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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Aldo Manuzio : arch&#233;ologie d'une r&#233;volution du livre</title>
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		<dc:date>2008-08-03T17:45:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Rives, Bruno </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;sur les traces de Bruno Rives, quand l'invention du livre moderne aide &#224; lire la mutation pr&#233;sente&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;le livre &amp; l'Internet&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot121" rel="tag"&gt;Rives, Bruno &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1361.jpg?1352732442' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Soit, pour commencer, la notice acc&#233;l&#233;r&#233;e mais pr&#233;cise d'&lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1287' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Alberto Manguel&lt;/a&gt;, malheureusement pas en version num&#233;rique, vous vous retournez, vous cherchez dans votre biblioth&#232;que &lt;i&gt;Histoire de la lecture&lt;/i&gt;, en poche chez Actes Sud, bien s&#251;r vous l'avez, vous ouvrez page 203...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Aldo Manuzio, dit Manuce, qui avait enseign&#233; le grec et le latin &#224; des &#233;l&#232;ves aussi brillants que Pic de la Mirandole, trouvant difficile de professer sans &#233;ditions savantes des classiques &#224; des formats pratiques, d&#233;cida d'adopter le m&#233;tier de Gutenberg et fonda sa propre imprimerie, o&#249; il pourrait fabriquer exactement le genre de livres dont il avait besoin pour ses cours. Manuce choisit d'installer sa presse &#224; Venise afin de profiter de la pr&#233;sence des savants orientaux &#233;migr&#233;s, et employa sans doute comme correcteurs et compositeurs d'autres exil&#233;s, des r&#233;fugi&#233;s cr&#233;tois qui avaient exerc&#233; auparavant le m&#233;tier de scribe. En 1494, Manuce lan&#231;a un ambitieux programme de publications, qui devait produire quelques-uns des plus beaux volumes de l'histoire de l'imprimerie : d'abord en grec &#8211; Sophocle, Aristote, Platon, Thucydide &#8211; et puis en latin &#8211; Virgile, Horace, Ovide. Manuce &#233;tait d'avis que ces auteurs devaient &#234;tre abord&#233;s sans interm&#233;diaires, dans la langue originale, et pratiquement sans annotations ni gloses &#8211; et afin de donner aux lecteurs la possibilit&#233; de &#171; converser librement avec les morts glorieux &#187;, il publia, outre les textes classiques, des grammaires et des dictionnaires. Non content de requ&#233;rir les services d'experts locaux, il invitait aussi &#224; Venise d'&#233;minents humanistes venus de toute l'Europe &#8211; y compris des sommit&#233;s telles qu'Erasme, de Rotterdam. Une fois par jour, ces savants se r&#233;unissaient chez Manuce afin de discuter des titres &#224; imprimer et des manuscrits que l'on pouvait en confiance utiliser comme sources [...]
&lt;p&gt;En 1501, confiant dans le succ&#232;s de ses premi&#232;res &#233;ditions, Manuce r&#233;agit &#224; la demande des lecteurs en publiant une s&#233;rie de livres au format de poche in-octavo &#8211; la moiti&#233; de l'in-quarto &#8211; imprim&#233;s avec &#233;l&#233;gance et &#233;dit&#233;s avec un soin m&#233;ticuleux. Pour r&#233;duire les frais de fabrication, il d&#233;cida d'en imprimer mille exemplaires &#224; la fois et, afin d'utiliser la page de fa&#231;on plus &#233;conomique, il employa un caract&#232;re de fabrication r&#233;cente, &#171; l'italique &#187;, dessin&#233; par le tailleur de poin&#231;ons bolonais Francesco Griffo, qui grava aussi le premier caract&#232;re romain o&#249; les capitales &#233;taient plus courtes que les lettres hautes du bas de casse, ce qui donne &#224; la ligne un meilleur &#233;quilibre. [...] Parce qu'ils co&#251;taient moins cher que les ouvrages manuscrits, surtout ceux qui &#233;taient enlumin&#233;s, et qu'on pouvait remplacer &#224; l'identique un exemplaire perdu ou endommag&#233;, ces livres devinrent, aux yeux des nouveaux