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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>du mouvant (d'une responsabilit&#233; neuve dans le num&#233;rique impr&#233;dictible)</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4396</link>
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		<dc:date>2017-03-07T09:52:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Quignard, Pascal </dc:subject>
		<dc:subject>&#233;dition &amp; &#233;dition num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Saemmer, Alexandra</dc:subject>
		<dc:subject>lire, lecture</dc:subject>
		<dc:subject>historicit&#233; du num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crans, supports</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchardon, Serge</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;intervention au colloque de Grenoble &#171; enseigner la litt&#233;rature avec le num&#233;rique &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;le livre &amp; l'Internet&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Quignard, Pascal &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot117" rel="tag"&gt;&#233;dition &amp; &#233;dition num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot522" rel="tag"&gt;Saemmer, Alexandra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot574" rel="tag"&gt;lire, lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot575" rel="tag"&gt;historicit&#233; du num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot577" rel="tag"&gt;&#233;crans, supports&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot983" rel="tag"&gt;Bouchardon, Serge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton4396.jpg?1488880334' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le programme du colloque &lt;a href=&#034;https://www.fabula.org/actualites/colloquel-enseignement-de-la-litterature-avec-le-numerique_78063.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;enseigner la litt&#233;rature avec le num&#233;rique&lt;/a&gt; ;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; c'est film&#233;, je mettrai lien quand ce sera mis en ligne ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; merci Nathalie Brillant-Rannou.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 1 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Et si c'&#233;tait le premier paradoxe : que l'appropriation du num&#233;rique dans les usages ne nous contraignait pas &#224; une migration de nos t&#226;ches d'enseignement et de cr&#233;ation (on reviendra sur le lien) vers les technologies num&#233;riques, mais au contraire &#224; ce que Char nomme &#171; retour amont &#187;, une refondation des vocabulaires et grammaires &#233;l&#233;mentaires dans le plus simple geste de ce que litt&#233;rature signifie ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 2 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#201;videmment bien s&#251;r le contre paradoxe : pour que ce retour amont soit possible, et qu'il interagisse avec le nouveau contexte num&#233;rique, c'est depuis la rupture num&#233;rique qu'on doit l'&#233;tablir, et donc la scruter dans son mouvement, dans son impr&#233;dictibilit&#233;, dans les contradictions li&#233;es aux d&#233;terminations &#233;conomiques, politiques, &#233;cologiques, marchandes qui la conditionnent, &#224; rebours de ce qu'on y cherche nous d'un geste plus libre, au nom m&#234;me de ce &#224; quoi elles ouvrent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 3 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Qu'&#224; agir et parler alors au sein d'une transition en cours, qui doit agir par r&#233;sistance autant que par innovation, au prix du t&#226;tonnement, la t&#226;che peut para&#238;tre &#233;crasante, voire confiner &#224; la panique. Il y a trop. Chaque &#233;l&#233;ment diffracte en plusieurs autres. On regarde devant et derri&#232;re &#224; la fois, on a les mains prises par la manipulation m&#234;me de nos machines imparfaites. Et pourtant, autre paradoxe dont on va embo&#238;ter la suite, c'est au num&#233;rique m&#234;me que nous arracherons les nouveaux sch&#233;mas de m&#233;canique mentale qui nous sont n&#233;cessaires pour recomposer cette vue d'ensemble que, dans cette impr&#233;dictibilit&#233; m&#234;me, il nous d&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 4 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ainsi, la tr&#232;s ancienne et fondatrice relation de la composition litt&#233;raire, et du statut m&#234;me du r&#233;cit, dans ce qu'on nomme les &#171; arts de m&#233;moire &#187;, la fa&#231;on dont cette relation a interf&#233;r&#233; de fa&#231;on constitutive dans le passage de la tradition orale &#224; la tradition &#233;crite, puis &#224; la constitution de la biblioth&#232;que, dans ses temporalit&#233;s, ses spatialit&#233;s, ses catalogues. Et la mise &#224; disposition instantan&#233;e de l'information comme de la biblioth&#232;que fait que notre m&#233;moire &#224; nous se transforme, comme notre m&#233;moire des collections d'images s'est transform&#233;e, et remplace l'information ou le savoir par la m&#233;moire du chemin et de la suite d'actions qui y m&#232;ne. Comment saurions-nous aujourd'hui, &#224; distance de quinze ou vingt ans, penser l'ampleur d'un ph&#233;nom&#232;ne bousculant une histoire de quarante si&#232;cles ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 5 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans la masse des contradictions qui l&#232;vent du mouvant, la capacit&#233; de chacune &#224; contenir toutes les autres. Mais la frustration o&#249; en permanence nous sommes de n'avoir plus &#224; traiter devant nous qu'une minuscule parcelle dure et concr&#232;te, qui ne dit plus rien de la grande mutation g&#233;n&#233;rale. Est-ce que penser le num&#233;rique, dans sa bascule impr&#233;dictible, et ce &#224; quoi il nous contraint dans le plus noble du quotidien, cr&#233;er, transmettre, ne pourrait aussi &#234;tre que collectif, comme le changement qu'il implique &#224; toute question li&#233;e &#224; l'&#233;cole (en tant que ce collectif), &#224; la cr&#233;ation (en tant que production), l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; m&#234;me que devient l'intime lorsqu'il int&#232;gre autant de composantes qui lui sont &#233;trang&#232;res, et ne permettent pas l'&#233;cart par rapport &#224; l'&#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 6 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ainsi, dans le basculement des arts de m&#233;moire &#224; une pens&#233;e algorithmique, ce qui s'en induit pour le plus quotidien (je ne r&#233;vise pas avant mon cours une date de naissance, mais je remobilise par ce manque l'attention de ceux qui m'&#233;coutent, multi-connect&#233;s dans le temps m&#234;me du cours), et je consid&#232;re de ma t&#226;che (de transmission et pratique &#8211; non-dissociation qui doit &#234;tre sans cesse reformul&#233;e, avec urgence et d&#233;termination, et on est loin encore d'y pr&#233;tendre) de tenter des exercices d'&#233;criture, donc de r&#233;cit, bas&#233;s sur ce non-appropriable de la m&#233;moire comme contenu dont l'individu se fait d&#233;positaire, les formes neuves de relation et d'&#233;nonciation que de tels exercices engendrent, mais pour cette t&#226;che m&#234;me le fait que nous allions en chercher les outils dans des singularit&#233;s litt&#233;raires ant&#233;rieures &#224; la mutation num&#233;rique. Dans cet exemple pr&#233;cis, la relation m&#233;moire-r&#233;cit chez Borges &#233;tait d&#233;j&#224; honor&#233;e de fa&#231;on centrale. Mais la relecture qu'on peut faire du &lt;i&gt;Van Gogh, le suicid&#233; de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; d'Antonin Artaud, avec ses quatre strates dict&#233;es sur quatre jours successifs, chacune &#8211; pour la raison physiologique qu'on sait &#8211; devant r&#233;emprunter &#224; chaque fois la totalit&#233; de la route, non, nous n'avions pas eu &#224; l'apprendre comme outil narratif susceptible de redonner &#224; l'imm&#233;diat d'une phrase, quel que soit l'&#233;l&#232;ve avec lequel en court-circuit on le travaille, cette relation fondatrice de la langue &#224; ce qu'elle nomme, parce qu'elle saura nommer l'imm&#233;diat m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 7 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Et si cette m&#234;me exploration nous conduit par exemple &#224; examiner comment le rep&#232;re r&#233;f&#233;rentiel d'une phrase peut changer &#224; mesure de son &#233;nonciation, principe qui vaut pour la pens&#233;e dans un chemin algorithmique, comme pour la lecture m&#234;me sur un support num&#233;rique aussi &#233;l&#233;mentaire qu'une page de navigateur, en quoi pour cette mod&#233;lisation m&#234;me nous aurons besoin d'&#233;l&#233;ments pris &#224; la science contemporaine, en quoi nous irons chercher, chez Michaux ou chez Beckett (dans &lt;i&gt;Mal vu mal dit&lt;/i&gt; une phrase peut commencer c&#244;t&#233; int&#233;rieur d'un mur et se terminer c&#244;t&#233; ext&#233;rieur), des &#233;l&#233;ments qui font sens au pr&#233;sent m&#234;me de ce que nous avons &#224; transmettre, mais sont incompatibles avec les cloisonnements du litt&#233;raire et du scientifique, comme ils sont incompatibles avec l'inertie des corpus pos&#233;s institutionnellement comme c&#339;ur de cette transmission. On est loin du num&#233;rique ? Mais c'est bien le paradoxe que je souhaitais mettre d'embl&#233;e en avant : que la r&#233;solution des nouvelles probl&#233;matiques ouvertes, auxquels nous n'avons pas choix de nous soustraire, ne nous laisse pas d'autre choix &#8211; est-ce pour cela qu'on les nomme &lt;i&gt;humanit&#233;s num&#233;riques&lt;/i&gt; alors qu'&#224; cela aussi on devrait tourner le dos pour une cat&#233;gorie plus permanente, plus ancestrale dans son chemin quant &#224; la raison, quant au sujet, quant &#224; l'irrationnel m&#234;me comme processus d'appropriation de l'inconnu &#8211; que de convoquer autrement l'h&#233;ritage, que de positionner autrement ce que depuis bien trop r&#233;cemment on a nomm&#233; culture, sciences ou techniques, et la litt&#233;rature m&#234;me englu&#233;e dans son hardware d'industrie culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 8 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Paradoxe : il n'y a pas &#224; se dispenser, comment le pourrait-on, d'une &#233;ducation, ce que cela suppose de savoir et de renversement critique du savoir, le vieux terme de libert&#233;, aux usages et outils num&#233;riques, la violence que le plus simple de cet apprentissage du num&#233;rique constitue par rapport aux routines &#233;tablies, souvent structurantes (dans l'universit&#233; fran&#231;aise, la formation aux &#171; lettres &#187; s&#233;par&#233;e de la formation aux &#171; m&#233;tiers du livre &#187;), mais que la constitution m&#234;me de cet apprentissage contraint &#224; le regarder du plus loin, depuis les vocabulaires qui lui sont le plus &#233;loign&#233;s, mais eux-m&#234;mes alors remis en mouvement, ressaisis dans des paradoxes neufs, tout simplement parce que nous n'avions pas besoin de nous en saisir.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 9 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Un seul exemple : le passage de l'&#233;criture iconique &#224; l'&#233;criture syllabique. On est vers 1976, grande exposition &#224; Paris, par Bottero, sur la naissance de l'&#233;criture. Un cr&#232;ve-la-faim gribouilleur italien, qui gagne sa vie en envoyant des articles &#224; la &lt;i&gt;Republica&lt;/i&gt;, en fait un compte rendu sous l'approche suivante : en taillant de biais la pointe de leurs roseaux, les scribes m&#233;sopotamiens, vers &#8211; 1700, apr&#232;s 600 ans d'&#233;criture iconique, augmentent leur vitesse de scription, trait triangle trait triangle, et cet accroissement de vitesse rend plus abstraite la repr&#233;sentation iconique, et en devenant autonome cette repr&#233;sentation abstraite se fait syllabique. Le gribouilleur s'appelle Italo Calvino, la probl&#233;matique qu'il d&#233;veloppe, concernant la vitesse et la technologie &#8211; la technologie sommaire d'un taillage en biseau de l'outil m&#234;me utilis&#233; dans cette inscription sur argile &#8211; n'appartenait pas &#224; la probl&#233;matique de Bottero.