<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
	<link>https://www.tierslivre.net/spip-443/</link>
	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?id_mot=331&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Rez&#233;, course de chevaux contre le cancer</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article375</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article375</guid>
		<dc:date>2023-02-09T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>sur la ville</dc:subject>
		<dc:subject>vie quotidienne (questions sur la)</dc:subject>
		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Rez&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nuit de l'Ecriture &#224; Rez&#233; en 1990&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;sur la ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;vie quotidienne (questions sur la)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1167" rel="tag"&gt;Rez&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton375.jpg?1352732157' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff375.jpg?1352731858&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
C'&#233;tait il y a exactement quinze ans. Difficile pour moi &#224; croire. Quand il s'agit d'&#233;criture, les mots qui fixent happent sur eux le temps. On revoit par eux, tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment, les images. Le reste, qui ne s'est pas &#233;crit, dispara&#238;t.
&lt;p&gt;A Rez&#233;, ville d'estuaire, ville portuaire, de ciel et de grand vent, avec la cit&#233; du Corbusier, Jacqueline Vergnaud (maintenant &#224; Dijon, para&#238;t-il ?) dirigeait la biblioth&#232;que municipal, un grand b&#226;timent sans fen&#234;tre : les livres qu'on trouve &#224; l'int&#233;rieur sont cens&#233;s remplacer le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la &lt;a href=&#034;http://www.bibliotheque.mairie-reze.fr/pages/residence.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nuit de l'Ecriture&lt;/a&gt;, on nous h&#233;bergeait (il y avait &lt;a href=&#034;https://www.jfpiquet.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jacques-Fran&#231;ois Piquet&lt;/a&gt;, je m'en souviens, et aussi Hubert Ben Kemoun) dans une &#233;trange maison bourgeoise au fond d'un parc, dont la municipalit&#233; avait fait une sorte de logement temporaire pour &#233;quipes sportives, stages ou groupes fokloriques. J'ai vaguement souvenir, non de la chambre, mais de la terrasse par laquelle on marchait jusqu'&#224; la rivi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe &#233;tait qu'on &#233;tait dans la ville trois jours, et qu'on lisait, au bout, dans cette Nuit de l'Ecriture, le texte juste &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui le pont sur la Loire est de longtemps termin&#233;, la centrale EDF de longtemps d&#233;truite. Dans l'ordinateur, depuis des ann&#233;es, j'ai un dossier marqu&#233; &lt;i&gt;Villes&lt;/i&gt; avec quelques textes comme celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens qu'alors que j'&#233;tais assis dans le cimeti&#232;re municipal &#224; prendre des notes et chercher l'&#233;tymologie des noms, la police m'avait contr&#244;l&#233;, pr&#233;venue par un employ&#233; municipal. Et que si on m'avait dit qu'un jour je ferais moi-m&#234;me des photographies j'aurais bien rigol&#233;. J'imagine aussi, &#224; 15 ans de distance, que beaucoup de ce que je d&#233;cris ici n'est plus : la quincaillerie, le caf&#233; de la Paix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne relit pour ne pas savoir si, &#233;crire ou travailler n'importe quelle discipline d'art, c'est avancer, progresser, ou bien si &#8212; tout au d&#233;part &#8212; on contr&#244;le moins, on ose plus. Peut-&#234;tre qu'avec le temps on devient plus fort, mais sur un territoire bien plus restreint. Je ne sais pas du tout ce que j'&#233;crirais, aujourd'hui, au bout de trois jours et trois nuits &#224; Rez&#233; : peut-&#234;tre exactement la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Rez&#233;, enqu&#234;te sur quelques mots tout pr&#234;ts d'une ville&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Course de chevaux contre le cancer avec la participation des commer&#231;ants des industriels des &#233;coles et de vous tous&lt;/i&gt; : &#224; Rez&#233; on a parfois le vocabulaire vague et &#231;a s'affichait en grand semaine d'animation &#224; chaque arr&#234;t de bus, on les attend assez longtemps en journ&#233;e pour ne pas bien saisir ce que &#231;a changeait, la semaine anim&#233;e pour le banc de t&#244;le jaune toujours vide m&#234;me si effectivement le vieux monsieur &#224; casquette au bord du trottoir, les mains joignant derri&#232;re le dos, renversait par moments sa cigarette &#224; la verticale pour regarder le ciel au lieu des voitures, une demi-heure apr&#232;s tu revenais le bus n'&#233;tait pas l&#224; encore et le bonhomme se tenait droit toujours au-dessus du bitume,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ville en fait couverte de mots et tu t'y promenais comme dans un film muet puisque tu &#233;tais l&#224; pour &#231;a et qu'eux pour se promener allaient ailleurs, &#224; Rez&#233; dans la matin&#233;e il n'y avait que ceux qui n'ont rien &#224; faire ou presque ce n'est pas une raison pour qu'ils aiment qu'on les regarde, les chats s'installent au milieu des rues vides pour faire mentir les proverbes faciles et les nourrices dans les descentes bien trop longues promenaient les enfants par quatre : deux dans la poussette et un de chaque c&#244;t&#233;, de boulangerie dans ce quartier il n'y en avait pas &#224; moins d'un kilom&#232;tre et &#231;a expliquait la queue &#224; neuf heures devant les portes encore noires de l'Intermarch&#233;, bient&#244;t ils ressortaient avec les baguettes envelopp&#233;es de plastique, &#224; part &#231;a rien &#224; dire : &#224; la station d'essence les bouteilles de gaz empil&#233;es refaisaient exactement les immeubles en petit, r&#233;sidence la &lt;i&gt;Cl&#233; des champs&lt;/i&gt; elle ne risquait pas de bouger de si vite et ses trois arbres sur la pelouse au coin restaient suspendus sans grandir &#224; leurs tuteurs, dominait l'odeur des diesel au feu en haut de c&#244;te et la reprise de r&#233;gime r&#233;guli&#232;re des moteurs au feu vert, l'autobus avalait la nourrice, la poussette et les gosses c'&#233;tait marqu&#233; en gros &lt;i&gt;Rez&#233; Martyrs&lt;/i&gt; o&#249; donc s'en allaient-ils,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et passer devant une &#233;cole c'&#233;tait une bouff&#233;e de bruit, de voix sinon tu n'en entendais pas, &lt;i&gt;madame Marpouche voyante extra-lucide&lt;/i&gt; &#224; quarante ans &#233;tait bien trop grosse, sortait en jupe bleue et corsage blanc v&#233;rifier qu'elle n'avait pas de courrier et juste le prospectus du Leclerc pour se consoler c'est promis elle irait mais passer devant chez elle c'est s&#251;r elle aurait pr&#233;f&#233;r&#233; que tu t'excuses, de cinq m&#232;tres en cinq m&#232;tres on rempla&#231;ait l'univers et maison suivante le chien faisait son m&#233;tier d'aboyer, la mansarde au premier s'ouvrit sur une robe de chambre &#224; fleurs pour dire &lt;i&gt;tais-toi Rex&lt;/i&gt; voil&#224; les mots qu'on te laissait, grillage suivant les nains de pl&#226;tre ne te regardaient m&#234;me pas : ce serait idiot de parler des nains de pl&#226;tre tu aurais pr&#233;f&#233;r&#233; voir la ville sans clich&#233;s pourtant il y en avait trois avec vraiment l'air idiot des nains de pl&#226;tre et un cygne en plus, la derni&#232;re maison ils avaient mis des patates,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les noms &lt;i&gt;Eliveau Hervouet Chaumont Gautier Rouet Boulet Pairon Massiot Lozier Legal Rousselot Aubert Guezennec Daviaud&lt;/i&gt; on pouvait bien supposer que la vie dans les maisons &#233;tait partout pour chacun aussi compliqu&#233;e qu'elle doit l'&#234;tre pour un homme, tout l'appareil du th&#233;&#226;tre &#233;tait r&#233;uni par le seul d&#233;filement des heures, on retombait bien au dimanche et ils se retrouveraient m&#234;me si le matin on voyait surtout des femmes, &lt;i&gt;Denis Moreau Logeais Thebault Gravouil Chautard Payron Gobin Massa Guilbaud&lt;/i&gt;, il y avait finalement assez de caf&#233;s au bord des avenues pour servir aux amours mais ceux-l&#224; se suffisaient de l'arr&#234;t de bus, les deux couples s'embrassaient contre la cl&#244;ture en grillage sur le soubassement de ciment et ils riaient de faire la m&#234;me chose si pr&#232;s et en bonne sym&#233;trie, le bus qui arrivait par la rue perpendiculaire n'&#233;tait pas le bon et ils continuaient, le chauffeur au feu rouge les surplombait d'un m&#232;tre en les regardant s&#233;rieusement, plus loin la cabine t&#233;l&#233;phonique &#233;tait moiti&#233; cach&#233;e par un panneau publicitaire on ne voyait que deux jambes nues qui d&#233;passaient les pieds un peu &#233;cart&#233;s mais de tout ce qui se disait dans cette ville rien donc n'&#233;tait pour toi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'&#233;tait pour toi que ce qui voulait bien se proclamer par &#233;crit est-ce que cela pouvait signer le visage de la ville en &#233;clat&#233;, les rues toutes en courbe avec ces maisons qui n'en finissaient jamais et tellement discr&#232;tes (pourtant ce n'est pas vrai jamais il ne s'agissait d'un HLM &#224; l'horizontale), certaines rues un simple couloir de ciment suffisait &#224; faire pousser des roses et partout les rideaux aux cuisines avaient chaque fois la courbure qu'il fallait, les garages par deux avec leurs portes basculantes en racontaient bien plus qu'ils ne le croyaient, c'&#233;tait la troisi&#232;me fois depuis le matin qu'on se croisait avec l'infirmi&#232;re des soins &#224; domicile on en &#233;tait venu &#224; se sourire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mots dans cette ville ils en collaient : imperm&#233;abilisant surpuissant antimite efficace trois ans promotion toile cir&#233;e motifs centr&#233;s &lt;i&gt;en vente ici alcool pour lampe Berger verres de lampe pigeon bouchons du portugal souricide foudroyant tapette &#224; souris sourici&#232;re deux trous verre &#224; vitres aff&#251;tage pour d&#233;truire fourmis le tube Sovilo tuyau gaz &#224; la coupe promotion charbon de bois artifices ballons&lt;/i&gt; et tout &#231;a donc &#233;crit avec le prix sur la m&#234;me quincaillerie rue &lt;i&gt;Michel Dupr&#233; Villaine premier maire de Rez&#233;&lt;/i&gt; o&#249; il passe moins de voitures au mois que la vitrine n'affichait de mots : les &#233;tiquettes au feutre une image donc de la ville dispers&#233;e et sans voix, on se rajoutait m&#234;me des souvenirs puisque le sac de calots s'appelait encore sac de calots et ne valait que six francs, et quinze francs la toupie &#224; ficelle &#231;a rattrapait bien le silence du reste,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silence oui des rues si chaque jardin autour ne sert qu'&#224; mieux se tourner le dos, en journ&#233;e c'&#233;tait vide et pourtant ces m&#234;mes jours &lt;i&gt;Franck Merlet pompiste et Natacha Sicard t&#233;l&#233;prospectrice Michel Piffeteau menuisier et Marie-Claire Charrier agent de voyages Georges Guilbaud &#233;lectricien monteur et Fran&#231;oise Baulieu caissi&#232;re Jacques Chaigneau employ&#233; de banque et Maryvone Eveillard secr&#233;taire Michel Poret aide m&#233;canicien et Muriel Caill&#233; sans profession Franck Ren&#233; Jaumairt&#233; conducteur de chantier et Marie-Pierre Durand secr&#233;taire commerciale Herv&#233; Raymond Andr&#233; Vand vendeur et Nadine Liliane Claudine Maisonneuve aide-comptable&lt;/i&gt; publiaient leurs bans de mariage,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'emp&#234;chait pas et justifiait bien au contraire sur d'autres panneaux au sous-sol de la dalle de b&#233;ton (c'&#233;tait para&#238;t-il fait expr&#232;s ces tribunes d'un stade abandonn&#233; au-dessus la mairie comme inachev&#233;e) d'afficher sans distinction &lt;i&gt;permis de construire permis de d&#233;molir autorisation de lotir&lt;/i&gt; ils continuaient toujours, le pr&#233;fet n'oubliait pas sur les pi&#232;ces officielles d'indiquer qu'il &#233;tait chevalier de la L&#233;gion d'Honneur pour fixer la &lt;i&gt;dose de strychnine accept&#233;e dans les vers de terre imbib&#233;s qui servent d'app&#226;ts aux taupes&lt;/i&gt; (le travail &#224; Rez&#233; de monsieur Julien Beauvis, sp&#233;cialiste) ou pr&#233;ciser au sous-sol du b&#226;timent anciennement futuriste que &lt;i&gt;la vente des boissons alcoolis&#233;es est interdite dans les stations-service de 22H du soir &#224; 6H du matin&lt;/i&gt; comme s'il ne savait pas que pour ces choses-l&#224; on ne restait pas &#224; Rez&#233; mais qu'on allait &#224; Nantes : les pavillons de Rez&#233; quand ils ferment leurs volets on ne sait pas si quelqu'un y habite ou personne, au moins au Ch&#226;teau dans les alignements on pouvait compter vers minuit l'extinction des fen&#234;tres et v&#233;rifier avant que les &#233;clats bleus des t&#233;l&#233;s variaient en m&#234;me temps, monsieur le pr&#233;fet la ville en gros est calme et la joie des mots proclam&#233;s visait encore &#224; en augmenter le sommeil : &lt;i&gt;nouveau et exclusif mal de dos et probl&#232;mes vert&#232;bres les sommiers modulaires lattes convexes bois massif &#233;tudi&#233; par sp&#233;cialiste venez le voir et m&#234;me l'essayer ici sans engagement Maurice Ehouarn&#233; en face la gendarmerie&lt;/i&gt; tout &#231;a sur un m&#234;me bandeau rouge &#233;crit dans l'ordre &#224; Rez&#233; si on dort ce n'est donc pas toujours si bien, en tout cas la nuit tu traversais seul la ville pour pousser la grille lourde du parc d&#233;sert avec vraiment l'impression qu'il aurait d'abord fallu secouer tout &#231;a pour les voir un peu vivre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les noms encore &lt;i&gt;Br&#233;ant Fruchaud Rousseau Grave Tessier Borotin Le Dour Gourby Aubin Cavalin Riteau Lancelot Plisson Artaud Tille Clavel Closier Boju Halgand Retailleau Lebreton Burgaud Raphalen L'Held&#233; Chagneau Chauvelon Brangeon Viaud Solgrain Kerv&#233;gan&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la quantit&#233; de panneaux &lt;i&gt;propri&#233;t&#233; priv&#233;e entr&#233;e interdite r&#233;serv&#233; aux riverains&lt;/i&gt; jamais tu n'en avais vu tant, y r&#233;pondaient sur la zone des proclamations bien plus &#233;tranges &lt;i&gt;entr&#233;e r&#233;serv&#233;e aux enl&#232;vements stationnement r&#233;serv&#233; aux citernes soci&#233;t&#233; industrielle de diffusion aire de chargement priorit&#233; aux &#233;l&#233;vateurs&lt;/i&gt; : on vivait par blocs et de bloc &#224; bloc on roulait sans s'arr&#234;ter, peut-&#234;tre