#231;ade et jamais je n'y serais entr&#233; si ce n'avait pas &#233;t&#233;, mais donc les ann&#233;es lyc&#233;e, le fait qu'Alex fasse partie de la bande, avec &#201;tienne Arlot comme grand r&#233;gulateur et juge de paix, si on redescend vers le centre par la rue Veuve-Allement-Guyonnet, au carrefour de l'avenue Jean-Jaur&#232;s Google Street View affiche le double panneau routier avec &#224; droite Confolens Charroux en haut (si on tourne sur la droite apr&#232;s la c&#244;te de l'avenue Henri-Roucher), Gen&#231;ay Poitiers en dessous (si on toune sur la gauche apr&#232;s le &#171; petit stade &#187; o&#249; nous emmenaient deux fois par semaine les Rocher), et &#224; gauche Saint-Pierre d'Excideuil Niort, la rue Pestureau toujours aussi &#233;troite redescend en pente raide vers l'&#233;glise et la place, mais l'entr&#233;e monumentale de l'h&#244;tel Henri IV, avec ses chambres &#224; l'&#233;tage et son restaurant au rez-de-chauss&#233;e semble avoir &#233;t&#233; converti il y a beau temps en maison d'habitation et plus rien qui &#233;voque son premier usage, un peu plus haut avenue Henri-Roucher le premier Intermarch&#233; (en gros, une coquille rectangulaire, mais d&#233;port&#233; plus tard sur la rocade et multipli&#233; par quatre) a &#233;t&#233; converti en motel et depuis des ann&#233;es je pense que ce serait bien que je m'organise pour y passer une nuit, qu'&#224; marcher la nuit dans Civray je reverrais peut-&#234;tre les fant&#244;mes &#8212; tiens, ce souvenir si bizarre, l&#224;-m&#234;me alors qu'un jour, nous vidions la maison, je traversais justement le parking du motel, j'aper&#231;ois ma m&#232;re en voiture qui remonte, je lui fais signe comme quoi je marche un peu et vais revenir, la voit freiner en catastrophe et monter sur la berne, je cours la retrouver inquiet, elle me dit que, me voyant, elle avait pens&#233; une hallucination de mon p&#232;re mort et maintenant je garde &#231;a en t&#234;te pour toujours &#8212; voire : &#234;tre pour de vrai devenu cette hallucination, la porter en soi et se la jouer pour soi-m&#234;me, se jouer donc les deux r&#244;les &#224; la fois des parents morts &#8212;, quelques mois plus t&#244;t mon p&#232;re mort elle venait de le croiser, l&#224; en face d'elle dans l'avenue et lui faisant un signe, bien s&#251;r ces choses-l&#224; troublent, troublent en profondeur, plus d'h&#244;tel Henri IV donc et sin on descend devant l'&#233;glise et les anciennes halles il y a toujours en bonne sant&#233; le caf&#233; du Commerce, ses tables de fer en terrasse, un auvent bleu et toutes les publicit&#233;s de la Fran&#231;aise des Jeux, la double carotte des bureaux de tabac et coll&#233;es aussi sur la vitrine toutes les affiches des prochains motocross, matches de box, son et lumi&#232;re quelque part et je n'arrive pas &#224; tout lire, autrefois le bar &#233;tait dans la partie droite et dans celle de gauche, porte toujours ouverte et si pas de client lui-m&#234;me sur le pas de la porte un coiffeur dont le seul &#233;tat-civil &#233;tait pour tout le monde Biquette, va chez Biquette, faudrait faire un tour chez Biquette &#8212; nous les gamins ma m&#232;re nous emmenait plut&#244;t chez Barret &#224; l'oppos&#233;, &#231;a craignait moins la promiscuit&#233; du bistrot et cette odeur &#224; l'&#233;poque si reconnaissable m&#234;lant cigarettes, bi&#232;res et ap&#233;ritifs, dans la vitrine de Barret par contre ses sempiternels accord&#233;on et la myst&#233;rieuse et f&#233;tiche guitare &#233;lectrique tout aussi inamovible (un copain de Chandernagor, Paill&#233; mais je ne me souviens plus de son pr&#233;nom, en avait une de guitare &#233;lectrique et Mickey Arlot, qui faisait les bals dans tout le canton) avant les questions rituelles &#224; propos des oreilles et de la nuque d&#233;gag&#233;es ou d&#233;grad&#233;es, le caf&#233; du Commerce donc toujours l&#224; et son grand concurrent face &#224; l'&#233;glise, le Caf&#233; de la Paix qui ne faisait pas tabac mais chaque mardi (march&#233; les premier et troisi&#232;me mardi du mois, foire les deuxi&#232;me et quatri&#232;me) b&#233;n&#233;ficiait de l'afflux, &#224; quinze kilom&#232;tres environ, de ces foules d&#233;ambulant lentement et dans le m&#234;me sens autour de la vieille place, &#224; vitesses diff&#233;rentes cependant, accomplissant la fonction de r&#233;gulation sociale de ces foires et march&#233;s dans la petite ville (elle a perdu tant d'habitants), les affaires se faisaient caf&#233; de la Paix, il m'est arriv&#233; d'y accompagner mon p&#232;re, peut-&#234;tre qu'ado disposant de trois sous d'argent de poche nous-m&#234;mes la bande d'&#201;tienne Arlot on y venait pour un Cacolac ou une menthe &#224; l'eau et quelle bizarrerie du destin que ce soit toujours le m&#234;me &#201;tienne, r&#233;guli&#232;rement, qui depuis les &#233;tages du caf&#233; de la Paix ferm&#233; (mais la famille qui le tenait y habitant toujours) fasse parfois voler sur le village en d&#233;sh&#233;rence un drone &#224; r&#233;veiller nos souvenirs, ou une photo panoramique de nuit pour que nous les r&#234;vions ensemble, la fermeture s'est faite entre 2013 et 2015, dans ces ann&#233;es-l&#224;, donc pour moi de 1965 &#224; 1969 il y avait certainement encore de ces minuscules bistrots en activit&#233;, vers le Puy-Carr&#233;, le Champ de foire ou le moulin Roche &#224; l'entr&#233;e de la route de Ruffec mais bien s&#251;r &#233;teints l'un apr&#232;s l'autre et plus aucun souvenir personnel que je puisse y relier, sinon, donnant sur l'&#238;le de la Charente, le prosp&#232;re h&#244;tel du Commerce qui servait plut&#244;t aux mariages et affaires, le repas annuel du garage aussi ou m&#234;me, sur le tard, quelques &#233;v&#233;nements de famille, la fa&#231;ade n'a jamais &#233;t&#233; repeinte, elle mentionne toujours en blanc sur le fond ocre beige H&#244;tel du Commerce, le mort restaurant au-dessus de la porte rouge sombre et quel dommage que l'algorithme Google en ait flout&#233; le menu, la rue est si &#233;troite que je serais arriv&#233; &#224; le lire : c'est ce qui me reste de la fonction, du r&#244;le, de la disposition, de l'inventaire des bars, bistrots et restos &#224; Civray dans la Vienne pour les ann&#233;es que j'y ai pass&#233;es, de la sixi&#232;me &#224; la fin de ma premi&#232;re.&lt;/p&gt;
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		<title>78 | manger &#224; Cergy 5, kebab en sous-sol</title>
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		<dc:date>2022-01-10T11:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>EnsaPC (&#233;cole d'arts Paris-Cergy)</dc:subject>
		<dc:subject>Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy</dc:subject>
		<dc:subject>Maillet, &#201;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Rollet, Patrice</dc:subject>