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 10 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Diffraction dans cette question m&#234;me de l'origine de l'&#233;criture : on disposait de milliers de tablettes &#224; utilit&#233; comptable. Oui, mais justement parce qu'elles n'avaient plus d'utilit&#233; apr&#232;s la transaction, et donc on les utilisait pour mat&#233;riau de sout&#232;nement des escaliers ext&#233;rieurs. Et l'&#233;l&#233;ment iconique qu'elles comportent, petites silhouettes anthropomorphes s'il s'agit de mercenaires ou d'esclaves, ou sacs de marchandises &#8211; donc une fonction radicale pour nous de rapport du signe &#224; ce qu'il nomme &#8211; sont bien plus r&#233;cents que l'inscription d'une image autosuffisante, image du foie apr&#232;s un sacrifice, empreinte du sceau assurant l'exercice &#224; distance de l'autorit&#233;. Par contre, d&#233;positaire d'autorit&#233; symbolique s'il s'agit d'un texte sacr&#233;, g&#233;n&#233;alogie, chronologie, mythes, de fa&#231;on parall&#232;le &#224; la maquette de la ville clou&#233;e au sol du palais d&#233;positaire du pouvoir singulier, pour repr&#233;senter ce sur quoi il s'exerce, est syst&#233;matiquement d&#233;truit quand la ville est prise. Si on a pu reconstituer les textes sacr&#233;s, c'est par les tablettes, chaque fois une seule page, qui servaient d'aboutissement et d'archive dans les &#233;coles de scribe. Et cela vaut aussi pour les proc&#233;d&#233;s d'authentification (couche d'argile crue recouvrant l'argile cuite avec le m&#234;me texte), les proc&#233;d&#233;s de r&#233;utilisation (argile crue laiss&#233;e tremper dans un seau entre deux lettres ou messages), et l'invention m&#234;me de la page, les premiers p&#226;tons &#233;crits &#233;tant malax&#233;s &#224; la main, l'&#233;criture s'y enroulant en spirale. Est-ce que nous avons &#224; enseigner tout &#231;a ? Certainement pas. Est-ce que nous pouvons penser aujourd'hui le texte num&#233;rique, non pas reproduit comme l'objet livre, mais chemin de lecture vers un serveur unique, sans avoir &#8211; nous aujourd'hui &#8211; &#224; faire ce chemin en amont dans l'histoire m&#234;me de cette rupture mentale particuli&#232;re, l'id&#233;e de reproductibilit&#233; d'un texte ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 11 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Diffraction dans cette question m&#234;me de l'origine de l'&#233;criture : longtemps qu'on s'int&#233;resse &#224; ce myst&#232;re de pourquoi, dans un monde &#233;crit, certaines civilisations tr&#232;s accomplies on fait le choix d'un refus de l'&#233;criture. Le plus document&#233; est peut-&#234;tre celui qui nous concerne de plus pr&#232;s, la civilisation celte et l'&#233;tonnement que cela cause &#224; Jules C&#233;sar dans ses &lt;i&gt;Commentaires&lt;/i&gt; : voil&#224; des gens qui se mettent nus, se couvrent le corps de pigments bleus, et courent en criant se jeter sur une technologie, boucliers et pilums, qu'ils n'arrivent pas &#224; appr&#233;hender comme telle. Et gagnent d'ailleurs des batailles, parce qu'une fois que le pilum a embroch&#233; un homme sa technologie s'effondre si en survient un deuxi&#232;me, ou troisi&#232;me, ou quatri&#232;me. Et ce sont les m&#234;mes qui choisissent des enfants pour m&#233;moriser, il leur faut des ann&#233;es, un corpus qui restera oral, et qui dispara&#238;t si on en fait dispara&#238;tre l'individu porteur, c'est d'ailleurs ce qui s'est pass&#233;. Mais c'est tout r&#233;cent qu'on s'int&#233;resse &#224; quelque chose de bien moins document&#233;, et pour cause : ces civilisations, parfois d&#233;positaires de langue-image extr&#234;mement complexe, grottes aborig&#232;nes par exemple, et qui pour cela m&#234;me n'ont pas fait le choix d'un transfert au langage articul&#233; de cette complexit&#233; ? Curiosit&#233; anthropologique certainement. Mais comment appr&#233;hender un objet &#233;l&#233;mentaire et complexe comme un message vid&#233;o Snapchat, sans que nous disposions d'une historicit&#233; r&#233;ouverte et des tenseurs &#233;l&#233;mentaires, devenus invisibles par la stabilit&#233; m&#234;me des usages ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 12 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Et cela pour une fois sans panique : il y a longtemps qu'on sait ce qui tient &#224; l'histoire du livre (voir l'historique et toujours magnifique &lt;i&gt;L'apparition du livre&lt;/i&gt;, Lucien Febvre, 1956). Mais pourquoi aurions-nous d&#251; examiner l'histoire des transitions entre ces &#233;tats de l'histoire du livre, sinon parce que nous-m&#234;mes plong&#233;s dans une transition, et confront&#233;s &#224; la violence brutale in&#233;dite de notre propre transition ? Or nous disposons d'une &#233;norme chance, qui est elle aussi un composant d&#233;terminant dans le pr&#233;sent : cette stabilit&#233; des usages du texte, en chacune de ses p&#233;riodes, a rendu d&#233;nombrable le nombre de ses mutations. Cinq grandes mutations, c'est tout. L'invention de l'imprimerie ce n'est pas Gutenberg, c'est Aldo Manuccio. Le corps 11 et la miniaturisation du livre comme &#233;l&#233;ment de sa survie mat&#233;rielle en contexte hostile, et son appropriation individuelle, l'italique pour prouver que l'&#226;me de l'&#233;criture n'est pas distinguable, qu'il s'agisse d'un livre imprim&#233; ou d'un livre recopi&#233; &#224; la main dans le contexte d&#233;j&#224; industrialis&#233; de Venise au XVIe si&#232;cle, pourquoi aurions-nous eu besoin d'aller y voir de pr&#232;s, avant que la notion m&#234;me de livre recule irr&#233;versiblement dans les usages priv&#233;s d'&#233;criture lecture par la mutation num&#233;rique. Et paradoxe &#224; cet endroit qu'un des premiers &#224; avoir initi&#233; cette &#233;tude des transitions (&#224; quel moment le Z est devenu la derni&#232;re lettre de l'alphabet, pourquoi il a fallu 150 ans pour que se diff&#233;rencient et se stabilisent les sens de graphie) et &#231;a ce sont les &lt;i&gt;Petits trait&#233;s&lt;/i&gt; de Pascal Quignard, bien avant qu'il ait lui-m&#234;me un ordinateur et un iPhone, mais o&#249; le choix d'&#233;clater l'id&#233;e initiale du livre en 40 livrets brefs autonomes t&#233;moignent d&#233;j&#224; de cette mutation en amorce.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 13 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pause toute br&#232;ve, juste pour r&#233;capitulation n&#233;cessaire : le premier basculement d'une pens&#233;e num&#233;rique qui puisse nous &#234;tre effectif dans notre t&#226;che quotidienne de cr&#233;er et transmettre, et j'insiste bien sur l'indissociabilit&#233; des deux termes (o&#249; apprenons-nous l'exercice de la litt&#233;rature, sinon dans ce que les &#233;crivains nous en disent ? et quoi, sinon la logique industrielle du livre, s&#233;parait la &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt; de Flaubert de ses romans et de ses sc&#233;narios et lectures, s&#233;parait les r&#233;cits de Kafka de ses lettres et de son journal, quoi s&#233;pare un po&#232;me de Baudelaire d'une traduction pr&#233;alable sur un m&#234;me th&#232;me, des listes qu'il se fabrique, des relev&#233;s visuels qu'il pratique, des r&#234;ves qu'il &#233;vacue en les exp&#233;diant dans une lettre &#224; un destinataire) sinon un &#233;cosyst&#232;me dont le principe technique et marchand impliquait cette s&#233;paration des objets ? Le carnet de l'&#233;crivain ne change pas, dans sa dimension composite, dans le statut propre de la documentation, dans l'&#233;change social &#8211; les 3000 lettres en 5 langues conserv&#233;es de Beckett le taiseux, les 35 000 lettres, t&#233;l&#233;grammes, cartes postales de Lovecraft le soi-disant hors du monde, et qui nous aurait archiv&#233; les &#171; pneus &#187; ou les conversations t&#233;l&#233;phoniques de Marcel Proust), quand la publication web, et l'infinie et complexe stratification de ses destinataires, permet d'appr&#233;hender cette d&#233;marche en tant qu'&#233;cosyst&#232;me du lire-&#233;crire ?, ce premier basculement c'est la confiance, mais aussi le retournement cons&#233;quent, de ce que nous constituons comme histoire des formes, l&#224; o&#249; chaque &#233;poque avant nous a constitu&#233; cette histoire en fonction de ses propres imp&#233;ratifs. Nos lectures patrimoniales, et la didactique qui l'accompagnent, naissent de notre propre enfoncement dans la mutation impr&#233;dictible o&#249; nous parlons, &#233;crivons, enseignons de l'int&#233;rieur, sans possible appui sur un devenir pour la constituer comme perspective.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 14 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Et ce qui l'accompagne, du fait m&#234;me que nous parions de basculement, et d'int&#233;rieur d'une transition en cours : le d&#233;pli temporel de cette mutation est lui aussi en soi une histoire, sauf qu'il nous revient en permanence, et &#224; t&#226;tons, de la constituer telle.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 15 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Par exemple, parce que, comme pour ce qui pr&#233;c&#232;de, pas question de s'y embarquer en d&#233;tail &#8211; mais c'est bien l'organisation de ce d&#233;tail qu'il serait urgent de constituer en corpus de l'enseignement &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; num&#233;rique &#8211; il y a exactement 7 ou 8 ans, on pouvait travailler avec les &#233;tudiants 1er cycle sur leur 1&#232;re connexion Internet. On avait des textes fabuleux sur les jeux en BASIC, sur les 1&#232;res explorations r&#233;seau, sur les chats MSN. Cela correspondait &#224; une histoire des postures : 4 ann&#233;es de suite j'ai men&#233; un atelier avec les 1&#232;re ann&#233;e SciencesPo, les 2 mains sous la table pour les 2 pouces sur les SMS, puis la wifi dans la salle avec chacun son ordi d&#233;pli&#233; devant soi pendant que je parle, enfin le laptop avec pos&#233; contre l'&#233;cran le t&#233;l&#233;phone. Et puis, depuis &#224; peu pr&#232;s 5 ans, aucun &#233;tudiant de 1er cycle qui aurait connu le monde sans Internet &#224; la maison. Sauf que ce n'est pas &#224; eux d'en tirer les cons&#233;quences, mais &#224; nous de r&#233;viser ce qui s'en induit pour la fondation m&#234;me du lire-&#233;crire. J'&#233;tais ces jours-ci dans le cottage qu'habitait Jack London &#224; Sonoma, au-dessus de San Francisco : sur la table, une Remington 1906, mod&#232;le nomm&#233; &#171; Noiseless &#187;. &#192; c&#244;t&#233;, &#224; la place d'honneur, un globe terrestre. Il disposait d&#233;j&#224; d'une chaise de bureau tournante. &#192; port&#233;e de main, les dictionnaires et livres de voyage, une chaise dite Morris, &#224; position semi-allong&#233;e, pour la lecture hors table. Une &#233;critoire oblique mobile pour la correspondance, ou l'indication que les premiers jets manuscrits ne se font pas en position assise devant machine &#224; dactylographier. Dans l'alc&#244;ve qui jouxte, o&#249; il est mort &#224; 42 ans, et c'est pour cela que le temps ici s'est arr&#234;t&#233;, un divan sous les romans, avec Dickens, Shakespeare et Don Quichotte. Sous vitrine, les petits carnets avec les dessins et les recopiages. Ainsi que son gros Kodak, et les tirages photo qu'il faisait lui-m&#234;me. Plus le gros gramophone embarqu&#233; sur le Snark, et avec lequel il passait des disques aux indig&#232;nes des &#238;les Marquises. Le paradoxe d'un film tourn&#233; dans la m&#234;me pi&#232;ce 3 jours avant sa mort, mais qui est un film muet. Jack London, et pas besoin de vous raconter ce qu'un tel &#233;crivain repr&#233;sente pour ceux de ma g&#233;n&#233;ration &#8211; j'avais 9 ans, et donc lisais depuis au moins 3 ans, quand la t&#233;l&#233;vision a rejoint l'univers familial, et que les magazines sont pass&#233;s &#224; la couleur, vivait dans un &#233;cosyst&#232;me de &lt;i&gt;devices&lt;/i&gt; d&#233;di&#233;s. La notion d'objet, que nous apprenons &#224; investir avec Francis Ponge, garde-t-elle les m&#234;mes signifiants quand l'objet de premi&#232;re constitution symbolique, le t&#233;l&#233;phone, concentre dans un espace miniaturis&#233; &#8211; et totalement marchand &#8211; l'ensemble de ces services, chacun reli&#233; &#224; un art, un sens, une histoire civilisationnelle qui concerne aussi ses rituels.