m&#234;me &#224; pied ceux du Ch&#226;teau vivaient comme &#231;a, chacun au sortir du bus une voiture dans la t&#234;te puisqu'ils roulaient &#224; droite dans l'all&#233;e pi&#233;tonne devant l'Intermarch&#233;, leur lunaire &lt;i&gt;caf&#233; de la Paix&lt;/i&gt; c'&#233;tait si bizarre au milieu de la place cette pi&#232;ce carr&#233;e et ces hommes eux immobiles viss&#233;s &#224; leurs verres quand tout autour se d&#233;pla&#231;ait,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils s'appelaient &lt;i&gt;Agaisse Ogereau Monceau Allaire Rouaud Dejoie Pabois Viollin Chaptois Brochard Pineau Perrocheau Scouarec Chenais Fauberteau Girard, vivaient rue Pequin Fiollin&lt;/i&gt; ou &#224; la Marterie et la ville sur les plans aux carrefours ressemble &#224; l'Afrique puisqu'ils mettaient du blanc autour, l'Apartheid aux Sorini&#232;res et une Lybie aux Martyrs, &#231;a faisait le Sahara &#224; Jean-Perrin et la Mauritanie au cimeti&#232;re en face du scanner, Trocardi&#232;re en Guin&#233;e et Sahraouis dans la mairie, le Nil &#233;tait cette rue comme un fil Ragon Pont rousseau par l'avenue de la Lib&#233;ration (oui &#224; pied d'un bout &#224; l'autre on avait le temps d'&#233;crire) tout au bord de l'avenue &#224; trente m&#232;tres un pont enjambait des rails et la cahute entre les grillages plus hauts qu'elle s'appelait &lt;i&gt;Centre de Jeunesse SNCF&lt;/i&gt; s&#251;r c'est ce qu'il y avait de plus vieux dans le quartier (madame Aubert assistante sociale y vient &lt;i&gt;tous les premiers jeudis du mois de 14H &#224; 15H30&lt;/i&gt; &#231;a expliquait les volets ferm&#233;s et le reste d&#233;cr&#233;pi, le beau jardin calme &#233;tait presque sauvage et personne ne se serait arr&#234;t&#233; l&#224; il y a comme &#231;a des respirations mais qui donc consultait madame Aubert), plus loin on pouvait marcher au long de la voie, les maisons vues par derri&#232;re livrent tout un bric &#224; brac et les immeubles m&#234;me ont l'air de jouets tranquilles, les l&#233;zards s'enfuyaient &#224; mesure sur les traverses et les papillons jaunes des touffes d'herbe on ne pouvait savoir si cela vous rassurait ou devait contribuer &#224; l'&#233;tranget&#233;, et venait jusqu'ici le claquement des camions au passage &#224; niveau comme la remont&#233;e r&#233;guli&#232;re du bruit au feu vert,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui aura jamais compt&#233; les fen&#234;tres du Corbusier la nuit &#231;a avait l'air bien b&#234;te cette masse sombre avec ses trois ampoules tout au-dessus, le jour c'est comme un morceau de ciel en moins et remplac&#233; par un trou ils &#233;taient habitu&#233;s sans doute,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le transformateur en tout cas ronronnait tranquillement son &lt;i&gt;Danger de mort&lt;/i&gt;, &#224; Rez&#233; m&#234;me quand le ciment y appelle il y a peu de graffiti ont-ils si peu d'int&#233;r&#234;ts pour ce qui s&#233;pare l&#224; o&#249; ils se rendent de l&#224; dont ils reviennent, pas de haine donc envers les parkings et les distances tant mieux &#231;a les regarde, sous le Corbusier les pigeons volaient &#224; l'horizontale, le courant d'air dans les pilotis c'est un artifice des vieux contes fantastiques, &#231;a soufflait comme dans une tuy&#232;re et il leur fallait supporter &#231;a tous les jours, les portes s'ouvraient toutes seules en bas sur cette station de m&#233;tro sans m&#233;tro peinte en jaune avec m&#234;me un bureau de poste mais pourquoi mise l&#224; devant les ascenseurs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enqu&#234;te sur les mots tout pr&#234;ts l&#224;-bas c'&#233;tait encore pour les pi&#233;tons ce qui ailleurs valait pour les voitures : &lt;i&gt;sont interdits dans l'immeuble le d&#233;marchage le porte-&#224;-porte les visites non-accompagn&#233;es&lt;/i&gt; du reste &#231;a changeait quoi si ce besoin d'interdire ne vient que de l'impossibilit&#233; de le faire respecter : les v&#233;los bien s&#251;r avec les Mobylette &#233;taient gar&#233;s devant la porte en plein sous le panneau stationnement interdit v&#233;los motos (avaient pourtant &#233;t&#233; pr&#233;vus pour eux ces deux hangars de t&#244;le ondul&#233;e au pied de l'immeuble, de la fente de la porte ferm&#233;e par une cha&#238;ne on voyait dans une lumi&#232;re de mus&#233;e, sur le ciment presque vide, quelques scooters et des v&#233;los sans roues ou pendus par le guidon),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la faillite totale de ce syst&#232;me, expliquait la gardienne &#224; des visiteurs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Samedi rendez-vous dans le hall vente de g&#226;teaux pour la sortie de fin d'ann&#233;e zoo de Branf&#233;r&#233;&lt;/i&gt; le Corbusier c'&#233;tait f&#233;minin pour &#233;crire &lt;i&gt;le Corbusier maternelle&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est tromp&#233; en urbanisme mais c'&#233;tait un grand architecte, expliquait la gardienne, je ne sais pas comment vous r&#233;agissez,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les poubelles faisaient, je pensais, un bruit de tonnerre quand on les tirait du monte charge et que claquaient les portes coupe-feu,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fois on est admiratif et &#224; la fois c'est insupportable, disait la gardienne &#224; ses visiteurs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les griffes des chiens ripaient sur le carrelage, du petit ascenseur il en sortait des &#233;normes : &lt;i&gt;mieux &#234;tre pour vivre bien madame mademoiselle monsieur vous sentir dynamique mais calme vous pouvez y parvenir gr&#226;ce &#224; la nouvelle di&#233;t&#233;tique faites le premier pas&lt;/i&gt;, lisais-tu dans le hall noir,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout disaient-ils on vit peut-&#234;tre mieux dans ces b&#226;timents tout &lt;i&gt;d&#233;labreux&lt;/i&gt; (et donc tordant m&#234;me les mots pour y appliquer leurs choses) il y a de l'ambiance dans les &#233;tages affirmaient-ils du Corbusier comme de leur lyc&#233;e, en traversant la cour et le voyant dans les flaques Jean-Perrin on aurait dit un train, &#231;a l'arrangeait un peu de le regarder &#224; l'envers et suspendu ainsi sur le ciel de pluie, le bruit des sonneries en tout cas ne change pas &#224; vingt ans de distance ni le bruit des voix &#224; la sortie des cours, ce qui r&#233;sonnait l&#224; soudain d'une gare qui manquait &#224; la ville : apr&#232;s le portail ils se dispersaient mais c'est vrai qu'entre-temps on entendait des rires &#231;a changeait des rues &#224; maisons (certaines heures le parking du Leclerc plus rempli que la ville, au contraire du lyc&#233;e on y est ensemble sans l'&#234;tre, c'&#233;tait peut-&#234;tre plus visible au Leclerc que dans les immeubles puisqu'ils ne promenaient pas leur appartement avec eux et juste on se croisait derri&#232;re ces chariots carr&#233;s o&#249; c'est quand m&#234;me un peu de la vie en image qu'on installe : les courses &#231;a comptait dans la semaine mais trouvez le moyen de faire autrement), &#224; Jean-Perrin ces rideaux rigides de crasse derri&#232;re les vitres des classes &#231;a faisait plut&#244;t (comme eux le disaient) la honte,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La faiblesse du Corbusier c'est la finition&lt;/i&gt;, disait la gardienne &#224; un groupe de visiteurs, &lt;i&gt;ce qui est tr&#232;s difficile c'est l'&#233;tanch&#233;it&#233; du b&#226;timent mais c'&#233;tait un visionnaire&lt;/i&gt; (repensant cet instant &#224; cette voiture du mus&#233;e Dali, visionnaire aussi, dans laquelle il pleut &#233;ternellement m&#234;me sous ciel grand bleu),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin devant le tout petit cimeti&#232;re, sur ce champ &#233;gar&#233; de mara&#238;chers (et oui tout au fond il y avait leur camion bleu vieux comme eux et deux silhouettes pench&#233;es), les carr&#233;s travaill&#233;s semblaient sur la terre l'immense reflet de l'immeuble on aurait pu d'abord pour s'en d&#233;barrasser le coucher l&#224;, derri&#232;re le mur d'o&#249; passaient des croix comme de vieux l&#233;gumes mont&#233;s en hiver et d'ailleurs &#224; Rez&#233; les cimeti&#232;res sont plein de jardiniers on avait dans le journal ce matin-l&#224; l'&#233;cho de cette profanation (mais pour manifester aussi on franchissait le fleuve et on allait &#224; la ville-m&#232;re), le cimeti&#232;re encore avec ses carr&#233;s minuscules semblait inviter l'immeuble, cent m&#232;tres plus loin ils pr&#233;paraient d&#233;j&#224; le champ de fouilles o&#249; bien plus tard on red&#233;couvrirait peut-&#234;tre ce t&#233;moin de l'orgueil (mais se moquer de leur faillite n'excuse pas de ne pas savoir quoi mieux faire aujourd'hui et le cancer des lotissements en tout cas ne rattrapait rien du b&#233;ton-vanit&#233;), rue &#201;mile-Zola de l'autre c&#244;t&#233; du cimeti&#232;re et m&#234;me si les maisons de bois avaient l'air bien coquettes les r&#233;verb&#232;res sur le trottoir r&#233;pondaient exactement &#224; l'alignement de croix sans qu'on sache quels cadavres ils marquaient et &#233;clairaient encore dans le plein jour sur le ciel gris comme eux, les coffres de granit des tombes r&#233;pondaient aux conteneurs plastiques &#224; roulettes pareillement align&#233;s des ordures et les trains passaient tout pr&#232;s on sentait le sol trembler c'&#233;tait Rez&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Famille Dupont Le Ridan Jean Roche de Yopougon Lyliane Barloteau Paul Piret Ren&#233; Bruneau Jacques Legart&lt;/i&gt; les noms qu'on apercevait &#233;taient bien les noms de la ville, de l'autre c&#244;t&#233; pour compl&#233;ter la perspective les garages &#233;taient correctement align&#233;s eux aussi, dans les villes &#233;tal&#233;es on peut tout mettre en ordre, leurs voitures ici c'&#233;tait commode pour les morts (dans cette eau noire sous le grand immeuble du Corbusier, un oiseau &#224; pourrir, la t&#234;te sous l'aile et les plumes tremp&#233;es),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait bien loin de ce &lt;i&gt;Ch&#226;teau des pauvres Noir de crasse et de sang / Aux r&#233;voltes pr&#233;vues aux r&#233;coltes possibles&lt;/i&gt; tu te souvenais d'&#201;luard, sans la crasse ni le sang Rez&#233;-Ch&#226;teau soir et matin ou surtout le dimanche on s'y promenait comme au village, ils s'asseyaient pour fumer dans les portes et tout en haut un homme tr&#232;s gros accoud&#233; semblait plus large que sa fen&#234;tre, dans cette ville &#233;tal&#233;e au rouleau &#224; p&#226;tisser appeler Ch&#226;teau leur Z.U.P. c'&#233;tait la marque d'un beau respect et non pas du seul hasard, au pied des immeubles l'odeur de goudron qu'on r&#233;pand aurait presque donn&#233; faim, au coin du mur on d&#233;couvrait qu'ils le montaient sur le toit, au bout d'une corde, dans une marmite fumante, levant vers le ciel leurs casques de plastique bleu pour la suivre et se r&#233;pandant donc le bitume sur la t&#234;te,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui vraiment alors Ch&#226;teau comme d'en avoir &#233;crit au sol une &#224; une les lettres mais en braille pour un g&#233;ant explorant de la terre la ruine avec le doigt et pour raconter comment &#224; cette &#233;poque on ne savait rien faire de ce monde &#224; nous donn&#233;, en tout cas rien de mieux que cette &#233;criture en gros b&#226;tonnets o&#249; tant de gens en profitaient pour vivre dans les lettres, par une fen&#234;tre ouverte Renaud chantait &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; tu m'auras pas&lt;/i&gt; : &#231;a devait aussi vouloir dire quelque chose la musique en rideau jet&#233;e si fort de l'immeuble calme, le bruit en plus d'une cocotte minute &#224; feu doux n'allait pas si mal avec : &lt;i&gt;UN SPECTRE HANTE L'EUROPE&lt;/i&gt; sur une affiche d&#233;chir&#233;e coll&#233;e l&#224; sur un pyl&#244;ne les mots semblaient incarner pour toujours ce qu'on avait de toute fa&#231;on manqu&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on partait du Ch&#226;teau vers ce qui te semblait toujours le nord mais c'&#233;tait le contraire, on suivait l'indication &lt;i&gt;D&#233;chetterie&lt;/i&gt; le mot faisait propre jusqu'&#224; &lt;i&gt;Sauve-qui-peut Marine&lt;/i&gt; apr&#232;s &lt;i&gt;Number One Auto-&#201;cole&lt;/i&gt;, on dirait toujours que cette ville o&#249; elle ne bute pas sur l'eau s'&#233;tale sans que rien puisse l'arr&#234;ter : les Sorini&#232;res pas plus qu'un autre quartier m&#234;me si eux disaient que c'&#233;tait une autre ville, le journal ramassait tout &#231;a dans Sud-Loire comme eux ramassaient tout ce qu'ils ne savaient pas appeler autrement dans leur &lt;i&gt;Atout Sud&lt;/i&gt;, heureusement tous ces paquets de t&#244;les sur la vase remblay&#233;e des anciens lits du fleuve seraient balay&#233;s plus vite que le Corbusier, au Leclerc on &#233;tait quinze &#224; prendre de l'essence comme au d&#233;part d'une course et la ville ensuite &#233;tait plus rassurante, &#224; mesure qu'on approche de l'eau tout est enfin un peu de travers et d'abord les escaliers de fer, les maisons s'appuyant les unes sur les autres quand les pavillons m&#234;me s'ils se touchent n'y arrivent pas,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; Trentemoult les noms continuaient &lt;i&gt;chez Paulette caf&#233; Jupiter&lt;/i&gt; et personne ne s'&#233;tonnait du collage, au coin &lt;i&gt;Tout se loue de la b&#233;tonni&#232;re &#224; la petite cuill&#232;re&lt;/i&gt;, les panneaux bleus des impasses se succ&#233;dant o&#249; partout paraissait la coul&#233;e noire de l'eau entre ses pilotis qui justement aurait permis de s'&#233;chapper, &lt;i&gt;rue du Passage&lt;/i&gt; &#231;a aurait pu &#234;tre le nom de toutes les rues de la ville il fallait arriver &#224; celle-ci pour y penser et chaque mur tendait pour toi des mots comme &#224; un concours dont tu serais le juge : &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; nantaise d'agr&#233;gats sable de Loire ou pris sous tr&#233;mie livr&#233; &#224; domicile&lt;/i&gt; c'&#233;tait bien commode pour les gens sans doute puis &lt;i&gt;d&#233;coupe traitement sciage rabotage ouvert &#224; tous&lt;/i&gt; rue de l'Houmaille &#231;a effrayait un peu, le plaisir qu'on a apr&#232;s les immeubles &#224; venir tra&#238;ner au pays des camions mais c'&#233;taient les m&#234;mes sans doute qui le soir descendaient en groupe des bus au Ch&#226;teau,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On roulait sur les lani&#232;res de fer qui maintiennent les grumes d&#233;bit&#233;es cela claquait sous les roues (tandis qu'ils vous portaient au-dessus de la t&#234;te ces b&#226;tons magnifiques), le Port au bois avec ses &#233;talements, quartiers