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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>BW | Salvayre contre Wallet</title>
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		<dc:date>2009-12-12T22:58:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Wallet, Bernard </dc:subject>
		<dc:subject>politique de la litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Salvayre, Lydie </dc:subject>
		<dc:subject>Bourmeau, Sylvain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;les questions pos&#233;es dans BW d&#233;passent largement l'objet livre qui nous en fait spectacle, et voyage&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot159" rel="tag"&gt;Wallet, Bernard &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot292" rel="tag"&gt;politique de la litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot317" rel="tag"&gt;Salvayre, Lydie &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot409" rel="tag"&gt;Bourmeau, Sylvain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1890.jpg?1352732844' class='spip_logo spip_logo_right' width='120' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Comment Pierre Assouline navigue &#224; son tour entre les deux p&#244;les, Salvayre et Wallet, qui donnent &#224; &lt;i&gt;BW&lt;/i&gt; sa coh&#233;rence et son &#233;cart : &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/12/11/ils-finiront-par-suicider-la-litterature/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ils finiront par suicider la litt&#233;rature&lt;/a&gt;. Et pr&#233;texte pour redire l'int&#233;r&#234;t de ce livre : le monde de l'&#233;dition n'est certainement pas moins malade &#224; 2 mois et quelques prix de sa sortie...
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est un livre &#224; en pleurer (la construction du dernier tiers) et qui fait rire tout autant, comme on rit et on chiale &#224; Dickens, et c'est peut-&#234;tre primaire mais qu'est-ce que &#231;a fait du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se met en col&#232;re, et cinq minutes apr&#232;s on voudrait aller sonner &#224; sa porte et qu'on aille boire un coup avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a veut dire que, lisant BW, le personnage est avec nous dans la pi&#232;ce, il braille ou sort une connerie grosse comme lui, ou alors on le voit en peine, toute une semaine dans le noir sans bouger ni voir, ou sur les routes d'Afghanistan ou gosse &#224; Clermont-Ferrand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est la saine, la grande tradition du roman : l'auteur, invisible. L'auteur, disparu. Juste cette grande b&#234;te de chair et d'os, capable de faire le pitre aussi bien que d'aller se jeter sur les murs comme un Don Quichotte prolong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, elle est l&#224;, l'auteur. Des fois, c'est le personnage qui se moque d'elle et elle accepte (les restes de tarte &#224; 3h du matin, mais &#231;a doit &#234;tre un cut-up de cette fameuse lettre de Flaubert apr&#232;s le s&#233;jour de George Sand &#224; Croisset), d'autres fois c'est elle qui lui renvoie la balle, et dur, pas pour rien qu'elle s'occupe de petits gosses qui vont mal, &#224; Bagnolet, ce grand gosse-l&#224; elle se le tortille, on n'est des gens assez complexes pour affronter la psychologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un livre qui ne se d&#233;tourne pas quand il faut tenir la route dans des pages dures : le gosse habill&#233; de faux skye quand pour aller &#224; l'&#233;cole il planque la veste sous un escalier avant d'entrer au lyc&#233;e avec son pull tricot&#233; maman. Et la l&#233;gende Wallet, comme autant de figures d'une vie de saint, dont on conna&#238;t tous les &#233;tapes mais on d&#233;couvre que le d&#233;cor ce n'est pas exactement comme on croyait, le gamin qui fugue sur son Solex, l'embrigadement dans la course &#224; pied et les honneurs du sport et comment il tourne le dos, puis les voyages, les mois d'arr&#234;t au Cachemire, les b&#251;chers de B&#233;nar&#232;s, et, bien plus tard, la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vit comment, quand on a vu &#224; Beyrouth un type se faire arracher la langue, et, parce que vous regardiez, qu'on vous a menac&#233; de la kalachnikov, alors que vous avez les genoux qui tremblent et qu'apr&#232;s c'est vomir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de BW en vrac. Il y a exactement un mois que j'ai lu BW, en quatre heures de train aller-retour. Et, un mois plus tard, moi qui ne supporte pas le &lt;i&gt;roman&lt;/i&gt;, j'ai toutes les figures de BW qui me raclent dans la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; qu'il intervient, le boulot de l'&#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;vies de saint&lt;/i&gt;, on ne se pose pas la question de comment &#231;a s'&#233;crit. Ici, il y a quoi, 30, 40 figures successives de la vie de BW qui s'entrechoquent, s'encha&#238;nent, se percutent : jamais une pour avoir le m&#234;me point de d&#233;part que l'autre. C'est le rapport &#224; l'oralit&#233; : le personnage vous raconte l'histoire, sa propre histoire, mais quand il l'interrompt l'auteur l'interrompt aussi (les ch&#232;vres de Sancho, dans le Don Quichotte). Ou bien l'auteur est fatigu&#233; du personnage racontant l'histoire, alors il la r&#233;sume, ou l'invente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a unit&#233; de lieu, et presque unit&#233; de temps : le temps de l'homme &lt;i&gt;sans voir&lt;/i&gt;, et la chambre noire o&#249; il est reclus, mais parle, raconte, ment, contourne, ou balance en vrac &#8211; ou ce que la conteuse nous en fait croire, puisque rien que par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est bien, c'est la col&#232;re. C'est le point de d&#233;part du livre. Ce type-l&#224;, quand il est en col&#232;re, il tourne le dos. Les &lt;i&gt;Je me barre, je me tire, je me casse&lt;/i&gt; qui reviennent en leitmotive, on croit les entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se trouve que l'auteur et le personnage, je les connais pour de vrai : je sais mettre une taille, un corps, un visage, une voix. Pourtant, ce n'est pas &#231;a qui se passe. Je me moque de BW, le vrai. Ce sont mes voyages en Inde, mes col&#232;res de gamin, mes trouilles dans la petite part de furie du monde qui a pu me secouer, m&#234;me si j'ai couru moins vite que le champion BW, n'ai pas &#233;t&#233; sous les balles, et que &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1197'&gt;mon propre voyage&lt;/a&gt; en Inde &#233;tait plus bref et plus confort (un peu, pas tant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe dans BW, c'est que ce Don Quichotte l&#224; a pass&#233; toute sa vie dans une erreur monumentale, et qu'il faut &#233;crire le &lt;i&gt;monumental&lt;/i&gt; &#224; la fa&#231;on dont Flaubert le pronon&#231;ait : aux limites de la vie, de l'exp&#233;rience, du voyage &#8211; et c'est tout cela qui revient d'un bloc, cette fois o&#249; il perd la vue &#8211; il y a l'appel au langage, et qu'on sait chuchoter ou hurler les noms mystiques qui ont, avant nous, bien au-devant, &#233;t&#233; marcher dans cet appel. Ils ne sont pas des livres calmes ou rang&#233;s dans le haut de notre biblioth&#232;que. Ils sont plut&#244;t, les voyageurs, les Lowry, les Conrad, ou les voyageurs du dedans, comme Artaud, des vaisseaux arm&#233;s, ils sont notre mauvaise conscience contre tout &#233;tat stable du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur monumentale de Bernard Wallet, proclamer, si t&#244;t, il y a si longtemps, et avec une humilit&#233; si consid&#233;rable qu'il se fera d'abord, et longtemps, simple &lt;i&gt;repr&#233;sentant&lt;/i&gt; du livre &#8211; vendant les titres de Gallimard aux libraires du Liban jusqu'&#224; ce soir devant la langue vivante arrach&#233;e &#8211;, qu'&#233;diter les livres des autres c'est la m&#234;me chose que les &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sa fa&#231;on Don Quichotte &#224; lui. Et dans BW on ne nous fait gr&#226;ce de rien : ce monde-l&#224;, c'est celui de la folie de consommation, de l'auteur fabriqu&#233;, des chiffres et du para&#238;tre, du mot &lt;i&gt;roman&lt;/i&gt; comme objet de loisir avec variations de saison. Il a jou&#233; le jeu, &#224; sa fa&#231;on, sans trop se pr&#233;occuper de la vaisselle cass&#233;e parce qu'on a les abattis mal taill&#233;s pour les arrondissements calmes o&#249; d'ordinaire &#231;a se passe. Et quand vous partez, on vous remplace, visiblement &#224; cet endroit il y a plaie non gu&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BW est un livre violent, parce que celui qui dit non &#224; l'&#233;dition, &#224; ses petits us et coutumes, le fait de l'int&#233;rieur, et casse sa vie en m&#234;me temps qu'il renonce. Et, justement, tout continue pareil, parce que ce syst&#232;me au fond s'en moque bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la &lt;i&gt;monumentale&lt;/i&gt; erreur de Bernard Wallet, nous devons un sacr&#233; beau paquet de livres, un sacr&#233; beau paquet d'auteurs. Et, lisant BW, on comprend m&#234;me pourquoi &#231;a ne pouvait s'appeler que &lt;i&gt;Verticales&lt;/i&gt; &#8211; et que &#231;a ne devrait plus s'appeler Verticales apr&#232;s lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la &lt;i&gt;monumentale&lt;/i&gt; erreur de Bernard Wallet, nous devons que le passage brutal d'un c&#244;t&#233; &#224; l'autre de cette fronti&#232;re qu'il n'a pas su franchir s'appelle pr&#233;cis&#233;ment Lydie Salvayre, ou pourrait s'appeler comme &#231;a si le BW ne rel&#233;guait pas la fonction de l'auteur dans une tout autre secousse, ou c'est le personnage qui commande. M&#234;me le chat, parfois, passe avant elle. &lt;br class='autobr' /&gt;
N'emp&#234;che, pour tenir dans un tel brassage, et nous y impliquer, et faire qu'on re&#231;oive &#231;a dans la figure, un monceau de technique. C'est peut-&#234;tre cela que nous nommons &lt;i&gt;roman&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas &#224; quoi on a mal. Si on a mal parce que c'est une &lt;i&gt;vie de saint&lt;/i&gt;, qu'elle nous &#233;tablit sous l'enseigne BW, ou si on a mal parce que le vieux costume de l'arrondissement Saint-Germain montre ainsi la corde, et que l'odeur n'est pas fra&#238;che. Mais c'est pour &#231;a qu'il est n&#233;cessaire, ce bouquin, c'est pour &#231;a qu'un mois plus tard &#231;a tarabuste encore la cervelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
M'&#233;tonne pas beaucoup que ce bouquin-l&#224; ait vite trouv&#233; sa place, bien &#224; l'&#233;cart des pacotilles du livre de masse. Le genre de bouquin qui d&#233;bordent leur nature d'objet, de livre. &#199;a fume, &#231;a sent vaguement le cram&#233;, c'&#233;tait &#231;a l'odeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du bouquin, il y a cette &#233;vidence : le rire qu'on entend, dans la pi&#232;ce &#224; c&#244;t&#233;, en tout cas de l'autre c&#244;t&#233; du mur, c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de l'erreur &#8211; je r&#233;p&#232;te, &lt;i&gt;monumentale&lt;/i&gt; &#8211; de Bernard Wallet : l'&#233;dition &#231;a ne remplace ni la vie (la vie comme exp&#233;rience) ni l'&#233;criture (qui est exp&#233;rience aussi). L'autre oui, en &#233;crivant, et en nous passant de main &#224; main ce monceau de technique avec homme qui rage, elle est au m&#234;me endroit, du Solex, du Kashmir interdit, de la langue arrach&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'aurait pas pu y avoir ce livre de Lydie Salvayre si Bernard Wallet, un temps, n'avait cess&#233; de voir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt; &lt;script type=&#034;text/javascript&#034; src=&#034;http://www.bibliosurf.com/spip.php?page=widgetbis&amp;ean=9782020997119&#034;&gt; &lt;/script&gt; &lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;compl&#233;ments&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Lydie Salvayre, entretien avec Sylvain Bourmeau pour Mediapart&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9zsjd&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9zsjd&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9zsjd&#034;&gt;Lydie Salvayre, BW (Mediapart)&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/Mediapart&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;le dossier Lydie Salvayre du &lt;a href=&#034;http://www.lmda.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Matricule des Anges&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jean-Philippe Toussaint sur web</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1955</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Toussaint, Jean-Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Bourmeau, Sylvain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;et comment d&#233;samorcer toute statue de soi-m&#234;me&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;site | infos, t&#233;l&#233;chargement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot408" rel="tag"&gt;Toussaint, Jean-Philippe &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot409" rel="tag"&gt;Bourmeau, Sylvain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1955.jpg?1352732883' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean-Philippe Toussaint sur Internet, ce n'est pas nouveau. C'est son traducteur allemand &#8211; Mirko Schmidt &#8211; qui lui avait &lt;a href=&#034;http://www.jean-philippe-toussaint.de/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;fait ce cadeau&lt;/a&gt;, il y a d&#233;j&#224; un paquet d'ann&#233;es &#8211; et notamment lorsque l'ensemble des traducteurs de &lt;i&gt;La salle des bains&lt;/i&gt; et autres livres s'&#233;taient retrouv&#233;s en Allemagne pour une confrontation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, ces derni&#232;res ann&#233;es, le m&#234;me Toussaint expose ses images (voir &lt;a href=&#034;http://www.jptoussaint.com/exposition-de-pau.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Livre&lt;/a&gt;), et comment ne pas s'approprier soi-m&#234;me les outils du web ? Techniquement, rien de compliqu&#233; &#8211; on ne le dira jamais assez &#8211; et les cha&#238;nes d'amiti&#233; sont pr&#234;tes pour collaborer. Comme tant plein d'autres et moi aussi, Toussaint a dans son sac un MacBook, installer des contenus en ligne c'est juste d&#233;cider &#224; quel endroit on placera la lucarne ext&#233;rieure sur l'atelier personnel, et quelle taille elle aura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors les sentiers bifurquent : les miens, ici, m'ont amen&#233; progressivement (et probablement de fa&#231;on de plus en plus irr&#233;versible) vers le site comme oeuvre elle-m&#234;me, arborescente, avec rapport direct au quotidien &#8211; parfois m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/wcam/0403ADam.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en y croisant JPT himself&lt;/a&gt; !, jusque dans la &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique27&#034;&gt;fiction&lt;/a&gt;. Le flux rss est l'outil principal pour le lien &#224; &lt;a href=&#034;http://www.netvibes.com/tierslivre#tiers_livre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;galaxie&lt;/a&gt; d'autres sites. L'aspect &#233;conomique m&#234;me s'y greffe progressivement avec &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1901' class=&#034;spip_in&#034;&gt;publie.net&lt;/a&gt;, qui fonctionne de plus en plus comme cabinet de lecture gr&#226;ce &#224; nos formules d'abonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toussaint conna&#238;t tous ces rouages : monter la production d'un film, ce n'est pas une affaire d'amateur. Son site, dans l'architecture, c'est comme le &lt;a href=&#034;http://bovary.univ-rouen.