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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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<item xml:lang="fr">
		<title>77 | manger &#224; Cergy, 4, brasseries</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5061</link>
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		<dc:date>2022-01-10T11:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>2015</dc:subject>
		<dc:subject>Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy</dc:subject>
		<dc:subject>Ardouvin, Pierre</dc:subject>
		<dc:subject>Cuzin, Christophe</dc:subject>
		<dc:subject>Rohmer, &#201;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Lang, Luc</dc:subject>
		<dc:subject>Souchon, Patrick </dc:subject>
		<dc:subject>Senaud, Franck</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Cergy, EnsaPC, Pierre Ardouvin, Christophe Cuzin, Patrick Souchon, Franck Senaud, Eric Rohmer, 2013-2019&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot918" rel="tag"&gt;Cergy &amp; &#233;cole d'arts Paris-Cergy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot920" rel="tag"&gt;Ardouvin, Pierre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1062" rel="tag"&gt;Cuzin, Christophe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1063" rel="tag"&gt;Rohmer, &#201;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot840" rel="tag"&gt;Lang, Luc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Souchon, Patrick &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1010" rel="tag"&gt;Senaud, Franck&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
manger &#224; Cergy : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1, soirs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5058' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2, petits-dejs&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5059' class=&#034;spip_in&#034;&gt;3, brasseries&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5060' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4, cantine&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5039' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5, kebab&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;77 | manger &#224; Cergy, 4, brasseries&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Donc une fois cette autorisation d'acc&#232;s accord&#233;e aux enseignants &#233;cole d'arts pour la cantine souterraine de la pr&#233;fecture, beaucoup moins de cette errance deux jours par semaine, trente-quatre semaines par an, parmi les points ravitaillement de la ville anciennement nouvelle, mais comment tu aurais support&#233; l'id&#233;e d'aller deux jours de suite &#224; la cantine souterraine ou d'y descendre seul, forc&#233;ment on s'est mis &#224; faire des &#233;conomies mais on n'a pas l&#226;ch&#233; pour autant la suite de nos haltes du midi, soit : par exemple, au plus pr&#232;s de l'&#233;cole, quasi sous ses vitres arri&#232;re, avec une petite salle repas en contrebas de quatre marches qui permettaient, depuis la rue, de voir si des coll&#232;gues y &#233;taient d&#233;j&#224; auquel cas tu les rejoignais (enfin, selon, puisque &#231;a pouvait aussi &#234;tre un motif de fuite), tu entrais par le c&#244;t&#233; tabac, devant la porte sur la dalle quatre ou cinq tables et leurs cendriers, souvent la pr&#233;sence de l'aveugle, celui qui venait le soir s'asseoir &#224; la r&#233;ception du Kyriad : &#171; &#231;a va, monsieur Mourad, &#231;a va aujourd'hui &#187;, je ne sais plus s'ils faisaient aussi PMU mais en tout cas cette surcharge sous les cigarettes de jeux &#224; gratter, publicit&#233;s de Loto, avant l'enfoncement noir, &#224; gauche les banquettes dont la moleskine &#224; l'inauguration de la ville avait &#233;t&#233; fra&#238;che et color&#233;e, puis au fond &#224; droite la petite salle et l'immuable serveur mutique et lent, comme un air de conspirateur pour vous annoncer le bourguignon pur&#233;e ou bien pour en appeler &#224; votre complaisance t&#233;moignant de ce qu'il n'&#233;tait ici pas du tout &#224; sa place non, mais jamais il ne se trompait dans les commandes, savait assez son monde pour nous laisser monopoliser notre coin de table, les plats &#233;taient &#224; l'heure et on payait ensuite &#224; tour de r&#244;le &#224; la patronne (&#171; sans contact ? &#8212; sans contact &#187;), mais c'&#233;tait si pr&#232;s de l'&#233;cole (moi je l'appelais la brasserie des sculpteurs parce que j'y venais plut&#244;t avec les trois profs sculpteurs, Ardouvin, Cuzin, Cousinard et