lecteurs, des symboles d'aristocratie intellectuelle plut&#244;t que de richesse, et d'indispensables outils d'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voici donc la proposition d'&#233;criture (je pr&#233;pare celles de septembre pour l'atelier BNF en ligne &#171; &#233;crire la ville &#187;, il ne faut pas m'en vouloir) :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt; &lt;i&gt;La r&#233;volution pr&#233;sente qui affecte, par le num&#233;rique, la totalit&#233; de l'univers de la lecture et de l'&#233;criture, et donc le statut m&#234;me du livre, &#233;tant &#224; la fois culturelle, technique, et impr&#233;dictible, vous utiliserez l'ensemble des composantes de la r&#233;volution de l'imprimerie moderne, dont l'acteur essentiel est bien moins Gutenberg qu'Aldo Manuzio, pour une r&#233;flexion d'ensemble susceptible de pi&#233;ger le lecteur par ce qui doit &#234;tre la seule permanence de tout cela : le plaisir de lire, et la passion qu'on peut &#233;prouver &#224; un r&#233;cit d'enqu&#234;te, quand il nous &#233;claire sur le monde pr&#233;sent.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, consid&#233;r&#233; comme consigne d'&#233;criture, il y a autant de distance entre ce r&#233;sum&#233; et le livre de Bruno Rives, &lt;i&gt;Aldo Manuzio&lt;/i&gt;, que de la notice d'Alberto, &#224; un point central cependant de cette (Histoire de la lecture&lt;/i&gt; qui elle aussi se lit &lt;i&gt;comme un roman&lt;/i&gt;, au m&#234;me double r&#233;cit de Bruno Rives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, parce que Bruno Rives y jouait son destin personnel. Aldo, le pr&#233;nom italien que respecte Rives, est le diminutif de Tebaldo. Et &lt;a href=&#034;http://www.tebaldo.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tebaldo&lt;/a&gt;, on le sait depuis longtemps maintenant, est l'embl&#232;me du laboratoire vou&#233; par Bruno Rives &#224; cette invention d'apparence minuscule (des petites billes noires &#233;lectris&#233;es capables de monter ou descendre dans une fine feuille blanche opaque), mais susceptible de bousculer la totalit&#233; du processus &#233;ditorial, l'&lt;i&gt;encre &#233;lectronique&lt;/i&gt;. Une de ces inventions &#8211; depuis 3 ans que je suis le blog de Bruno &#8211;, qui peut para&#238;tre une de ces projections compl&#232;tement gadget, ou une sorte d'utopie mena&#231;ante qui s'&#233;croulera comme les autres, et qui dispara&#238;t d'elle-m&#234;me quand, comme je le faisais encore hier soir, je lis les 300 pages du livre de Bruno Rives sur la &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1338' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sony&lt;/a&gt;, en me disant, puisque je dispose aussi du &lt;i&gt;livre papier&lt;/i&gt;, que c'est fichtrement plus agr&#233;able au lit sur la &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1338' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sony&lt;/a&gt;, qu'on peut placer des &lt;i&gt;bookmarks&lt;/i&gt; o&#249; on veut, et qu'en plus on n'aura pas de probl&#232;me de rangement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;diteur, Librii propose d'ailleurs le livre papier, une version num&#233;rique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Rives, en explorant concr&#232;tement, param&#232;tre apr&#232;s param&#232;tre (et il s'y conna&#238;t, et il n'est pas n&#233; de la derni&#232;re pluie num&#233;rique) l'int&#233;rieur de la r&#233;volution Manuzio, dans la complexe soci&#233;t&#233; de la Renaissance, mais &#224; Venise, dans ce confluent du monde, joue pr&#233;cis&#233;ment sa capacit&#233; &#224; d&#233;crypter et s'orienter dans notre pr&#233;sent impr&#233;dictible, et son bousculement acc&#233;l&#233;r&#233;. C'est violent maintenant ? C'&#233;tait violent au temps d'Aldo Manuzio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme du livre : laissez vos pr&#233;ventions, laissez-vous embarquer. Il ne d&#233;montre rien, il cherche. Je n'ai &#224; lui reprocher que l'introduction : Bruno Rives dit ne pas aimer les biographies, qu'il pr&#233;f&#233;rait la libert&#233; du roman. Moi, au contraire, pour