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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Fran&#231;ois Bon | histoire de mes librairies</title>
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		<dc:date>2024-03-31T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>


		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivain, un m&#233;tier ?</dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;faire le point de sa propre histoire de lecteur pour appr&#233;hender la mutation en cours&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot238" rel="tag"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1152.jpg?1397304860' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;strong&gt;Note du 31/03/2024&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Dans le nouveau cycle &lt;i&gt;Recherches sur la nouvelle&lt;/i&gt;, on prend de le titre de cet article de 2008 pour en faire le th&#232;me de la deuxi&#232;me proposition, voir vid&#233;o ici, avec appui sur le livre en 2 (brefs) tomes de Vincent Puente, &lt;i&gt;Le corps des libraires&lt;/i&gt;.
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note du 12/04/2014&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&#192; reprendre ce texte &#224; nouveau, 4 ans apr&#232;s &#233;criture, 2 ans apr&#232;s r&#233;vision, comment ne pas se dire que pas grand-chose a surgi depuis pour infl&#233;chir ou rebondir ? Rar&#233;faction des achats : non parce que c'est cher (&#231;a l'est), non parce que notre biblioth&#232;que serait compl&#232;te (beaucoup de mes achats, au Livre &#224; Tours, sont des livres que je rach&#232;te), mais parce que ce qui s'invente passe plus par ici, les blogs, qu'au travers des filtres de l'&#233;dition marchande. Et, dans nos propres usages du lire/&#233;crire, le meilleur vient de l'&#233;cran. Un texte qui concerne presque alors plus l'autobiographie que la r&#233;flexion sur le m&#233;tier, et c'est la raison du changement de rubrique. &#192; rapprocher aussi de la s&#233;rie en cours &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3688' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Histoire de mes livres&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessus une image prise &#224; Madison, Wisconsin, la derni&#232;re belle librairie d&#233;couverte.&lt;br&gt;
Etrange de relire ce texte &#224; 2 ans de distance on mesure la diff&#233;rence des usages. Dans notre univers principal de lecture, le web a une place solidifi&#233;e, et &#231;a semble irr&#233;versible. Les 80 000 documents de &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2290' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gallica&lt;/a&gt;, lus sur l'iPad, d&#233;sormais ce n'est plus renoncer au confort du livre si on privil&#233;gie son acc&#232;s r&#233;seau. L'enjeu est &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2306' class=&#034;spip_in&#034;&gt;clairement formul&#233;&lt;/a&gt; aussi pour les libraires : c'est &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; dans le num&#233;rique qu'ils doivent reconstruire leur r&#244;le de conseil et prescripteur. Venir &#224; la librairie, c'&#233;tait entrer symboliquement dans le lieu physique de la tribu, on parlait, on feuilletait &#8211;- le web partage aussi ce r&#244;le, et intervient aussi dans la recommandation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une arch&#233;ologue pour soi : ma propre histoire des librairies, de l'enfance &#224; aujourd'hui. Deux ans plus tard, et encore plus avec l'iPad, la lecture num&#233;rique prend une &#233;vidence, et m&#234;me un confort (sans parler des fonctions) qui vont au-del&#224; du livre papier. Le Littr&#233;, dont je raconte ici l'achat en 1980, je l'ai directement et int&#233;gralement via les menus de mon ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note du 30/12/2008 : &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Une histoire de la libraire, par la somme des usages qu'on en a eu chacun ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recomposition &#233;ditoriale, &#231;a veut dire d&#233;placement de la totalit&#233; de ce qu'on appelait autrefois &lt;i&gt;cha&#238;ne du livre&lt;/i&gt; : pour les auteurs, finalement, c'est comme si tout cela &#233;tait de plus en plus loin de nous &#8211; lesquels, pour vivre de leurs livres ? On estime &#224; 1700 en tout, sur les 7000 r&#233;pertori&#233;s &#224; l'Agessa (sont affili&#233;s au r&#233;gime g&#233;n&#233;ral de la s&#233;curit&#233; sociale via l'Agessa, c'est mon cas, ceux dont 50% au moins des ressources consistent en &lt;i&gt;droits d'auteurs&lt;/i&gt;). L'acc&#232;s &#224; la publication se fait sur des crit&#232;res qui, en quelques ann&#233;es, se sont compl&#232;tement transform&#233;s : pr&#233;sence moyenne d'un livre en librairie 6 semaines. Alors que se pr&#233;pare la charrette des mises en vente janvier, combien &#233;tions-nous, fin octobre, &#224; survivre parmi les 660 mises en place de septembre ? Merci &#224; celles et ceux qui me l'ont permis pour mon &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique41&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Led Zep&lt;/a&gt;, et le site y aura peut-&#234;tre aid&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de raison que &#231;a s'arrange cette ann&#233;e. Les modes anciens de r&#233;gulation, biblioth&#232;ques notamment, sont devenus marginaux, ou du moins se recomposent eux aussi selon l'image sociale de la demande. Les vecteurs traditionnels de la critique litt&#233;raire fonctionnent sur le m&#234;me mode que l'&#233;conomie de l'&#233;dition : on s'occupe d'un tr&#232;s petit nombre d'ouvrages, qui, eux, se vendront beaucoup plus et bien plus longtemps. La prescription par l'universit&#233; a quasiment cess&#233;, toutes disciplines confondues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a eu quelques plaisirs : les &lt;i&gt;coups&lt;/i&gt; esp&#233;r&#233;s ou arrang&#233;s ne prennent pas forc&#233;ment, et tant pis pour l'ardoise de ceux qui prennent ce m&#233;tier pour un poker menteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un m&#233;tier qui souffre : &#233;diteurs (et leur syndicat, le SNE), t&#233;tanis&#233;s par la logique des drm, alors que les mod&#232;les sans drm non seulement sont les laboratoires les plus dynamiques, mais cr&#233;ent de nouveaux modes de consultation en ligne ; libraires qui n'ont pas r&#233;ussi &#224; mettre en cause le syst&#232;me parasitaire des offices, n'ont pas r&#233;ussi non plus &#224; se mettre en synergie pour un syst&#232;me commun de vente en ligne (malgr&#233; la r&#233;ussite de quelques plate-formes revenues au mod&#232;le des frais de port gratuits et indexation directe de leur stock, comme &lt;a href=&#034;https://www.ombres-blanches.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ombres Blanches&lt;/a&gt; ou Sauramps), ou leur timidit&#233; &#224; soutenir l'initiative qui aurait pu &#234;tre d&#233;cisive de &lt;a href=&#034;http://www.placedeslibraires.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Place des libraires&lt;/a&gt;. Et &#233;diteurs, auteurs, libraires se rejoignant dans les mod&#232;les de d&#233;pendance &#233;tatique (pour la num&#233;risation, la labellisation, les subventions) reconduits malgr&#233; d&#233;r&#233;liction acc&#233;l&#233;r&#233;e et &#233;vidence du m&#233;pris (en 2 ans, il n'y a plus une seule DRAC pour avoir encore 2 conseillers livres, petits crimes silencieux, sabordage des partenariats &#233;ducation nationale etc)... Nous aurions souhait&#233;, avec les &#233;diteurs comme avec les libraires, aller plus vite dans la mise en place d'exp&#233;riences communes : on va heureusement pouvoir en tenter quelques-unes, prendre en charge diffusion de version ou dossier num&#233;rique de textes propos&#233;s par amis &#233;diteurs. Mais la non implication collective des auteurs dans cette bascule est encore plus surprenante : faire comme si (c'est trop compliqu&#233;, c'est pas &#224; nous de le faire, je pr&#233;f&#232;re le papier, je tente quand m&#234;me ma chance, Internet c'est pipeau etc)... Alors que les questions en balance touchent aussi bien les droits, la diffusion, que la visibilit&#233; publique de notre travail : je n'ai rien &#224; corriger de ce &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1497' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;cent entretien&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;livre &#233;lectronique&lt;/i&gt; balbutiant n'est pas le bouc &#233;missaire : bien trop marginal. La place m&#233;diatique qu'on lui accorde, et &#224; ses nouveaux supports, est largement disproportionn&#233;e. Quand bien m&#234;me une exp&#233;rience comme l'aventure en cours de publie-net double r&#233;guli&#232;rement de volume distribu&#233; chaque 2 mois, cela reste absolument non signifiant. Nous ne sommes pas une roue de secours pour textes en mal d'&#233;dition, mais un laboratoire pour nouveaux modes de lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos usages, par contre, changent en profondeur. Sur des machines qui autorisent de mieux en mieux le rapport dense au texte (je n'ai pas dit au &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt;), la part que nous consacrons &#224; l'information, au savoir, &#224; la correspondance priv&#233;e, mais aussi, de plus en plus, &#224; notre contact direct &#224; la cr&#233;ation -&#8211; litt&#233;raire, visuelle -&#8211;, passe par l'ordinateur, ou &lt;i&gt;les&lt;/i&gt; ordinateurs de la maison, et notamment pour les g&#233;n&#233;rations arrivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour chacun d'entre nous, concr&#232;tement, ces 2 ans, comment a &#233;volu&#233; le budget livre ? C'est peut-&#234;tre cela dont il faut mesurer l'impact en amont, notamment pour la cr&#233;ation litt&#233;raire. Et qui &#233;videmment ne peut que s'aggraver dans un contexte o&#249; cela conditionne l'offre &#224; rebours (voyez sur site &lt;a href=&#034;https://www.actes-sud.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Actes Sud&lt;/a&gt;, l'&#233;chelle de traitement entre 2 auteurs du m&#234;me &#226;ge, Paul Auster et Jean-Paul Goux &#8211; encore sommes-nous chez un des meilleurs). C'est d'une &#233;volution structurelle qu'il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, s'il s'est pass&#233; une chose pour nous autres, cette ann&#233;e 2008, c'est bien comment Internet devient, du point de vue de la cr&#233;ation litt&#233;raire, sa propre finalit&#233; -&#8211; et non plus, comme c'&#233;tait le cas encore il y a 2 ou 3 ans, une m&#233;diation compl&#233;mentaire du livre. Et les sites qui jouent malgr&#233; tout la convergence du papier et du virtuel ont bien du mal, tout comme les sites d'&#233;diteurs qui ne jouent pas &#8211;- &#224; quelques exceptions pr&#232;s &#8211; la carte web 2.0 semblent des vitrines d'un autre &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que je remets en Une ce texte : nous sommes n&#233;s, nous devons tout ce que nous sommes au &lt;i&gt;commerce&lt;/i&gt; des livres, dans la grande &#233;tymologie du mot &#8211; et il nous faut apprendre aujourd'hui un contexte o&#249; toutes protections sont tomb&#233;es, pour tout le monde.]]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; &#233;crit le 25 janvier 2008, de 5h15 &#224; 11h45, en prolongement de ce d&#233;bat ouvert sur &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1150' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Internet et la librairie&lt;/a&gt;. Je suis revenu r&#233;cemment &#224; ce d&#233;bat avec &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3894' class=&#034;spip_in&#034;&gt;notes pensives sur l'&#233;conomie du livre&lt;/a&gt; (f&#233;vrier 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Fran&#231;ois Bon | Histoire de mes librairies&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br&gt; Ma premi&#232;re &lt;i&gt;librairie&lt;/i&gt;, c'est au sens du mot chez Montaigne : l'armoire vitr&#233;e chez mon grand-p&#232;re maternel, l'importance qu'il donnait &#224; ces livres prot&#233;g&#233;s, enferm&#233;s. La r&#233;v&#233;lation comme une cassure d&#233;finitive, en prenant ce qui me semblait le plus interdit, pas pour les gosses : tr&#232;s mince &#233;dition du &lt;i&gt;Scarab&#233;e d'or&lt;/i&gt;. Irr&#233;versible (je n'ai certainement pas dix ans). De l'autre c&#244;t&#233;, juste une &#233;tag&#232;re pr&#232;s de son &#233;tabli, o&#249; il tenait une flore , un livre sur les poissons de rivi&#232;re et un autre sur les t&#226;ches du jardinage : le livre avait partie li&#233;e au savoir, l'organisait. Plus tard, comprendre que le Rabelais Larousse en 4 tomes lui avait &#233;t&#233; offert par un copain de Verdun, sous pr&#233;texte que lui, Edouard Biraud, vingt ans en 1914, &#233;tait du pays de l'auteur : aurais aim&#233; en savoir plus sur le copain. Edition d'ailleurs comiquement expurg&#233;e. Puis le Balzac reli&#233; cuir en 18 volumes, le lui avoir emprunt&#233; l'&#233;t&#233; 1968, avoir rapport&#233; dix mois plus tard, lu int&#233;gralement, le gros carton (un carton Antar). Mes oncles et tantes se sont r&#233;partis les livres. La maison est devenue celle de mon cousin germain, on a le m&#234;me &#226;ge mais lui &#224; dix-sept ans s'engageait dans ce qui est aujourd'hui c&#233;cit&#233; totale : dans cette maison il &lt;i&gt;voit&lt;/i&gt;, bien et bon qu'elle lui soit revenue. Moi j'ai le carnet dans lequel le grand-p&#232;re, &#224; Verdun, &#233;l&#232;ve de l'&#233;cole d'instituteurs de la Roche-sur-Yon, avait recopi&#233; des po&#232;mes de Hugo, Verlaine, Rimbaud m&#234;me (plus Lamartine et d'autres). Son &#233;criture plus fine sur les po&#232;mes &#233;rotiques de Verlaine. Il est admis familialement que je suis l&#233;gitime d&#233;positaire du &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/wcam/bloc/041218.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;carnet&lt;/a&gt;, comme Jean-Claude de la maison. Je n'ai pas d'attachement aux Balzac : en ai eu plusieurs &#233;ditions int&#233;grales depuis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Le village de &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/wcam/0408_longeville.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Saint-Michel en l'Herm&lt;/a&gt; o&#249; nous habitons, o&#249; ma m&#232;re est institutrice et o&#249; nous avons le garage, n'est pas pour moi li&#233; aux livres. Il y a &#224; la maison les livres de prix re&#231;us autrefois par ma m&#232;re, notamment &#224; l'&#233;cole d'instituteurs de Lu&#231;on. Il y a un &lt;i&gt;Anna Kar&#233;nine&lt;/i&gt; et un &lt;i&gt;David Copperfield&lt;/i&gt;. Ce basculement vient tr&#232;s t&#244;t : j'ai onze ans ? Livres grands formats &#224; reliure illustr&#233;e. Il y a aussi Ernest Perochon, &lt;i&gt;Crabet&lt;/i&gt;, et je re&#231;ois un exemplaire du &lt;i&gt;Grand Meaulnes.&lt;/i&gt; La premi&#232;re librairie c'est donc Lu&#231;on, librairie Messe, et on y va une fois l'an pour les livres scolaires. On y retourne &#224; intervalles r&#233;guliers pour l'&#233;cole primaire. Le &lt;i&gt;Grand Meaulnes&lt;/i&gt; doit venir d'ici. Image qui reste tr&#232;s nette des mappemondes &#224; vendre (j'en aurai une minuscule, en t&#244;le fine) et des atlas. Des villes plus grandes o&#249; nous nous rendons au moins annuellement, La Rochelle par exemple, pas souvenir d'&#234;tre entr&#233; dans un magasin de livres, sauf chez Dandurand &#224; Fontenay-le-Comte : mais d&#233;j&#224;, Dandurand, c'est trop grand et trop d'argent, pas &#224; notre &#233;chelle. Mais ce sentiment d'un ailleurs recel&#233; secr&#232;tement par les livres, je l'&#233;prouve encore lorsque j'entre dans une librairie, m&#234;me tr&#232;s pauvrement fournie, de toute petite ville de province. Et quand de passage &#224; la Rochelle je ne saurais pas m'emp&#234;cher d'entrer pour voir ce qu'elles deviennent, les librairies d'autrefois, quand bien m&#234;me on aurait du mal &#224; trouver ce qu'on trouve partout ailleurs, &#244; mal d'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Quand nous d&#233;m&#233;nageons &#224; &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1123' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Civray&lt;/a&gt;, j'ai onze ans (fin de la sixi&#232;me). Sur la grande place carr&#233;e devant l'&#233;glise, deux pharmacies, un horloger, l'&#233;lectrom&#233;nager Chauveau et la librairie Baylet. Plus une autre librairie, plus sombre, en longueur, avec des empilades de livres o&#249; je ne me sens pas tr&#232;s &#224; l'aise, rue du Commerce. Chez Baylet, encore des mappemondes et des atlas, de la maroquinerie. Le livre est une extension des registres de comptabilit&#233;, des cartables de cuir. Je ne me souviens pas de titres pr&#233;cis, mais il y a en fin d'ann&#233;e les &#171; prix &#187;, qui ne cesseront qu'apr&#232;s mai 1968 : je re&#231;ois un Steinbeck et un Stendhal en 4&#232;me, &#231;a me donne les pistes, apr&#232;s je prolonge chez Baylet. La petite librairie sombre de la rue du Commerce, c'est plut&#244;t elle, par contre, qui revient dans les r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La maison de la presse &#224; la Tranche-sur-Mer n'est pas une librairie. Mais elle me fascine pour deux choses : le fait qu'apr&#232;s la saison le patron (Eveno) ferme la boutique et s'en va faire le tour du monde. Le livre donc sert &#224; cela. Mais surtout les pr&#233;sentoirs tournants, alourdis, de livres de poche. Le poche me semble encore tr&#232;s neuf, le contraire des livres de prix reli&#233;s toile verte ou rouge. Et c'est accessible : on ne m'a jamais emp&#234;ch&#233; d'acheter un livre. Souvenir d'un Jacques Laurent comme d&#233;couvrir un pan de vie impossible &#224; seulement entrevoir depuis mon territoire. Et puis, pour un dessin de Semp&#233; dans Paris-Match (deux bourgeois dans des fauteuils cuir : &#8211; Ah, nous vivons vraiment un monde kafka&#239;en&#8230; et sur ce dessin Semp&#233; a figur&#233; ce qui ne m'aurait jamais &#233;t&#233; pensable : des livres empil&#233;s jusqu'au plafond), j'ach&#232;te mon premier Kafka, puis les autres. J'ai une fascination parall&#232;le pour les pr&#233;sentoirs de lunettes de soleil, on est en plein dans la r&#233;volution pop : mais un myope, &#224; quoi cela servirait-il qu'il affecte ces lunettes m&#233;tallis&#233;es r&#233;fl&#233;chissantes ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