et empilements ressemblait bien s&#251;r &#224; la ville mais c'&#233;tait le contraire : les deux ports coexistaient celui des pavillons et celui des grumes, avec leurs gros engins c'&#233;tait un jeu d'enfant, la nuit quand ils en avaient fini du bois, de venir changer les maisons de place : cela expliquait autant et autant de pavillons si c'&#233;tait tellement rigolo de se d&#233;couvrir au matin de nouveaux voisins,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin dans la ville sans rep&#232;res et disloqu&#233;e il y avait donc quand m&#234;me un bout du monde, quand on lisait &lt;i&gt;Bois des trois ports&lt;/i&gt; c'&#233;tait enfin le d&#233;part du voyage et &lt;i&gt;rue de la Californie&lt;/i&gt; pour y atteindre ce n'&#233;tait pas mal choisi, &lt;i&gt;North House&lt;/i&gt; c'&#233;tait &#224; cause de Dickens bien s&#251;r et de la Tamise comme &lt;i&gt;Dubigeon&lt;/i&gt; en face qu'on aurait pu croire tout sorti d'un tr&#232;s ancien r&#234;ve, assemblage en tout cas de l'eau, des briques et des hangars dont on aurait pris connaissance tellement longtemps avant de le d&#233;couvrir maintenant (tout un soir tu avais regard&#233; tomber les lumi&#232;res) et voil&#224;, ces r&#234;ves construits, ce qu'une ville laisse &#224; l'abandon au profit des pavillons gras ah gardez donc tout en l'&#233;tat on finissait par buter, sur l'eau d'abord et le cul-de-sac ensuite, les derniers mots tout au bout c'&#233;tait &lt;i&gt;Ralentir entrez lentement attention chiens en libert&#233;&lt;/i&gt; tout &#231;a comme d'habitude sur le m&#234;me panneau c'est le mot &lt;i&gt;Libert&#233;&lt;/i&gt; qui g&#234;nait : il s'agissait de garder d'immenses bonbonnes crasseuses ce n'&#233;tait ni du p&#233;trole ni de l'essence mais du vin, peut-&#234;tre un tuyau souterrain les reliait au &lt;i&gt;caf&#233; de la Paix&lt;/i&gt;, expliquait et les hommes si longtemps immobiles dans la salle si sombre le soir, et cet amour des grands mots convoqu&#233;s l&#224;-bas et ici pour le pinard : &lt;i&gt;il faut boire pour le croire&lt;/i&gt; &#233;crit sur le plus gros silo et c'&#233;tait tr&#232;s s&#233;rieux mais personne &#224; Rez&#233; ne faisait mine de l'avoir jamais remarqu&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le pont toujours qui tendait ses bras inachev&#233;s au-dessus de la grande centrale thermique et la d&#233;signait comme le compl&#233;ment exact mais r&#233;ussi du Corbusier qu'on apercevait encore, la centrale et l'immeuble tendant l'un vers l'autre leurs deux blocs noirs et sym&#233;triques comme le double &#233;lancement du b&#233;ton si haut sur le fleuve : et c'est peut-&#234;tre parce que le pont n'arrivait pas &#224; se rejoindre que tout prenait soudain son &#233;vidence, la centrale qu'attendaient-ils pour en faire la cath&#233;drale magnifique o&#249; rassembler leur quatre &#233;glises affreuses et trop basses pour percer la toile indiff&#233;rente des maisons (le Ch&#226;teau seul vivant sans clocher) : la centrale ce soir &#233;tait belle, avait m&#234;me morte des airs d'un Beaubourg imposant, massif de silence o&#249; quelque part dans l'immense biblioth&#232;que qu'elle recelait s&#251;rement &#233;tait la r&#233;ponse &#224; la question g&#233;n&#233;rale, il aurait suffi de chercher mais on ne vous laissait pas rentrer j'ai essay&#233;, sur une &#233;tag&#232;re dans le grand b&#226;timent on aurait m&#234;me pu ranger le Corbusier c'&#233;tait le troisi&#232;me moyen de s'en d&#233;barrasser : &lt;i&gt;radieuse&lt;/i&gt; vraiment l'image du pont (bien s&#251;r ils le laisseraient inachev&#233; &#224; jamais comme il &#233;tait ces jours-ci, deux bras qui voudraient s'&#233;treindre comme dans les films par dessus les rives) quand, le soir &#224; sa fin, la boule rouge du soleil semblait rouler sur son arche manquante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rez&#233;, juin 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>hommage Gustave Le Gray, photographier la mer</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article87</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article87</guid>
		<dc:date>2017-11-17T14:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Gustave Le Gray</dc:subject>
		<dc:subject>Hiroshi Sugimoto</dc:subject>
		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;les vagues et la photographie via Courbet, Le Gray, Sugimoto et d'autres&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;photo&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot196" rel="tag"&gt;Gustave Le Gray&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot197" rel="tag"&gt;Hiroshi Sugimoto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton87.jpg?1352732049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;i&gt;compl&#233;ment du 15 mars 2014&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; j'ai du mal &#224; m'habituer &#224; l'id&#233;e que ce site commence &#224; ressembler &#224; son propre r&#234;ve, articles qui peuvent ici &#233;voluer depuis 8 ans... avec la nouvelle exp&#233;rience du &lt;a href=&#034;http://cergyland.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;studio d'&#233;criture Cergy&lt;/a&gt;, les questions images et art prennent une part plus importante, et le site est pr&#234;t &#224; le refl&#233;ter mieux... Alors ce billet repasse en Une pour inaugurer cette r&#233;activation.&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;compl&#233;ment du 20 octobre 2007&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; plus de 4570 personnes sont venues visiter mes photographies de vagues, avec hommage &#224; Gustave Le Gray... L'expo Courbet, dont la &lt;i&gt;Vague&lt;/i&gt; vaut bien &lt;i&gt;L'Origine du monde&lt;/i&gt;, a contribu&#233; &#224; r&#233;veiller cette page, d'o&#249; le fait que je la repasse en Une, puisque l'avantage de &lt;a href=&#034;http://www.spip.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;spip&lt;/a&gt;, par rapport aux blogs tout faits, c'est qu'on peut &#233;viter le principe de la &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article749' class=&#034;spip_in&#034;&gt;fosse &#224; bitume&lt;/a&gt;....&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;note du 1er juillet 2006&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; c'est l'article n&#176; 87 de ce blog|journal, mis en ligne le 18 avril 2005. Je d&#233;couvre que 2285 personnes &#224; ce jour y ont consacr&#233; plus d'une minute. Aussi, c'est de saison, et c'est le bon souvenir de l'atelier en ligne &lt;a href=&#034;http://expositions.bnf.fr/lamer/ecrire/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;crire la mer&lt;/a&gt; r&#233;alis&#233; avec la BNF, et ne manquez pas d'aller visiter le dossier (magnifiques galeries virtuelles concernant les temp&#234;tes) de l'expo &lt;a href=&#034;http://expositions.bnf.fr/lamer/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La mer&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Gustave Le Gray | photographier les vagues&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;D'abord ce passage &#233;tonnant de Zola parlant de &lt;i&gt;La Vague&lt;/i&gt; de Courbet :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;La &lt;i&gt;Vague&lt;/i&gt; fut expos&#233;e au Salon de 1870. Ne vous attendez pas a quelque oeuvre symbolique, dans le go&#251;t de Cabanel ou de Baudry : quelque femme nue, &#224; la chair nacr&#233;e comme une conque, se baignant dans une mer d'agate. Courbet a tout simplement peint une vague, une vraie vague d&#233;ferlant sans se laisser d&#233;courager, sans se soucier des rires qui accueillaient ses toiles, du d&#233;dain ironique des amateurs. On le raillait, on l'appelait le peintre n&#233;buleux, on feignait de ne pas comprendre dans quel sens il fallait prendre ses tableaux. Puis un beau jour on s'avisa que ces pr&#233;tendues esquisses se distinguaient par un m&#233;tier des plus d&#233;licats, qu'il y avait beaucoup d'air dans ses tableaux ; qu'ils rendaient la nature dans toute sa v&#233;rit&#233;. Et les clients afflu&#232;rent dans l'atelier de l'artiste ; ils l'ont tellement surcharg&#233; de travail vers la fin qu'il lui a fallu en partie donner de l'ouvrage b&#226;cl&#233;. Je ne connais pas d'exemple plus frappant de la peur que ressent le public devant tout talent neuf et original, et du triomphe in&#233;vitable de ce talent original pour peu qu'il poursuive obstin&#233;ment ses buts.&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_71 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L350xH281/G.Courbet-La_Vague-datum_onbekendPS-c2c1d.jpg?1749146948' width='350' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Je me souviens avoir vu la &lt;i&gt;Vague&lt;/i&gt; de Courbet pour la premi&#232;re fois (en vrai) &#224; Berlin, en 1988, presque vis-&#224;-vis du mur, dans le petit mus&#233;e d'art moderne pr&#232;s de la Philarmonie. Un mur, qui vous attrape comme en vous poussant dans le dos pour vous assommer directement contre la toile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'expo &lt;a href=&#034;http://expositions.bnf.fr/lamer/pedago/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La mer, terreur et fascination&lt;/a&gt; de la BNF, en octobre, Arnaud Laborderie m'avait fait d&#233;couvrir ces travaux des pr&#233;curseurs de la photo, comme si la mer, infiniment fluctuante d&#233;fiait leur r&#233;volution photographique, qui pr&#233;tend fix&#233; l'instantan&#233;, en les contraignant &#224; ce que l'instantan&#233; redevienne dur&#233;e. Magnifiques, les vagues de &lt;a href=&#034;http://expositions.bnf.fr/legray/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gustave Le Gray&lt;/a&gt;, que depuis j'ai toujours en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_75 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L362xH289/338-1bc17.jpg?1749146948' width='362' height='289' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je pensais &#224; tout &#231;a dimanche dernier, avec mon petit Olympus num&#233;rique de rien du tout, en me demandant comment s'y prendre et quoi photographier, le blockhaus demi immerg&#233;, du sable ou pas de sable, et cette fichue ligne d'horizon, que Hiroshi Sugimoto nous met arbitrairement &#224; la moiti&#233; de l'image, o&#249; est-ce que moi je dois la positionner ? Et l'absence de couleur, chez Sugimoto, &#231;a change quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_76 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L250xH196/ph1994.144.8.R-4bfcf.jpg?1749146948' width='250' height='196' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui me fascine l&#224; qui vient de l'enfance, marcher, penser, et la permanence du bruit, avec parfois d'autres phrases qui se greffent, comme celle de Rabelais sur la &lt;i&gt;Vague decumane. Grande, forte, violente. Car la dixiesme vague est ordinairement plus grande en la mer Oceane que les autres.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'installe ici des carr&#233;s d'eau. Ce n'est pas de la photographie. Pour apprendre &#224; mieux respecter ce qu'en font les photographes ? Au retour de cette ballade plage (j'ai surtout gard&#233; une s&#233;rie de blockhaus immerg&#233;s), j'ai effac&#233; 40 ou 50 des images num&#233;riques pour n'en garder qu'une poign&#233;e. Mise en ligne telle quelle, depuis le petit appareil num&#233;rique bas de gamme, et sans retouche d'image.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_579 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/vague_1.jpg?1192994655' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/vague_2.jpg?1192994672' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_581 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/vague_3.jpg?1192994689' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_582 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/vague_4.jpg?1192994704' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.tierslivre.net/spip/IMG/rtf/Michelet_Mer.rtf" length="832313" type="application/rtf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philippe Cogn&#233;e, 1 | l'atelier ressemble au peintre</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3833</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3833</guid>
		<dc:date>2015-08-18T07:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>coup de projo</dc:subject>
		<dc:subject>Cogn&#233;e, Philippe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;immersion dans la fabrique d'un des plus stup&#233;fiants sauts contemporains dans la repr&#233;sentation de la ville, toutes disciplines confondues&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour entrer dans l'&#233;tonnante pr&#233;sence d'un grand peintre de la ville et son imaginaire&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;arts&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot769" rel="tag"&gt;coup de projo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot832" rel="tag"&gt;Cogn&#233;e, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3833.jpg?1388822170' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Longtemps que je connais le travail de Philippe Cogn&#233;e, et le reconnais pour un des plus centraux, d'une approche qui ne concerne pas que les peintres, mais tout notre rapport &#224; la r&#233;alit&#233; urbaine, non pas la question m&#234;me d'une figuration ou de la r&#233;alit&#233;, mais notre plein rapport &#224; l'imaginaire dans la moindre parcelle du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je ne connaissais (un peu) du travail de Philippe Cogn&#233;e que ce qui faisait intersection avec le mien : il a &#233;t&#233; des premiers &#224; prendre pour &lt;i&gt;motif&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;sujet&lt;/i&gt; (il accepte le vocabulaire de la haute tradition des peintres) les immeubles des bords de ville, puis les int&#233;rieurs de supermarch&#233;s, et d&#232;s 2006 &#224; travailler &#224; partir des images abstraites que fournit des villes Google Earth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de Philippe Cogn&#233;e tient aussi &#224; sa technique (une de ses techniques, mais quand m&#234;me la technique principale, tout ce que je d&#233;couvrirais hier en meilleur d&#233;tail, depuis les premi&#232;res toiles avec arrachements &#224; la pioche ou grav&#233;es &#224; la tron&#231;onneuse dans l'&#233;paisseur de la peinture), technique qu'il perfectionne, utilise quasiment lui seul et qui &#224; rebours donne signature &#224; son travail : l'utilisation de la cire d'abeille au lieu de l'huile, avec les m&#234;mes pigments qu'il &#233;chafaude lui-m&#234;me, et lorsque cette premi&#232;re &#233;tape est stable, appliquer un film plastique transparent sur la toile c'est-&#224;-dire une fois recreus&#233;e, racl&#233;e, r&#233;-&#233;paissie, revenir en force sur la toile avec un fer qui va contraindre la cire &#224; des fusions, des cin&#233;tiques, des glacis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Cogn&#233;e &lt;a href=&#034;http://chambord.org/evenement/philippe-cognee-chambord/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;expose &#224; Chambord&lt;/a&gt; en mai prochain, et comment se d&#233;filer de la proposition (merci Yannick Mercoyrol) d'accompagner le catalogue ? Alors immersion de six heures dans l'atelier, bloc et crayon en main. Il y aura &#224; Chambord quelques-uns de ces Google Earth embl&#232;mes, et tout un travail en cours sur les paysages vus du TGV, un autre &#224; partir des carcasses de Rungis, mais toujours la m&#234;me passion &#224; l'architecture, la construction, les formes, et ce flux violent de la pr&#233;sence des toiles remplies plein cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours ce grand trouble &#224; croiser soudain le chemin de quelqu'un de son &#226;ge, avec tant de croisements et diff&#233;rences dans les lectures, les voyages, et &#8211; quand c'est le peintre &#8211; se d&#233;placer dans la grande cavit&#233; du travail int&#233;rieur qu'est l'atelier, la joie physique qu'ont les peintres &#224; cette &#233;nergie premi&#232;re, d&#232;s la fabrication du cadre (pour Philippe, bois viss&#233; sur une solide armature d'aluminium, puis la toile encoll&#233;e), la fa&#231;on dont il vous fait sentir l'odeur des diff&#233;rentes cires qui sont sa mati&#232;re de base, et les &#233;bauches, les rages et reprises, le travail aussi qui fuit et qu'on d&#233;truit &#8211; tout ce qui nous donne &#224; nous-m&#234;me comme une amplification de ce qu'on ne sait jouer qu'&#224; &#233;chelle d'une page.