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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
	<link>https://www.tierslivre.net/spip-443/</link>
	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>je te suis, tu me suis (ou pas) : des r&#233;seaux </title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4479</link>
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		<dc:date>2017-11-03T06:38:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web, &#233;crans, r&#233;seaux</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivain, un m&#233;tier ?</dc:subject>
		<dc:subject>politique de la litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>diffusion, r&#233;seaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;des r&#233;seaux sociaux et de la cr&#233;ation, pour un rapport non soumis aux abonnements des grandes plateformes et des questions induites&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;le livre &amp; l'Internet&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;web, &#233;crans, r&#233;seaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot238" rel="tag"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot292" rel="tag"&gt;politique de la litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot586" rel="tag"&gt;diffusion, r&#233;seaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton4479.jpg?1509690602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Les probl&#233;matiques induites par le rapport de nos ressources fixes ou lentes, &#224; la propagation r&#233;seau sous la coupe des grandes plateformes, sans lesquelles on est r&#233;duit &#224; respiration artificielle. Et de la sp&#233;cificit&#233; de la publication YouTube dans ce contexte. Premi&#232;re approche progressive de billets &#224; venir sur granularit&#233; d'une part, r&#233;flexivit&#233; de l'autre.
&lt;p&gt;Au fait, puisque c'est le th&#232;me, vous y &#234;tes abonn&#233;, &#224; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/tierslivre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mon YouTube&lt;/a&gt; ? C'est pas trop tard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image ci-dessus : en feuilletant un livre de Sol LeWitt.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le temps que j'&#233;crive ce billet, et il se sera pass&#233; dans mon &#171; &#233;cosyst&#232;me &#187; r&#233;seau un &#233;v&#233;nement totalement insignifiant, que personne sauf moi (et vous, par le fait de ce billet) aura remarqu&#233; : le nombre de mes abonn&#233;s &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/tierslivre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;YouTube&lt;/a&gt; aura rejoint et d&#233;pass&#233; le nombre de mes abonn&#233;s &lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/fbon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Instagram&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;v&#233;nement insignifiant : oui, parce qu'il s'agit de cr&#233;ation contemporaine dans le domaine de la litt&#233;rature, alors pensez que nos petits &#233;changes sont une gouttelette microscopique dans le web : j'aurai &#224; peine atteint 1900 abonn&#233;s, donc en m&#234;me temps sur YouTube et Instagram.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parler ? Oui, parce que ce fonctionnement est d&#233;sormais &#224; peu pr&#232;s g&#233;n&#233;ralis&#233; dans ce qui est une autre unit&#233; de notre &#233;cosyst&#232;me g&#233;n&#233;ral : notre &#233;cosyst&#232;me r&#233;seau, soit en gros la fa&#231;on dont chacun utilise (d&#233;tourne, subvertit, suit passivement, observe, transmet) les r&#233;seaux en lien avec sa pratique que je dirai de &#171; producteur de contenu &#187; (basique) ou de &#171; cr&#233;ateur &#187; (plus noble, mais souvent vide), ou tout simplement d'auteur dans les dispositifs en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partir par exemple des diff&#233;rences : Facebook n'a longtemps contenu qu'un seul degr&#233; de lien, ce qu'on dit &#171; ami &#187;, mais avec une limite &#224; 5000 toujours active, nous incitant lorsque c'&#233;tait atteint &#224; basculer sur son syst&#232;me de &#171; pages &#187; ouverte sans limitation, mais devenue verticale dans la relation de celui qui la propose &#224; celles et celui qui la suivent. Par contre, avec un poids consid&#233;rable de la plateforme pour les privil&#233;gier, puisqu'elles lui rapportent d&#233;sormais plus que ces publicit&#233;s cibl&#233;es qui nous &#233;nervent (et que nous parvenons &#224; bloquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Facebook a repris de Twitter (Facebook comme plus grand phagocyteur des inventions des camarades) le lien diff&#233;renci&#233; : je peux m'abonner &#224; un compte (&#171; suivi par &#187; tant de personnes) et le nombre de personnes qui nous suivent n'est plus limit&#233;. Alors je l'utilise comme tout le monde : m'int&#233;resse que mon mur Facebook soit une page vivante et active, privil&#233;gie celles et ceux qui veillent et cr&#233;ent, pas besoin qu'on m'indique le dernier humoriste cachetonnant &#224; Inter ni les bons sentiments de la r&#233;volte permanente, mais &#234;tre vigilant &#224; ne pas transformer ce mur en robinet d'eau ti&#232;de en accord pr&#233;-requis avec mes propres opinions. Comme bien d'autres, le lien &#171; ami &#187; est r&#233;serv&#233; aux profils que j'identifie parce qu'&#233;changes dans la vie priv&#233;e ou professionnelle &#8211; IRL ou virtuelle &#8211;, &#233;limination des comptes sous pseudo, et globalement &#231;a s'&#233;tage vers les 3500, c'est d&#233;j&#224; beaucoup pour mon village. Mais je sais que les 5300 et quelques personnes qui me suivent en plus de ces 3500 ne verront qu'une part restreinte de mes propres propulsions de contenus, or &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/bonperso&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mon &#171; mur &#187; Facebook&lt;/a&gt; est le rouage principal par lequel mes billets et interventions sur mon site (ce billet par exemple) rejoint ma petite et vitale communaut&#233; de lecteurs. Et pas envie non plus de rendre &#231;a rationnel, ni d'avoir des r&#232;gles strictes, je m'accorde le droit de suivre ou ne plus suivre untel ou une telle, parce que trop de photos de chats, ou insipide flux de liens Lib&#233;ration ou Slate ou Huffington etc &#8211; alors que je peux faire ma veille tout seul&#8211;, ou coll&#232;gue auteur qui n'utilise Facebook que lorsqu'il a de temps en temps un contenu (en g&#233;n&#233;ral livre commercial) &#224; y d&#233;fendre et ne s'int&#233;resse qu'&#224; lui &#8211;, mais qu'on se rassure : aucun jugement qui en &#233;mane pour concerner la personne dont je me d&#233;sabonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce m&#234;me principe, depuis plus d'un an mon rapport &#224; Twitter s'est distanci&#233; : j'en suis un utilisateur depuis le presque d&#233;but (avril 2008) et j'ai toujours souvenir de cette p&#233;riode o&#249; c'&#233;tait une sorte de caf&#233;t&#233;ria entre copains du web, pendant au moins 3 ans &#224; quelques-uns on a explor&#233; &#224; fond les possibilit&#233;s fictionnelles ou les discussions collectives que permettait la plateforme toute neuve. Aujourd'hui c'est plus passif (pour moi) : bient&#244;t 15 000 abonn&#233;s &#8211; et j'en suis 1500 &#8211;, ce qui est &#233;norme par rapport &#224; ma micro-activit&#233; (imaginons que chacun de mes abonn&#233;s Twitter m'ait achet&#233; &lt;em&gt;m&#234;me une seule fois&lt;/em&gt; un livre Tiers Livre Editeur, croyez que je m'en serais aper&#231;u !), mais une sorte de veille assez indiff&#233;rente et passive. Moi-m&#234;me je suis &lt;a href=&#034;https://twitter.com/fbon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mon flux Twitter&lt;/a&gt;, probablement 2 ou 3 fois dans la journ&#233;e, alors reli&#233; &#224; son temps r&#233;el (j'aime bien l'accompagnement &#224; quoi cela ouvre la nuit ou le matin t&#244;t, quand &#231;a redevient personnalis&#233;), donc contrairement &#224; Facebook qui g&#233;n&#232;re par ses algorithmes ce que je dois voir (&#224; moi de cliquer sur tel ou tel profil pour contrecarrer la proposition algorithmique), ma petite appli (la vaillante et inusable Echofon) me la fournira exhaustivement, mais sur le temps limit&#233; de ma consultation. Twitter est un service qui m'est indispensable pour ma veille en information g&#233;n&#233;rale ou informations sp&#233;cialis&#233;es, et un outil essentiel pour transmettre (m&#234;me de fa&#231;on strictement utilitaire : le lien, le titre) mes propres mises en ligne, mais &#231;a s'essouffle : sur un billet Tiers Livre r&#233;cent, les acc&#232;s depuis le site lui-m&#234;me, page d'accueil ou rubriques, sera d'environ 30%, les acc&#232;s par Facebook au moins autant, les acc&#232;s par requ&#234;te Google suivent, et les acc&#232;s par Twitter un tout petit pourcentage &#8211; alors pourquoi me suivent-ils, ces gens que je ne connais pas et qui ne cliquent pas mes liens ? Reste que moi aussi je suis des comptes dont je clique rarement les liens, mais pour disposer d'une sorte d'indicateur sur leur activit&#233;. Et le fait nouveau : un site comme Internet'Actu dont je lis syst&#233;matiquement tous les billets (il y en a quelques autres), j'y acc&#233;derai d&#233;sormais indiff&#233;remment depuis Facebook que depuis Twitter. En gros : si Twitter ne trouve pas une solution par d&#233;veloppement de ses outils m&#234;me (la part conversationnelle, la hi&#233;rarchie qui ne doit plus se limiter au &#171; retweet &#187; que nous &#233;tions si fiers pourtant, nous les utilisateurs, d'avoir invent&#233;e&#8230;), la plateforme risque bien de se limiter &#224; une fonctionnalit&#233; neutre. Et l'&#233;chec des clones d&#233;centralis&#233;s, comme Mastodon, n'indique pas o&#249; pourrait se trouver la bou&#233;e de secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Approche nombriliste ou soumise &#224; une id&#233;ologie de r&#233;ception ? C'est plus grave que &#231;a. Hier je passais sur mon ancienne &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/liens.