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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>78 | manger &#224; Cergy 5, kebab en sous-sol</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>EnsaPC (&#233;cole d'arts Paris-Cergy)</dc:subject>
		<dc:subject>Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy</dc:subject>
		<dc:subject>Maillet, &#201;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Rollet, Patrice</dc:subject>
		<dc:subject>2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Cergy, EnsaPC, 2015, Charlie Hebdo, Eric Maillet, Patrice Rollet&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot796" rel="tag"&gt;EnsaPC (&#233;cole d'arts Paris-Cergy)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot918" rel="tag"&gt;Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot921" rel="tag"&gt;Maillet, &#201;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1032" rel="tag"&gt;Rollet, Patrice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
manger &#224; Cergy : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1, soirs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5058' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2, petits-dejs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;3, brasseries&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5060' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4, cantine&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5039' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5, kebab&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;78 | manger &#224; Cergy 5, kebab en sous-sol&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et puis, dans cette typologie des cinq ans &#224; Cergy, deux jours par semaine, trente-quatre semaines par an, plus une sixi&#232;me ann&#233;e d&#233;cousue mais quasi compl&#232;te et en ajoutant jurys ou r&#233;unions, et en retranchant quelques missions en service command&#233; (colloque &#224; Montr&#233;al, interventions ponctuelles dans quelques autres &#233;coles d'art comme Rennes, Valence, Marseille, ou ce d&#233;placement Erasmus &#224; Tel Aviv, ou les rares fois, moins rares la derni&#232;re ann&#233;e, que je reprenais au soir le RER pour quelque g&#233;n&#233;reux h&#233;bergement de fortune &#224; Paris, le frangin, les petits-enfants) une estimation &#224; quatre cents jours et donc l&#224; sur la dalle cent quatre-vingt-dix nuits, la persistance un peu obs&#233;dante, comme hors de dur&#233;e et fr&#233;quence, de deux autres lieux : le premier tout voisin de l'&#233;cole, sur l'esplanade c&#244;t&#233; piscine et patinoire, la suite d'au moins quatre &#233;tablissements de type kebab, mais le tout premier, &#224; l'angle m&#234;me de l'esplanade, le seul &#224; disposer d'une salle rectangulaire tr&#232;s vaste mais en sous-sol, avec des ch&#226;ssis l'&#233;clairant depuis le haut du mur de gauche, je ne sais pas bien comment j'y &#233;tais descendu la toute premi&#232;re fois mais dans mon souvenir j'y &#233;tais seul, on commandait &#224; l'&#233;tage des assiettes &#233;bly salade avec si on voulait une brochette viandes mixtes et je prenais aussi un Coca, bien s&#251;r la di&#233;t&#233;tique n'a pas trop son mot l&#224;-dedans mais c'&#233;tait une fois par semaine et vraiment un temps limit&#233; entre les cours du matin et l'atelier de l'apr&#232;s-midi, la t&#234;te farcie d'un boulot o&#249; ce que confiaient &#224; vos mains &#233;tudiantes et &#233;tudiants ne pouvait se traiter sans charge &#233;motionnelle &#224; compenser, d'o&#249; ce quasi besoin d'un temps absolument vide et d'absolu silence, si on peut parler de vide et de silence puisqu'&#224; peine j'&#233;tais assis dans cette immense salle en sous-sol, qu'on m'avait promis en bas que mon assiette &#233;bly salade brochette mixte m'arriverait au plus vite, je me d&#233;couvrais dans le brouhaha de dizaines et dizaines de lyc&#233;ens et &#233;tudiants, pas vraiment les profils des employ&#233;s de la dalle qu'on croisait dans les brasseries, et