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;monument Flaubert&lt;/a&gt; dress&#233; par Yvan Leclerc, avec cette prouesse gigantesque de l'acc&#232;s &#224; la Correspondance, aux manuscrits de &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc passer tout de suite au-del&#224; de la formule actualit&#233;, agenda (qui y est tr&#232;s &lt;a href=&#034;http://www.jptoussaint.com/actualites.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;discret&lt;/a&gt;, de m&#234;me que la page &lt;a href=&#034;http://www.jptoussaint.com/liens.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;liens&lt;/a&gt; minimum, qui pourtant, dans notre petit monde Internet, est une fa&#231;on de circulation, de don et contre-don...), ou bien &lt;i&gt;l'auteur vous parle en direct&lt;/i&gt;. C'est bien l'oeuvre qui est mise en avant, en conservant une nette s&#233;paration d'avec le web &lt;i&gt;comme&lt;/i&gt; &#233;criture. Le site reste la m&#233;diation du livre (&#233;ditions, traductions) et de sa r&#233;ception (entretiens, articles). Est-ce que ce n'est pas nier la sp&#233;cificit&#233; m&#234;me de l'Internet, bas&#233;e sur l'interactivit&#233; et l'&#233;change direct ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exceptions : ainsi cet &#233;change mail de JPT et d'un commandant de bord sur ce qu'il per&#231;oit aux commandes d'un Boeing 747 (en PDF, sur page &lt;i&gt;La v&#233;rit&#233; sur Marie&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui conna&#238;t Toussaint m&#234;me rien qu'un peu, pas crainte qu'il fasse dans l'auto-monument, ou se prenne &#224; pi&#232;ge glauque de la moindre statutification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, mise &#224; disposition de l'atelier Toussaint. C'est du html simple, on clique sur le titre du livre, on a la liste des documents embarqu&#233;s. Depuis longtemps la r&#233;daction du livre se fait &#224; l'ordinateur, mais Toussaint (il l'explique dans une des vid&#233;so) archive chacune de ses s&#233;ances de travail via &#034;enregistrer sous&#034; &#8211; pour ma part, ne pas les conserver c'est ma mani&#232;re d'essayer de subvertir l'ordinateur, garder prise avec le risque, le fragile). On a donc acc&#232;s &#224; tout un ensemble de PDF, brouillons, sorties imprimantes annot&#233;es, plans et structures, voire &lt;i&gt;d&#233;bris&lt;/i&gt; et l&#224; le boulot de Toussaint est fascinant. Voir la fin de &lt;a href=&#034;http://www.jptoussaint.com/l-appareil-photo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'appareil photo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on retrouve le Toussaint qu'on aime, cette distance et cette simplicit&#233; qui lui sont propres, dans cette fa&#231;on de d&#233;samorcer la notion m&#234;me de travail, dans ces vid&#233;os maison sur les chemins de randonn&#233;e du Cap Corse, l'installation du bureau et d&#233;marrage du Mac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Questions au passage sur l'utilisation du traitement de texte : pages tr&#232;s serr&#233;es, non justifi&#233;es, sans recours aux fonctions graphiques (&lt;i&gt;Fuir&lt;/i&gt;, dit-il, tient en 23 pages de Word), et pr&#233;sence r&#233;currente des sorties imprimantes pour correction manuelle &#8211; au point de poser syst&#233;matiquement l'imprimante sur la table &#224; c&#244;t&#233; du Mac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors une autre fa&#231;on de poser l'&#233;quation num&#233;rique dans l'atelier de l'&#233;crivain : le site, c'est le regard sur les outils num&#233;riques, mais l&#224; o&#249; la permanence d'&#233;crire commande. &#201;couter, ci-dessous, ce qu'il dit de la marche.&lt;/p&gt;
&lt;object width=&#034;425&#034; height=&#034;344&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/0wrFEmOvqVw&amp;color1=0xb1b1b1&amp;color2=0xcfcfcf&amp;feature=player_embedded&amp;fs=1&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/0wrFEmOvqVw&amp;color1=0xb1b1b1&amp;color2=0xcfcfcf&amp;feature=player_embedded&amp;fs=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034; width=&#034;425&#034; height=&#034;344&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi pas le site comme travail d'&#233;quipe ? Comme &#231;a a &#233;t&#233; le cas, il semble que la vieille amiti&#233; qui lie Jean-Philippe Toussaint et Patrick Deville ait fonctionn&#233;, c'est &#224; la MEET de Saint-Nazaire que le site a &#233;t&#233; lanc&#233;. Et l&#224; aussi, nouveaut&#233; (&#244; Patrick, on peut te parler web, maintenant !) : que le site Net soit pris au s&#233;rieux comme objet d'intervention publique... C'est Sylvain Bourmeau qui est au micro pour la soir&#233;e, 52' comme si on y &#233;tait, c'est sur la page d'accueil de&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jptoussaint.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.jptoussaint.com&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et si &#231;a donne des id&#233;es &#224; d'autres coll&#232;gues, personne ne s'en plaindra. Petite bizarrerie : sur la mappemonde clignotante qui sert de page d'accueil &#224; la partie auteur, pourquoi avoir gomm&#233; Bruxelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On salue Marie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt; &lt;script type=&#034;text/javascript&#034; src=&#034;http://www.bibliosurf.com/spip.php?page=widgetbis&amp;ean=9782707320889&#034;&gt; &lt;/script&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sylvain Bourmeau, cam&#233;ra, scooter et Mediapart</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1852</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1852</guid>
		<dc:date>2009-08-09T20:50:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>audio &amp; video</dc:subject>
		<dc:subject>Quignard, Pascal </dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivain, un m&#233;tier ?</dc:subject>
		<dc:subject>presse, revues, journaux</dc:subject>
		<dc:subject>L'Incendie du Hilton</dc:subject>
		<dc:subject>Salvayre, Lydie </dc:subject>
		<dc:subject>Hesse, Thierry </dc:subject>
		<dc:subject>Waberi, Abdourahmane </dc:subject>
		<dc:subject>Bourmeau, Sylvain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;la rentr&#233;e litt&#233;raire en 30 entretiens vid&#233;o par Sylvain Bourmeau&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;audio &amp; video&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Quignard, Pascal &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot238" rel="tag"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot303" rel="tag"&gt;presse, revues, journaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot307" rel="tag"&gt;L'Incendie du Hilton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot317" rel="tag"&gt;Salvayre, Lydie &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot318" rel="tag"&gt;Hesse, Thierry &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot319" rel="tag"&gt;Waberi, Abdourahmane &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot409" rel="tag"&gt;Bourmeau, Sylvain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1852.jpg?1352732812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sylvain Bourmeau est n&#233; du journalisme presse et radio, bien avant le web : &#224; France Culture et surtout aux Introckuptibles. Il s'est impliqu&#233; d&#232;s le d&#233;but dans la belle aventure &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt; : presse payante sur le Net, avec ouvertures via blogs. En deux ans, c'est un nouveau m&#233;tier qu'apprend ou invente Sylvain Bourmeau, et ceux qui lui ressemblent : non plus &#233;crire sur un texte re&#231;u sous forme de service de presse, mais proposer un ensemble de ressources. Bien s&#251;r, son avis critique, son choix, sa &lt;i&gt;prescription&lt;/i&gt;. Mais la rencontre avec l'auteur se fait avec cam&#233;ra vid&#233;o. Il sort ensuite de sa poche un enregistreur et vous propose de lire un extrait du livre. Et Mediapart propose le tout ensemble &#224; ses abonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chance de l'&#233;t&#233;, Sylvain Bourmeau propose les vid&#233;os directement sur DailyMotion avec acc&#232;s libre sur Face Book : l&#224; encore, nouvelle configuration, le r&#233;seau social venant en appui et irrigation du site payant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#224; nous de suivre Sylvain Bourmeau dans ses choix, mais surtout cette &lt;i&gt;&#233;criture web&lt;/i&gt; qui na&#238;t de pratiques et usages neufs. C'est lui-m&#234;me qui conduit l'entretien, et en propose le montage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que je suis en train de lire &lt;i&gt;BW&lt;/i&gt; de Lydie Salvayre, et que vous en reparlerai, parce que &#231;a d&#233;passe et Lydie et Bernard, mais c'est l'&#233;criture d'un petit pan g&#233;n&#233;rationnel, attrap&#233; tout vif et avec tous les angles du grand Wallet, par elle je reprends les vid&#233;os de Sylvain. Je vous dis que : 1, tout est &#224; &#233;couter tr&#232;s s&#233;rieusement et au mot pr&#232;s dans ce que dit Lydie, 2, que le livre est &#224; hauteur de cette foudre dont elle parle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lydie Salvayre | BW&lt;/h2&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9zsjd_lydie-salvayre-bw-mediapart_news&amp;autoPlay=1&amp;related=1&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9zsjd_lydie-salvayre-bw-mediapart_news&amp;autoPlay=0&amp;related=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9zsjd_lydie-salvayre-bw-mediapart_news&amp;autoPlay=1&amp;related=1&#034;&gt;Lydie Salvayre, BW (Mediapart)&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/Mediapart&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pascal Quignard | La barque silencieuse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pas besoin de dire que tous les habitu&#233;s des premiers livres du &lt;i&gt;Dernier Royaume&lt;/i&gt; seront au rendez-vous :&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9us6b_pascal-quignard-la-barque-silencieu_news&amp;autoPlay=1&amp;related=1&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9us6b_pascal-quignard-la-barque-silencieu_news&amp;autoPlay=0&amp;related=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9us6b_pascal-quignard-la-barque-silencieu_news&amp;autoPlay=1&amp;related=1&#034;&gt;Pascal Quignard, La Barque silencieuse (Mediapart)&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/Mediapart&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abdourahmane Waberi | Passage des larmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plaisir de retrouver &lt;i&gt;live&lt;/i&gt; mon ami vend&#233;en Abdourahmane Waberi :&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9zq0h_abdourahman-waberi-passage-des-larm_news&amp;autoPlay=1&amp;related=1&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9zq0h_abdourahman-waberi-passage-des-larm_news&amp;autoPlay=0&amp;related=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9zq0h_abdourahman-waberi-passage-des-larm_news&amp;autoPlay=1&amp;related=1&#034;&gt;Abdourahman Waberi, Passage des larmes (Mediapart)&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/Mediapart&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Thierry Hesse | D&#233;mon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un livre que je recommande sans h&#233;siter. Thierry Hesse a pris son temps pour boucler un impressionnant voyage russe, incursion dans le stalinisme, mais &#233;videmment d'abord exploration du lien &#233;criture et histoire.&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9w13e_thierry-hesse-demon-mediapart_news&amp;autoPlay=1&amp;related=1&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9w13e_thierry-hesse-demon-mediapart_news&amp;autoPlay=0&amp;related=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9w13e_thierry-hesse-demon-mediapart_news&amp;autoPlay=1&amp;related=1&#034;&gt;Thierry Hesse, D&#233;mon (Mediapart)&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/Mediapart&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; vous d'aller voir sur Mediapart pour les autres rendez-vous de Sylvain Bourmeau, avec Noemi Lefebvre (&lt;i&gt;L'autoportrait bleu&lt;/i&gt; chez Verticales, on lui souhaite une belle r&#233;ussite), Catherine Mavrikakis (livre paru au Qu&#233;bec il y a bien 4 ou 5 mois, pourquoi on doit l'attendre autant ?) ou Marie NDiaye... On finit par ce dr&#244;le de type qui essaye de se faire passer pour moi :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon | L'Incendie du Hilton&lt;/h2&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9yhqy_francois-bon-lincendie-du-hilton-me_news&amp;autoPlay=1&amp;related=1&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9yhqy_francois-bon-lincendie-du-hilton-me_news&amp;autoPlay=0&amp;related=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;420&#034; height=&#034;339&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x9yhqy_francois-bon-lincendie-du-hilton-me_news=1&amp;related=1&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon, L'Incendie du Hilton (Mediapart)&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/Mediapart&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>votre chanson pr&#233;f&#233;r&#233;e de Led Zeppelin ?</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1384</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1384</guid>
		<dc:date>2008-09-10T17:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Led Zeppelin</dc:subject>
		<dc:subject>musique, musiciens</dc:subject>
		<dc:subject>Bourmeau, Sylvain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;entretiens &#224; partir de &#171; Rock'n Roll, un portrait de Led Zeppelin &#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;Rock'n Roll, un portrait de Led Zeppelin&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Led Zeppelin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;musique, musiciens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot409" rel="tag"&gt;Bourmeau, Sylvain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1384.jpg?1352732451' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#231;a y est, c'est en librairies, FNAC, Virgin etc... - rayon musique &#233;videmment, confondons pas le rock et la litt&#233;rature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;premier agenda : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; vendredi 12, 13h, direct RTBF
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; vendredi 26, Paris, 19h, librairie Pens&#233;es Class&#233;es (9, rue Jacques Coeur, Paris Bastille)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sauramps (Montpellier) 17 octobre, Kleber (Strasbourg) 8 novembre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class=mini&gt;
Ce jeudi 4 septembre, avec l'arriv&#233;e de &lt;i&gt;Led Zeppelin&lt;/i&gt; en librairie, peut-&#234;tre que la principale mention du livre, pour moi, c'est &#224; la toute fin, les deux dates : 2002-2008.