chercher l'imaginaire d'une &#233;poque, je pr&#233;f&#232;re m'astreindre &#224; la forme &lt;i&gt;vie de&lt;/i&gt;, qui me semble tout aussi in&#233;puisable. J'aurais demand&#233; &#224; l'auteur de gommer ces 2 pages d'intro inutile &#8211; au nom m&#234;me de ce qu'on affronte, ce qui nous fait basculer dans la fiction, ou bien la fiction comme imp&#233;ratif, en appelle aussi &#224; l'enqu&#234;te, au document, tout aussi bien qu'entrer dans une r&#233;alit&#233; lointaine implique, au-del&#224; de l'inventaire du savoir, &#224; ce jeu par quoi la fiction va au-del&#224;. Tout est affaire d'&#233;quilibre, de tension : voir, Bruno, l'imprimerie du p&#232;re S&#233;chard dans la premi&#232;re partie des &lt;i&gt;Illusions perdues&lt;/i&gt; &#8211; et pas besoin de se justifier pour dire qu'on recourt &#224; la totalit&#233; des outils, et que c'est cela qui s'appelle &lt;i&gt;litt&#233;rature&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il y a de la fiction dans son livre. Exemple, un moteur de recherche, &lt;a href=&#034;http://cleosophia.googlepages.com/cleosophia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cleosophia&lt;/a&gt;, y joue un grand r&#244;le. Et vous venez de le voir, si on clique sur Cleosophia on tombe sur cette page un peu &#233;trange ou myst&#233;rieuse : Bruno Rives a toutes les capacit&#233;s de l'avoir invent&#233;e, et pi&#233;g&#233; Google dans ses recensements, qui sont une des lignes de fiction du livre ! Myst&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il vous emm&#232;ne aussi dans des lieux Internet bien plus rares, et, eux, v&#233;rifiables. Qui de vous est d&#233;j&#224; all&#233; feuilleter les manuscrits rares de la Library of Congress ? Eh bien, allez visiter l'&lt;a href=&#034;http://www.rarebookroom.org/Control/colhyp/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hypnerotomachia Poliphili&lt;/a&gt;, dite &lt;i&gt;Songe de Polyphile&lt;/i&gt;, longtemps et faussement attribu&#233;e &#224; Francesco Colonna, et d'o&#249; Rabelais est sorti tout arm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour une bonne part des personnages du livre, on peut enqu&#234;ter m&#234;me dans les manuscrits de la Vaticane, &lt;a href=&#034;http://bav.vatican.va/it/v_bav/manoscritti/img/images/07.jpg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bembo&lt;/a&gt; par exemple, et l&#224; on ne peut quand m&#234;me supposer que l'art du &lt;i&gt;hacker&lt;/i&gt; ait permis &#224; l'auteur une manipulation &#224; cette &#233;chelle : mais &#231;a y est, on est entr&#233; aux miroirs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, une fois jou&#233;es ces grosses cartes, Bruno Rives doit bien ob&#233;ir &#224; sa machine. Le roman ? Une double nappe. Deux chercheurs arpentent Paris, mais surtout Internet (non pas roman par mail, comme on en voit appara&#238;tre, mais r&#233;flexion sur l'enqu&#234;te elle-m&#234;me, faire d&#233;vier les moteurs de recherche, utiliser les statistiques visiteurs d'un blog app&#226;t), et soudain les visites de biblioth&#232;ques r&#233;elles (la Mazarine, Sainte-Genevi&#232;ve), recoupant l'histoire de livres perdus ou d&#233;truits, est d&#233;doubl&#233;e par l'univers des biblioth&#232;ques virtuelles, vaticane, bodl&#233;ienne, et tous leurs possibles. Et Rives reprend quelques bonnes vieilles techniques du roman &#224; suspense, puisque l'enqu&#234;te des deux chercheurs parisiens (la chercheuse est Italienne pour encore mieux multiplier les effets), en installant c&#244;t&#233; Aldo Manuzio une enqu&#234;te similaire : la qu&#234;te d'un manuscrit perdu de Pline le Jeune, le X, dont la trace comme par hasard se perd &#224; Paris, mais qui emm&#232;nera Manuzio, par miroir inverse, jusque dans la biblioth&#232;que r&#233;elle d'un monast&#232;re de Mac&#233;doine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les param&#232;tres : et l&#224;, apr&#232;s tant d'ann&#233;es Rabelais (&#224; ceux qui veulent aller voir de plus pr&#232;s la Renaissance dans ses composantes scientifiques et politiques, je signale au Qu&#233;bec (&lt;i&gt;Classiques des sciences sociales&lt;/i&gt;) version &#233;lectronique libre du Lucien Febvre, &lt;a href=&#034;http://aleph-app.uquebec.ca/F/F72KED4GQ1PBD2GJL53JNI4BAIVBE89D6VPF8YVLC268HIBH2F-23739?func=full-set-set&amp;set_number=001738&amp;set_entry=000003&amp;format=999&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'incroyance de Rabelais&lt;/a&gt;, chapeau &#224; Bruno Rives.