puis en face de moi, mais sur lequel se d&#233;coupaient les silhouettes habill&#233;es toutes de fa&#231;on traditionnelle &#224; l'Afrique, le monde arabe, les pays asiatiques, un &#233;cran g&#233;ant non pas vou&#233; aux &#233;ternels matches de foot comme ailleurs mais &#224; des clips et de la danse d'un m&#234;me &#233;clatement de toute g&#233;ographie et ce bain bruyant, agit&#233; et mouvant, le ballet incessant des silhouettes cherchant une table ou remontant vers la lumi&#232;re c'&#233;tait finalement l'obscurcissement int&#233;rieur qui vous soignait le mieux, mes coll&#232;gues enseignants fr&#233;quentaient peu ce lieu, sinon la terrasse mais le jour des attentats &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; on y &#233;tait, dans le sous-sol, j'&#233;tais avec &#201;ric Maillet et on &#233;tait l&#224; tous deux riv&#233;s &#224; nos t&#233;l&#233;phones et &#231;a venait de se passer mais qui pouvait savoir quoi, des d&#233;p&#234;ches qui parvenaient chaque minute et semblaient une invention &#224; la fois terrifique et fantastique sans rien de r&#233;el qu'on puisse assimiler ou concevoir et finalement &#224; peine on avait touch&#233; &#224; nos assiettes &#224; peine on avait &#233;chang&#233; sinon des phrases mais si banales parce que quoi dire quoi et m&#234;me &#224; 14 heures au moment de refermer la porte de l'amphi on pouvait toujours r&#234;ver contre les certitudes &#8212; ce jour-l) je devais faire travailler sur Charles Juliet mais dedans et m&#234;me les mains je tremblais, les &#233;tudiants ne seraient inform&#233;s que le soir ou le lendemain donc on &#233;tait l&#224; mais dissym&#233;triques j'avais dit pourquoi mon &#233;tat, l&#224; du blanc dedans et m'&#233;tais embarqu&#233; dans la trag&#233;die grecque, &#231;a tombe bien il faut bien qu'un jour on leur parle de la trag&#233;die grecque et puis je n'avais fait que parler de la trag&#233;die grecque et puis de Beckett et surtout pas demander pourquoi, on avait m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'au bout du temps pr&#233;vu c'est seulement plus tard le soir et le lendemain qu'on commencerait &#224; r&#233;aliser, et puis la famille kurde qui tenait la grande salle, la terrasse et le comptoir kebab brochettes salades &#224; l'entr&#233;e avait clos la porte pour un mois, c'&#233;tait la guerre en Irak, on avait m&#234;me un &#233;tudiant dont la famille &#233;tait rest&#233;e &#224; Mossul, ils devaient rouvrir le mois suivant et &#231;a n'a jamais rouvert, le deuxi&#232;me lieu qui viendra donc seulement ici &#224; la fin (encore je n'ai pas &#233;t&#233; exhaustif) je crois que c'est un midi o&#249;, besoin d'un raccord ou d'un c&#226;ble ou chargeur pour le Mac, ou autre bricole du genre, j'&#233;tais entr&#233; dans le centre commercial, avais pris l'escalator pour le premier niveau (encore un autre niveau il aurait fallu pour ce toit terrasse v&#233;g&#233;talis&#233;), pris la galerie perpendiculaire, pass&#233; la zone magasin de chaussures et tenue de sports, puis &#224; l'angle suivant, sur la droite, la zone sandwicheries, enfin l'angle &#224; gauche pour le magasin de valises et sacs brad&#233;s (j'ai encore deux valises et un sac qui viennent de chez eux), avant que le vigile &#224; l'entr&#233;e de la Fnac vous fasse ouvrir votre sac &#224; dos lest&#233; de tout votre mat&#233;riel photo ou informatique, moins justement ce c&#226;ble ou chargeur qui manque et donc en sortant, retraversant la zone sandwicherie, sorte de haut le c&#339;ur qui te prend mais quand m&#234;me, trois heures non stop avec les &#233;tudiants ensuite, avais rep&#233;r&#233; ce stand asiatique, barquettes nouilles frites ou riz curry l&#233;gumes, quatre tables serr&#233;es l&#224; en bord de galerie j'avais descendu la barquette en vitesse, c'&#233;tait m&#234;me pas cinq euros avec le Coca, la dame qui servait ne parlait que chinois sauf le prix que vous aviez &#224; payer mais on se comprenait tr&#232;s bien quand m&#234;me, une autre fois o&#249; ce