		<dc:subject>2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Cergy, EnsaPC, 2015, Charlie Hebdo, Eric Maillet, Patrice Rollet&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot796" rel="tag"&gt;EnsaPC (&#233;cole d'arts Paris-Cergy)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot918" rel="tag"&gt;Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot921" rel="tag"&gt;Maillet, &#201;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1032" rel="tag"&gt;Rollet, Patrice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
manger &#224; Cergy : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1, soirs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5058' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2, petits-dejs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;3, brasseries&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5060' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4, cantine&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5039' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5, kebab&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;78 | manger &#224; Cergy 5, kebab en sous-sol&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et puis, dans cette typologie des cinq ans &#224; Cergy, deux jours par semaine, trente-quatre semaines par an, plus une sixi&#232;me ann&#233;e d&#233;cousue mais quasi compl&#232;te et en ajoutant jurys ou r&#233;unions, et en retranchant quelques missions en service command&#233; (colloque &#224; Montr&#233;al, interventions ponctuelles dans quelques autres &#233;coles d'art comme Rennes, Valence, Marseille, ou ce d&#233;placement Erasmus &#224; Tel Aviv, ou les rares fois, moins rares la derni&#232;re ann&#233;e, que je reprenais au soir le RER pour quelque g&#233;n&#233;reux h&#233;bergement de fortune &#224; Paris, le frangin, les petits-enfants) une estimation &#224; quatre cents jours et donc l&#224; sur la dalle cent quatre-vingt-dix nuits, la persistance un peu obs&#233;dante, comme hors de dur&#233;e et fr&#233;quence, de deux autres lieux : le premier tout voisin de l'&#233;cole, sur l'esplanade c&#244;t&#233; piscine et patinoire, la suite d'au moins quatre &#233;tablissements de type kebab, mais le tout premier, &#224; l'angle m&#234;me de l'esplanade, le seul &#224; disposer d'une salle rectangulaire tr&#232;s vaste mais en sous-sol, avec des ch&#226;ssis l'&#233;clairant depuis le haut du mur de gauche, je ne sais pas bien comment j'y &#233;tais descendu la toute premi&#232;re fois mais dans mon souvenir j'y &#233;tais seul, on commandait &#224; l'&#233;tage des assiettes &#233;bly salade avec si on voulait une brochette viandes mixtes et je prenais aussi un Coca, bien s&#251;r la di&#233;t&#233;tique n'a pas trop son mot l&#224;-dedans mais c'&#233;tait une fois par semaine et vraiment un temps limit&#233; entre les cours du matin et l'atelier de l'apr&#232;s-midi, la t&#234;te farcie d'un boulot o&#249; ce que confiaient &#224; vos mains &#233;tudiantes et &#233;tudiants ne pouvait se traiter sans charge &#233;motionnelle &#224; compenser, d'o&#249; ce quasi besoin d'un temps absolument vide et d'absolu silence, si on peut parler de vide et de silence puisqu'&#224; peine j'&#233;tais assis dans cette immense salle en sous-sol, qu'on m'avait promis en bas que mon assiette &#233;bly salade brochette mixte m'arriverait au plus vite, je me d&#233;couvrais dans le brouhaha de dizaines et dizaines de lyc&#233;ens et &#233;tudiants, pas vraiment les profils des employ&#233;s de la dalle qu'on croisait dans les brasseries, et puis en face de moi, mais sur lequel se d&#233;coupaient les silhouettes habill&#233;es toutes de fa&#231;on traditionnelle &#224; l'Afrique, le monde arabe, les pays asiatiques, un &#233;cran g&#233;ant non pas vou&#233; aux &#233;ternels matches de foot comme ailleurs mais &#224; des clips et de la danse d'un m&#234;me &#233;clatement de toute g&#233;ographie et ce bain bruyant, agit&#233; et mouvant, le ballet incessant des silhouettes cherchant une table ou remontant vers la lumi&#232;re c'&#233;tait finalement l'obscurcissement int&#233;rieur qui vous soignait le mieux, mes coll&#232;gues enseignants fr&#233;quentaient peu ce lieu, sinon la terrasse mais le jour des attentats &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; on y &#233;tait, dans le sous-sol, j'&#233;tais avec &#201;ric Maillet et on &#233;tait l&#224; tous deux riv&#233;s &#224; nos t&#233;l&#233;phones et &#231;a venait de se passer mais qui pouvait savoir quoi, des d&#233;p&#234;ches qui parvenaient chaque minute et semblaient une invention &#224; la fois terrifique et fantastique sans rien de r&#233;el qu'on puisse assimiler ou concevoir et finalement &#224; peine on avait touch&#233; &#224; nos assiettes &#224; peine on avait &#233;chang&#233; sinon des phrases mais si banales parce que quoi dire quoi et m&#234;me &#224; 14 heures au moment de refermer la porte de l'amphi on pouvait toujours r&#234;ver contre les certitudes &#8212; ce jour-l) je devais faire travailler sur Charles Juliet mais dedans et m&#234;me les mains je tremblais, les &#233;tudiants ne seraient inform&#233;s que le soir ou le lendemain donc on &#233;tait l&#224; mais dissym&#233;triques j'avais dit pourquoi mon &#233;tat, l&#224; du blanc dedans et m'&#233;tais embarqu&#233; dans la trag&#233;die grecque, &#231;a tombe bien il faut bien qu'un jour on leur parle de la trag&#233;die grecque et puis je n'avais fait que parler de la trag&#233;die grecque et puis de Beckett et surtout pas demander pourquoi, on avait m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'au bout du temps pr&#233;vu c'est seulement plus tard le soir et le lendemain qu'on commencerait &#224; r&#233;aliser, et puis la famille kurde qui tenait la grande salle, la terrasse et le comptoir kebab brochettes salades &#224; l'entr&#233;e avait clos la porte pour un mois, c'&#233;tait la guerre en Irak, on avait m&#234;me un &#233;tudiant dont la famille &#233;tait rest&#233;e &#224; Mossul, ils devaient rouvrir le mois suivant et &#231;a n'a jamais rouvert, le deuxi&#232;me lieu qui viendra donc seulement ici &#224; la fin (encore je n'ai pas &#233;t&#233; exhaustif) je crois que c'est un midi o&#249;, besoin d'un raccord ou d'un c&#226;ble ou chargeur pour le Mac, ou autre bricole du genre, j'&#233;tais entr&#233; dans le centre commercial, avais pris l'escalator pour le premier niveau (encore un autre niveau il aurait fallu pour ce toit terrasse v&#233;g&#233;talis&#233;), pris la galerie perpendiculaire, pass&#233; la zone magasin de chaussures et tenue de sports, puis &#224; l'angle suivant, sur la droite, la zone sandwicheries, enfin l'angle &#224; gauche pour le magasin de valises et sacs brad&#233;s (j'ai encore deux valises et un sac qui viennent de chez eux), avant que le vigile &#224; l'entr&#233;e de la Fnac vous fasse ouvrir votre sac &#224; dos lest&#233; de tout votre mat&#233;riel