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence m&#234;me des outils, et comment l'atelier lui-m&#234;me semble le vortex pr&#233;paratoire &#224; la toile. Ou les greniers et &#233;tag&#232;res et entrep&#244;t des archives (quand pour un auteur 30 ans de boulot parall&#232;le tout tient en un petit disque dur qui tient dans la poche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour entamer l'&#233;criture, ce dont il faudra se lester aussi de couleurs, de vertiges &#8211; les tours folles de Tel Aviv ou ces tours et banques de Hong Kong qui disent toute la d&#233;composition et le danger potentiel d'un monde en d&#233;rive, les &#171; portraits de maison &#187; des plus humbles via des captures Google Street View des rues de Mexico, la suspension d'un projet de vitrail, la qualit&#233; tout simplement de l'accueil...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-01.jpg?1388822285' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4709 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-02.jpg?1388822285' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4710 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-03.jpg?1388822286' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4711 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-04.jpg?1388822286' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-05.jpg?1388822286' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4713 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-06.jpg?1388822286' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4714 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-07.jpg?1388822286' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-08.jpg?1388822286' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4718 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-cire.jpg?1388823121' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4719 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-fer-2.jpg?1388823121' width='500' height='348' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4716 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-09.jpg?1388822286' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4717 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/philippe-cognee-10.jpg?1388822286' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chevaign&#233; des objets (et 40 mercis)</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4036</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4036</guid>
		<dc:date>2014-10-02T07:01:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>audio &amp; video</dc:subject>
		<dc:subject>ateliers d'&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>lectures, performances</dc:subject>
		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;quand toute une ville s'approprie un livre (plus l'auteur avec)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique127" rel="directory"&gt;autres r&#233;cits &amp; fictions web&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;audio &amp; video&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;ateliers d'&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot299" rel="tag"&gt;lectures, performances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton4036.jpg?1412193455' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/XL5cw1y0uBg?list=UUyhmq2FXs8JxwkFLUgQ2n4w&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore 2 ans, Chevaign&#233; pour moi c'&#233;tait une indication sur un panneau juste avant Rennes, avant Betton, quand on revenait du Mont Saint-Michel ou de Saint-Malo, avant de retrouver la rocade et l'autoroute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis on s'est retrouv&#233; un jour avec ceux de Chevaign&#233; au buffet de la gare de Tours, un samedi midi, et la surprise d'avoir devant moi deux &#233;lus de l'&#233;quipe d'alors (Jean-Yves Leray et Val&#233;rie Raccap&#233;, conversation dense et ouverte &#8211; presque une d&#233;finition &#224; construire d'un &lt;i&gt;urbanisme humaniste&lt;/i&gt; comme on dit &lt;i&gt;humanisme num&#233;rique&lt;/i&gt; ?), qui me racontaient le festival tenu une premi&#232;re &#233;dition autour de Ren&#233; de Obaldia. Alors le voyage a commenc&#233;, relay&#233; par Philippe &#201;chard et Olivier Delatouche &#8211; puisque d&#233;sormais sous forme associative &#8211; pour aboutir &#224; ces trois jours des &lt;a href=&#034;http://adec-theatre-amateur.fr/spectacles-troupes/festival-les-envolees-de-lillet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Envol&#233;es de l'Illet&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux pas dire que je n'avais pas peur : un livre comme mon &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique69' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Autobiographie des objets&lt;/a&gt;, une fois paru, appartient &#224; ses lecteurs. Qu'on se l'approprie est d&#233;j&#224; un bel honneur. Qu'on s'en serve de support pour des ateliers d'&#233;criture, de la maternelle &#224; l'&#233;cole d'ing&#233;nieur, en passant par le coll&#232;ge de Combourg et bien s&#251;r par la biblioth&#232;que de Chevaign&#233;, mon r&#244;le je l'imagine de suite comme celui qui vient proposer les ateliers, et on ne me le demandait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, ce qui me fichait un peu la trouille, c'&#233;tait de se voir rendre (enfin, mon boulot) un hommage portant sur l'ensemble. Ainsi, dans cette &#233;tonnante premi&#232;re soir&#233;e dont moi seul n'avais pas eu le conducteur, et pas d'autre instruction que la proposition de lire 3 textes d'une dur&#233;e maximum de 5 minutes (j'ai choisi &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2591' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Binet&lt;/a&gt;, Ponge, et &lt;i&gt;L'espace ant&#233;rieur&lt;/i&gt; de Jean-Loup Trassard qui habite tout pr&#232;s m&#234;me si ce n'est pas cela qui motivait le choix), j'entendais des extraits lus de mes propres bouquins parmi d'autres extraits de Jean Rolin ou Echenoz, et la surprise de voir le fr&#232;re d'armes Jacques Josse pr&#233;sent pour lire un extrait de &lt;i&gt;Prison&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#232;s cette premi&#232;re soir&#233;e, comme un genre de d&#233;calage syst&#233;matique avec les usages plantes vertes carafes d'eau tables rondes de la tradition litt&#233;raire (morte) : sur sc&#232;ne trois racleurs &#233;m&#233;rites de guitare, dont Roger Conan et Pascal Perr&#233;e du groupe Jaywalkers, rejoints par Pierre Ketels (qui nous a servi entre autres magnifique &lt;i&gt;Gimme Shelter&lt;/i&gt;). Demande &#224; eux faite par Philippe Echard, chef d'orchestre de ces trois jours, de ponctuer chaque lecture par un d&#233;but de ces chansons de Dylan, Led Zep, Stones qu'on a tous en t&#234;te. Philippe &#233;tait-il conscient de la difficult&#233; de l'exercice ? Il &#233;baucherait un vague sourire sans r&#233;pondre. Mais chapeau, parce que chaque fois, une des guitares se chargeant de la voix chant&#233;e, la Guild acoustique de Conan posant la grammaire, c'&#233;tait une vraie re-cr&#233;ation, comme on r&#233;entend ces musiques de loin, et bien s&#251;r &lt;i&gt;Jumping Jack Flash&lt;/i&gt; d&#233;barquant apr&#232;s lecture du d&#233;but de ma bio Stones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, sur cette page aux 40 mercis, je mets en haut le point final de ces 3 jours : le concert en plein air, dans les lumi&#232;res de fin d'apr&#232;s-midi, des 5 Jaywalkers, et c'est eux qu'on retrouve en t&#234;te des 40 images, qui ensuite viennent de fa&#231;on strictement chronologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que c'&#233;tait aussi cela, la difficult&#233; : il me fallait me cantonner souvent &#224; &#234;tre spectateur. Olivier Delatouche, pour la mise en sc&#232;ne de trois s&#233;quences de &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, avec contrepoint int&#233;rieur du &lt;i&gt;Retournement&lt;/i&gt; de Fr&#233;d&#233;ric Lordon avec clown blanc &#224; la Karl Valentin, ne m'avait en rien sollicit&#233; pour montage ni mise en sc&#232;ne. Pas plus qu'Eric Houguet pour sa d&#233;construction, dans la salle du patronage toutes ouvertures d&#233;mont&#233;es, remplies des objets apport&#233;s par les habitants eux-m&#234;mes, dans une fabuleuse brocante imaginaire, n'avait &#233;chang&#233; sur la proposition, la forme, le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans les photos manquent aussi bien s&#251;r les moments o&#249; &#8211; quand m&#234;me &#8211; c'&#233;tait &#224; moi de faire le travail : une heure en solo dans la tr&#232;s belle P&#233;niche Spectacle venue s'amarrer sur le canal face &#224; la scierie de Chevaign&#233;, une rencontre qui serait un voyage impr&#233;vu dans les textes &#233;crits avec Yasmina Delatouche par les 3&#232;me de Combourg, avec ces merveilles d'embo&#238;tements et secrets, ou la rencontre du dimanche matin sur la mutation num&#233;rique de l'&#233;crit, le plaisir d'y retrouver Christian Ryo de &lt;a href=&#034;http://www.livrelecturebretagne.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Livre et Lecture Bretagne&lt;/a&gt; pour une synth&#232;se droite et &#233;tonnante, et l'&#233;quipe au complet de la biblioth&#232;que de l'INSA, l'&#233;cole d'ing&#233;nieur de Rennes, sur leur utilisation des ressources num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manque ce fil rouge reliant les diff&#233;rents lieux de spectacle, lecture, expo ou rencontre, avec les textes des ateliers accroch&#233;s tout au long (mise en page et pr&#233;paration Sinje Starck), et les photos que j'ai faites des gens arr&#234;t&#233;s un instant pour s'y plonger, si souvent, si souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manque aussi la chambre o&#249; j'ai dormi 2 nuits dans cet &lt;i&gt;&#233;co-hameau&lt;/i&gt; avec mise en commun des utilit&#233;s et ressources, ou &#8211; en place de pelouse &#8211; du potager dans sa splendeur d'automne. Manque l'accueil dans le bistrot ouvrier entre &#233;glise et mairie, et sa terrasse ensoleill&#233;e, Aux Petits Oignons (nous le f&#251;mes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la liste des &#233;tonnements :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une ville encore marqu&#233;e par son contexte rural, au bord d'une m&#233;tropole gigantesque, a-t-elle les moyens de d&#233;velopper une politique culturelle de proximit&#233; ? Le d&#233;fi relev&#233; ici &#224; partir de micros-&#233;quipements soign&#233;s : la biblioth&#232;que, l'&#233;cole de musique (qui sera mise &#224; contribution), et surtout un tissu associatif multiple. Mais une implication directe de l'&lt;a href=&#034;http://www.ville-chevaigne.fr/articles.php?ref=7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;quipe municipale&lt;/a&gt; (merci particulier au maire Sandrine Vincent de sa permanente pr&#233;sence et &#233;nergie plus confiance) &#8211; on est tellement &lt;i&gt;d&#233;shabitu&#233;&lt;/i&gt; de cela, qui pourrait pourtant sembler &#233;l&#233;mentaire. J'ajoute qu'ici les rues de lotissements neufs portent des noms de film (je dormais &lt;i&gt;Rue Jour de f&#234;te&lt;/i&gt; &#224; c&#244;t&#233; de la &lt;i&gt;Rue des Enfants du Paradis&lt;/i&gt;), et que la salle du conseil municipal, avec Marianne de bois command&#233;e &#224; un sculpteur du bourg et photo pr&#233;sidentielle au-dessus de l'armoire (&#171; &#192; cause du pr&#233;c&#233;dent &#187;, vous dit-on dans un demi-sourire) avait &#233;t&#233; confi&#233;e aux Envol&#233;es et totalement accapar&#233;e, objets encore, par les robots de Philippe Gall, voir site du collectif &lt;a href=&#034;http://emiliegodard.blogspot.fr/2011/05/marche-enchantenay-1415-mai-2011.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les enfants du Brok&lt;/a&gt; ou celui du &lt;a href=&#034;http://collectif-robotig.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=49&amp;Itemid=27&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collectif Robotig&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des moments vraiment troublants, ainsi, dans la performance th&#233;&#226;tre d'Eric Houguet et son &lt;a href=&#034;http://www.anpad.fr/pages/kkkik.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Th&#233;&#226;tre des op&#233;rations&lt;/a&gt; avec Sophie Lequenne et J&#233;r&#233;my Colas, ce rebond de la fin o&#249; ils reconstituaient gestuelle et oralit&#233; de ce moment o&#249; les habitants leur avaient confi&#233; ces objets et l'histoire de ces objets. Merci aux deux acteurs et &#224; l'&#233;quipe d'Eric.