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page liens&lt;/a&gt;, que je n'ai pas mise &#224; jour depuis bient&#244;t 2 ans, qui ne figure plus sur l'organigramme de mon site, mais que j'utilise pour ma propre revue de blogs, au moins une fois par semaine. Et tant de blogs amis qui ont laiss&#233; tomber, probablement par manque de cette respiration des visites et de la r&#233;activit&#233; &#8211; voir &lt;a href=&#034;http://www.la-grange.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Grange&lt;/a&gt;, mais il y en a quelques dizaines dont le dernier billet remonte &#224; 6 mois ou un an. Je comprends parfaitement la r&#233;ticence de ces blogueurs &#224; se soumettre au relais r&#233;seau, c'est la m&#234;me douleur que lorsqu'on a vu Facebook avaler l'espace vif des commentaires de nos blogs, mais c'est comme en politique : a-t-on le choix du terrain de la r&#233;sistance ? &#192; l'inverse, des tentatives somptueuses de cr&#233;ation directe sur Facebook (&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/andre.markowicz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Andr&#233; Markowicz&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/search/top/?q=mil%C3%A8ne%20tournier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mil&#232;ne Tournier&lt;/a&gt;), mais &#224; ne pas se doter d'un site fixe pour th&#233;sauriser, organiser, arborifier, quel risque sym&#233;trique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pourrais compl&#233;ter par tous les r&#233;seaux &lt;em&gt;que je n'utilise pas&lt;/em&gt; : SnapChat, alors qu'en lyc&#233;e c'est cette plateforme-l&#224; qui emporte le morceau, Facebook &#233;tant consid&#233;r&#233; comme un outil de vieux (c'est pas faux, j'en suis l'exemple), SeenThis (confidentiel, mais c'est aussi un choix pour ses utilisateurs, dans leurs conversations que je suppose d'un taux de confiance en plus : mais avec mes principaux commensaux Facebook je suppose qu'on affirme aussi ce genre de confiance &#8211; conversation priv&#233;e tenue en public, mais dans un tel murmure g&#233;n&#233;ralis&#233; de la foule que peu importe). Je sais que certains de mes proches ou correspondants ont une utilisation tr&#232;s dense de LinkedIn : pour moi plateforme neutre, o&#249; les demandes de lien les plus fr&#233;quentes &#233;manent de vendeurs de coaching, d'outils de com', voire tr&#232;s souvent de gens bossant dans l'&#233;dition mais qui n'ont aucune esp&#232;ce d'int&#233;r&#234;t &#224; ce que je fais &#8211; en gros, LinkedIn comme un Internet de ceux qui veulent &#234;tre sur Internet mais sans se mouiller plus que le petit doigt, donc pour moi rien plus qu'une bo&#238;te aux lettres pour les flemmards qui ne savent pas que c'est dispo d&#233;j&#224; sur mon site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors YouTube et Instagram. Je commence par Instagram.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y suis &lt;a href=&#034;https&lt;br class='autobr' /&gt;
://www.instagram.com/fbon/&#034;&gt;pr&#233;sent&lt;/a&gt; depuis bien avant que la plateforme ait &#233;t&#233; rachet&#233;e par Facebook. Je l'ai d&#232;s le d&#233;but utilis&#233;e non pas pour constituer un album ou une collection ou un vocabulaire d'images, mais seulement comme &lt;em&gt;fonction&lt;/em&gt; : une image prise au d&#233;bott&#233; avec l'iPhone se retrouve propuls&#233;e &#224; la fois sur mes comptes Facebook et Twitter. Mais &#231;a a &#233;volu&#233; : sont arriv&#233;s &#224; la fois des (&#171; vrais &#187; ?) photographes, et surtout des comptes avec une v&#233;ritable pratique cr&#233;ative ou s&#233;rielle d'image. Instagram s'est impos&#233; comme dialogue personnel avec les cr&#233;ateurs d'images, sans d'ailleurs que cela m'&#233;loigne de ma propre pratique Instagram : plut&#244;t suivie des jours et des signes qu'interrogation sp&#233;cifique sur l'image. Autre &#233;volution : Instagram depuis longtemps n'est plus un m&#233;dia seulement image, mais un micro-&#233;cosyst&#232;me image / texte / liens qui le rapproche de Facebook, avec d'autre part la fonction &#171; story &#187; &#233;l&#233;gamment piqu&#233;e par Facebook &#224; SnapChat &#8211; ainsi, si vous faites plusieurs Instagram dans la m&#234;me journ&#233;e, ils seront regroup&#233;s dans le m&#234;me album &#224; date du jour dans Facebook. Souvent, je commente sur Instagram diff&#233;remment que pour la m&#234;me image sur Facebook : on est plusat entre nous. Et je suis avec plus que de l'int&#233;r&#234;t quelques comptes qui n'existent &lt;em&gt;que&lt;/em&gt; sur Instagram, m&#234;me si ce n'est pas ma pratique. Dans ce cas, l'&#233;cosyst&#232;me image constitu&#233; par ces comptes h&#233;rite de ce que FlickR avait initi&#233; il y a 15 ans, mais s'est fait d&#233;poss&#233;der. Pour moi, l'enjeu d'Instagram, et sa diff&#233;rence d'avec Facebook, c'est de s'installer dans un paradoxe o&#249; on n'a aucune raison d'&#234;tre trop tranquille : nous r&#233;p&#233;tons depuis 15 ans que le miracle du web, c'est que le primat au code, au transm&#233;dia, aux images, n'ait pas tu&#233; le primat du texte. On pourrait lire Instagram comme une sorte de pr&#233;figuration d'un web qui s'&#233;broue sans que le texte y soit principal. Et le paradoxe c'est qu'on aime &#231;a, qu'on y est &#224; l'aise, et que bien souvent ce qui nous m&#232;ne &#224; une &lt;em&gt;action&lt;/em&gt; (un geste, dirait Flusser) Instagram, c'est la m&#234;me pulsion de fusion-arrachement au r&#233;el qui d&#233;clenche pour nous &#233;criture et fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur YouTube &#8211; qui appartient &#224; Google &#8211;, il y a 2 &#233;l&#233;ments &#224; mettre en avant : le premier, contrairement &#224; Facebook, Twitter ou Instagram, c'est que les abonnements y sont invisibles. On voit leur compte global, mais la plupart d'entre nous ont cliqu&#233; qu'ils resteront anonymes. C'est ce qui me permet de suivre, sans l'afficher pour autant, des cha&#238;nes &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/user/petermckinnon24&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tr&#232;s techniques&lt;/a&gt; pour l'image ou le montage, des &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/user/RomanAtwoodVlogs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vlogueurs&lt;/a&gt; qui m'indiff&#232;rent mais dont la pratique quotidienne ou l'utilisation du m&#233;dia me donne des indications importantes ou soci&#233;tales pour ma propre pratique, enfin &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=K5VWbyEsoDU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des cha&#238;nes&lt;/a&gt; dont je n'ai aucune envie qu'on sache que je les suis : et ce que &#231;a pose comme indication d'une libert&#233; minimum, dont sont pourtant d&#233;pourvus Facebook ou Instagram.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment, c'est le statut m&#234;me de ce qu'on propulse, et qui concerne &#224; la fois le statut de ce qu'on y met (parole, parole construite ou improvis&#233;e, mise en sc&#232;ne, fiction ou critique ou journal, en tout cas le m&#234;me &#233;cosyst&#232;me de registres que notre rapport essentiel et global &#224; nos pratiques d'&#233;criture, dont elle est le d&#233;calque), et le fait que la notion de &lt;em&gt;publication&lt;/em&gt; b&#233;n&#233;ficie d'un saut radical vers cet amont de l'&#233;criture, sans la m&#233;diation de l'article ou du livre &#8211; avec une notion de temporalit&#233; qui devient elle aussi conceptuelle, &#224; la fois laiss&#233;e au lecteur comme celle du livre, et &#224; la fois organis&#233;e par le scripteur comme dans la sc&#232;ne ou la perf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour sur le point 1 : frustrant pour moi, encore plus pour les cha&#238;nes que j'affiche en recommandation sur ma page d'accueil, ce peu d'abonn&#233;s qui nous suivent dans nos d&#233;marches litt&#233;rature de cr&#233;ation sur YouTube, par rapport au moindre amuseur, ou &#224; l'immense popularit&#233; de YouTube chez les plus jeunes &#8211; l&#224; encore, non pas du point de vue quantitatif, mais en ce que &#231;a d&#233;note comme YouTube devenant (Facebook le tente aussi) &#233;cosyst&#232;me ferm&#233; de navigation, prenant r&#244;le de la veille d'information. Si je regarde mes stats, la courbe d'&#226;ge de &#171; mon &#187; YouTube est celle du public litt&#233;rature, ni moins ni plus. Pourtant, s'abonner change votre mode de consultation : l'affichage des derni&#232;res publications des YouTubeurs que vous suivez, le non-affichage au contraire du petit teaser de pr&#233;sentation etc. Mais pour nous, un appui essentiel dans la propagation YouTube : comment sortir la litt&#233;rature d'un ghetto de plus en plus r&#233;duit, quand l'&#233;dition commerciale a renonc&#233; &#224; s'extraire de son simple processus de reproduction dominante, voir la fa&#231;on dont 80% des romans parus en septembre ont d&#233;j&#224; totalement disparu, au b&#233;n&#233;fice du matraquage des prix litt&#233;raires et leur com&#233;die trafiqu&#233;e. Avec des r&#233;percussions parfois &#233;tranges : ainsi le CNC qui d&#233;cide de soutenir la cr&#233;ation sur YouTube, mais demande un &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1996&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;seuil de 10 000 abonn&#233;s&lt;/a&gt;, alors que cette expansion quantitative d&#233;pend elle-m&#234;me de comment la plateforme vous propulse en fonction d'une pertinence li&#233;e &#224; ses revenus publicitaires. La question &#233;conomique &#233;tant aussi sous-jacente : oui, on peut faire une cha&#238;ne YouTube rien qu'avec son t&#233;l&#233;phone ; non, le moindre d&#233;tail technique de son ou d'image ou montage suppose un budget matos important, sans passer du temps que vous y passez au lieu de gagner votre vie par ailleurs. YouTube s'est fait d&#233;poss&#233;der de son mod&#232;le initial, par la loi m&#234;me de son mod&#232;le : quelques vedettes de plus en plus consensuelles accaparent l'essentiel des revenus publicitaires. Tant mieux, il faut tuer globalement la publicit&#233; dans nos villes et sur le web, c'est juste une pollution. Mais le mod&#232;le &#233;conomique qui me permet alors cet espace de &lt;em&gt;publication&lt;/em&gt;, dans mon propre cas c'est seulement les &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/tiers_livre_editeur.