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/libro.jpg?1217785413' width='500' height='352' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui se passe dans la t&#234;te, comment chemine-t-on quand on est sur le chemin d'une invention aussi radicale, mais dont la radicalit&#233; ne peut vous appara&#238;tre qu'a posteriori ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la collaboration avec un orf&#232;vre pour inventer un caract&#232;re plus pr&#233;cis et plus petit (mais bien plus lisible que le gothique de Gutenberg), et comprendre que l'art de la mise en page est aussi celui des marges (du blanc) et de la gestion des espaces &lt;i&gt;entre&lt;/i&gt; les caract&#232;res ? Je rappelle que l'atelier de l'&lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article338' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Imprimerie nationale&lt;/a&gt; &#224; Ivry emploie toujours une (et une seule) fabricante de poin&#231;ons, dont la formation est estim&#233;e &#224; 10 ans... Rives fouille par exemple sur comment l'&#233;criture manuscrite des copiste a pu servir de mod&#232;le et &#224; Gutenberg, et &#224; Manuzio, d&#233;couvrant l'&#233;criture manuscrite aram&#233;enne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la r&#233;volution industrielle, l'in-octavo imprim&#233; &#224; 1000 exemplaires, en lien avec le fait qu'on ait des id&#233;es &#224; d&#233;fendre, en temps o&#249; on br&#251;le facilement, avec les exemplaires copi&#233;s, l'imprimeur qui les a r&#233;alis&#233;s : &#231;a continuera apr&#232;s Manuzio, voir Etienne Dolet. En suivant l'exemple de la traduction de 2 mots grecs, fr&#232;re et cousin, sur un mot h&#233;breu qui ne les diff&#233;renciait pas, &#224; partir de la mention d'un fr&#232;re de J&#233;sus, et des probl&#232;mes que &#231;a pose &#224; l'&#233;poque &#224; l'orthodoxie catholique, Rives pose le chamboulement industriel dans ses cons&#233;quences ou son origine de libert&#233; intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce bref aper&#231;u aussi sur le peuple de copistes qu'une ville d'industrie et de commerce comme Venise fait travailler : l'imprimerie bouscule et annule un monde. Quelles cons&#233;quences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, un fil de plus haute cons&#233;quence : le savoir et les livres. La nouvelle du voyage de Christophe Colomb se r&#233;pand, mais il n'a emmen&#233; avec lui que &#171; des astrologues et des fusils &#187;. Pendant ce temps, la r&#233;volution de l'imprimerie est une r&#233;volution de &lt;i&gt;savoirs&lt;/i&gt; : on imprime des faunes, des herbiers, des voyages. Voil&#224; qu'on agrandit soudain le monde, et qu'on n'en rapporte pas de savoir... Fiction pour ce qui est du rapport &#224; Colomb, mais plus du tout fiction quand (dans les deux nappes du r&#233;cit, &#224; Paris aujourd'hui et Venise en 1500), on croise les premi&#232;res impressions chinoises et cor&#233;ennes : Marco Polo cache bien d'autres &#233;changes. Et si Manuzio n'avait pas invent&#233; ses caract&#232;res mobiles (et en m&#233;tal) d'apr&#232;s la tradition Gutenberg, mais d'apr&#232;s la tradition chinoise ? Et l&#224; c'est une question d'importance, sur toute la structure de notre civilisation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ainsi... Il y a trop d'&#233;nigme, d'incertitude. Et en m&#234;me temps tout cet enthousiasme, ces d&#233;bats sur nouvelles machines, nouveaux usages. Et notre responsabilit&#233; pleine et enti&#232;re, parce que &lt;i&gt;transmettre&lt;/i&gt; est d'autant plus urgent et difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dernier ainsi, je sais gr&#233; &#224; Bruno Rives (mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; aussi dans la notice br&#232;ve