L'&#233;tape suivante c'est Poitiers. Le mercredi, on descend &lt;i&gt;grande rue&lt;/i&gt;. Il y a plusieurs librairies, mais la n&#244;tre c'est Vergnaud. On y va surtout pour les disques, tout au fond, et ce petit homme maigre et anguleux, en blouse, qui nous faisait d&#233;couvrir la musique am&#233;ricaine : on avait le droit d'&#233;couter. On se partageait l'argent pour acheter &#224; deux &lt;i&gt;Umma Gumma&lt;/i&gt; ou Chicago Transit Authority. Nous qui sortions de nos villages et des Rolling Stones on avait l'impression d'un pas consid&#233;rable. On achetait donc chacun sa propre collection des obligatoires : &lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt; par exemple (et sa couleur orange, et le temps ensuite, pench&#233; sur les pages, &#224; l'internat, comme une langue &#233;trang&#232;re. Bozier, lui, achetait les revues de po&#233;sie et nous prenait d'un peu haut parce qu'on n'avait pas son savoir : mais il nous pr&#234;tait ses livres. Eluard, c'est pareil, apr&#232;s je l'achetais pour moi. Est-ce que la collection &lt;i&gt;Po&#233;sie&lt;/i&gt; de Gallimard existe d&#233;j&#224; ? Mais pour longtemps la fascination aux po&#232;tes vient de ce rapport &#224; la tourne des pages, et, pour moi qui ai lu avant &#231;a tout Dostoievski, Tolsto&#239; et une partie de Dickens comme j'ai lu mon Balzac et mon Stendhal, la r&#233;volution d'inaugurer le temps en lecture : la lecture peut &#234;tre le temps arr&#234;t&#233; d'une page. En tout cas c'est comme &#231;a que je tombe en surr&#233;alisme. Il y a chez Vergnaud les achats qu'on montre (&lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt;) et les achats qu'on cache (Eluard, Tzara : je tombe fascin&#233; dans Tzara, et il garde pour moi cet effet-l&#224;). Apr&#232;s la terminale, je suis possesseur de livres : je pourrai d&#233;m&#233;nager autant comme autant, j'ai un sac, une r&#233;serve de livres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 bis&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Interm&#232;de : on m' a trouv&#233; un stage en Allemagne, c'est la premi&#232;re fois que je prends l'avion (d'Orly &#224; Cologne), premi&#232;re fois que seul un mois et en pays de langue &#233;trang&#232;re, perdu dans l'usine &#8211; un jour je raconterai. Au retour j'ai ma paye (pas grosse) mais surtout je suis revenu dans un camion de la Westaphalia Separator de Oelde jusqu'&#224; Ch&#226;teau-Thierry, et j'ai une demi-journ&#233;e pour marcher dans Paris. A Oelde, seul souvenir celui du marchand d'instruments de musique, une basse jaune ovo&#239;de dont je r&#234;vais et finalement ne l'ai pas achet&#233;e, mais &#224; Paris mon savoir de provincial c'est qu'il faut aller quartier latin. J'entre dans plusieurs librairies. Presque un peu d&#233;&#231;u que ce ne soit pas forc&#233;ment mieux ou diff&#233;rent de Poitiers. J'ach&#232;te un livre de probl&#232;mes d'&#233;checs (l'aurai longtemps), et le &lt;i&gt;Ch&#226;teau&lt;/i&gt; de Kafka.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
A Bordeaux, la librairie du Parti, cours d'Alsace. On n'en fr&#233;quente pas d'autre. Le temps, de toute fa&#231;on, n'est plus &#224; la lecture. Althusser probablement, mais pour faire comme tout le monde : je n'y comprends rien, en fait. Puis Angers, idem, vague souvenir d'une librairie de centre-ville, librairie bourgeoise. Probablement Brecht encore, et la po&#233;sie encore, vague sentiment que dans les manifs ou assembl&#233;es, comme on fume des Boyard et des Camel selon les mois, c'est bien d'avoir un livre &#233;corn&#233; de po&#232;mes dans la poche.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
L'histoire de la librairie commence donc en arrivant &#224; Paris, mais cette fois pour y vivre. J'aurai pour la premi&#232;re fois, non pas dans la chambre partag&#233;e rue Lafayette, mais la premi&#232;re que j'occupe rue de Tr&#233;vise, une &#233;tag&#232;re &#224; livres (belles planches sombres r&#233;cup&#233;r&#233;es d'un magasin en travaux, plus bas dans la rue). Rue du Faubourg-Poissonni&#232;re, sous l'Humanit&#233;, il y a une librairie : les gens n'y font pas grand-chose. J'y ach&#232;te principalement la collection Int&#233;grale du Seuil (premi&#232;re fois que me rach&#232;te Balzac), percussion Lautr&#233;amont puisque c'est sa rue et son quartier, je lis dans les lieux m&#234;mes et au cimeti&#232;re. Pour la po&#233;sie je vais rue Saint-Andr&#233; des Arts, j'aime bien parce qu'on peut rester longtemps &#224; feuilleter, et qu'immanquablement les types qui entrent pour discuter avec le libraire , on finit assez vite, par recoupement, &#224; savoir que ce sont eux qui &#233;crivent dans Action Po&#233;tique et quoi. C'est la premi&#232;re fois que je vois des &#233;crivains en vrai. Pas pour &#231;a qu'on leur parle, d'ailleurs les petits gribouilleurs de province on aurait &#233;t&#233; re&#231;us, faut voir. C'est l&#224; que commence pour moi la grande &lt;i&gt;remont&#233;e&lt;/i&gt;, c'est ce mot qui me vient, j'&#233;tais tomb&#233; sur un entretien Ristat-B&#233;n&#233;zet et donc je lis Ristat et B&#233;n&#233;zet, B&#233;n&#233;zet parle de Bernard No&#235;l et donc je lis Bernard No&#235;l, Bernard (que je n'aurais pas appel&#233; par son pr&#233;nom) parle de Maurice Blanchot alors me voil&#224; dans Blanchot, et Blanchot je lis un par un, en trois ans, tous les livres dont il parle. C'est lui qui me m&#232;ne &#224; Rilke, &#224; Thomas Mann et Hermann Hesse, &#224; Malcolm Lowry et ainsi de suite. A la limite, plus besoin de libraires, ou plut&#244;t : une librairie se d&#233;finit par la libre disposition des livres que je viens chercher parce qu'&#233;voqu&#233;s dans Blanchot. D&#233;couvre aussi Danielle Collobert, qui vient de mourir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 bis&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Pourquoi je cale &#224; Proust ? Pendant plus d'un an je tourne autour, j'essaye de lire, je ne comprends pas. J'ai quand m&#234;me vingt-six ans, mais je n'ai pas les cl&#233;s. Peut-&#234;tre il me manque l'&#233;chelon Flaubert, l'&#233;chelon Nerval. Grande crise Flaubert, profonde. Et puis n'y plus revenir : comme un bon copain, content de le revoir mais on n'est plus sur la m&#234;me route. Nerval et Balzac, oui. J'ai des trous &#233;normes. J'ai bascul&#233; au lyc&#233;e dans le surr&#233;alisme, mais Baudelaire et Rimbaud connais pas. Je d&#233;couvre enfin Baudelaire via Benjamin. L&#224; aussi, je vais lire au cimeti&#232;re, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article145&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cul sur la tombe&lt;/a&gt;. Trente ans plus tard, j'y retourne au moins une fois l'an. Rimbaud je le lis &#224; Prague, printemps 1978. J'ai la cl&#233;. Je suis pr&#234;t pour Marcel Proust, mais sans savoir pourquoi il fallait ces cl&#233;s. Je lis Proust &#224; Bombay en trois semaines jour et nuit. Souvenir tr&#232;s particulier : non pas de librairie (encore que j'ai image tr&#232;s pr&#233;cise de librairie dans la ville, ne pas s'emp&#234;cher d'y entrer, toujours trouver quelque chose &#224; acheter, m&#233;thode de maharathi, carte g&#233;ographique), mais marchant sur un trottoir au long d'un &#233;ventaire de livres &#224; m&#234;me le sol, l'id&#233;e folle d'avoir vu des mots fran&#231;ais. Demi tour, je cherche, et tombe effectivement sur une anthologie am&#233;ricaine de po&#233;sie fran&#231;aise du XIX&#232;me si&#232;cle. Comme je n'ai que Proust (et Gramsci, mais je ram&#232;nerai Gramsci sans l'avoir ouvert, et apr&#232;s ce sera l'&#233;poque Adorno), j'ach&#232;te le lourd bouquin reli&#233; toile &#8211; je l'ai toujours. J'y retrouve mes &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article6&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Illuminations&lt;/a&gt;, et la r&#233;v&#233;lation c'est Mallarm&#233;. Est-ce encore un &#233;pisode de cette histoire de la librairie ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est une p&#233;riode o&#249; je n'ai pas d'argent, et des besoins de lecture devenus consid&#233;rables. Pour la premi&#232;re fois de ma vie, j'entre dans une biblioth&#232;que municipale (9&#232;me arrondissement), les Pl&#233;iade sont dans une vitrine ferm&#233;e &#224; cl&#233;, je leur demande de l'ouvrir parce que c'est ceux-l&#224; que je veux lire. Parall&#232;lement, le 9&#232;me et le 10&#232;me grouillent de minuscules bouquinistes : on descend dans des caves sous les boutiques, les livres sont en tas. C'est deux ans o&#249; je rattrape ce qui n'est pas venu &#224; moi et c'est consid&#233;rable, la Bible, Shakespeare, les Grecs. Comment dire cela sans affectation : &#231;a s'organise de soi-m&#234;me. Il n'y a plus de librairies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Les paradigmes pour moi ont chang&#233; : je lis pour &#233;crire, ou bien j'&#233;cris et lis du m&#234;me mouvement. Acquisition de la premi&#232;re machine &#224; &#233;crire &#233;lectrique : la question des outils d'&#233;criture passe d&#232;s lors sur le m&#234;me plan que la disponibilit&#233; physique des livres. Comme j'habite tout pr&#232;s, je vais voir du dehors la grande salle de la biblioth&#232;que nationale, rue Richelieu. Je n'aime pas la t&#234;te des gens qui sont l&#224;, &#231;a m'effraie. Pourtant, une fois, j'aper&#231;ois Jacques Roubaud. Je ne lui parlerai que des ann&#233;es plus tard, mais combien de fois j'ai vu et suivi Jacques Roubaud sans d&#233;ranger. A Minuit, le mardi apr&#232;s-midi quinze heures, je m'arrange pour croiser Beckett : une fois on se regarde. Donc pas de biblioth&#232;que. Je vais chez Payot pour mes Adorno, &#224; la librairie de la Sorbonne (maintenant &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article38&#034;&gt;Delaveine&lt;/a&gt;) pour les autres bouquins de th&#233;orie. J'ach&#232;te 800 francs un Littr&#233; 8 tomes d'occasion chez Vrin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9 bis&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Mon premier livre est paru, je suis invit&#233; plut&#244;t par des biblioth&#232;ques, des comit&#233;s d'entreprise. On mesure r&#233;trospectivement la bascule qui se faisait. Exception non mineure : &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article154&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#233;serve &#224; Mantes-la-Jolie&lt;/a&gt;. D&#233;bat qu'on y fait avec Doroth&#233;e Letessier et &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?rubrique185&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Leslie Kaplan&lt;/a&gt;. On m'aurait dit : &#8211; Tu reviendras pour le trenti&#232;me anniversaire de la librairie, je serais parti en courant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Cette ann&#233;e &#224; Marseille est vitalement importante, pour le silence et l'isolement. Ann&#233;e &#224; risque. Des librairies il y en a beaucoup : d'occasion, dans cette petite rue en pente vers la Plaine. Bouquinistes aussi : l&#224; que je commence, en 1983, la collection syst&#233;matique des &#233;crits sur les Rolling Stones, ne sais pas que &#231;a m'embarque pour dix-neuf ans. On peut avoir des Pl&#233;iade vol&#233;s pour quasi rien, c'est tout un commerce. Mais surtout ces deux librairies qui meurent, librairies d'une autre g&#233;n&#233;ration. Grands &#233;tablissements d'autrefois, et vides : la Fnac a tout mang&#233;. Dans les rayons d&#233;laiss&#233;s, des collections enti&#232;res de Faulkner et bien d'autres au prix de vente d'origine. La &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt; de Lowry &#224; 15 francs, je l'ai encore. Le point de rendez-vous c'est L'Odeur du Temps : le lieu social du contemporain c'est le libraire. Aux Arsenaux, Didier Pignari me donne &lt;i&gt;Les Vies minuscules&lt;/i&gt; : &#8211; Tu le lis ce soir, si t'es content tu me payes demain ou tu me le redonnes. Je n'avais jamais entendu parler des &lt;i&gt;Vies minuscules&lt;/i&gt;, qui venaient de para&#238;tre. J'&#233;cris &#224; &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article609&#034;&gt;l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Jamais aim&#233; les salons du livre. D&#233;go&#251;t d&#233;finitif d'&#234;tre assis l&#224; comme un imb&#233;cile, avec les queues qui se font trois m&#232;tres plus loin sur un truc de merde. Pourtant, plus souvenir des salons que des librairies : le temps n'est pas venu qu'on lise &#224; voix haute. En 1986, Alain Lance m'accueille &#224; Francfort (comme &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1089' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Chaillou&lt;/a&gt; ne supporte pas l'avion, on part &#224; quatre en trains avec lui, il nous parle toute la dur&#233;e du voyage) : en Allemagne les auteurs lisent. Confirm&#233; lors de l'ann&#233;e Berlin en 1988, et choc &#224; &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article294&#034;&gt;&#233;couter Novarina lire&lt;/a&gt;. Pour moi, l'histoire de la librairie commence lorsqu'on va commencer &#224; y lire. Plus tard, et d&#233;finitivement, je mets au panier toutes les invitations pour salons ou f&#234;tes du livre : reste quand m&#234;me, aux 24 heures du livre au Mans (mais c'&#233;tait accueilli par le libraire de La Taupe, rebaptis&#233;e Plurielle puisqu'on changeait d'&#233;poque : James Tanneau), la rencontre avec Martin Winckler.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
A Paris, ma librairie c'est le Divan. Je ne suppose pas que les libraires me connaissent. Je farfouille, quand le libraire qui rangeait les bouquins &#224; c&#244;t&#233; me tend un tome de Saint-Simon : &#8211; Vous devriez essayer&#8230; Quand j'essaye, quatre ans plus tard, je m'en souviens parfaitement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est l'&#233;poque du groupement &lt;i&gt;L'&#339;il de la lettre&lt;/i&gt;. Jean Gattegno est directeur du livre. Comme on a fr&#233;quent&#233;, quelques ann&#233;es plus t&#244;t, la m&#234;me formation de chant classique (quel apprentissage, dont je ne devinais pas combien il m'aiderait pour la lecture), on ne parle jamais travail ensemble. Chez lui, par contre, on est quelques-uns &#224; avoir droit de puiser librement dans les livres qu'il re&#231;oit, et que nous ne saurions nous procurer. En 1986, apr&#232;s &lt;i&gt;Le Crime de Buzon&lt;/i&gt;, je suis &#224; nouveau re&#231;u par les libraires : c'est une communaut&#233;. On n'est pas toujours de m&#234;me g&#233;n&#233;ration (Pierrette Lazerges et Jean le navigateur hauturier, &#224; Vents du Sud), mais je fraternise avec tout un paquet de types qui ont mon &#226;ge &lt;i&gt;exactement&lt;/i&gt;, arriv&#233;s &#224; la librairie chacun par une histoire &#224; dormir debout : &#231;a fait dr&#244;le quand on se revoit avec nos tronches de maintenant. En fait, chaque fois, un mince local rempli de bouquins (on les reconna&#238;t), la paye d'auteur et la paye de libraire &#224; peu pr&#232;s pareil et bien plus intermittente qu'un Smig. Sous l'id&#233;e de communaut&#233;, peut-&#234;tre tr&#232;s simplement que ce qui nous rattache &#224; la litt&#233;rature emporte tout, et, qu'on soit c&#244;t&#233; &#233;criture ou c&#244;t&#233; librairie, il s'agit d'abord, sym&#233;triquement, de faire passer ce qui est pour nous valeur absolue. Je garde mon Gracq un peu secret, je d&#233;couvrirai l'essentielle et fauve Sarraute plus tard mais, proximit&#233; &#233;ditions de Minuit oblige, Claude Simon et Samuel Beckett sont des esp&#232;ces de mots de passe. Mon h&#233;ritage politique et celui du garage d'enfance font que j'aurai toujours des grosses pattes : o&#249; Echenoz l'a&#233;rien parle de Flaubert, moi je parle d'Echenoz. Le mot &lt;i&gt;agr&#233;gateur&lt;/i&gt; n'existe pas encore, mais les maisons d'&#233;dition fonctionnent de cette fa&#231;on, ainsi le cercle Minuit s'agrandit de Toussaint et Deville, Rouaud et S&#233;r&#233;na, comme POL d&#233;veloppe sa &lt;i&gt;Revue de litt&#233;rature g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt; (mais on ne se fr&#233;quente pas trop). Prendre conscience que c'est cela aussi qui s'est disloqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13 bis&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
J'ai donc dormi tr&#232;s souvent chez des libraires. Le souvenir le plus traumatisant c'est &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article153&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;G&#233;ronimo &#224; Metz&lt;/a&gt; (d&#233;bats pr&#233;par&#233;s par un collectif d'amis de la librairie, mais dans la salle ils font semblant de ne pas se conna&#238;tre, les questions sont vachardes, avant, &#224; la gare, on vous a mis en condition par une r&#233;ception tr&#232;s froide mais &#231;a leur para&#238;t tr&#232;s rigolo, ensuite au resto, de vous expliquer comment c'est un coup mont&#233;, comment vos coll&#232;gues et copains s'y sont comport&#233;s : &#8211; Et on choisit le resto en fonction de comment le mec s'est tenu et a r&#233;pondu&#8230; Une Telle, on l'a ramen&#233;e &#224; l'h&#244;tel avec un sandwich en lui disant qu'&#224; cette heure-l&#224; tout &#233;tait ferm&#233;, &#224; Metz...&lt;br&gt;