&lt;p&gt;J'ai racont&#233; comment l'id&#233;e de ce livre m'&#233;tait venue un matin, dans un &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1279' class=&#034;spip_in&#034;&gt;cimeti&#232;re de Kyoto&lt;/a&gt;, au Japon. L'id&#233;e qu'on pouvait appeler les morts (les Stones ont beaucoup de morts sur leur route, mais il s'agissait de sculpter des vivants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une des petites curiosit&#233;s mineures de l'&#233;poque : on nous propose beaucoup moins &#224; lire de compte rendus critiques, mais beaucoup plus souvent de parler nous-m&#234;mes, via entretiens. Je refuse les entretiens t&#233;l&#233;phoniques. D'abord je les r&#233;ussis mal : soit je suis dans mon petit bureau, avec les tracas, le pianotage sur &#233;cran, les courses &#224; faire ou la sortie d'&#233;cole qui se pointe, ou je suis derri&#232;re mon grillage, avec les voisins qui saluent et les voitures qui passent, dans les deux cas, difficile de se concentrer. Et puis c'est trop les m&#234;mes questions, ou plut&#244;t la m&#234;me technique : &#171; Alors vous voulez dire que&#8230; &#187; ou &#171; Alors on pourrait dire que&#8230; &#187; et proposition d'une phrase dont vous savez que vous la retrouverez comme si vous l'avez dite&#8230; Je n'aime pas trop non plus les &#233;missions de radio &#233;clair : on vous propose de parler 3 minutes, mais comme c'est d&#233;j&#224; le temps qu'il me faut pour finir une seule phrase, je sens bien que ce n'est pas le vocabulaire de mes interlocuteurs (1, la nostalgie, 2, la chanson pr&#233;f&#233;r&#233;e, 3, ce qu'on pense d'eux maintenant, 4, vous &#233;crivez sur quoi maintenant merci Fran&#231;ois Bon au revoir je rappelle votre livre&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel bonheur, en revanche, au hasard d'une station FR3 de province (Tonton Sigismond &#224; Lille !), vous voil&#224; avec un amateur passionn&#233; qui a amen&#233; ses tickets d'entr&#233;e de tr !s vieux concerts, ou lorsque &#224; France Culture Alain-G&#233;rard Slama a dit son incompr&#233;hension radicale &#224; &#233;couter Dylan, ou lorsqu'on d&#233;rive avec Alain Veinstein, ou l'accueil et l'attention de la RTSR, ou ce studio de Radio Juda&#239;ca dans les sous-sols de la grande synagogue de Strasbourg, quand on est parti sur Dylan et la po&#233;sie, ou les tribunes impr&#233;vues qu'on se voit offrir (par le MKII, l'an dernier) et bien d'autres rencontres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors je sais que c'est une ran&#231;on br&#232;ve, dans trois semaines plus personne ne vous le proposera, mais quand m&#234;me, un petit go&#251;t de luxe d&#233;sormais, qui fait appr&#233;cier qu'on vous pose les &lt;i&gt;bonnes&lt;/i&gt; questions. Celles qui me plaisent ? Non, plut&#244;t celles qui me d&#233;rangent, me renvoient dans mes doutes. En tout cas, celles qui ne font pas l'&#233;conomie de l'&#233;criture, ou de la complexit&#233; qu'il peut y avoir &#224; attraper une &#233;poque par ses fonctionnements symboliques, dans cette mutation o&#249; s'invente quand m&#234;me quelque chose d'essentiel, l'amplification marchande d'une fonction populaire ou rituelle, la musique. Et qu'il y a eu mort d'homme (John Bonham).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici mes trois premiers entretiens par mail. D'abord pour remercier leurs trois questionneurs, Norbert Czarny pour la Quinzaine Litt&#233;raire, Olivier Menu du R&#233;publicain Lorrain, et R&#233;mi Bonnet de L'&#201;cho R&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; mis en ligne l'article que m'avait g&#233;n&#233;reusement demand&#233; &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1085' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le Monde 2&lt;/a&gt; en d&#233;cembre 2007, &#224; l'occasion de la reformation de Led Zeppelin. Et merci aussi aux Inrocks pour leur extrait et entretien paru en juillet, ainsi qu'&#224; Sylvain Bourmeau pour l'entretien vid&#233;o r&#233;serv&#233; aux abonn&#233;s de &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;sommaire&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=mini&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#czarny&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;entretien avec Norbert Czarny&lt;/a&gt;, pour la Quinzaine Litt&#233;raire
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#menu&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;entretien avec Olivier Menu&lt;/a&gt; pour L'Est R&#233;publicain
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#bonnet&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;entretien avec R&#233;mi Bonnet&lt;/a&gt; pour L'Echo R&#233;publicain
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'aime bien le principe de l'entretien mail. Je choisis le moment pour r&#233;pondre, on a &#233;chang&#233; auparavant avec l'envoyeur, et je le fais en temps r&#233;el, souvent en train, ou bistrot ou autre, mais pas &#224; la table de travail. Et j'aime aussi l'id&#233;e d'utiliser le traitement de texte comme outil d'improvisation, le pousser &#224; la limite de l'oral, laisser de l'ellipse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je sais bien, c'est &#231;a qui est chouette d&#233;sormais avec les sites, que mes prochains interlocuteurs seront pass&#233;s tra&#238;ner par ici. Alors peut-&#234;tre inaugurer une autre &#233;tape, questions qui s'encha&#238;nent, se compl&#232;tent, et surtout pas revenir aux m&#234;mes : un entretien, c'est toujours un peu le match d'impro, et, s'il s'agit de rock'n roll, autant qu'on s'amuse nous aussi, des deux c&#244;t&#233;s de la plume ou du micro&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_775 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/LZ_1.jpg?1220462657' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;czarny&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;entretien avec Norbert Czarny, La Quinzaine litt&#233;raire, version int&#233;grale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Vous avez consacr&#233; une biographie aux Rolling Stones, et &#224; Bob Dylan. Ici, c'est le mot rock'n roll que vous mettez en relief, et celui de portrait. Quelle continuit&#233; et quelles diff&#233;rences (singulier ou pluriel) marquez-vous ainsi entre ces trois livres ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Pour moi, plut&#244;t une sorte de monolithe, ou un outil optique. L'arch&#233;ologie des Stones pour toucher images, objets, peau de la mutation des ann&#233;es 60. Dylan un peu en amont avec l'assassinat de Kennedy, le mur de Berlin et la guerre froide. Et Led Zeppelin marqueur des ann&#233;es 70. Ce qui est commun, c'est une possibilit&#233; sans limite de reconstituer un r&#233;el extr&#234;mement document&#233;, documentation encore en phase d'accumulation, avec une large part r&#233;serv&#233;e &#224; l'enqu&#234;te personnelle. Ce qui est diff&#233;rent, c'est &#233;videmment ceux dont on parle : Dylan, &#233;norm&#233;ment d'&#233;nigme, et par contre la litt&#233;rature (Rimbaud, les surr&#233;alistes, Ginsberg) comme prime permanent. Led Zeppelin, une sorte de mon &#233;tanche, &#224; l'art contemporain de leur temps, &#224; la culture en g&#233;n&#233;ral, et pourtant ils se hissent pareillement &#224; &#234;tre incarnation d'une &#233;poque. D'o&#249; briser avec la lin&#233;arit&#233;, faire marcher le livre au rythme de l'enqu&#234;te plut&#244;t que la chronologie. Il y a toujours au bout le m&#234;me myst&#232;re : au d&#233;part, des types &#224; qui nous tous on a ressembl&#233;, la province, trois accords de guitare. Qu'est-ce qui fait que c'est sur eux que le destin a catalys&#233; ? Et comment, de l'int&#233;rieur, au prix parfois de la litt&#233;rale destruction (Brian Jones, John Bonham), leur invention s'est &#224; son tour hiss&#233;e l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - Ces trois livres occupent sans doute une certaine place dans votre travail de romancier. Pouvez-vous pr&#233;ciser laquelle, sachant que vous refusez le concept d'&#233;criture rock, que vous parlez, page 105 d' &#171; &#233;crire lourd &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Je n'ai jamais &#233;t&#233; &#171; romancier &#187;. J&#233;r&#244;me Lindon rajoutait la mention sur tous ses livres, Echenoz non plus ne l'indiquait pas. Je n'ai jamais per&#231;u la litt&#233;rature autrement que comme mise en r&#233;flexion de ce qu'on ne comprend pas du monde. Les &#171; vies &#187; en sont une des longues traditions, depuis l'origine. Je ne sais pas si on travaille jamais autrement que sur ou au travers de soi. Je n'ai pas d'histoire personnelle particuli&#232;re. S'il y en a une, elle est enti&#232;rement dans le court texte &#233;crit &#224; la mort de mon p&#232;re, &#171; M&#233;canique &#187;. Hors, pour ce m&#234;me &#226;ge, et au m&#234;me temps, pour Keith Richards ou Bob Dylan, ou Jimmy Page, on a ces mines de t&#233;moignages, photographies, documents film&#233;s. Ils constituent une histoire qu'au m&#234;me moment nous ne savions pas &#234;tre histoire, m&#234;me si Michel Foucault, Michel de Certeau, Roland Barthes, Georges Perec, posaient cette surface tr&#232;s mince, au m&#234;me moment, dans son enjeu propre. Il se trouve, par ailleurs, que cette tr&#232;s mince couche est devenue un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant dans le chemin du monde, la domination uniformis&#233;e de l'anglais, les maisons d'&#233;dition et les t&#233;l&#233;visions aux mains des marchands de missiles ou des rois du b&#233;ton. En travaillant sur l'&#233;mergence du rock, on voit tout cela se fabriquer. Alors bien s&#251;r, pas de tentation populiste ou simplificatrice de la langue : la violence, par exemple, est une question trop complexe pour des ouvre-bo&#238;te trop simples, ou mim&#233;tiques. Mais j'&#233;cris avec &#231;a dans les oreilles. La musique c'est quand m&#234;me un tunnel sp&#233;cifique : on se glisse dans l'&#233;coute, elle vous d&#233;pose &#224; l'autre bout du temps. Pour Led Zeppelin, c'est un myst&#232;re suppl&#233;mentaire par rapport aux Stones ou &#224; Dylan : la question du rythme, la frappe de peau de Bonham, est l'&#233;l&#233;ment essentiel. Comment en rendre compte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 - Ce livre est aussi une plong&#233;e dans les ann&#233;es soixante-dix : que repr&#233;sente cette &#233;poque pour vous ? Quel rapport entretient-elle avec celle que nous vivons ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Si je le savais, je n'aurais pas besoin de l'&#233;crire. On n'a pas encore commenc&#233; le bilan. La facilit&#233; de se d&#233;placer, mais aussi la premi&#232;re rupture avec l'euphorie marchande, les 500 000 ch&#244;meurs, la 1&#232;re crise du p&#233;trole. Mais aussi le droit de vote &#224; 18 ans. Les exp&#233;riences limite de la drogue passant de l'&#233;lite artistique &#224; la consommation de masse. Et pour ceux de mon &#226;ge, des virages non pr&#233;m&#233;dit&#233;s, rupture avec id&#233;e trop simple du politique, et sans doute grand d&#233;sarroi au bout, puisqu'&#224; Moscou, en juillet 1978, je m'ach&#232;te un cahier et je mets &#224; &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 - La technique et en particulier certains progr&#232;s en mati&#232;re d'instruments ou de diffusion du son (nouvelles guitares, nouvelles batteries, apparition du 45 tours) joue un grand r&#244;le. Quelles r&#233;percussions cela a-t-il eu selon vous ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est ce qui me mettait en rage, dans la masse des livres qu'on peut d&#233;j&#224; consulter, dans le monde anglo-saxon, sur cette naissance du rock (135 bouquins disponibles sur Led Zeppelin : preuve quand m&#234;me qu'ils prennent &#231;a un peu plus au s&#233;rieux qu'ici), c'est trop de simplification. En litt&#233;rature, ce qu'on a appris aux travaux sur Flaubert, sur Proust, sur C&#233;line, c'est l'importance de la gen&#232;se. Et l'importance du contexte. Tenter de savoir comment et pourquoi les Beatles et les Rolling Stones ont pu trouer la domination du jazz, sans s'interroger parall&#232;lement sur la p&#233;n&#233;tration de la t&#233;l&#233;vision ou l'apparition du transistor. Il n'y a qu'&#224; partir d'un certain grossissement de microscope que tout cela devient int&#233;ressant : les voitures, les maisons, le fric. Alors oui, tr&#232;s concr&#232;tement, dans une constellation de points minuscules, on travaille &#224; m&#234;me la repr&#233;sentation du monde. Quand Jimmy Page gagne 3 sous, &#224; partir de ses 13 ans, il change sa guitare pour une qui vaut 7 sous et ainsi de suite. Si on ne regarde pas de pr&#232;s la guitare, on n'entre pas dans ce qui seul nous importe, le mental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 - Vous parlez du rock comme d'un &#171; mode de destruction naturelle &#187; (p 45). Pouvez-vous &#233;clairer cette expression ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est dans Artaud qu'il faut chercher la solution, s'il y en a une. On n'invente pas, en art, sans une posture excessive. La posture excessive ne suffit pas, &#224; elle seule, &#224; garantir que cette invention vaille. Passionnant comment la vieille Angleterre fait des 6 Rollin' Stones, &#224; leur d&#233;but, alors qu'ils sont des gar&#231;ons sages et des puristes du rythm'n blues, des mauvais gar&#231;ons, bien avant que l'id&#233;e leur en vienne. Ils d&#233;couvrent tellement jeunes, et pareil pour Dylan, les Who, le Zeppelin, et