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; troublant et beau, aussi, la vid&#233;o conclusive de la soir&#233;e d'ouverture, J&#233;r&#244;me Pellerin sous son nom d'artiste Lee J Miller, m&#234;lant le questionnement de la ville (&#224; partir des &lt;i&gt;Sympt&#244;mes de ruine&lt;/i&gt; de Baudelaire sur images des cit&#233;s rennaises et les parkings de l'usine Citro&#235;n de La Janais, que j'avais visit&#233;e avec mes parents lors de la sortie de la GS en 1966, un po&#232;me sur eau et &#233;cluses &#8211; &#224; partir d'une phrase issue de mes propres &#233;cluses, jou&#233;e et dans&#233;e sur le canal de Chevaign&#233; &#8211;, et une r&#233;flexion d&#233;construisant d'autres s&#233;quences de mots sur l'id&#233;e du chant &#233;lectrique), dont j'esp&#232;re bien qu'au moins la partie canal et &#233;cluse continuera son chemin vers un film autonome &#8211; voir pr&#233;sentation sur &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/pages/Festival-culturel-Les-Envol%C3%A9es-de-lIllet/697084677015663?hc_location=timeline&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Facebook du festival&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; manque le th&#233;&#226;tre d'impro du Th&#233;&#226;tre de la Mite, histoires jou&#233;es en pleine rue &#224; partir des objets propos&#233;s par les enfants pr&#233;sents, manque le spectacle &lt;i&gt;Papiers&lt;/i&gt; (et les objets qu'en remportaient les spectateurs) propos&#233;s par Anne Pia. Manque le ballet incessant et efficace des volontaires pour toute cette micro-logistique pour que tout fonctionne sans faille, manque la table de livres propos&#233;e par GarganMots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour finir, un hommage personnel aux enseignants, maternelle, primaire, coll&#232;ge qui ont permis dans la biblioth&#232;que cette installation &#224; hauteur de main des &#233;crivains de leur public, tout simple mais dans une lumi&#232;re chaleureuse qui transformait le rapport aux mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boulot de fond, boulot essentiel. Et &#231;a fait du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_5429 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-01b.jpg?1412195237' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5400 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-02.jpg?1412193170' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5401 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-03.jpg?1412193170' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-04.jpg?1412193170' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-05.jpg?1412193170' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5404 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-06.jpg?1412193170' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5405 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-07.jpg?1412193170' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-08.jpg?1412193170' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-09.jpg?1412193170' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5408 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-10.jpg?1412193171' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-11.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-12.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5411 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-13.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5412 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-14.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-15.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5414 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-16.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5415 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-17.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5416 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-18.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5417 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-19.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5418 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-20.jpg?1412193262' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5419 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-21.jpg?1412193338' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5420 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-22.jpg?1412193339' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5421 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-23.jpg?1412193339' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5422 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-24.jpg?1412193339' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5423 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-25.jpg?1412193339' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5424 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-26.jpg?1412193339' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5425 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-27.jpg?1412193339' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-28.jpg?1412193339' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-29.jpg?1412193339' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5428 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-30.jpg?1412193339' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5430 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-31.jpg?1412230821' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-32.jpg?1412230821' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5432 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-33.jpg?1412230821' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5433 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-34.jpg?1412230821' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5434 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-35.jpg?1412230821' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5435 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-36.jpg?1412230822' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5436 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-37.jpg?1412230822' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5437 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-38.jpg?1412230822' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5438 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-39.jpg?1412230822' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5439 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-40.jpg?1412230822' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5440 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-41.jpg?1412230822' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5441 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-42.jpg?1412230822' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-43.jpg?1412230822' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-44.jpg?1412230822' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5444 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chevaigne-45.jpg?1412233695' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dominique Pifar&#233;ly | duo avec &#233;chelle et violon</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2781</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2781</guid>
		<dc:date>2014-02-03T21:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Dominique Pifar&#233;ly</dc:subject>
		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;r&#233;p&#233;tition &#224; Lieu Unique, le 18 janvier dernier&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Bon &amp; Pifar&#233;ly&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Dominique Pifar&#233;ly&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2781.jpg?1352733776' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;strong&gt;note du 04 f&#233;vrier 2014&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Le disque qui para&#238;t de Dominique Pifar&#233;ly avec son ensemble D&#233;dales est extraordinaire de tenue, compacit&#233;, densit&#233;. Lire sur son site : &lt;a href=&#034;http://pifarely.net/wordpress/?p=11933&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Time Geography&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;Pour nous, pas de lecture en vue sur l'agenda &#8211; c'est un vrai pincement. On a d&#233;cid&#233; de passer outre : au mois de mai on se filmera en action, probablement dans un lieu qui nous tient &#224; coeur, l'ancienne gare de Saint-Saviol au sud de Poitiers, et diffusion sur YouTube, r&#233;al. Joachim Bon. Pas d'autre issue d&#233;sormais que de prendre nous-m&#234;mes &#231;a en main.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;note du 18 janvier 2013&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Tiens, c'&#233;tait y a pile un an... Personne ne parlera jamais de ce massacre silencieux, la fin de toutes ces prestations qu'avaient encore la possibilit&#233; d'offrir, ces derni&#232;res ann&#233;es, les &#233;tablissements culturels &#8211; d&#233;sormais r&#233;duits &#224; la portion congrue, tout le budget mang&#233; par les frais de structure et masse salariale interne. L&#224; avec Pifar&#233;ly on a 2 &#233;v&#233;nements programm&#233;s pour toute l'ann&#233;e c'est tout... Et combien pour un artiste pourtant c'est l&#224; que se noue la proximit&#233;, l'&#233;change et le contact direct, trace qui demeure ensuite des ann&#233;es. En tout cas rendez-vous &#224; Suresnes le 26 avril, avec Dominique et Philippe De Jonckheere pour &lt;i&gt;Contre&lt;/i&gt;, performance unique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nantes, Lieu Unique, le 18 janvier, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2116' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Une travers&#233;e de Buffalo&lt;/a&gt; en duo avec Dominique Pifar&#233;ly.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, nouvelle s&#233;lection de textes, modifications pour la lecture, pr&#233;paration du fonds image sur KeyNote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'&#233;tait retrouv&#233;s &#224; Saint-Pierre des Corps, et cause suicide le train &#233;tait arriv&#233; avec 2 bonnes heures de retard. Accueillis dans la salle par impeccable &#233;quipe de techniciens, tous les c&#226;bles d&#233;j&#224; pos&#233;s pr&#234;ts &#224; &#234;tre reli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut dire, de 15h &#224; 19h, ce que Dominique a &#233;t&#233; le premier &#224; m'apprendre, pr&#233;paration de l'un vers l'autre. Autant on a appris &#224; se causer (un peu, parce pas s&#251;r que tant besoin), autant dans ces heures on ne se dit pas trois mots. Je fais des &#233;tirements, dans la t&#234;te et dans les bras. Lui, il pr&#233;pare ses sons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, sur ordinateur, la conjonction de Max/MSP et de Ableton/Live. Apparemment, dans ce qu'on entend, avec une boucle de changement d'effets al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai deux &#233;coutes. Dans le temps du /spectacle/concert/lecture/ ? une &#233;coute &#233;videmment dense, mais physique autant que mentale. Par exemple, besoin qu'il soit dans mon champ de vision, m&#234;me si probablement rien &#224; voir que percevoir ce qui s'amorce par le corps et l'archet. Une &#233;coute dans le dedans de la t&#234;te, qui laisse violemment &#233;puis&#233;. Toujours des moments o&#249; jouer du fait d'&#234;tre ensemble dans le m&#234;me instant de musique, et toujours cette rigueur de Dominique qui ne laisse jamais s'installer une r&#233;gularit&#233; ou un rythme mais d&#233;place, voire casse, emm&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la deuxi&#232;me &#233;coute, celle des heures qui pr&#233;c&#232;de. Comme lester toute la machine int&#233;rieure de son travail, couleurs, rythmes, tensions &#8211; &lt;i&gt;pifar&#233;lyser&lt;/i&gt; ? Comme si l'heure de lecture ensuite &#233;tait le concentr&#233; de ce qui s'est accumul&#233; l'apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'heure qui pr&#233;c&#232;de de jouer, l'&#233;couter reprendre du Bach, du Haydn ou du Britten au par coeur. Ou l'immense &lt;i&gt;r&#233;pertoire&lt;/i&gt; qu'il ne r&#233;serve qu'&#224; ces moments-l&#224;, et dont il se refuse m&#234;me en g&#233;n&#233;ral &#224; ce qu'on l'&#233;voque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'heure de sc&#232;ne commence, quand bien m&#234;me on aura r&#233;p&#233;t&#233;, fil&#233;, aucun moyen de savoir comment il attaquera. Pourtant, savoir que selon cette attaque des premi&#232;res minutes, la tonalit&#233; de l'heure sera donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, et quand bien m&#234;me il n'aime pas, cette captation de 3'38. Dominique s'accorde entre violon et ordi. Il est tranquille, m&#234;me s'il a d&#251; apercevoir que je prom&#232;ne mon b&#226;ton magique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de Lieu Unique apporte une &#233;chelle, et voil&#224; : c'est mon film.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/ol7MWSaSjyo&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On peut bien s&#251;r retrouver Dominique Pifar&#233;ly sur &lt;a href=&#034;http://pifarely.net/wordpress/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son propre site&lt;/a&gt;, le suivre sur twitter : &lt;i&gt;@pifarely&lt;/i&gt;. &lt;br class='manualbr' /&gt;
Echo du concert aussi (avec photos) chez Jacques Andr&#233; et son blog &lt;a href=&#034;http://grapheus.hautetfort.com/archive/2012/01/21/l-autre-jour-au-lieu-unique.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Grapheus&lt;/a&gt;, plaisir d'avoir retrouv&#233; l'ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prochain &lt;i&gt;Buffalo&lt;/i&gt; en duo le 16 mai &#224; Marseille, et nous jouerons aussi le 4 ao&#251;t au festival Vagues de jazz dans mon coin natal, en Vend&#233;e (peut-&#234;tre &#8211; j'aimerais &#8211; ma traduction en cours du &lt;i&gt;Vieil homme et la mer&lt;/i&gt;, que j'avais d&#233;couvert &#233;videmment dans ce lieu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le 1er mars &#224; Louvain-la-Neuve en trio avec Philippe De Jonckheere pour &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2580' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Formes d'une guerre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>autobiographie des objets | 30, navigateurs solitaires</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2491</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2491</guid>