que je voulais surtout c'est &#234;tre seul mais tout seul j'&#233;tais revenu et comme les tables &#233;taient toutes prises, j'avais vu le minuscule escalier derri&#232;re la caisse et en haut c'&#233;tait une salle moins grande qu'ici ma cuisine mais la surprise : vitr&#233;e sur les deux parois &#224; angle droit et c'&#233;tait comme l'immense tableau brutaliste du centre commercial, avec cette tranch&#233;e qui le coupait &#224; la verticale pour que les bus de toute la banlieue nord-ouest acc&#232;dent &#224; la gare routi&#232;re, la ville de Cergy, autrefois voulue nouvelle, devenue le grand pan vertical d'une ville fantastique et toute en hauteur sur son socle gris, toi-m&#234;me devenu jouet dans la totalit&#233; sculpt&#233;e d'une ville sans aucune silhouette perceptible, sinon les imbriquement d'immeubles, bureaux, logements, entrep&#244;ts et m&#234;me l&#224;-bas, pr&#232;s du silo abstrait des th&#233;&#226;tres, l'&#233;cole o&#249; tu officiais, tout cela soudain en surplomb, et m&#234;me les lettres AUCHAN vues &#224; l'envers et g&#233;antes sur le toit d'en face devenaient, parce qu'&#224; l'envers, une action lettriste au plus subversif, contre les vitres quelques plantes vertes maladives tu avais fait des photos, et &#233;tais m&#234;me d'autres fois revenu, au moins deux fois par an ensuite tu revenais uniquement pour, l&#224; en haut, dans la petite salle minuscule et quasi clandestine au point d'&#234;tre le havre un peu trouble des rencontres de bureau cherchant l'anonymat, refaisant les m&#234;mes photos exactement, et m&#234;me, discr&#232;tement, apr&#232;s avoir ostensiblement fait ces photos du dehors, laissant l'appareil sur la table pr&#232;s de ta barquette et de ton Coca pour la photographier dans son enfilade, avec ces quelques clients aussi clandestins qu'elle, la petite salle qui te semblait &#224; elle-m&#234;me une chambre photographique et, comme par hasard, le seul que j'ai vu ici me rejoindre, tout aussi surpris que moi qu'on ait m&#234;mes go&#251;ts et id&#233;es, &#233;videmment Patrice Rollet le prof de cin&#233;, l'ami de Jonas Mekas, des Straub et de bien d'autres, et que j'avais vu pleurer, quittant l'&#233;cole au soir de l'attentat Charlie Hebdo, pour aller reprendre son m&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>76 |	manger &#224; Cergy, 3, la cantine administrative</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>2015</dc:subject>
		<dc:subject>Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy</dc:subject>
		<dc:subject>Rollet, Patrice</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Cergy, EnsaPC, 2013-2019&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot918" rel="tag"&gt;Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1032" rel="tag"&gt;Rollet, Patrice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
manger &#224; Cergy : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1, soirs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5058' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2, petits-dejs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;3, brasseries&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5060' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4, cantine&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5039' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5, kebab&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;76 |	Cergy, 3, la cantine administrative&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Non pas les trois premi&#232;res ann&#233;es mais les deux suivantes, la jeune administratrice de l'&#233;cole (l'&#226;ge de mon fils a&#238;n&#233;, soudain l'impression d'un renversement de monde) nous obtient, pour les profs et le personnel, l'autorisation d'acc&#232;s &#224; la cantine administrative &#8212; &#231;a s'appelle comme &#231;a, je d&#233;couvre &#8212;, juste en face de la porte d'entr&#233;e principale de la pr&#233;fecture, zut, on n'y entrera pas : et m&#234;me plus, notre employeur prend une petite