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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>66 | ces deux jours d'hiver &#224; Assise et seul</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Assise (Italie)</dc:subject>
		<dc:subject>Rome, Italie</dc:subject>
		<dc:subject>1985</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Italie, Assise, Rome, Villa M&#233;dicis, Fra Angelico&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1109" rel="tag"&gt;Assise (Italie)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot113" rel="tag"&gt;Rome, Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1110" rel="tag"&gt;1985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;66 | ces deux jours d'hiver &#224; Assise et seul&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La bascule s'&#233;tait faite &#224; Assise : ce tout d&#233;but de l'ann&#233;e 1985, &#224; la villa M&#233;dicis, je n'allais pas fort &#8212; j'avais coup&#233; aussi avec beaucoup de mes coll&#232;gues pensionnaires, leurs f&#234;tes et rassemblements : quelquefois on voyait Fellini monter promener son chien, une fois directement sous mes fen&#234;tres, petit sourire en coin des deux c&#244;t&#233;s, je n'allais pas l'emb&#234;ter, j'ai pris ce m&#234;me sac avec lequel j'&#233;tais arriv&#233;, mes cahiers Vertecchi et je ne suis m&#234;me pas s&#251;r avoir d&#233;cid&#233; de ma destination avant d'&#234;tre l&#224; plant&#233; devant le tableau des trains &#8212; bien s&#251;r Assise, au bout de quatre mois &#224; Rome, on a un peu id&#233;e de ce qu'on va y trouver, et cette invention de la perspective par Giotto &#231;a me concernait &#224; l'&#233;poque, en tout cas j'&#233;tais dans un train pour Assise sans rien savoir d'Assise, un voyage de deux heures au plus mais en plein janvier il n'y a pas un touriste, j'&#233;tais le seul client de la petite auberge, et la trattoria o&#249; je suis all&#233; les deux soirs, je me souviens que la premi&#232;re fois j'&#233;tais seul dans la salle : est-ce que l'id&#233;e d'&#234;tre seul dans la salle &#224; manger d'une trattoria de centre-ville, mais d'une ville endormie et d&#233;serte au soir, et dans la perspective de revenir &#224; cette auberge, dans le centre-ville aussi, dont j'&#233;tais apparemment le seul locataire ces nuits-l&#224;, je ne saurais rien dire de plus concernant le cuistot ou le serveur, ou si c'&#233;tait le patron qui faisait les deux, ni de quoi j'y avais d&#238;n&#233; sinon qu'un verre de vin devait accompagner, me resterait une vague tonalit&#233; bleue mais c'est tellement trompeur et peut &#234;tre li&#233; seulement &#224; ces peintures dans l'&#233;glise blanche (deux ans plus tard, un tremblement de terre la fissurerait, il faudrait r&#233;nover, fini le vieil Assise), ou ces marches dans la ville in&#233;gale, ou au matin apr&#232;s un caf&#233; dans l'h&#244;tel en bas, l&#224; aussi forc&#233;ment seul dans la salle, tu remonterais et c'est directement sur le lit, genoux repli&#233;s, que tu ouvrirais tes cahiers, le samedi tu &#233;tais rest&#233; longtemps &#233;videmment devant le dor&#233; et le bleu des Giotto et puis c'&#233;tait un dimanche, d&#233;j&#224; tard dans la matin&#233;e, &#234;tre mont&#233; au couvent des oiseaux, l&#224;-haut un peu &#224; l'&#233;cart (souvenir d'une marche &#224; pied assez longue pour m'en souvenir), comme &#224; Florence les Fra Angelico surpris bien s&#251;r par cette modestie blanche, l'humilit&#233; de toute chose mais dans cette paix, cet &#233;quilibre (ils l'avaient conquis comment, &#224; quel prix), en redescendant, non pas sur la colline o&#249; tu &#233;tais mais sur celle voisine, juste au-dessus de la ville elle aussi, se d&#233;tachant tr&#232;s nette mais plut&#244;t par un &#233;trange effet acoustique : ne rien voir que les personnages comme ces petits jouets miniatures, coureurs cyclistes ou petits soldats, qu'on avait enfant, d'une couleur parfaitement nette et tranch&#233;e malgr&#233; la distance &#224; cause de l'air impeccablement sec et de la lumi&#232;re du ciel d'hiver, et par contre l'effet acoustique celui d'une proximit&#233; directe, comme si leurs cris et sifflets l&#224;-bas, et m&#234;me le ahan des joueurs, t'environnait directement, te prenait dans sa vibration comme d'&#234;tre sur leur terrain m&#234;me, tu t'&#233;tais assis par terre pour r&#233;fl&#233;chir &#224; tout &#231;a, regarder ou percevoir ce double effet, de la nettet&#233; accentu&#233;e des corps en mouvement rapide, mais comme miniatures, et puis l'enveloppement du son comme de faire partie de cette bulle o&#249; chaque frappe de ballon &#233;tait un coup sec presque