Aujourd'hui je n'aime pas dormir chez des gens : insomniaque trop inv&#233;t&#233;r&#233;, au moins dans les h&#244;tels on a la wifi, et tant pis si le train est &#224; 5 heures du matin, on y dort tr&#232;s bien. A l'&#233;poque, on avait aussi encore les trains de nuit, j'en profitais souvent. Mais dormir chez le libraire ce n'&#233;tait pas comme investir un lieu priv&#233; : si la vaisselle restait dans l'&#233;vier c'est que la vie de ces types-l&#224; c'&#233;tait leur magasin et j'avais connu &#231;a dans le garage autrefois. Par exemple, le premier appartement o&#249; je dors chez &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article124&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thorel &#224; Toulouse&lt;/a&gt;, j'ai souvenir d'une suite de couloirs et de portes avec des livres partout, des livres &#224; l'horizontale empil&#233;s sur les livres &#224; la verticale, et r&#233;partis par discipline selon les murs.&lt;br&gt; A Metz, G&#233;ronimo, la couche qu'on me propose est carr&#233;ment au milieu d'une pi&#232;ce sans &#233;tag&#232;re, mais les libres en pile sur la totalit&#233; de l'espace, &#224; m&#234;me le plancher et jusqu'&#224; hauteur de genoux. M'en souviens particuli&#232;rement &#224; cause d'un chat : je n'ai jamais pu supporter les chats. Aujourd'hui encore capable de faire la liste des libraires possesseurs de chats (plus qu'on croit), ce truc rempli de poils et de griffes : alors bon, ils peuvent bien me reprocher mes d&#233;fauts. &lt;br&gt;
Chez Henri Martin, &#224; Bordeaux, apr&#232;s la signature &#224; la Machine &#224; Lire, on parle chez lui jusqu'&#224; 3 heures : ce type n'a jamais envie de dormir ? Ce dont on parle : litt&#233;rature du dix-septi&#232;me si&#232;cle. Finalement, il me montre sa cabine : sous les combles, une couche monoplace avec ampoule, et &#233;tag&#232;res pour livres des deux c&#244;t&#233;s et au-dessus. Il ne dort que trois heures par nuit, lit le reste du temps. C'est le premier &#224; m'introduire &#224; l'insomnie professionnelle. J'y pense souvent, plus tard, en m'am&#233;nageant mes bulles d'&#233;criture, ordi, livres et tabouret serr&#233;s comme pour la voile solitaire. La derni&#232;re fois que j'ai dormi chez Henri, dans une autre maison, encore un chat (et beaucoup de plantes &#8211; &#233;tais parti l&#224; aussi &#224; pied le matin pour la gare avant l'aube).&lt;br&gt; Etrange que pour certaines villes (Le Mans, Nantes, Besan&#231;on) je ne sois plus en mesure de rien visualiser de l'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13 ter&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Sur la longueur de route, connu beaucoup d'auteurs qui ont pris bifurcation et ne publient plus (je sais pour moi aussi, d'ailleurs, maintenant, l'existence d'un lieu de paix o&#249; &#233;crire plus besoin : je peux d&#233;j&#224;, quand je souhaite, m'y installer, et parfois pour des semaines). Mais je connais tr&#232;s peu de libraires qui se soient &#233;loign&#233;s de leur m&#233;tier. Deux en particulier. Dont Francis Geffard, fondateur de Millepages &#224; Vincennes, amoureux des Indiens d'Am&#233;rique et la litt&#233;rature qui va avec, devient &#233;diteur et laisse &#224; d'autres la conduite de la librairie : grande paix apparente, lui aussi, quand je lui en parle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Les librairies ont d&#233;m&#233;nag&#233; et grandi, on ne sait plus le pr&#233;nom des jeunes qui y sont employ&#233;s (&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article44&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chez Colette Kerber&lt;/a&gt;, par exemple, je n'ose pas trop les appeler par leur pr&#233;nom). L'impression, pour les libraires eux-m&#234;mes, qu'ils sont rest&#233;s viss&#233;s &#224; leur t&#233;l&#233;phone, quand les gens qui travaillent avec eux sont pass&#233;s &#224; l'ordinateur : y voir un des hiatus dans le virage actuel ? Ma chance, c'est d'avoir toujours ha&#239; le t&#233;l&#233;phone autant que les chats. Dans ce go&#251;t de l'oral, vital &#224; ce m&#233;tier de contact parmi les livres, un refus inconscient de l'&#233;criture qui est forc&#233;ment celle des autres, et fait obstacle lorsqu'il s'agit de passer au courrier &#233;lectronique ? J'ai pu garder des lettres d'auteurs (ah, ce d&#233;m&#233;nagement o&#249; j'ai jet&#233; par erreur l'enveloppe o&#249; je gardais quelques lettres de Maurice Blanchot et Claude Simon), mais je ne crois pas avoir jamais re&#231;u une lettre de libraire. Etrange de d&#233;couvrir que les libraires blogueurs sont des libraires qui ont commenc&#233; par des m&#233;tiers de l'informatique avant de s'offrir leur r&#234;ve de magasin &#224; livres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
En 1991, sans savoir que je viendrai y habiter, pour des questions tr&#232;s rationnelles de proximit&#233; de Paris et de co&#251;t des loyers, je suis re&#231;u dans la toute jeune librairie &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article24&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Livre &#224; Tours&lt;/a&gt;. Un &#233;tablissement hybride, le patron passant une grande partie de son temps sur les routes de France, visitant les biblioth&#232;ques, vendant les livres de quelques &#233;diteurs marginaux, comme l'est encore Verdier. Un employ&#233; &#224; la librairie, toute petite, un employ&#233; &#224; l'entrep&#244;t de distribution, sous un pont d'autoroute, &#224; Saint-Pierre des Corps. Pour des raisons qu'on ne d&#233;veloppera pas ici, le syst&#232;me n'est pas fiable, mais les deux employ&#233;s, que je n'imagine pas travailler ensemble, rach&#232;tent la librairie. Ce dimanche matin, dix ans plus tard, nous, leurs clients, nous sommes collectivement rassembl&#233;s pour &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/wcam/ANC/photo38.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la d&#233;m&#233;nager&lt;/a&gt; dans un local plus grand, &#224; cinquante m&#232;tres de l'ancien. Les deux libraires sont d'&#233;tonnants prescripteurs, l'un nerveux, l'autre calme. Je n'ai jamais &#233;t&#233; client d'une librairie unique. Je sais par contre exactement, m&#234;me des ann&#233;es apr&#232;s, et malgr&#233; les sept ou huit mille livres qui m'entourent, o&#249; et quand celui-ci je l'ai achet&#233;. C'est une singularit&#233; (je travaille en ce moment &#224; des programmes &#233;lectroniques de catalogage des fichiers num&#233;riques : lorsqu'il s'agit du livre, la t&#234;te fait tr&#232;s bien cela toute seule). Lorsque les chemins de vacances vous font passer &#224; proximit&#233; m&#234;me relative de Montpellier, Aix-en-Provence, Brest ou Bordeaux, on s'arrange pour faire l'&#233;cart. On se donne carte blanche chez Mollat ou &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article997&#034;&gt;Sauramps&lt;/a&gt;, quitte &#224; faire maigre apr&#232;s. Je n'ai pas besoin, dans ce cas, que le libraire me dise quoi acheter. D'ailleurs j'ai toujours eu r&#233;pugnance aux libraires qui surveillent ce que vous achetez, ou commentent vos achats (mais mes amis libraires sont devenus de fins commer&#231;ants, ils ne feraient pas erreur aussi simple : ah, le regard lointain vers le fond du magasin en passant le code-barres). J'aime acheter aussi des livres qui ne sont pas avouables. Je pratique aussi les kiosques de gare, ou le Virgin de la Part-Dieu quand on y fait transit. J'ai souvent ramass&#233; des livres dans les Fnac, mais pas les livres que je sais &#234;tre d&#233;fendus par les libraires amis, ceux-l&#224; je les prends chez eux. Retour &#224; la librairie Le Livre &#224; Tours : s'ils tiennent, eux qui mettent point d'honneur &#224; avoir en permanence &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; Artaud, &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; Bataille, &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; Blanchot et la po&#233;sie en milieu de magasin, c'est pour ces gens qui viennent de cent cinquante kilom&#232;tres &#224; la ronde, une fois toutes les six semaines ou deux mois, parce qu'ils savent ce qu'ici ils vont trouver. Et comme ils sont vex&#233;s, les copains, quand pr&#233;cis&#233;ment celui qu'on vient chercher est en r&#233;approvisionnement : parce qu'on voulait offrit un &lt;i&gt;Faustus&lt;/i&gt; de Thomas Mann, parce qu'on a d&#233;couvert que sa propre &#233;dition originale des &lt;i&gt;Po&#232;mes&lt;/i&gt; de Beckett a &#233;t&#233; agrandie &#224; la r&#233;impression, et pr&#233;cis&#233;ment par ce texte comment&#233; par Deleuze, et qu'il va nous falloir attendre trois jours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 bis&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La librairie Voix au chapitre de Saint-Nazaire : qu'on peut &#234;tre libraire tout seul, ma&#238;tre &#224; bord de sa boutique, avec son fax et son t&#233;l&#233;phone, la cafeti&#232;re dans le r&#233;duit sur le frigo encombr&#233; de factures, et que pourtant il a fait refaire par un vrai menuisier cet &#339;uf &#224; l'arri&#232;re o&#249; quarante personnes tiennent confortablement (&#171; Ah non, pour toi on va au th&#233;&#226;tre, il va y en avoir le double &#187;, et qu'effectivement ce soir-l&#224; il y a quatre-vingt personnes).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 ter&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Quand on s'installe dans une librairie : il a celles qui incluent, comme &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article151&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dialogues&lt;/a&gt; ou Ombres Blanches, vraie salle de rencontre. A G&#233;ronimo, quand on installe le vid&#233;o-projo dans l'escalier. Aux Sandales d'Emp&#233;docle, la mini salle de th&#233;&#226;tre de 20 personnes juste &#224; c&#244;t&#233; (ou plus tard avoir lu au &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article200' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mus&#233;e du Temps&lt;/a&gt;). Les tables charg&#233;es de livres sont souvent, maintenant, sur roulettes, on fait de la place. Quelquefois on lit debout au milieu des gens. Au mois d'avril, &#224; &lt;a href=&#034;http://www.lalibrairiedesecoles.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Saint-L&#233;onard du Noblat&lt;/a&gt;, le libraire a dit qu'il r&#233;servait la salle des f&#234;tes. A l'Arbre &#224; Lettres Mouffetard, une fois, cette femme qui me photographiait sans arr&#234;t &#224; un m&#232;tre et je n'osais pas la fiche dehors, jusqu'&#224; ce que je craque. L'Arbre &#224; Lettres Lille et pourquoi &#231;a a ferm&#233;, j'y pensais l'autre jour en lisant &#224; la Fnac. Les libraires qui ont tellement le trac pour vous qu'ils s'&#233;loignent d&#232;s le d&#233;but de la rencontre et &#233;coutent de loin si &#231;a se passe bien. Ceux qui ont toujours peur qu'on lise trop long. Les libraires qui ne vous invitent pas : vingt ans qu'on est copains avec Jean-Marie Ozanne, jamais fait quoi que ce soit chez lui. Les libraires qui font du hors sol : &#224; Nantes Vent d'Ouest vous propulse au &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article890' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lieu Unique&lt;/a&gt;, &#224; Montpellier Sauramps au mus&#233;e Fabre, &#224; la Drac ou dans un cin&#233;ma. Et le prix &#224; La R&#233;serve pour leurs trente ans : des tissus muraux dissimulent la totalit&#233; des &#233;tag&#232;res &#224; livre. Il reste sur les tables cinq cents livres, mais choisis par les libraires. Ils ont d&#233;cid&#233; que, ce dimanche, on ne proposerait que ceux-l&#224; : et que cinq cents livres suffisent. On pourrait m&#234;me r&#233;duire probablement : j'ai v&#233;rifi&#233;, ils avaient pens&#233; &#224; laisser un Don Quichotte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Librairies &#224; l'&#233;tranger. &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article824' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Partout&lt;/a&gt; qu'on aille, on entre dans les librairies. On ne parle pas la langue, mais on a quand m&#234;me l'impression d'&#234;tre en famille. On regarde les traductions. On touche les papiers, la souplesse des couvertures autrement. Il est beau, le papier des Italiens. On aime autrement les romantiques, dans telle vieille galerie berlinoise. A Philadelphie, cette librairie-maison : on mange si on veut, on lit tant qu'on veut, on s'assoit aux ordinateurs (et pourquoi &#231;a ne se marierait pas : il y en a qui comprennent plus vite que d'autres). Acheter des livres dont on sait qu'ils vous seront inaccessibles. J'ai Faulkner en anglais int&#233;gral : jamais ne le lirai int&#233;gralement. Mais ce livre de photographie des objets de Raymond Carver, dentier en pl&#226;tre sur la t&#233;l&#233;vision compris. Le &lt;i&gt;How to write&lt;/i&gt; de Gertrude Stein.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Je n'ai pas de culpabilit&#233; &#224; fouiner l'Internet comme avant les bouquinistes de Limoges (non, &#231;a c'est Bergounioux qui me le racontait l'autre jour, et ce qu'il en avait rapport&#233;). Un article de Gina Pane dans une revue avant-gardiste de 1973, et on me l'envoie d'Amsterdam. Pr&#232;s de l'&#233;cluse du canal du midi, &#224; la sortie de Narbonne, cet immense d&#233;dale de granges avec dizaines de milliers de livres : et voil&#224;, l&#224; dans mon bureau un &lt;i&gt;Enferm&#233;&lt;/i&gt; de Gustave Geffroy et &lt;i&gt;La langue de Rabelais&lt;/i&gt; par Lazare Sain&#233;an en proviennent. Pas de culpabilit&#233; &#224; se faire exp&#233;dier depuis telle minuscule officine des H&#233;brides le livre tir&#233; &#224; 350 exemplaires d'un rapport sur St Kilda. C'est peut-&#234;tre cela qui glisse : se satisfaire des ressources num&#233;riques. Michon qui m'explique l'autre jour avoir trouv&#233; un &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article434' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sainte-Beuve&lt;/a&gt; entier, vingt-cinq kilos livr&#233; &#224; domicile. Et moi je venais, les m&#234;mes semaines, de tout transf&#233;rer via Gallica.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
L'art des librairies provisoires. Pour les vingt ans des &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article38&#034;&gt;Temps modernes &#224; Orl&#233;ans&lt;/a&gt;, on nous demande, aux auteurs pass&#233;s tout ce temps &#224; la librairie, de choisir nous-m&#234;mes dix livres. A &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article968' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lagrasse&lt;/a&gt; (mais c'&#233;tait avant le mazout), d&#232;s 1995 la fa&#231;on dont Thorel d&#233;ploie pour dix jours un immense fantasme politique, litt&#233;rature, film (nul n'est parfait) : le trouble que j'avais eu et dont je me souviens avec pr&#233;cision, l'impudeur que j'aurais ressentie si j'avais d&#251; ainsi d&#233;ployer mes propres livres et les offrir. Y a-t-il un quelconque magasin dans ce m&#233;tier qui ne mesure pas exactement, et ce n'est pas forc&#233;ment flatteur, l'exigence que vous avez, non pas du livre, mais de ce qui le fonde ? Les libraires peuvent bien grogner s'ils veulent, on les voit comme aux infrarouges aux livres qu'ils d&#233;fendent : en tout cas pour moi, qui ai probl&#232;me terrible de reconnaissance des visages (asoprognosie).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;Le libraire qui vous dit : &#8211; &#199;a n'a pas du tout march&#233;, ton livre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La librairie qu'on se ferait. Je ne sais pas. Je n'ai jamais eu envie d'&#234;tre libraire. On est au m&#234;me endroit, c'est tout. &#199;a suffit pour m'interroger grandement. On n'&#233;crit pas pour ajouter au livre. On &#233;crit pour mieux approcher les livres qu'on a d&#233;j&#224; lus. Peut-&#234;tre pour les voir de plus loin dans l'int&#233;rieur, en tout cas parfois on l'imagine (ne plus lire des quantit&#233;s de page : se surprendre &#224; rester deux heures sur trois lignes, s'en vouloir de &#231;a &#8211; ceux qui se moquent de ma capacit&#233; volontaire &#224; m'endormir sur une page, construire de r&#234;ver dedans : oui, en vingt ans, j'ai progress&#233; dans l'art du r&#234;ve page). L'intuition qu'on a d'un texte, au point parfois que l'&#233;crire n'a plus d'importance, on se met &#224; la machine et voil&#224;, et on inscrit ce qu'on a dans la t&#234;te, c'est l&#224;-dessus que des heures ou des mois on a travaill&#233;. Mais peut-&#234;tre encore plus par d&#233;fense : je veux prot&#233;ger l'endroit nu et fragile o&#249; Kafka m'est ouvert, ou bien o&#249; je sauve quelque chose du &lt;i&gt;Scarab&#233;e d'or&lt;/i&gt;, de Jules Vernes, de &lt;i&gt;Crabet&lt;/i&gt; et du Meaulnes. Et que prot&#233;ger cet endroit, oui, suppose de convoquer le monde et l'assigner &#224; la page. Qu'on lui tend comme sa carte d'identit&#233;, pile &#224; hauteur du nez et laissez passer. On &#233;crit des livres pour que &#231;a cogne, parce que nous, l&#224;, derri&#232;re, on a peur et qu'on est nu. Finalement, ce qui nous met au m&#234;me endroit que les libraires, c'est rien d'autre que l'anxi&#233;t&#233; professionnelle. &#199;a n'a rien &#224; voir avec le livre, rien du tout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nota : aucun des noms propres cit&#233;s ne l'est au hasard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>publiepapier | J &#8211; 30</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2914</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2914</guid>
		<dc:date>2012-05-15T10:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;le 15 juin, on pourra commander les ouvrages publie.net dans toutes les librairies&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;le bulletin&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;publie.net&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2914.jpg?1352733913' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Mardi 15 mai. Comme un nouveau coup de gong sur notre histoire qui commence : accord de principe de la &lt;a href=&#034;http://www.ombresblanches.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;libraire Ombres Blanches&lt;/a&gt; pour un partenariat privil&#233;gi&#233; avec publie.papier...