quote-part de la note, alors que d'une d&#233;pense de treize euros en moyenne dans les brasseries alentour le plateau tombe soudainement &#224; cinq ou six euros m&#234;me avec entr&#233;e plat salade ou dessert, et donc la premi&#232;re surprise c'est la porte d'entr&#233;e : sur cette dalle de b&#233;ton qui surplombe l'&#233;tendue plane de l'&#238;le de France, le cin&#233;ma, en mimant dans sa forme ext&#233;rieure le grand trap&#232;ze des fauteuils devant l'&#233;cran, signifiait que le paysage m&#234;me &#233;tait devenu pour la dalle une image, il &#233;tait, sur le rebord m&#234;me de la dalle, un objet transitionnel &#8212; Patrice Rollet, l'enseignant de cin&#233; lecteur de Lib&#233; (je l'ai vu pleurer, le jour des attentats &#224; Charlie Hebdo) y avait re&#231;u, lui qui &#233;tait un ancien de l'&#233;cole, les Straub et Huillet ou Rohmer parmi d'autres, mais depuis longtemps d&#233;saffect&#233; : j'avais install&#233; sur mon site, photos &#224; l'appui, une mini fiction disant comment, dans ce gaspillage d'un b&#226;timent embl&#233;matique, nos &#233;tudiants s'y glissaient la nuit, avec une combine de rallonges &#233;lectriques, pour des projections clandestines de leurs &#339;uvres mais dans ce contexte quasi historique (on voit tr&#232;s bien le cin&#233;ma, la dalle, la tour EDF qui surplombe de tr&#232;s haut, d&#233;saffect&#233;e elle aussi, et le toit terrasse en pyramide invers&#233;e de la pr&#233;fecture dans le film &lt;i&gt;Terroriste&lt;/i&gt; avec Yves Montand) et aujourd'hui encore je re&#231;ois des messages me demandant des tuyaux pour p&#233;n&#233;trer clandestinement dans la salle morte, d'ailleurs plusieurs fois j'y r&#233;ponds par des indications fictives elles aussi, faisant l'&#233;tonn&#233; ensuite mais l&#224; tu poussais une double porte transparente pas flambante, un peu hors de ses gonds et grin&#231;antes, avec des panneaux vitr&#233;s d'indications de services ou d'informations remontant &#224; plus de quinze ans et seulement fl&#233;ch&#233;e comme acc&#232;s parking, d'ailleurs au premier niveau souterrain on arrive face &#224; une &#233;choppe de coordonnerie doubles de cl&#233;s &#224; l'abandon au moins d&#233;cennial elle aussi, puis un long couloir carrel&#233; sous trois n&#233;ons glauques et au moins le double hors service, l&#224; on a la surprise d'un jardin min&#233;ral (il n'y a pas de lumi&#232;re, donc ce sont de faux arbres dess&#233;ch&#233;s sur rocaille et sol de ces &#233;clats de bois achet&#233;s au kilo, puis un nouvel escalier, ce qu'on nomme en architecture &#171; puits de lumi&#232;re &#187; cens&#233; &#233;clairer avec ce qui reste de gris tombant du ciel l&#224; o&#249; le parking est &#224; gauche et une galerie plus &#233;troite menant cette fois &#224; la cantine, tellement &#233;troite qu'&#224; peine dix personnes attendent leur plat, la queue s'allonge jusqu'ici mais chaque grappe reste dans sa bulle, arriv&#233; &#224; l'angle la double pile des plateaux et comme au Japon les plats du jour en d&#233;mo sur une assiette refroidie et mise sous cloche dans cette ombre on pr&#233;f&#232;re &#233;viter de regarder, encore deux m&#232;tres en bifurquant sur la gauche et elle est l&#224;, la dame qui sert, tu vois bien ce qui est du jour ou ce qui reste de la veille ou de l'avant-veille, facile de choisir et comme nous de l'&#233;cole d'arts on dit bonjour et m&#234;me des fois avec elle on plaisante on a une ration choisie et m&#234;me, je dirais, ce c&#244;t&#233; cuisine des familles et le luxe du jeudi c'est des fois paella, des fois couscous ou choucroute enfin comme un petit extra pour te redonner le moral au bureau, le petit commentaire acerbe de l'autre fille, celle &#224; la caisse qui te sermonne si tu n'as pas assez cr&#233;dit&#233; ta carte, voire l'a oubli&#233;, ou si tu as l'air un peu triste et fatigu&#233; aujourd'hui, tu remplis le plus haut possible la petite assiette &#224; salade o&#249; champignons carottes r&#226;p&#233;es, ou c&#233;l&#233;ri r&#233;moulade