les affinit&#233;s qu'on a dans le peu de paroles et le go&#251;t des choses solides, et parce que c'est plus facile aussi dans un lieu o&#249; on vous reconna&#238;t comme client du mardi, ou du mercredi ou du jeudi selon les ans mais quand m&#234;me r&#233;guli&#232;rement &#224; r&#233;p&#233;tition &#8212; ici les v&#233;g&#233;s avaient omelette salade ou d&#233;brouille-toi, trop pr&#232;s de l'&#233;cole pour une vraie pose ou &#233;chapper aux regards des &#233;tudiants rapportant de la boulangerie leur sandwich (ce que tu ferais souvent aussi, &#171; la formule ? &#8212; oui, la formule, avec le jambon formage ou saucisson beurre plus un Coca mais tu rapportais &#231;a dans l'amphi pour finir tel dossier ou mail avant l'heure de reprise, gardant le flan ou la p&#226;tisserie incluse dans la formule pour le train au retour, &#224; moins que tu ne la retrouves &#233;cras&#233;e dans le fond de ton sac la semaine suivante), soit par exemple et en les prenant dans l'ordre la brasserie qui sur la dalle, mais plus &#224; droite en sortant de l'escalator du RER, bien s&#251;r le Columbia et m&#234;me d&#232;s le premier jour du recrutement puisqu'on avait &#233;t&#233; cinq convoqu&#233;s de la short list et qu'on se connaissait tous forc&#233;ment (l'amie d'ailleurs qui reprendrait ton poste &#224; ton d&#233;part, et puis ce copain auteur qui, vingt ans de moins que toi, avait fait la villa M&#233;dicis &#224; vingt ans d'&#233;cart, mais assumait un poste de prof en lyc&#233;e et pas facile d'&#233;chapper &#224; cette orbite &#8212; un jour bizarre puisque, sans jamais avoir &#233;t&#233; f&#233;ru de num&#233;rologie cette fois dans le TGV la SNCF t'avait attribu&#233; la voiture 19 place 53 et qu'en vingt-cinq ans de TGV ce serait la seule, seule fois o&#249; &#231;a tomberait sur ton ann&#233;e de naissance bien s&#251;r que sinon tu le remarques &#8212;, le copain m'avait attendu et on &#233;tait all&#233; au Columbia et on avait pris deux andouillettes frites, on en avait bien s&#251;r plaisant&#233; c'&#233;tait expr&#232;s, celui qui aurait le poste on reprendrait ailleurs une andouillette frites et celui qui aurait le poste offrirait une bouteille &#224; l'autre, la bouteille je l'avais achet&#233;e mais je ne crois pas que depuis lors on se soit revu, le Columbia avec ses grandes baies vitr&#233;es et sa fa&#231;on de jouer les brasseries traditionnelles, aux beaux jours les tables d&#233;ploy&#233;es sur la terrasse c'est l&#224; que Rohmer avait tourn&#233;e L'amie de mon amie donc c'&#233;tait comme de s'inviter dans un film, Cergy &#233;tait un r&#234;ve middle class tout neuf &#224; l'&#233;poque, dans le prolongement direct de la D&#233;fense et toi en cinq ans &#224; la d&#233;gringolade du Columbia tu verrais bien aussi la transformation en ghetto, ghetto tertiaire le midi et ghetto tout court le soir (le Columbia d'ailleurs ferm&#233;, lors d'un &#233;ni&#232;me changement de propri&#233;taire ils avaient retent&#233; le soir et j'&#233;tais venu deux fois mais certainement pas trois), en tout cas les premi&#232;res ann&#233;es en s'y glissant sur le tard avec les coll&#232;gues (les &#233;tudiants pr&#233;venus que, compte tenu de ce retard, on ne r&#233;attaquerait qu'&#224; 14 heures pass&#233;es), ce que tu appr&#233;ciais c'&#233;tait le soleil sur les vitres, le hors temps que t'offre en hiver ou demi saison le soleil tapant ferme sur les vitres, ce qu'on mangeait &#233;tait sinon plut&#244;t ordinaire mais le caf&#233; tr&#232;s correct, reste qu'au bout de trois ans tu as un peu plus de mal en t'asseyant pour le plat du jour (foie de veau &#231;a vous va, ou d'autres fois langue en sauce &#231;a vous va, ou bien plus simplement parmentier maison &#231;a vous va) &#224; t'imaginer que tu t'embarques pour le dedans d'un d&#233;cor de film, ou par exemple en continuant la rue, &#224; la bifurcation qui va vers la Poste ce vietnamien ou tu passais vingt minutes de queue debout, et quand bien m&#234;me il y avait cinq personnes &#224; attendre c'&#233;tait vingt minutes de queue, un vieux couple avec le monsieur &#224; lunettes qui venait faire un sourire depuis son recoin embu&#233;, avec une courbette mais amicale, fa&#231;on de l&#224;-bas, m&#234;me s'il y avait &#224; ce moment-l&#224; des gens qui passeraient vingt minutes debout &#224; attendre et rituellement c'&#233;tait bobun, jamais Luc Lang (on a perdu contact, vies qui vont droit et ne se d&#233;tournent pas) ne serait all&#233; ailleurs, donc quand avec Luc charg&#233; du cours d'esth&#233;tique mais on se