		<dc:date>2013-02-10T15:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>1953-1960</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;avec Jacques-Yves Le Toumelin sur Kurun autour du monde&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique69" rel="directory"&gt;2011 | Autobiographie des objets&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot615" rel="tag"&gt;1953-1960&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2491.jpg?1352733442' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parfois on ne sait pas sur quelle part de r&#233;alit&#233; s'ancre ou se fixe cette petite case pourtant si pr&#233;cise, associ&#233;e &#224; une locution, deux mots suffisent. Dans l'expression &lt;i&gt;navigateurs solitaires&lt;/i&gt;, ils sont indissociables : l'adjectif solitaires n'exprime pas une souffrance, il &#233;voque plut&#244;t le h&#233;ros solitaire, Don Quichotte par exemple, m&#234;me accompagn&#233;. De l'essence du mot &lt;i&gt;navigateurs&lt;/i&gt;, ce qu'il inclut de mouvement vers le lointain, de marche vers l'horizon sans que le point d'&#233;tape ou d'aboutissement puisse &#234;tre perceptible, l&#224;, au d&#233;part, je retrouverai plus tard la magie dans Rabelais parlant de &lt;i&gt;grand traverseur des voies p&#233;rilleuses&lt;/i&gt;, et c'est aussi une histoire de navigation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas bien comment ils nous rejoignaient. C'&#233;tait autrement que par la t&#233;l&#233;vision. Plut&#244;t par le besoin m&#234;me, pour vivre ici, de savoir ailleurs l'explorateur, l'aventurier, le navigateur et ce dont on chargeait sourdement leur nom m&#234;me (Savorgnan de Brazza, ou le fier Henri de Monfreid sur la mer Rouge). Cela se propageait comme autrefois les gravures : le monde fixe d'une image d&#233;multipliait int&#233;rieurement les mondes, c'est peut-&#234;tre une part de ce savoir qu'on a perdu, et qu'on recherche vainement dans l'accumulation personnelle des images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nos aventures &#224; nous commen&#231;aient o&#249; finissait la terre : de l'autre c&#244;t&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/wcam/0408_longeville.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la digue&lt;/a&gt;, qu'on voyait de la maison, ligne noire en bout d'horizon, et de l'autre c&#244;t&#233; la mer. On n'aurait pas eu id&#233;e alors d'y construire des maisons. D'aucuns s'&#233;lan&#231;aient donc d'ici m&#234;me, l'aventure commen&#231;aient &#224; ces grosses barques ventrues &#233;chou&#233;es sur la vase dans le port de l'Aiguillon &#224; mar&#233;e basse, et qui redressaient fi&#232;rement le museau au jusant. Ce souvenir pr&#233;cis de l'enfance, parce que l'espace vierge autour, et la puret&#233; du ciel, je le retrouvais avec une nettet&#233; imm&#233;diate et fascinante &#224; &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article910&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Baie Saint-Paul&lt;/a&gt;, pr&#232;s Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors nous avions un livre. Il appartenait &#233;videmment &#224; mon p&#232;re, petit livre de couverture grise entoil&#233;e. Ce matin, j'ai h&#233;sit&#233; &#224; le prendre. Depuis quelques semaines, il est pos&#233; &#224; l'horizontale sur mes &#233;tag&#232;res. Mais je ne veux pas le relire, pas encore. Il me paraissait si &#233;pais &#224; la d&#233;couverte, rassemblant Le Toumelin, Gerbault, Slocum et les autres (Bombard, ou l'&#233;quip&#233;e du Kon-Tiki), et me para&#238;t si humble aujourd'hui, sous les Conrad et autres Melville. L'industrie du livre elle-m&#234;me viendrait bient&#244;t ici avec d'autres splendeurs : cela commencerait avec Moitessier. &#192; Paris il y a (il y avait ?) une librairie marine o&#249; ne r&#233;sistais pas &#224; entrer, mais si je suis de passage &#224; Brest, &#224; &lt;a href=&#034;http://www.librairiedialogues.fr/sous_rayon/loisirs-evasion-mer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dialogues&lt;/a&gt; c'est de suite dans leur rayon navigateurs que je vais d'abord, et le r&#234;ve est aussi fort. Pareil dans cette &lt;a href=&#034;http://www.abebooks.com/note-la-page-st-fran%C3%A7ois,-%C3%8Ele-dorl%C3%A9ans/566567/sf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bouquinerie&lt;/a&gt; &#224; Saint-Fran&#231;ois, tout au bout de l'&#238;le d'Orl&#233;ans, et le silence calme de ces pi&#232;ces qui si longtemps avaient &#233;t&#233; pour moi une extr&#233;mit&#233; inatteignable du monde, et m'en disaient seulement l'histoire plus complexe. &#192; Ullapool aussi, ville de mer aussi, j'ai &#233;prouv&#233; cette rare fiert&#233; des livres quand ils concernent la mer et ne subissent pas le voisinage des n&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien n'&#233;quivaut bien s&#251;r &#224; celui qui en est la porte d'entr&#233;e. Il est en mauvais &#233;tat, lu trop de fois, par trop de visiteurs, et ayant surv&#233;cu &#224; trop de d&#233;m&#233;nagements &#8211; je ne pensais m&#234;me pas qu'il puisse ainsi me parvenir, lorsque je l'ai d&#233;pos&#233; dans le carton (finalement si peu) de ce dont j'ai voulu m'assurer possession parmi ce qui encombrait ma m&#232;re abandonnant sa maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans le relire, la pr&#233;sence d'un livre faisant donc objet de cette part bien plus immat&#233;rielle que chacun porte &#224; l'int&#233;rieur ? C'est aussi le lieu o&#249; on le lisait, le livre. Et tel endroit o&#249;, descendant de la voiture, on retrouvera instantan&#233;ment telle tension de l'air, tel go&#251;t de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Kurun, associ&#233; au nom de Jacques-Yves Le Toumelin, passait les bornes du livre. Aux archives photographique, puisqu'on ne photographiait que ce qui avait de l'importance, c'est la m&#234;me excursion que lorsqu'on &#233;tait venu jusqu'&#224; Saint-Nazaire (pourquoi n'ai-je pas vrai souvenir du bac de Saint-Br&#233;vin, o&#249; maintenant il y a un pont ? &#8211; L&#224; encore, les &lt;i&gt;traversiers&lt;/i&gt; du Qu&#233;bec &#233;voquaient bien des r&#233;miniscences) voir le France pr&#234;t pour son lancement, dans ce d&#233;but de 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, passant un soir au Croisic, j'ai voulu voir si Kurun &#233;tait toujours l&#224;. De 1960 &#224; 2010 il y a un demi-si&#232;cle et c'est un calcul absurde : un souvenir d'enfance que vous portez avec une pr&#233;cision telle ne peut &#234;tre mesur&#233; ni en d&#233;cennies ni en demi-si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment la magie est partie. Ces c&#244;tes de Loire-Atlantique sont parfois belles en hiver, mais pas dans l'embouteillage g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'&#233;t&#233;, avec les marchands de frites et les man&#232;ges. La magie reste en face, &#226;pre et transparente, comme accroch&#233;e aux &#233;paules diaphanes des &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article162' class=&#034;spip_in&#034;&gt;petits morts&lt;/a&gt; de l'h&#244;pital de la Turballe &#8211; de Pen Bron on trouvera description pr&#233;cise dans &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503984/le-livre-de-la-piti%C3%A9-et-de-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le livre de la piti&#233; et de la mort&lt;/a&gt; de Loti. La p&#234;che est morte, la plaisance a tout mang&#233;, et Kurun &#233;tait clos sur lui-m&#234;me, minuscule et terne. Un panneau rappelait, accroch&#233; au m&#226;t, qu'une &lt;a href=&#034;http://www.amisdukurun.info/articles.php?lng=fr&amp;pg=134&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;association de sauvegarde&lt;/a&gt; veillait &#224; son entretien. Je viens de v&#233;rifier : je n'ai m&#234;me pas fait une de ces photographies seulement documentaires qui me sont coutumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je voyais en moi, ce soir d'&#233;t&#233; au Croisic, c'&#233;tait le Kurun aper&#231;u cinquante ans plus t&#244;t. Le Toumelin lui-m&#234;me s'en occupait, en m&#234;me temps probablement qu'il vendait son livre. Cette coque minuscule, mais avec la solidit&#233; bretonne dans la fabrication et le d&#233;tail, lui avait permis le tour du monde en solitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le miracle de l'enfance : Claude Ponti a bien su la retrouver pour aujourd'hui, enfant des villes compris, cette utopie minuscule du lieu clos susceptible de tous les voyages. Mais Claude, quand on l'interroge l&#224;-dessus, se contente de sourire. Et probablement, puisque chez lui ce n'est jamais si loin d'autres dessins plus &#226;pres, sait-il que cela tient aussi &#224; l'acceptation des fant&#244;mes, et tous les morts que chacun porte, que c'est ensemble alors qu'on voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kurun est un objet simple : un &lt;i&gt;petit navire&lt;/i&gt;. J'en dessinerais beaucoup, am&#233;nagements int&#233;rieurs compris. Plus tard, un dr&#244;le de bateau rustique mais taill&#233; pour le large (venu de nos ciels d'ouest aussi), le &lt;a href=&#034;http://www.apmuscadet.com/?page=presentation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Muscadet&lt;/a&gt; me ferait repara&#238;tre ce r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les noms de Gerbault ou Moitessier ont &#233;t&#233; suivis de bien d'autres. Apr&#232;s Tabarly, pas n&#233; si loin de Le Toumelin, c'est devenu une sorte de jeu g&#233;ant pour enseignes de grandes marques, d&#233;fi technologique avec ordinateurs de bord, fibre de carbone, lutte contre le sommeil avec bruit ambiant de 90 d&#233;cibels &#8211; tout le contraire de la lenteur et de l'errance obstin&#233;e de Kurun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tour du monde, int&#233;rieurement, on le porte comme une fuite possible m&#234;me si on sait bien la limite. D'aucuns, dans cette limite des cartes, ont trouv&#233; la tr&#232;s fine passe par quoi on &#233;chappe. Qu'ils reviennent, et la coque close en affirme s&#251;rement la preuve, aussi bien que le petit livre gris qu'on n'ose pas rouvrir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Photo : Kurun, Le Croisic, hiver 1959-1960, photo Ren&#233; Bon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>chantiers de l'Atlantique (du web et de la dur&#233;e)</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article422</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article422</guid>
		<dc:date>2012-07-05T05:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>autobiographies partielles</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;canique, usines, chantiers</dc:subject>
		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;une incursion dans les Chantiers de l'Atlantique &#224; Saint-Nazaire&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot315" rel="tag"&gt;m&#233;canique, usines, chantiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton422.jpg?1352732168' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff422.jpg?1352731864&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;i&gt;reprise, 5 juillet 2012, du web et de la dur&#233;e&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Quel est le plus ancien billet de ce site, compte tenu que je l'ai pass&#233; en spip en janvier 2005, mais qu'il comporte encore, avec liens ou sans liens, nombre des pages de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente (lancement septembre 2007), ainsi ce &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/wcam/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dossier wcam&lt;/a&gt; (qui a des parties plus anciennes, mais sous cl&#233;). Est-ce que moi-m&#234;me je suis encore capable de m&#233;moriser l'ensemble de ce que contient ce site ? Comment diff&#233;rencier aussi ce qui s'&#233;crit directement en ligne, des archives &#233;crites pour des m&#233;dias non web, mais int&#233;gr&#233;es ici ensuite ? (et quel statut les textes que je n'ai pas voulu reprendre, qui cessent par cela m&#234;me de figurer dans ce qu'on appelait autrefois &lt;i&gt;bibliographie&lt;/i&gt; d'un auteur, de laquelle j'ai repris possession y compris dans ce que je gomme ?) Du coup, relecture de ce ce billet parce qu'un de mes premiers probablement &#224; &#234;tre accompagn&#233; de photographies num&#233;riques, bien s&#251;r r&#233;alis&#233;es sans autorisation.
&lt;p&gt;&lt;i&gt;pr&#233;sentation initiale, 14 juin 2006&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Les &#233;ditions de la D&#233;couverte, en 2003, une s&#233;rie th&#233;matique sur la France contemporaine. Arnaud Viviant m'avait demand&#233; de participer au livre intitul&#233; &lt;i&gt;Ouvriers&lt;/i&gt;, et je leur avais propos&#233; ce compte rendu d'une visite aux Chantiers de l'Atlantique. Ces derniers mois, &#224; &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article338' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'Imprimerie nationale&lt;/a&gt;, ou chez &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article373' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Alstom Grenoble&lt;/a&gt;, j'ai pu &#224; nouveau entrer dans des lieux industriels, comme pour &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/paysfer.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paysage Fer&lt;/a&gt; un peu plus t&#244;t, c'est une n&#233;cessit&#233; d'ordre esth&#233;tique. Ce qui se fait l&#224; d&#233;place notre rapport au monde, la perception qu'on a de ses objets, la notion des outils. C'&#233;tait bien avant l'accident de la passerelle du Queen Mary, et on nous avait bien sp&#233;cifi&#233; que les photos &#233;taient interdites.