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, nous serons pr&#233;sents sur ensemble des catalogues des librairies en ligne, et notamment celles qui sont dans une vraie bagarre du fonds et de l'exigence (Sauramps, Mollat, Kl&#233;ber, Dialogues...), et bien s&#251;r nos livres seront accessibles sur commande depuis la totalit&#233; des libraires diffusant Hachette Livres, et nous sommes pr&#234;ts &#224; discuter concr&#232;tement avec chaque libraire d&#233;sireux de s'impliquer (&lt;a href=&#034;http://publiepapier.fr/mail/info.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nous &#233;crire&lt;/a&gt; &#224; l'attention de Christophe Grossi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'int&#233;r&#234;t d'un partenariat privil&#233;gi&#233; avec Ombres Blanches : les livres sont physiquement disponibles en stock dans la librairie, la commande en ligne d&#233;clenche donc l'exp&#233;dition directe, r&#233;ception chez vous en moins de 48h, le dispositif d'impression &#224; la demande &#233;tant relanc&#233; alors pour leur renouvellement de stock.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce partenariat, dont je me r&#233;jouis &#224; titre personnel pour l'importance continue depuis 20 ans du dialogue avec Christian Thorel, sera donc mis en avant sur la totalit&#233; des pages livres du site en pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si on imaginait... ne serait-ce qu'un petit flyer ins&#233;r&#233; dans le livre &#224; l'exp&#233;dition, qui permette alors l'acc&#232;s &#224; la version epub directement via le site libraire ? Est-ce que le temps est enfin venu de lancer, entre libraires &lt;i&gt;brick &amp; mortar&lt;/i&gt;, et les outilleurs (Immateriel.fr, ePagine.fr), via les outils que sont Tite Live ou Dilicom, les premiers labo de la compl&#233;mentarit&#233; ? On serait fier, en ce cas, de jouer les premiers cobayes &#8211; allez, on appellera &#231;a &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFka&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;op&#233;ration La&#239;ka&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lundi 14 mai... Forte r&#233;union ce matin, et encore une fois touch&#233; de l'accueil confiant et performant de notre partenaire. On a vu les premiers volumes &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2844' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le mois dernier&lt;/a&gt;. Deux nouveaux tests d'impression d&#232;s demain, et la phase d'assemblage (mot qui figure au menu &#034;&#233;dition&#034; de nos InDesign !) pourra commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en pr&#233;alable, on ne le redira jamais assez : notre diffusion num&#233;rique se porte bien (pr&#232;s de 4000 titres t&#233;l&#233;charg&#233;s par mois), mais l'impression &#224; la demande non seulement a fait un bond en avant en termes de qualit&#233; et en invention possible, mais l&#224; s'appuie sur la logistique du n&#176; 1 fran&#231;ais. Explorer une compl&#233;mentarit&#233; papier et num&#233;rique : notre id&#233;e de d&#233;part, c'est que l'achat du livre imprim&#233; permette acc&#232;s gratuit &#224; la version num&#233;rique. Mais bien conscient aussi qu'une partie non n&#233;gligeable de nos lecteurs potentiels n'est pas encore &#233;quip&#233;e de Kobo, Kindle ou iPad, et que, m&#234;me pour nous qui pratiquons la lecture num&#233;rique, le rapport au texte n'est pas forc&#233;ment de m&#234;me nature, et que nous ne sommes pas quitte de cette interrogation, et ce qu'on doit au livre. Donc, en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confirmation que, si tout va bien, on pourra d&#232;s le 15 juin commander les premiers ouvrages publie.net chez tous les libraires. On rappelle le principe : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nos fichiers sont d&#233;pos&#233;s &#224; Nashville par ftp, chez le partenaire de Hachette, &lt;a href=&#034;http://www1.lightningsource.com/international/indexfr.aspx?loc=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lightning Source&lt;/a&gt;, leader mondial de l'impression sur demande ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les commandes d'ouvrage sont centralis&#233;es chaque soir par Hachette &#224; 21h, et d&#233;clench&#233;es pour impression d&#232;s le matin suivant, avant que les livres soient exp&#233;di&#233;s dans l'apr&#232;s-midi chez le libraire ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; commande possible depuis l'ensemble des libraires, petits ou grands, distribuant le catalogue Hachette Livre (&#231;a en fait, en France ou ailleurs !), exp&#233;dition &#224; domicile depuis l'ensemble des sites de librairies avec vente en ligne (en France, Ombres Blanches, Sauramps, Mollat, Dialogues, Kleber..., &#224; Bruxelles Filigranes, &#224; Montr&#233;al Monet...), et les grandes plateformes (Fnac, Amazon) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; chaque ouvrage inclut un code permettant sur le site publie.net (avec inscription pr&#233;alable cependant), le t&#233;l&#233;chargement gratuit de la version num&#233;rique ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les libraires b&#233;n&#233;ficient de la remise habituelle du r&#233;seau Hachette (39% en moyenne) &#8211; conseil et contact pour ces questions : Christophe Grossi ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pour les biblioth&#232;ques, commande depuis vos fournisseurs habituels, libraires ou grossistes (SFL, Appel du Livre etc) &#8211; merci seulement aux &#233;tablissements acheteurs, une fois t&#233;l&#233;charg&#233; l'epub (libre utilisation &#224; leur gr&#233;, notamment sur liseuses en pr&#234;t), de mettre un coup de marqueur sur le code avant mise en rayon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les auteurs, une &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2856' class=&#034;spip_in&#034;&gt;forme de diffusion in&#233;dite&lt;/a&gt; :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; droits d'auteurs progressifs, 18% sur les 50 premiers exemplaires, 25% sur les 250 premiers exemplaires, 33% de 250 &#224; 1000, et 50% au-del&#224; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; remise &#233;diteur sur les exemplaires command&#233;s par l'auteur, soit 50% du prix public HT, libre &#224; eux de les recommercialiser lors d'&#233;v&#233;nements ou salons &#8211; &lt;i&gt;nota :&lt;/i&gt; 1, les commandes auteurs sont livr&#233;es directement &#224; l'adresse de l'auteur, 2, pas de droits d'auteurs vers&#233;s sur les exemplaires command&#233;s par l'auteur, 3, sur vos propres sites, merci de privil&#233;gier la commande par libraires partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d'entre vous sont au courant, et c'est tout un petit bataillon qui s'active depuis quelques semaines, sous la haute direction graphique et cr&#233;ative de Gwen Catal&#225;, assist&#233; de Roxane Lecomte : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 50 titres seront mis en vente pour l'entr&#233;e au catalogue de distribution Hachette Livres. Crit&#232;res de choix : la simplicit&#233; des ouvrages (besoin de ma&#238;triser les r&#233;sultats, de perfectionner nos InDesign), un noyau repr&#233;sentatif de l'ensemble de notre d&#233;marche, et un c&#244;t&#233; festif aussi, en invitant les auteurs qui, ces 3 ans, et d&#232;s l'origine, se sont le plus impliqu&#233;s dans l'aventure ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; puis 10 titres par mois, dans la mesure o&#249; les mises en ligne de nouveaux textes seront imm&#233;diatement sous le mode de la compl&#233;mentarit&#233; num&#233;rique/papier, et rattrapage progressif pour l'ensemble du catalogue ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nul ne sera oubli&#233;, mais du temps n&#233;cessaire pour les ouvrages traditionnellement plus complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1 maquette pour les textes litt&#233;raires, 1 maquette pour les essais, template fixe mais susceptible de toute variation int&#233;rieure en fonction de la narration, de la structure, de la langue, et en essayant de rester dans le cr&#233;neau 14/16 euros... &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; plus lancement d&#232;s le 15 juin d'une collection : &lt;i&gt;Les brefs&lt;/i&gt;, maquette originale Gwen Catal&#225;, de 50 &#224; 90 pages, prix unique 9,90 &#8364; (on verra si on peut descendre, en fonction des simulations en cours) &#8211; nous disposons sur le site de nombreux textes sous ce format, il nous para&#238;t important de le signifier dans la diffusion papier ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;largissement de la diffusion papier &#224; la revue D'Ici L&#224; (Ph/Pierre M&#233;nard concocte 2 compilations grand format, pour les num&#233;ros 1 &#224; 4 et 4 &#224; 8), et attention particuli&#232;re aux traductions in&#233;dites que nous proposons (Kafka, Lovecraft, Bartleby, mais bient&#244;t V Woolf ou Conrad... et Horace !)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nous continuons bien s&#251;r les mises en ligne num&#233;riques pendant ce temps, de nombreux projets en cours, m&#234;me si forc&#233;ment ralentis par ce changement d'&#233;chelle, notamment extension de notre collection &lt;i&gt;REPRINT&lt;/i&gt; avec reprise num&#233;rique de livres indisponibles des ann&#233;es 70, 80, 90, renum&#233;ris&#233;s par nos soins, et r&#233;vis&#233;s par les auteurs eux-m&#234;mes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mode op&#233;ratoire :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Merci &#224; Daniel Bourrion et Laurent Grisel (plus jeanloub) d'avoir rejoint Gwen, Roxane, et moi-m&#234;me pour la pr&#233;paration rough des InDesign avant leur finish par Gwen, qui a lourde responsabilit&#233;...
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les PDF des ouvrages compos&#233;s (rough) sont d&#233;pos&#233;s dans une DropBox pour l'&#233;quipe de relecture (sp&#233;cial merci &#224; Christine Jeanney, Jean-Yves Fick, Laurent Margantin et les autres), volontaires accept&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail de mise en page et &#233;laboration graphique des textes nous impose une relecture en profondeur, pas seulement pour les corriger, mais pour un rehaussement impressionnant de ce que nous devons en faire. Tout cet &#233;t&#233; (probablement avec une personne en plus), nous reprendrons les versions epub pr&#233;sentes sur le site &#8211; sauf pour ceux de ces 3 derniers mois, d&#233;j&#224; pens&#233;s pour cette compl&#233;mentarit&#233; &#8211;, et mise &#224; niveau globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vous tient bien s&#251;r au courant, &#224; mesure qu'on d&#233;couvre nous-m&#234;mes.... Une masse consid&#233;rable de d&#233;tails techniques, commerciaux, et d'enjeux litt&#233;raires ou juridiques, mais la m&#234;me griserie &#224; sentiment d'arriver en paysage neuf qu'en lan&#231;ant la plateforme num&#233;rique elle-m&#234;me. Et merci d'excuser, au moins pour moi, mails en retard et autres collat&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et apr&#232;s.... bien apr&#232;s on souhaite que la confiance envers textes et auteurs se manifeste, pour vous, par la rencontre directe avec les livres... Et que &#231;a se marie parfaitement bien avec vos Kindle, Kobo, iPad...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La photographie ci-dessus en guise de porte-bonheur, puisqu'il se trouve que cette demoiselle porte elle aussi consid&#233;rable poids moral dans la r&#233;ussite du projet !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Freud, l'auteur du mois</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2044</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2044</guid>
		<dc:date>2010-02-12T13:44:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>lire num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;dossier Freud l&#224; la librairie Ombres Blanches&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;site | infos, t&#233;l&#233;chargement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot249" rel="tag"&gt;lire num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2044.jpg?1352732952' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que je ne sois pas un mod&#232;le pour ce qui concerne Freud et la psychanalyse ? D'accord, mais l&#224;, dans les soir&#233;es qu&#233;b&#233;coises, je me rattrape (la &lt;i&gt;Traumdeutung&lt;/i&gt;, lue il y bien 30 ans...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais double incitation, parce que le nouveau site de la librairie &lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ombres blanches&lt;/a&gt; &#224; Toulouse propose des tables virtuelles dans un graphisme et une ergonomie o&#249; on commence &#224; se rendre compte de ce que le web peut apporter &#224; une librairie &#034;en dur&#034;. Et vente en ligne &#233;videmment, port gratuit, c'est chez vous en 48 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc dossier &lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr/sur-la-table-du-libraire/detailtab/selection/62/freud---dernieres-editions.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Freud, derni&#232;res &#233;ditions&lt;/a&gt; avec tout un dossier r&#233;dactionnel : &lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr/dossiers-bibliographiques/autour-de-freud.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Autour de Freud&lt;/a&gt; dont seraient bien incapables les machines froides de la vente en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter la balade Ombres Blanches (rien qu'imaginer le petit sourire critique de Christian T l&#224; derri&#232;re) : cette page sur le &lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr/sur-la-table-du-libraire/detailtab/selection/48/cinema-documentaire---etat-des-lieux.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cin&#233;ma documentaire&lt;/a&gt;, ou bien &lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr/sur-la-table-du-libraire/detailtab/selection/42/autour-du-cinema.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Autour du cin&#233;ma&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la psychanalyse, retour via la page &#034;num&#233;rique&#034; d'Ombres Blanches avec le t&#233;l&#233;chargement des archives de la &lt;a href=&#034;http://ombresblanches.epagine.fr/listeliv.php?DEBUT=40&amp;recherche=YToxOntzOjM6ImVkaSI7czoyOiIyNCI7fQ==&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nouvelle revue de psychanalyse&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qui voudrait prolonger intersection litt&#233;rature et psychanalyse, suivre ce mot-cl&#233; chez &lt;a href=&#034;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot6&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ronald Klapka&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bob ne grincera plus</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1900</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1900</guid>
		<dc:date>2009-10-06T13:35:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Bergounioux, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Verdier (&#233;ditions)</dc:subject>
		<dc:subject>Daeninckx, Didier </dc:subject>
		<dc:subject>Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)</dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;d&#233;c&#232;s de G&#233;rard Bobillier, la vie qu'on nous arrache&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;Bergounioux, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Verdier (&#233;ditions)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot162" rel="tag"&gt;Daeninckx, Didier &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot372" rel="tag"&gt;Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1900.jpg?1352732852' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Lire ci-dessous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;COMMUNIQUE DE PRESSE DES EDITIONS VERDIER Les Editions Verdier font part du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;
le communiqu&#233; diffus&#233; par les &lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/v3/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Verdier&lt;/a&gt; apr&#232;s disparition de G&#233;rard Bobillier. Sur le Net, lire aussi &lt;a href=&#034;http://www.unnecessairemalentendu.com/archive/2009/10/06/gerard-bobillier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Claude Chambard&lt;/a&gt;, ou photo en compagnie de Pierre Michon dans &lt;a href=&#034;http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1347&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La revue des ressources&lt;/a&gt;. Ainsi que l'hommage de &lt;a href=&#034;http://bibliobs.nouvelobs.com/20091007/15079/hommage-a-gerard-bobillier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Jacques Salgon&lt;/a&gt; sur Bibliobs.