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ventes de livre&lt;/a&gt; (elles ne sont pas n&#233;gligeables, mais doivent aussi rester un espace de cr&#233;ation et d'exp&#233;rimentation, cette libert&#233; est leur premi&#232;re fonction), donc une &#233;conomie tr&#232;s insuffisante, ou le pourboire &lt;a href=&#034;https://www.tipeee.com/tierslivre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tipeee&lt;/a&gt;, dans tous les cas un soutien au compte-gouttes par rapport &#224; une publication dont le premier axiome est qu'elle soit d'acc&#232;s non restrictif et non parasit&#233; par les pubs de l'h&#233;bergeur (je me refuse &#224; &#171; mon&#233;tiser &#187; mes YouTube).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir par exemple la diff&#233;rence avec Vimeo : pour mettre en ligne sur Vimeo je paye un abonnement annuel. Le visionnage est 3 fois meilleur que sur YouTube, du point de vue de la compression image et son (pour &#231;a qu'on l'utilise tant, au point de vue professionnel). Les r&#233;glages de confidentialit&#233; sont progressifs et personnalisables pour chaque vid&#233;o. Enfin, Vimeo propose les m&#234;mes fonctions r&#233;seaux que YouTube sauf que voil&#224; : la masse critique d'utilisateurs n'y est pas, et donc le taux de consultation y est quasi confidentiel, alors que sur YouTube, comme pour la notion d'image &#171; partag&#233;e &#187; depuis FlickR jusqu'&#224; Instagram, les fonctions de partage sont organiquement li&#233;es &#224; la vid&#233;o elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est donc retour au point 2 : en quoi la publication vid&#233;o, sans projection restrictive pr&#233;alable dans un espace d'abord textuel, ou par rapport &#224; l'association texte + image fixe qui a &#233;t&#233; le mod&#232;le dominant pour toute la p&#233;riode blog, mais qui semble d&#233;sormais de plus en plus obsol&#232;te (de mon c&#244;t&#233;, je ne &lt;em&gt;pratique&lt;/em&gt; plus la photographie : les images que j'utilise pour le site sont des copies &#233;cran de mes shoots vid&#233;o, et je ne consid&#232;re pas ma pratique Instagram &lt;em&gt;comme photographie&lt;/em&gt;, mais o&#249; sont dans tout cela les fronti&#232;res ?), d&#233;place un curseur d&#233;cisif : oui, la pratique vid&#233;o (incluant le direct, que je ne pratique pas encore vraiment, privil&#233;giant &lt;em&gt;l'&#233;dition&lt;/em&gt; de mes contenus, et incluant aussi l'&#233;volution m&#234;me de l'image, comme la balbutiante VR et mes images fixes 360), &lt;em&gt;n'est pas&lt;/em&gt; un vecteur &#224; part ou compl&#233;mentaire de la cr&#233;ation textuelle, mais l'&#233;tablissement plus en amont, dans l'exp&#233;rience m&#234;me du r&#233;el (l'appareil tenu &#224; la main dans les &#171; transports &#187; ou le quotidien de la relation aux autres ou &#224; la table de travail), dans la conception m&#234;me de l'intervention litt&#233;raire (plus besoin qu'on nous invite en biblioth&#232;que ou librairie ou festival : de toute fa&#231;on ils donnent toujours la premi&#232;re place &#224; la zizouille dominante), que nous soit remise la publication, d&#232;s l'&#233;tape de l'improvisation, comme l'&#233;tape de la diffusion, ou de la recommandation, &#224; &#233;chelle personnelle dans le m&#233;dia dominant tout comme, avec les outils de Print On Demand (ma &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/tiers_livre_editeur.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collec Tiers Livre&lt;/a&gt;) la production de livres selon crit&#232;res professionnels de qualit&#233;, voire m&#234;me un peu plus de qualit&#233; que ce qu'est devenue l'&#233;dition marchande, appartient &#224; l'auteur sans autre m&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aborder non plus ici la question qui sursume toutes les autres : en quoi notre intervention YouTube, en tant que forme narrative, participe nativement de notre intervention en tant qu'&#233;criture, donc forme litt&#233;raire en soi, relevant la forme roman, ou l'accomplissant d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste aussi pour moi le myst&#232;re si &#233;trange de tous ces coll&#232;gues auteurs qui se tiennent &#224; distance de tout &#231;a comme si rien au monde n'avait chang&#233;, et qu'on n'avait pas &#224; se moquer au vulgaire : quel mal font &#224; l'ensemble de la communaut&#233; ceux qui ont ainsi d&#233;cid&#233; de se laisser lentement mourir debout, dans leur petit cercueil bien ouat&#233; de l'&#233;dition commerciale, des salons et de la bienveillante presse litt&#233;raire en progressive d&#233;sh&#233;rence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; c'est mon point d'arriv&#233;e : en quoi tout le d&#233;fi nous appartient, parce qu'il nous revient de continuer &#224; &#233;tablir ces formes, &#224; constituer cette masse critique de contenus, alors m&#234;me que pour un petit bout de temps encore on a l'impression d'y &#234;tre bien seuls. Et rappelez-vous : si vous vous abonnez &#224; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/tierslivre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tiers Livre vid&#233;os&lt;/a&gt;, cliquez sur &#171; abonnements invisibles &#187; et je ne saurai m&#234;me pas votre nom, &#231;a devrait vous inciter, non ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Twitter et comment s'en servir</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2931</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2931</guid>
		<dc:date>2015-01-20T19:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>diffusion, r&#233;seaux</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;criture &amp; formes narratives</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;lire &#233;crire veiller sur twitter &#8211; mode d'emploi en 26 notes et remarques, et r&#233;flexions personnelles sur quelques usages (et usagers) remarquables&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;l'espace matos&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;publie.net&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot586" rel="tag"&gt;diffusion, r&#233;seaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot587" rel="tag"&gt;&#233;criture &amp; formes narratives&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2931.jpg?1352733934' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;
&lt;br&gt;&lt;i&gt;Les tweets sont des t&#233;l&#233;grammes d&#233;cachet&#233;s.&lt;br&gt; Bernard Pivot, 25.05.12, 9h04&lt;/i&gt;.
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;i&gt;note du 21/05/2013 &#8211; du &#171; miroir promen&#233; au bord de la route &#187; (Stendhal)&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; toujours de nombreuses arriv&#233;es sur Twitter, hier par exemple ensemble &lt;i&gt;@MartinWinckler&lt;/i&gt; (bravo Marc, plus de 1100 followers en m&#234;me pas 24 heures), ou le grand chef d'Apple, Tim Cook &#8211; et de mon c&#244;t&#233; plus de 9000 followers d&#233;sormais (dont probablement les 4/5&#232;me sous pseudo, ce que j'ai un peu de mal &#224; comprendre : on n'a gu&#232;re l'envie de suivre r&#233;ciproque si on ne sait rien du nouvel abonn&#233;), donc je remets en Une ce billet (sans le modifier, d'ailleurs) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de mon c&#244;t&#233; toujours mon compte principal &lt;i&gt;@fbon&lt;/i&gt; : &#171; je ne comprends pas 8 sur 10 des tweets de FB &#187; twitte un mauvais coucheur que j'ai expuls&#233; puisqu'il n'arrivait pas &#224; le faire lui-m&#234;me : oui, je maintiens que pour moi c'est un espace d'oralit&#233;, et aussi d'abord une sorte de barom&#232;tre des heures, des micro-sensations, col&#232;res comprises s'il faut, espace qui ne trie pas entre les liens que je rep&#232;re et que j'archive, les annonces s&#233;rieuses de mises en ligne et d'articles, et la d&#233;connade avec les copains, et que si Twitter n'&#233;tait pas aussi une &lt;i&gt;fiction&lt;/i&gt; (c'est m&#234;me &#231;a la barri&#232;re de protection et de s&#233;curit&#233;) ce ne serait &lt;i&gt;que&lt;/i&gt; s&#233;rieux et ne m'int&#233;resserait pas ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nous autres, les &#171; vieux &#187; de Twitter, utilisons les diff&#233;rents codes #hashtags RT #ff ou :-) comme des &#233;l&#233;ments de vocabulaire qui peuvent para&#238;tre d&#233;routants, mais est-ce que jongler avec les 140 caract&#232;res et leur fronti&#232;re n'est pas un enjeu qui m&#233;rite de se les approprier ? ce qui me g&#234;ne de mon c&#244;t&#233;, souvent, c'est pour remonter une conversation sur la &lt;i&gt;time line&lt;/i&gt; d'un correspondant : pensez &#224; toujours laisser dans vos r&#233;ponses ou prolongements une trace de ce &#224; quoi ou qui vous r&#233;pondez... &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le compte &lt;i&gt;@publienet&lt;/i&gt; est d&#233;sormais entre les mains de l'&#233;quipe qui assurera la reprise de l'exp&#233;rience, je n'y interviens plus donc allez-y en confiance ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par contre je propulse le compte Twitter de ma revue de fictions en ligne &lt;i&gt;@nerval_fr&lt;/i&gt; et de mon petit blog (presque pas) anonyme science-fiction &lt;i&gt;@habakuk_fr&lt;/i&gt;, bienvenue ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Twitter commence &#224; ins&#233;rer de la publicit&#233; dans les &lt;i&gt;time lines&lt;/i&gt; lorsque vues sur navigateur ou smartphone (je continue &#224; penser que je pr&#233;f&#233;rerais payer un abonnemenrt pour l'incroyable service qu'il me rend, plut&#244;t que de supporter la basse daube du monde sponsoris&#233;) &#8211; avantage de plus &#224; utiliser (sur le MacAir comme sur l'iPhone) l'application &lt;a href=&#034;http://www.echofon.