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 16 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Vous avez remarqu&#233; que je n'ai pas propos&#233; de conclusion ni de morale. Ce qui m'int&#233;resse, c'est que le web a 40 ans. Pour moi, 1er ordinateur septembre 1988, bient&#244;t 30 ans. 1&#232;re connexion web septembre 1996, 20 ans &#233;chu. Ce qui signifie qu'&lt;i&gt;il y a&lt;/i&gt; histoire, mais que, si on retrace cette histoire, on d&#233;couvre aussi qu'&#224; aucun moment on a vu venir ce qui nous pr&#233;occupait. J'ai lu pour la 1&#232;re fois Proust &#224; 26 ans, en m&#234;me temps qu'on d&#233;couvrait, dans l'usine de machines &#224; souder Sciaky &#224; Vitry-sur-Seine, comment un micro-processeur gros comme un paquet de cigarettes pouvait remplacer une salle enti&#232;re de nos armoires &#233;lectriques avec bonne odeur de fer &#224; souder. Comment j'aurais pu mentalement &#233;tablir un lien entre ces deux d&#233;couvertes simultan&#233;es ? Sauf que Georges Perec, lui, avait &#233;crit d&#232;s 1969, retour d'un voyage am&#233;ricain, son texte &lt;i&gt;Le computeur pour tous&lt;/i&gt;. Mais qui d'entre nous se pr&#233;occupe de proposer ce texte &#224; ses &#233;l&#232;ves ? Les grands rat&#233;s de cette br&#232;ve histoire : qui aurait pu pr&#233;dire que l'aberration du ADSL, les vieux fils de cuivre des ann&#233;es 20-30 et la modulation dissym&#233;trique du signal sur les deux cr&#234;tes inf&#233;rieures et sup&#233;rieures du flux audio, enterrerait en quelques mois l'aventure du CD-Rom, et ce qu'on y avait mis d'&#233;merveillement dans notre premi&#232;re d&#233;couverte de l'hypertexte arborescent et de ce qu'on disait, mot aussi d&#233;licieusement obsol&#232;te que mp3 ou prise SCSI ou bien &#171; porteuse modem &#187;, le &#171; multim&#233;dia &#187;. Autre grand rat&#233; : vers 2004, l'&#233;cran devient multit&#226;che. La lecture, l'&#233;criture, la musique, peuvent coexister simultan&#233;ment sur le m&#234;me support physique. C'&#233;tait l'&#233;poque o&#249; aux &#233;crivains on proposait pour les MacIntosh un &#233;cran vertical, comme si un livre ne se composait pas toujours en double-page, voyez vos manuels scolaires &#8211; mais les math&#233;maticiens ont conserv&#233; ces &#233;crans-l&#224;, bien avant que l'&#233;cran passe en 16x9, parce que c'est la vid&#233;o qui &#233;tait la promesse du march&#233;, et non pas nos vieux livres. Et en quoi le monde des objets connect&#233;s, les vid&#233;os sur t&#233;l&#233;phone portable, en installant l'invisibilit&#233; d'une connexion devenue progressivement g&#233;n&#233;rale, et notre indiff&#233;rence au support de consultation, impose qu'aujourd'hui nous ayons d&#233;j&#224; &#224; ne pas faire de l'&#233;cran une cat&#233;gorie principale dans notre approche, alors que les mutations &#233;cran (les premi&#232;res publicit&#233;s pour l'iPad, en mai 2010 : personnage allong&#233; sur canap&#233;, son ordinateur sans clavier &#224; la main) ont structur&#233; toute notre micro-histoire du num&#233;rique ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 17 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Et, sur ce point pr&#233;cis, jouons des diffractions : lire, on le sait, est la recomposition mentale lin&#233;aire d'une saisie oculaire par balayage avec un incr&#233;ment d'environ 15 fois par secondes. La typographie classique, depuis les encyclop&#233;distes, y a bas&#233; ses rep&#232;res principaux, asym&#233;trie des marges ext&#233;rieures et int&#233;rieures, point d'ancrage en haut &#224; gauche, nombre optimal de signes par ligne pour que ce balayage puisse inclure les signes diacritiques qui sont l'organisation spatiale de la page, et les cons&#233;quences sur l'&#233;volution de l'apprentissage de la lecture lin&#233;aire. Les pratiques issues des chats MSN ont familiaris&#233; les &#233;tudiants avec des lignes qui font 160 ou 180 signes, et non plus 70 ou 80 : un texte qui aurait paru &#171; long &#187; il y a 15 ans tient en quelques lignes : quel rapport &#224; la narrativit&#233;, et le saut de paragraphe, consid&#233;r&#233; par Gertrude Stein comme le signe moderne de la litt&#233;rature, comment induit-il la continuit&#233; et la disruption narrative ? &#192; qui confions-nous les grilles css de nos &#233;crans ou lecteurs d&#233;di&#233;s : 4 pixels dans le saut de paragraphe, r&#233;glage de l'indentation de d&#233;but de paragaphe comme c&#233;sure rythmique, et, si ces param&#232;tres sont confi&#233;s au lecteur, qui sera quasi toujours remplac&#233; dans cette t&#226;che par les algorithmes embarqu&#233;s, qui l'y aidera ? Voyez comment Kindle a sur remplacer la c&#233;sure traditionnelle par un algorithme de gestion fine des blancs, qui dissimule sa liquidation, tandis qu'Apple propose un outil sommaire de c&#233;sure (donc un dictionnaire embarqu&#233; avec les possibilit&#233;s de coupe) dont on vous explique qu'il ne sera jamais plus perfectionn&#233; parce qu'iBooks c'est 6% de iTunes France qui est 6% de iTunes monde et que c'est &#231;a qui r&#233;partit les investissements ing&#233;nieurs. Et que se joue-t-il de ces questions lorsque Mark Zuckerberg d&#233;cide arbitrairement, il y a quelques mois, que les statuts Facebook de moins de 38 caract&#232;res s'afficheront en gros caract&#232;res, sans option alternative possible pour l'utilisateur ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 18 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Mais lire quoi. Nous d&#233;finissons par lire une reconstruction mentale, abstraite ou incluant des &#233;l&#233;ments de r&#233;el, permettant de manier ou d'interagir avec cette pens&#233;e abstraite ou ces &#233;l&#233;ments de r&#233;el, parce que cette recomposition mentale constituera &#8211; travaux essentiels, le cours de Simondon en 1962, &lt;i&gt;Imagination et invention&lt;/i&gt; &#8211;, le principe de repr&#233;sentation que nous confronterons avec notre exp&#233;rience. Ce principe de perception reconstruction confrontation agit l'ensemble des processus de repr&#233;sentation depuis leur origine. Il contraint &#224; les analyser comme &lt;i&gt;tekn&#232;&lt;/i&gt;, et &#224; s&#233;parer de cette tekn&#232; les formes que chaque &#233;poque &#233;labore, ou h&#233;rite, ou transforme, pour r&#233;pondre &#224; cette disjonction. En fonction de ce qu'il y a &#224; repr&#233;senter, depuis l'&lt;i&gt;enqu&#234;te&lt;/i&gt; d'H&#233;rodote ou les r&#233;cits collect&#233;s par Pline aupr&#232;s des l&#233;gionnaires retour des hauts du Nil, et en fonction du support qui en permet la reproduction et la circulation. Ainsi de l'histoire tr&#232;s complexe &#8211; par exemple les lettres de S&#233;vign&#233; recopi&#233;es environ 400 fois au moment o&#249;, 9 jours apr&#232;s leur r&#233;daction, elles parviennent &#224; leur destinataire, et devenant forme litt&#233;raire autonome avec les &lt;i&gt;Liaisons dangereuses&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;la Nouvelle H&#233;lo&#239;se&lt;/i&gt;, ou m&#234;me le &lt;i&gt;Louis Lambert&lt;/i&gt; de Balzac : comment cette forme garderait-elle aujourd'hui pertinence ? Et que reste-t-il des formes litt&#233;raires qui en ont tent&#233; la transposition dans l'univers des SMS ou des e-mails, dont l'obsolescence en temps de transition n'a jamais connu d'&#233;tat stable. Ou bien, si Facebook ou Snapchat ou WhatsApp en repr&#233;sentent certaines phases provisoirement stables, quelle attention devons-nous porter, &#224; prendre une intervention litt&#233;raire exclusivement Facebook comme la chronique quotidienne d'Andr&#233; Markowicz, &#224; la ran&#231;on dont s'y r&#233;organisent archives, commentaire, journal, images, et ce que change au texte, comme nous l'avons appris d&#232;s les temps pr&#233;-num&#233;riques pour la photographie, que le partage soit une des composantes organiques de l'image ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 19 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Et qu'avons-nous bouscul&#233; de ces questions pour l'instant ? Ce qui caract&#233;rise Maupassant, c'est une &#233;criture quotidienne, une r&#233;daction qui commence le soir vers 10 heures, remise au coursier du Gaulois &#224; minuit, et qui m&#234;le t&#233;moignages, analyses, souvenirs, fictions. Les fictions seules sont r&#233;unies en recueils. Mais le roman seul est d&#233;positaire de l'autorit&#233; symbolique. &#192; cette heure, nous ne disposons toujours pas d'un outil qui nous permettrait une analyse chronologique de l'&#233;criture de Maupassant en tant que flux. Et c'est toujours les romans qui sont prescrits au bac fran&#231;ais. De m&#234;me, rassemblez l'ensemble des gloses sur la dispersion de la lecture web, la concentration ponctuelle, ajoutez-y les r&#233;flexions de M Gallimard sur l'utilisation de Twitter et cherchez quel pourcentage des &lt;i&gt;Poteaux d'angle&lt;/i&gt; de Michaux ou du &lt;i&gt;Fureur et myst&#232;re&lt;/i&gt; de Char pourrait &#234;tre repris en tweets : avons-nous suffisamment repris la question du bref, en ce qu'elle d&#233;place le rapport m&#234;me de l'&#233;criture &#224; son exp&#233;rience en amont &#8211; quelque chose qui commence avec Robert Walser, se prolonge avec Kafka, et la fa&#231;on dont son journal est une inscription lin&#233;aire en 63 cahiers d'une &#233;criture flux proc&#233;dant par r&#233;currence ? En quoi le &lt;i&gt;format&lt;/i&gt;, dans les formes litt&#233;raires, est intrins&#232;quement li&#233; au contexte de r&#233;alisation technique (le temps propre de l'imprimerie) et de diffusion ? Et en quoi nous avons besoin de constituer r&#233;trospectivement cette histoire du bref, si nous souhaitons analyser ce qui se transforme de nos propres mani&#232;res et risques narratifs, dans le blog par exemple &#8211; et l'univers des blogs reste une des composantes la plus vive de la cr&#233;ation litt&#233;raire aujourd'hui &#8211; une irruption de la &lt;i&gt;publication&lt;/i&gt; d&#232;s la permanence du travail d'&#233;criture, qui est pr&#233;cis&#233;ment son flux et sa reprise au quotidien ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 20 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Toujours revenir sur le mouvant. De quoi disposons-nous comme outils pour enseigner, et nous-m&#234;mes savoir constamment nous ouvrir &#8211; &#244; saints prix litt&#233;raires, &#244; sainte ignorance des m&#233;dias traditionnels, &#244; reproduction tranquille du monde au nom de la culture et comme chacun de nous sait y trouver de beau, de n&#233;cessaire, quand ce qui s'invente est paradoxalement si fragile, si balbutiant et insatisfaisant &#8211;, &#224; ce qui, en temps de mutation et formul&#233; de l'int&#233;rieur de cette mutation, ne peut s'appr&#233;hender qu'en tant que non-p&#233;renne, non d&#233;termin&#233; par les lois propres de sa n&#233;cessit&#233;, et impr&#233;dictible ? Que je m'explique sur &#171; non d&#233;termin&#233; par les lois propres de sa n&#233;cessit&#233; &#187; : la moindre recherche, sur Google ou sur Amazon, mais aussi sur Fnac.com, identifie les livres selon un classement anglophone intitul&#233; BISAC : &lt;i&gt;book industry standard and communication&lt;/i&gt;. Dans ce classement, plus de sous-cat&#233;gories sur la Bible que sur la fiction. Plus de sous-cat&#233;gories sur les animaux domestiques que sur la litt&#233;rature jeunesse. Pour la po&#233;sie, le choix entre po&#233;sie sud-am&#233;ricaine, po&#233;sie am&#233;ricaine &#8211; vous appr&#233;cierez &#8211;, po&#233;sie continentale et po&#233;sie asiatique, that's all folks. Le mot r&#233;volution renvoie &#224; la r&#233;volution am&#233;ricaine seule, mais au moins l'avantage d'&#234;tre pr&#233;sent, il n'y a pas anarchie. C'est le contexte dans lequel nous essayons de trouver une survie individuelle. Elle n'est plus assur&#233;e, pour aucun de nous. L&#224; encore, nous ne sommes pas si d&#233;munis. Au temps de la R&#233;volution fran&#231;aise, justement, la profusion depuis d&#233;j&#224; quelques d&#233;cennies de micro-opuscules imprim&#233;s, &#233;crits et publi&#233;s parfois en quelques jours &#8211; on en a d&#233;j&#224; de nombreuses traces chez Saint-Simon &#8211;, font se poser la question : comment se rep&#233;rer dans la profusion ? La profusion ne tue-t-elle pas l'ordre des valeurs qu'elle est cens&#233;e enrichir ? La biblioth&#232;que royale, future nationale, merci l'abb&#233; Bignon, cr&#233;e la cat&#233;gorie encore valable, r&#233;utilis&#233;e pour archiver des territoires de publication comme les &#233;v&#233;nements de 1830, 1848 ou la Commune, des &lt;i&gt;&#233;ph&#233;m&#232;res&lt;/i&gt;. Quand Walter Benjamin, de 1935 &#224; 1940, s'enferme &#224; la BNF pour nier l'envahissement nazi, et accumule les fiches que sauvera Georges Bataille, il propose avec son Passagenwerk une relecture de l'histoire &#8211; &#233;videmment &#8211;, mais aussi du bouleversement esth&#233;tique chez Baudelaire, qui vaut pour toute notre histoire future de la ville, &#224; partir de cette masse d'&#233;crits non d&#233;positaires d'autorit&#233; symbolique. La science sait bien mieux que la litt&#233;rature traiter du non pr&#233;dictible et du perp&#233;tuellement mouvant. Comment refonder l'interrogation sur une &#233;poque, la n&#244;tre, et dans la t&#226;che quotidienne qu'est transmettre, sans passer par ces concepts ? Et en quoi les d&#233;placements du web, renverse de la spatialit&#233;, perception de r&#233;alit&#233; au-del&#224; du sensible, ou les narrations du web, dans leur fragmentation, dans nos pratiques de lecture chacun comme &#233;cosyst&#232;me individuel, d&#233;pla&#231;ant l'auctorialit&#233; (autorit&#233; de l'auteur ? pl&#233;onasme &#224; interroger, tout comme depuis Alain Viala on sait analyser l'apparition au XVIIe si&#232;cle, et pas avant, du terme &lt;i&gt;&#233;crivain&lt;/i&gt;), sont &lt;i&gt;d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; image concr&#232;te de ce mouvant et cet impr&#233;dictible, mais incluant aussi ses promesses, et permettent de s'en saisir tout simplement &#8211; et quelle rupture majeure &#8211; on est &#224; la fois capable d'y interagir et d'y &lt;i&gt;publier&lt;/i&gt;, donc le d&#233;placer en tant que r&#233;f&#233;rent. Et m&#234;me de le taguer, donc interagir aussi avec les algorithmes de la prescription marchande ou dominante.