idem pour Morisson, ou Hendrix, ou Janis, ou plus tard Clash et tant d'autres, avoir &#233;t&#233; projet&#233;s dans l'absolu d'&#234;tre artiste. Le corps tient le coup, et il est confront&#233; &#224; une exp&#233;rience extr&#234;me. Le plus passionnant dans les interviews des Zeppelin c'est peut-&#234;tre &#231;a, l'exp&#233;rience non ma&#238;trisable de la foule, la violence &#224; exercer sur soi pour l'exc&#232;s du concert. Peut-&#234;tre que Keith Richards, qui aura 65 ans &#224; No&#235;l, est en mesure aujourd'hui de r&#233;fl&#233;chir en quoi l'exc&#232;s, qui aurait pu mille fois le d&#233;truire, n'&#233;tait pas une condition n&#233;cessaire &#224; sa posture de guitariste et sa part de g&#233;nie propre, une certaine raideur dans le rythme. Bien certainement qu'il r&#233;pondrait, darling, qu'il referait la m&#234;me chose exactement&#8230; Reste que nous on doit passer par les morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6 - Led Zeppelin, ce sont aussi quatre cr&#233;ateurs, des univers tr&#232;s forts, si l'on pense au guitariste Jimmy Page, et &#224; sa fascination pour l'occultisme. Quel lien feriez-vous avec ce qui constitue votre quotidien, l'&#233;criture ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Pour Led Zeppelin, une grande partie du travail a &#233;t&#233; de d&#233;construire la l&#233;gende pr&#233;-d&#233;termin&#233;e. Dont l'occultisme, les partouses, l'h&#233;ro&#239;ne et autres. Ce qui ne veut pas dire que cela n'a pas &#233;t&#233; : mais il faut le situer dans une temporalit&#233;, des &#233;chelles plus pr&#233;cises. Ce qui caract&#233;rise aussi Jimmy Page, c'est une forte oscillation entre l'univers des beaux arts et la musique, c'est le fait d'avoir &#233;t&#233; fils unique un peu trop g&#226;t&#233; par des parents absents, qui compensaient par les &#233;lectrophones et les orgues &#233;lectriques, avec au-dessus de la t&#234;te le bruit des avions de l'a&#233;roport proche. Et le lien, toujours, un seul : on s'acharne au travail, mais pas de garantie, d'aucune sorte. On prend plut&#244;t des coups, on se fait snober sur la d&#233;marche, retour &#224; la question de d&#233;part : on a toujours une ou deux cat&#233;gories &#224; r&#233;viser &#8211; non pas &#171; romancier qui &#233;crit sur le rock &#187;, mais que l'&#233;criture, &#224; un moment donn&#233;, puisse vous appeler dans ces zones limites du r&#233;el. Alors oui, &#224; cet endroit, les musiciens sont des guides. Ils vont plus avant que nous dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 - Dans ce livre comme dans celui sur les Rolling Stones, on est frapp&#233; par la fin, ou plus exactement par le fait qu'il n'y a pas vraiment de fin. C'est comme si vous renonciez (c'est surtout le cas pour les Stones). Pourquoi ce renoncement ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Dans le livre sur les Stones, la jouissance &#224; l'&#233;criture biographique c'est qu'elle est circulaire. A un moment donn&#233;, et l&#224; c'&#233;tait en racontant leur brouille de 1983, la totalit&#233; du portrait pr&#233;sent a d&#233;j&#224; pass&#233;, ne serait-ce qu'en n&#233;gatif, image &#224; &#233;carter, dans les chapitres pr&#233;c&#233;dents. Et fin ouverte, parce que ces types vivent, travaillent. Peut-&#234;tre qu'&#224; la sortie du 2&#232;me tome des &#171; Chroniques &#187; de Dylan je devrai remettre mon livre sur le m&#233;tier. Ce que j'ai per&#231;u, de fa&#231;on aigue, c'est d'avoir &#224; ouvrir une porte, un chemin, vers ce n&#339;ud d'intensit&#233;. Il n'a pas de fronti&#232;res. Pour Led Zeppelin, si, la st&#232;le sur la tombe de Bonham, &#224; la fin du livre, o&#249; un zigoto est venu, un jour, piquer les cymbales scell&#233;es par la famille dans le ciment. Travailler sur une fin ouverte. Phrase r&#233;cente de Stephen Hawking : &#171; l'univers est un objet ferm&#233; sans fronti&#232;res ni bords &#187;. De m&#234;me il reste tellement de myst&#232;re sur l'enfance, et tellement de murs de silence. Dire &#224; la fin : Robert Plant, mais baladez-vous &#224; Barb&#232;s, vous avez une chance de le croiser, continuez vous-m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_776 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/LZ2.jpg?1220462666' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;menu&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entretien avec Olivier Menu pour l'Est R&#233;publicain, version int&#233;grale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Apr&#232;s les Stones et Bob Dylan, vous avez pr&#233;f&#233;r&#233; vous attaquer &#224; Led Zep plut&#244;t qu'aux Beatles, ce qui aurait &#233;t&#233; une mani&#232;re logique, mais aussi peut-&#234;tre trop classique, de boucler la boucle. Est-ce &#224; dire que vous placez le Dirigeable au dessus des Fab Four ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Je n'ai pas raisonn&#233; de cette fa&#231;on. Je crois que je pars de ma propre adolescence, et que la musique c'est une sorte de tunnel pour trouer le temps. Led Zeppelin, on l'a vraiment beaucoup &#233;cout&#233;. Et c'est aussi une musique qui m'a accompagn&#233; en permanence. Les Stones c'&#233;taient les ann&#233;es 60, Dylan ce qu'il y avait en amont, et Led Zep une fa&#231;on d'aborder les ann&#233;es 70. Je ne crois pas que je me lancerais dans un tel travail sur les Beatles. Ou alors sur la vie de John Lennon. Mais je n'ai pas encore les &#233;l&#233;ments, cet enfermement de la fin, comme une renonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Comment expliquez-vous le formidable succ&#232;s rencontr&#233; par Led Zep dont les membres n'avaient pourtant rien de glamour ? Au charisme du frontman et ses pantalons moule-burnes, &#224; leur &#233;nergie, au talent de guitariste et de compositeur de Jimi Page ou &#224; l'absence d'adversaires dignes de ce nom ? Car pour en revenir aux Beatles - on en revient toujours - la concurrence des 60's (Stones donc, mais aussi Kinks, Who, Beach Boys, Creedence, Doors, etc.) &#233;tait autrement plus relev&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est pour &#231;a que c'est un mat&#233;riau extraordinaire pour comprendre ce qu'est la musique : aucun des quatre ne peut seul atteindre au g&#233;nie. Mais en quatuor, constitu&#233; pourtant arbitrairement, avec beaucoup de hasards, &#231;a devient hypnotisant. Je n'ai pas l'impression de concurrence, entre eux tous : plut&#244;t la force du blues, cette fa&#231;on de jouer plus fort. On avait l'impression de percer la peau de la vari&#233;t&#233;, de la chanson toute pr&#234;te, d'avoir &#224; faire &#224; la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Question stupide : quelle est votre chanson pr&#233;f&#233;r&#233;e de Led Zep, sinon votre album, pr&#233;f&#233;r&#233;, et pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Ce qui m'impressionne, pas seulement pour Led Zep, mais pour Hendrix et d'autres, c'est qu'on aborde seulement maintenant ces parcours comme une &#339;uvre, une construction. Pas quelque chose de volontaire, mais qui s'invente &#224; mesure. Tout le temps qu'on travaille sur un groupe, on &#233;coute plut&#244;t les alentours, les versions studios, les brouillons, les &#233;bauches, pour Black Dog c'est impressionnant : c'est le bassiste, John Paul Jones qui invente le riff. Le premier album est inusable. Physical Graffiti reste celui auquel je reviens le plus souvent. J'aime beaucoup Presence, enregistr&#233; en dix jours &#224; Munich, et les chansons jou&#233;es en direct &#224; la BBC (BBC sessions). Mais, je r&#233;p&#232;te, le chemin compte plus que les effets best-of. Je d&#233;teste les compils. Et, m&#234;me quand je repasse le IV, la plupart du temps je zappe Stairway to heaven.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Le groupe s'est reform&#233; exceptionnellement en d&#233;cembre dernier pour un unique show. Fa&#238;tes vous partie de ceux qui attendent f&#233;brilement une nouvelle tourn&#233;e, voire un nouvel album, ou pensez-vous que le pass&#233;, c'est le pass&#233;, et que le groupe n'aurait rien &#224; y gagner, sinon s'offrir deux ou trois nouveaux manoirs de plus ? &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Non, pas de f&#233;brilit&#233;, et pas de nostalgie non plus. J'ai toujours l'impression que la musique, le fait de l'avoir tellement &#233;cout&#233;e autrefois, permet de voyager dans le temps. De revenir voyager avec eux dans cette nuit &#224; rouler de Lyon &#224; Nancy, le 26 mars 1973, ou de cette incroyable nuit qui a suivi, Bonham enferm&#233; par la police et les roadies de Led Zep attaquant le commissariat. J'ai retrouv&#233; un article d'Andr&#233; Greiner, du R&#233;publicain Lorrain, sur les coulisses du concert. Et dans les bouquins sur Led Zep, une erreur de Richard Cole avait remplac&#233; Nancy par Nantes : le plaisir de la biographie, c'est d'aller reconstruire tout &#231;a. Pour le pr&#233;sent, j'ai un immense respect pour l'itin&#233;raire de Robert Plant, son ouverture aux musiques d'Afrique. Je n'ai pas essay&#233; d'aller au concert de d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Dans votre livre, vous semblez manifester une grande affection pour John Bonham, alors que le gaillard n'avait rien d'un enfant de choeur, de m&#234;me que Peter Grant, leur catcheur-manager. Cette image sulfureuse du groupe a-t-elle servi, selon vous, &#224; asseoir sa notori&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
On ne travaille pas &#224; l'affection. Bonham, avec Hendrix, Morrison, Brian Jones, c'est le cimeti&#232;re du rock, par o&#249; a pass&#233; la l&#233;gende. Et surtout un myst&#232;re : le fils d'un ma&#231;on charpentier de la banlieue de Birmingham, qui quitte l'&#233;cole &#224; 16 ans, joue dans des petits groupes du coin, et devient tout &#224; coup, avec un guitariste vieux routier du pop, la marque d'un son exceptionnel, un renouveau complet de la batterie&#8230; Et, pour Peter Grant, que la meilleure musique du monde ne saurait pas s'imposer s'il n'y a pas, derri&#232;re, comme Brian Epstein pour les Beatles ou Andrew Loog Oldham pour les Stones, un coup de poker c&#244;t&#233; finances et production. Et, dans ce cas-l&#224;, ce g&#233;ant, ancien catcheur, &#231;a m&#233;rite d'y aller voir de pr&#232;s. Y compris sur comment on nous fabriquait de la l&#233;gende, bien excessive, bien sulfureuse, bien noire. Mais la l&#233;gende sans la musique &#231;a ne suffit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. La drogue et les exc&#232;s en tous genres ont marqu&#233; la carri&#232;re du groupe : comment expliquez-vous cet ent&#234;tement &#224; l'autodestruction alors qu'ils se trouvaient sur le toit du monde ? Ou formul&#233; inversement : auraient-ils eu la m&#234;me carri&#232;re et la m&#234;me veine cr&#233;atrice sans l'usage de substances illicites ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&#199;a c'est le myst&#232;re. &#199;a m'avait frapp&#233; pour Keith Richards : &#224; 26 ans, un immense accomplissement musical, et s'enfoncer dans la drogue. Pour Led Zep, l'enfoncement dans la coca&#239;ne, puis l'h&#233;ro&#239;ne pour Page, n'est pas li&#233; &#224; l'invention musicale, comme elle peut l'&#234;tre pour Hendrix. Mais des gamins de 24 ans soumis &#224; une telle pression, comment ils peuvent s'en d&#233;fendre ? L'exc&#232;s en tout est li&#233; au rock'n roll : alors ils acceptent cet exc&#232;s, Bonham va y laisser sa peau, Page fr&#244;lera, et par contre Plant et Jones restent &#224; distance. &#199;a veut dire que personne ne r&#232;glera cette question, elle nous traverse tous &#224; &#233;galit&#233;, pour tout ce qui concerne la travers&#233;e de notre propre adolescence. Mais l'histoire individuelle des musiciens d'un groupe comme Led Zeppelin permet de travailler sur comment on r&#233;siste ou pas. Et le lien que &#231;a peut avoir avec la part de g&#233;nie en soi-m&#234;me, pour eux la musique, et quelle musique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_777 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/LZ3.jpg?1220462674' width='500' height='333' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;#sommaire&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;retour sommaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;bonnet&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;entretien avec R&#233;mi Bonnet pour l'&#201;cho R&#233;publicain, version int&#233;grale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Qu'est-ce qui vous a pouss&#233; &#224; &#233;crire sur Led Zeppelin ? Une nostalgie de votre adolescence ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Le besoin de revenir voir de plus pr&#232;s les ann&#233;es 70. En France, c'est toute une suite de changements : le droit de vote &#224; 18 ans, le droit &#224; l'avortement, la premi&#232;re crise du p&#233;trole, les 500 000 ch&#244;meurs, la t&#233;l&#233;vision couleur. Led Zeppelin, c'est exactement le marqueur des ann&#233;es 70, alors que les Stones &#224; ce moment-l&#224; acc&#232;dent &#224; une sorte de coquille dor&#233;e. Pas de nostalgie, mais, pour chacun de nous, bien s&#251;r l'obligation de travailler sur sa propre adolescence. Et c'est vrai que Led Zeppelin a beaucoup compt&#233;, on les a &#233;norm&#233;ment &#233;cout&#233;s, attendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - Vous &#233;crivez sur le rock alors que vous avez l'air de croire que rock et litt&#233;rature ne peuvent pas se m&#233;langer. N'est-ce pas un peu paradoxal ? &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