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Echofon Pro&lt;/a&gt;, qui me permet de suivre les tweets sur une petite fen&#234;tre &#224; part de l'&#233;cran, de g&#233;rer mes diff&#233;rents comptes, et depuis peu si on fait &lt;i&gt;Pomme-F&lt;/i&gt; de disposer d'une fonction de recherche exp&#233;diteur/contenu incroyablement commode ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; si vous &#234;tes blogueur, pensez que les &#171; param&#232;tres &#187; de votre compte Twitter vous proposent un &#171; widget &#187; sous forme de bref code Javascript &#224; ins&#233;rer dans votre blog (voir ci-contre) &#8211; par contre, toujours un peu de mal avec les copains qui envoient simultan&#233;ment les m&#234;mes messages sur Twitter et sur Facebook : pour moi ce sont deux plateformes, deux vocabulaires qui ne correspondent pas, et d'ailleurs pas du tout les m&#234;mes correspondants ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; m&#234;me si vous &#234;tes nouveau sur Twitter, pensez, une fois tous les mois ou deux mois, &#224; archiver vos tweets dans un fichier traitement de texte, par simple copier/coller depuis votre navigateur : Twitter propose d&#233;sormais des fonctions d'archivage, mais souvent limit&#233;es &#224; 3000 ou 3600 tweets (je crois), on y arrive vite et c'est pr&#233;cieux pour pouvoir retrouver une id&#233;e, une d&#233;rive, un lien... &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; toujours penser que Twitter est un &lt;i&gt;&#233;change&lt;/i&gt; : sur mon compte principal je ne pourrais pas suivre tous ceux qui me font l'honneur de me suivre, mais trop de nouveaux arriv&#233;s limitent beaucoup trop leur nombre de comptes suivis &#8211; penser que plus vous suivez de correspondants, plus ce souple tissu d&#233;filant sera riche et anim&#233;, et r&#233;ciproque la curiosit&#233; &#224; votre &#233;gard....&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;note du 18/05/2013&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 20 000 visites atteintes pour ce billet, merci !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ne pas oublier de vous servir des listes, pour s&#233;lectionner des th&#233;matiques (ainsi, d&#233;couvrir la liste des &lt;a href=&#034;https://twitter.com/publienet/auteurs-publienet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;70 auteurs publie.net&lt;/a&gt; pr&#233;sents sur twitter), faites-vous liste presse, boulot etc
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Twitter a d&#233;velopp&#233; sous son nom d'excellentes applications gratuites, &#224; t&#233;l&#233;charger aussi sur votre iPhone ou iPad ou KindleFire etc, c'est souvent m&#234;me plus intuitif qu'&#224; l'ordinateur
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lorsqu'on poste une photo par Instagram, votre twitt continuera d'en figurer l'icone, mais elle s'affiche dans votre compte Instagram &#8211; &#231;a ne change pas grand-chose du point de vue de notre usage, mais sur iPhone la plupart des apps photo, et la phototh&#232;que elle-m&#234;me, comportent aussi d&#233;sormais la fonction &lt;i&gt;send to twittter&lt;/i&gt;, la m&#234;me fonction est pr&#233;sente aussi sur Spotify (on reconna&#238;t &#224; petite note de musique &#9835; affich&#233;e dans le twitt)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; vous rep&#233;rez des gens qui vous int&#233;ressent, regardez qui ils suivent, n'h&#233;sitez pas &#224; suivre vous-m&#234;me, il sera facile de se d&#233;sabonner ensuite si ca ne vous convient pas
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Twitter cherche &#224; monnayer ses services (j'en parle ci-dessous, toujours convaincu qu'on serait nombreux &#224; accepter de payer un abonnement pour le service qu'ils rendent...) via des pubs tr&#232;s parasitaires : penser que les applis sp&#233;cifiques (personnellement je me sers d'Echofon Pro, il y a aussi HootSuite, TweetDeck et d'autres) vous en d&#233;barrasseront...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;a &#8211; 4 ans d&#233;j&#224;...&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Il y a exactement 4 ans ce mois-ci (&lt;i&gt;Nota : 21 avril 2008, pr&#233;cis&#233;ment, donc plus de 5 ans d&#233;sormais&lt;/i&gt;) que j'utilise Twitter. Les premiers mois, &#224; peine une petite quinzaine de followers/following, d'ailleurs tous des amis impliqu&#233;s dans le web c&#244;t&#233; &#233;dition num&#233;rique ou biblioth&#232;ques, avec lesquels l'&#233;change &#233;tait d&#233;j&#224; instaur&#233;. Mon outil principal de veille, &#224; l'&#233;poque : &lt;a href=&#034;http://www.netvibes.com/tierslivre#tiers_livre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ma page Netvibes&lt;/a&gt; (toujours en service, mais pas vraiment tenue &#224; jour). A quoi bon un outil qui vous impose une limite aussi stricte et arbitraire, 140 signes (un moment, nous avions forg&#233; le n&#233;ologisme je cencrante, tu centrantes...) et d'audience aussi manifestement r&#233;duite...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;b &#8211; choisir son identifiant&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on se retrouve, 4 ans plus tard, &#224; ne plus s'occuper du nom des gens mais les appeler par leur identifiant twitter (au point que le nom pr&#233;c&#233;d&#233; de l'arobase, &lt;i&gt;@nom&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; repris par Facebook). Vous savez que vous pouvez, sans changer de compte, modifier votre identifiant (mais attention, avec votre nouvelle coiffure, on ne vous reconna&#238;tra pas). Pour les nouveaux arrivants, pensez &#224; bien le choisir : pas trop long pour ne pas manger la moiti&#233; du message retransmis. Et si possible bien rep&#233;r&#233; en retour vers votre blog (ou page Facebook) &#8211; comme sur Facebook, on n'aime pas trop les compl&#232;tement anonymes (et on ne s'embarrasse pas de leur r&#233;pondre). Moi c'est &lt;i&gt;@fbon&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;c &#8211; tout &#231;a pour twitter quoi&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, tout commence par cette question. La petite voix dans le fond de la t&#234;te. Les citations d'un auteur. Vos statuts Facebook, mais &#224; une communaut&#233; plus resserr&#233;e. Votre sp&#233;cialisation en tel domaine. Les liens que vous souhaitez archiver mais que vous ne savez pas o&#249; placer. Participer vous aussi &#224; la fa&#231;on dont s'amusent entre eux vos coll&#232;gues Untel et Untel. Suivre tel politique, tel artiste, telle ligne th&#233;matique sans appara&#238;tre... Et si vous commenciez par renverser la question : dans mes connaissances, lesquels et lesquelles se servent de Twitter ? Et, si je cr&#233;e un compte, qui vais-je trouver dans leurs propres abonn&#233;s/abonnements (&lt;i&gt;followers/followings&lt;/i&gt;) que je connais aussi et dont je vais faire le noyau de mon propre r&#233;seau avec un glorieux message du genre &lt;i&gt;salut j'arrive !&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;d - et vint le hashtag&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la 1&#232;re ann&#233;e d'expansion, le c&#244;t&#233; le plus fascinant pour moi &#231;a a &#233;t&#233; comment les utilisateurs eux-m&#234;mes ont bris&#233; la rusticit&#233; en inventant des outils non pas &lt;i&gt;ext&#233;rieurs&lt;/i&gt; &#224; l'usage de Twitter (les fonctions de la plateforme ont peu chang&#233;, m&#234;me si les &#233;volutions n'en sont pas neutres), mais &lt;i&gt;internes&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;criture m&#234;me. C'est la premi&#232;re fois qu'on d&#233;couvrait qu'un usage interne, r&#233;dactionnel donc, interf&#233;rait avec la logique m&#234;me de l'application. Et la premi&#232;re fut... le &lt;i&gt;#hashtag&lt;/i&gt; bien s&#251;r, &lt;i&gt;#suividunmot&lt;/i&gt; (accepte d&#233;sormais les accents, mais pas les traits d'union et apostrophes). Et qu'alors, en cliquant sur le &lt;i&gt;#suividunmot&lt;/i&gt; s'affichaient tous les messages reli&#233;s &#224; ce mot, que vous en suiviez ou non les utilisateurs. La conversation, et le corpus qu'elle constituait, devient corps collectif d'&#233;criture, et s'&#233;mancipe de ses acteurs m&#234;me. Les &lt;i&gt;#hashtags&lt;/i&gt; devenant donc univers en eux-m&#234;mes : de la fonction utilitaire ci-dessus, s'&#233;largissant au mode pensif, donc un commentaire du texte sur lui-m&#234;me, une double strate d'&#233;criture, m&#233;tadonn&#233;e incluse dans le message m&#234;me &#8211; l'auteur vous informe du registre de son &#233;criture, &lt;i&gt;#fail&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;#encol&#232;re&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;#jedis&#231;ajedisrien&lt;/i&gt;, le m&#234;me usage g&#233;n&#233;rant &#224; son tour un mode collectif, le plus c&#233;l&#232;bre &#233;tant le &lt;i&gt;#jeudiconfession&lt;/i&gt; (pas la peine d'aller voir, je n'ai jamais particip&#233;, mais me souviens d'une heure fabuleuse o&#249;, mangeant seul une pizza un soir dans Louvain-la-Neuve d&#233;sert, j'avais lanc&#233; le hashtag &lt;i&gt;#avanttwitter&lt;/i&gt;, seule la facture de t&#233;l&#233;phone fut moins dr&#244;le !).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;e - le followfriday comme principe d'expansion&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, autre d&#233;viation majeure et quasi native du &lt;i&gt;#hashtag&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;#followfriday&lt;/i&gt; est apparu tr&#232;s t&#244;t comme pratique communautaire. Le vendredi, je transmets une liste de quelques-uns de mes correspondants twitter, &#224; vous de les d&#233;couvrir, et &#233;ventuellement de d&#233;cider de les suivre. Dans la masse profuse des abonn&#233;s, en &#233;largissement exponentiel, une mani&#232;re incr&#233;mentielle de d&#233;velopper des communaut&#233;s d'affinit&#233; et de sens. R&#244;le fondamental, tr&#232;s vite le &lt;i&gt;#followfriday&lt;/i&gt; s'est comprim&#233; en &lt;i&gt;#ff&lt;/i&gt;, et chaque vendredi c'est comme un rendez-vous g&#233;n&#233;ral, cumulable avec des th&#233;matiques : &lt;i&gt;#ff #edinum&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;#ff #mespotes&lt;/i&gt; etc. Je m'y suis astreint comme les autres les premi&#232;res ann&#233;es, comme depuis 1 an je retransmets assez largement les twitts qui m'ont int&#233;ress&#233;, je m'en dispense. Note aux nouveaux twittants : essentiel de participer aux &lt;i&gt;#ff&lt;/i&gt; &#8211; ceux qui en b&#233;n&#233;ficient auront curiosit&#233; de l'&#233;metteur !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;f &#8211; RT &#231;a veut dire quoi ?&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r aussi, l'autre d&#233;viation majeure, d&#232;s l'appropriation de Twitter par ses propres usagers, c'est le &lt;i&gt;RT&lt;/i&gt;. Tout simplement &lt;i&gt;re tweet&lt;/i&gt;. Je retransmets. D'abord une inscription manuelle de la part des usagers : &lt;i&gt;je me permets de faire suivre &#224; mes correspondants cette information Twitter &#233;manant de @...