photo ou informatique, moins justement ce c&#226;ble ou chargeur qui manque et donc en sortant, retraversant la zone sandwicherie, sorte de haut le c&#339;ur qui te prend mais quand m&#234;me, trois heures non stop avec les &#233;tudiants ensuite, avais rep&#233;r&#233; ce stand asiatique, barquettes nouilles frites ou riz curry l&#233;gumes, quatre tables serr&#233;es l&#224; en bord de galerie j'avais descendu la barquette en vitesse, c'&#233;tait m&#234;me pas cinq euros avec le Coca, la dame qui servait ne parlait que chinois sauf le prix que vous aviez &#224; payer mais on se comprenait tr&#232;s bien quand m&#234;me, une autre fois o&#249; ce que je voulais surtout c'est &#234;tre seul mais tout seul j'&#233;tais revenu et comme les tables &#233;taient toutes prises, j'avais vu le minuscule escalier derri&#232;re la caisse et en haut c'&#233;tait une salle moins grande qu'ici ma cuisine mais la surprise : vitr&#233;e sur les deux parois &#224; angle droit et c'&#233;tait comme l'immense tableau brutaliste du centre commercial, avec cette tranch&#233;e qui le coupait &#224; la verticale pour que les bus de toute la banlieue nord-ouest acc&#232;dent &#224; la gare routi&#232;re, la ville de Cergy, autrefois voulue nouvelle, devenue le grand pan vertical d'une ville fantastique et toute en hauteur sur son socle gris, toi-m&#234;me devenu jouet dans la totalit&#233; sculpt&#233;e d'une ville sans aucune silhouette perceptible, sinon les imbriquement d'immeubles, bureaux, logements, entrep&#244;ts et m&#234;me l&#224;-bas, pr&#232;s du silo abstrait des th&#233;&#226;tres, l'&#233;cole o&#249; tu officiais, tout cela soudain en surplomb, et m&#234;me les lettres AUCHAN vues &#224; l'envers et g&#233;antes sur le toit d'en face devenaient, parce qu'&#224; l'envers, une action lettriste au plus subversif, contre les vitres quelques plantes vertes maladives tu avais fait des photos, et &#233;tais m&#234;me d'autres fois revenu, au moins deux fois par an ensuite tu revenais uniquement pour, l&#224; en haut, dans la petite salle minuscule et quasi clandestine au point d'&#234;tre le havre un peu trouble des rencontres de bureau cherchant l'anonymat, refaisant les m&#234;mes photos exactement, et m&#234;me, discr&#232;tement, apr&#232;s avoir ostensiblement fait ces photos du dehors, laissant l'appareil sur la table pr&#232;s de ta barquette et de ton Coca pour la photographier dans son enfilade, avec ces quelques clients aussi clandestins qu'elle, la petite salle qui te semblait &#224; elle-m&#234;me une chambre photographique et, comme par hasard, le seul que j'ai vu ici me rejoindre, tout aussi surpris que moi qu'on ait m&#234;mes go&#251;ts et id&#233;es, &#233;videmment Patrice Rollet le prof de cin&#233;, l'ami de Jonas Mekas, des Straub et de bien d'autres, et que j'avais vu pleurer, quittant l'&#233;cole au soir de l'attentat Charlie Hebdo, pour aller reprendre son m&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>77 | manger &#224; Cergy, 4, brasseries</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5061</link>
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		<dc:date>2022-01-10T11:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>2015</dc:subject>
		<dc:subject>Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy</dc:subject>
		<dc:subject>Ardouvin, Pierre</dc:subject>
		<dc:subject>Cuzin, Christophe</dc:subject>
		<dc:subject>Rohmer, &#201;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Lang, Luc</dc:subject>
		<dc:subject>Souchon, Patrick </dc:subject>
		<dc:subject>Senaud, Franck</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Cergy, EnsaPC, Pierre Ardouvin, Christophe Cuzin, Patrick Souchon, Franck Senaud, Eric Rohmer, 2013-2019&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot918" rel="tag"&gt;Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot920" rel="tag"&gt;Ardouvin, Pierre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1062" rel="tag"&gt;Cuzin, Christophe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1063" rel="tag"&gt;Rohmer, &#201;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot840" rel="tag"&gt;Lang, Luc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Souchon, Patrick &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1010" rel="tag"&gt;Senaud, Franck&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
manger &#224; Cergy : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1, soirs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5058' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2, petits-dejs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;3, brasseries&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5060' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4, cantine&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5039' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5, kebab&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;77 | manger &#224; Cergy, 4, brasseries&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Donc une fois cette autorisation d'acc&#232;s accord&#233;e aux enseignants &#233;cole d'arts pour la cantine souterraine de la pr&#233;fecture, beaucoup moins de cette errance deux jours par semaine, trente-quatre semaines par an, parmi les points ravitaillement de la ville anciennement nouvelle, mais comment tu aurais support&#233; l'id&#233;e d'aller deux jours de suite &#224; la cantine souterraine ou d'y descendre seul, forc&#233;ment on s'est mis &#224; faire des &#233;conomies mais on n'a pas l&#226;ch&#233; pour autant la suite de nos haltes du midi, soit : par exemple, au plus pr&#232;s de l'&#233;cole, quasi sous ses vitres arri&#232;re, avec une petite salle repas en contrebas de quatre marches qui permettaient, depuis la rue, de voir si des coll&#232;gues y &#233;taient d&#233;j&#224; auquel cas tu les rejoignais (enfin, selon, puisque &#231;a pouvait aussi &#234;tre un motif de fuite), tu entrais par le c&#244;t&#233; tabac, devant la porte sur la dalle quatre ou cinq tables et leurs cendriers, souvent la pr&#233;sence de l'aveugle, celui qui venait le soir s'asseoir &#224; la r&#233;ception du Kyriad : &#171; &#231;a va, monsieur Mourad, &#231;a va aujourd'hui &#187;, je ne sais plus s'ils faisaient aussi PMU mais en tout cas cette surcharge sous les cigarettes de jeux &#224; gratter, publicit&#233;s de Loto, avant l'enfoncement noir, &#224; gauche les banquettes dont la moleskine &#224; l'inauguration de la ville avait &#233;t&#233; fra&#238;che et color&#233;e, puis au fond &#224; droite la petite salle et l'immuable serveur mutique et lent, comme un air de conspirateur pour vous annoncer le bourguignon pur&#233;e ou bien pour en appeler &#224; votre complaisance t&#233;moignant de ce qu'il n'&#233;tait ici pas du tout &#224; sa place non, mais jamais il ne se trompait dans les commandes, savait assez son monde pour nous