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 21 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Et que ce que nous avons &#224; vaincre, c'est encore et toujours cet effacement de la notion d'outil dans l'approche traditionnelle de la litt&#233;rature. Rabelais parle de son &lt;i&gt;ganyvet&lt;/i&gt;, petit canif &#224; ouvrir les noix, mais qui sert &#224; tailler sa plume, dans la concentration qui pr&#233;c&#232;de la phrase. Flaubert, quand il part en &#201;gypte, emporte avec lui 120 plumes d'oie pr&#233;alablement taill&#233;es, et peste contre ceux qui utilisent des plumes de fer. Quand C&#233;line, en 1933, pour composer son Voyage, invente de tendre une corde &#224; linge au-dessus de sa table de travail, pour y d&#233;placer et/ou remplacer les liasses des &#233;l&#233;ments narratifs unitaires, il ne sait pas que Jack London faisait la m&#234;me chose en 1916, dans sa for&#234;t pr&#232;s de San Francisco. Le logiciel de traitement de texte est directement issu, et en garde les vestiges fossiles, de l'&#233;volution des machines &#224; &#233;crire. Les choses ont recommenc&#233; d'&#233;voluer quand la supr&#233;matie du logiciel bureautique Word a &#233;t&#233; mise &#224; mal, pour la cr&#233;ation, par des logiciels d&#233;di&#233;s &#224; la composition litt&#233;raire, Scrivener par exemple. Ou, de fa&#231;on plus cons&#233;quente, par la porosit&#233; grandissante entre logiciel texte et et logiciel composition : la mort de Quark X-Press qui faisait les beaux temps de la premi&#232;re num&#233;risation de l'imprimerie contemporaine, la supr&#233;matie h&#233;g&#233;monique d'InDesign quand toutes les maisons d'&#233;dition s&#233;paraient les fonctions &#233;dition et composition, et le coup de force de Word 2016 qui s'approprie, selon le concept Apple du &#171; faire 80% de ce que veulent 80% des gens &#187;, la quasi totalit&#233; des fonctions simples d'InDesign et permet depuis un an le m&#234;me niveau de qualit&#233; publishing sans passer par le logiciel d&#233;di&#233;. Comprendre la bo&#238;te &#224; fromage qu'est un PDF, comprendre l'aberration (en gros, utiliser une forme html antique ou primaire pour y permettre la gestion d'acc&#232;s lecture restrictifs) dans laquelle nous avons &#233;t&#233; beaucoup &#224; tomber du &#171; livre num&#233;rique &#187;, &#231;a commence par d&#233;monter un fichier traitement de texte. Mais comment appr&#233;hender &#8211; dans une &#233;cole d'arts comme l&#224; o&#249; je suis &#8211; qu'un bon tiers des &#233;tudiants se passent compl&#232;tement de traitement de texte, etq ue l'absence d'outil d'&#233;criture d&#233;di&#233; est parfaitement compatible avec des strat&#233;gies d'&#233;criture, sur Tumblr par exemple (voire m&#234;me l'&#233;tudiant qui entretient une &#171; ferme de Tumblr &#187;) extr&#234;mement complexes et novatrices ? Ou bien qu'une r&#233;volution r&#233;cente, pour un dinosaure de mon genre, avec l'apparition de logiciels comme Ulysses, c'est la disparition du fichier texte, traiter l'int&#233;rieur de l'ordinateur, aussi bien que notre site web, notre plateforme web, ou bien un livre imprim&#233;, comme base de donn&#233;es, et notre propre activit&#233; comme ensemble architectur&#233; de bases de donn&#233;es, en attendant qu'elle puisse &#224; court terme &#234;te globalis&#233;e, comme y proc&#232;dent d&#233;j&#224; nos logiciels d'aide &#224; projet ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 22 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;J'approche de mon terme. Nous avons &#224; initier un d&#233;placement, qui en chacun de ses points est une rupture. La construction mentale que nous op&#233;rons en permanence depuis notre rapport imm&#233;diat au dehors, nous la convertissons en repr&#233;sentation, que nous traitons en tant que telle, et c'est l'&#339;uvre imaginaire, ou que nous confrontons avec notre agir et notre pr&#233;sence au monde. Dans les deux cas, la litt&#233;rature c'est le rapport r&#233;flexif que nous installons, intentionnellement, dans le noyau m&#234;me de ce processus &#8211; dans la perception m&#234;me et l'exp&#233;rience du monde que nous fabriquons pour le percevoir, dans la recomposition imaginaire, narratif ou id&#233;el, qui est un temps d&#233;di&#233; et d&#233;tach&#233; de construction de soi-m&#234;me, et notre reconfrontation au monde depuis cette recomposition. Ces trois dimensions interf&#232;rent en permanence dans notre approche du texte litt&#233;raire, mais, l&#224; encore, la stabilit&#233; du sensible comme la stabilit&#233; des formes de ce processus r&#233;flexif ne nous rendaient pas n&#233;cessaire de l'aborder en tant que processus. Dans ce rapport au monde qui inclut l'exp&#233;rience, le voyage, le fait divers, la guerre, aussi bien que la contemplation, l'analyse, le quotidien (le fabuleux &#171; questionnez vos petites cuillers &#187; de Perec dans l&lt;i&gt;'Infraordinaire&lt;/i&gt;), le langage n'a jamais &#233;t&#233; formulation imm&#233;diate ni pr&#233;dominante : les croquis aux &#171; trois crayons &#187; et aquarelles de Turner, le fait qu'aussi bien Gautier, Hugo, Nerval que Zola &#8211; qui laisse 7000 plaques de verre &#8211; aient pratiqu&#233; la photographie d&#232;s son invention, c'est l'instance de publication et reproduction qui installe la supr&#233;matie et la temporalit&#233; du livre, et donne au r&#233;cit ou au geste litt&#233;raire et ses formes, et ses ruptures de forme. Il s'est toujours agi de processus complexes et en permanente transformation : voir, quand le XIXe si&#232;cle s'attaque aux taches blanches des cartes, comment la revue Le tour du monde fait travailler des graveurs d'apr&#232;s les r&#233;cits des voyageurs, proposant une imagerie reconstitu&#233;e comme instance de r&#233;el associ&#233;e au r&#233;cit, et que Jules Verne d&#233;tourne le processus en imaginaire, demandant aux m&#234;mes graveurs, et avec la m&#234;me grammaire iconographique, de travailler d'apr&#232;s ses imaginations. Mais la publication web a comme axiome principal d'&#234;tre capable d'emporter ce caract&#232;re composite dans l'objet m&#234;me mis en circulation. Le d&#233;fi : en acceptant r&#233;solument que le langage ne dispose plus de cette pr&#233;rogative qu'exigeait la reproduction imprim&#233;e, que le r&#244;le et l'invention litt&#233;raire gardent leur sp&#233;cificit&#233; dans l'instance m&#234;me de cette publication, et y soient les h&#233;ritiers de cette indissociable fonction d'art du langage, et m&#233;moire et transmission de cet art. Et que ce soit condition aussi bien esth&#233;tique, voire m&#234;me ant&#233;rieure &#224; la constitution esth&#233;tique, rituels du corps, rituels du r&#234;ve, rehaussement de la curiosit&#233; devant et dans l'inconnu, que condition de r&#233;sistance et de vivre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;| 23 &lt;/strong&gt;|&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Terme, parce que n'aboutissant pour l'instant qu'&#224; des figures incompl&#232;tes et ouvertes, o&#249; le questionnement ne permet pas, en l'&#233;tat, de devenir prescriptif. Il y a 2 ans, une start-up fran&#231;aise avait lanc&#233; Bobler, sorte de r&#233;seau social avec messages audio de 40 secondes. On a &#233;t&#233; quelques-uns &#224; y trouver exp&#233;rimentation et bonheur. Mais, de l'audio propag&#233; seul, associant des fonctions r&#233;seau, ne reste plus aujourd'hui que SoundCloud, et l'&#233;coute de litt&#233;rature y est aussi ingrate que ce qui se passe du c&#244;t&#233; de ce qu'on nomme &#171; livre audio &#187;. La compression des vid&#233;os sur YouTube est extr&#234;mement frustrante, par rapport &#224; la m&#234;me vid&#233;o vue sur Vimeo, r&#233;seau qu'on utilise professionnellement en permanence. Mais les fonctions sociales de YouTube rouvrent &#224; nos vid&#233;os un espace de prescription ou recommandation, et tout simplement de partage. Plateforme appartenant &#224; Google, d&#233;tournant d'anciennes plateformes p&#233;troli&#232;res pour installer des serveurs r&#233;frig&#233;r&#233;s par l'eau de mer, et utilisant vos tagaes pour leur ramassage publicitaire &#8211; ce n'est pas viable &#224; terme. Pourtant, quand chaque mercredi matin je fais cours, pour quel auteur je ne disposerais pas de ressources YouTube associ&#233;es, et en quoi d&#233;poser moi-m&#234;me l'enregistrement de mon cours sur YouTube participe-t-il d'une responsabilit&#233; ? Et qu'est-ce que p&#232;sent nos petites inventions dans le bras de fer entre YouTube et Facebook pour l'appropriation de la vid&#233;o virale, et le fait que nous avons d&#233;j&#224; int&#233;rioris&#233;s, pour nos besoins professionnels, qu'un petit versement de 30&#8364; &#224; Mark Zuckerberg permettra &#224; nos pages d'obtenir une diffusion plus large ? Autrefois, apr&#232;s tout, nos &#233;diteurs payaient des encarts dans le Monde ou la Quinzaine litt&#233;raire. Il est parfaitement l&#233;gitime, et j'ai des exemples tr&#232;s respectables pour chacune des postures, de refuser d'aller tremper les mains dans cette eau brune. Mais qu'est-ce qu'a chang&#233; pour moi, ces deux ans, l'utilisation de YouTube : d'abord que la parole improvis&#233;e, celle du cours, comme celle de la cr&#233;ation verbale (souvenez-vous de Christophe Tarkos, Gherasim Luca, Marguerite Duras aussi), instance d&#233;cisive de la r&#233;flexion et de la pratique litt&#233;raire, dans le carnet ou en amont du carnet (Rimbaud, comme Baudelaire, comme Jacques Roubaud ont assez parl&#233; de cette importance vitale de la composition mentale), puisse devenir forme publi&#233;e sans transposition dans l'univers du texte imprim&#233;. Les cours de Deleuze sur le cin&#233;ma constituent une r&#233;flexion en partie improvis&#233;e, &#224; partir de laquelle se composent les deux livres Image temps et Image mouvement, mais qui, publi&#233;e sur le web en tant que cette improvisation orale, dispose d'une autonomie diff&#233;rente de celle du livre, notamment en ce qu'elle inscrit en elle-m&#234;me sa propre d&#233;marche. Enjeu consid&#233;rable aussi pour ce qui a &#233;t&#233; &#8211; dans notre espace europ&#233;en, par opposition au r&#233;cit de non fiction, ou fiction documentaire, aux US, ou bien &#224; la place pr&#233;serv&#233;e de la po&#233;sie dans d'autres cultures &#8211; la forme encore dominante et prescrite par l'industrie culturelle, le roman. Tant pis pour celles et ceux qui me connaissent, je ne serai jamais fatigu&#233; de r&#233;p&#233;ter que &lt;i&gt;Le rouge et le noir&lt;/i&gt; de Stendhal ne s'appelait pas roman mais m&#339;urs, et que &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt; ne s'appelait pas roman, mais m&#339;urs de province. Ce qui caract&#233;risait l'autonomie du r&#233;cit dans le livre, c'est qu'il avait &#224; y transporter repr&#233;sentation de son r&#233;f&#233;rent. La magie d'un auteur comme Julien Gracq, c'est d'avoir pu faire noyau de l'&#339;uvre de ce r&#233;f&#233;rent devenu fiction m&#234;me, instance po&#233;tique du paysage dans la prose. Quand la publication nous autorise &#224; transporter sous des formes non langagi&#232;res ce r&#233;f&#233;rent dans l'objet publi&#233; et circulant, la fonction langagi&#232;re et narrative n'est pas forc&#233;ment amoindrie. Simplement, elle s'ouvre &#224; d'autres possibles, dans le rapport de la voix au texte, du texte &#224; l'image, dans l'&#233;conomie de l'attention qui a toujours &#233;t&#233; associ&#233;e au livre (lire un livre n'a jamais &#233;t&#233; un &#233;cosyst&#232;me clos, comme la table de travail de l'auteur, lire c'est l&#224; o&#249; on lit, la pr&#233;sence monde associ&#233;e &#224; notre lecture, les phrases qu'on recopie ou qu'on lit pour les autres, les lettres o&#249; on fait part de cette lecture). Certes, cette notion de temporalit&#233; peut alors redevenir, dans l'objet YouTube que nous diffusons, un crit&#232;re narratif que le livre nous occultait (m&#234;me si, dans les grands romans du XIXe, et pas seulement les formes feuilleton, les modes de lecture revue ou cabinet pr&#233;c&#233;daient la parution livre). Mais quand, depuis Vil&#232;m Flusser, nous r&#233;apprenons que la photographie n'a jamais &#233;t&#233; un instantan&#233;, et que toutes nos applications image ne s&#233;parent plus l'image fixe de la vid&#233;o br&#232;ve, en quoi cette remise en travail de la temporalit&#233; comme narrativit&#233; serait trahison ou renoncement ? Cela ne d&#233;truit pas les arborescences, cela les recompose, voir le travail d'Alexandra Saemmer ou Serge Bouchardon. Mais justement, et je voulais finir par un tel nuage ind&#233;m&#234;lable, quand le cher Pascal Quignard, que le num&#233;rique ne passionne pas, nous invite &#224; r&#233;fl&#233;chir sur comment et pourquoi le rouleau des Romains, tenu horizontalement, lorsqu'il s'est fractionn&#233; pour &#234;tre rang&#233;e dans une suite d'&#233;tuis, les bouchons ouvrag&#233;s inventant alors le mot &#171; livre &#187;, et gravant le titre et le nom de l'auteur, inventent aussi les m&#233;tadonn&#233;es, ne sont pas coup&#233;s selon l'&#233;quilibre du r&#233;cit (livre tant du &lt;i&gt;De natura rerum&lt;/i&gt; de Lucr&#232;ce), mais selon la longueur standard, et non anthropomorphe, de la transcription d'un rituel temporel, en l'occurrence la trag&#233;die, en quoi cela interf&#232;re avec notre d&#233;sarroi d'aujourd'hui, et cet ab&#238;me dans lequel, au risque de la chute sans retour, nous proposons encore des formes qui nous ont constitu&#233;s, et explorons avec nos &#233;tudiants quelles formes neuves s'y engendrent ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>inexorable Mandelbrot</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2159</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2159</guid>