&lt;p&gt;Et touch&#233; aussi par les hommages de libraires : &lt;a href=&#034;http://lalibrairieniort.hautetfort.com/archive/2009/10/07/deces-de-gerard-bobillier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La librairie&lt;/a&gt; (Niort), &lt;a href=&#034;http://www.mollat.com/actualites/un_bon_cru_une_mauvaise_nouvelle-18925.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mollat&lt;/a&gt; (Bordeaux) et bien s&#251;r &lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr/sur-la-table-du-libraire/detailtab/selection/16/hommage-a-gerard-bobillier--directeur-des-editions-verdier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ombres Blanches&lt;/a&gt; (Toulouse). Hommage aussi de Pierre Assouline, et il a suffi que je sois mentionn&#233; dans sa &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/10/07/pour-saluer-bobillier/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;publique des Lettres&lt;/a&gt; pour que 736 de ses visiteurs fassent le d&#233;tour...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Fran&#231;ois Bon | mort d'un apiculteur (sur G&#233;rard Bobillier)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On est de l'autre c&#244;t&#233; du monde, on a sur le t&#233;l&#233;phone portable un num&#233;ro &#224; l'h&#244;pital (je l'avais not&#233; &#224; la vol&#233;e, il y avait une erreur de transcription : &lt;i&gt;bbikier&lt;/i&gt; mais &#231;a fait rien, c'est sur ce mot-l&#224; que je cliquais). Et, de l'autre c&#244;t&#233;, la voix fraternelle : elle grin&#231;ait, comme d'habitude, elle se moquait du &lt;i&gt;crabe&lt;/i&gt;, elle repartait sur la politique, la litt&#233;rature, et ne se privait pas d'une petite grincerie suppl&#233;mentaire &#224; votre &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re fois, m&#233;tro R&#233;aumur-S&#233;basto, et on avait fait le chemin jusqu'&#224; la station sous leur nouveau bureau, aux Verdier. La silhouette si fragile d&#233;sormais, qui disait qu'encore il y avait le mal, mais que &lt;i&gt;oui, on en gu&#233;rit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bobillier est entr&#233; dans ma vie en 1990. &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article495' class=&#034;spip_in&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Lindon&lt;/a&gt; venait de me refuser pour la troisi&#232;me fois un texte, &lt;i&gt;L'Enterrement&lt;/i&gt;, qui me semblait trop de mon chemin pour renoncer, mais pour lui, disait-il : &#171; Ce n'est pas du roman. &#187; Comme si l'&#233;l&#233;mentaire du roman n'&#233;tait pas de faire que la r&#233;alit&#233; qu'il r&#233;invente soit consid&#233;r&#233;e comme vraie. Pierre Michon m'avait dit : &#171; Envoie-le &#224; Bob. &#8211; C'est qui, Bob ? &#187; Lui, alors que &lt;i&gt;Les vies minuscules&lt;/i&gt;, &#224; 15 mois apr&#232;s parution, &#233;taient disparues dans les oubliettes de Gallimard, venait de na&#238;tre litt&#233;rairement avec &lt;i&gt;Joseph Roulin&lt;/i&gt; sous la couverture jaune de Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon tour, je pr&#233;senterai &#224; Bob Pierre Bergounioux et Didier Daeninckx. Plus tard on aurait des divergences : Bob ne se risquait pas facilement vers un nouvel auteur, et pas mal de manuscrits que je lui aurai d'abord pr&#233;sent&#233;s s'en iront voyager chez d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis c'est dix ans de voyage. On s'est engueul&#233;s bien des fois. Mais &#224; l'endroit o&#249; &#231;a compte. Il ne disait pas &lt;i&gt;je&lt;/i&gt;, on n'avait devant soi rien que le &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; du collectif Verdier. Sans eux, je n'aurais pas &#233;t&#233; si loin dans ma d&#233;marche, parfois bien plus loin qu'on l'oserait de soi-m&#234;me, et c'est &#231;a, un &#233;diteur. Je leur dois &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/mecanique/html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;canique&lt;/a&gt; et les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les visages, Benny L&#233;vy et sa ribambelle de m&#244;mes, Armand Gatti, Milner, d'autres : sous l'arbre, dans la lumi&#232;re de Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyage g&#233;ographique aussi, le laboratoire qu'a &#233;t&#233; le &lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/banquet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Banquet du livre&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On y a appris ensemble le live blogging, la photo num&#233;rique, l'impression de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de Lagrasse. L'accueil &#224; la grande table de bois sous les arbres de Verdier, la ferme historique des Corbi&#232;res. Les visages. Et lui, qui se tenait plut&#244;t dans l'ombre &#224; l'&#233;tage, y avait son bureau &#224; l'identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 2 derni&#232;res rencontres, il y a 1 an chez Christian Thorel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ah tiens, autre souvenir qui remonte, la fois pr&#233;c&#233;dente c'&#233;tait aussi avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, parce que m&#234;me dans la chimio et le tunnel Bob a &#233;t&#233; entour&#233; de cette amiti&#233; solide n&#233;e de leur r&#233;seau politique toulousain des origines, et cette fois dans le m&#233;tro, j'avais dit &#224; Bob qu'il faudrait quand m&#234;me qu'on &#233;claircisse : &lt;i&gt;Tous les mots sont adultes&lt;/i&gt;, mon livre sur les ateliers d'&#233;criture, puis mon &lt;i&gt;Rolling Stones, une biographie&lt;/i&gt; qui &#233;tait pour moi l'&#233;tape autobiographique n&#233;cessaire, ou le prolongement m&#234;me des livres Verdier, il n'en avait pas voulu, et dans ce cas c'est le travail qui commande, j'&#233;tais all&#233; ailleurs &#8211; non, Bob, l'histoire des Stones ce n'&#233;tait pas un r&#234;ve &lt;i&gt;petit bourgeois&lt;/i&gt;. On &#233;tait convenu d'une nouvelle &#233;tape, des notes sur Michaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers jours, c'est Pierre Bergounioux qui me donnait les nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne serai pas &#224; leur c&#244;t&#233;, je ne sais pas si c'est dans les Corbi&#232;res ou &#224; Paris, ou Besan&#231;on, ou dans ce nulle part qu'affectionnait Bob, qui continuait de vivre &#224; la clandestine, dans un chambre dont personne ne savait l'adresse, m&#234;me pas ses proches (ah si, Michon une fois y avait dormi : &#171; mais je ne saurais pas y retourner... &#187;). C'est plus &#231;a qui va &#234;tre dur : ils y seront, les fr&#232;res, Olivier Rolin, Bergou, Daeninckx, Michon et les autres. Bob avait cr&#233;&#233; ce partage de sang, ce que J&#233;r&#244;me Lindon avait su faire, il y a d'autres ann&#233;es, avec d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir ses propres gosses dans les pattes de Bob, et lui qui s'amusait &#224; leur faire peur, ou leur donnait des le&#231;ons d'anarcho-subversion. Ou ces aller-retours qu'il faisait avec son break Citro&#235;n charg&#233; de livres &#224; la gueule &#8211; on savait qu'il avait son petit jardin secret aussi, Bob, les neuf cent bornes de solitude, ou crochet par Bordeaux, quand &#231;a le prenait : pourvu qu'il y ait les cartons de bouquins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou quand l'inondation (l'Ormieux qui d&#233;borde sous l'orage) et dans les empilements de cartons du hangar le pauvre &lt;i&gt;Enterrement&lt;/i&gt; de 120 pages semblait en faire 400. Ou quand ces trois conards de Nice-chic &#8211; depuis quelques mois on sait parfaitement leur nom et leur adresse, mais les flics et la justice ont d&#233;cid&#233; le rideau sarkosien lourd &#8211; ont &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article968' class=&#034;spip_in&#034;&gt;noy&#233; la librairie du banquet sous l'huile de vidange&lt;/a&gt;, et le t&#233;l&#233;phone chaque fois &#224; pas d'heure : &#8211; Fran&#231;ois, c'est Bob...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, la voix qui grince, le petit rire en coin, le grognement au bon endroit, la silhouette qui prend &#233;cart et se fiche de vous carr&#233;ment, et le culot des bouquins, la pr&#233;cision du travail, l'engagement &#224; vos c&#244;t&#233;s quoi qu'on fasse, le partage de vie qui passe avant tous les d&#233;saccords, et le verre de vin dans ce petit restau portugais de la rue du Faubourg Saint-Antoine, on continue le voyage avec toi, Bob.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pens&#233;es pour Colette et Mich&#232;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;COMMUNIQUE DE PRESSE DES EDITIONS VERDIER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Editions Verdier font part du d&#233;c&#232;s de G&#233;rard BOBILLIER, leur directeur fondateur, le lundi 5 octobre &#224; Carcassonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Bobillier a affront&#233; le cancer qui l'avait frapp&#233; depuis plus d'un an, avec un vouloir vivre et un rare courage, une volont&#233; exceptionnelle d'honorer le vivant &#224; son plus haut point de dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Besan&#231;on le 12 octobre 1945, G&#233;rard Bobillier s'engage au cours des ann&#233;es 68 dans la cause r&#233;volutionnaire avec la d&#233;termination et la g&#233;n&#233;rosit&#233; qui l'ont caract&#233;ris&#233; sa vie durant. De la Gauche Prol&#233;tarienne, en passant par LIP, Toulouse et les Corbi&#232;res, o&#249; il accompagne en 1976 la lutte des viticulteurs de l'Aude, il a &#233;t&#233; de tous les combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce pays des Corbi&#232;res qu'il aimait particuli&#232;rement, tout en se m&#233;fiant de l'illusion dangereuse d'un enracinement identitaire, il fonde en 1979 avec Benny L&#233;vy et quelques amis les Editions Verdier, &#233;tant convaincu que l'au-del&#224; du &#171; tout politique &#187; passe par une mise en r&#233;serve de l'engagement politique et par la longue patience de l'&#233;tude des textes fondateurs. L'effort exigeant de la pens&#233;e suppose d'&#339;uvrer &#224; la circulation des textes et des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Editions Verdier ont trente ans cette ann&#233;e. Elles sont riches d'un catalogue qui traduit fid&#232;lement le geste inaugural voulu par G&#233;rard Bobillier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au premier plan, s'y inscrivent des collections de textes des grandes spiritualit&#233;s. Tout particuli&#232;rement, la collection des &#171; Dix Paroles &#187;, longtemps dirig&#233;e par Charles Mopsik, &#224; travers la publication des traductions fran&#231;aises d'ouvrages fondateurs tels que &lt;i&gt;Le Guide des Egar&#233;s&lt;/i&gt;, de Mo&#239;se Ma&#239;monide, les &lt;i&gt;Trait&#233;s&lt;/i&gt; du Talmud, ou encore le Zohar, s'efforce de permettre l'&#233;tude des grands textes philosophiques et spirituels de la tradition juive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publication de grands textes de la philosophie &#8211; qu'il s'agisse &lt;i&gt;Des Premiers Principes&lt;/i&gt; de Damascius (dans la traduction de Marie-Claire Galp&#233;rine) ou bien &lt;i&gt;De la v&#233;racit&#233;&lt;/i&gt; du philosophe Guy Lardreau, des &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques&lt;/i&gt; de Jan Patocka, ou bien encore de &lt;i&gt;Rousseau : une philosophie de l'&#226;me&lt;/i&gt;, de Paul Audi &#8211; ob&#233;issait &#224; sa conviction que l'urgence de ce temps est de cr&#233;er un espace de tension fertile &#171; entre Ath&#232;nes et J&#233;rusalem &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me en est-il des autres textes de pens&#233;e et de sciences humaines qui figurent au catalogue : citons au fil des pages les livres de Jean-Claude Milner, de l'historien Carlo Ginzburg ou bien d'Henri Meschonnic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le catalogue Verdier offre &#224; lire des auteurs fran&#231;ais ou &#233;trangers parmi les meilleurs de la litt&#233;rature contemporaine &#8211; G&#233;rard Bobillier &#233;tait convaincu que, dans ce qu'elle a de plus haut, la litt&#233;rature est la chair de la Pens&#233;e. Ainsi a-t-il &#233;t&#233; l'&#233;diteur de Pierre Michon avec qui il a entretenu un long compagnonnage d'amiti&#233; et de pens&#233;e, ou encore de Pierre Bergounioux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#224; c&#244;t&#233; des &#233;ditions Verdier, G&#233;rard Bobillier a impuls&#233; de fa&#231;on d&#233;cisive, comme il savait le faire, la cr&#233;ation de la Maison du Banquet et des g&#233;n&#233;rations, &#224; Lagrasse, dans ce m&#234;me pays des Corbi&#232;res, qui organise notamment depuis 1995 le &#171; Banquet du Livre &#187;, au mois d'ao&#251;t. C'est l&#224; un lieu rayonnant d'&#233;tude et d'&#233;change, autour du livre et de la pens&#233;e. Sa vie, G&#233;rard Bobillier l'avait d&#233;di&#233;e &#224; cette exigence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On y a appris ensemble le live blogging, la photo num&#233;rique, l'impression de livres en temps r&#233;el sur l'&#233;norme machine mise &#224; disposition par Rank Xerox. Il y avait le cin&#233;ma en plein air, les ateliers d'&#233;criture, les lectures dans le clo&#238;tre...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ah tiens, autre souvenir qui remonte, la fois pr&#233;c&#233;dente c'&#233;tait aussi avec Christian, sur cette demi terrasse implant&#233;e sur le trottoir en face la librairie, matin de soleil pendant le Marathon des mots, il avait Bob donc, et Volodine &#8211; peux vous dire que la conversation de ces deux taiseux-l&#224; &#231;a fatiguait pas les oreilles, et pourtant la densit&#233; de moments qui restent...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>une librairie comment &#231;a marche</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1705</link>
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		<dc:date>2009-03-22T19:42:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;intervention de Christian Thorel dans Melico&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;site | infos, t&#233;l&#233;chargement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1705.jpg?1352732681' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le site &lt;a href=&#034;http://www.melico.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;lico&lt;/a&gt; (m&#233;moire de la librairie contemporaine) en pleine activit&#233; depuis quelques mois, avec des bulletins de veille, des entretiens audio, des rencontres et une banque en cours de constitution de m&#233;moires sur la librairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise en ligne d'une intervention de Christian Thorel d'&lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ombres Blanches&lt;/a&gt; (Toulouse) sur la gen&#232;se g&#233;ographique et architecturale de l'identit&#233; d'une librairie (jusqu'&#224; y int&#233;grer des fauteuils, pourquoi et comment : alors, Christian, la wifi dans la petite cour, quand ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je dis &#231;a tr&#232;s s&#233;rieusement : quelle librairie ici en France propose d&#233;j&#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) : &lt;a href=&#034;http://www.melico.org/fr/les_librairies_et_les_bibliotheques_especes_d_espaces&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ombres blanches, la librairie comme g&#233;ographie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Explorez M&#233;lico, entretiens avec des libraires, comme Catherine Martin-Zay des &lt;a href=&#034;http://www.melico.org/fr/les_librairies_et_les_bibliotheques_especes_d_espaces&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Temps modernes&lt;/a&gt;, un entretien avec &lt;a href=&#034;http://www.melico.org/fr/immateriel.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Xavier Cazin, de l'Immat&#233;riel&lt;/a&gt; (gr&#226;ce auquel notre coop&#233;rative publie.net se retrouve disposer de la meilleure plate-forme high-tech), et bien s&#251;r leur &lt;a href=&#034;http://www.melico.org/fr/mur_de_veille_10_mars&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mur de veille&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Tiers Livre, mon propre t&#233;moignage et croisement de cet univers (tr&#232;s fier, remarque, &#224; la librairie Pantoute rue Saint-Jean &#224; Qu&#233;bec, d'&#234;tre class&#233; &#171; litt&#233;rature &#233;trang&#232;re &#187; !) : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1152' class=&#034;spip_in&#034;&gt;une histoire de la librairie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image : Christian Thorel, avant &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article896' class=&#034;spip_in&#034;&gt;une rencontre &#224; Ombres Blanches&lt;/a&gt;, Marathon des mots de Toulouse, 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je dis &#231;a tr&#232;s s&#233;rieusement : quelle librairie ici en France propose d&#233;j&#224; acc&#232;s wifi comme &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire de convivialit&#233;, la librairie comme temps partag&#233;, et le Net comme chemin de proximit&#233; vers les livres pr&#233;sents ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ceci n'est pas pour les libraires</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1150</link>
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		<dc:date>2008-01-22T20:54:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;(je dis &#231;a pour qu'ils lisent)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;le livre &amp; l'Internet&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1150.jpg?1352732362' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour souligner et adh&#233;rer sans r&#233;serve &#224; la position de Christian Thorel (Ombres Blanches), dans cette lettre ouverte publi&#233;e ce 23 janvier par Bibliobs :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;strong&gt;Une lettre ouverte de Christian Thorel&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
directeur de la librairie &#171; Ombres blanches &#187; &#224; Toulouse.