d'Alberto !), le fait que pour Aldo Manuzio l'enseignement et l'industrie ne se s&#233;parent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un homme qui fait travailler Mantegna (ah, les villes imaginaires en perspective dans les tableaux de Mantegna), voil&#224; un homme que visite Albrecht D&#252;rer, voil&#224; un homme qui met au travail Erasme, et, ce moment o&#249; s'invente la soci&#233;t&#233; moderne avec ce que n'a pas r&#233;alis&#233; Gutenberg, la &lt;i&gt;circulation&lt;/i&gt; du livre, et le concept qui va avec : qu'on ne fait pas de la bonne cuisine sans bons ingr&#233;dients, et donc l'invention de la &lt;i&gt;composition&lt;/i&gt;, n'aurait peut-&#234;tre pas trouv&#233; la radicalit&#233; de son chemin sans ce qui l'accompagne, la t&#226;che d'enseigner et de transmettre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que c'est peut-&#234;tre aussi ce qui nous aide, dans les temps Internet, nos forums, nos croisements...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/image003.jpg?1217785459' width='500' height='359' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Bruno Rives est une enqu&#234;te &lt;i&gt;ouverte&lt;/i&gt; : elle se prolonge via un &lt;a href=&#034;http://aldomanuzio.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog&lt;/a&gt; consacr&#233; au livre, et le &lt;a href=&#034;http://brunorives.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog&lt;/a&gt; de Bruno sur les techniques encre &#233;lectronique. Ne loupez pas le train : voil&#224; un bouquin qui se lit comme un polar, double nappe, double polar, mais au coeur de ce qu'on a comme plus haut amour : le &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt;. Dans une mutation pas moins violente aujourd'hui qu'elle ne le fut pour lui donner, justement, sa forme moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, imbrication num&#233;rique ouverte (la version num&#233;rique du livre disponible chez &lt;a href=&#034;http://librii.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Librii&lt;/a&gt; et r&#233;cit pour l'imaginaire, l'aventure qui commence peut se d&#233;crypter encore mieux, et plus bellement, si on revient &#224; ce qui l'a fait na&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour finir, deux remarques : 1, Bruno, tu ne m'en voudras pas, je t'avais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;diteur, &lt;a href=&#034;http://librii.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Librii&lt;/a&gt; propose d'ailleurs le livre papier, une version num&#233;rique compl&#233;mentaire pour les acheteurs du livre papier, et surtout une &#233;dition num&#233;rique enrichie, illustrations, liens, documentation... Exp&#233;rience pionni&#232;re. On peut se procurer l'ouvrage ou la version num&#233;rique directement chez &lt;a href=&#034;http://librii.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Librii&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour finir, deux remarques :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1, Bruno, tu ne m'en voudras pas, je t'avais promis d'effacer ma version num&#233;rique de la Sony apr&#232;s lecture, j'en suis incapable pour l'instant (mais je veux bien te rendre mon SP papier)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2, &#233;videmment, mieux vaut compter sur l'Internet pour la r&#233;ception critique : peut-&#234;tre quelques autres blogueurs &#233;quip&#233;s de Bookeen ou de Sony souhaiteraient disposer de cette version num&#233;rique (PDF tatou&#233; &#224; mon nom, SVP ! - et que je ne diffuserai pas, m&#234;me &#224; titre priv&#233;) peuvent solliciter Bruno Rives, &#233;change compte rendu contre PDF ! - c'est encore un concept Aldo Manuzio, l'&#233;change...
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lire aussi sur &lt;a href=&#034;http://www.macgeneration.com/news/voir/131349/le-macintosh-inspire-par-la-revolution-du-livre-a-la-renaissance-une-interview-de-b.-rives/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MacGeneration&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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