J'ai seulement dit qu'il n'y avait pas une fa&#231;on, populiste ou argotique par exemple, de parler du rock avec la langue. Ce sont des destins complexes, violents, qui demandent toute la ressource de la langue fran&#231;aise. Et il ne s'agit pas d'en parler parce que c'est le rock, mais bien parce qu'&#224; un moment donn&#233; le rock devient symbole de la mutation qui s'amorce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 - Tout au long du livre, on sent une certaine fascination pour John Bonham. Pourquoi lui ? Parce qu'il est mort jeune ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La litt&#233;rature a toujours d'abord affaire aux morts. On doit franchir des miroirs, entrer dans le pass&#233;. C'est une op&#233;ration longue, un peu magique. On convoque les morts, et on les suit. Si la litt&#233;rature c'&#233;tait un boulot de biblioth&#232;que et d'archiviste, mieux vaudrait faire autre chose. C'est notre saut &#224; l'&#233;lastique &#224; nous, d'appeler les morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 - Jimmy Page semble &#234;tre un personnage tr&#232;s myst&#233;rieux. Il rechigne beaucoup &#224; &#233;voquer son pass&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Page refuse, en effet, toute &#233;lucidation de son propre itin&#233;raire : les simplifications qu'on leur a coll&#233;es aux basques n'ont pas d&#251; &#234;tre toujours faciles &#224; vivre. Alors, &#224; nous de nous d&#233;brouiller avec les pistes accessibles, le guitariste prodige exhib&#233; en tourn&#233;e &#224; 16 ans, le choix de s'inscrire en &#233;cole des Beaux-Arts &#224; 18 ans, la tentation de l'occultisme, avec le rachat des reliques de ce mage un peu faisand&#233;, Aleister Crowley. Mais il y a d'autres volets &#224; la personnalit&#233; de Page : n'avoir jamais conduit une voiture, avoir &#233;t&#233; un des premiers collectionneurs des pr&#233;-Rapha&#235;lites comme Burn-Jones&#8230; A nous de mettre &#231;a en relief, de composer le puzzle, m&#234;me s'il nous en refuse la cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 - Led Zeppelin n'est-il pas une relique des ann&#233;es 70, arch&#233;type parfait du groupe de rock, avec le style de vie qui va avec ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Si c'&#233;tait une relique, on n'&#233;couterait pas aujourd'hui cette musique comme on le fait. Ce qui est sp&#233;cifique au rock, c'est cette amplification &#224; &#233;chelle de la plan&#232;te, cet exc&#232;s mis sur les &#233;paules de types de vingt ou vingt-cinq ans. Et, paradoxalement, sans cet exc&#232;s, ils n'auraient pas acc&#233;d&#233; &#224; leur propre invention. C'est &#231;a, qui m&#233;rite d'&#234;tre d&#233;m&#234;l&#233;, parce que le succ&#232;s a entra&#238;n&#233; une &#233;norme profusion de t&#233;moignages, d'archives : comme un chantier de fouilles arch&#233;ologiques, sur une question qui &#233;videmment nous concerne tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6 - Le punk qui a d&#233;ferl&#233; n'a-t-il pas rendu obsol&#232;te Led Zeppelin et son aura mystique ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
J'adore &#233;couter Clash ou Sex Pistols, et la naissance de ces groupes est assez similaire &#224; celle de Led Zep. C'est aussi un point curieux &#224; regarder : les nouveaux venus leur prennent leurs propres symboles, jouent dans des endroits o&#249; ils n'ont plus acc&#232;s, condamn&#233;s &#224; leurs immenses stades. Et l'inverse aujourd'hui : Robert Plant participant avec Tinarimen au festival du D&#233;sert&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 - N'y a-t-il pas une cassure apr&#232;s Led Zep IV ? Comment l'analysez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La cassure, dans ce cas, s'appelle Physical Graffiti, qui est leur plus grand disque. Dans ces douze ans qu'a dur&#233; le groupe (1968-1980), il y a une sorte d'explosion pr&#233;liminaire, avec ce Led Zep IV, le disque sans nom, une sorte de monolithe d'un seul bloc, compos&#233; &#224; la campagne, &#224; Headley Grange, en plein hiver, chacun dans une pi&#232;ce, le camion des Rolling Stones accol&#233; aux fen&#234;tres du salon pour enregistrer, et qui les oblige ensuite &#224; d&#233;ployer autrement leur musique. La derni&#232;re partie de l'histoire du groupe est marqu&#233;e par l'accident de voiture de Plant, la perte de son fils Tarak, les probl&#232;mes d'h&#233;ro&#239;ne de Page, mais c'est bien apr&#232;s le IV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8 - Vous accordez beaucoup d'importance aux marques d'instruments (guitares, batterie...), comme si vous d&#233;criviez une arm&#233;e en guerre. Pensez-vous que ces d&#233;tails soient si cruciaux ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Guerre ? Je ne crois pas. Ce qu'on a &#224; comprendre, c'est impalpable : &#231;a concerne le destin, les hasards, le g&#233;nie ou l'invention. Alors il faut mettre &#224; son service le moindre renseignement technique. Bonham est quelqu'un qui r&#233;volutionne l'usage de la batterie, et Page un vieux requin de studio (c'est lui qui produit le A tout casser de Johnny Halliday) qui change les r&#232;gles des enregistrements de studio. L'histoire de ses premi&#232;res guitares, c'est une des fa&#231;ons de suivre avec un peu de pr&#233;cision son parcours : il y a des biographies qui passent en dix ou douze lignes sur ce qu'il fait &#224; 18 ou 19 ans, alors que c'est probablement &#224; cet &#226;ge que l'alchimie est principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9 - Quels sont les souvenirs personnels les plus forts que vous voulez conserver de Led Zeppelin ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
De mon c&#244;t&#233; des manettes, on a moins &#224; travailler avec tel ou tel souvenir marquant, que de les assembler en fresque. De Robert Plant jeune cantonnier torse nu, que ses copains surnomment Elvis, &#224; celui qui apprend en tourn&#233;e, en 1977, au fond des USA, le d&#233;c&#232;s de son fils de 5 ans, ou &#224; cet homme qui passe sans transition d'une ferme isol&#233;e dans le pays de Galles &#224; la pression d'un stade et tous ses d&#233;cibels dans la voix, notre travail c'est plut&#244;t de ne pas choisir, et les faire tenir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 - Vous abordez aussi en partie le th&#232;me de la m&#233;moire, notamment les souvenirs que l'on garde d'un concert, plus de trente ans apr&#232;s, comment certains d&#233;tails restent... Comptez-vous aborder ce th&#232;me plus profond&#233;ment dans un prochain livre ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est l&#224; o&#249; la litt&#233;rature garde sa force : si on prend cette semaine folle de 1973 o&#249; Led Zeppelin joue &#224; Lyon, &#224; Nancy et &#224; Saint-Ouen, on va retrouver des photographies prises en coulisse, des bouts de film pirates de ce qui se passe sur sc&#232;ne, des souvenirs de copains qui y &#233;taient, des articles de presse locale. Et puis aussi les souvenirs du groupe : &#224; Lyon, &#231;a se passe mal, la police charge, alors ils louent deux voitures, une Volvo et une Mercedes, et partent tout droit &#224; Nancy en pleine nuit, avec le probl&#232;me que Bonzo est so&#251;l et veut conduire quand m&#234;me. Alors, progressivement, on voit se recomposer une &#233;poque, alors que nos propres souvenirs sont partiels, et tr&#232;s flous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 - Quelles correspondances voyez-vous entre vos h&#233;ros : les Stones, Dylan et Led Zep ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Je n'&#233;cris pas depuis un choix ext&#233;rieur. Mais simplement parce que , quand j'&#233;coute ces trois-l&#224;, ou Jimi Hendrix, je retrouve imm&#233;diatement les sensations &#233;prouv&#233;es &#224; la premi&#232;re &#233;coute. On a chacun quelques passeurs de temps, comme &#231;a. En fait, j'avais commenc&#233; le Led Zep bien avant d'&#233;crire sur Dylan, mais &#224; un moment je bloquais : les paroles sont frustrantes, eux-m&#234;mes pas du tout bavards, et c'est comme si l'histoire intellectuelle et artistique de leur &#233;poque ne les concernait pas. Alors je suis parti dans Dylan, qui &#233;tait tout le contraire. Je suis revenu &#224; Led Zep plus fort, en me disant que c'&#233;tait dans ce c&#244;t&#233; physique qu'il fallait que je les p&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 - Et les Beatles dans tout &#231;a ? &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
L'enfance et la vie de John Lennon c'est aussi une de ces grandes trag&#233;dies o&#249; on retrouve les forces vives du si&#232;cle, la guerre, comme sa po&#233;sie, le surr&#233;alisme, ou son engagement dans le mouvement pour la paix. Mais j'ai du mal &#224; d&#233;m&#234;ler ses derni&#232;res ann&#233;es, on n'arrive pas &#224; croire &#224; un tel renoncement, un tel abandon. Et, musicalement, c'est pourtant lui seul qui m'int&#233;resse : les 4 ou 5 versions successives de Strawberry Fields. Tandis que les Stones, je peux toujours les &#233;couter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13- Contre toute attente, Led Zeppelin s'est reform&#233; r&#233;cemment pour un concert. Comment voyez-vous une telle r&#233;union ? Si une tourn&#233;e &#233;tait annonc&#233;e, iriez-vous les voir ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Il semble que Robert Plant ne participe pas aux s&#233;ances d'enregistrement qu'a organis&#233; Jimmy Page, avant d'aller repr&#233;senter l'Angleterre aux jeux olympiques &#224; c&#244;t&#233; du footballeur Beckham. L'an dernier, il semble que Jeff Beck et Page avaient travaill&#233; ensemble pendant une p&#233;riode, les retrouvailles des deux copains de lyc&#233;e &#231;a m'excitait plus. La force de la litt&#233;rature, c'est de pouvoir r&#233;ouvrir et revivre les tourn&#233;es de 1969, d'&#234;tre plus fort que le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_778 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/LZ5.jpg?1220462683' width='500' height='333' alt='' /&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Clichy-sous-Bois nous-m&#234;mes</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article191</link>
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		<dc:date>2005-11-22T10:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>ateliers d'&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Kaplan, Leslie</dc:subject>
		<dc:subject>vie quotidienne (questions sur la)</dc:subject>
		<dc:subject>grand Paris, banlieue</dc:subject>
		<dc:subject>Bourmeau, Sylvain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#034;la ran&#231;on du m&#233;pris&#034; repris dans les Inrocks&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;grognes &amp; soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;ateliers d'&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Kaplan, Leslie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;vie quotidienne (questions sur la)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot294" rel="tag"&gt;grand Paris, banlieue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot409" rel="tag"&gt;Bourmeau, Sylvain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton191.jpg?1352732095' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;vous pourrez lire ci-dessous&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un texte r&#233;dig&#233; le mardi 1er novembre par Leslie Kaplan, que nous sommes d&#232;s &#224; pr&#233;sent quelques auteurs &#224; signer, en la remerciant ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un premier commentaire personnel pour accompagner &lt;a href=&#034;http://www.tumulte.net/article.php3?id_article=270&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un syndrome &#233;vident de mim&#233;tisme&lt;/a&gt;, texte collect&#233; le mercredi 2 novembre aupr&#232;s d'un jeune apprenti m&#233;canicien, en atelier d'&#233;criture &#224; Pantin ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une r&#233;flexion plus longue, ce dimanche 5 novembre, &#224; l'intention du Neue Z&#252;richer Zeitung, merci &#224; Barbara Villiger, qui l'a sollicit&#233;, et a pris sur son dimanche pour le traduire.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; deustche aufgebung (NZZ) : &lt;a href=&#034;http://www.nzz.ch/2005/11/08/fe/articleDAUJE.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Die Ernte der Verachtung&lt;/a&gt; _ english translation : will appear soon on &lt;a href=&#034;http://www.signandsight.com/intodaysfeuilletons/450.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sign &amp; sight&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ce m&#234;me texte est &#224; nouveau repris, le 22 novembre, dans le dossier rassembl&#233; par Sylvain Bourmeau dans les Inrocks (je les en remercie), lire aussi le texte de Marc Kravetz
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; vos propres contributions forum : &#034;Ceux qui restent savent pourquoi...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; 1 _ Leslie Kaplan, texte sign&#233; par plusieurs &#233;crivains intervenants en Seine Saint-Denis&lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Nous sommes quelques &#233;crivains actuellement associ&#233;s, ou ayant &#233;t&#233; associ&#233;s, &#224; des biblioth&#232;ques en Seine-Saint-Denis pour travailler &#224; des projets d'&#233;criture et de lecture avec diff&#233;rentes villes du d&#233;partement.