ou haricots rouge c'est forfaitaire selon le diam&#232;tre, avant les couverts dans trois pani&#232;res &#224; osier, puis deux morceaux de pain un peu mou et il faudra aussi qu'un de votre groupe se d&#233;voue pour aller remplir la carafe, les premi&#232;res fois tellement surpris de ces tabl&#233;es regroup&#233;es par services ou administrations puisqu'il y avait aussi des policiers en uniforme, et m&#234;me des marins : des marins &#224; Cergy-Pontoise ? apparemment des stations d'&#233;coute radar, et puis &#224; la pr&#233;fecture ils g&#233;raient les conscriptions en tout cas oui, marins et m&#234;me une fois sous-mariniers &#224; Cergy-Pontoise, nous on &#233;tait entre profs de l'&#233;cole d'arts et les conversations peinaient &#224; &#233;chapper aux questions r&#233;currentes du boulot c'est comme partout et partout et puis voil&#224;, un jour fini, il te reste cinq ou six euros sur ta carte tu te dis que tu la feras passer &#224; un ancien coll&#232;gue et puis cinq ou huit mois plus tard tu retombes dessus et tu la jettes, d'autres fois c'est des ab&#238;mes de pens&#233;e &#224; l'image de cette salle souterraine (de la bu&#233;e par manque d'a&#233;ration, d'ailleurs ils avaient d&#251; une fois fermer parce que l'hygi&#232;ne de leur chambre froide &#233;tait en d&#233;faut) et que les gens des services passeport ou cartes grises et les marins ou m&#234;me tes copains continuent d'y faire la queue en attendant le couscous ou la paella ou la saucisse haricots verts de la semaine (aux coll&#232;gues v&#233;g&#233;s on pr&#233;parait sans barguigner une assiette frites ou riz et potlatch de l&#233;gumes) continuent apr&#232;s l'immersion de retrouver comme en titubant un peu le jour gris de la dalle pour aller se serrer devant un des comptoirs &#224; caf&#233; de la petite place ronde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>75 | manger &#224; Cergy, 2, petits-d&#233;j'</title>
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		<dc:date>2022-01-10T10:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>2015</dc:subject>
		<dc:subject>Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy</dc:subject>
		<dc:subject>Rollet, Patrice</dc:subject>
		<dc:subject>Kaplan, Leslie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Cergy, EnsaPC, Patrice Rollet, Leslie Kaplan&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot918" rel="tag"&gt;Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1032" rel="tag"&gt;Rollet, Patrice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Kaplan, Leslie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
manger &#224; Cergy : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1, soirs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5058' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2, petits-dejs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;3, brasseries&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5060' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4, cantine&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5039' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5, kebab&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;75 | manger &#224; Cergy, 2, petits-d&#233;j'&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, Kyriad du centre ou Kyriad d'en haut, le petit-d&#233;j' ce n'est pas &#231;a : une vague cafet' o&#249; tu donnes ton num&#233;ro de chambre, en &#233;change d'un caf&#233; machine, jus d'orange machine et petit pain mal d&#233;congel&#233; avec carr&#233; de beurre qui ne l'est pas du tout, tout cela &#224; volont&#233; ne compense pas les cinq balles qu'ils te prennent &#8212; ou alors tu descends &#224; sept heure pour un gobelet double, et retour &#224; la chambre pour une heure de boulot mais en tous les cas l'&#233;cole d'arts tu n'y entrais pas avant 9 heures et donc tu passais au Show Gourmand, l&#224; aussi pas besoin de dire ce que tu souhaitais, et c'est comme s'il te fallait prendre ton &#233;lan pour changer de viennoiserie avec