		<dc:date>2010-06-05T02:18:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web : veilleurs &amp; bousculeurs</dc:subject>
		<dc:subject>lectures, performances</dc:subject>
		<dc:subject>Saemmer, Alexandra</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Alexandra Saemmer en performance num&#233;rique &#224; Providence, et guitare basse en prime&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;le livre &amp; l'Internet&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;web : veilleurs &amp; bousculeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot299" rel="tag"&gt;lectures, performances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot522" rel="tag"&gt;Saemmer, Alexandra&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2159.gif?1352733037' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='140' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Longtemps que n'ai pas parl&#233; ici de &lt;a href=&#034;http://www.mandelbrot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mandelbrot.fr&lt;/a&gt;, mais le site existe et &#233;volue depuis bien des ann&#233;es. Ne saurai d'ailleurs plus dater premi&#232;re fois qu'ai entendu intervention d'Alexandra Saemmer, alors &#224; l'universit&#233; de Saint-Etienne (voir notamment &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article791' class=&#034;spip_in&#034;&gt;colloque Cierec&lt;/a&gt;), d&#233;j&#224; ancr&#233;e dans r&#233;flexion sur arts num&#233;riques et textualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des publications, colloques, &#233;changes : trace obstin&#233;e, comme tous les acteurs de notre pr&#233;histoire du web. Depuis 2 ans, un saut important : cr&#233;ation &#224; Paris VIII d'un s&#233;minaire sur arts et litt&#233;ratures num&#233;riques : &lt;a href=&#034;http://signesetfigures.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;signes &amp; figures&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne pouvait pas savoir que, depuis 1 mois, j'arpente mentalement la ville de Providence autant que &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2116' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Buffalo&lt;/a&gt; le mois pr&#233;c&#233;dent : le fantastique de Lovecraft nous recompose en permanence la g&#233;ographie de la ville. Et moi je ne pouvais pas savoir, lorsqu'elle m'a demand&#233; fichier d'une de mes &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/faceB/spip.php?article56&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;impros guitare basse&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enregistrement direct de bass 4 cordes Yamaha sur l'ordi via Live 7 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'elle irait la d&#233;livrer dans la rue m&#234;me de Lovecraft, &#224; la cave de l'universit&#233; Brown de Providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, c'est fait d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici pour acc&#233;der &#224; &lt;a href=&#034;http://www.mandelbrot.fr/inexorable.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inexorable&lt;/a&gt;, et cliquer sur reload. Apr&#232;s, suffit de la souris (verte, de providence) &#224; courir dans l'herbe. Sur Mandelbrot (combien de fois l'ai-je racont&#233; aux &#233;tudiants, y compris ici cette ann&#233;e, la vie de Beno&#238;t Mandelbrot avant l'invariance d'&#233;chelle ? &#8211; photo ci-dessus), on trouvera aussi participation d'Alexandra &#224; projet &lt;a href=&#034;http://www.revuebleuorange.org/oeuvre/tramway&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bleu orange&lt;/a&gt; du NT2 Montr&#233;al (Bertrand Gervais, Alice Van der Klei) &#8211; voir aussi &lt;a href=&#034;http://www.labo-nt2.uqam.ca/recherches/cahier/article/compte-rendu_critique_de_loeuvre_%C3%A9tang_de_alexandra_saemmer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#201;tang&lt;/a&gt;. Ou, dans les pistes plus anciennes, son &lt;a href=&#034;http://www.mandelbrot.fr/flux.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;flux&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici pour le 4&#232;me &lt;a href=&#034;http://ai.eliterature.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Electronic Literature Organisation&lt;/a&gt; de Providence, fouiller....&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Enregistrement direct de bass 4 cordes Yamaha sur l'ordi via Live 7 d'Ableton, 1 piste compresseur equalizer, 1 piste delays et filtre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France Qu&#233;bec guerre ouverte</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1702</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1702</guid>
		<dc:date>2009-03-21T03:31:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web : veilleurs &amp; bousculeurs</dc:subject>
		<dc:subject>Gervais, Bertrand </dc:subject>
		<dc:subject>Montr&#233;al (Qu&#233;bec)</dc:subject>
		<dc:subject>Saemmer, Alexandra</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;... sur le front de l'art num&#233;rique&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;site | infos, t&#233;l&#233;chargement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;web : veilleurs &amp; bousculeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot320" rel="tag"&gt;Gervais, Bertrand &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot338" rel="tag"&gt;Montr&#233;al (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot522" rel="tag"&gt;Saemmer, Alexandra&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1702.jpg?1352732679' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Grande traitrise de l'&#233;quipe du NT2 (Montr&#233;al) qui met en ligne le n&#176; 2 de &lt;a href=&#034;http://revuebleuorange.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bleuOrange&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;la terre est bleue comme&lt;/i&gt;) &#224; l'heure m&#234;me o&#249; Pierre M&#233;nard (Melun, France) met en ligne sur publie.net le n&#176; 2 de &lt;a href=&#034;http://fr.calameo.com/read/000006041994a18920e20&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'Ici l&#224;&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;Myst&#233;rieux travail d'un &#233;cart qui s'imprime&lt;/i&gt;). Nous protestons &#233;videmment contre ces actes de concurrence d&#233;loyale : le num&#233;rique en finira des fronti&#232;res. &#192; noter que des 2 c&#244;t&#233;s on peut feuilleter ce qui s'exp&#233;rimente en ligne. Photo : NT2 par jour de gr&#232;ve, 18 mars 2009 (pour &#231;a que les Mac Mini n'ont pas d'&#233;cran). Compliment quand m&#234;me aux deux &#233;quipes, et aux auteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>il dirige quoi, l'auteur</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article791</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article791</guid>
		<dc:date>2007-03-25T05:46:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Viart, Dominique </dc:subject>
		<dc:subject>Saemmer, Alexandra</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;questions du troisi&#232;me jour&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;le livre &amp; l'Internet&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot96" rel="tag"&gt;Viart, Dominique &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot522" rel="tag"&gt;Saemmer, Alexandra&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton791.jpg?1352732258' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff791.jpg?1352731918&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Alexandra Saemmer et Jean-Bernard Vray ont chacun r&#233;pondu &#224; ce texte, lui donnant d'autres prolongements, voir &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/forum/viewtopic.php?id=95&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;forum&lt;/a&gt;. Je les remercie bien s&#251;r de cette discussion ouverte.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Alexandra Saemmer n'est pas un personnage de roman invent&#233; parce que &#231;'aurait &#233;t&#233; un des th&#232;mes techniques de ce colloque, la preuve elle a un un &lt;a href=&#034;http://www.mandelbrot.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Merci &#224; Jean-Bernard Vray et Dominique Viart, organisateurs du &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article744' class=&#034;spip_in&#034;&gt;colloque&lt;/a&gt; de Saint-Etienne, d'avoir ouvert le noyau universitaire des interventions, ce troisi&#232;me jour, &#224; deux continents pour moi &#224; la fois principaux et organiquement li&#233;s &#224; la &lt;i&gt;lev&#233;e&lt;/i&gt; de litt&#233;rature : les ateliers d'&#233;criture, en dialoguant avec Anne Roche et Patrick Souchon, d'une part. Et d'autre part ce qu'implique pour un auteur la coexistence des livres et du site, par l'intervention d'Alexandra Saemmer. Laquelle, explorant des dimensions cin&#233;tiques du texte o&#249; je ne me suis pas encore risqu&#233;, voir par exemple ce &lt;a href=&#034;http://www.mandelbrot.fr/flux.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;flux&lt;/a&gt;, disposait certainement de l'&#233;cart n&#233;cessaire : &#233;trange de voir s'afficher son propre site sur grand &#233;cran, mais qu'il soit &lt;i&gt;navigu&#233;&lt;/i&gt; par une autre main que la v&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Une des caract&#233;ristiques de l''intervention d'Alexandra Saemmer, m&#234;me si dans la salle nous n'&#233;tions que 3 ou 4 webmasters &#224; pouvoir en profiter pleinement, c'est qu'elle proposait simultan&#233;ment un infratexte fait d'allusions et d'ouvertures souterraines mais propos&#233;es avec humour (merci les fen&#234;tres &lt;i&gt;windows&lt;/i&gt;) qui boxaient plus &#226;prement sous l'hommage de surface : interrogeant par exemple les diff&#233;rents virages auxquels l'&#233;volution de ce site m'a fait proc&#233;der, ou interrogeant la s&#233;mantique du code natif &lt;a href=&#034;http://www.spip.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;spip&lt;/a&gt; avec ses rubriques &#171; s&#339;urs &#187; ou &#171; parent &#187; pour pr&#233;senter les caract&#233;ristiques de navigation de tiers livre (relevant y compris, dans mon code source, la dette &#224; &lt;a href=&#034;http://www.archiloque.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julien Kirch&lt;/a&gt;). Mais s'arr&#234;tant chaque fois, et je lui en suis reconnaissant, sur les questions qui me semblent essentielles (du moins : que diff&#233;rents articles de ce blog|journal ont pos&#233; comme m'&#233;tant &#224; moi essentielles) dans cette recherche tr&#232;s pragmatique, &#224; mesure que s'accumulent ici les contenus, et que se complexifie leur relation aux livres &#233;dit&#233;s : le fait par exemple que le d&#233;placement dans les textes induise un d&#233;placement de leur environnement graphique, donc des liens hors la surface graphique du texte, exploration tr&#232;s sp&#233;cifiquement distincte (paratextuelle ?) de la proposition hypertexte de l'article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Alexandra Saemmer a interrog&#233; longuement, dans ce cadre, la question du lien : le lien hypertexte troue la continuit&#233; graphique de la phrase, il est &#233;videmment le passage n&#233;cessaire pour faire advenir un nouveau texte sur la surface du premier, mais par cela m&#234;me il le remplace et l'annule. Contrairement au livre graphique, que nous pouvons poser page ouverte sur la table de chevet le temps de lire un passage compl&#233;mentaire d'un autre livre, le passage au lien hypertexte fait cesser le texte initial pour une fuite sans retour (ou difficile et improbable retour). Alors &#233;videmment, de notre c&#244;t&#233;, on en joue : installer le lien sur un point mineur de la phrase, utiliser (pour ma part) un affichage en gras mais d'un gris&#233; plus clair pour que visuellement il n'y ait pas d'interruption graphique, juste &lt;a href=&#034;http://www.mandelbrot.fr/inside.