&lt;/i&gt; (allez, disons &lt;i&gt;@jafurtado&lt;/i&gt; pour l'exemple !). Et tout cela en deux lettres : la plateforme n'a eu ensuite qu'&#224; int&#233;grer les lettres &lt;i&gt;RT&lt;/i&gt; en t&#234;te des messages sous le bouton &lt;i&gt;faire suivre&lt;/i&gt;. Meilleure fa&#231;on aussi de donner un coup de pouce &#224; un compte que vous trouvez int&#233;ressant ou pertinent, et rester toujours attentif aux comptes retwitt&#233;s par vos amis. Le &lt;i&gt;RT&lt;/i&gt; ce n'est pas &lt;i&gt;seulement&lt;/i&gt; un contenu informatif : c'est l&#224; aussi un tenseur sp&#233;cifique dans la constitution diff&#233;renci&#233;e des communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;g &#8211; reply, je te cause&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La fonction &lt;i&gt;reply&lt;/i&gt; est la plus &#233;l&#233;mentaire, mais... Pour m'adresser sp&#233;cifiquement &#224; quelqu'un, je commence mon message par l'@ du destinataire... Il d&#233;tectera la pr&#233;sence du message m&#234;me s'il n'est pas abonn&#233; aux miens (ce qui ne le contraint pas &#224; r&#233;pondre, d'ailleurs). Paradoxe : il lui est donc explicitement destin&#233;, mais sera lisible par l'ensemble de mes destinataires. Conversation priv&#233;e dans un espace public, gens qui parlent dans un parc, conversation surprise dans une gare, &#233;cout&#233;e par inadvertance &#224; une terrasse, parfois dans la vie r&#233;elle on trouve &#231;a impoli. Donc on se m&#233;fie de l'impolitesse : tout message avec destinataire particulier, quand &#233;mis dans la sph&#232;re publique, tient compte de cette &#233;coute collective. Mais d'un oeil, quand d&#233;fileront mes twitts, j'aurai rep&#233;r&#233; qu'Untel discute avec Untel et que je n'ai pas besoin de m'en m&#234;ler, ou bien, au contraire, que cette discussion est susceptible de me concerner, et qu'&#224; cliquer sur l'&lt;i&gt;@adresse&lt;/i&gt; de tel ou tel protagoniste je remonterai facilement le fil de la discussion. L&#224; encore, &#224; nouveau, le corpus engendr&#233; par l'accumulation collective des messages d&#233;finissant un objet d'investigation et d'information totalement &#233;mancip&#233; de la limite des 140 caract&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;h &#8211; 140 caract&#232;res &#231;a ne fait pas trop ?&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Est-elle pr&#233;judiciable, cette limite des 140 caract&#232;res. On se souvient de remarques assez d&#233;biles d'Antoine Gallimard, opposant la composition d'un Pl&#233;iade &#224; la contrainte &lt;i&gt;pauvre&lt;/i&gt; des 140 caract&#232;res. Pourtant, combien de totalit&#233;s-textes de Ren&#233; Char (&lt;i&gt;La lucidit&#233; est la blessure la plus rapproch&#233;e du soleil&lt;/i&gt; : 56 caract&#232;res, en reste 84) ou de Michaux, par dizaines, se suffisent de cet espace-l&#224; ? On a vu fleurir pendant un temps des applications qui permettaient d'&#233;crire hors de cette limite (la plus utilis&#233;e fut, et reste peut-&#234;tre, TwitLonger) : alors, en bout du twitt originel, figurait le lien pour acc&#232;s au prolongement. Un clic de plus et tout est d&#233;peupl&#233; : la passivit&#233; et la r&#233;sistance collective en ont eu raison assez vite. Attention &#224; vous : dans les p&#233;riodes d'utilisation intense, on peut se mettre &#224; penser en 140 caract&#232;res, &#224; se r&#233;diger soi-m&#234;me en fragmentation twitter. L&#224; mieux vaut s'arr&#234;ter 5 minutes &#8211; ce n'est pas plus addictif que n'importe quelle autre utilisation Internet, pas moins non plus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;i &#8211; v'l&#224; la suite&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Autre mode de d&#233;passement : la suite de twitts sur le m&#234;me sujet. Alors on annonce &#224; la fin du premier message &lt;i&gt;... 1/2&lt;/i&gt; en choisissant bien la coupe, et le second commencera par &lt;i&gt;2/2...&lt;/i&gt;. R&#233;guli&#232;rement besoin de cette forme lorsqu'il s'agit d'une id&#233;e pr&#233;cise et complexe &#224; ins&#233;rer dans une discussion collective. Sachant combien elle change le rapport imm&#233;diat &#224; la lecture, nous en usons avec pr&#233;caution.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;j &#8211; d&#233;velopper un texte&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Autre chose le corpus nativement d&#233;fini comme continuit&#233;. &lt;i&gt;@crouzet&lt;/i&gt; avait d&#251; &#234;tre un des initiateurs, il y a 3 ans, en &#233;crivant son &lt;i&gt;Croisade&lt;/i&gt; phrase apr&#232;s phrase via des messages Twitter. Depuis, suivre par exempe &lt;i&gt;@gvissac&lt;/i&gt; mais il y en a tant d'autres. Le &lt;i&gt;live tweet&lt;/i&gt; (&#233;criture en temps r&#233;el) permettant &#224; chaque s&#233;rie d'int&#233;grer en cours de route les effets de lecture g&#233;n&#233;r&#233;s, et se d&#233;caler arbitrairement ou conqu&#233;rir un espace suppl&#233;mentaire &#224; mesure de ces retours, g&#233;n&#233;ralement &#233;crits depuis le train. G&#233;n&#233;ralement aussi, je terminais chaque s&#233;rie avec 5 &#224; 8 followers en moins, cause saturation de leur &lt;i&gt;TL&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;time line&lt;/i&gt;), mais &#231;a, c'est la grande libert&#233; de twitter, voir point suivant. En tout cas, le d&#233;ploiement d'&#233;criture s&#233;quentielle sur Twitter ne peut pas &#234;tre consid&#233;r&#233; ind&#233;pendamment de ce curseur temps extr&#234;mement r&#233;duit dans le rapport &#233;criture-publication, qui est pourtant, lui, une permanence du geste &#233;ditorial. Seule affirmation : on n'est qu'&#224; l'aube des exp&#233;riences possibles en installant le curseur de micro-publication dans l'atelier m&#234;me de l'auteur, et son temps pr&#233;cis d'&#233;criture. Twitter refl&#232;te votre vie quotidienne : introduisez un l&#233;ger d&#233;calage, et la fiction induite aura toute l'autorit&#233; du r&#233;el. Twitter, en induisant alors son propre appel de lecture, se constituant lui-m&#234;me en objet fiction.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;k &#8211; &#224; propos d'une remarque de Bernard Pivot&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et donc : qui suivre ? C'&#233;tait une r&#233;flexion cette semaine de &lt;i&gt;@BernardPivot1&lt;/i&gt;... La popularit&#233; de BP lui a permis de conqu&#233;rir en quelques mois (j'ai d&#251; &#234;tre son 18&#232;me follower) un public consid&#233;rable, qui donne bien la taille potentielle des utilisateurs de Twitter en France aujourd'hui, m&#234;me si &#231;a nous para&#238;t ridicule lorsqu'on s'en va suivre le fil Twitter de Patricia Cornwell ou autre auteur US... BP (ce matin, 48 679 followers) suit un nombre tr&#232;s restreint de fils Twitter et c'est son droit. D'autant qu'il utilise l'expression &lt;i&gt;mes lecteurs&lt;/i&gt; prouvant qu'il est attentif aux &lt;i&gt;mentions&lt;/i&gt;, lorsque le retour fait sur un de ses messages inclut bien s&#251;r sa propre adresse. Sa s&#233;quence originelle (10.05.12, 8h24 -&gt; 8h37) :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
J'ai 37 abonnements. Je m'oblige &#224; trouver le temps chaque jour de lire tous leurs tweets et retweets. Parfois je suis d&#233;bord&#233; ...
&lt;p&gt;Alors comment font les twitteurs et twitteuses qui ont plusieurs centaines d'abonnements ? Impossible qu'ils lisent tout ce qu'ils re&#231;oivent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a les tweets de mes 37000 abonn&#233;s. Qui se posent comme des vols d'oiseaux. Prendre le temps de les lire tous, bien s&#251;r...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...Mais comment r&#233;pondre &#224; tous ceux qui me posent une question ? Impossible. Je fais ce que je peux. Au hasard la chance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;BP serait magnifique cas d'&#233;cole pour la tr&#232;s rapide compr&#233;hension de twitter qu'il a manifest&#233;e, intuitive puisque sans pratique web associ&#233;e (jamais vu de lien dans ses messages, par exemple) : apparemment &#233;crits sur iPad dans sa 1&#232;re heure d'activit&#233; quotidienne, des s&#233;quences continues (ses lectures en cours, depuis 2 jours sur une biographie de Fran&#231;oise Sagan, ce ne sont pas mes propres lectures, mais ce filtre &#8211; qui n'est pas critique, mais la pr&#233;paration de la critique &#8211; devient en lui-m&#234;me une lecture), des messages d'une politesse sans faille (&lt;i&gt;Excellent dimanche &#224; tous&lt;/i&gt;) qui t&#233;moignent de la parfaite conscience &#224; avoir de l'&lt;i&gt;adresse&lt;/i&gt; publique, acceptation d'un acc&#232;s et disponibilit&#233; perso sur tel et tel probl&#232;me qui lui est soumis (voir &lt;i&gt;fait-tout&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;faitout&lt;/i&gt; !), une pluralit&#233; de registres o&#249; on d&#233;finit soi-m&#234;me son propre paysage. Moi c'est la guitare basse, chez Pivot il y a les vins et l'oenologie, th&#232;me qui ne m'int&#233;resse pas et le foot encore moins, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; dans le paysage que vous construisez qui est votre garantie d'ind&#233;pendance. Non, la lecture Twitter n'est pas la lecture livre : la notion de &lt;i&gt;lire tout&lt;/i&gt; n'a pas sens. C'est une lecture verticale : on transperce les lieux textuels qui nous semblent receler une accumulation qui nous concerne, et c'est cette accumulation reconstitu&#233;e qui deviendra, elle, l'enjeu de la lecture dense, et &lt;i&gt;&#233;quip&#233;e&lt;/i&gt; de liens vers ses sources. Encore que la lecture livre accepte elle aussi (&#171; On reconna&#238;t un grand livre &#224; ce qu'on n'y saute jamais les m&#234;mes passages &#187;, disait Barthes) le balayage et, les typographes le savent bien, une approche graphique de surface avant m&#234;me la construction mentale de la lecture lin&#233;aire. La lecture balayage est s&#233;lective &#224; la vitesse m&#234;me de ce balayage. Je rep&#232;rerai tr&#232;s vite un message Pivot qui m'int&#233;resse, clique alors sur son nom, s&#233;lectionnant l'ensemble de ses messages du jour, ou des derniers jours, et jamais je n'aurai l'id&#233;e d'en faire lecture int&#233;grale, puisque ce m&#234;me focus laisse clairement para&#238;tre ce qui m'int&#233;resse, langue et litt&#233;rature, et ce qui ne m'int&#233;resse pas, lui le foot comme moi la guitare basse. Bernard Pivot ignore probablement l'existence de Jah Wooble, et &#231;a ne m'emp&#234;che pas de lire ses tweets.