&lt;p&gt; En tant que citoyens et en tant qu'&#233;crivains, nous sommes r&#233;volt&#233;s par vos propos de ministre de l'Int&#233;rieur, Nicolas Sarkozy, concernant les &#233;v&#233;nements de Clichy-sous-Bois. Il est inadmissible d'utiliser le langage, la langue, les mots, pour promouvoir des contre-v&#233;rit&#233;s et tenter de cr&#233;er des divisions imaginaires entre &#034;racaille&#034; et voyous&#034; d'un c&#244;t&#233; et des soi-disant &#034;vrais jeunes&#034; d'un autre c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insultes, incivilit&#233;s : qui tient ce langage, Nicolas Sarkozy ? C'est vous. Un &#034;vrai jeune&#034;, c'est quoi ? Un jeune selon votre id&#233;e, &#224; vous, qui vit calmement dans une banlieue sans avenir, qui fait calmement des &#233;tudes qui ne l'am&#232;neront nulle part, qui accepte calmement que personne ne s'int&#233;resse &#224; son sort ? Qui voit calmement tous les jours &#224; la t&#233;l&#233;vision des gens qui s'agitent en racontant n'importe quoi, juste pour se pavaner et signifier que le monde leur appartient, &#224; eux ? Votre parlez de &#034;racaille&#034; et de &#034;voyous&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un langage de haine, fond&#233; sur la haine, un usage mensonger et haineux de la langue et des mots, fait pour diviser, discriminer, fait pour entretenir des fantasmes agressifs, violents, et la peur, et les ghettos. Cet usage est bien connu, il a &#233;t&#233; pratiqu&#233; souvent, il produit des effets. On voit le regard point&#233;, le doigt point&#233;, l'arme point&#233;e, on cible un ennemi, sans doute pour mieux atteindre son propre c&#339;ur de cible (&#233;lectoral). On engage des poursuites contre ceux qui r&#233;agissent &#224; cette violence ordinaire, comme le montre l'affaiire r&#233;cente Brice Petit/Jean-Michel Maulpoix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous insurgeons contre cet usage de la langue, contre ces intimidations. Dans une d&#233;mocratie, les mots sont &#224; la disposition de tous pour cr&#233;er des liens, pour chercher ensemble, pour &#233;veiller et rendre actifs. Vous faites tout le contraire. Nous ne l'acceptons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leslie Kaplan _ ce texte a aussi &#233;t&#233; sign&#233; par Olivier Adam _&lt;br class='autobr' /&gt;
Arno Bertina _&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeanne Benameur _&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Bon _&lt;br class='autobr' /&gt;
Didier Daeninckx _&lt;br class='autobr' /&gt;
Arnaud Cathrine _&lt;br class='autobr' /&gt;
Suzanne Doppel _&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Michel Espitallier _&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;lix Jousserand _&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;ronique Ovald&#233; _&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Luc Raharimanana _&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques Rebotier&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2 _ Clichy-sous-Bois, lyc&#233;e Alfred-Nobel : souvenirs d'ateliers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quant aux &#233;v&#233;nements dont il est trait&#233;, mon collage d'un compte rendu presse ce matin (Le Monde, 3 novembre 2005) et ce qu'en &#233;crivain hier matin, &#224; l'atelier d'&#233;criture avec les apprentis-m&#233;caniciens du Cifap de Pantin, Ararat : &lt;a href=&#034;http://www.tumulte.net/article.php3?id_article=270&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un syndrome &#233;vident de mim&#233;tisme&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, dans mes archives, ce texte &#233;crit par une lyc&#233;enne en classe de seconde, au lyc&#233;e Alfred-Nobel de Clichy-sous-Bois, lors des deux ann&#233;es d'ateliers d'&#233;criture que j'y ai men&#233;s, avec Sylvie Cadinot leur professeur de fran&#231;ais, et la m&#233;diation du th&#233;&#226;tre de la Colline :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Il aimerait &lt;strong&gt;partir&lt;/strong&gt;, partir loin d'ici, s'enfuir,&lt;br/&gt; d&#233;couvrir un autre monde qu'il pense trouver &lt;strong&gt;meilleur&lt;/strong&gt;,&lt;br/&gt; un monde empli &lt;strong&gt;de paix et d'harmonie&lt;/strong&gt;, avec des gens qui auraient des allures toutes aussi int&#233;ressantes les unes que les autres, avec des personnes &lt;br/&gt;&lt;strong&gt;de nationalit&#233; et d'origine&lt;/strong&gt; tr&#232;s diff&#233;rentes et vari&#233;es &lt;br/&gt;et ces personnes s'uniraient pour r&#233;aliser le m&#234;me &lt;strong&gt;r&#234;ve&lt;/strong&gt;,&lt;br/&gt; celui de la &lt;strong&gt;paix&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et puis ce texte, &#233;crit un jour o&#249; on avait longuement parl&#233; d'abord du Journal de Franz Kafka. Et maintenant, les filles de seconde &#224; Alfred-Nobel, seules, elles pensent quoi, elles pensent comment ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Dans ma chambre, sur mon lit. Allong&#233;e sur le dos face &#224; l'ampoule. L'ampoule brille, mon &#339;il ne s'en d&#233;fait pas. Je la visionne, j'aime regarder l'ampoule translucide qui &#233;blouit mes yeux. J'y reste des minutes qui me semblent des heures, des ann&#233;es, m&#234;me toute une vie. Je la regarde sans m'en d&#233;faire, sans m'en lasser. Cela peut prendre du temps mais je la regarde, je pense &#224; ce jour. &#192; ce jour o&#249;... Devant cette ampoule je reste fig&#233;e, je pense, je r&#233;fl&#233;chis au pass&#233;, au pr&#233;sent, au futur. L'ampoule est &#233;teinte. &#192; cet instant, je suis perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Je suis souvent toute seule, le soir avant de m'endormir. La maison est calme, mes parents dorment. Je me couche en repensant &#224; la journ&#233;e que j'ai pass&#233;e. Je regarde mon plafond qui en pleine nuit est int&#233;ressant. Il y a toutes sortes de motifs qui s'y dessinent. Les fen&#234;tres des lampadaires des voitures qui passent s'y refl&#232;tent. Je m'amuse &#224; les regarder et &#224; essayer d'y reconna&#238;tre des choses. &#199;a me permet de faire le vide dans mon esprit et penser &#224; autre chose. Des fois, je tends l'oreille, et il y a des petits bruits dehors, de la musique, des gens qui parlent. Ils ne parlent pas fort, mais comme la nuit est calme, le moindre petit bruit est amplifi&#233;. Je fixe mes yeux sur une lumi&#232;re, puis tout doucement je m'endors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Je suis toute seule, la nuit, dans ma chambre. Je suis allong&#233;e sur mon lit, les yeux ouverts. Je contemple le plafond, le m&#234;me que quand j'&#233;tais plus jeune. Je ne m'en lasse pas, je me sens en s&#233;curit&#233;. J'entends diff&#233;rents sons dehors, je crois que ce sont des gouttes de pluie, &#231;a donne envie de dormir. Mon esprit est vide, pas une seule pens&#233;e ne vient d&#233;truire le silence qui r&#232;gne dans ma t&#234;te. Mes yeux sont toujours fix&#233;s au plafond, soudain je ne reconnais plus ce plafond, je ne sais plus o&#249; je suis, ni o&#249; j'&#233;tais, ni qui j'&#233;tais avant aujourd'hui. Aujourd'hui, quel est ce jour, cette heure, cette ann&#233;e, ce temps qui passe. Je vois des choses qui se forment &#224; travers mes yeux. Des choses que je ne comprends pas. Une grande ligne argent&#233;e qui s'ouvre comme une porte. Je rentre, mais je n'y vois rien, tout est noir, infiniment noir. Je suis un point au milieu d'un univers - mes yeux ne s'ouvrent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Je suis dans ma chambre. J'ai allum&#233; une bougie. Je m'assois sur la chaise, en face de mon bureau o&#249; est dispos&#233;e la bougie. Elle est bleue, toujours bleue et encore bleue. Bleu de la couleur du ciel. C'est une petite bougie bleue parfum&#233;e. Je suis assise, et je la regarde. Je regarde cette flamme, je regarde le bleu, le jaune non. J'aime bien le bleu, la bougie aussi est bleue. &lt;br/&gt;
Apr&#232;s, je regarde la flamme, je regarde la flamme et regarde la flamme. Je la visionne une heure, deux heures, trois heures. Je ne pense &#224; rien, je regarde le vide. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne fais attention &#224; rien. Il n'y a plus rien autour de moi. C'est calme, tranquille et serein. Ce n'est plus ma chambre. &lt;br/&gt;
Je ne regarde que la flamme, cela fait d&#233;j&#224; longtemps. Ce bleu est ma couleur, j'en ai beaucoup, un grand stock. Une par une, je les allume. &lt;br/&gt;
Jusqu'&#224; ce que ma s&#339;ur arrive et vienne &#224; me d&#233;ranger, elle &#233;teint la bougie. Elle n'aime pas la bougie, elle allume la lumi&#232;re. Je revois tout, je reviens &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les archives de cet atelier sont toujours en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/atel/FBClichy00.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la beaut&#233;, quand elle me correspond&lt;/a&gt;, c'&#233;tait 1999, la seconde ann&#233;e que je mettais en ligne de fa&#231;on hebdomadaire et continue un atelier d'&#233;criture : on retrouve l'arch&#233;ologie du Net.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3 _ Fran&#231;ois Bon, la ran&#231;on du m&#233;pris&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment pourrait-on prendre &#233;cart, venir avec une pens&#233;e raisonnable ? C'est l'exercice m&#234;me de penser qui est mis en &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re violence est bien ancienne, elle &#233;tait continue, profonde. On parque les gens dans telle ville, et dans telle cit&#233;. On abandonne des territoires entiers &#224; une mis&#232;re de fait : les entreprises s'installent dans des communes qui refusent les logements sociaux, l'&#233;cart grandit encore. Cela va jusqu'&#224; un terrible d&#233;tail : quand on est de banlieue, on a ses universit&#233;s de banlieue, &#224; Nanterre, Cr&#233;teil ou Villetaneuse, et il faut litt&#233;ralement &lt;i&gt;patte blanche&lt;/i&gt; pour s'inscrire &#224; Jussieu ou la Sorbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le m&#233;pris contre lequel on pouvait s'efforcer de r&#233;sister, se battre. La Seine Saint-Denis, le &#171; neuf trois &#187;, ou le &#171; trois cube &#187; comme ils disent pour le d&#233;partement 93, est aussi un magnifique laboratoire de l'hyper-ville, des m&#233;langes de musique, des transformations d'urbanisme, ou de la lecture jeunesse. Je crois que c'est le seul d&#233;partement en France &#224; r&#233;mun&#233;rer des enseignants de philosophie pour travailler dans les coll&#232;ges avec les adolescents de quatorze ans, ceux qu'on enverra ensuite dans les lyc&#233;es professionnels ou les centres d'apprentissage, pour cette galaxie d'emplois d&#233;valu&#233;s qui sont &#224; tous ceux-l&#224; r&#233;serv&#233;s. Mais ces laboratoires sont une goutte d'eau dans l'oc&#233;an du pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est des ann&#233;es que j'entends &#231;a, chaque fois qu'avec des jeunes on travaille : les contr&#244;les d'identit&#233; permanent, les fouilles muscl&#233;es. Allez demander un travail ou m&#234;me un logement quand sur votre attestation de domicile c'est les 3000 d'Aulnay ou les 4000 de la Courneuve. Et pourtant on s'obstine, on tente de rendre les fronti&#232;res poreuses : la &#171; dalle &#187; d'Argenteuil n'est pas plus riche d'avoir voulu s'appeler Val d'Argenteuil, et maintenant carr&#233;ment Val d'Argent. Mais on y a d&#233;moli quelques barres, et install&#233; une avenue pi&#233;tonne qui d&#233;senclave la cit&#233; via la gare du RER. A Saint-Denis centre, et souvent dans les villes de province, ces dix ans un travail consid&#233;rable de mixit&#233; sociale a &#233;t&#233; lentement mis en place : qu'on relie une cit&#233; au centre-ville par un tramway, qu'on impose &#224; l'office HLM d'accueillir des &#233;tudiants parmi les familles, et tout peut changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &lt;i&gt;pourrait&lt;/i&gt; changer. J'ai v&#233;cu &#224; Bobigny, il y a quinze ans. Les vieilles couches ouvri&#232;res de la proche couronne s'&#233;taient install&#233;es dans ces villes nouvelles, les couches plus jeunes, ceux qui travaillent dans les usines modernes, venaient aussi s'installer l&#224;, &#224; port&#233;e de m&#233;tro de la capitale. Mais les coll&#232;ges et lyc&#233;es ne suivent pas : on y place les enseignants en premier poste, &#233;norme rotation, et malgr&#233; les tentatives, le ghetto s'installe et s'aggrave. Regardez Villepinte, ville pavillonnaire, prot&#233;g&#233;e : elle a pris toutes ses couches moyennes &#224; Aulnay, et Aulnay s'enfonce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clichy-sous-Bois est une ville qui n'a pas de centre. J'y ai fait travailler, toute une ann&#233;e, des lyc&#233;ens (le lyc&#233;e s'appelle Alfred-Nobel, on y fait un travail excellent, intelligent et solidaire) : entre le lyc&#233;e et la cit&#233;, un Mac Donald, un champ pour le dressage des chiens, et une route &#224; quatre voies. C'est une des villes les plus pauvres d'un d&#233;partement o&#249; la mis&#232;re est la plus grande, dans le contexte d'un d&#233;sengagement continu de l'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On insiste, parce que c'est vital. Parce qu'autre chose est possible, et que pas le choix : l'importation massive, dans les ann&#233;es 70, de familles et villages entiers du Maroc ou d'Alg&#233;rie pour faire tourner l'usine Citro&#235;n d'Aulnay, l'usine Renault de Flins, ce n'est pas r&#233;versible. Sans le m&#233;pris, chacun trouverait sa place. Par exemple, l'arriv&#233;e dans ces coll&#232;ges et lyc&#233;es de toute une proportion de jeunes enseignants eux-m&#234;mes issus de cette immigration, qu'est-ce que cela change ou d&#233;tourne de la transmission ? &lt;br class='autobr' /&gt;