connaissait bien avant que je le rejoigne ici (il doit y continuer certainement) c'est au bobun du vieux couple vietnamien qu'on venait attendre, vingt minutes debout puis dix minutes sur un coin de table pour le bol aux nems flottants et la soupe claire &#231;a faisait quand m&#234;me une demi-heure pour ce qu'on avait &#224; se dire quand on avait &#224; se dire, le caf&#233; on reviendrait ensuite le prendre sur la place ronde, plus loin dans le renfoncement c'&#233;tait un indien qui devait au moins s'intituler le Maharajah et qui &#233;tait toujours aux trois quarts vides, l&#224; aussi tu testes une fois mais tu ne reviens pas, et par contre juste apr&#232;s la bifurcation vers la Poste si on traversait une pizzeria ouverte le soir mais sans alcool, et si par hasard le soir tu venais qui s'arrangeait toujours pour te mettre en vitrine des fois que &#231;a attire d'autre monde, n'y venaient des gens, plut&#244;t en groupe, que pour leur salle o&#249; un &#233;cran diffusait les matches de foot d'une cha&#238;ne arabe, un ensemble de trois bistrots donc mais il n'y a que le vietnamien qu'on ait fr&#233;quent&#233; vraiment, parfois avec Luc Lang parfois avec d'autres, d'ailleurs on l'appelait &#171; le bobun &#187; le resto aux vingt minutes debout et qui devait avoir sa fa&#231;on authentique puisque souvent on y croisait, mais qui rapportaient une barquette &#224; l'&#233;cole dans un pochon plastique, nos si chouettes &#233;tudiants et &#233;tudiantes de Cor&#233;e, Chine ou Japon, ou comme par exemple, mais en suivant alors deux cents m&#232;tres plus loin cette rue qui longeait la biblioth&#232;que universitaire, l'entr&#233;e du Auchan sur une esplanade en travaux, ou pendant une heure derri&#232;re la vitre tu te r&#233;galais des visages de passage, tout un monde lointain (puisque derri&#232;re la vitre) et si proche (le grand d&#233;ferlement du monde tout entier aval&#233; et rejet&#233; par le Auchan deux &#233;tages au-dessus), les Cerclades on n'y venait pas aussi souvent mais le patron offrait le caf&#233;, le service &#233;tait rapide, les plats classiques mais g&#233;n&#233;reux et c'&#233;tait un public diff&#233;rent, plus ouvrier (&#233;lectriciens, gens des eaux, du t&#233;l&#233;phone, agents de service de la ville) c&#244;t&#233; comptoir, plus &#233;quipes du m&#234;me bureau pomponn&#233;es pour le repas de f&#234;te c&#244;t&#233; vitrine sur la place et moi j'aimais bien les Cerclades quand l'occasion d'un rendez-vous qui compte m&#234;me si c'est juste une fois l'an mais qu'on y tient, deux fois avec Patrick Souchon au moins, une fois par an rituellement avec C&#233;sar, &#233;tudiant si atypique, une autre fois avec Franck Senaud, une avec Xavier Georgin et &#231;a peut &#234;tre bien de se forcer &#224; prolonger une telle liste jusqu'&#224; l'exhaustivit&#233;, une autre fois avec cette coll&#232;gue am&#233;ricaine de Los Angeles (on avait un partenariat d'&#233;change d'&#233;tudiants et d'&#233;change d'enseignants) dont j'avais d&#233;couvert sur son site que moyennant inscription en ligne et deux cent cinquante dollars elle se d&#233;pla&#231;ait &#224; votre domicile et photographiait votre chien ou chat, &#231;a m'avait donn&#233; des id&#233;es pour en faire autant : un livre sur votre chien &#224; prix forfaitaire, ma page est toujours en ligne sur mon propre site mais &#231;a n'a pas march&#233; comme pour elle d'&#233;vidence &#231;a marchait, on pouvait revenir &#224; l'&#233;cole soit par cette rue directement vers le RER soit en reprenant par l'entr&#233;e du Auchan, passant alors sous cet escalier qui menait &#224; ce toit terrasse extr&#234;mement curieux, l'id&#233;e des concepteurs ayant &#233;t&#233; d'y positionner, autour d'un vaste espace arboris&#233; comme &#231;a en plein ciel, des associations &#224; vocation sociale, dommage qu'ils n'y aient pas plut&#244;t install&#233; un bistrot terrasse puisque personne ne savait comment s'y rendre, depuis l'int&#233;rieur du centre commercial g&#233;ant, &#224; ce toit terrasse qui devait lui redonner vocation humanitaire plus g&#233;n&#233;reuse que les cinquante ou quatre-vingts boutiques &#224; fringues, t&#233;l&#233;phones, &#233;lectro-m&#233;nager et m&#234;me une Fnac (et m&#234;me quelques livres, mais peu) mais en architecture les bonnes intentions suffisent rarement en tout cas j'aimais y faire parfois une ballade ou bien sous n'importe quel pr&#233;texte le faire d&#233;couvrir &#224; d'&#233;ventuels h&#244;tes de passage.&lt;/p&gt;
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