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;l &#8211; time line et lecture globale&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Corollaire donc : &#224; quoi sert de &lt;i&gt;suivre&lt;/i&gt; si je ne lis pas ? J'ai un usage cons&#233;quent de Twitter, tout simplement parce que j'ai l'impression de ne pas &#234;tre au bout de ma curiosit&#233;, et que l'outil &#233;volue lui-m&#234;me, y compris par l'expansion continue de son nombre d'usagers. Lorsque j'&#233;tais au Qu&#233;bec, &#224; partir de 18h disparaissaient progressivement les twitts fran&#231;ais, mais restaient les twitts des insomnieux. Moi qui ne suis pas insomnieux (j'&#233;cris le matin), me retrouvais dans une compagnie que je suis bien en peine de retrouver actuellement (n'est-ce pas &lt;i&gt;@cgenin&lt;/i&gt;). Par contre, les soirs-twitt au Qu&#233;bec avaient un c&#244;t&#233; Am&#233;ricains entre eux dont je suis priv&#233; d&#233;sormais, sauf &#224; faire recherches sp&#233;cifiques. Quand j'ouvre ma bo&#238;te twitter apr&#232;s une interruption de plusieurs heures (c'est quand m&#234;me fr&#233;quent, malgr&#233; les apparences), je ne pratique donc jamais une lecture int&#233;grale de ma &lt;i&gt;time line&lt;/i&gt; depuis derni&#232;re interruption, m&#234;me si l'iPad m'obligera &#224; la survoler. J'ai confiance dans le fait, justement &lt;i&gt;parce que&lt;/i&gt; je suis un nombre de fils important, que le collectif aura su r&#233;percuter (les RT) les discussions, liens, rep&#232;res essentiels, et qu'une discussion qui prend de l'importance se d&#233;ploiera dans le temps, recroisera donc ce moment o&#249; je rouvre ma bo&#238;te. De m&#234;me que tout &#224; l'heure la conversation priv&#233;e dans un espace public, le &lt;i&gt;brouillard&lt;/i&gt; de messages s'appr&#233;hende globalement, et cr&#233;&#233;e un effet de lecture global &#224; partir duquel je construirai r&#233;trospectivement quelques d&#233;filements lin&#233;aires de lecture. Faites l'exp&#233;rience, laissez votre compte monter &#224; 250 abonnements (et vous aurez vite, d'ailleurs, autant d'abonn&#233;s) : il me semble que c'est le moment o&#249; la masse critique de fils suivis engendre un bon &lt;i&gt;mix&lt;/i&gt; d'utilisation veille, curiosit&#233;, d&#233;couvertes...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;m &#8211; qui suivre, ou pr&#233;f&#233;rer ne pas&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Alors, qui je suivrai, et qui je ne suivrai pas ? J'ai conscience que j'ai du mal &#224; suivre les twitteurs envahissants, et pourtant il m'arrive moi-m&#234;me de l'&#234;tre, voire m&#234;me, sur une journ&#233;e pass&#233;e en continu &#224; l'ordi, d'&#234;tre mont&#233; &#224; 50 messages ou &lt;i&gt;RT&lt;/i&gt;. J'estime n&#233;cessaire que ma &lt;i&gt;time line&lt;/i&gt; fonctionne comme une fen&#234;tre ouverte. Le plus souvent, j'ai pris connaissance de contacts &#224; moi inconnus parce qu'ils avaient eux-m&#234;mes retransmis mes propres messages. Dans ce cas-l&#224;, oui, j'ajoute. Si c'est une personne qui ne me suit pas, je m'en dispenserai plus facilement. Il y a des fils que je suis avec m&#233;fiance, voire parfois d&#233;sagr&#233;ment, mais sachant qu'eux me lisent je les maintiens. Je n'aime pas, non plus, les gens qui relancent pendant trois jours, &#224; heures diff&#233;rentes, le m&#234;me message &#8211; me fait penser &#224; ces ces grands-m&#232;res qui veulent absolument qu'on reprenne 3 fois de la soupe. Par contre, j'ai d&#233;cid&#233; une fois pour toutes que Twitter ce n'&#233;tait pas pour me prendre la t&#234;te. Si les messages sont d&#233;sagr&#233;ables &#224; mon &#233;gard, au revoir et on se retrouvera quand les temps seront meilleurs. Et s'il s'agit d'attaques intentionnelles (ce qui n'a rien &#224; voir avec la multiplicit&#233; des d&#233;bats en cours, o&#249; les positions ne convergent pas, heureusement), j'utilise assez vite la fonction &lt;i&gt;block&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire qu'ils peuvent dire tout ce qu'ils veulent sur moi, je ne l'apprendrai m&#234;me pas. N'en reste pas moins, et c'est ou c'&#233;tait pareil de Facebook, chaque utilisateur est une somme de communaut&#233;s qui diff&#232;re des communaut&#233;s de chacune de ses propres affinit&#233;s. Dans ma &lt;i&gt;veille&lt;/i&gt;, il y a ce qui concerne la litt&#233;rature, ce qui concerne l'&#233;dition num&#233;rique (pas la m&#234;me chose !), la musique, et bien s&#251;r ceux qui utilisent Twitter comme outil de cr&#233;ation en tant que tel (ce qui pour moi n'est qu'&#233;pisodique). Je suis des gens avec qui je n'ai aucune affinit&#233; politique, ou encore moins th&#233;ologique (les infos Rolling Stones du directeur des &#201;chos, ou le pr&#234;tre de Cherbourg qui live-twitte sa propre messe), mais parce que cette implication vous rejoint de fa&#231;on libre et s&#233;lective, susceptible m&#234;me de cr&#233;er &#224; terme des amiti&#233;s &lt;i&gt;r&#233;elles&lt;/i&gt; : oui, ma vie sociale s'est en partie d&#233;velopp&#233;e, ces derni&#232;res ann&#233;es, depuis mes pratiques &lt;i&gt;virtuelles&lt;/i&gt; et je trouve cela tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;n &#8211; miracles du live tweet&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, justification &#224; soi seul, l'&#233;tonnant d&#233;veloppement du &lt;i&gt;live tweet&lt;/i&gt;. Lorsque c'est r&#233;ussi, on peut assister de chez soi &#224; un d&#233;bat tenu &#224; Montr&#233;al, y intervenir. Dans certains de ces colloques, le fil du &lt;i&gt;#hashtag&lt;/i&gt; Twitter est projet&#233; en direct. Nos propres interventions vont donc influer en retour sur la discussion. Et lorsque vous &#234;tes dans la salle vous-m&#234;me, en quelques minutes vous aurez rep&#233;r&#233; qui est pr&#233;sent et twitte, l'occasion de rencontrer celle ou celui qui pour vous n'&#233;tait qu'un identifiant, et, en m&#234;me temps qu'avance l'orateur, on &#233;changera liens, &#233;bauches de critiques ou prolongements... Rien &#224; en conclure : sauf que, dans n'importe quel rassemblement, et &#224; &#233;chelle m&#234;me d'une r&#233;union, cette possibilit&#233; de messages individualis&#233;s, ou d'un espace messages parall&#232;les &#224; l'espace parole, int&#232;gre de plus en plus le cahier des charges pr&#233;alables. Je r&#233;ponds d&#233;sormais rarement aux propositions que je re&#231;ois d'interventions ou d&#233;bats ou ateliers ou autres, si mon correspondant n'est pas sur Twitter, parce que j'ai l'impression que professionnellement ce sera du d&#233;but &#224; la fin p&#233;daler dans la semoule. Ouverture par contre sur l'espace enseignement : &#224; Louvain, pendant la phase d'&#233;criture individuelle des ateliers, la relation animateur-&#233;crivants se maintenait par Twitter, parce qu'on peut &#233;crire et twitter, la t&#234;te n'arr&#234;te pas, et l'apport technique de twitter c'est de supprimer le saut technique dans la publication de ce &lt;i&gt;back-office&lt;/i&gt; personnel... A SciencesPo, je suis bien conscient que la nouveaut&#233; cette ann&#233;e, y compris par rapport &#224; l'an dernier, c'est que les &#233;tudiants consid&#232;rent comme l&#233;gitime d'avoir leur t&#233;l&#233;phone pos&#233; verticalement contre l'&#233;cran de l'ordi portable, pendant le cours m&#234;me. Nous l&#233;gitimons ensemble que l'&#233;mission r&#233;ception de messages sociaux, pendant un travail collectif, n'est pas une impolitesse mais une extension de la densit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;o &#8211; Echofon, Tweetdeck et autres applis&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, Twitter c'est Echofon (et m&#234;me, Echofon Pro). Disposer d'un vrai outil rapide, simple et fiable pour Twitter, un outil d&#233;di&#233; et non pas votre navigateur via le site twitter.com. Autre tenseur majeur dans le d&#233;veloppement de Twitter, c'est comment la rusticit&#233; m&#234;me (les 140 caract&#232;res) le pr&#233;disposaient au portage et consultation sur l'ensemble de nos propres vecteurs d'usage, donc le t&#233;l&#233;phone, la tablette, l'ordi de passage. Le d&#233;veloppement de Twitter s'est effectu&#233; lorsque nous avons cess&#233; de le consulter comme un onglet de notre navigateur. N'h&#233;sitez pas ci-dessous &#224; faire retour de vos propres usages, il me semble que 2 applis se d&#233;gagent : Echofon et TweetDeck. Pour les 2, possibilit&#233; de gestion multicompte tr&#232;s simple (pour moi, par exemple, alterner entre compte &lt;i&gt;@publienet&lt;/i&gt; qui ne reprendra que les strictes infos concernant nos publications, et le compte perso &lt;i&gt;@fbon&lt;/i&gt;), et surtout consultation sur fen&#234;tre d&#233;di&#233;e. Cela veut dire que sur mon &#233;cran de travail, avec son multi-fen&#234;trage, je d&#233;cide moi-m&#234;me de la taille &#224; donner &#224; la petite fen&#234;tre Echofon. Je verrai les arrivages twitts se faire sans que cela me d&#233;range, mais un petit chiffre en haut des mentions indiquera si ces messages me concernent directement. Echofon fonctionne avec publicit&#233;s incluses, et j'ai pay&#233; 20$, il y a bient&#244;t 3 ans, pour la version Pro, avec portage sur l'iPhone et sur l'Pad. Si j'&#233;tais aux commandes de cette bo&#238;te, je proposerais que, pour le m&#234;me prix, ce soit 20$ par an, et compte tenu du service apport&#233;, je ne trouverais m&#234;me pas cela cher.