On lutte depuis des ann&#233;es, pied &#224; pied. Pantin, o&#249; j'interviens cette ann&#233;e pour des ateliers d'&#233;criture, a un &#171; service municipal de la jeunesse &#187; o&#249; une dizaine de personnes, eux-m&#234;mes souvent n&#233;s ici et qui y ont appris, grandi, pratiquent l'aide individuelle au projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on heurte &#224; des murs. Oui, m&#233;pris affich&#233; : pas d'&#233;galit&#233; non plus dans la politesse. Et quand on heurte au bout de l'impasse, il n'y a plus que la peur. Je travaille depuis des ann&#233;es dans ces d&#233;partements, parce que ce laboratoire de la ville est vital pour mon propre atelier d'&#233;crivain. En juin dernier, en travaillant avec deux adolescentes du lyc&#233;e professionnel (une suite de portraits, pour la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision Arte), ce sont des gamins de dix ou onze ans qui nous ont forc&#233; &#224; battre en retraite. Encore &#224; Pantin, il y a 3 semaines, parce que nous avions accueilli &#224; la biblioth&#232;que une vingtaine de jeunes apprenties coiffeuses, leurs s&#339;urs ou qui ressemblaient tant &#224; leurs s&#339;urs, la biblioth&#232;que a &#233;t&#233; investie par cinq, puis dix jeunes, les cagoules sont sorties et nous, les &#171; blancs &#187;, voil&#224; qu'on nous assignait d'office d'&#234;tre dans le camp du m&#233;pris. On n'a plus que l'envie d'en pleurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'an pass&#233;, dans les justes manifestations des lyc&#233;ens de Seine Saint-Denis pour des conditions de travail un peu plus d&#233;centes, quelques dizaines de types en cagoule, venus d'&#233;tablissements encore plus en d&#233;sarroi, s'en prenaient &#224; ces jeunes m&#234;mes, on cassait des vitrines, mais on leur extorquait leurs t&#233;l&#233;phones portables : c'est ce c&#244;t&#233; totalitaire, erratique, de la violence qui effraie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors il y a le chaos, il y a de br&#251;ler des voitures qui sont forc&#233;ment celles des parents, des amis, des voisins : la mis&#232;re br&#251;le la mis&#232;re. On s'en prend aux &#233;coles, aux cr&#232;ches, aux pompiers. Il y a l'ombre d'un despotisme religieux qui s'&#233;paissit de chaque nouvelle preuve du m&#233;pris. &lt;br class='autobr' /&gt;
On a eu beau tirer, toutes ces ann&#233;es, toutes les sonnettes d'alarme. On a eu beau, toutes ces ann&#233;es, faire savoir que tel ou tel autre chemin &#233;tait possible, pour la ville, pour l'&#233;cole. Non seulement les in&#233;galit&#233;s, le grand &#233;cart permanent, tout cela s'est aggrav&#233;, mais on a franchi la violation symbolique : la r&#233;publique se revendique du m&#233;pris par la bouche d'un ministre assoiff&#233; d'ambition personnelle, et charg&#233; de mordre sur l'extr&#234;me-droite un &#233;lectorat qui marche selon cette peur. Parce que c'est aussi la fronti&#232;re symbolique qui a &#233;t&#233; franchie, le d&#233;bord est aveugle, et aussi massif que la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me peine encore plus, et tous mes amis enseignants, &#233;ducateurs, urbanistes, musiciens, et toutes nos amiti&#233;s de si longtemps ici constitu&#233;es, c'est qu'il n'y a plus rien, m&#234;me plus la culture politique qui &#233;tait la n&#244;tre pour r&#233;sister, influer, changer. Le meilleur de notre travail ne compte plus : on est comme ces camions de pompiers pris sous les cailloux. Aucun de nous encore pour penser &#224; la masse de d&#233;g&#226;ts, et ce qu'on en pourra reconstruire : il ne s'agit pas seulement de voitures br&#251;l&#233;es. C'est ce que nous gardions de lien tiss&#233;, qui a br&#251;l&#233; aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; ce jour, de service civil &#224; &#233;tat d'urgence via loi coloniale r&#233;activ&#233;e, ou cette ineptie de demander aux centres d'apprentissage d'accueillir les jeunes d&#232;s 14 ans, ou ces subventions qui r&#233;apparaissent sans qu'on sache alors pourquoi on avait tant voulu supprimer tous ces maigres moyens, ou les contr&#244;les et l'humiliation qui continuent (on fouille &#224; corps m&#234;me les m&#244;mes de douze ans) les r&#233;ponses - au moins dans l'ordre du symbolique - prouvent que rien n'est compris. On maintient lieu pour le ban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;pour le Neue Z&#252;richer Zeitung, le dimanche 5 novembre, merci &#224; Barbara Villiger _ dernier paragraphe modifi&#233; pour les Inrocks, 22 novembre, merci &#224; Sylvain Bourmeau&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;photo &#169; &lt;a href=&#034;http://permanent.nouvelobs.com/societe/20051103.OBS4068.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;NouvelObs&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;la discussion, vos contributions&lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;i&gt;pour des questions de mise en page, j'ins&#232;re les ajouts forum dans l'article&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 _ Fr&#233;d&#233;ric Griot _ site &lt;a href=&#034;http://www.fgriot.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;parl&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
et oui fo pa laiss&#233; pass&#233; ceu ki parl comme &#231;a ceu ki parl com monsieu sarkozi fau pas les laiss&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 _ Alouette&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Petite information : cette ann&#233;e le budjet des classes &#224; projets artistiques est amput&#233; de 41 %. Peut-&#234;tre pour financer le manque &#224; gagner de ceux qui payeront moins d'I.S.F. ? M&#234;me pas vrai. Alors quoi ? Et puis quoi encore ? Zapp&#233;es les ZEP. D&#233;go&#251;t profond pour celui qui a zapp&#233; la moiti&#233; de son patronyme pour mieux dire &#034; je le dis comme je le pense'. Qui t'&#233;coute, Monsieur Sarkosy de ......a ??? Moi je br&#251;le depuis longtemps, &#224; l'int&#233;rieur et mes tripes sont aussi calcin&#233;es que ces bagnoles que tu vois, sur ton sofa, zapette &#224; la main. Appelle-moi d&#233;sormais &#034;racaille&#034; m&#234;me si c'est une craie que je tiens &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 _ GTK&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
En 68 d&#233;j&#224; c'&#233;tait un peu la mode de br&#251;ler des voitures. Mais voil&#224;, &#224; l'&#233;poque, ce sont les &#233;tudiants qui avaient commenc&#233;. Aujourd'hui, ce sont les petits gars des lieux mis au ban de nos cit&#233;s, ces lieux dont on dit qu'ils sont &#171; sensibles &#187; ou &#171; difficiles &#187; qui se r&#233;voltent parce qu'ils ne veulent pas crever tous seuls dans leur coin. Ils veulent du travail et un logement correct. Ils veulent surtout un avenir, vous savez ce truc dont on a tous r&#234;v&#233;, surtout quand on &#233;tait jeunes, en 68... Alors si on les soutenait un peu, si on leur faisait comprendre qu'on est tous avec eux, ensemble, on y arriverait peut-&#234;tre, &#224; faire en sorte que le monde soit un peu moins d&#233;gueulasse pour tant de gens qui ne demandent qu'&#224; vivre. Qu'on dise tous ensemble que nous aussi on n'enpeut plus de voir tant de mis&#232;re et de pauvret&#233;, tant d'injustices, ce serait mieux quand m&#234;me que de faire porter la responsabilit&#233; de tout cet embrasement &#224; seulement deux p&#232;res qui ont perdu leurs m&#244;mes dans un transformateur EDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 _ &#034;france de merde&#034;&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
salut les po&#234;tes de Paris-centre qui regardent les banlieusards se faire tout casser tout en ayant des super explications sur la mis&#232;re des &#034;djeunes&#034; (mis&#232;re avec des pompes &#224; 150&#8364; aux pieds d'ailleurs). Oui salut d'un ex banlieusard de Romainville : 3 vols avec agressions, insultes au moins hebdomadaires, d&#233;gradations de porte d'entr&#233;e/boite aux lettres r&#233;currentes et terreur permanente et une omerta &#224; faire passer un taxi corse pour un beau parleur...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non, pour vous les gentils agress&#233;s c'est toujours les m&#234;mes, les pauv' petits jeunes qui s'ennuient, et les m&#233;chants colonialistes (stagiaires en CES) qui s'habillent pas en rappeur et qui rigolent m&#234;me pas quand on leur crie &#034;j'vais t'violer ta m&#232;re&#034; du fond du bus...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;si seulement ces cr&#233;tins s'attaquaient &#224; vos appart's &#224; vos bagnoles, ca serait bien plus rigolo, vous pourriez leur expliquer directement ce que vous avez lu dans la psycho-socio-ethno-lo-lo-gie que leur probl&#232;me est social et inconscient... (et apr&#232;s vous vous rendrez compte que votre probl&#232;me &#224; vous est d'ordre maxillo-facial)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;salut. un francais d'Irlande qui ne reviendra JAMAIS en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 _ FB&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
&#231;a tombe bien, j'habite pas Paris mais la province (Tours), et Pantin j'y &#034;r&#233;side&#034;, et &#231;a me pla&#238;t que ce soit ce mot l&#224; dont on se serve lorsqu'on commence dans un lieu pr&#233;cis une relation de travail : c'est la relation qui nous ancre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et la semaine derni&#232;re, pr&#233;cis&#233;ment, chez Marmon Sports, carrefour des 4 Chemins, entre Pantin et Aubervilliers, un lieu qui rassemble le monde entier mais o&#249; personne n'ajoute &#034;de merde&#034;, j'en ai achet&#233;, des belles pompes : pas 150 euros, juste la moiti&#233;, et je suis tr&#232;s fier d'arpenter la ville en pompes qui en viennent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et il s'en perd, des coups de pompes au...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6 - Gilles&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Des messages de m&#234;me facture que &#171; Clichi mov&#233; souvenir &#187;, se disputent l'indigence de certains forums grands public aujourd'hui. Rien de tel pour permettre &#224; un Sarkozy de tr&#232;s mauvaise foi de pr&#233;tendre qu'il &#171; parle la langue que les gens comprennent... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venu sur votre blog via la d&#233;couverte tardive (ce soir...) de &#171; l'Affaire Brice Petit et Jean-Michel Maulpoix &#187; , qui me donne particuli&#232;rement &#224; r&#233;fl&#233;chir et m'incite &#224; agir, j'ai beaucoup aim&#233; votre texte &#171; la ran&#231;on du m&#233;pris &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s &#233;clairant pour ceux qui comme moi pressentent plus qu'ils n'observent depuis leur &#171; France profonde &#187;. Merci, continuez. Je ne pense pas que le lien patiemment tiss&#233; soit si fragile. S'il ne reste que quelques fils bien mari&#233;s, gageons que c'est &#224; partir d'eux que se reconstituera la trame d'une soci&#233;t&#233; retrouv&#233;e, vid&#233;e pour un temps de ses mensonges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 _ G&#233;raldine Collet&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
J'habite et je travaille &#224; Pantin, une banlieue de la Seine Saint Denis. Pendant plusieurs ann&#233;es, j'ai parcouru le d&#233;partement pour mon travail, qui a l'&#233;poque &#233;tait pr&#233;caire ; Le Blanc Mesnil, Saint Denis, Villepinte. J'habitais alors aux quatre chemins, dans un rez de chauss&#233;e de la rue Josserand. Coup de pompes ce matin &#224; lecture d'un texte venu d'Irlande. Merci F pour ta r&#233;ponse. Ceux qui restent savent pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8 _ Erwan Tanguy _ site &lt;a href=&#034;http://erwantanguy.sprechgesang.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sprechgesang&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Maintenant certaines personnes ont gagn&#233;, croient avoir gagn&#233;, car plus de paroles possibles sans carte d'identit&#233; - si tu habites paris ne parle pas des banlieues ou d'ailleurs de ton petit confort bourgeois ect. Quelle logique fasciste - j'ose le terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il est plus simple aussi de fuir en Irlande plut&#244;t que de tisser des liens sur le territoire. L'Irlande je m'en souviens aussi comme la destination des collabos bretons apr&#232;s 1945, quand ils se sont retrouv&#233;s interdit de territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'ils restent en Irlande alors, ou ailleurs, la destination des l&#226;ches a peu d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;cision, je ne vis pas &#224; Paris mais dans un quartier rennais o&#249; il y a eu des incidents ce week-end - suis-je pour autant bien plac&#233; pour en parler ? De qui dois-je avoir l'autorisation ? Pourquoi ne devrais-je pas en parler m&#234;me si je me trompe dans mes analyses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois justement en la parole, mais pas la parole juste balanc&#233;e comme &#231;a, anonymement, dans un autre confort lointain (c'est si simple de renverser la critique), mais une parole qui reste ouverte, une parole qui parfois fait silence pour &#233;couter les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que d'o&#249; on parle, on s'en fout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9 _ Dominique M, Bagnolet&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chez moi en Seine-Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Square du 19 mars 1962. D'ici on voit Paris, le 20e, on voit loin vers Montparnasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Plus pr&#232;s, l'&#233;gise devant les immenses tours Mercuriales noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Fum&#233;es. Des gamins courent. En contrebas deux bandes s'afrontent. Ils ont piqu&#233; les extincteurs du parking souterrain d'&#224;-cot&#233; et les balancent dans les buissons. Allusions &#224; l'actualit&#233;, les combats d'A., les voitures br&#251;l&#233;es de S. Ils rient en se canardant de terre, ils bousculent les poubelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Plus bas en arrivant j'apprends que la nuit, ici aussi, &#231;a a br&#251;l&#233;. Un autocar, des voitures, une classe. On en parle, tristement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le soir, les sir&#232;nes obs&#233;dantes de la police. On guette s'ils ne s'approchent pas trop, s'ils ne s'arr&#234;tent pas, surtout, qu'ils ne s'arr&#234;tent pas ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vers minuit, l'h&#233;lico brise mon premier sommeil. Les h&#233;licos, d'habitude c'est le jour ; passent, repassent, transbordent, surveillent assez haut, bien au-dessus des Mercuriales. Mais l&#224; ! Il fait noir. Il est tout pr&#232;s, il stationne au-dessus de la cit&#233;, il fouille le noir de la cit&#233;. On l'emporte pour la nuit dans son sommeil malmen&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La gare routi&#232;re grouille de monde vers 19H. Le soir entre chien et loup, de belles couleurs sur le ciel et le b&#233;ton de l'Echangeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le bus 76 est arr&#234;t&#233;. Vide. Un agent vert-bouteille refoule ; ce soir pas de bus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il ne grimpera pas sur le Plateau, ordre de la Direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 76 est parisien. Pas nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 _ JMCM&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dure semaine. &lt;br/&gt;