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;suggestion&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 bis&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Posant ainsi, ce qui est tr&#232;s neuf, la question du &lt;i&gt;code&lt;/i&gt; : statut de l'&#233;criture, ou simple r&#233;-&#233;criture, du &lt;i&gt;code&lt;/i&gt; d&#233;terminant l'environnement et la pr&#233;sence textuels. Et m&#234;me pour ceux qui se limitent &#224; des rectifications d'un &lt;i&gt;css&lt;/i&gt; de blog pr&#233;format&#233;, la production ou la prise en charge du &lt;i&gt;code&lt;/i&gt; est-elle un param&#232;tre g&#233;n&#233;tique &#8212; ou pas &#8212; de l'&#233;criture litt&#233;raire en ligne : en tout cas, pas de diff&#233;rence sp&#233;cifique, intervention via clavier et &#233;cran sur des suites de lettres et de nombres, entre la phrase litt&#233;raire dans le ventre d'article et l'indication technique en partie &lt;i&gt;head&lt;/i&gt;, &#224; preuve ici les mots &lt;i&gt;css&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;head&lt;/i&gt; : question ouverte. Nous sommes producteurs de code m&#234;me si nous remplissons sans rien modifier &#224; l'apparence du site un formulaire &lt;i&gt;php&lt;/i&gt; de mise en ligne d'un contenu textuel. De m&#234;me que notre &lt;i&gt;identit&#233; num&#233;rique&lt;/i&gt;, en particulier pour un auteur, et m&#234;me s'il n'est pas lui-m&#234;me &lt;i&gt;directement&lt;/i&gt; producteur de contenu num&#233;rique, se constitue hors de nous sur Internet par la totalit&#233; de nos traces virtuelles : alors, la prendre en charge, ou pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Des questions incidentes advenaient &#233;videmment : que change &#224; la lecture le fait de ne pas disposer d'&#233;valuation pr&#233;alable de la longueur du texte ? Si l'&#233;nonc&#233; visible, colonne de droite, des titres des articles pr&#233;c&#233;dents, et la prise en charge r&#233;actionnelle de leur petit sous-titre qui s'affiche quand le curseur les &#233;veille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;insistance encore neuve, dans l'expos&#233; d'Alexandra Saemmer, sur le fait que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, produit un nouveau texte, quel est son statut, et comment interf&#232;re-t-il avec le texte de l'article qui vient e s'afficher, quelle prime donne-t-il aux mises &#224; jour les plus r&#233;centes, selon un principe de recouvrement permanent &#8212; principe d'arch&#233;ologie verticale des sites que j'avais associ&#233; aux &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article749' class=&#034;spip_in&#034;&gt;fosses &#224; bitume&lt;/a&gt; arch&#233;ologiques, et qui r&#233;sonne aussi avec la probl&#233;matique d'effacement des donn&#233;es plus lointaines &#233;voqu&#233; par affordance &#224; propos des &lt;a href=&#034;http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2007/03/donnes_en_conse.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;donn&#233;es en conserve&lt;/a&gt;, question qui r&#233;sonne &#233;videmment en profondeur quand on &#233;voque la double disponibilit&#233; (m&#234;me d&#233;sormais tr&#232;s partielle) d'un texte en version graphique et version &#233;cran, comme &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/tumulte&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tumulte&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
R&#233;flexion compl&#233;mentaire aussi d'Alexandra Saemmer sur le statut du texte litt&#233;raire mis en ligne : dans cette prise en charge par l'auteur d'une totalit&#233; graphique de la page &#233;cran peu &#224; peu aussi complexe que la page typographique &#8212; interlignage, polices et leur disponibilit&#233;, rapidit&#233; d'affichage et crit&#232;res de navigation, la contrainte ou l'aust&#233;rit&#233; que cela nous induit &#224; accepter et leur r&#233;percussion sur les formats d'&#233;criture. Donc le dialogue de la page &#233;cran (statut du &lt;i&gt;blanc&lt;/i&gt;) avec ce que nous a appris l'art typographique, et statut des discussions ouvertes par la relation non m&#233;di&#233;e avec le lecteur devenu intervenant, l'&#233;quilibre qui s'installe entre sites affichant ou sollicitant les commentaires et ceux qui les pr&#233;f&#232;rent dans un &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/http/www.tierslivre.net/forum/'&gt;espace&lt;/a&gt; bien sp&#233;cifique &#8212; les organes de presse craignent, d'Internet, le fait que l'information puisse &#234;tre produite en amont de leurs organes et puisse rejoindre leur destinataire sans leur m&#233;diation : mais ils produisent eux-m&#234;mes, voir Le Monde ou Lib&#233;ration, l'&#233;galit&#233; graphique du commentaire et du r&#233;dactionnel. On commence &#224; revenir de cette impasse : elle a certainement des &#233;quivalents dans l'univers du site litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Corollaire dans le statut &lt;i&gt;intime&lt;/i&gt; ou pas des textes qui sont mis en ligne au jour le jour, et qui n'impose pas que sur Internet le statut de l'intime soit moins complexe qu'il l'est dans le journal de Kafka ou autre &lt;i&gt;atelier&lt;/i&gt; d'&#233;crivain, le mot est revenu plusieurs fois. M&#234;me l'intervention quotidienne n'implique pas automatiquement que l'&#233;criture soit mang&#233;e par l'intime : c'est sans doute aussi une indication d'un virage actuel du Net, en mouvement vers sa maturit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Autre corollaire : pour les implications th&#233;oriques de l'intervention d'Alexandra Saemmer, attendre la publication graphique des Actes du colloque. Vous avez tous lu, &#233;videmment, en biblioth&#232;que universitaire, les Actes du colloque de l'an dernier consacr&#233; &#224; Jean Echenoz : mais les &#233;tudiants qui cherchent des pistes de r&#233;flexion sur Echenoz via les salles Internet de leur universit&#233; ne pourront rien trouver en ligne du contenu de ces Actes, sauf &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article133' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mon propre article&lt;/a&gt;. Il ne semble pas que nos amis universitaires soient pr&#234;ts &#224; basculer dans une autre &#232;re sur ces questions &#8212; mais on en a parl&#233;, c'est d&#233;j&#224; &#231;a. Le paradigme de la r&#233;ponse s'&#233;tablissant comme suit : nous on est trop &#171; &lt;i&gt;chenus&lt;/i&gt; &#187; (Viart !) pour apprendre, et &#171; &lt;i&gt;nos jeunes coll&#232;gues&lt;/i&gt; &#187; ont besoin de ces publications papier et non virtuelles pour l'appui de leur carri&#232;re, ce &#224; quoi &lt;a href=&#034;http://www.fabula.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alexandre Gefen&lt;/a&gt; avait cependant quelques contre r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est une question pos&#233;e ensuite par Wolfgang Asholt qui me fait r&#233;agir, et &#233;videmment ici, sur ma &lt;i&gt;surface d'&#233;criture&lt;/i&gt;. Question ainsi formul&#233;e par Wolfgang : j'accepte la lecture &#233;cran, mais dans la profusion du blog, et l'intervention continue de l'auteur &lt;i&gt;&#224; c&#244;t&#233;&lt;/i&gt; du texte litt&#233;raire, l'auteur me &lt;i&gt;dirige&lt;/i&gt; beaucoup plus qu'&#224; lire le m&#234;me texte dans une revue ou un livre. &lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#233;moire imm&#233;diate, je n'ai pas vu cette question trait&#233;e sur les sites amis, alors qu'elle me semble neuve et fondamentale. Lorsque je lis un texte dans une revue, ou me saisis du livre d'un auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#224; condition de pouvoir le trouver, ce livre : discussion avec une &#233;tudiante (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, son univers personnel (son &lt;i&gt;atelier&lt;/i&gt;) reste &#224; distance, libre &#224; moi de le convoquer ou pas, mais de toute fa&#231;on dans une d&#233;marche compl&#233;mentaire, ou s&#233;par&#233;e. Lorsque je circule sur un site d'auteur (qu'il soit con&#231;u par l'auteur lui-m&#234;me &#8212; Delaume, Darley ou Beinstingel &#8212;, ou con&#231;u hors de l'auteur &#8212; le tandem Doualin/Chevillard ou le tandem Mirko Schmidt/Jean-PhilippeToussaint, voir mes &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/liens.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;liens&lt;/a&gt;), je suis comme dans l'atelier o&#249; le peintre me retourne lui-m&#234;me une des toiles pr&#233;sentes parmi toutes les autres, et je ne peux faire abstraction ni du peintre, ni du lieu, ni des autres toiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Pour r&#233;pondre &#224; Wolfgang, j'ai pris la parole, mais sur un faux exemple : j'ai repris l'exemple de Beckett. &#338;uvre rare, &#233;videmment, exigeant silence et &#233;cart pour affronter la page lue, mais accompagn&#233;e, &#224; mesure qu'on s'en &#233;loigne, par les plus de 3000 lettres que Beckett a &#233;crites (en cinq langues !), par les livres &#233;crits sur lui (biographie, essais, ou ces portraits qui nous le rapprochent presque en vrai de &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article1882&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nathalie L&#233;ger&lt;/a&gt; &#224; &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article1533&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charles Juliet&lt;/a&gt;), l'iconographie aussi, films, images fixes. Quand je me confronte au texte isol&#233; de Beckett, que j'ouvre &#224; nouveau &lt;i&gt;Compagnie&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Bing&lt;/i&gt;, je suis porteur, de bon gr&#233; ou pas, de cette totalit&#233;. Internet n'est donc, l&#224; aussi, qu'un changement, sinon d'&#233;chelle, un changement dans le facteur de simultan&#233;it&#233; : dirig&#233;s, nous le sommes aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
A la question de Wolfgang, Alexandra Saemmer a alors r&#233;pondu, mieux que moi, par l'id&#233;e d'une &lt;i&gt;faiblesse&lt;/i&gt; inh&#233;rente au statut de l'&#233;cran. Contrairement &#224; la revue ou au livre, la fragilit&#233; de la page &#233;cran, soumise au clic, soumise &#224; la sollicitation graphique permanente de la fuite (vers lien interne ou externe), relativise cette pr&#233;sence de l'auteur, et donc qu'il &lt;i&gt;dirige&lt;/i&gt;. Cette notion d'une &lt;i&gt;faiblesse&lt;/i&gt; de la page &#233;cran est une de celles qui me rend le plus jubilatoire et le plus attachant l'&#233;criture Internet : il n'y a que ceux qui sont anim&#233;s d'intention de nuire (je m'en connais au moins un pour ma part, de ces parasites suiveurs, vaguement impuissants : c'est un peu triste, un peu comique, de toute fa&#231;on d&#233;risoire) qui puisse poss&#233;der toutes les arcanes de votre site au point de savoir passer outre au texte principal de l'article pour le mettre en relation avec l'ensemble du site, dans les contradictions, la pluralit&#233; ou la polyphonie qui en &#233;merge. La conception &lt;i&gt;ondoyante&lt;/i&gt; d'un site jusque dans ses contenus me semble pr&#233;cis&#233;ment ce qui distingue un site litt&#233;raire d'un site scientifique ou d'information. Moi-m&#234;me, c'est sans doute ainsi que je fr&#233;quente les &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/liens.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sites et blogs amis&lt;/a&gt;, capable d'entrer en forte r&#233;sonance avec tel article, capable d'accepter que le blogueur ami parle ensuite de free-jazz ou d'un livre qui me concerne peu. Et ainsi sans doute, de leur c&#244;t&#233;, pour mes propres interventions sur mon site personnel : l'id&#233;e de site comme rassemblement nodal de &lt;a href=&#034;http://blog.lignesdefuite.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lignes de fuite&lt;/a&gt;, et en rassemblant le pluriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Le probl&#232;me n'est certainement pas diff&#233;rent, sur le fond, quand le livre qui s'impose &#233;ditorialement comme &#339;uvre-image d'Artaud, le Quarto, case tout &lt;i&gt;L'Ombilic des Limbes&lt;/i&gt; en 8 pages, et d&#233;ploie les ordonnances de m&#233;decin plus largement, ou nous offre les fabuleux textes et notes sur le cin&#233;ma accompagn&#233;s d'images d'Artaud (magnifique) acteur de Georg Pabst, Fritz Lang, Abel Gance ou Carl Dreyer qui le replacent dans une temporalit&#233; qui &lt;i&gt;n'est pas&lt;/i&gt; celle de ses notes sur l'autonomie de l'image par rapport &#224; la voix. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vois cependant dans la question de Wolfgang Asholt le signe d'un virage : la page &#233;cran, la construction de narrations via le Net, l'association complexe dans un site d'interventions et r&#233;flexions &#224; c&#244;t&#233; de contenus fictionnels ou po&#233;tiques, les coulisses du ring avec le ring, a d&#233;sormais statut de lecture &#224; part enti&#232;re. Et qui permet &#224; un ami ou lecteur d'Osnabr&#252;ck de suivre en direct ce que vous faites &#224; Pantin ou ce que vous publiez dans la &lt;i&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; particuli&#232;re d'une revue ou d'un &#233;v&#233;nement. Et que la question de l'auteur, telle qu'elle en &#233;merge, ne se r&#233;sout pas &#224; des questions juridiques ou m&#234;me de droit d'auteur, mais a besoin d'&#234;tre travaill&#233;e dans la m&#234;me exigence texte/auteur que dans la complexit&#233; du livre graphique, la scansion de l'objet &#233;ditorial, la solitude circulante du livre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#224; moins de voir encore dans la question de Wolfgang une autre strate : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