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;p &#8211; se faire des listes et s'en servir&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;listes&lt;/i&gt; Twitter sont ici d'une aide consid&#233;rable. Je n'ai pas &#224; suivre les personnes concern&#233;es, mais les listes transforment Twitter en agr&#233;gateur sommaire. Liste &lt;i&gt;presse&lt;/i&gt; et vous reconstituerez un fil d'actu par th&#232;mes. Liste &lt;i&gt;auteurs @publienet&lt;/i&gt; et j'ai l'ensemble de ce qu'ils ont publi&#233;. Je n'ai aucune id&#233;e de comment vous utilisez vous-m&#234;me les listes ? Personnellement, paresse plut&#244;t, je me contente de ma &lt;i&gt;time line&lt;/i&gt;. Pourtant, souvent je me dis : allez tu t'y colles, une liste &lt;i&gt;#bibs&lt;/i&gt;, une liste &lt;i&gt;#presse_litt&lt;/i&gt;, une liste &lt;i&gt;#tribu&lt;/i&gt; etc... Mais c'est facile aussi de se servir de celles des autres, puisque vous pouvez choisir qu'elles soient publiques ou priv&#233;es. De tout &#231;a on prend vite l'habitude. Jamais Twitter n'aurait pris un tel d&#233;veloppement sans ce premier constat : outil formidable pour trouver instantan&#233;ment l'aiguille dans la meule de foin (hommage &lt;i&gt;@affordance_info&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;q &#8211; j'ai pas le temps&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Twitter est-il invasif ? Evidemment, la premi&#232;re r&#233;ponse c'est qu'on ne peut le savoir pour soi-m&#234;me. Il peut m'arriver de passer une apr&#232;s-midi enti&#232;re ou toute une heure de train sur Twitter, &#224; suivre paresseusement les liens ou en propulser d'autres. Mais probablement j'aurais perdu mon temps d'une autre fa&#231;on si ce n'avait pas &#233;t&#233; via Twitter. Cette d&#233;soccupation de soi-m&#234;me a toujours &#233;t&#233; pour moi partie int&#233;grante du travail lui-m&#234;me. Je perds du temps &#224; twitter : mais quand je lisais les journaux papier, est-ce que je consid&#233;rais que c'&#233;tait perdre mon temps ? Je crois que mon &lt;i&gt;temps social&lt;/i&gt; est globalement stable, se retire de lui-m&#234;me d&#232;s que je suis au travail, mais que le fait nouveau c'est que veille informationnelle (les fils presse), veille affective et sociale (les copains, voire m&#234;me la famille), veille professionnelle (&#233;dition num) et, r&#233;ciproquement, mes propres &lt;i&gt;modes d'&#233;mission&lt;/i&gt; passent par la m&#234;me petite fen&#234;tre-outil, c'est la communaut&#233; r&#233;ceptrice qui en pratique la s&#233;lection, comme je la pratique moi-m&#234;me. Le web n'est pas pour moi un temps &lt;i&gt;en plus&lt;/i&gt;, il est simplement un outil de publication, sans manipulation sp&#233;ciale, de ce qui passe par la t&#234;te et l'aurait fait de toute fa&#231;on &#8211; une radio int&#233;rieure, sauf que l&#224; on autorise aussi quelques autres &#224; l'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;r &#8211; messages priv&#233;s&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ce qui am&#232;ne &#224; parler de la 3&#232;me identification propos&#233;e par Echofon ou Tweetdeck, les messages priv&#233;s. Sp&#233;cificit&#233; de Twitter : on ne peut adresser un message priv&#233; qu'&#224; une personne qui vous suit. Sinon, on doit d'abord lui demander publiquement de nous communiquer son e-mail, ou de bien vouloir nous suivre pendant quelques heures. J'ai un jeu convenu de longue date avec un ami qui occupe poste &#224; responsabilit&#233; dans l'&#233;dition traditionnelle, mais qui n'a pas le droit para&#238;t-il de s'exprimer publiquement : il ne m'&#233;crit que par messages priv&#233;s, et je ne lui r&#233;ponds que par messages publics. Mais pourquoi pas, c'est encore bien moins invasif que le t&#233;l&#233;phone dont je ne me sers jamais plus. Je ne sais pas si pour aucun de nous c'est d&#233;j&#224; devenu un usage stable : utilisation radicalement simple, on &#233;crit un message sous la forme &lt;i&gt;d fbon as-tu re&#231;u mes corrections&lt;/i&gt;, donc la lettre d suivi de l'identifiant sans @ &#8211; et je ne sais plus du tout &#224; quel moment cette fonction a &#233;t&#233; ajout&#233;e &#224; Twitter. Par contre, dans le travail &lt;i&gt;rapproch&#233;&lt;/i&gt;, &#233;quipe publie.net par exemple, ou ma r&#233;sidence &#224; Saclay, les messages priv&#233;s remplacent le contact mail. Large soulagement, &#231;a va plus vite, c'est tra&#231;able (toute la conversation r&#233;appara&#238;t d'un clic). Par contre, plus difficile &#224; retrouver ensuite. On alterne et on compl&#232;te comme on peut. Mais je dois bien constater : dans le quotidien du boulot, le &lt;i&gt;DM&lt;/i&gt; (direct message, bizarre que nous traduisions par &lt;i&gt;message priv&#233;&lt;/i&gt;) prend une place grandissante. En tout cas, l'utilisation que nous faisons de la section &lt;i&gt;DM&lt;/i&gt; comme plateforme de discussion instantan&#233;e, alors que nous avons d'autres outils pour cela, tout aussi gratuits et performants, est un nouveau d&#233;tournement bien curieux de Twitter...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;s &#8211; Twitter pour les photos&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et donc l'usage de Twitter en mobilit&#233;. Esclavage suppl&#233;mentaire ? C'&#233;tait plut&#244;t avant, lorsque n'importe quelle sortie ou s&#233;ance de travail nous s&#233;parait de notre connexion. M&#234;me s'il ne se passe rien, mieux vaut le savoir ! Hors plaisanterie, ce qu'on peut g&#233;rer du quotidien se fait directement via l'iPhone, point 1. Mais imm&#233;diatement, le point 2 : ce que je vois, ce que j'entends, peuvent imm&#233;diatement &#234;tre retransmis &#224; mes abonn&#233;s. Si je suis chez moi &#224; l'ordi, ce sera des liens, des trucs qui passent par la t&#234;te, mais pas grand-chose d'autre. Si je suis dans la rue, dans le train, les signes m&#234;me deviennent langage transmissible. J'ai toujours pens&#233; Twitter comme une sorte de radio personnelle, mais une radio dont le texte serait le m&#233;dia. Tr&#232;s vite, TwitPic a compris l'int&#233;r&#234;t &#224; se greffer sur l'appli principale : une photographie prise avec l'iPhone &#233;tait suffisamment comprim&#233;e pour &#234;tre transmise par Twitter. Instagram a rajout&#233; quelques filtres pour rendre identifiable plus vite traitement et format, et un algorithme de compression qui limitait radicalement le nombre de clics et manipulation. Je prends et exp&#233;die l'image du m&#234;me geste. Echofon g&#232;re avec grande simplicit&#233; de joindre des images aux messages, et sur Instagram je choisis envoi Twitter, envoi Facebook ou les deux &#8211; c'est rarement indiff&#233;renci&#233;, pour moi qui utilise les deux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;t &#8211; un compte, ou plusieurs comptes ?&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Aucun de nous pour &#233;chapper &#224; la salade. Pour moi &#231;a reste relativement simple, mais pour &lt;i&gt;@GuenaelB&lt;/i&gt;, qui pilote &#224; titre professionnel &lt;i&gt;@remuenet&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;@livreaucentre&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;@cequisecret&lt;/i&gt; et d'autres, parfois 3 fois le m&#234;me message sous des identifiants diff&#233;rents. Et c'est parfaitement simple &#224; g&#233;rer depuis Echofon ou Tweetdeck. De mon c&#244;t&#233;, l'identifiant &lt;i&gt;@fbon&lt;/i&gt; devient comme une carte de visite personnelle et compl&#232;te, et &lt;i&gt;@publienet&lt;/i&gt; strictement r&#233;serv&#233; &#224; l'activit&#233; &#233;dition num&#233;rique. J'ai aussi un compte &lt;i&gt;#Rolling50Stones&lt;/i&gt; que je voulais consacrer &#224; mon dada Stones (et pr&#233;paration version num&#233;rique de ma bio, &#224; l'approche sur publie.net), finalement il reste en friche. R&#233;cemment, l'ami &lt;i&gt;@christogrossi&lt;/i&gt; &#233;tait tout d&#233;pit&#233; que je n'aie pas r&#233;ussi &#224; identifier un compte fictif qu'il anime, et que para&#238;t-il je suis sans savoir qu'il &#233;mane de lui, et toujours pas r&#233;ussi &#224;. Quel lien entre &lt;i&gt;@athanorster&lt;/i&gt; et le compte d'un personnage de roman, &lt;i&gt;@ditakepler&lt;/i&gt; ? Alors, sous votre nom, ou plut&#244;t un compte unique selon la fonction, comme &lt;i&gt;@kafkawelt&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;@variations_zoo&lt;/i&gt; &#233;manent du m&#234;me auteur ? Je sais, exp&#233;rimentalement, que je pr&#233;f&#232;re suivre un fil global li&#233; &#224; une personne, m&#234;me sachant la grande diversit&#233; de ses registres d'intervention : je ne m'int&#233;resserais pas &#224; l'estampe ancienne si je ne suivais pas &lt;i&gt;@remimathis&lt;/i&gt; pour ce que Wikipedia contraint &#224; penser au quotidien sur la libert&#233; web qui nous concerne tous (mais &#233;videmment l&#224; je pourrais citer 50 comptes...) &#8211; et ce serait vraiment dommageable pour moi que R&#233;mi s&#233;pare son activit&#233; Twitter entre son activit&#233; de conservateur dans l'estampe, probablement en ce cas cela disparaissant de mon champ, et sa r&#233;flexion ou critique num&#233;rique... Mais bon, un petit compte anonyme, c'est comme un blog h&#233;t&#233;ronyme, parfaitement idoine &#224; une suivie discr&#232;te de ceci ou cela, et quelques billes parasites dans le jeu de quilles quand il faut &#8211; on n'en pas fini non plus de l'&#233;tude th&#233;orique de l'anonymat comme fluidifiant du web...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;u &#8211; la langue reste la langue&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'est un twitt d'Alain Veinstein (&lt;i&gt;@AVeinstein&lt;/i&gt;) hier soir :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Demande d'&#233;claircissements sur la place et le r&#244;le &#233;ventuel de la ponctuation sur Tweeter.