ton grand cr&#232;me et la bouteille d'eau que tu emporterais dans ta poche pour tout &#224; l'heure le cours : la fille toutes ces ann&#233;es c'&#233;tait la m&#234;me et avenante, plus que sa coll&#232;gue qui souvent se r&#233;fugiait &#224; l'&#233;tage o&#249; &#233;taient les gogues interdites provisoirement aux clients, laissant l'autre se d&#233;brouiller seule, et tu avais d&#233;couvert que celle qui se faisait ces pauses au moindre pr&#233;texte, viss&#233;e &#224; son t&#233;l&#233;phone, &#233;tait malentendante (&#231;a n'emp&#234;che pas le t&#233;l&#233;phone) et un mois par an en fin d'hiver celle qui te pr&#233;parait ta commande sans savoir ce que tu voulais, &#171; comme d'habitude hein &#187;, partait un mois dans sa famille au Maroc et comme j'aime bien parler du Maroc on a toujours &#233;t&#233; copains, une fois &#224; sa demande je lui ai fait une photo derri&#232;re son comptoir mais quand il s'est agi de lui envoyer par mail elle n'a jamais voulu me le donner, je pensais faire un tirage et puis &#231;a tra&#238;n&#233; et je ne l'ai pas fait, en tout cas au Show Gourmand une fois servi sur le plateau, pay&#233; &#224; la petite machine qui rendait automatiquement la monnaie tu descends &#224; la petite salle d'en bas, bien &#233;clair&#233;e parce que donnant de plain pied sur la grande esplanade (combien de fois j'y ai fait des time-lapse &#224; l'arriv&#233;e m&#234;me irr&#233;guli&#232;re des trains), et d&#233;cor&#233;e, &#231;a m'avais souffl&#233; la premi&#232;re fois et toujours r&#233;confort&#233; ensuite, de panneaux vitr&#233;s avec de tr&#232;s grandes photos de New York, pour un peu Cergy sur Manhattan tu y aurais cru, parfois des types qui t&#233;l&#233;phonaient forts pour des histoires de petites annonces de voitures d'occasion, ou un &#233;lectricien plombier qui g&#233;rait d'ici son agenda et les heures de ses gars, plus g&#234;nant d'autres fois les filles de la CAF ou je ne sais quel autre service social commentant les cas de leurs patients donc souvent je mettais mon casque, les deux premi&#232;res ann&#233;es dans la petite table rencoign&#233;e au bas des marches le prof de cin&#233;, Patrice Rollet, en train de lire son Lib&#233; alors soit un petit signe et je me collais face &#224; lui, soit pas de signe et j'allais plus loin comme de ne pas l'avoir vu moi non plus, super copains et confiance (ami en plus de Leslie Kaplan) mais on avait ce m&#234;me go&#251;t tous deux pour ces r&#233;pits provisoires et le silence sur tout ce monde de phrases banales qui suivent ensuite parce qu'elles sont celles de la codification du travail, ensuite Patrice est parti &#224; la retraite, avouant enfin qu'il avait un e-mail comme les autres (mais &#231;a avait bien servi &#224; sa tranquillit&#233;, dans les codes de l'&#233;cole, l'intranquillit&#233; il la gardait pour cette petite salle sans fen&#234;tre o&#249; ses &#233;tudiantes et &#233;tudiants projetaient leurs travaux en cours) alors moi les deux ans &#224; suivre je m'asseyais &#224; sa place, la petite table rencoign&#233;e en bas des marches, bien s&#251;r je ne lisais pas Lib&#233; (des ann&#233;es et des ann&#233;es que j'ai oubli&#233; l'encombrement que c'est un journal papier) mais comme un fraternel salut &#224; distance avant le taf, il m'est r&#233;guli&#232;rement arriv&#233; aussi de payer le caf&#233;-croissant &#224; tel ou telle des &#233;l&#232;ves pour un petit temps tranquille et hors territoire sur leurs m&#233;moires ou leurs textes, donc apr&#232;s l'&#233;cole et les deux h&#244;tels c'est au Show Gourmand, dans ce petit passage que les &#233;diles avaient trouv&#233; intellectuel et cultiv&#233; de nommer Grandgousier, probablement pas &#224; cause de Rabelais mais parce que dans leur id&#233;e cette place ronde (sur un plan jumeau de Louvain-la-Neuve ce qui au d&#233;but m'avait troubl&#233;) &#233;tait vou&#233;e aux bistrots et restos, un jour je retournerai au Show Gourmand.&lt;/p&gt;
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