que tu aurais tenu dans ta main alors tant de souvenirs, ou un sentiment soudain de la justesse de toute chose, d&#232;s le lendemain ton livre inclurait, comme la dur&#233;e d'un concert pour le premier personnage, la journ&#233;e du ch&#244;meur pour le deuxi&#232;me, la temporalit&#233; du match pour le troisi&#232;me (le dernier &#233;tait plus ambivalent, assis &#224; une table de bureau d'&#233;tude comme tes int&#233;rims de dessin industriel, l'id&#233;e qu'un livre se construise par sa g&#233;om&#233;trie c'&#233;tait aussi une des r&#233;v&#233;lations d'Assise), tu &#233;tais rentr&#233; tard le dimanche soir mais cette fois le livre &#233;tait en route, la surprise aussi, le lendemain matin, de la visite de deux de tes copains pensionnaires, ils s'&#233;taient inqui&#233;t&#233;s, avaient m&#234;me escalad&#233; ma petite terrasse pour jeter un &#339;il dans ma chambre, non non les gars vous tracassez pas j'&#233;tais &#224; Assise c'est tr&#232;s beau j'ai le droit non, mais depuis &#231;a m'est toujours rest&#233; cette angoisse qui les avait pris alors que la mienne enfin &#233;tait lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>64 | le go&#251;t des bars cosy avec Bleuet &#224; Rome</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Muron, Jacques</dc:subject>
		<dc:subject>Fr&#233;d&#233;ric Bleuet</dc:subject>
		<dc:subject>Rome (Italie)</dc:subject>
		<dc:subject>Rome, Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Balthus, p&#232;re et fils</dc:subject>
		<dc:subject>1985</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Rome, Villa M&#233;dicis, 1985, Fr&#233;d&#233;ric Bleuet, Jacques Muron, Balthus&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1107" rel="tag"&gt;Muron, Jacques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Fr&#233;d&#233;ric Bleuet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1077" rel="tag"&gt;Rome (Italie)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot113" rel="tag"&gt;Rome, Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1108" rel="tag"&gt;Balthus, p&#232;re et fils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1110" rel="tag"&gt;1985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;64 | le go&#251;t des bars cosy avec Bleuet &#224; Rome&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ou plut&#244;t, pour s'&#233;loigner de soi-m&#234;me, lancer comme des cailloux &#224; distance, qui &#233;largissent le p&#233;rim&#232;tre du territoire qu'on arpente &#8212; on les lance dans l'espace, on les lance dans le temps : &#224; Rome, tout cette ann&#233;e &#224; la villa M&#233;dicis, je descendais parfois le matin s'il s'agissait de quelques courses alimentaires et du journal, est-ce qu'on aurait seulement pu avoir l'id&#233;e de l'Internet, ni m&#234;me de l'ordinateur puis de l'ordinateur portable, et le t&#233;l&#233;phone autrement que les gros postes fixes, la facture en fin de mois avec le suppl&#233;ment pour les appels &#224; l'international, le trajet jusqu'&#224; la Poste centrale (ce n'&#233;tait pas loin, et les postes &#233;taient des mondes comme les gares) pour oblit&#233;rer les lettres, et m&#234;me en cette ville o&#249; chaque ruine t&#233;moigne d'une fin de monde est-ce qu'on aurait pens&#233; un instant &#224; une &#233;ventuelle possibilit&#233; de fin du n&#244;tre, non : on c&#233;l&#233;brait &#8212; l'apr&#232;s-midi si je descendais c'&#233;tait pour aller retrouver Caravage piazza del Popolo, visiter Caravage chaque jour sur son trajet ordinaire &#231;a justifie bien un tel s&#233;jour, parfois avec Bleuet on descendait aussi piazza del Popolo pour ce tout petit resto &#224; l'&#233;cart derri&#232;re la place c'&#233;tait tenu par un couple r&#233;pondant au patronyme de Graciozo, un petit monsieur maigre et toujours l&#224; &#224; vous pr&#233;venir comme s'il avait l'&#339;il dans chaque assiette, son &#233;pouse aux fourneaux et le fils, bien le fils &#224; faire ce qui restait &#224; faire, la caisse par exemple, j'y suis retourn&#233; en p&#232;lerinage il y a quelques ann&#233;es c'&#233;tait toujours le fils aux commandes et il a paru tr&#232;s sensible au fait que je lui parle de son p&#232;re mais le menu n'avait plus rien &#224; voir avec ces plats de quatre sous dans la tradition italienne (&#244; son saltimbocco du jeudi) qui permettait (le menu) qu'on s'en serve une fois la semaine comme d'un petit luxe ou d'une cantine (sinon, &#224; la villa, on se convoyait &#224; midi &#224; la cuisine d'o&#249; on repartait vers nos chambres lest&#233; d'une gamelle &#224; deux &#233;tages, p&#226;tes plus viande en sauce mais le plus souvent c'&#233;tait trois