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De bleu et de noir&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'est dimanche. On travaille quand m&#234;me aux Chantiers de l'Atlantique, &#224; Saint-Nazaire. Je suis sur la galerie qui longe, c&#244;t&#233; forme s&#232;che, le grand atelier de soudage. Quatre cent cinquante m&#232;tres de long. Des robots clignent, hiss&#233;s sous des portiques jaunes. Les hommes en bleu sont dispers&#233;s pr&#232;s des t&#244;les en avanc&#233;e lente, pour la coque et les structures d'un paquebot &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, pour aborder ce texte, j'ai pens&#233; &#224; ceux qui n'&#233;taient plus. Le vieux Raoul sur son estrade de tour, dans le fond du garage, ses lunettes de s&#233;curit&#233; relev&#233;es sur le front, sous la lampe jaune de la machine. A cet aiguilleur unijambiste, &#224; Longwy, du temps des aci&#233;ries, qui, chaque vingt minutes, devait actionner un levier pour envoyer tel wagon de minerai vers un haut-fourneau ou l'autre. J'en dressais la liste : aucun ne travaillait plus. Aucun des lieux o&#249; ils &#233;taient ne fonctionnait en tant qu'atelier. On aurait pu imaginer un grand tombeau de la fonction ouvrier, &#224; rassembler ainsi, m&#234;me juste aper&#231;ues, les visages et le geste. B&#226;tir un mus&#233;e &#224; l'ouvrier inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, aux Chantiers de l'Atlantique, ils sont 5000, de tous corps de m&#233;tiers. Electricit&#233;, tuyauterie, m&#233;canique, peinture. Et ceux qui, dans les bureaux d'&#233;tudes, s'assemblent aussi &#224; plusieurs centaines pour qu'on passe de ces t&#244;les &#224; plat sous le ciel, &#224; peine grenaill&#233;es, &#224; ces blocs compliqu&#233;s soud&#233;s culs par dessus t&#234;te, plafonds en bas, et qu'on assemble comme une pyramide, commen&#231;ant par le milieu du bateau au fond pour l'&#233;lever et que tout colle au millim&#232;tre : ils ne sont pas les fils ou les neveux de ceux-ci qui, &#224; la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente, tra&#231;aient &#224; la craie bleue le profil &#224; assembler directement sur le quai plut&#244;t que de le calculer sur l'&#233;cran de l'ordinateur ? Au-dessus du champ des t&#244;les mises &#224; plat, un portique roule, les prend avec son &#233;lectro-aimant, deux plaques se soul&#232;vent, la deuxi&#232;me retombe, la t&#244;le de quatorze m&#232;tres part au grenaillage puis au d&#233;coupage, au formage, et rejoindra ensuite l'atelier de soudure. L'homme, l&#224;-haut dans le portique, qui commande aux &#233;lectro-aimants, &#224; douze m&#232;tres du sol : ses pens&#233;es, et s'il &#233;coute une radio, et comment lui-m&#234;me con&#231;oit ici son statut ? Et l'autre pontonnier, au-dessus de la forme s&#232;che, quand on a dix heures pour retourner et reposer au millim&#232;tre un bloc assembl&#233; de cinq cents tonnes, ouvrier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je roulais en voiture. Moi-m&#234;me j'ai quitt&#233; ce monde. On en a toujours t&#233;moignage, par les voisins, la famille. Les petites brimades, les histoires de chefs et de cantine. Les licenciements par vague qui vous l&#232;chent. Au long de la route, c'est la mode en ce moment, dans les d&#233;partements, ces silhouettes de bois noir. A chaque virage ou chaque carrefour, parfois par bouquets de deux ou trois. Parfois, m&#234;me, l'ic&#244;ne de bois est fleurie. Cela repr&#233;sente les morts sur la route, c'est cens&#233; effrayer (on en doute) le pilote de la petite 205 qui vous double &#224; toute allure malgr&#233; la ligne blanche continue. Ce texte aurait pu &#234;tre ainsi une suite de silhouettes noires : on marcherait &#224; pied &#224; Vitry-sur-Seine, &#224; Toul ou &#224; Ruffec, et pr&#232;s de chaque bistrot d&#233;sert aux coins de rue il y aurait les silhouettes noires de ceux qui travaillaient ici et il n'y a plus personne. A Sciaky Vitry, en 1977, on &#233;tait 1300, et plus que 950 fin 1980 quand je suis parti, et &#224; peine 400 maintenant. C'est aussi que la vie a chang&#233; : &#224; quoi bon les fonderies s'il n'y a plus de radiateurs en fonte, d'usines de pignons et arbres pour bo&#238;tes de vitesse &#224; La Rochelle (et on construisait pour les 2500 ouvriers qui, il y a moins de trente ans, quittaient pour cela leurs fermes mourantes et les villages du marais poitevin, des immeubles de six &#233;tages au bord de la rocade neuve, vue imprenable garantie sur la mer &#224; l'horizon), si on ne r&#233;pare plus les bo&#238;tes de vitesse et qu'elles sont livr&#233;es toutes pr&#234;tes du Mexique et d'Espagne, les m&#234;mes pour toutes marques de voitures ? Silhouettes de bois noires en paquet de mille sur la rocade de La Rochelle et de tant d'autres villes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_362 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L490xH490/SN2-ba74e.jpg?1749861480' width='490' height='490' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chantiers de l'Atlantique. Apr&#232;s le premier robot jaune qui proc&#232;de &#224; la mise en place (une salle de contr&#244;le &#233;tanche et climatis&#233;e fait face &#224; la galerie o&#249; je suis, l&#224;-bas &#224; l'&#233;tage deux hommes et des &#233;crans, derri&#232;re la vitre bleut&#233;e), une poign&#233;e d'hommes en bleu proc&#232;dent, avec masques et baguettes, &#224; un agrafage. La t&#244;le rampe lentement sur les rails. Le second robot, sous gaz neutre qui limite les d&#233;formations, soude automatiquement les zones droites. Nous concevions et fabriquions, &#224; Vitry, ces machines &#224; souder : je sais ce que rec&#232;lent les deux t&#234;tes mobiles du robot pilot&#233; l&#224;-haut par les ordinateurs. A l'&#233;poque, la fabrication &#224; Vitry d'une machine &#224; souder rassemblait des dizaines de corps de m&#233;tier dans un grand hall (on disait fi&#232;rement, nous aussi, que c'&#233;tait comme construire un paquebot), l&#224; o&#249; l'assemblage du robot est une t&#226;che miniature, technologique et pr&#233;cise. Il y a de grandes caisses blanches marqu&#233;es &#171; air respirable &#187;, cela met un peu mal &#224; l'aise, vu de loin, parce qu'on s'imagine soudain que son propre air ne l'est pas du tout. C'est pour les autres hommes en bleu, l&#224;-bas, pr&#232;s du robot, en combinaison &#233;tanche. On les alimente en air ventil&#233;, les poussi&#232;res au-dessus d'eux sont aspir&#233;es, et tout pr&#232;s de la cha&#238;ne des bouteilles d'eau min&#233;rale leur sont livr&#233;es en palette. A eux seuls de faire les angles, &#224; eux seuls de souder ces colonnes d'acier sp&#233;ciaux rouges qui serviront, dans la coque et les structures du paquebot d&#233;formable, &#224; la transmission des efforts. Aristocratie du geste ouvrier, de ce qu'il y a d'irr&#233;ductible au geste ma&#238;tre de l'homme quand c'est au fer et au feu qu'on touche. J'ai connu des ouvriers soudeurs un peu partout, &#224; Longwy, quand &#224; l'&#233;t&#233; nous autres, jeunes blanc-becs en &#233;cole d'ing&#233;nieurs, nous louions comme ouvriers pour la r&#233;fection des laminoirs, ou bien &#224; Prague et Moscou, quand la bouteille de lait offerte chaque jour (para&#238;t-il, pour limier la d&#233;gradation des yeux de qui manipule huit heures d'affil&#233;e l'ultraviolet) ils la ramenaient &#224; la maison pour leurs gosses. Ou &#224; Bombay, ceux qui soudaient pieds nus, assis par terre, la peau constell&#233;e d'&#233;toiles par les &#233;clats durcis de fer, que j'avais exig&#233;, Europ&#233;en fier, qu'ils soient dot&#233;s de chaussures de s&#233;curit&#233; comme ici, et que revenant l'ann&#233;e suivante toutes les chaussures avaient &#233;t&#233; revendues. La m&#234;me aristocratie pourtant, &#224; qui sait tenir &#224; bout de doigts la goutte en fusion du m&#233;tal sous l'arc et en organiser la lente translation sans bavures ni coul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voiture dans la zone portuaire de Saint-Nazaire, attendant ce moment de p&#233;n&#233;trer dans les chantiers, et la suite des enseignes sur la zone commerciale, Leroy-Merlin ou Conforama pour l'am&#233;nagement m&#233;nager, D&#233;cathlon ou Go Sports pour les loisirs, Darty et Boulanger pour les machines &#224; laver, les r&#233;frig&#233;rateurs ou cha&#238;nes Hi Fi calcul&#233;es pour dur&#233;e de vie de six ans et c'est tout : apr&#232;s, pri&#232;re de repasser &#224; la caisse. Le geste ouvrier &#233;tait autrefois de donner solidit&#233; et dur&#233;e. Il est aujourd'hui, dans la totalit&#233; des m&#233;tiers, d'assembler comme en kit des choses qui vous arrivent toutes pr&#234;tes de la fabrication, qui n'auront pas &#224; &#234;tre d&#233;mont&#233;es et pr&#233;vues pour obsolescence mesur&#233;e. Ces s&#233;ries d'enseignes sont les m&#234;mes dans chaque ville, et leur arborescence est facile &#224; r&#233;tablir : Auchan, propri&#233;t&#233; de la famille Mulliez, poss&#232;de Leroy-Merlin, Saint-Maclou, Norauto, Kiabi, Boulanger, Kiloutou et D&#233;cathlon (on me pardonnera les oublis), comme Conforama, Darty et But c'est la m&#234;me chose et caetera. Ce qu'on y vend s'abrite d&#233;sormais sous des marques maison unifi&#233;es (c'est moins cher et on a des promotions), et m&#234;me le plus simple tee-shirt allure sport se fabrique aux antipodes (silhouettes noires sur la r&#233;gion des Mauges, entre Angers et la Vend&#233;e, qui vivait depuis trois si&#232;cles de la chaussure, silhouettes noires sur les textiles qui occupaient les mains de Roubaix &#224; Tourcoing). On est accueilli et renseign&#233;, dans ces magasins qui ne fabriquent rien, et c'est des centaines de personnes qui y travaillent. Leurs p&#232;res et leurs oncles &#233;taient ouvriers, eux on les prend, pour ranger les chaussures et les tee-shirts sur les rayons du magasin de sport, avec le bac et l'universit&#233;. Jeunes pour ne pas &#234;tre trop chers pay&#233;s, et si vous trouvez mieux partez, on ne vous retiendra pas. Magie de ces marchands de loisirs mode sportive (chasse et golf plus trottinette compris, plus la randonn&#233;e sauvage et la ceinture de judo du petit &#224; renouveler chaque mois de mai) qui mettent &#224; leur service ceux qui r&#233;ellement ont fait de ce loisir leur passion premi&#232;re, &#231;a se voit rien qu'&#224; leurs biscotteaux ou, pourquoi pas, la coupe mode des cheveux. Les caissi&#232;res (pardon, h&#244;tesses de caisse) sont les m&#234;mes qu'au supermarch&#233;. L'entreprise devient reine parce que peu lui importe le dipl&#244;me ou la ma&#238;trise du geste : on est entr&#233; dans l'&#232;re g&#233;ante de l'indiff&#233;renci&#233;, et silhouettes de bois noires partout sur le monde qui reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#232;re g&#233;ante de l'indiff&#233;renci&#233;, et la machine &#224; laver calcul&#233;e pour telle dur&#233;e : face &#224; l'atelier de soudage, la forme s&#232;che o&#249; s'assemblent les paquebots. Fascination qu'on a forc&#233;ment pour l'ancestrale passion de mer, et l'inconnu manifeste d&#232;s lors qu'il y a horizon et que l'homme s'y embarque. Trois bateaux &#233;tag&#233;s, le premier pr&#234;t &#224; partir en armement (comme ce mot des marins est &#233;trange, comme si l'armement ce n'&#233;tait pas ici, &#224; ceux qui plient, soudent et conditionnent les t&#244;les, les moteurs, les efforts, alors qu'ils mettront six mois &#224; installer, l&#224;-bas &#224; quai, les moquettes, miroirs et lavabos), et bient&#244;t le bateau-porte (&#233;norme baille rectangulaire &#224; double paroi de ciment, mais qui flotte et se d&#233;place) laissera se remplir la cale, les sept m&#232;tres immerg&#233;s (et douze m&#232;tres au-dessus) du paquebot flotteront et on le remorquera, tandis qu'on tra&#238;nera dans la forme profonde le suivant, encore en attente de peinture et tout bard&#233; d'&#233;chafaudages, sur ses tains de vieux bois (rien qui r&#233;siste &#224; la compression comme le bois ancestral), et qu'on assemblera le prochain, en pi&#232;ces sur le quai, tandis que soixante m&#232;tres plus haut un seul pontonnier veille au tout. Les paquebots ont piscine, sauna et piste de jogging, salle de cin&#233;ma et cuisines pour lesquelles la contrainte est qu'il n'y ait pas d'angle droit, laverie et syst&#232;me automatique de retraitement des eaux ou chaudi&#232;re de dessalement pour l'eau potable, mais les passagers ne navigueront que la nuit, au jour l'immeuble flottant est &#224; quai dans les &#238;les, c'est un march&#233; juteux. On payera pour les boissons, pour le casino qu'on essayera bien une fois, pour la photographie obligatoire en compagnie du commandant : le paquebot sera rentabilis&#233; en quatre ans. A Marseille il y en a huit &#224; vendre qui n'ont pas dix ans, allez croire en ce que vous faites autrement qu'&#224; un produit genre machine &#224; essorer. Le suivant est japonais, il s'appelle Lirica (l&#224;-m&#234;me o&#249; l'Erica...), plus large que la moyenne pour accueillir, en mers d'Asie, des prestations de chanteurs lyriques dans la salle de spectacle ultramoderne, c'est para&#238;t-il tellement plus beau sur la mer, les vocalises : quand on est s&#233;par&#233; du monde de tous ceux qui ne peuvent pas payer autant que vous ? On vous dit que les Chantiers de l'Atlantique ont pour seul march&#233; ces bateaux dit &#171; &#224; forte valeur ajout&#233;e &#187;, et que pour les bateaux ordinaires on ne peut pas lutter avec la Cor&#233;e ou la Finlande : &#224; quoi cela sert donc, d'&#234;tre ici le meilleur ouvrier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pense &#224; Fernand, que ses copains attachaient par les pieds pour qu'il descende la t&#234;te en bas au fond des chaudi&#232;res en v&#233;rifier le r&#233;fractaire, on pense &#224; Mathieu (c'est son nom, son pr&#233;nom &#233;tait perdu depuis longtemps) qui avait connu ce qu'il disait comme d'un seul tenant : &#171; l'usine &#224; brouettes &#187; - je ne sais pas s'il existe encore ici en France une seule usine &#224; brouettes, on pense &#224; celui qu'on appelait simplement &#171; le sourd &#187;, parce qu'il &#233;tait sourd, ouvrier c&#226;bleur et qu'il fallait parfois le soir aller secouer, entre ses pinces &#224; cosses et ses gaines, pour le pr&#233;venir que c'&#233;tait fini, on pense &#224; Yvetot, dit &#171; Dodo &#187;, parce qu'il s'endormait &#224; volont&#233;, dans le m&#233;tro, dans le bus qui nous emmenait au chantier, &#224; la pause de midi, et qui vous arrangeait d'un coup de grattoir n'importe quel jeu juste glissant d'al&#233;sage, on pense &#224; cet autre, qui picolait, et un jour vos copains avaient piss&#233; dans sa bouteille de bi&#232;re et il avait vid&#233; &#231;a d'un trait : silhouettes de bois noir au bord de la route pour eux tous.