A nous d'en proposer des mod&#232;les neufs, &#224; nous de prendre en charge l'espace &#233;cran, ses circulations et sa capacit&#233; &#233;norme de suggestion comme d'un outil compl&#233;mentaire, voire suppl&#233;mentaire &#224; celui du livre, pour construire le m&#234;me &lt;i&gt;offertoire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;insistance encore neuve, dans l'expos&#233; d'Alexandra Saemmer, sur le fait que &lt;i&gt;le curseur produit la lecture&lt;/i&gt; : non pas simple &#233;quivalent de la tourne de page, mais l'activit&#233; lecteur requise pour faire advenir la mati&#232;re pixel &#224; sa destination de page lue, donc vecteur mat&#233;riel de la relation livre/lecteur si d&#233;terminante dans la lecture graphique, &#224; condition d'&#234;tre prise en charge comme un des &#233;l&#233;ments de vocabublaire du webmaster &#8212; ainsi, aussi, les r&#233;flexions &#233;bauch&#233;es par Alexandra Saemmer sur les relations texte/voix et texte/vid&#233;o (en citant ma page synchrone de &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/tumulte/spip.php?article330&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film&lt;/a&gt; de Beckett) : la vid&#233;o induit une immobilisation du lecteur devant son &#233;cran et le d&#233;tourne du texte fixe, pour l'instant c'est ma raison de ne pas en inclure dans ce site, et &#8212; parall&#232;lement &#8212; de pr&#233;f&#233;rer laisser les questions &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique22&#034;&gt;son &amp; voix&lt;/a&gt; dans un espace s&#233;par&#233;, et je mets ce fragment en &lt;i&gt;note de bas de page&lt;/i&gt; pour faire &#233;cho &#224; sa r&#233;flexion sur l'opposition entre la note de bas de page d'un livre et le lien hypertexte d'un site, on peut en jouer aussi ! - merci cependant pour sa r&#233;flexion sur la &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/tumulte/spip.php?article365&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;main num&#233;rique&lt;/a&gt; avec le texte audio de Forneret simultan&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#224; condition de pouvoir le trouver, ce livre : discussion avec une &#233;tudiante de l'ENS Lyon, me disant que &#171; &lt;i&gt;&#224; la FNAC&lt;/i&gt; &#187; elle n'avait trouv&#233; qu'un seul de mes livres, &lt;i&gt;L'Enterrement&lt;/i&gt; en Folio &#8212; un seul &#8212; et qu'elle s'&#233;tonnait, dans ce contexte, que je n'offre plus, via mon site, la possibilit&#233; de vente en ligne &#171; &lt;i&gt;directe&lt;/i&gt; &#187; : je ne rouvre pas le d&#233;bat ici, mais on aura de plus en plus de mal, dans les deux ann&#233;es &#224; venir, &#224; contourner la totalit&#233; complexe d'une question &#224; la cruaut&#233; &#233;videmment perceptible des deux c&#244;t&#233;s de la cha&#238;ne, question que des esprits &#233;troits pr&#233;f&#232;rent enfermer dans une image d'&#201;pinal dangereuse, jusqu'au &#171; &lt;i&gt;plut&#244;t mourir ensemble&lt;/i&gt; &#187; qui m'a &#233;t&#233; r&#233;cemment renvoy&#233; par un libraire ami, que je ne connaissais pas si romantique &#8212; corollaire au corollaire : les livres &#233;voqu&#233;s dans trois jours d'un tel colloque, qu'ils soient de fond (tel &#233;crit de Jacques Ranci&#232;re ou Claude Simon, telle phrase de Walter Benjamin) ou du domaine contemporain (en particulier pour les ateliers d'&#233;criture, mais pas seulement), ne sont pas ceux de l'actualit&#233; : notre r&#244;le prescripteur, en tant que site litt&#233;raire, comment le compl&#233;menter au travail des libraires, dont &#233;videmment l'actualit&#233; conditionne l'existence m&#234;me de leur commerce ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#224; moins de voir encore dans la question de Wolfgang une autre strate : l'auteur, en constituant son site, &#233;tablit au m&#234;me niveau que ses contenus litt&#233;raires en ligne une masse variable d'&#233;crits, images et documents dont la &lt;i&gt;production&lt;/i&gt; &#233;tait jusqu'ici le fait exclusif de l'universit&#233; et sa fonction &lt;i&gt;critique&lt;/i&gt; &#8212; est-ce r&#233;versible, est-ce antagonique, je ne r&#233;ponds pas, j'interroge&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cierec Saint-Etienne, le colloque</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article744</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article744</guid>
		<dc:date>2007-03-13T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Souchon, Patrick </dc:subject>
		<dc:subject>Viart, Dominique </dc:subject>
		<dc:subject>Asholt, Wolfgang </dc:subject>
		<dc:subject>Saemmer, Alexandra</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de l'auteur consid&#233;r&#233; &#224; titre pr&#233; posthume ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Souchon, Patrick &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot96" rel="tag"&gt;Viart, Dominique &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Asholt, Wolfgang &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot522" rel="tag"&gt;Saemmer, Alexandra&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton744.jpg?1352732243' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;C'est une mise en ligne incestueuse, mais mieux vaut en prendre la responsabilit&#233; que faire comme si &#231;a n'existait pas. Les discussions, d'accord ou pas, les gal&#232;res ensemble parfois, avec &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article179' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dominique Viart&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article104' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Jean-Bernard Vray&lt;/a&gt; et quelques autres ci-dessous datent parfois de plus de dix ans, vingt ans pour Lebrun et Bergounioux... L'&#233;quipe de Saint-Etienne a men&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es un colloque Michon et un colloque Echenoz dont les explorations th&#233;oriques rejaillissent directement dans notre travail. J'ai &#233;videmment la trouille : peur de passer pour un mort, oeuvre close. On sait bien, de notre c&#244;t&#233;, qu'il n'y a pas &#224; rouvrir les livres publi&#233;s, et que la masse de difficult&#233; qui pr&#233;lude au suivant s'est augment&#233;e. DV et J-B V m'ont impos&#233; &#233;videmment de ne me m&#234;ler en rien de la composition de ce colloque organis&#233; par les &#233;quipes de recherche du C.I.E.R.E.C. (Univ. de Saint-Etienne) et ALITHILA (Univ. Lille 3). Je leur suis reconnaissant de la confiance qu'ils t&#233;moignent en acceptant que quelques proches m'&#233;paulent, et notamment la garde rapproch&#233;e, Bergou, Pifar&#233;ly, Cazeneuve, Souchon (je m'excuse aupr&#232;s d'eux pour le terme). L'id&#233;e qu'il y a du collectif dans le plus singulier de notre travail est depuis tr&#232;s longtemps une des convictions qui m'aide le plus &#224; tenir dans les traverses. Et elles ne sont pas toujours paisibles ni heureuses. Je me sens &#233;videmment, dans une telle initiative, en porte-&#224;-faux : longtemps que je pr&#233;f&#232;re, au lieu de parler de mon boulot, intervenir sur Kolt&#232;s ou Michaux, lire Rabelais. J'accepterai donc le porte-&#224;-faux, et je me dis qu'au moins il y aura quelqu'un pour s'occuper du podcast... En tout cas, je tiendrai ici l'information &#224; jour. Ci-dessous, ce n'est que provisoire, et courrier priv&#233; des organisateurs. FB.
&lt;p&gt;T&#233;l&#233;charger le programme d&#233;finitif (pdf, 2Mo) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_529 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/pdf/Programme.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2.2 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772396308' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Colloque international 22-23-24 mars 2007&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bon, &#233;clats de r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;pr&#233;-programme mis &#224; jour le 26 f&#233;vrier 2007 &#8212; merci DV / JBV&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'oeuvre narrative de Fran&#231;ois Bon dans son ensemble, se construit du rapport au r&#233;el social contemporain de l'&#233;criture ; la derni&#232;re des cinq le&#231;ons de po&#233;tique de P. Bergounioux &#224; la Villa Gillet, qui cherche &#224; caract&#233;riser cette &#339;uvre, s'intitule &#171; Fran&#231;ois Bon et le monde pr&#233;sent &#187; . &lt;br&gt;
Jusqu'en 2002 (date de publication de &lt;i&gt;Rolling Stones une biographie&lt;/i&gt; chez Fayard), on peut y rep&#233;rer deux versants distincts. En 1982, &lt;i&gt;Sortie d'usine&lt;/i&gt;, inaugure la s&#233;rie des romans publi&#233;s aux &#233;ditions de Minuit : &lt;i&gt;Limite&lt;/i&gt; (1985), &lt;i&gt;Le Crime de Buzon&lt;/i&gt; (1986), &lt;i&gt;D&#233;cor ciment&lt;/i&gt; (1988), &lt;i&gt;Calvaire des chiens&lt;/i&gt; (1990), &lt;i&gt;Un fait divers&lt;/i&gt; (1993). Ce sont des &#171; romans du r&#233;el &#187;, qui se d&#233;marquent du r&#233;alisme, comme le note Dominique Viart. &lt;br&gt;
Ce r&#233;el contemporain auquel il renvoie, c'est le travail en usine, le ch&#244;mage, la vie dans les grands ensembles, le monde carc&#233;ral, l'errance sociale. Des exp&#233;riences urbaines nourrissent ces romans : Bon s&#233;journe un an dans la tour Karl Marx &#224; Bobigny et &lt;i&gt;D&#233;cor ciment&lt;/i&gt; en garde trace, un an &#224; Berlin en 1987-88, et apr&#232;s la chute du mur en 1990 est publi&#233; &lt;i&gt;Calvaire des chiens&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;
En 1992, L'enterrement, malgr&#233; un fugitif retour au roman avec Un fait divers, ouvre la s&#233;rie des r&#233;cits publi&#233;s par Verdier : &lt;i&gt;Temps machine&lt;/i&gt; (1993), &lt;i&gt;C'&#233;tait toute une vie&lt;/i&gt; (1995), &lt;i&gt;Parking&lt;/i&gt; (1996), &lt;i&gt;Prison&lt;/i&gt; (1997), &lt;i&gt;Paysage fer&lt;/i&gt; (2000), &lt;i&gt;M&#233;canique&lt;/i&gt; (2001). &lt;i&gt;Temps machine&lt;/i&gt;, onze ans seulement apr&#232;s &lt;i&gt;Sortie d'usine&lt;/i&gt; mais apr&#232;s une mutation d&#233;cisive du monde industriel, revisite &#171; le monde d&#233;fait et cass&#233; des usines (&#8230;) pour retrouver la part qui nous revient d'une &#233;pop&#233;e d&#233;sormais close &#187;. En 1992 Bon s'engage dans une exp&#233;rience qui se poursuit toujours d'ateliers d'&#233;criture (et le mot atelier importe), conduite, en milieu urbain et notamment avec des exclus : ch&#244;meurs, prisonniers, SDF. C'&#233;tait toute une vie renvoie &#224; une exp&#233;rience d'&#233;criture conduite &#224; Lod&#232;ve et Prison &#224; une exp&#233;rience d'&#233;criture en milieu p&#233;nitentiaire. &lt;i&gt;Paysage fer&lt;/i&gt; r&#233;sulte d'une exp&#233;rience d'&#233;criture conduite avec des S.D.F. nanc&#233;ens. &lt;br&gt;
Les deux pratiques successives, du roman et du r&#233;cit r&#233;f&#232;rent d'une mani&#232;re d&#233;cisive &#224; l'empreinte du social, ainsi que les &#233;critures de F. Bon li&#233;es &#224; une production pour le th&#233;&#226;tre, le cin&#233;ma et celles qui ont pour support l'Internet .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;diath&#232;que de Saint-&#201;tienne accueillera le colloque (salle de conf&#233;rences multi-media).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partenariats&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Maison des &#201;crivains (H&#244;tel d'Avejan, 57 rue de Verneuil, 75007, Paris)&lt;br&gt;
Ville de Saint-&#201;tienne&lt;br&gt;
M&#233;diath&#232;que municipale&lt;br&gt;