laisser monopoliser notre coin de table, les plats &#233;taient &#224; l'heure et on payait ensuite &#224; tour de r&#244;le &#224; la patronne (&#171; sans contact ? &#8212; sans contact &#187;), mais c'&#233;tait si pr&#232;s de l'&#233;cole (moi je l'appelais la brasserie des sculpteurs parce que j'y venais plut&#244;t avec les trois profs sculpteurs, Ardouvin, Cuzin, Cousinard et les affinit&#233;s qu'on a dans le peu de paroles et le go&#251;t des choses solides, et parce que c'est plus facile aussi dans un lieu o&#249; on vous reconna&#238;t comme client du mardi, ou du mercredi ou du jeudi selon les ans mais quand m&#234;me r&#233;guli&#232;rement &#224; r&#233;p&#233;tition &#8212; ici les v&#233;g&#233;s avaient omelette salade ou d&#233;brouille-toi, trop pr&#232;s de l'&#233;cole pour une vraie pose ou &#233;chapper aux regards des &#233;tudiants rapportant de la boulangerie leur sandwich (ce que tu ferais souvent aussi, &#171; la formule ? &#8212; oui, la formule, avec le jambon formage ou saucisson beurre plus un Coca mais tu rapportais &#231;a dans l'amphi pour finir tel dossier ou mail avant l'heure de reprise, gardant le flan ou la p&#226;tisserie incluse dans la formule pour le train au retour, &#224; moins que tu ne la retrouves &#233;cras&#233;e dans le fond de ton sac la semaine suivante), soit par exemple et en les prenant dans l'ordre la brasserie qui sur la dalle, mais plus &#224; droite en sortant de l'escalator du RER, bien s&#251;r le Columbia et m&#234;me d&#232;s le premier jour du recrutement puisqu'on avait &#233;t&#233; cinq convoqu&#233;s de la short list et qu'on se connaissait tous forc&#233;ment (l'amie d'ailleurs qui reprendrait ton poste &#224; ton d&#233;part, et puis ce copain auteur qui, vingt ans de moins que toi, avait fait la villa M&#233;dicis &#224; vingt ans d'&#233;cart, mais assumait un poste de prof en lyc&#233;e et pas facile d'&#233;chapper &#224; cette orbite &#8212; un jour bizarre puisque, sans jamais avoir &#233;t&#233; f&#233;ru de num&#233;rologie cette fois dans le TGV la SNCF t'avait attribu&#233; la voiture 19 place 53 et qu'en vingt-cinq ans de TGV ce serait la seule, seule fois o&#249; &#231;a tomberait sur ton ann&#233;e de naissance bien s&#251;r que sinon tu le remarques &#8212;, le copain m'avait attendu et on &#233;tait all&#233; au Columbia et on avait pris deux andouillettes frites, on en avait bien s&#251;r plaisant&#233; c'&#233;tait expr&#232;s, celui qui aurait le poste on reprendrait ailleurs une andouillette frites et celui qui aurait le poste offrirait une bouteille &#224; l'autre, la bouteille je l'avais achet&#233;e mais je ne crois pas que depuis lors on se soit revu, le Columbia avec ses grandes baies vitr&#233;es et sa fa&#231;on de jouer les brasseries traditionnelles, aux beaux jours les tables d&#233;ploy&#233;es sur la terrasse c'est l&#224; que Rohmer avait tourn&#233;e L'amie de mon amie donc c'&#233;tait comme de s'inviter dans un film, Cergy &#233;tait un r&#234;ve middle class tout neuf &#224; l'&#233;poque, dans le prolongement direct de la D&#233;fense et toi en cinq ans &#224; la d&#233;gringolade du Columbia tu verrais bien aussi la transformation en ghetto, ghetto tertiaire le midi et ghetto tout court le soir (le Columbia d'ailleurs ferm&#233;, lors d'un &#233;ni&#232;me changement de propri&#233;taire ils avaient retent&#233; le soir et j'&#233;tais venu deux fois mais certainement pas trois), en tout cas les premi&#232;res ann&#233;es en s'y glissant sur le tard avec les coll&#232;gues (les &#233;tudiants pr&#233;venus que, compte tenu de ce retard, on ne r&#233;attaquerait qu'&#224; 14 heures pass&#233;es), ce que tu appr&#233;ciais c'&#233;tait le soleil sur les vitres, le hors temps que t'offre en hiver ou demi saison le soleil tapant ferme sur les vitres, ce qu'on mangeait &#233;tait sinon plut&#244;t ordinaire mais le caf&#233; tr&#232;s correct, reste qu'au bout de trois ans tu as un peu plus de mal en t'asseyant pour le plat du jour (foie de veau &#231;a vous va, ou d'autres fois langue en sauce &#231;a vous va, ou bien plus simplement parmentier maison &#231;a vous va) &#224; t'imaginer que tu t'embarques pour le dedans d'un d&#233;cor de film, ou par exemple en continuant la rue, &#224; la bifurcation qui va vers la Poste ce vietnamien ou tu passais vingt minutes de queue debout, et quand bien m&#234;me il y avait cinq personnes &#224; attendre c'&#233;tait vingt minutes de queue, un vieux couple avec le monsieur &#224; lunettes qui venait faire un sourire depuis son recoin embu&#233;, avec une courbette mais amicale, fa&#231;on de l&#224;-bas, m&#234;me s'il y avait &#224; ce moment-l&#224; des gens qui passeraient vingt minutes debout &#224; attendre et rituellement c'&#233;tait bobun, jamais Luc Lang (on a perdu contact, vies qui vont droit et ne se d&#233;tournent pas) ne serait all&#233; ailleurs, donc quand avec Luc charg&#233; du cours d'esth&#233;tique mais on se connaissait bien avant que je le rejoigne ici (il doit y continuer certainement) c'est au bobun du vieux couple vietnamien qu'on venait attendre, vingt minutes debout puis dix minutes sur un coin de table pour le bol aux nems flottants et la soupe claire &#231;a faisait quand m&#234;me une demi-heure pour ce qu'on avait &#224; se dire quand on avait &#224; se dire, le caf&#233; on reviendrait ensuite le prendre sur la place ronde, plus loin dans le renfoncement c'&#233;tait un indien qui devait au moins s'intituler le Maharajah et qui &#233;tait toujours aux trois quarts vides, l&#224; aussi tu testes une fois mais tu ne reviens pas, et par contre juste apr&#232;s la bifurcation vers la Poste si on traversait une pizzeria ouverte le soir mais sans alcool, et si par hasard le soir tu venais qui s'arrangeait toujours pour te mettre en vitrine des fois que &#231;a attire d'autre monde, n'y venaient des gens, plut&#244;t en groupe, que pour leur salle o&#249; un &#233;cran diffusait les matches de foot d'une cha&#238;ne arabe, un ensemble de trois bistrots donc mais il n'y a que le vietnamien qu'on ait fr&#233;quent&#233; vraiment, parfois avec Luc Lang parfois avec d'autres, d'ailleurs on l'appelait &#171; le bobun &#187; le resto aux vingt minutes debout et qui devait avoir sa fa&#231;on authentique puisque souvent on y croisait, mais qui rapportaient une barquette &#224; l'&#233;cole dans un pochon plastique, nos si chouettes &#233;tudiants et &#233;tudiantes de Cor&#233;e, Chine ou Japon, ou comme par exemple, mais en suivant alors deux cents m&#232;tres plus loin cette rue qui longeait la biblioth&#232;que universitaire, l'entr&#233;e du Auchan sur une esplanade en travaux, ou pendant une heure derri&#232;re la vitre tu te r&#233;galais des visages de passage, tout un monde lointain (puisque derri&#232;re la vitre) et si proche (le grand d&#233;ferlement du monde tout entier aval&#233; et rejet&#233; par