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L490xH490/SN3-94f37.jpg?1749861480' width='490' height='490' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise s'est dissoute. A &#233;voquer Yvetot ou Fernand et les autres, on repense &#224; ces cages obscures rajout&#233;es dans les recoins de l'usine, o&#249; se tenaient les magasins, les services d'exp&#233;dition ou toutes autres fonctions r&#233;ifi&#233;es : on en avait m&#234;me un dont la seule fonction &#233;tait la r&#233;cup&#233;ration de boulons. L'entreprise a fait le m&#233;nage dans ses recoins. On avait les contrema&#238;tres et les chefs. Alors c'&#233;tait simple, c'&#233;tait aussi celui qui se portait en avant quand il fallait &#339;uvrer en commun, celui qui retroussait les manches et montrait. On s'engueulait et m&#234;me parfois on se battait. Le contrema&#238;tre avait comme arme l'&#233;tude des fiches d'heures, des affectations. On avait des guerres froides et rageuses, chacun sur ses positions, sans qu'un mot &#233;voque entre vous le diff&#233;rend. L'entreprise est plus lisse. Les paquebots sont construits selon le principe de la pyramide, lourds blocs assembl&#233;s l'un &#224; l'autre depuis la cale en son milieu : les services de pilotage de l'entreprise sont invisibles et loin, sans prise, eux-m&#234;mes soumis &#224; leur balayage interne. Soixante-dix personnes &#224; la D&#233;fense vous contr&#244;lent tout un r&#233;seau de stations-services sur les autoroutes et rocades du pays. La famille Mulliez tient avec deux cents de ses membres tous les r&#234;nes d'Auchan, Attac, Leroy-Merlin, D&#233;cathlon, Kiloutou, Kiabi, Norauto, Saint-Maclou, Boulanger et les autres et il faut sans doute &#234;tre de province pour comprendre comment ceux-l&#224; et trois clans de leurs pareils vous encerclent pour ratisser toute la vie ordinaire. On se prom&#232;ne encore une fois dans les rayons des grands entrep&#244;ts &#224; bandeaux bleus ou rouges consacr&#233;s au commerce des loisirs, on fait le calcul du nombre de paires de chaussures vendus et de ce que cela repr&#233;sente de profit pour Nike ou Reebok qui les fabriquent en Tha&#239;lande. Dehors dans la ville les blocs d'immeubles sont propres, si les salaires ne sont pas gras on se d&#233;brouille &#224; vivre, la pyramide a r&#233;gl&#233; cela, que la ville n'enserre plus ses ghettos des mains noires (les ghettos qui restent sont assez grands, ils sont plut&#244;t pour ceux que l'entreprise d&#233;laisse), on n'a m&#234;me plus soi-m&#234;me de quoi saisir dans ses mains les signes de la pyramide. Je repense &#224; ce jour o&#249; Auchan avait phagocyt&#233; Mammouth : les dirigeants &#233;valuant la rentabilit&#233; au chiffre d'affaire par m&#232;tre carr&#233; de carrelage. Passer de 900F par jour et m&#232;tre carr&#233; de carrelage &#224; 1200F par jour et m&#232;tre carr&#233; de carrelage. Et le m&#232;tre carr&#233; de carrelage, quand j'allais chercher le lait et la viande pour mes gosses, c'&#233;tait beau comme du Rothko : d&#233;filement jaune au travers des lignes fixes d'inox gris du caddy, mais les billets n'y poussaient pas comme cela. Les m&#233;tiers des ouvriers ont cess&#233;, parce que les pare-chocs de nos voitures sont en plastique comme nos chauffages, et que m&#234;me la machine o&#249; vous alignez les signes sous l'&#233;cran couleur est en plastique venu de Cor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; sont les rouages qui nous aidaient &#224; comprendre le jeu du monde ? J'&#233;tale sur la table une poign&#233;e de photographies prises ces jours-ci dans les entrep&#244;ts de la RATP : dans les d&#233;p&#244;ts des autobus, ceux qui le soir les lavent et passent l'aspirateur industriel. Dans les bouts de ligne de m&#233;tro, ceux qui les hissent sur fosse pour d&#233;monter les boggies et changer la but&#233;e conique des essieux. Dans le &#171; parc de la voie &#187; ceux qui s'assemblent &#224; minuit pour que leurs &#171; trains de travaux &#187; avant cinq heures du matin aient soign&#233; les rails et les stations. Le monde des mains noires est pr&#233;sent encore et invisible. Il n'est plus la dominante pour comprendre la pyramide lisse dont nous participons, comme ces passagers de croisi&#232;re, entre couchettes, repas et piscine, se moqueront sans doute que la traction du navire soit &#233;lectrique et non plus par arbre de transmission : sur le paquebot m&#234;me, les m&#233;tiers seront trop multiples pour qu'on les assigne &#224; un mot, on a peur que tout cela qui pour l'instant reste d'un peu d'&#233;quilibre (voitures neuves sous les immeubles, chariots pleins au sortir de l'hypermarch&#233; du samedi, foules aux soldes des rues pi&#233;tonnes) soit aussi provisoire que ce temps d'illusion qu'ici aux Chantiers de l'Atlantique les hommes en bleu sur fond de t&#244;les noires leur soudent et leur forment.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/CN4.jpg?1166889149' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nantes, Jimi Hendrix joueur de vielle</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2582</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2582</guid>
		<dc:date>2011-05-23T18:28:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Jimi Hendrix</dc:subject>
		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#224; Nantes le jeudi 26 mai, Jimi Hendrix deux temps, au Grand-T le matin et au mus&#233;e des Beaux-Arts le soir&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;anciennes br&#232;ves &amp; vieux agendas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot80" rel="tag"&gt;Jimi Hendrix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2582.jpg?1352733549' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Yves Douet, l'animateur d'&lt;a href=&#034;http://www.museedesbeauxarts.nantes.fr/cache/bypass/Accueil/Activites/Evenement?containerId=48463&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Impressions d'Europe&lt;/a&gt; a pris l'initiative &#224; Nantes d'une journ&#233;e consacr&#233;e au rapport &#233;criture et musique. Libre hommage d'&#233;crivains, dont Jean-Claude Pinson, Alban Lefranc, Ga&#235;lle Bantegnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon c&#244;t&#233;, jamais cess&#233; la lente pr&#233;paration d'un futur Jimi Hendrix. Mais pas question de &lt;i&gt;trop se h&#226;ter&lt;/i&gt;, comme on dit au SNE concernant le num&#233;rique. D'une part parce que je veux un livre vraiment diff&#233;rent de mes Stones, Dylan, Zeppelin. D'autre part, parce que de nouveaux t&#233;moignages arrivent encore &#8211; et que le paysage m&#234;me change par les absences, d&#233;c&#232;s de No&#235;l Redding mais celui tout r&#233;cent de Mitch Mitchell. Et nouvelles r&#233;v&#233;lations qui se font jour sur les derniers jours de Jimi, par exemple &#224; la mort de Chas Chandler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, comme pour les pr&#233;c&#233;dents, je veux que ces livres r&#233;sultent d'un parcours int&#233;rieur. Pour Jimi, tout est plus a&#233;rien. On commence &#224; en savoir pas mal sur les apprentissages, la chronologie, mais le saut du g&#233;nie est toujours irr&#233;ductible. C'est ce qui pousse tant d'entre nous &#224; venir s'incliner l&#224; avec nos phrases et nos r&#233;cits. Hommage &#224; l'ami disparu, Alain Dister, qui avait le premier accueilli Hendrix &#224; Paris. L'an dernier, le livre de Z&#233;no Bianu, en septembre l'arriv&#233;e de celui de Lydie Salvayre (ah, j'aurais su &#231;a plus t&#244;t, &#231;a m'aurait suffi pour acc&#233;l&#233;rer le mien !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi pour moi un nouveau mode d'approche. Deux fois, &#224; Bagnolet avec Dominique Pifar&#233;ly, &#224; Saumur en solo, je me suis risqu&#233; d&#233;j&#224; &#224; partir en public dans &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1373' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ma r&#233;serve de notes&lt;/a&gt;, fragments, listes. En pr&#233;parant cette lecture de Nantes, ai d&#233;couvert qu'avais dans mon disque dur au moins 3 tentatives de r&#233;cit continu passant les 100 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; New York, l'an pass&#233;, longtemps regard&#233; la dalle d'entr&#233;e de Manny's, revenu aussi sur le trottoir du Chelsea Hotel o&#249; on retrouva morte, 1 an apr&#232;s la disparition de Hendrix, cet &#233;trange double et compagne que lui &#233;tait Devon Wilson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Originalit&#233; de Nantes : la premi&#232;re lecture sera &lt;a href=&#034;http://www.impressionsdeurope.com/#m3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; 11h, au Grand T&lt;/a&gt; &#8211; La Chapelle. Pour moi une lecture c'est cheminer vers le soir en m&#234;me temps qu'on pr&#233;pare la concentration. Donc situation nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le soir, &lt;a href=&#034;http://www.museedesbeauxarts.nantes.fr/cache/bypass/Accueil/Activites/Evenement?containerId=48463&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;18h30, au mus&#233;e des Beaux-Arts&lt;/a&gt;, deuxi&#232;me phase. On nous a propos&#233; gentiment de joindre &#224; la lecture une oeuvre du mus&#233;e : alors comment ne pas choisir le &lt;i&gt;Joueur de vielle&lt;/i&gt; de Georges de La Tour ? Tout Hendrix est l&#224;, et sa fin. Latour a toujours &#233;t&#233; pour moi ce compagnon d'int&#233;riorit&#233;, si manifeste dans les &#233;crits de Hendrix. Ou convoquer tout Hendrix pour entrer dans le myst&#232;re du La Tour, sait-on. Je sais que ce moment ne sera de toute fa&#231;on pas ce qu'il en aura &#233;t&#233; pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vous voir, donc, les Nantais. J'ai encore 3 jours pour pr&#233;parer photos, vid&#233;os, extraits rares.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Antoine Emaz | Po&#232;mes pauvres </title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2362</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2362</guid>
		<dc:date>2010-12-01T18:45:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Emaz, Antoine </dc:subject>
		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#034;&#201;crire dans cet espace, ce n'est pas r&#234;ver, simplement &#233;crire plat, encore, malgr&#233;.&#034;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;Emaz, Antoine &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2362.jpg?1352733275' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;dans le gel&#233; le rabougri le sec&lt;br&gt;
le peu pauvre laiss&#233; pour compte&lt;br&gt;
sous le poids jaune du froid qui frappe&lt;br&gt;
les carreaux sales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ext&#233;nu&#233; un jardin&lt;br&gt;
rien qui grelotte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tout attend repli&#233; calme&lt;br&gt;
les jours meilleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ramen&#233;&lt;br&gt;
au bas mot&lt;br&gt;
rar&#233;fi&#233;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Antoine Emaz&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Apr&#232;s l'intervention ce matin aux Beaux-Arts de Nantes, et tent&#233; formuler ces fronti&#232;res qui changent entre le livre ferm&#233; et le geste sur le web, ouvert, les porosit&#233;s &#224; instruire, difficile de ne pas faire le crochet par la librairie Vent d'Ouest &#224; trois cents m&#232;tres. Avec l'ann&#233;e Qu&#233;bec, longtemps que je n'&#233;tais pas venu. Mais sur les cinq niveaux en colima&#231;on, les empilements du labyrinthe des livres sont comme on les a toujours connus. Lieu pour y vivre, ou du moins qui donne sens &#224; ce qu'on demande &#224; vivre. On demande o&#249; est la M&#233;sopotamie, et on vous ouvre un pr&#233;sentoir &#224; glissi&#232;re que vous n'aviez pas suppos&#233;, et en voil&#224; cinq, livres diff&#233;rents sur les origines de l'&#233;criture. Encore le libraire ajoute : &#8211; On n'a pas grand-chose. Au rez-de-chauss&#233;e, &#233;videmment Alain Girard-Daudon (photo ci-dessus), fondateur, et m&#234;me s'il ne leur reste pas beaucoup de place, dans les 45 000 titres du stock. Dans le rayon po&#233;sie, en &#233;vidence, un petit livre tout r&#233;cemment paru d'Antoine Emaz, &lt;i&gt;Po&#232;mes pauvres&lt;/i&gt;, &#171; compos&#233; en linotype en Aster de corps 10 et tir&#233; sur les presses typographiques d'&#198;ncrages &amp; Co &#224; 500 exemplaires. Chaque exemplaire comporte 6 linogravures originales de Jean-Marc Scanreigh. &#187;&lt;div class='spip_document_1913 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L142xH203/poemes-pauvres-f1076.jpg?1749861480' width='142' height='203' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec le livre sur les tablettes de M&#233;sopotamie, je suis &#233;videmment revenu avec le livre d'Antoine. Sur son travail, voir aussi &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503649/cambouis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cambouis&lt;/a&gt;, ses notes au jour le jour, qu'on est bien fier d'accueillir sur publie.net. Le site de l'&#233;diteur : &lt;a href=&#034;http://www.aencrages.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#198;ncrages &amp; Co&lt;/a&gt;, et le site de la librairie : &lt;a href=&#034;http://www.librairie-nantes.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vent d'Ouest&lt;/a&gt;. Internet est un outil de proximit&#233; obligatoire. On est us&#233;, tann&#233;, de ces fausses oppositions binaires : apr&#232;s 3/4 heure dans les labyrinthes Vent d'Ouest, croyez qu'on ne s'en inqui&#232;te pas beaucoup, de l'avenir de la librairie et de leur r&#244;le n&#233;cessaire dans la ville, et m&#234;me, de leur place et leur r&#244;le dans la &lt;a href=&#034;http://www.librairie-nantes.fr/livrel.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;diffusion num&#233;rique&lt;/a&gt;. Et encore moins de la convergence, &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503649/cambouis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cambouis&lt;/a&gt; dans l'iPad, &lt;i&gt;Po&#232;mes pauvres&lt;/i&gt; dans le sac.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1912 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/librairie-vent-d-ouest-nantes.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/librairie-vent-d-ouest-nantes.jpg?1291229020' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Nantes, librairie Vent d'Ouest
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Saint-Nazaire, soutenir Voix au chapitre</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2285</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2285</guid>
		<dc:date>2010-10-07T13:36:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>&#224; vous de dire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;pr&#233;sence vitale des librairies dans les villes, jamais gagn&#233;x&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;site | infos, t&#233;l&#233;chargement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot375" rel="tag"&gt;&#224; vous de dire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2285.jpg?1352733164' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='64' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parl&#233; d&#233;j&#224; plusieurs fois de Voix au Chapitre &#224; Saint-Nazaire, libraire travaillant seul, pr&#233;sent avec cartons et s&#233;lections dans &#233;v&#233;nements des lieux partenaires, th&#233;&#226;tre, ou &#201;crivains en bord de mer. Une ville industrielle difficile, mais embl&#233;matique avec son port et les industries d'estuaire, les Chantiers de l'Atlantique ou les raffineries. Pour cela que &#231;a prend du sens, la petite salle toute en longueur o&#249; on peut &#234;tre 40 &#224; s'asseoir pour une lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert appelle aujourd'hui &#224; soutien actif, et carr&#233;ment acheter quelques livres d'avance &#8211; fier pour ma part d'y contribuer, pas question de l&#226;cher, ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiter son site : &lt;a href=&#034;http://voix-au-chapitre.ouvaton.org/spip.php?article137&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voix au Chapitre&lt;/a&gt;, le titre du billet c'est SOS, mais il suffirait d'&#234;tre 100 ou 200...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