A la PMI on a peur.&lt;br/&gt;
Les familles aussi. &lt;br/&gt;
Les bandes r&#244;dent sous nos fen&#234;tres. &lt;br/&gt;
On verrouille nos voitures de l'int&#233;rieur. C'est idiot. On le sait. On le fait quand m&#234;me. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir &#224; cinq heures y'avait des bouchons partout : chacun essaie de rentrer chez lui avant la nuit. J'ai mis deux heures pour rentrer &#224; Montreuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s demain j'ai trois visites &#224; domicile : Sarcelles, &#201;pinay et Aubervilliers. Le domicile, c'est l&#224; qu'on est le plus expos&#233;, surtout quand, comme pour &#201;pinay, c'est une premi&#232;re visite. Avant, &#234;tre reconnu de la PMI &#233;tait une protection. Mais aujourd'hui, non. Cette nuit &#224; Villepinte c'est la mosqu&#233;e qui a flamb&#233;. Et les jeux pour enfants du parc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la petite Sarah est angoiss&#233;e, elle mord. Surtout ceux qu'elle aime. &lt;br/&gt;
Quand M&#233;d&#233;e fut bless&#233;e &#224; mort par la trahison de Jason, elle a tu&#233; ses enfants.&lt;br/&gt; Quand certains de la banlieue sont au d&#233;sespoir, ils ab&#238;ment le proche et le pr&#233;cieux. &lt;br/&gt;
Il ne se passera rien &#224; Neuilly, ni &#224; Auteuil, ni &#224; Passy. &lt;br/&gt; C'est ici que &#231;a br&#251;le. Et que &#231;a br&#251;lera. &lt;br/&gt;
Que peut-on opposer &#224; la barbarie ?&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Hilflosigkeit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 _ G&#233;raldine C.&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Ami d'Irlande,&lt;br/&gt;
Faut-il que je m'excuse d'&#234;tre prof... et de gauche !!! Et que je taise. Faut-il d&#233;cliner son C.V et son arbre g&#233;n&#233;alogique pour avoir le droit de dialoguer, ... le droit de cit&#233; ! Faut-il donner son cycle menstruel pour &#234;tre bien certaine que le propos sera entendu ? Quels reproches faudra-t-il encore recevoir, retenir, pour que ta souffrance se soulage, un temps ? Ce soir, les h&#233;lico tournent. Les &#233;l&#232;ves ont d&#251; quitter l'&#233;cole plus t&#244;t. Aujourd'hui, ils m'ont dit que Dominique De Villepinte (et oui, c'est comme &#231;a qu'il l'appelle avec une na&#239;vet&#233; absolue) allait parler. Leur parler...Et oui, j'ai peur. Peur qu'un gamin se prenne une balle perdue. Peur aussi pour le jeune flic qui ne veut pas &#234;tre ici et que l'on a mis en poste l&#224;, parce que c'est comme &#231;a avec la fonction publique. Mais ne pas c&#233;der. Fermer le poste. Continuer ce pourquoi on est l&#224;. Parce que les gamins n'ont pas choisi de vivre l&#224; non plus. Partir... certainemenent, un jour, mais pas avec la col&#232;re que tu exprimes, ici, sur ce site, loin du pays dont seule la langue semble nous rapprocher. Good evening and take care of yourself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 _ Erwan Tanguy&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#224; &#034;l'ami d'Irlande&#034;&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
Ma remarque montrait juste qu'il est simple de critiquer l'autre, celui qui vit &#224; Paris et qui regarde &#231;a de loin, celui qui vit en Irlande et qui regarde &#231;a de loin, et aussi celui qui vit o&#249; &#231;a se passe et qui malgr&#233; tout voit &#231;a de loin, parce que les images &#224; la t&#233;l&#233;vision ne refl&#232;tent en rien la r&#233;alit&#233; des diff&#233;rents quartiers touch&#233;s, qu'ils soient en banlieue parisienne ou en province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas non plus de faire silence, que &#231;a se passe sans rien dire, rien faire, je crois qu'il y a beaucoup de personnes qui sont conscientes que la gauche a aussi ses responsabilit&#233;s, qu'une mani&#232;re d'envisager la politique en France s'&#233;croule devant nos yeux et qu'aucune personnalit&#233; politique dans les m&#233;dias semble capable d'y r&#233;pondre - sans doute n'ont-ils pas &#233;t&#233; form&#233;s pour le changement mais pour g&#233;rer un syst&#232;me inerte. Malgr&#233; tout cela, votre haine n'a pas sa place, m&#234;me si vous avez des raisons de ha&#239;r, car elle ne propose rien, elle r&#233;pond juste &#224; la langue violente du ministre de l'int&#233;rieur, et aujourd'hui il s'agit d'&#234;tre au-dessus de ces langues de haine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui suis-je moi pour parler ainsi, un fran&#231;ais de merde, qui regarde les camions de pompiers vadrouiller dans mon quartier populaire, qui regarde les enfants dans la cour de l'&#233;cole en bas de chez moi, qui aimerait que ces enfants l&#224; ne subissent pas trop la violence de leurs ain&#233;s. Je n'ai pas de solution, je ne fais qu'&#233;crire, et votre haine me d&#233;sole car je sais que nombreux sont dans cette haine l&#224;, qu'il sera difficile de renouer le dialogue, mais faire l'autruche c'est la mort, je ne crois pas qu'au fond tout le monde soit partant pour mourir, il ne reste donc que la possibilit&#233; de construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13 _ JMCM&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
&#034;Aucun de nous encore pour penser &#224; la masse de d&#233;g&#226;ts, et ce qu'on en pourra reconstruire : il ne s'agit pas seulement de voitures br&#251;l&#233;es. C'est ce que nous gardions de lien tiss&#233;, qui a br&#251;l&#233; aussi. J'ai peur.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#231;a. C'est tout &#224; fait &#231;a. Ce ne sont pas que des poubelles ou des voitures qui partent en fum&#233;e. Chez les &#034;gens de terrain&#034; quelque chose est ab&#238;m&#233;. Je crois que je commence &#224; ne plus &#034;y croire&#034;. La t&#226;che est trop grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatigue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 _ R&#233;gis Duffour&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
A peine les quartiers semblent recouvrer le calme, le MEDEF se manifeste. N'est ce pas une provocation ? Une &#233;ni&#232;me provocation apr&#232;s le discours d'un pr&#233;sident qui pr&#233;tend poursuivre l'effort entrepris, apr&#232;s les mots de Sarkozy qui font suite &#224; ceux prononc&#233;s par Douste-Blazy &#171; il faut que la rue devienne un enfer pour les SDF et les prostitu&#233;es &#187;. On peut toujours ne pas faire de politique, mais force est de constater que les pr&#233;tendus efforts du gouvernement ressemblent &#224; une entreprise de casse. &#199;a tire tout azimut sur les d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine les quartiers semblent recouvrer le calme, le MEDEF frappe. Pour combler le d&#233;ficit des ASSEDIC, le MEDEF a deux choix. Soit augmenter les cotisations d'un point (ce qui d&#233;gage 5 millliards) soit taxer les allocataires (les pauvres donc) et en l'occurrence baisser l'allocation de 24 &#224; 20 mois pour les uns et de 7 a 6 mois pour les autres (total 3 milliards). Evidement ils choisissent la deuxi&#232;me solution. Ce choix r&#233;pond &#224; une id&#233;ologie. C'est de diminuer l'emploi et d'en rendre responsable les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous qui soutenons les &#233;meutiers sans pouvoir rien faire, il me semble que nous sommes dans une phase d'intense humilit&#233;, de frustration et d'impuissance. Je crains qu'un nouveau p&#234;ch&#233; d'arrogance des pouvoirs publics ne rallume le feu aux poudres et ils en sont capables. Alors nous qui sommes confront&#233;s &#224; la pr&#233;carit&#233;, chercheurs, intermittents, &#233;tudiants, ch&#244;meurs, salari&#233;s que ferons-nous ? &#171; La mort ce n'est pas ne pas pouvoir communiquer, c'est ne pas pouvoir &#234;tre compris. &#187; disait Pasolini. Et nous avons l'impression qu'ils savent ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 _ Marie&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Tellement triste et choqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de l'&#234;tre des mots de N. Sarkozy, triste et choqu&#233;e parce que, dans les coll&#232;ges dits sensibles, il semble d&#233;j&#224; se perdre ce qui s'y essayait tout doucement (ateliers d'&#233;criture, projets artistiques et culturels), choqu&#233;e encore parce que mes coll&#232;gues (et camarades), apr&#232;s avoir cru &#224; l'&#233;galit&#233; des chances, &#224; l'heure o&#249; leurs enfants entrent au coll&#232;ge tordent la carte scolaire pour &#233;viter &#224; leurs petits les coll&#232;ges sensible de nos petites banlieues, choqu&#233;e chaque fois que celui qui poss&#232;de la chance des mots n'en fait pas partage. Choqu&#233;e infiniment des paroles de N. Sarkozy. Et honteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait-il possible d'&#233;largir la p&#233;tition de Leslie Kaplan &#224; tous ceux, &#233;crivains, professeurs, &#233;ducateurs, militants, qui oeuvrent dans les quartiers sensibles ? Merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d&#233;bat clos, de nombreux autres forums traitant ces th&#232;mes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ce qu'il reste de 2004</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article24</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article24</guid>
		<dc:date>2004-12-11T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>vie quotidienne (questions sur la)</dc:subject>
		<dc:subject>autobiographies partielles</dc:subject>
		<dc:subject>Bourmeau, Sylvain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;d'un article pas &#233;crit pour les Inrocks&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;grognes &amp; soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;vie quotidienne (questions sur la)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot409" rel="tag"&gt;Bourmeau, Sylvain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton24.jpg?1352732011' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et s'il ne restait, d'une ann&#233;e, d'un peu stable et fixe dans le trouble du temps, que ce moment de janvier, &#224; Kyoto dans les temples ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que j'ai eu l'opportunit&#233; de m'exprimer dans les Inrocks (les Inrockuptibles, mais c'est comme &#231;a qu'on dit), ce qui est surprenant c'est la diversit&#233; des retours. Un peu comme ces lettres qu'on re&#231;oit apr&#232;s &#234;tre pass&#233; &#224; &lt;i&gt;Du jour au lendemain&lt;/i&gt; sur France Culture, de gens que le hasard faisait rouler sur l'autoroute dans le milieu de la nuit...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on partage aussi quelques points solides, comme en mai dernier l'appel qu'ils avaient initi&#233;, o&#249; s'&#233;tait mis &#224; r&#233;sonner ce mot d'intelligence... Et peut-&#234;tre qu'il faudrait relancer cet appel chaque mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, Sylvain Bourmeau et Nelly Kaprielan me font une belle proposition : dans leur dernier num&#233;ro, un cin&#233;aste, un musicien, un plasticien, un &#233;crivain diront en 4 pages ce qu'ils retiennent de l'ann&#233;e 2004, les combats, les col&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un motif priv&#233;, impossibilit&#233; travailler d'ici mardi, me contraint &#224; dire non, alors que bien s&#251;r j'aurais voulu dire oui. Du coup r&#233;sonne dans la t&#234;te tout ce qu'on aurait voulu dire, ou ne pas dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait eu Bush et ce d&#233;sarroi &#224; voir l'Am&#233;rique bigote et profonde se rassembler derri&#232;re ce vautour. Il y aurait eu cette lente d&#233;confiture fran&#231;aise, abandons qui ne cessent de se propager, comme une craquelure, enseignements artistiques par exemple, et ces pauvres budgets qui nous permettent un tel et vital partage &#224; l'&#233;cole. Il y aurait eu ce sentiment malsain qu'on a d&#233;sormais &#224; la lecture du journal quotidien, pareil qu'au temps de Karl Kraus, d&#233;bats qui achoppent, fraudes morales sur fausse subversion. Il y aurait eu ce cataclysme qui fait passer le catalogue des &#233;ditions du Seuil dans les mains d'un affairiste, et l'&#233;croulement de la diffusion Corti et Minuit comme cons&#233;quence : &#231;a veut dire quoi, pour un copain comme S&#233;r&#233;na ? Il y aurait eu les images d'Irak, ce g&#226;chis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis on r&#233;fl&#233;chit, revient tout ce qu'on a cru oublier : les &#233;lections r&#233;gionales, ah bon ? Et Sarkozy, Jupp&#233;, il faudrait s'en encombrer la t&#234;te ? On pr&#233;f&#232;re se souvenir de Brice Petit, mais le proc&#232;s Brice Petit reste en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on garde quoi, du vieil &#233;ph&#233;m&#233;ride ? Eh bien on garde ce qui permettait justement d'&#233;chapper, de d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les heures &#224; marcher sous le ciel de Tokyo et Kyoto, la pluie d'Amsterdam, les voix d'Avignon, le bistrot de Fameck en Lorraine o&#249; &#233;tait l'usine Daewoo, et o&#249; on s'asseyait pour &#233;crire, les textes de Rabelais qu'on dit les yeux ferm&#233;s sans jamais les avoir appris par coeur, parce que dans la t&#234;te on a le violon de Dominique Pifar&#233;ly qui remplace toutes les connexions neuronales, ou bien Claude Guerre qui vous force &#224; dire trois fois plus fort et vite que pr&#233;vu telle anecdote sur Led Zeppelin apr&#232;s qu'on se soit enferm&#233; cinq semaines dans la maison de la radio, le stage &#224; Cherbourg ou celui de la Roche/Yon, les &#233;l&#232;ves d'Argenteuil, une balade &#224; Sach&#233; chez Balzac et puis et puis... Une justification d'avoir fait trace de cela dans ce journal images ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On mettrait une liste de noms, on en soulignerait certains (OB, CT, quelques autres : ceux qui sont souvent en gras dans les nouveaux messages de la bo&#238;te mail). On serait hant&#233; par d'autres images, d'autres instants, et parce qu'on n'a pas le droit d'en parler, d'&#233;voquer m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a aujourd'hui, et la t&#226;che aussi lourde, parce que l'horizon n'incite pas au repli ni &#224; l'abandon. Qu'il y a alentour encore les ombres mena&#231;antes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'on s'est rachet&#233; &lt;i&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/i&gt; pour le relire apr&#232;s vingt ans ou presque, dans des pages neuves, et ainsi de suite. On continue. On fera l'&#233;ph&#233;m&#233;ride l'an prochain, &#231;a ira peut-&#234;tre mieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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