&lt;p&gt;&#169; &lt;a href=&#034;http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/01/22/amazon-les-libraires-contre-attaquent&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BiblioObs&lt;/a&gt;, 22/01/2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Amazon est une l&#232;pre qui gagne le paysage fran&#231;ais &#187;, d&#233;clarait hier Emmanuel Delhomme sur BibliObs. Sur le site de &#171; Livres Hebdo &#187;, qui publie un dossier complet sur le sujet, c'est aujourd'hui le tour de Christian Thorel, directeur de la librairie &#171; Ombres blanches &#187; &#224; Toulouse, de prendre position sur la strat&#233;gie du site de vente en ligne : celui-ci apr&#232;s avoir fait appel de sa condamnation pour non-respect de la loi Lang sur le prix du livre a lanc&#233; une p&#233;tition pour s'assurer le soutien de ses clients (un &#171; appel pour le livre &#187; diffus&#233; par le site lekti-ecriture lui r&#233;pond d&#233;sormais). L'occasion, aussi, pour Christian Thorel, de r&#233;pondre aux attaques formul&#233;es par l'historien Thierry Wolton dans &#171; le Monde &#187; du 19 janvier dernier. Voici sa lettre ouverte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#233;ditrices, aux &#233;diteurs, aux amis,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'espace de quelques mois, le Syndicat de la librairie a gagn&#233; deux proc&#233;dures en justice, contre Alapage et contre Amazon. L'important dans ces actions n'&#233;tait pas de les &#171; gagner &#187;, mais d'&#233;laborer un cadre susceptible d'adapter la loi sur le prix unique au monde du commerce en ligne. Il n'y a donc pas de &#171; victoire &#187;, mais la justice aura contribu&#233; par ses d&#233;cisions &#224; prolonger sur le net la r&#233;gulation entreprise, dans nos villes, du commerce du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans le monde des affaires, il y a loin de la coupe aux l&#232;vres. Les acteurs condamn&#233;s du commerce en ligne ont d&#233;cid&#233; de d&#233;sob&#233;ir &#224; l'injonction des juges ou de d&#233;tourner la condamnation. La pratique du port gratuit continue donc sur Amazon, leader des envois franco, invitant (condamnant ?) les sites concurrents principaux &#224; s'aligner dans l'ill&#233;galit&#233;. Pourquoi le livre est-il le produit distribu&#233; par Amazon dont les frais de port sont syst&#233;matiquement gratuits ? Avec quels moyens financiers Amazon maintient-il cette politique, avec quelles marges commerciales ? Avec quelles ressources capitalistiques ? Pour quelle place dans le monde du livre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons le grand principe qui a pr&#233;sid&#233; &#224; la pens&#233;e et &#224; l'&#233;criture de la loi Lang : &lt;i&gt;Le livre n'est pas un produit comme les autres&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question : ce grand principe vous semble t-il encore fondateur dans votre pratique d'&#233;diteur ? Dans l'affirmative, qu'est-ce qui motive le silence qui aura accompagn&#233; l'extension juridique de la loi aux librairies en ligne ? Nous, libraires, ne nous attendions pas &#224; un concert de r&#233;jouissances, mais &#224; l'approbation publique de d&#233;cisions qui permettent d'&#233;tendre &#224; la vente par correspondance les moyens de la diversit&#233; qui r&#233;gissent nos librairies, vos librairies. Nos librairies dont la diversit&#233; vous assure la possibilit&#233; de votre production, de la mise en place de vos nouveaut&#233;s comme celle de vos fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce concert de silence, des h&#233;sitations, des prudences proc&#232;de un vide qui n'a demand&#233; qu'&#224; &#234;tre combl&#233;. Comment s'&#233;tonner d&#232;s lors que surgisse la cacophonie d&#233;magogique orchestr&#233;e par les directions d'Amazon France et USA. La campagne d'information parcellaire, l'envoi massif d'une p&#233;tition, le recours &#224; la tyrannie des consommateurs, avides d'imm&#233;diatet&#233; et de gratuit&#233; (&#224; n'importe quel co&#251;t culturel), auront &#233;t&#233; jusqu'&#224; provoquer des expressions dont la plus r&#233;cente est cette lettre dans &lt;i&gt;le Monde&lt;/i&gt; du samedi 19.01, sous-inform&#233;e certes et heureusement peu maligne, mais insultante et volontairement d&#233;gradante pour notre travail et notre engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'o&#249; devrons-nous voir nos d&#233;sirs partag&#233;s de lectures et de passions communes caricatur&#233;s et d&#233;form&#233;s avant que nous ne d&#233;cidions ensemble de dire Non ! Notre environnement condamne notre monde, nos modes &#224; changer. Nous adapter ne nous d&#233;fend pas de pr&#233;server notre int&#233;grit&#233;, de producteurs, de diffuseurs de la cr&#233;ation, de la recherche. Qui de nous remet en cause les nouveaux moyens de la connaissance, les univers du num&#233;rique, les outils de leur transmission ? Les travaux collectifs et les colloques r&#233;cents ont montr&#233; une librairie anxieuse, certes, mais &#224; l'&#233;coute et pr&#234;te &#224; pers&#233;v&#233;rer dans ses missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quel droit la ringardiser, de quel droit jeter la librairie au panier des m&#233;tiers (d&#233;j&#224;) oubli&#233;s. Sur le net comme ailleurs, c'est avec les libraires qu'il faudra compter, pourvu que les m&#233;thodes de la concurrence soient claires et coh&#233;rentes avec les r&#232;gles de la profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention, le discours de la d&#233;r&#233;gulation est &#224; la mode ! A droite comme chez des repentis de la gauche. On sait par l'exemple britannique les effets d'un lib&#233;ralisme sur les productions du livre et sur leurs acteurs ind&#233;pendants. Si ce mod&#232;le fait envie &#224; certains parmi vous, que je me garderai de nommer, il me semble encore que vous &#234;tes nombreux &#224; en redouter l'hypoth&#232;se. Il existe un maillon faible, la justice nous a aid&#233;s &#224; le comprendre. Elle aura ainsi renforc&#233; la loi en &#233;tendant son champ d'action. Aidons-nous mutuellement &#224; en assurer l'avenir. Rejoignez l'orchestre, et jouons ensemble la partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Thorel&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;avec quelques commentaires et d&#233;veloppements personnels...&lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;i&gt;nota : quelques rectifications apport&#233;es, ce jeudi 24 f&#233;vrier : le SLF n'a pas l'intention de poursuivre la librairie Mollat pour pratiquer les frais de port gratuit &#224; partir de 20 euros - bonne et sage nouvelle....&lt;br&gt;Christian Thorel annonce d'autre part mise en ligne, sur site d'&lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ombres Blanches&lt;/a&gt;, de ses propres interventions sur ces questions... &lt;br&gt;Enfin, dans Le Monde de ce 24/01/08, une lettre d'Ir&#232;ne Lindon (Minuit) et Fran&#231;oise Nyssen (Actes Sud)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une lettre d'Ir&#232;ne Lindon et Fran&#231;oise Nyssen dans Le Monde &#169; : Pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lettre qui replace &#233;videmment cette probl&#233;matique dans son v&#233;ritable contexte : le lib&#233;ralisme sauvage, et notre r&#233;sistance de culture. C'est ici qu'il faut se battre pied &#224; pied, mais &lt;i&gt;avec&lt;/i&gt; le num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'on ne m'en veuille pas (discussion mercredi dernier, de 20h &#224; 22h, dans une pizzeria des bords de &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article234&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Toulouse&lt;/a&gt;, avec son auteur) de compl&#233;ter, d&#233;velopper, et trouver &#8212; puisque cette lettre s'adresse, et ce n'est pas une indication mineure, &#171; aux &#233;diteurs, aux &#233;ditrices &#187; &#8212; ce qui serait notre propre position d'auteurs, dans l'onde de choc, la secousse sismique qui, quelques ann&#233;es apr&#232;s l'univers musical, r&#233;joint d&#233;sormais la totalit&#233; des disciplines et pratiques de la litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord pour la bizarre responsabilit&#233; en ce moment d'annoncer aux amis auteurs, et &#224; ceux de la g&#233;n&#233;ration arrivante qui font circuler leurs manuscrits, ce qui pourrait passer pour une mauvaise nouvelle : le champ contemporain, &lt;a href=&#034;http://www.publie.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;sormais&lt;/a&gt;, c'est Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de rythmes, rapidit&#233; de mise en ligne, instantan&#233;it&#233; de la distribution, il s'agit de restituer &#224; la litt&#233;rature contemporaine qu'elle soit intervention dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'invention : nous jouons avec la documentation du monde, nous jouons avec les outils &#224; notre imm&#233;diate disposition, qui incluent images et son, nous jouons avec l'outil m&#234;me qui d&#233;finit le rapport des mots au visuel &#8211; on parle de texte &lt;i&gt;liquide&lt;/i&gt;, capable de se reformater imm&#233;diatement et contin&#251;ment depuis le support particulier qui l'h&#233;berge pour nous, t&#233;l&#233;phone y compris, ou &#233;cran mural &#224; mesure qu'on lit &#224; voix haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous tous, la librairie est une addiction, un plaisir, bien plus fort que les marchands de hardware. L'ordinateur, c'est le violon, on l'ach&#232;te chez le luthier, mais les libraires c'est la r&#233;serve infinie des partitions. Nous ne serons pas d&#233;barrass&#233;s de sit&#244;t du plaisir papier. La controverse actuelle, o&#249; on voit avec tristesse les libraires s'opposer entre eux (puisque en particulier la librairie &lt;a href=&#034;http://www.mollat.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mollat&lt;/a&gt;, pratique encore, et elle seule, le port gratuit au-del&#224; de 20 euros...), o&#249; on entend dire tout et surtout n'importe quoi, c'est que nous, les habitu&#233;s du Net, nous en savons quelques axiomes, on ne les a pas appris d'ailleurs si facilement ni sans douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de ces axiomes, c'est que les batailles concernant Internet se gagnent sur le Net. Or, nos amis libraires (pour les divisions qui les opposent ?), ont toujours refus&#233; d'installer sur le Net un espace qui soit, en leur nom, la r&#233;serve de leurs interventions, t&#233;moigne de leur expression : les sites des meilleures librairies se veulent des sites marchands, qui n'&#233;chappent d'ailleurs pas au syndrome des meilleures ventes, comment le leur reprocher ? On d&#233;fend ici, depuis des ann&#233;es, l'id&#233;e d'une articulation entre les sites du web litt&#233;raire, qui assument une bonne part de l'ancienne fonction de critique, de d&#233;pistage, et m&#234;me de prescription, sans jamais qu'on nous ait propos&#233; le moindre partenariat : la trouille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre axiome, de notre c&#244;t&#233; du Net, c'est qu'Internet n'est pas seulement un m&#233;dia, un vecteur de transmission ou d'orientation, mais d'abord un lieu de ressources et de contenus. Cela vaut pour l'&#233;criture, la bonne sant&#233; des revues en ligne, mais aussi pour l'inutilit&#233; &#224; terme des sites qui ne seraient que de commentaires sur la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lecteurs assidus, nous savons ce que nous devons aux librairies. Axiome de leur c&#244;t&#233;, v&#233;rifi&#233; pour moi chaque semaine quand j'entre dans &lt;i&gt;ma&lt;/i&gt; librairie, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article24&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Livre&lt;/a&gt; &#224; Tours : la r&#233;partition spatiale des livres, la disposition mat&#233;rielle des objets livres, le &lt;i&gt;C'est pour toi, celui-l&#224;&lt;/i&gt; de l'ami libraire me conduisent &#224; des prescriptions impr&#233;vues, inattendues, qui sont le meilleur et le plus vif de mon lien aux livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, pour nous, c&#244;t&#233; litt&#233;rature dite &lt;i&gt;contemporaine&lt;/i&gt;, nous savons la sant&#233; et l'immense chance qu'est le r&#233;seau des libraires. Venu &#224; la publication en 1982, je n'ai jamais fait mon deuil d'une association qui s'intitulait &lt;i&gt;L'&#339;il de la lettre&lt;/i&gt;, rassemblant, pour exprimer justement un point de vue singulier, o&#249; la cr&#233;ation contemporaine &#233;tait l'int&#233;r&#234;t privil&#233;gi&#233;, une poign&#233;e de libraires, mais qui suffisait &#224; donner boussole au &lt;i&gt;m&#233;tier&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;L'&#339;il de la lettre&lt;/i&gt; n'aurait pas &#233;t&#233; dissous, on aurait eu certainement un point de rep&#232;re plus fort dans les d&#233;bats d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe, c'est que la librairie en France se porte bien, et justement parce qu'on l'aime, justement parce qu'on sait ce qu'on y trouve. Surtout, de la m&#234;me fa&#231;on que les biblioth&#232;ques municipales (et pas seulement dans les villes dites nouvelles ou les banlieues) deviennent des lieux de croisement sociaux, avec Internet, presse, tables d'&#233;tude, &#233;veil &#224; la musique et &#224; la culture, bien au-del&#224; du simple emprunt de livres, les librairies, quelle que soit leur taille (voir &lt;a href=&#034;http://litoteentete.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litote en t&#234;te&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.lalibrairiedesecoles.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Ecoles&lt;/a&gt;, comme on ira voir &lt;a href=&#034;http://www.librairiedialogues.fr/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dialogues&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.sauramps.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sauramps&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ombres Blanches&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.tschann.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tschann&lt;/a&gt; ou bien d'autres), sont ces lieux o&#249; nous venons lire &#224; haute voix (il y a des salles &#233;quip&#233;es), et gr&#226;ce auxquelles nous trouvons les partenariats avec les universit&#233;s, les autres &#233;tablissements culturels. C'est par ce travail permanent, travail de fond, que les libraires r&#233;sistent et m&#234;me confortent leur activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle d'importance, cette bonne sant&#233;, quand on sait la pression de la librairie &lt;i&gt;froide&lt;/i&gt;, les grandes enseignes self-service, la vente en hypermarch&#233;, et bien s&#251;r la vente en ligne. Un librairie d'une grande enseigne en galerie commerciale de banlieue ouest me disait que 300 r&#233;f&#233;rences pouvaient assurer plus de 60% du chiffre d'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on ne peut pas se d&#233;fendre de l'impression d'un combat juste, mais strat&#233;giquement parti tout de travers : ce qu'ils font de &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article151&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;meilleur&lt;/a&gt;, ces lectures, rencontres, la richesse de ce qui se passe dans les rayons, et cet impr&#233;vu par quoi les libraires nous permettent de repartir avec un livre qu'on ne cherchait pas, nulle part sur Internet ils le mettent en valeur. Ils jugent que ce n'est pas la peine. Mollat le faisait : &#224; peine on avait repris le train pour chez soi, la rencontre &#233;tait sur &lt;a href=&#034;http://www.mollat.com/podcasts/index_categories.aspx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;podcast&lt;/a&gt;. Pour nous qui pratiquons les outils web 2.0, nous savons avec quelle facilit&#233; ce &#171; retour &#187; peut devenir vie-&#233;cran. Le recours au &lt;i&gt;l&#233;galisme&lt;/i&gt; n'est pas argument suffisant, pour passer du d&#233;bat &#224; la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un axiome dur et sauvage : l'avanc&#233;e num&#233;rique est en prise constante avec des ph&#233;nom&#232;nes d'effondrement-concentration majeurs, domination de Google pour indice. Depuis trois ans, quatre ans, nous demandons aux libraires qu'ils nous autorisent &#224; devenir des militants du livre : on nous a tourn&#233; le dos, en gros. Il aurait suffit d'une mince interface technique entre les 5 sites majeurs de vente en ligne sur stocks r&#233;els, les &#233;normes investissements consentis par Dialogues, Ombres Blanches, Sauramps, Mollat, Decitre, chacun passant les 100 000 r&#233;f&#233;rences. L'axiome, c'est que les lois suivent Internet, mais ne le r&#233;gulent pas. Moi aussi je suis pour la loi Lang : mais comment faire l'autruche quand m&#234;me les sites d'&#233;diteurs sont potentiellement pr&#234;ts &#224; la vente directe, quand eux, la &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1026' class=&#034;spip_in&#034;&gt;cha&#238;ne&lt;/a&gt; du livre ou s'intitulant telle, n'a jamais &#233;t&#233; capable de solutionner ses &#171; retours &#187; parasites. La loi Lang a &#233;t&#233; une coquille infiniment protectrice de la diversit&#233;, de l'irrigation, maintenons-la : mais comment imaginer qu'elle puisse encadrer le bouleversement actuel, comme on pr&#233;tendait que la loi 1881 &lt;i&gt;d&#233;fense d'afficher&lt;/i&gt; soit juridiquement transposable aux blogs... Et les failles juridiques sont multiples : le fichier num&#233;rique n'a pas statut de livre, pas droit l'ISBN ni au d&#233;p&#244;t l&#233;gal...