le Auchan deux &#233;tages au-dessus), les Cerclades on n'y venait pas aussi souvent mais le patron offrait le caf&#233;, le service &#233;tait rapide, les plats classiques mais g&#233;n&#233;reux et c'&#233;tait un public diff&#233;rent, plus ouvrier (&#233;lectriciens, gens des eaux, du t&#233;l&#233;phone, agents de service de la ville) c&#244;t&#233; comptoir, plus &#233;quipes du m&#234;me bureau pomponn&#233;es pour le repas de f&#234;te c&#244;t&#233; vitrine sur la place et moi j'aimais bien les Cerclades quand l'occasion d'un rendez-vous qui compte m&#234;me si c'est juste une fois l'an mais qu'on y tient, deux fois avec Patrick Souchon au moins, une fois par an rituellement avec C&#233;sar, &#233;tudiant si atypique, une autre fois avec Franck Senaud, une avec Xavier Georgin et &#231;a peut &#234;tre bien de se forcer &#224; prolonger une telle liste jusqu'&#224; l'exhaustivit&#233;, une autre fois avec cette coll&#232;gue am&#233;ricaine de Los Angeles (on avait un partenariat d'&#233;change d'&#233;tudiants et d'&#233;change d'enseignants) dont j'avais d&#233;couvert sur son site que moyennant inscription en ligne et deux cent cinquante dollars elle se d&#233;pla&#231;ait &#224; votre domicile et photographiait votre chien ou chat, &#231;a m'avait donn&#233; des id&#233;es pour en faire autant : un livre sur votre chien &#224; prix forfaitaire, ma page est toujours en ligne sur mon propre site mais &#231;a n'a pas march&#233; comme pour elle d'&#233;vidence &#231;a marchait, on pouvait revenir &#224; l'&#233;cole soit par cette rue directement vers le RER soit en reprenant par l'entr&#233;e du Auchan, passant alors sous cet escalier qui menait &#224; ce toit terrasse extr&#234;mement curieux, l'id&#233;e des concepteurs ayant &#233;t&#233; d'y positionner, autour d'un vaste espace arboris&#233; comme &#231;a en plein ciel, des associations &#224; vocation sociale, dommage qu'ils n'y aient pas plut&#244;t install&#233; un bistrot terrasse puisque personne ne savait comment s'y rendre, depuis l'int&#233;rieur du centre commercial g&#233;ant, &#224; ce toit terrasse qui devait lui redonner vocation humanitaire plus g&#233;n&#233;reuse que les cinquante ou quatre-vingts boutiques &#224; fringues, t&#233;l&#233;phones, &#233;lectro-m&#233;nager et m&#234;me une Fnac (et m&#234;me quelques livres, mais peu) mais en architecture les bonnes intentions suffisent rarement en tout cas j'aimais y faire parfois une ballade ou bien sous n'importe quel pr&#233;texte le faire d&#233;couvrir &#224; d'&#233;ventuels h&#244;tes de passage.&lt;/p&gt;
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		<title>76 |	manger &#224; Cergy, 3, la cantine administrative</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>2015</dc:subject>
		<dc:subject>Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy</dc:subject>
		<dc:subject>Rollet, Patrice</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Cergy, EnsaPC, 2013-2019&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot918" rel="tag"&gt;Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
manger &#224; Cergy : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1, soirs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5058' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2, petits-dejs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;3, brasseries&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5060' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4, cantine&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5039' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5, kebab&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;76 |	Cergy, 3, la cantine administrative&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Non pas les trois premi&#232;res ann&#233;es mais les deux suivantes, la jeune administratrice de l'&#233;cole (l'&#226;ge de mon fils a&#238;n&#233;, soudain l'impression d'un renversement de monde) nous obtient, pour les profs et le personnel, l'autorisation d'acc&#232;s &#224; la cantine administrative &#8212; &#231;a s'appelle comme &#231;a, je d&#233;couvre &#8212;, juste en face de la porte d'entr&#233;e principale de la pr&#233;fecture, zut, on n'y entrera pas : et m&#234;me plus, notre employeur prend une petite quote-part de la note, alors que d'une d&#233;pense de treize euros en moyenne dans les brasseries alentour le plateau tombe soudainement &#224; cinq ou six euros m&#234;me avec entr&#233;e plat salade ou dessert, et donc la premi&#232;re surprise c'est la porte d'entr&#233;e : sur cette dalle de b&#233;ton qui surplombe l'&#233;tendue plane de l'&#238;le de France, le cin&#233;ma, en mimant dans sa forme ext&#233;rieure le grand trap&#232;ze des fauteuils devant l'&#233;cran, signifiait que le paysage m&#234;me &#233;tait devenu pour la dalle une image, il &#233;tait, sur le rebord m&#234;me de la dalle, un objet transitionnel &#8212; Patrice Rollet, l'enseignant de cin&#233; lecteur de Lib&#233; (je l'ai vu pleurer, le jour des attentats &#224; Charlie Hebdo) y avait re&#231;u, lui qui &#233;tait un ancien de l'&#233;cole, les Straub et Huillet ou Rohmer parmi d'autres, mais depuis longtemps d&#233;saffect&#233; : j'avais install&#233; sur mon site, photos &#224; l'appui, une mini fiction disant comment, dans ce gaspillage d'un b&#226;timent embl&#233;matique, nos &#233;tudiants s'y glissaient la nuit, avec une combine de rallonges &#233;lectriques, pour des projections clandestines de leurs &#339;uvres mais dans ce contexte quasi historique (on voit tr&#232;s bien le cin&#233;ma, la dalle, la tour EDF qui surplombe de tr&#232;s haut, d&#233;saffect&#233;e elle aussi, et le toit terrasse en pyramide invers&#233;e de la pr&#233;fecture dans le film &lt;i&gt;Terroriste&lt;/i&gt; avec Yves Montand) et aujourd'hui encore je re&#231;ois des messages me demandant des tuyaux pour p&#233;n&#233;trer clandestinement dans la salle morte, d'ailleurs plusieurs fois j'y r&#233;ponds par des indications fictives elles aussi, faisant l'&#233;tonn&#233; ensuite mais l&#224; tu poussais une double porte transparente pas flambante, un peu hors de ses gonds et grin&#231;antes, avec des panneaux vitr&#233;s d'indications de services ou d'informations remontant &#224; plus de quinze ans et seulement fl&#233;ch&#233;e comme acc&#232;s parking, d'ailleurs au premier niveau souterrain on arrive face &#224; une &#233;choppe de coordonnerie doubles de cl&#233;s &#224; l'abandon au moins d&#233;cennial elle aussi, puis un long couloir carrel&#233; sous trois n&#233;ons glauques et au moins le double hors service, l&#224; on a la surprise d'un jardin min&#233;ral (il n'y a pas de lumi&#232;re, donc ce sont de faux arbres dess&#233;ch&#233;s sur rocaille et sol de ces &#233;clats de bois achet&#233;s au kilo, puis un nouvel escalier, ce qu'on nomme en architecture &#171; puits de lumi&#232;re &#187; cens&#233; &#233;clairer avec ce qui reste de gris tombant du ciel l&#224; o&#249; le parking est &#224; gauche et une galerie plus &#233;troite menant cette fois &#224; la cantine, tellement &#233;troite qu'&#224; peine dix personnes attendent leur plat, la queue s'allonge jusqu'ici mais chaque grappe reste dans sa bulle, arriv&#233; &#224; l'angle la double pile des plateaux et comme au Japon les plats du jour en d&#233;mo sur une assiette refroidie et mise sous cloche dans cette ombre on pr&#233;f&#232;re &#233;viter de regarder, encore deux m&#232;tres en bifurquant sur la gauche et elle est l&#224;, la dame qui sert, tu vois bien ce qui est du jour ou ce qui reste de la veille ou de l'avant-veille, facile de choisir et comme nous de l'&#233;cole d'arts on dit bonjour et m&#234;me des fois avec elle on plaisante on a une ration choisie et m&#234;me, je dirais, ce c&#244;t&#233; cuisine des familles et le luxe du jeudi c'est des fois paella, des fois couscous ou choucroute enfin comme un petit extra pour te redonner le moral au bureau, le petit commentaire acerbe de l'autre fille, celle &#224; la caisse qui te sermonne si tu n'as pas assez cr&#233;dit&#233; ta carte, voire l'a oubli&#233;, ou si tu as l'air un peu triste et fatigu&#233; aujourd'hui, tu remplis le plus haut possible la petite assiette &#224; salade o&#249; champignons carottes r&#226;p&#233;es, ou c&#233;l&#233;ri r&#233;moulade ou haricots rouge c'est forfaitaire selon le diam&#232;tre, avant les couverts dans trois pani&#232;res &#224; osier, puis deux morceaux de pain un peu mou et il faudra aussi qu'un de votre groupe se d&#233;voue pour aller remplir la carafe, les premi&#232;res fois tellement surpris de ces tabl&#233;es regroup&#233;es par services ou administrations puisqu'il y avait aussi des policiers en uniforme, et m&#234;me des marins : des marins &#224; Cergy-Pontoise ? apparemment des stations d'&#233;coute radar, et puis &#224; la pr&#233;fecture ils g&#233;raient les conscriptions en tout cas oui, marins et m&#234;me une fois sous-mariniers &#224; Cergy-Pontoise, nous on &#233;tait entre profs de l'&#233;cole d'arts et les conversations peinaient &#224; &#233;chapper aux questions r&#233;currentes du boulot c'est comme partout et partout et puis voil&#224;, un jour fini, il te reste cinq ou six euros sur ta carte tu te dis que tu la feras passer &#224; un ancien coll&#232;gue et puis cinq ou huit mois plus tard tu retombes dessus et tu la jettes, d'autres fois c'est des ab&#238;mes de pens&#233;e &#224; l'image de cette salle souterraine (de la bu&#233;e par manque d'a&#233;ration, d'ailleurs ils avaient d&#251; une fois fermer parce que l'hygi&#232;ne de leur chambre froide &#233;tait en d&#233;faut) et que les gens des services passeport ou cartes grises et les marins ou m&#234;me tes copains continuent d'y faire la queue en attendant le couscous ou la paella ou la saucisse haricots verts de la semaine (aux coll&#232;gues v&#233;g&#233;s on pr&#233;parait sans barguigner une assiette frites ou riz et potlatch de l&#233;gumes) continuent apr&#232;s l'immersion de retrouver comme en titubant un peu le jour gris de la dalle pour aller se serrer devant un des comptoirs &#224; caf&#233; de la petite place ronde.&lt;/p&gt;
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		<title>75 | manger &#224; Cergy, 2, petits-d&#233;j'</title>
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		<dc:subject>Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy</dc:subject>
		<dc:subject>Rollet, Patrice</dc:subject>
		<dc:subject>Kaplan, Leslie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Cergy, EnsaPC, Patrice Rollet, Leslie Kaplan&lt;/p&gt;

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manger &#224; Cergy : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1, soirs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5058' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2, petits-dejs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;3, brasseries&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5060' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4, cantine&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5039' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5, kebab&lt;/a&gt;
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&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;75 | manger &#224; Cergy, 2, petits-d&#233;j'&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, Kyriad du centre ou Kyriad d'en haut, le petit-d&#233;j' ce n'est pas &#231;a : une vague cafet' o&#249; tu donnes ton num&#233;ro de chambre, en &#233;change d'un caf&#233; machine, jus d'orange machine et petit pain mal d&#233;congel&#233; avec carr&#233; de beurre qui ne l'est pas du tout, tout cela &#224; volont&#233; ne compense pas les cinq balles qu'ils te prennent &#8212; ou alors tu descends &#224; sept heure pour un gobelet double, et retour &#224; la chambre pour une heure de boulot mais en tous les cas l'&#233;cole d'arts tu n'y entrais pas avant 9 heures et donc tu passais au Show Gourmand, l&#224; aussi pas besoin de dire ce que tu souhaitais, et c'est comme s'il te fallait prendre ton &#233;lan pour changer de viennoiserie avec ton grand cr&#232;me et la bouteille d'eau que tu emporterais dans ta poche pour tout &#224; l'heure le cours : la fille toutes ces ann&#233;es c'&#233;tait la m&#234;me et avenante, plus que sa coll&#232;gue qui souvent se r&#233;fugiait &#224; l'&#233;tage o&#249; &#233;taient les gogues interdites provisoirement aux clients, laissant l'autre se d&#233;brouiller seule, et tu avais d&#233;couvert que celle qui se faisait ces pauses au moindre pr&#233;texte, viss&#233;e &#224; son t&#233;l&#233;phone, &#233;tait malentendante (&#231;a n'emp&#234;che pas le t&#233;l&#233;phone) et un mois par an en fin d'hiver celle qui te pr&#233;parait ta commande sans savoir ce que tu voulais, &#171; comme d'habitude hein &#187;, partait un mois dans sa famille au Maroc et comme j'aime bien parler du Maroc on a toujours &#233;t&#233; copains, une fois &#224; sa demande je lui ai fait une photo derri&#232;re son comptoir mais quand il s'est agi de lui envoyer par mail elle n'a jamais voulu me le donner, je pensais faire un tirage et puis &#231;a tra&#238;n&#233; et je ne l'ai pas fait, en tout cas au Show Gourmand une fois servi sur le plateau, pay&#233; &#224; la petite machine qui rendait automatiquement la monnaie tu descends &#224; la petite salle d'en bas, bien &#233;clair&#233;e parce que donnant de plain pied sur la grande esplanade (combien de fois j'y ai fait des time-lapse &#224; l'arriv&#233;e m&#234;me irr&#233;guli&#232;re des trains), et d&#233;cor&#233;e, &#231;a m'avais souffl&#233; la premi&#232;re fois et toujours r&#233;confort&#233; ensuite, de panneaux vitr&#233;s avec de tr&#232;s grandes photos de New York, pour un peu Cergy sur Manhattan