trucs improvis&#233;s dans mon minuscule studio en bout de parc, et c'est Bleuet qui m'avait fait remarquer (la dette en cela aussi : apprendre &#224; regarder, eux ils savent) que dans cette arche monumentale qui bouclait la place en enjambant la rue &#8212; Porta del Popolo justement s'adossant sur l'&#233;glise aux Caravage et de l'autre c&#244;t&#233; cette Viale del Muro Torto o&#249; se pr&#233;cipitait l'enfer habituel des voitures &#8212;, il y avait des rideaux aux minuscules fen&#234;tres t&#233;moignant qu'on y habitait aussi, chez Graciozo on &#233;changeait quelques mots avec ce bonhomme rondouillard et un peu b&#232;gue mais qui avait &#233;t&#233; le traducteur attitr&#233; de Ren&#233; Char et Saint-John Perse, avait fr&#233;quent&#233; jusqu'au bout le dernier mais tu peux traduire pendant un demi-si&#232;cle et finir tes jours dans la mis&#232;re, ces jours-l&#224; souvent je lui payais son repas en &#233;change d'histoires que jamais je n'irais v&#233;rifier et son nom c'&#233;tait Romeo Lucchese, je l'appelais Romeo la lumi&#232;re et &#231;a l'amusait, mais souvent Bleuet passait plut&#244;t me prendre en fin d'apr&#232;s-midi dans ce moment o&#249; Rome devient dor&#233; sour le soleil rasant et tous les toits une sorte de d&#233;coupure plan sur plan dans toutes les tonalit&#233;s du mauve au pourpre et le verre de blanc pour lui ou le cafe latte pour moi (pas par je ne sais quel moralisme mais parce que toujours le vin blanc m'a donn&#233; mal &#224; la t&#234;te), il avait le go&#251;t qu'on aille le prendre dans des lieux o&#249; je n'aurais m&#234;me pas eu l'id&#233;e de p&#233;n&#233;trer seul ou pas, le coquet bistrot soi-disant l&#233;gende depuis l'&#233;poque des romantiques et Byron ou Shelley mais peut-&#234;tre j'extrapole pourtant souvent on s'arr&#234;tait au Caff&#232; Greco de la via della Croce (&#224; c&#244;t&#233; du Vertecchi o&#249; j'achetais mes cahiers et n'en ai jamais utilis&#233; d'autres m&#234;me quinze ans apr&#232;s mon retour) mais d'autres fois on descendait au Corso jusqu'au Grand Hotel Plaza sous les arcades immenses du bar au rez-de-chauss&#233;e, on avait plus ou moins pris assez de plis romains, ou nos tronches de rapins, pour qu'on ne nous traite pas en touristes, des fois on poussait jusqu'au Trastevere mais plut&#244;t un peu plus tard &#224; nuit tombante, l&#224; c'est les plis de marbre des tombeaux baroques du Bernin qui nous servaient d'ap&#233;ritifs avant une soupe du soir ou ce bistrot bruyant et confus du Campo dei Fiori avec son unique table toute en longueur, et d&#232;s qu'il y avait des chaises vides tu t'asseyais, menu unique sardines grill&#233;es vin blanc l&#224; aussi j'y suis retourn&#233; mais ferm&#233;, je commen&#231;ais d&#233;j&#224; &#224; collectionner les livres sur les Rolling Stones (Muron, le copain graveur au burin, m'avait rapport&#233; ses propres livres, dont le &lt;i&gt;Stones Touring Party&lt;/i&gt; que je dois toujours lui rendre), je n'avais aucune id&#233;e &#224; cette &#233;poque-l&#224; de cet hiver o&#249; Keith Richards, accompagnant Pallenberg, sous le regard un peu m&#233;prisant de Pasolini et des autres dont lui n'avait rien &#224; fiche non plus, payait pour tout le monde avec son American Express comme par vengeance, sur le Corso dans cette grande salle du Plaza justement qui n'avais m&#234;me jamais d&#251; &#234;tre repeinte et qu'il avait plus ou moins m&#234;me habit&#233; lui aussi villa M&#233;dicis, quand Stash le fils de Balthus qui en &#233;tait directeur occupait les lieux &#8212; on l'avait vu plusieurs fois, cette ann&#233;e, le vieux mais tr&#232;s vieux Balthus aux mains tremblantes il &#233;tait chez lui ici et on le traitait comme tel &#8212;, facile d'&#233;changer sur Facebook avec Stash, arri&#232;re-petit-fils de Rilke mais il n'aimerait pas qu'on lui pose des questions sur cette p&#233;riode-l&#224;, &#224; supposer qu'il en ait des souvenirs pr&#233;cis, avec Fr&#233;d&#233;ric Bleuet donc mais pas tout seul une g&#233;ographie pr&#233;cise de quelques lieux r&#233;currents &#224; Rome et parfois non, rien d'autre que marcher, marcher sans but et juste pour se perdre comme on pouvait le faire &#224; l'&#233;poque et dans cette ville &#8212; puis le Bleuet 20 ans sans nouvelles (&#224; Tanger en librairie j'avais trouv&#233; ce livre qu'il avait &#233;crit et publi&#233;, au titre de &lt;i&gt;C'est quelque chose aussi &#224; peu pr&#232;s de cela&lt;/i&gt; et puis l&#224; pile quelques jours apr&#232;s premi&#232;re &#233;bauche de ce texte un coup de fil...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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