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; Internet, on s'est toujours retrouv&#233; dans une intuition plus ou moins commune : on peut r&#233;sister, on peut inventer des mod&#232;les, mais par le haut. En jouant ensemble, et en jouant le num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la vente en ligne : 4 &#224; 6% des ventes. A terme, chez nos voisins d&#233;r&#233;gul&#233;s (Allemagne et States), 11 &#224; 13%. Mais &#224; qui ils seront pris, ces 7%, quand les libraires repr&#233;sentent entre 35 et 40% du march&#233; du livre : bien plus aux Cultura, aux hyper, aux Relay&#8230; Un march&#233; pointu d'amateurs forts du livre, qui commande via market place des livres difficilement disponibles : c'est une proportion de rien. Si amazon, le mois dernier, &#224; engouffr&#233; je ne sais combien de millions pour un manuscrit de Harry Potter, c'est que Harry Potter le leur avait confortablement pay&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne conteste rien de ce combat (les pratiques d'amazon, en particulier les remises extorqu&#233;es aux &#233;diteurs et tenant du racket, c'est le colonialisme &#224; nous appliqu&#233;). Mais on peut les affronter sur leur terrain : pourquoi ne pas faire le pari que leur mont&#233;e en pression se fera au d&#233;triment des ventes &lt;i&gt;froides&lt;/i&gt;, et non pas des librairies qui nous importent ? Il est question que la Fnac cesse le livre : qui pr&#233;tendra que cela se reportera automatiquement sur nos librairies de ville, et que nous n'y perdrons pas tous un peu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Faisons ensemble le pari que la vente en ligne est un enjeu mineur dans ce qu'apporte le Net &#224; notre usage des librairies. Parions que la vente en ligne mordra ailleurs que l&#224; o&#249; les librairies sont belles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai dernier, quand les libraires pionniers de la vente en ligne sur une base de d&#233;fense et illustration du livre (Dialogues, Sauramps, Ombres Blanches) ont renonc&#233; &#8212; sauf Mollat &#8212; au port gratuit &#224; partir de 20 (ou 35) euros, j'ai parl&#233; de &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article883' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sabordage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Ajout du 24/1/08, extrait d'un courrier priv&#233; de Christian Thorel : &lt;i&gt;nous nous plions &#224; la d&#233;cision de la justice 'pour l'exemple' &#187; certes, mais aussi par conviction. Il ne s'agit pas d'un sabordage, mais d'une mise en conformit&#233;. La loi, c'est la loi, apr&#232;s tout. Les autres, qui ont surinvesti dans le commerce sur le net, ne veulent pas laisser &#233;chapper une position encore trop fragile et se plient au &#171; diktat &#187; amazon, entamant d'ailleurs largement la rentabilit&#233; de leurs ventes en ligne. Amazon refuse la l&#233;galit&#233;, non pas parce qu'elle est injuste (voir les frais de port sur les autres produits), mais parce que ce refus leur procure de la comm. Et leur permet de fragiliser la loi sur le prix unique (comme la fnac en 1984 et leclerc en 1987). Apr&#232;s en avoir parl&#233; avec l'auteur de &#171; La conversion num&#233;rique &#187;, Milad Doueihi (qui vit aux usa), je suis persuad&#233; de plus en plus que la strat&#233;gie d'amazon est de percuter la loi pour faire le vide et &#233;liminer les concurrents &#187; &lt;/i&gt; (fin de citation).&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, je n'arrive pas &#224; comprendre : ces sites de vente en ligne &#233;taient en plein essor, ils repr&#233;sentaient une alternative militante &#224; la domination fnac-alapage-amazon. La richesse et la pertinence de leur fonds faisait que les livres (&lt;i&gt;nos&lt;/i&gt; livres) &#233;taient disponibles en 48h l&#224; o&#249; amazon demandait 12 jours... Ils disposaient ensemble d'un moyen de pression suffisant pour rogner le parasite principal : la marge diffuseur, cela n'a pas &#233;t&#233; leur choix (&#224; cause de la pression sur eux des autres libraires de leur syndicat, ceux qui n'avaient pas fait le choix de sites Internet de vente en ligne, agitant l'&#233;ternelle promesse d'un &lt;a href=&#034;http://lafeuille.blogspot.com/2008/01/il-y-aura-3-portails-des-libraires.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;portail&lt;/a&gt; g&#233;olocalis&#233; ? - ce n'est pas le site du &lt;a href=&#034;http://www.syndicat-librairie.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SLF&lt;/a&gt; qui nous &#233;claire beaucoup, m&#234;me si &#224; plusieurs reprises nous avons pu &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article519' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#233;changer&lt;/a&gt; sur le fond).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne signerai donc pas cet &lt;a href=&#034;http://melico.org/2008/01/18/la-librairie-insultee-provocation-et-polemique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;appel&lt;/a&gt; bonne conscience, vive les p&#233;titions &#224; r&#233;p&#233;tition, qui me semble beaucoup trop participer de la m&#234;me simplification que ce qu'il d&#233;nonce : ce n'est pas la premi&#232;re fois que le Monde publie un &lt;a href=&#034;http://litoteentete.blogspot.com/2008/01/rponse-thierry-wolton.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article imb&#233;cile&lt;/a&gt;. Et je m'&#233;tais bien promis de ne jamais r&#233;intervenir sur ce site &#224; propos de questions qui invariablement me valent des coups de b&#226;tons. Mais on s'inqui&#232;te. Non pas pour les librairies : celles qu'on aime tiendront. Plut&#244;t pour cette difficult&#233; persistante, cette absence de r&#233;ponse, lorsqu'il faudrait embaucher l'outil num&#233;rique, plut&#244;t qu'accorder la moindre importance &#224; un d&#233;lire d'un autre temps : il n'y a plus qu'au Monde qu'on consid&#232;re le mot &lt;i&gt;&#233;crivain&lt;/i&gt; d&#233;positaire d'une quelconque valeur symbolique. Mais cela peut suffire pour qu'un combat juste s'engage dans une impasse d'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors quelle cacophonie. Adorno d&#233;testait les &lt;i&gt;- ismes&lt;/i&gt;, la mode est au pluriel, ou son cousin globalement englobant. &#171; Les &#187; auteurs s'en prennent &#224; &#171; la &#187; librairie. Non, il n'y a pas plus &#171; les &#187; libraires que &#171; les &#187; auteurs ou &#171; les &#187; &#233;diteurs (si terriblement silencieux). La pens&#233;e par &lt;i&gt;r&#233;seaux sociaux&lt;/i&gt; (et s'en servir ensemble, ce qui est bien autre chose qu'un troisi&#232;me ou quatri&#232;me &lt;i&gt;portail&lt;/i&gt;) mettrait un bon bol d'air dans la mutation actuelle, et comment l'appr&#233;hender. Il n'y a pas d'&#233;l&#233;ments s&#233;parables : pas de g&#233;n&#233;ralit&#233; pour les auteurs, lorsque des centaines de &lt;i&gt;romans&lt;/i&gt; d&#233;boulent par saisons quantifi&#233;es, on tire au sort les vingt qui restent, on pilonne le reste et au revoir. Il n'y a pas de crise de l'&#233;dition de sciences-humaines ind&#233;pendamment de la crise d'universit&#233;s paup&#233;ris&#233;es, encombr&#233;es, et paradoxalement enferm&#233;es dans une verticalit&#233; &#233;tanche des disciplines. Il n'y a pas de g&#233;n&#233;ralit&#233; pour &#171; la &#187; librairie et ce qu'on nommait &#171; cha&#238;ne du livre &#187; ind&#233;pendamment de ces mille postures qui sont celles des auteurs, s'effor&#231;ant l&#224; o&#249; ils sont &#224; l'opini&#226;tret&#233; d'un travail qui pour aucun n'est un &lt;i&gt;m&#233;tier&lt;/i&gt;, ni de l'absence de vraie concertation ou repr&#233;sentation des &#233;crivains comme collectif ( et &#231;a, c'est de notre &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1003' class=&#034;spip_in&#034;&gt;faute&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors quoi faire pendant ce temps-l&#224; : boulot. Travaillons. J'ach&#232;te des livres, m&#234;me beaucoup (&lt;i&gt;Imp&#233;ratif cat&#233;gorique&lt;/i&gt; de Jacques Roubaud avant-hier, m&#234;me si j'aurais pu l'attraper sur une &#233;tag&#232;re au Seuil, le &lt;i&gt;Baskerville&lt;/i&gt; de Pierre Bayard aujourd'hui, m&#234;me si j'en ai encore pour un moment &#224; traverser les &lt;i&gt;Aveux&lt;/i&gt;, Augustin remast&#233;ris&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Boyer). Mais je sais aussi combien c'est difficile de faire exister en librairie ce qui na&#238;t, ce qui se transforme : &#224; nous d'irriguer par Internet, osons sur l'&#233;cran ce que les revues litt&#233;raires faisaient encore il y a une d&#233;cennie. Et faisons-le ensemble : mais pas en demandant pieusement aux &lt;i&gt;pouvoirs publics&lt;/i&gt; (parce qu'il ne participe pas du lib&#233;ralisme sauvage, le sarkozysme d'&#233;tat ?) d'envoyer ses huissiers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, oui, une mutation d'importance : ce qui concernait la langue, la pens&#233;e, l'art et la culture avait partie li&#233;e organiquement au livre, et le livre n'en a plus le monopole. C'est une mutation dangereuse, parce que chaque pas en avant laisse s'engouffrer du consensuel, du vulgaire, du facile. Mais dans cette articulation neuve du livre &#224; ce qu'il &#233;tait seul &#224; porter, les lieux du livre ont une longueur d'avance, une implantation physique. Ils restent les meilleurs lieux pour le nouveau pacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet apr&#232;s-midi, je testais pour publie.net un site miroir avec &#171; IP reconnue &#187; &#8211; perspective, en biblioth&#232;que, universit&#233;, mais pourquoi pas en librairie, via un modeste abonnement, de consulter l'ensemble du site avec lecture directe des textes propos&#233;s au catalogue. D'autres &#233;diteurs testent des contenus num&#233;riques &#171; bonus tracks &#187; qui pourraient &#234;tre vendus avec le livre papier, en borne t&#233;l&#233;chargement ou m&#234;me simple cl&#233; USB. L'impression &#224; la demande via lulu.com n'apporte pas de validation symbolique aux textes diffus&#233;s : imprimer &#224; la demande des livres du fonds Gallica dans sa librairie de ville ouvre au libraire la m&#234;me perspective de prescripteur num&#233;rique&#8230; A voir aussi comment en un an les livres audio ont pris leur place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons forts de notre c&#244;t&#233;, faisons exister plus visiblement, plus audacieusement, nos pratiques de litt&#233;rature contemporaine. Pour moi, avec &lt;a href=&#034;http://www.publie.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publie.net&lt;/a&gt;, et merci &#224; ceux qui permettent d&#233;j&#224; &#224; cette tentative d'&#234;tre cr&#233;dible, aussi bien auteurs que t&#233;l&#233;chargeurs. On aime trop nos librairies pour prendre au s&#233;rieux une provocation sur papier-journal : mais rejoignez-nous dans l'invention sur le Net &#8211; c'est le meilleur moyen, la meilleure d&#233;fense. Le meilleur signe, aussi, pour les livres qu'on ira retrouver sur tables, et la confiance qu'on aura pour les &#233;crire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une lettre d'Ir&#232;ne Lindon et Fran&#231;oise Nyssen dans Le Monde &#169; :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la librairie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En attaquant la librairie sur la question des frais de port dans Le Monde du 19 janvier, en traitant les libraires de poujadistes, de l&#226;ches qui s'enrichissent gr&#226;ce &#224; leurs remises et sans prendre aucun risque puisqu'ils peuvent retourner leurs invendus, Thierry Wolton se trompe, bien qu'il adopte un point de vue malheureusement partag&#233; par nombre de consommateurs, pour qui le livre se r&#233;duit aux titres dont on parle dans la presse et les m&#233;dias, ceux qui composent les listes des meilleures ventes et se vendent facilement pendant un temps, puis sombrent dans l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont loin d'&#234;tre honteux ni n&#233;gligeables, ces titres-l&#224;. Tous les &#233;diteurs se r&#233;jouissent de les publier et tous les libraires de les vendre, du plus petit au plus important, y compris, bien entendu, les sites Internet, dont Amazon n'est pas le moindre et qui, pour cette raison, peut ne pas facturer le port dans les commandes qu'il sert. Cela permet de faire du livre un produit d'appel, le temps de se d&#233;barrasser des libraires moins riches qui ne peuvent faire face. Pour autant, il n'est pas s&#251;r que ces livres enrichissent le patrimoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il existe un nombre consid&#233;rable d'ouvrages qui n'ont pas cette destin&#233;e parce que, pour les remarquer, il faut les avoir lus et avoir pris du plaisir &#224; s'interroger sur les questions qu'ils posent - que ce soit en litt&#233;rature ou en non-fiction. Ceux-l&#224;, on les d&#233;couvre gr&#226;ce &#224; la vitrine d'un libraire, &#224; leur exposition sur les tables, qui permet au lecteur int&#233;ress&#233; de les feuilleter, voire d'en parler avec le libraire qui a pris soin de les recommander. Ouvrages qui, sans cela, n'auraient pas eu la moindre existence. Mais qui peuvent, gr&#226;ce aux libraires, parvenir ensuite sur des sites en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la librairie de qualit&#233; et elle seule qui est en mesure de proposer un choix d'ouvrages que personne n'attend et qui, s'ils sont rarement rentables, font l'honneur d'une profession. Sans ce travail des libraires, bien des ouvrages de qualit&#233; ne pourraient &#234;tre publi&#233;s ou ne le seront plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, dans dix ans, quand on s'interrogera sur le retard intellectuel de la France, certains regretteront s&#251;rement ces libraires qui menaient un combat d'arri&#232;re-garde en d&#233;fendant la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ir&#232;ne Lindon&lt;br&gt;Fran&#231;oise Nyssen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PDG des Editions de Minuit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PDG des Editions Actes Sud&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>le livre parole vivante</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1015</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1015</guid>
		<dc:date>2007-10-08T19:46:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web, &#233;crans, r&#233;seaux</dc:subject>
		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Assouline, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;forum SGDL num&#233;rique : avant la mise en ligne compl&#232;te&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;le livre &amp; l'Internet&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;web, &#233;crans, r&#233;seaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Assouline, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1015.jpg?1352732312' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1015.jpg?1352731955&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je n'aime pas trop parler d'Internet, et encore moins en table ronde. C'est Internet qui est le meilleur lieu pour parler d'Internet ou l'&#233;tudier. Mais les enjeux sont trop d'urgence vitale pour qu'on refuse les occasions d'&#233;tat des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 80 ou 100 personnes aujourd'hui &#224; la &lt;a href=&#034;http://www.sgdl.org/actualite_Manifestations.asp#forum&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SGDL&lt;/a&gt;, beaucoup de blogueurs : Internet, comme d'habitude, concerne d'abord ceux qui le font.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je participe &#224; la table ronde de l'apr&#232;s-midi, Pierre Assouline se chargeant de la conduite, avec Jean-Marie Sevestre, directeur de &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article997' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sauramps&lt;/a&gt;, et un responsable commercial de Gallimard (Internet pour l'&#233;dition c'est le commerce), mais apparemment un peu loin des questions informatiques. On se reportera &#224; la prochaine mise en ligne promise par Alain Absire, pr&#233;sident de la SGDL, les d&#233;bats &#233;tant film&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Yvert, directeur du livre, fait l'ouverture et commence par poser sur sa chaise les notes qu'il avait pr&#233;par&#233;es. Debout au micro, il improvise : voici 9 minutes de son intervention. Internet comme &lt;i&gt;media absolu&lt;/i&gt;, et dans l'entre-deux technologique de la mutation en cours, une &lt;i&gt;crise d'entr&#233;e&lt;/i&gt; de la m&#233;diation dans l'&lt;i&gt;oc&#233;an d'accessibilit&#233; imm&#233;diate&lt;/i&gt; (expression qu'il n'utilise pas, mais viendra plus tard) qu'est le web : r&#233;f&#233;rence &#224; Fran&#231;ois Furet pour le d&#233;cryptage des micro-processus qu'historicisent nos usages.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/U8A70nAQrDc&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Puis Daniel Garcia, de Livres Hebdo, lance la premi&#232;re table ronde par un rappel du &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article968' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mazoutage de Lagrasse&lt;/a&gt;, &#224; quoi Christian Thorel, d'Ombres Blanches &#224; Toulouse, r&#233;pond en soulignant le r&#244;le aussi &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; du libraire.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/k_URTd90nxs&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re fois que je rencontre Philippe Boisnard, webmaster de &lt;a href=&#034;http://www.t-pas-net.com/libr-critique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;libr-critique&lt;/a&gt; : l&#224;, on entre dans l'univers des sites de litt&#233;rature :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/GUKnb1mIJH8&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Question ensuite de Daniel Garcia : l'&#339;uvre num&#233;rique dispose-t-elle de &lt;i&gt;qualit&#233;&lt;/i&gt; litt&#233;raire ? R&#233;ponse de Boisnard via la &lt;i&gt;logique d'&#238;lots&lt;/i&gt;, la question de l'&#339;uvre qui se g&#233;n&#232;re en temps r&#233;el devant son public, et le fait que &lt;i&gt;les m&#233;diums ne s'excluent pas, ils se compl&#232;tent&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Jean-Pierre Sim&#233;on : si l'informatique change la logique de r&#233;ception, c'est toujours de &lt;i&gt;conduire vers&lt;/i&gt; qu'il est question, et d'&#233;duquer &#224; un comportement de lecteur qui puisse inclure attention soutenue et temps du livre :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/3ytqcoIGj_o&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;. Jean-Pierre Sim&#233;on fera ensuite r&#233;f&#233;rence au &lt;a href=&#034;http://mortain.free.fr/Culture/Prevert/prevert6.