tu y aurais cru, parfois des types qui t&#233;l&#233;phonaient forts pour des histoires de petites annonces de voitures d'occasion, ou un &#233;lectricien plombier qui g&#233;rait d'ici son agenda et les heures de ses gars, plus g&#234;nant d'autres fois les filles de la CAF ou je ne sais quel autre service social commentant les cas de leurs patients donc souvent je mettais mon casque, les deux premi&#232;res ann&#233;es dans la petite table rencoign&#233;e au bas des marches le prof de cin&#233;, Patrice Rollet, en train de lire son Lib&#233; alors soit un petit signe et je me collais face &#224; lui, soit pas de signe et j'allais plus loin comme de ne pas l'avoir vu moi non plus, super copains et confiance (ami en plus de Leslie Kaplan) mais on avait ce m&#234;me go&#251;t tous deux pour ces r&#233;pits provisoires et le silence sur tout ce monde de phrases banales qui suivent ensuite parce qu'elles sont celles de la codification du travail, ensuite Patrice est parti &#224; la retraite, avouant enfin qu'il avait un e-mail comme les autres (mais &#231;a avait bien servi &#224; sa tranquillit&#233;, dans les codes de l'&#233;cole, l'intranquillit&#233; il la gardait pour cette petite salle sans fen&#234;tre o&#249; ses &#233;tudiantes et &#233;tudiants projetaient leurs travaux en cours) alors moi les deux ans &#224; suivre je m'asseyais &#224; sa place, la petite table rencoign&#233;e en bas des marches, bien s&#251;r je ne lisais pas Lib&#233; (des ann&#233;es et des ann&#233;es que j'ai oubli&#233; l'encombrement que c'est un journal papier) mais comme un fraternel salut &#224; distance avant le taf, il m'est r&#233;guli&#232;rement arriv&#233; aussi de payer le caf&#233;-croissant &#224; tel ou telle des &#233;l&#232;ves pour un petit temps tranquille et hors territoire sur leurs m&#233;moires ou leurs textes, donc apr&#232;s l'&#233;cole et les deux h&#244;tels c'est au Show Gourmand, dans ce petit passage que les &#233;diles avaient trouv&#233; intellectuel et cultiv&#233; de nommer Grandgousier, probablement pas &#224; cause de Rabelais mais parce que dans leur id&#233;e cette place ronde (sur un plan jumeau de Louvain-la-Neuve ce qui au d&#233;but m'avait troubl&#233;) &#233;tait vou&#233;e aux bistrots et restos, un jour je retournerai au Show Gourmand.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>41 | tabouret face rue &#224; Providence</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5041</link>
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		<dc:date>2022-01-06T08:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Providence, Rhode Island</dc:subject>
		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft, Howard Phillips</dc:subject>
		<dc:subject>2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : USA, Providence, 2015, HP Lovecraft&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1009" rel="tag"&gt;Providence, Rhode Island&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1030" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot501" rel="tag"&gt;Lovecraft, Howard Phillips&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/KTRRLSffXtU&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;41 | tabouret face rue &#224; Providence&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#199;a passe tr&#232;s vite dans la vid&#233;o, trois lettres un espace &#171; U BON &#187; donc bien s&#251;r c'&#233;tait Au Bon Pain, la cha&#238;ne am&#233;ricaine o&#249; on a souvent pris aussi des petits-dej &#224; New York et la r&#233;ticence &#224; s'en souvenir c'est &#224; cause de cette enseigne en langue fran&#231;aise, si on entre l'expression au bon pain avec des guillemets pour avoir l'expression exacte Google nous en retourne 835 000 occurrences, un inventaire &#224; faire des boulangeries fran&#231;aises qui s'intitulent Au Bon Pain, il y en a presque une dans chaque ville (mais est-ce qu'on fait attention au nom d'une boulangerie), si je sp&#233;cifie langue anglaise dans les options de recherche l&#224; je tombe sur la cha&#238;ne, donc plus exactement &#171; Au Bon Pain, the Bakery Home &#187;, qu'ils ont 250 &#233;tablissements sous licence (dont 80 en Thailande, et que l'enseigne a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1978 par un certain Louis Kane en souvenir des parfums qu'il respirait dans les halles de Boston passant devant une boulangerie fran&#231;aise et qu'effectivement il en reste deux &#224; Providence, Rhode Island, mais seulement dans les halls de deux h&#244;pitaux, dont celui pour enfants, mais plus celui o&#249; je m'arr&#234;tais, plusieurs semaines durant, cet &#233;t&#233; 2015 en allant le matin depuis Angell Street (cette chambre sous-lou&#233;e via des coll&#232;gues du d&#233;partement creative writing de la Brown &#8212; merci Cole Swensen &#8212; &#224; une &#233;tudiante toute contente de voir son loyer pris en charge pendant les vacances, et d&#233;couvrir en arrivant qu'on &#233;tait de fen&#234;tre &#224; fen&#234;tre pile en face de la maison d'enfance de Lovecraft, la grande maison du grand-p&#232;re ras&#233;e depuis, et dont la s&#233;paration lui avait &#233;t&#233; un tel deuil) jusqu'&#224; la John Hay Library &#224; quelques centaines de m&#232;tres, et m'asseoir pour trois heures dans la grande salle d'&#233;tudes avec mon carton de fac-simile, ou directement dans la salle prot&#233;g&#233;e o&#249; on avait acc&#232;s aux fragiles originaux, l'arr&#234;t donc au petit caf&#233; d'angle m&#234;me si la rue en regorgeait, m&#234;me la grande librairie de l'universit&#233;, la Brown Bookstore, avait aussi un caf&#233; au rez-de-chauss&#233;e mais tr&#232;s sombre et surtout une clim' qui te donnait l'impression d'entrer dans une chambre froide merci donc, au coin de Thayer Street maintenant c'est un glacier, Chlo&#233; (sans accent, ils n'en ont pas besoin chez eux mais je le rajoute), indiquant avec seulement une suite d'ic&#244;nes ce qu'on y vend, moi &#231;a s'&#233;tait fait comme &#231;a la premi&#232;re fois : au coin en diagonale en face il y avait un Starbucks o&#249; je suis souvent entr&#233; aussi mais plut&#244;t l'apr&#232;s-midi, &#224; cause de la wifi c'&#233;tait toujours bond&#233;, et l&#224;, avec ce gobelet de caf&#233; br&#251;lant (ces caf&#233;s &#224; consistance d'eau de douche trop chaude des cafets am&#233;ricaines et qu&#233;b&#233;coises aussi) avoir grimp&#233; sur ce tabouret tout contre la vitrine et avoir toujours repris le m&#234;me si&#232;ge ensuite puisqu'il n'y avait jamais beaucoup de monde, peut-&#234;tre pour &#231;a que l'enseigne ensuite a &#233;t&#233; revendue, mais qu'entraient et s'asseyaient l&#224;, juste &#224; c&#244;t&#233; de toi les &#233;boueurs du quartier, les livreurs et les &#233;gouttiers, la police municipale aussi, que tout ce monde-l&#224; se connaissait et s'apostrophait, l'impression alors de ne plus &#234;tre bien s&#251;r ni touriste ni rien, mais de faire partie du paysage, m'ancrer dans le quotidien de Providence comme je le trouvais chez Lovecraft, avant d'aller retrouver le manuscrit de son &lt;i&gt;Commonplace Book&lt;/i&gt; ou le carnet de son New York Diary &#224; d&#233;crypter, et face &#224; moi ce tunnel inaugur&#233; en 1926, l'autre bout juste en face de son dernier appartement College Street et r&#233;serv&#233; aux bus, &#233;troit et serr&#233;, pour escalader la colline &#8212; sur Street View il paye encore moins de mine avec les herbes qui poussent dans les fissures, continuant de d&#233;boucher &#224; ras du Starbucks et donc heureusement que ce jour de grosse pluie d'&#233;t&#233;, pluie d&#233;bordante, pluie extrayant du bitume chaud toute une couche de souvenir d'enfance, j'avais laiss&#233; mon appareil filmer les silhouettes press&#233;es, le ballet des bus dans leurs doubles &#233;claboussures, et qu'un dixi&#232;me de seconde on aper&#231;oive &#171; U BON &#187; &#224; l'envers sur la vitre, normal que je n'aie pas voulu m'en souvenir si en plus c'&#233;tait mon patronyme et Providence aussi, Providence encore, mais downtown, dans ce fouillis de rues o&#249;, apr&#232;s l'&#233;poque de l'Empire State Builing, chaque ville a construit pour ses affairistes son propre Manhattan en petit : ce sont aussi des trou&#233;es d'anciens music-halls, de grands cin&#233;mas, et d'h&#244;tels qui depuis longtemps ont &#233;t&#233; convertis en appartement mais l&#224; tu entres, il a suffi d'une carte postale des ann&#233;es 20, un jour que tu lisais la correspondance de Lovecraft, pour reconna&#238;tre la silhouette &#233;cras&#233;e et trapue mais solennelle : il venait ici retrouver ses amis de passage alors tu entres, la salle est immense et sombre, il n'y a plus de grand lustre mais le plancher est le m&#234;me, et l'enfoncement &#8212; et plus tard, penseras-tu, la porcelaine de ces gogues de roi &#8212; on dirait qu'&#224; marcher sans cesse vers le fond de la salle, comme dans les r&#234;ves, tu n'en trouverais pas le terme alors l&#224;, maintenant assis dos contre le mur c'est une carte mexicaine qu'on te tend, certainement pas le genre de plats qu'on pouvait y servir il y a quatre-vingt-dix ans lorsque Donald Wandrei ou d'autres lui rendent visite, ou lorsque Sonia invitait par politesse les deux tantes &#224; un d&#233;jeuner en ville, l'assiette mexicaine est fra&#238;che et bonne, surprenamment copieuse, on te renouvelle ton Coca et puis tu restes l&#224; tout un temps &#224; r&#234;vasser, la dimension d'un espace int&#233;rieur ou tu peux t'asseoir, ou bien cette id&#233;e que marcher jusqu'au fond de la salle en ferait un terme aussi inatteignable que dans le r&#234;ve suffit &#224; t'occuper &#8211; et Providence toujours (mais tu repenses &#224; Benjamin en capitale &#233;trang&#232;re s'installant dans Baudelaire : ces s&#233;jours &#224; Providence pour toi c'est entrer, encore plus que dans les livres eux-m&#234;mes, dans un recoin soudain mat&#233;rialis&#233; de ces ann&#233;es &#224; traduire ou tenter de comprendre, y compris l&#224; o&#249; on bute sur l'injustifiable), que Kennedy Plaza, qui ne s'appelait pas encore Kennedy Plaza et pour cause, &#233;tait d&#233;j&#224;, sous la fa&#231;ade onirique de cet immeuble g&#233;ant &#233;rig&#233; par une banque et qui servirait d'ic&#244;ne &#224; Superman escaladant (pour le bien, contre toutes les menaces et terreurs) les hauts d'une ville dans la nuit, et sans que je puisse bien refaire mentalement ce qui pr&#233;c&#233;dait cet inf&#226;me quartier b&#233;tonn&#233;, de ce c&#244;t&#233; de la rivi&#232;re, sous la vieille colline d'o&#249; il descendait depuis College Street, entre la gare et le City Hall, probablement un entr&#234;melement de maisons serr&#233;es du si&#232;cle qui le pr&#233;c&#233;dait, n'avait pas d&#251; tant changer depuis Edgar Poe, mais c'&#233;tait bien l&#224;, sur la place en ovale devant le City Hall et qui servait d&#233;j&#224; de gare routi&#232;re, les longs Greyhound tremblant et grin&#231;ant s'&#233;lan&#231;ant en horde &#224; la tomb&#233;e de la nuit (m&#234;me si lui, Lovecraft, pour Boston ou New York prenait plut&#244;t le train, mais ayant son lot de bus d&#232;s lors que chaque printemps il partait explorer la c&#244;te Est jusque tout au sud, la Floride chez son fid&#232;le et tout jeune Bob Barlow, s'arr&#234;tant au passage dans les grottes de Virginie et poussant une fois jusqu'&#224; Mobile, l&#224; o&#249; le Texas a son port de mer &#8212; et le r&#244;le des bars et restos ayant son r&#244;le dans ce qui te provoque aujourd'hui &#224; cette approche pour &#233;crire, la figure du voyageur arpenteur comme d&#233;cal&#233;e ou glissante sur les cartes des villes devenue la tienne propre), les boutiques o&#249;, &#224; midi pour son seul repas, voire m&#234;me un midi sur deux de la m&#234;me fa&#231;on qu'il dormait une nuit sur deux, consacrant l'autre &#224; &#233;crire, et qu'on a le d&#233;tail du pain et du fromage qu'il ach&#232;te le jour en contrepoint, plus les gobelets de caf&#233; et ces parts de pie ou pudding qui suffisent &#224; le caler, c'est ici &#8212; maintenant Kennedy Plaza &#8212; qu'il trouve ces &#233;choppes &#224; moins de 20 cents o&#249; s'arr&#234;ter prendre, sur un tabouret face mur, serr&#233; entre ces immigrants sur lesquels il tombera ensuite dans ses lettres, une assiette de spaghettis sauce tomate ou alternativement de haricots en sauce aussi, les &#233;choppes ne sont plus l&#224;, la navette pour la riche Newport &#224; une heure d'ici semble la seule relique de l'&#233;poque, et les bancs de la gare routi&#232;re accueillent en grappes v&#233;t&#233;rans mutil&#233;s des guerres de notre temps et sans domicile fixe, les deux cat&#233;gories l&#224;-bas si intimement m&#234;l&#233;es, mais ce camion ovale en inox, bien entendu renouvel&#233; dans les ann&#233;es 50 ou 60, si manifestement fier d'afficher sur son arri&#232;re photo &#224; l'identique, au m&#234;me coin de trottoir sous le City Hall, qu'il &#233;tait au temps de Lovecraft et servant le m&#234;me menu &#224; emporter ou carr&#233;ment sur un tabouret dans le camion alors tu prends un sandwich quelconque juste pour installer ce partage, tout pr&#232;s il y a ce bouquiniste en &#233;tage apr&#232;s l'escalier raide si &#233;troit o&#249; chaque fois tu viens te perdre, m&#234;me si les quelques survivances Lovecraft, dans la petite vitrine sous la caisse, sont &#224; un prix exorbitant (c'est quand m&#234;me d'ici, Cellar Stories dont le patron et fondateur est mort il y a deux ans et toi tu revois ses gros yeux &#224; la fois blas&#233;s et inquisiteurs, que j'ai trouv&#233; le livre hommage de Belknap Long &#224; Lovecraft).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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