R&#233;gion Rh&#244;ne-Alpes&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le colloque&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
En organisant un colloque universitaire ainsi que diverses manifestations culturelles autour de l'&#339;uvre de Fran&#231;ois Bon, il s'agit de lui rendre hommage, de la mettre en d&#233;bat, de faire entendre les r&#233;sonances qu'elle suscite. Dans toute son ampleur et avec ses multiples visages : des romans aux r&#233;cits, du th&#233;&#226;tre au cin&#233;ma, des ateliers d'&#233;criture &#224; son implication critique ; ses interventions et collaborations, avec des photographes, des musiciens&#8230;&lt;br&gt;
Les manifestations dans leur ensemble prendront la forme de rencontres &#224; la fois universitaires et artistiques, intellectuelles et culturelles. Expositions, projections, mise en voix, mise en sc&#232;ne, tables rondes et communications. Des d&#233;bats aussi, qui exc&#232;deront la litt&#233;rature et la mettront en dialogue avec d'autres disciplines : philosophie, urbanisme, sociologie, histoire&#8230;&lt;br&gt;
Les interventions universitaires seront th&#233;matiquement regroup&#233;es. Trois tables rondes (avec F. Bon et quelques interlocuteurs &#233;crivains ou universitaires) examineront :
&lt;br /&gt;&#8212; la question du rapport r&#233;el/fiction &lt;br /&gt;&#8212; le rapport de l'&#339;uvre de F. Bon &#224; l'univers urbain &lt;br /&gt;&#8212; la pratique de l'atelier d'&#233;criture de F. Bon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manifestations autour du colloque&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; &lt;i&gt;Paysage fer&lt;/i&gt;, un film de Fabrice Cazeneuve et Fran&#231;ois Bon, suivi d'un d&#233;bat avec Fran&#231;ois Bon, Fabrice Cazeneuve et Micha&#235;l Sheringham, jeudi 22 mars, M&#233;diath&#232;que centrale de Tarentaize,&lt;br class='autobr' /&gt;
19h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Performance voix et musique : Fran&#231;ois Bon (lecture) et Dominique Pifar&#233;ly (violon &#233;lectrique et acoustique) : &lt;i&gt;Tumulte&lt;/i&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
vendredi 23 mars, M&#233;diath&#232;que centrale de Tarentaize,&lt;br class='autobr' /&gt;
18h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Exposition virtuelle (r&#233;alisation : Alexandra Saemmer)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Collaborations europ&#233;ennes&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Il s'agit d'un colloque universitaire organis&#233; par la composante &#171; Litt&#233;rature &#187; du C.I.E.R.E.C en collaboration avec une autre &#233;quipe : Centre Roman-20-50, Alithila (Analyses Litt&#233;raires et Histoire de la Langue), de l'Universit&#233; Lille 3.&lt;br&gt;
Le colloque est le prolongement d'un travail conduit durant l'ann&#233;e 2005-2006 dans le s&#233;minaire &#171; Texte et intertextes &#187; du C.I.R.E.C., anim&#233; par J-B. Vray.&lt;br&gt;
Ce colloque r&#233;sulte de la collaboration des &#233;quipes lilloise et st&#233;phanoise qui s'attachent toutes deux &#224; l'&#233;tude de la litt&#233;rature fran&#231;aise de l'extr&#234;me contemporain et prolonge la collaboration de l'&#233;quipe st&#233;phanoise et de ses homologues italiennes :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; GREC (Groupe de Recherche sur l'Extr&#234;me Contemporain, Universit&#233; de Bari), Dir. : Matteo Majorano
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ARGEC (Atelier de Recherche G&#233;nois sur l'Extr&#234;me Contemporaine, Universit&#233; de Genova), Dir. : Elisa Bricco
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; LARC (Laboratorio di Ricerca sul Contemporaneo, Universit&#233; de Rome-La Sapienza et Universit&#233; de Cassino), Dir. Gianfranco Rubino.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension internationale et francophone du colloque est importante : sept des universitaires invit&#233;s sont europ&#233;ens non fran&#231;ais, mais tous &#233;minemment francophones. Les professeurs Asholt Wolfgang (Universit&#233; d'Osnabr&#252;ck, Allemagne), Rubino Gianfranco (Universit&#233; La Sapienza, Rome, Italie) et &lt;br class='autobr' /&gt;
Sheringham Michael (Universit&#233; d'Oxford, Angleterre) font partie du comit&#233; scientifique du colloque. &lt;br&gt;
Madame Bricco (Universit&#233; de G&#234;nes)a s&#233;journ&#233; un mois au C.I.E.R.E.C. en f&#233;vrier 2006, y a organis&#233; notamment une Journ&#233;e d'&#233;tude Christian Gailly qui donnera lieu en 2007 &#224; la premi&#232;re publication collective sur cet auteur des &#233;ditions de Minuit (publication pr&#233;vue aux PUSE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsables scientifiques du colloque&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Les responsables de la manifestation sont les Professeurs Dominique Viart &lt;br&gt;(Universit&#233; Lille 3, &#233;quipe roman 20-50) et Jean-Bernard Vray (U.J.M., &#233;quipe du C.I.E. R.E.C)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comit&#233; scientifique du colloque&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Prof. Asholt Wolfgang (Universit&#233; d'Osnabr&#252;ck, Allemagne)&lt;br&gt;
Prof. Rubino Gianfranco (Universit&#233; La Sapienza, Rome, Italie)&lt;br&gt;
Prof. Sheringham Michael (Universit&#233; d'Oxford, Angleterre)&lt;br&gt;
Prof. Viart Dominique (Universit&#233; Lille 3)&lt;br&gt;
Prof. Vray Jean Bernard (Universit&#233; Jean Monnet, Saint-&#201;tienne, CIEREC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Universitaires&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Asholt Wolfgang (Universit&#233; d'Osnabr&#252;ck, Allemagne)&lt;br&gt;
Bourdieu S&#233;verine (Universit&#233; de Bordeaux3)&lt;br&gt;
Florey Sonya (Universit&#233; de Lausanne)&lt;br&gt;
Bricco Elisa (Universit&#233; de G&#234;nes, Italie)&lt;br&gt;
Chaudier St&#233;phane (Universit&#233; Jean Monnet, Saint-&#201;tienne, CIEREC)&lt;br&gt;
Douzou Catherine (Universit&#233; Lille 3)&lt;br&gt;
Fortin Jutta-Emma (Universit&#233; de Vienne, Autriche)&lt;br&gt;
Gefen Alexandre (Universit&#233; de Bordeaux)&lt;br&gt;
Hippolyte Pierre (Universit&#233; de Limoges)&lt;br&gt;
J&#233;rusalem Christine (Universit&#233; Jean Monnet, Saint-&#201;tienne, CIEREC)&lt;br&gt;
Roche Anne (Universit&#233; de Provence, Aix-en-Provence)&lt;br&gt;
Rubino Gianfranco (Universit&#233; La Sapienza, Rome, Italie)&lt;br&gt;
Saemmer Alexandra (Universit&#233; Lumi&#232;re-Lyon 2)&lt;br&gt;
Sheringham Michael (Universit&#233; d'Oxford, Angleterre)&lt;br&gt;
Van Montfrans Manet (Universit&#233; d'Amsterdam, Hollande)&lt;br&gt;
Viart Dominique (Universit&#233; Lille 3)&lt;br&gt;
Vray Jean Bernard (Universit&#233; Jean Monnet, Saint-&#201;tienne, CIEREC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;crivains, artistes et critiques invit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Pierre Bergounioux&lt;br&gt;
Jean-Claude Lebrun&lt;br&gt;
Patrick Souchon&lt;br&gt;
Jean-No&#235;l Blanc&lt;br&gt;
Dominique Pifar&#233;ly &lt;br&gt;
Fabrice Cazeneuve&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe 1&#8212; pr&#233;-programme&lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;JEUDI 22 MARS&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Matin&lt;br&gt;
10h Ouverture du colloque : &lt;br&gt;
JB Vray / D Viart&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I- &#171; On &#233;crit avec de soi &#187;&lt;br&gt;
10h15&lt;br&gt;
Elisa Bricco &lt;br&gt; &#171; &#201;clats du moi dans l'&#339;uvre de Fran&#231;ois Bon &#187;&lt;br&gt;
10h 45&lt;br&gt;
Jutta Fortin : M&#233;canique de Fran&#231;ois Bon : &#171; dresser portrait du mort &#187;&lt;br&gt;
11h 15&lt;br&gt;
Alexandre Gefen &lt;br&gt;
&#171; Il n'y a rien a ajouter &#224; ce qui est &#187; : Fran&#231;ois Bon biographe&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h 45&lt;br&gt;
Discussion - pause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s-midi&lt;br&gt;
II- D&#233;cors urbains&lt;br&gt;
La ville : &#171; toute l'interrogation est dans ce qu'elle bouleverse &#187; &lt;br&gt;
14h 30 &lt;br&gt;
Pierre Hippolyte &lt;br&gt;
Fran&#231;ois Bon - Edward Hopper : peinture, archi-texture et fiction&lt;br&gt;
15h 00&lt;br&gt;
Jean-Claude Lebrun&lt;br&gt;
L'ouverture de D&#233;cor Ciment : une courte pratique de l'extr&#234;me chez Fran&#231;ois Bon&lt;br&gt;
15h 30 &lt;br&gt;
Christine J&#233;rusalem : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les friches industrielles dans l'&#339;uvre de Fran&#231;ois Bon&lt;br&gt;
16h 00&lt;br&gt;
Discussion - pause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h 10 &lt;br&gt;
Entretien&lt;br&gt;
&#171; Dehors est la ville &#187;&lt;br&gt;
Fran&#231;ois Bon, Jean-No&#235;l Blanc et Jean-Bernard Vray&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h 00 &lt;br&gt;
Projection de Paysage fer (52')&lt;br&gt;
M&#233;diath&#232;que centrale de Tarentaize, (Salle Robert Mazoyer)&lt;br&gt;
20h00&lt;br&gt;
Discussion autour du film avec Fran&#231;ois Bon, Michael Sheringham&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VENDREDI 23 MARS&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Matin&lt;br&gt;
III- &#171; Faire se r&#233;v&#233;ler le r&#233;el &#187; &lt;br&gt;
9h 30&lt;br&gt;
Catherine Douzou &lt;br&gt;
Parking&lt;br&gt;
10h 00&lt;br&gt;
Gianfranco Rubino &lt;br&gt; Espace(s)&lt;br&gt;
10h 30&lt;br&gt;
Discussion - pause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h 45&lt;br&gt;
S&#233;verine Bourdieu &lt;br&gt;
Fran&#231;ois Bon : un archiviste du pr&#233;sent ?&lt;br&gt;
11h 15 &lt;br&gt;
Wolfgang Asholt &lt;br&gt; Calvaire des chiens, un dernier roman ?&lt;br&gt;
11h 45 &lt;br&gt;
Discussion&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s-midi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III- Daewoo roman&lt;br&gt;
14h30&lt;br&gt;
Sonya Florey &lt;br&gt;
De Sortie d'usine &#224; Daewoo : chronique d'une mutation&lt;br&gt;
15h&lt;br&gt;
Manet Van Montfrans &lt;br&gt;
&#201;voquer un lieu, un visage : techniques d'&#233;criture et de r&#233;cit dans Daewoo&lt;br&gt;
15h30&lt;br&gt;
St&#233;phane Chaudier &lt;br&gt;
Daewoo : un roman marxiste &#224; l'&#226;ge d'or du lib&#233;ralisme ?&lt;br&gt;
16h&lt;br&gt;
Discussion et pause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16h 30&lt;br&gt;
Table ronde : &lt;br&gt;
&#201;clats de r&#233;alit&#233; : &#233;crire le r&#233;el selon Fran&#231;ois Bon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mod&#233;rateur : Jean-Claude Lebrun &lt;br&gt;
Sheringham Michael &lt;br&gt;
Bergounioux Pierre &lt;br&gt;
Fran&#231;ois Bon&lt;br&gt;
Dominique Viart&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18h 30&lt;br&gt;
Performance &#171; Tumulte &#187; Bon-Pifar&#233;ly &lt;br&gt;
M&#233;diath&#232;que centrale de Tarentaize, (Salle Robert Mazoyer)&lt;br&gt;
Fran&#231;ois Bon (textes de Tumulte et voix) et Dominique Pifar&#233;ly (violon &#233;lectrique et acoustique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAMEDI 24 MARS&lt;br&gt;
V- La fabrique de l'&#233;criture&lt;br&gt;
9h30&lt;br&gt;
Alexandra Saemmer &lt;br&gt;
Tumulte en ligne&lt;br class='autobr' /&gt;
10h 00&lt;br&gt;
Pierre Bergounioux&lt;br&gt;
H&#233;t&#233;rogamie et litt&#233;rature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h30&lt;br&gt;
Discussion et pause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h &lt;br&gt;
Table ronde&lt;br&gt;
&#171; Tous les mots sont adultes &#187; : l'atelier d'&#233;criture&lt;br&gt;
Mod&#233;ratrice : Anne Roche &lt;br&gt;
Amandine Rual&lt;br&gt;
Nicole Voltz &lt;br&gt;
Patrick Souchon&lt;br&gt;
Fran&#231;ois Bon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12h 30&lt;br&gt;
Cl&#244;ture du colloque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTA : Parmi les contributeurs se trouveront deux chercheuses associ&#233;es au C.I.E.R.E.C. pour un s&#233;jour post-doctoral :
&lt;br /&gt;&#8212; Alexandra Saemmer, chercheuse allemande (universit&#233; d'origine : Passau) a &#233;t&#233; retenue par le Conseil Scientifique pour un accueil post-doctoral en 2004-2005. Elle a organis&#233; avec Monique Maza le colloque C.I.E.R.E.C. &#171; E-Formes. &#201;critures visuelles sur support num&#233;rique &#187; (4-5 novembre 2005), actes &#224; para&#238;tre aux PUSE en 2007 comme le livre d'Alexandra Mati&#232;res verbales sur support num&#233;rique, r&#233;dig&#233; pendant le s&#233;jour post-doctoral. &lt;br /&gt;&#8212; Jutta Emma Fortin, une coll&#232;gue autrichienne de l &#8216;Universit&#233; de Vienne, qui a obtenu la bourse du FWF pour travailler au C.I.E.R.E.C en 2006-2007 et 2008 sur le sujet &#171; The Ghost in Contemporary French Narrative (1975-2005) &#187;, sujet qui s'inscrit dans l'axe de recherche de la composante litt&#233;raire du C.I.R.E.C. pour le quadriennal 2007-2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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