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cancre&lt;/a&gt; de Jacques Pr&#233;vert avec l'image de l'arbre surgissant de celle du livre, l'image du sable surgissant de celle du verre, disant ne pas retrouver ce rapport de suggestion imaginaire via l'ordinateur. La po&#233;sie &lt;i&gt;s'&#233;crit en marchant&lt;/i&gt;, mais est-ce incompatible avec l'usage qu'on fait de nos machines portables et wifi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour &#224; Christian Thorel,&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/UJzGxek2sAo&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Personne pour r&#233;torquer &#224; Daniel Garcia que les questions qu'il pose sont vaguement provocatrices, et que &lt;a href=&#034;http://www.livreshebdo.com/weblog/webLogText.aspx?id=11&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son propre blog&lt;/a&gt; leur fournirait parfois des r&#233;ponses argument&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parlera aussi biblioth&#232;ques : j'aurais aim&#233; souligner qu'un des faits nouveaux de la blogosph&#232;re, ces derniers mois, c'&#233;tait l'irruption de blogs &#224; l'initiative de biblioth&#233;caires, mais pas dans le cadre de leur structure&#8230; On &#233;voquera le passage &#224; l'&#233;cran des &lt;i&gt;usuels&lt;/i&gt; : j'y pensais hier soir, en lisant (chez Payot Voyageurs), les travers&#233;es du Nord Canada de &lt;a href=&#034;http://www.payot-rivages.fr/asp/fiche.asp?Id=1804&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Samuel Hearne&lt;/a&gt; en 1770&#8230; Je ressors et soul&#232;ve le lourd atlas : les pages d'index &#224; la fin, o&#249; je cherche les ports de la baie d'Hudson, est un monument de r&#234;ve. Pourtant, lorsque je suis venu &#224; ma table, ce matin, j'ai recherch&#233; via photos satellites les m&#234;mes lieux, et seul l'Internet me le permettait : est-ce le m&#234;me r&#234;ve, et comment sauver ce qu'il y avait d'irr&#233;ductible parce que l'atlas &#233;tait un livre ? J'aurais aim&#233; qu'on s'y attache plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'habitude, frustration &#224; trop d'opposition bin&#244;miale entre ceux qui pratiquent le Net en tant que &lt;i&gt;producteurs de (micro-)contenu&lt;/i&gt; et ceux qui en reviennent toujours &#224; ses limites parce qu'ils le consid&#232;rent en l'&#233;tat. Jean-Pierre Sim&#233;on, on se conna&#238;t depuis trop longtemps, et trop de combats au coude &#224; coude (tiens, du temps qu'il &#233;tait question de proposer aux &#233;crivains des r&#233;sidences dans les IUFM, vous vous souvenez, au si&#232;cle dernier ?) pour que je ne le chambre pas un peu sur ses questions : pour nous, la conception d'une page web est une approche tout aussi &lt;i&gt;sensitive&lt;/i&gt; que le support papier. Jean-Pierre d'ailleurs sera conduit &#224; faire l'analogie avec les affiches qu'il &#233;dite pour le &lt;a href=&#034;http://www.printempsdespoetes.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Printemps des Po&#232;tes&lt;/a&gt; : l&#224; aussi, on aurait soudain pu d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impression que quelques id&#233;es commencent &#224; passer : qu'on n'est pas en opposition de d&#233;marches, mais qu'il s'agit de logiques de compl&#233;ment. Et le paysage Internet, c&#244;t&#233; &#233;crivains, pourrait tr&#232;s vite donner un peu moins l'impression de d&#233;sert &#224; condition qu'on regarde un peu ce qui se passe c&#244;t&#233; de d&#233;marches neuves, o&#249; le texte (voire le livre &#8211; et je parlerai du rapport livre/site pour &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article955' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Philippe Vasset&lt;/a&gt;) s'int&#232;gre dans un ensemble complexe dont Internet n'est plus que vecteur de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des supports que seul le site (ou l'identit&#233; num&#233;rique) assemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On r&#233;ussira l'apr&#232;s-midi &#224; faire sortir un instant Pierre Assouline de sa r&#233;serve d&#233;cid&#233;e de &lt;i&gt;mod&#233;rateur&lt;/i&gt; en lui demandant si la &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tasse &#224; caf&#233;&lt;/a&gt; qui surplombe son blog ne refroidit jamais : arriver &#224; faire passer dans l'id&#233;e que la nouveaut&#233;, s'il y a, de l'&#233;criture Internet, c'est la prise en compte par le blogueur lui-m&#234;me, en tant qu'auteur, que l'environnement graphique et l'(hyper)activit&#233; du code sont des &#233;l&#233;ments d'&#233;criture comme le texte lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'a valu de dire quelques b&#234;tises, alors que je m'&#233;tais promis de bien me surveiller : oui, le support neuf et le mode de circulation neufs cr&#233;ent des espaces neufs de litt&#233;rature. Il ne s'agit pas de transposer nos usages, ou simplement d'envisager le transfert sur Internet de l'&#233;conomie du livre, mais &#8211; dans l'int&#233;rieur de ces espaces encore inconnus, d'exercer notre r&#244;le de litt&#233;rature : mise en r&#233;flexion du langage, question pos&#233;e au monde depuis notre usage de la litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait un peu tendance, &#224; ce moment de la discussion, &#224; se limiter aux exemples de romans &#233;crits en ligne : j'ai dit, mais pas tr&#232;s d&#233;licatement, que le roman &#233;tait une certaine convergence de l'histoire du livre et de l'histoire de notre soci&#233;t&#233;, et que le d&#233;placement de ce rapport, entra&#238;nant d'autres convergences, permettra &#224; l'intervention litt&#233;raire de s'&#233;tablir sur des modalit&#233;s et formes autres que le roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mary Higgins-Clark, dit Pierre Assouline, lui aurait confi&#233; que depuis le Net elle &#233;crit ses romans avec beaucoup moins de &lt;i&gt;descriptions&lt;/i&gt;, et il y voit une analogie avec la lecture zapping : je r&#233;ponds que, personnellement, sur mon site, ce sont souvent des &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article148&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;descriptions&lt;/a&gt; que j'installe. Si la litt&#233;rature est l'exp&#233;rience faite langage de notre rapport au monde, notre curiosit&#233; au monde, en s'augmentant de techniques impr&#233;vues, portera peut-&#234;tre un coup au roman simulacre (ma stup&#233;faction au succ&#232;s de &lt;i&gt;Second Life&lt;/i&gt;), et alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui me concerne moi, crise du roman (on est quand m&#234;me 50 ans apr&#232;s &lt;i&gt;L'Ere du soup&#231;on&lt;/i&gt; de Nathalie Sarraute), ce serait sans regret : l'histoire de la litt&#233;rature est celle du surgissement de ses formes. A quoi le directeur commercial de Gallimard a dit, en gros, que &lt;i&gt;l'&#233;criture spontan&#233;e&lt;/i&gt; n'avait pas grand avenir ni l&#233;gitimit&#233; : je n'avais pourtant pas employ&#233; ce mot-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moments impr&#233;vus, Pierre Assouline parlant de ses cours &#224; Sciences Po devant non pas des visages mais des capots ouverts d'ordinateurs portables, et connect&#233;s. Mais &#224; quoi bon s'acharner sur les limites de Wikipedia si nous ne prenons pas en charge nous-m&#234;mes la fourniture de contenus r&#233;solument en prise avec ce que nous souhaitons transmettre aux m&#234;mes &#233;tudiants ? Jean-Marie Sevestre dit qu'&#224; la fac de sciences de Montpellier on en est revenu aux &lt;i&gt;livres obligatoires&lt;/i&gt;, si incongru que cela nous paraisse. Je dis qu'aux &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique9&#034;&gt;Beaux-Arts&lt;/a&gt;, quand j'y faisais cours, j'avais le droit de parler-lire 2 heures de Michaux, mais hors de question d'en mettre plus de 18 lignes sur mon site sans protestation de Gallimard : le responsable commercial de ladite maison, assis &#224; c&#244;t&#233; de moi, n'a pas repris. J'ai dit que j'aimerais bien disposer d'un Michaux num&#233;rique et serais pr&#234;t &#224; payer pour cela, c'est de ma t&#234;te qu'on s'est pay&#233; : &#171; Si on aime Michaux, on le lit dans les livres &#187;, m'a-t-on r&#233;pondu. Mais justement, je les ai d&#233;j&#224;, les livres&#8230; (Et allez donc voir, via Google, en entrant HENRI MICHAUX, comment nous savons mettre en valeur le meilleur de notre &lt;i&gt;patrimoine&lt;/i&gt; : alors on peut toujours s'&#233;tonner des limites d'Internet, quand il serait plut&#244;t question de retrousser les manches &#8212; mais le travail fourni depuis maintenant des ann&#233;es par les sites de litt&#233;rature &#233;tait le grand absent de ces journ&#233;es...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou lorsque Philippe Boisnard a dit : &#171; Il y a eu un &lt;a href=&#034;http://lafeuille.blogspot.com/2007/09/paragraphes-comments-pour-tous.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;post&lt;/a&gt; de La Feuille sur CommentPress et les commentaires associ&#233;s aux paragraphes.... &#8212; Euh, vous pouvez traduire ? &#187; Bon, on avait l'impression que deux mondes se c&#244;toyaient et ne pourraient pas vraiment se comprendre (ceux qui lisent la Feuille et les autres ?)... &#171; On dit qu'on d&#233;vore un livre &#187;, est intervenue une dame dans la salle, &#171; vous n'avez pas la m&#234;me sensualit&#233; avec l'ordinateur&#8230; &#187; J'ai propos&#233; de manger un bout du mien devant elle, mais c'&#233;tait pas la bonne r&#233;ponse (remarque, elle a repris en disant : &#171; Vous ne pouvez pas comparer la chair humaine et le plastique &#187;, ce qui &#233;tait quand m&#234;me aller un peu loin pour le livre imprim&#233;), il &#233;tait temps d'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mardi, le &lt;a href=&#034;http://www.sgdl.org/actualite_Manifestations.asp#forum&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;forum SGDL&lt;/a&gt; continue, mais en plus s&#233;rieux : sans auteurs &#224; la tribune.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; voir r&#233;actions de &lt;a href=&#034;http://www.archicampus.net/wordpress/?p=137&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;teXts&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&#034;http://www.tache-aveugle.net/spip.php?article121&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tache aveugle&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lire sur &lt;a href=&#034;http://lafeuille.blogspot.com/2007/10/les-maillons-de-la-chane-discutent.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Feuille&lt;/a&gt; (commentaires)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>trois histoires d'&#233;dition </title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article896</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article896</guid>
		<dc:date>2007-06-16T18:23:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Lindon, J&#233;r&#244;me </dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>
		<dc:subject>Nadeau, Maurice </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;du manuscrit au livre, un d&#233;bat &#224; Ombres Blanches&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;Lindon, J&#233;r&#244;me &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot463" rel="tag"&gt;Nadeau, Maurice &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton896.jpg?1352732277' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff896.jpg?1352731932&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour mes trois jours de participation au bien nomm&#233; &lt;a href=&#034;http://www.lemarathondesmots.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marathon des mots&lt;/a&gt; de Toulouse, Gauthier Morax m'avait r&#233;serv&#233; quatre interventions : le jeudi apr&#232;s-midi au centre de d&#233;tention de Muret, le vendredi soir &#224; 22h30 une performance dans le cadre de Londres, ville invit&#233;e &#8212; c'&#233;tait un portrait de Marianne Faithfull entre Dylan et Stones, avec un diaporama d'images r&#233;serv&#233;es &#224; cette soir&#233;e et quelques musiques rares &#8212; et ce samedi midi une table ronde sur Julien Gracq, dont le mod&#233;rateur, Dominique Rabourdin, vient de r&#233;aliser le grand entretien du Magazine Litt&#233;raire, &#233;change &#233;crit avec Gracq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, vendredi &#224; 17h, &#224; la librairie Ombres Blanches, une rencontre sur le th&#232;me : &lt;i&gt;&#233;diter le contemporain&lt;/i&gt;, men&#233;e par Christian Thorel. Des &#233;diteurs, il y en eut plusieurs &#224; se succ&#233;der au m&#234;me lieu : Paul Otchakovski-Laurens, Bernard Wallet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Thorel est descendu de son bureau avec une pile de livres : des m&#233;moires ou des t&#233;moignages d'&#233;diteurs. Chaque fois, il en prenait un passage, et nous demandait, &#224; Bernard Comment, pour Fiction &amp; Cie, et &#224; moi-m&#234;me pour &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/depl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;placements&lt;/a&gt;, de r&#233;agir et d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re question : en partant d'une page de &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article495' class=&#034;spip_in&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Lindon&lt;/a&gt;, et de lui-m&#234;me vu par Jean-Jacques Pauvert, savoir si la formulation m&#234;me, &lt;i&gt;&#233;diter le contemporain&lt;/i&gt; a un sens sp&#233;cifique, avec deux corollaires, &#224; savoir si une collection se justifiait par rapport &#224; une revue et pourquoi. Et &#224; savoir si &#234;tre &#233;diteur et auteur se conciliait et comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me question : en partant d'un r&#233;cit de &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article119' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Maurice Nadeau&lt;/a&gt; racontant comment il a re&#231;u le premier manuscrit de Fred Deux, savoir comment nous g&#233;rions l'accueil des manuscrits, avec quels param&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me question : en partant d'un fragment des &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt; de Jos&#233; Corti, quelle p&#233;rennit&#233; pour les livres dans les conditions de r&#233;ception d'aujourd'hui, en quoi le contexte &#8212; les questions du genre, aussi &#8212; avait pu se d&#233;placer depuis ce que d&#233;crivait, pour lui-m&#234;me, Jos&#233; Corti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc, en trois &#233;pisodes, chacune de ces questions, appuy&#233;es par une lecture d'un r&#233;cit d'&#233;diteur, une histoire d'&#233;dition. Pour les r&#233;ponses que nous y avons faites, en essayant de nous servir d'exemples concrets pris au travail que nous menons en bin&#244;me, Bernard Comment et moi-m&#234;me, pour &lt;i&gt;D&#233;placements&lt;/i&gt;, il fallait &#234;tre l&#224; ... Pas d'enregistrements, &#224; ma connaissance, m&#234;me lorsque un peu plus t&#244;t j'&#233;coutais Louis Garrel lire les &lt;i&gt;Illuminations&lt;/i&gt; de Rimbaud sur fond rock &#8212; sauf les lectures Gracq retransmises par &lt;a href=&#034;http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture/programmes/index.php?time=1181944800#midi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;France Culture&lt;/a&gt; (avec en particulier la &lt;i&gt;Litt&#233;rature &#224; l'estomac&lt;/i&gt; lue par Jack Ralite, juste apr&#232;s Daniel Mesguich !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette page se veut &#234;tre juste une captation, un t&#233;moignage de ce qui est notre quotidien dans l'exercice de ce m&#233;tier, non pas vue c&#244;t&#233; public, mais telle que je le per&#231;ois &#224; cet instant de mon c&#244;t&#233; de la table. L'image y est secondaire. La voix, la pr&#233;sence, la fa&#231;on de d&#233;ployer le discours et construire une question y sont le principal. La salle de d&#233;bats et lectures est install&#233;e au coeur m&#234;me de la librairie de Christian Thorel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;tr&#232;s heureux d'avoir vu ce billet signal&#233; le soir m&#234;me d'une part &#224; Tokyo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est juste un &#233;cho de ce travail de fond, rencontres, &#233;changes, dans une p&#233;riode o&#249; tout est mutation. J'ai donc cod&#233; les vid&#233;os en petit format, par discr&#233;tion, et merci &#224; CT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;photos du haut : la &#034;r&#233;serve&#034; o&#249; sont trait&#233;s les envois en ligne d'Ombres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.ouvertlanuit.net/lab/0706_CT1.htm&#034; target=&#034;_blank&#034; onClick=&#034;window.open('http://www.ouvertlanuit.net/lab/0706_CT1.htm', 'ouvertlanuit.net', 'scrollbars=no,toolbar=no,top=0,left=0,Width=330,Height=250,resizable=no');return false;&#034;&gt;vid&#233;o 1 : J&#233;r&#244;me Lindon vu par Jean-Jacques Pauvert, et le m&#233;tier d'&#233;diteur vu par J&#233;r&#244;me Lindon (4')&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.ouvertlanuit.net/lab/0706_CT2.htm&#034; target=&#034;_blank&#034; onClick=&#034;window.open('http://www.ouvertlanuit.net/lab/0706_CT2.htm', 'ouvertlanuit.net', 'scrollbars=no,toolbar=no,top=0,left=0,Width=330,Height=250,resizable=no');return false;&#034;&gt;vid&#233;o 2 : un souvenir de Maurice Nadeau concernant Fred Deux (6')&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.ouvertlanuit.net/lab/0706_CT3.htm&#034; target=&#034;_blank&#034; onClick=&#034;window.open('http://www.ouvertlanuit.net/lab/0706_CT3.htm', 'ouvertlanuit.net', 'scrollbars=no,toolbar=no,top=0,left=0,Width=330,Height=250,resizable=no');return false;&#034;&gt;vid&#233;o 3 : avoir son nom sur un livre, par Jos&#233; Corti (4')&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;tr&#232;s heureux d'avoir vu ce billet signal&#233; le soir m&#234;me d'une part &#224; Tokyo via le &lt;a href=&#034;http://www.berlol.net/dotclear/index.php/2007/06/17/672-qu-on-vienne-me-donner-des-lecons&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jlr&lt;/a&gt; et d'autre part &#224; Montreal via &lt;a href=&#034;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2007/06/16/284-filtrage-des-manuscrits?cos=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Michel Sala&#252;n&lt;/a&gt; - j'ai mis commentaire pour pr&#233;ciser que le lecteur &#034;&#224; la voix chaleureuse&#034; est bien Christian Thorel, et non moi-m&#234;me, qui op&#233;rais &#224; l'appareil photo : dommage pour la &#034;mise en ab&#238;me s&#233;miotique&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;photos du haut : la &#034;r&#233;serve&#034; o&#249; sont trait&#233;s les envois en ligne d'Ombres Blanches et, en laissant la souris, vue qu'on avait de notre place par la verri&#232;re au-dessus de la salle&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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