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et je n'ai pas su r&#233;pondre. L'arriv&#233;e d'Alain sur Twitter &#233;tait impr&#233;vue, dans la mesure o&#249; son espace radio est fait d'intimit&#233;, de silence, de temps non d&#233;coup&#233; (toujours associ&#233; &#224; la nuit, m&#234;me si enregistr&#233; en amont). Pourtant, pour lui aussi, m&#234;me au bout de quelques semaines, grande diversit&#233; des interventions, depuis l'annonce de l'&#233;mission du soir aux choses de la rue, ou &#224; celles directement li&#233;es &#224; l'&#233;criture. Pourquoi cesserait-on d'&lt;i&gt;&#233;crire&lt;/i&gt; parce qu'on est sur Twitter ? Cette pr&#233;cision de la langue est &#233;videmment le premier socle, et je comprends la violence que peut exercer &#224; distance un mode d'utilisation comme celui que nous partageons, anciens du twitt avec nos habitudes herm&#233;tiques. Pour moi, un twitt est un code, et &#8211; comme tout message informatique &#8211; je lis le code en m&#234;me temps que la langue. La sp&#233;cificit&#233; de Twitter (contrairement &#224; Facebook, o&#249; la plateforme se charge de la gestion int&#233;grale du code), c'est encore sa rusticit&#233; : nous int&#233;grons dans le corps du message les &#233;l&#233;ments qui en identifient la lecture. Si j'utilise &lt;i&gt;reply&lt;/i&gt;, comment mon interlocuteur saurait &#224; quoi je r&#233;ponds, parmi ses derni&#232;res &#233;missions ? Si j'utilise &lt;i&gt;Retweet&lt;/i&gt;, je transmets son message &#224; mes abonn&#233;s, mais sans r&#233;pondre ni commenter. J'utilise donc &lt;i&gt;Retweet with comment&lt;/i&gt;, et l&#224; commence la difficult&#233; : le droit de toucher au texte initial, pour ne garder que ce qui permettra d'identifier le th&#232;me de l'&#233;change (puisque l'adresse de l'&#233;metteur initial est incluse, toujours possible de retrouver le message originel int&#233;gral), et surtout une diff&#233;renciation claire de ce qui est mon intervention personnelle, par rapport &#224; ce message. Pour ma part, j'utilise une barre verticale (sur Mac Alt-MAJ-L). Mais bien conscient que nous &#233;crivons en &lt;i&gt;logogryphe&lt;/i&gt;, comme ces traditions manuscrites qui survivaient dans les 1ers temps de l'imprim&#233; (en tout cas, dans le &lt;i&gt;Pantagruel&lt;/i&gt; de 1532). Il y a une fonction ludique dans la contrainte des 140 caract&#232;res, on d&#233;passe de 3 ou 5, on doit rabioter, c'est souvent en jouant sur les abr&#233;viations, pkoi c bien svt pdt, quelle atteinte &#224; la langue... Et cela commence d&#232;s le statut du twitt : vous &#233;crivez &#224; titre personnel, donc &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; un message qui sera initi&#233; par votre identifiant, donc se lira en &lt;i&gt;il&lt;/i&gt;. Que signifie parler &#224; la 3&#232;me personne ? L'assumons-nous comme s'il s'agissait d'une personne ext&#233;rieure, contournons-nous le probl&#232;me en &#233;vitant les formes verbales sujet (certains sont tr&#232;s forts &#224; &#231;a), ou bien ou bien... Peut-&#234;tre finalement que la &lt;i&gt;netiquette&lt;/i&gt; suffit, citer et abr&#233;ger sans d&#233;former, utiliser du code convenu avec son destinataire sans en faire un hi&#233;roglyphe ind&#233;chiffrable pour le visiteur de passage, alors m&#234;me que selon les heures, il s'agit d'un mini rendez-vous &#224; 3 ou 4 o&#249; vous discutez sur Twitter comme sur une place vide, entre vous...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;v &#8211; pourquoi j'ai si peu d'abonn&#233;s&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Commencer sur Twitter. Les r&#233;seaux vivent comme le web et toutes autres concr&#233;tions de formation rapide en p&#233;riode de transition. Google + semble en voie d'essoufflement rapide, pourtant avec 2 id&#233;es (int&#233;gration des services Google et du mail autour d'une identit&#233; passerelle d'une part, s&#233;paration des registres de communaut&#233;, via leurs &lt;i&gt;cercles&lt;/i&gt;, d'autre part) qui le diff&#233;renciaient a priori suffisamment de Facebook... Il y a LinkedIn, SeenThis et d'autres. Donc se dire : je reste dans Twitter pour sa possibilit&#233; de d&#233;nominateur commun, associ&#233; &#224; tous les risques inh&#233;rents (monopole, saturation serveur). Compte tenu de mon usage professionnel, et pour l'importance que prend pour moi cet outil, aussi bien de fa&#231;on citoyenne qu'artistique, je serais pr&#234;t &#224; payer pour le service rendu &#8211; on ne me le demande pas. Mais je ne sais rien, du coup, de l'univers opaque de serveurs, de r&#233;tribution entre g&#233;ants, qui permet l'existence physique et internationale de l'outil (si important, ce c&#244;t&#233; international). Comme Gracq disait qu'en litt&#233;rature on progresse &lt;i&gt;&#224; l'anciennet&#233;&lt;/i&gt;, bien conscient de la difficult&#233; pour un auteur qui arrive, de d&#233;couvrir qu'&#224; quelques semaines il en est encore &#224; 40, 60 ou 80 abonn&#233;s. Mais m&#234;me si cette micro-communaut&#233; concerne 20 ou 40 personnes, s'obstiner. Ecouter ceux qui vous suivent, accepter le partage. Faire confiance aux informations qu'on transmettra, qui ne vous concerneront pas vous personnellement, mais vous en tant que membre de la communaut&#233;. En ce moment, l'impression d'une phase encore non stabilis&#233;e : essayer un compte, s'en d&#233;sabonner, y revenir plus tard. Faire l'effort de prendre &#224; votre compte, via les &lt;i&gt;RT&lt;/i&gt;, de ce qui vous semble important... Puis aller respirer, chez les gens que vous suivez, ceux qu'ils suivent ou qui les suivent : on peut se promener dans les galeries Twitter comme dans des rayons de bouquinistes...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;w &#8211; archiver ses twitts&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Archiver Twitter. Il existe des plateformes qui vous proposent, &#224; rythme r&#233;gulier, un archivage de vos twitts. J'ai essay&#233;, ce n'&#233;tait pas concluant (NOTA : voir commentaire &lt;i&gt;@BenoitMelancon&lt;/i&gt; ci-dessous pour &lt;a href=&#034;http://www.allmytweets.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;AllMyTweets&lt;/a&gt;). Alors je fais &#231;a manuellement, chaque d&#233;but de mois, j'affiche mon propre compte, et je fais descendre l'ascenseur jusqu'au mois pr&#233;c&#233;dent, puis copier/coller dans un document traitement de texte (j'utilise Pages). J'ai ainsi, chaque mois, un gros fichier incluant les liens que j'ai retransmis, les conversations, et aussi les images, qui restent cliquables vers l'original (y compris si on exporte en PDF pour simplifier l'archive). Attention mieux vaut faire &#231;a une fois par mois que tenter de le faire une fois par trimestre. Finalement, je me sers peu de ces archives : mais parfois... Du genre : attends c'&#233;tait vers octobre, un site qui annon&#231;ait que... et la recherche par mots-cl&#233;s (rien de plus facile, dans la petite fen&#234;tre Spotlight du Mac) s'y retrouvera facilement dans le d&#233;dale. La British Library archive les twitts britanniques. Je suis plut&#244;t heureux que cela ne soit pas venu &#224; l'id&#233;e de la BNF pour la France. On n'enregistre pas les conversations aux terrasses de caf&#233;. Twitter est &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; un espace de publication et un espace priv&#233;, conversations priv&#233;es dans un espace public, via un outil de publication. Noter aussi qu'il m'arrive r&#233;guli&#232;rement, le lendemain ou 3 jours plus tard, d'effacer un twitt dont je pr&#233;f&#232;re qu'il ne fasse pas trace. Pour l'instant, je continue cet archivage manuel et sommaire, mais commode et rapide. J'ai commenc&#233; il y a 15 ou 18 mois, je n'ai donc pas d'archive de mes 2 premi&#232;res ann&#233;es, j'en aurais curiosit&#233; l&#224; tout de suite &#8211; sauf exceptions, comme ce &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2094' class=&#034;spip_in&#034;&gt;26 mars 2010&lt;/a&gt;. Petit corollaire : nouvelle mode dans les m&#233;dias presse, ces derniers temps : faire une copie &#233;cran d'un twitt et le produire comme image, dat&#233;e et donc authentifi&#233;e, dans le corps de leur article, fa&#231;on d'ailleurs assez bizarre de s'incliner par avance devant la sup&#233;riorit&#233; de Twitter. Bizarre, tant un twitt sorti de son flux ressemble &#224; un poisson gigotant sur un trottoir. Mais bien fini le temps o&#249; on pouvait s'amuser ici entre nous et dire toutes les conneries qui nous chantaient (et moi j'ai besoin de &#231;a aussi, surtout dans les heures de code et de travail utilitaire, seul devant son ordi, mes copains &lt;i&gt;@urbanbike&lt;/i&gt; ou autres &lt;i&gt;@sobookonline&lt;/i&gt; loin, et quelques f&#234;tards comme &lt;i&gt;@dbourrion&lt;/i&gt; pr&#232;s).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;x &#8211; du lien avec blog et site&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Lier son site &#224; son activit&#233; Twitter. O&#249; les auteurs US ont pris longueur d'avance, c'est qu'ils n'h&#233;sitent pas &#224; tremper la chemise, et ici il m'aura fallu un an pour d&#233;cider &lt;i&gt;@r_klapka&lt;/i&gt; &#224; disposer d'un compte pour sa &lt;i&gt;Lettre de la Magdelaine&lt;/i&gt;. Les gens de la presse, ici en France, semblent commencer &#224; comprendre. Les politiques et les bateleurs aussi. Mais il ne faudrait pas demander &#224; ces hautes gens de l'&#233;dition traditionnelle : les maisons ont toutes un compte, au mieux on emploiera un &lt;i&gt;community manager&lt;/i&gt; qui se mangera tous les pl&#226;tres, mais ce qu'on identifie comme &lt;i&gt;communication&lt;/i&gt; y reste strictement encapsul&#233;. Or c'est pr&#233;cis&#233;ment ce monde qu'on enterre : Twitter permet d'&#233;chapper &#224; la &lt;i&gt;communication&lt;/i&gt; comme filtre hi&#233;rarchique. On la tue. Alors pensez qu'il vaudra toujours mieux, comme certain ami (ami Twitter, jamais rencontr&#233;, opinions politiques et options professionnelles radicalement divergentes, mais du coup une relation qui a pris patine), dire les heures de mar&#233;e haute et mar&#233;e basse &#224; Paimpol chaque matin... On fait signe de pr&#233;sence et d'acc&#232;s. Mais m&#234;me si votre compte Twitter se donne des limites parfaitement utilitaires, lien sur derni&#232;re mise &#224; jour, au moins &#231;a existera. Pour les auteurs &lt;i&gt;@publienet&lt;/i&gt;, dans le passage &#224; l'&#233;dition papier, le compte Twitter, l'adresse Facebook et bien s&#251;r le nom du site seront imprim&#233;s en page de garde du livre. Reste une autre dimension, voir par exemple &lt;i&gt;@edelabranche&lt;/i&gt; : lorsque Twitter n'est pas le relais d'une mise &#224; jour du site, comme je le fais moi-m&#234;me, mais quasiment le mode m&#234;me de publication de l'intervention web... Le silo des ressources est ailleurs, mais l'espace public de ces ressources passe par Twitter &#8211; l&#224; on est loin encore d'une stabilisation de l'outil. Nota, enfin : dans les &lt;i&gt;settings&lt;/i&gt; de votre compte, vous aurez remarqu&#233; l'outil &lt;i&gt;widget&lt;/i&gt;, rien de plus simple qu'implanter sur votre propre blog ou site un petit rectangle comme ici &#224; droite, avec vos 5 derniers messages...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;y &#8211; et vous allez o&#249; comme &#231;a ?&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'est presque un axiome depuis le d&#233;but du web : son &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1769' class=&#034;spip_in&#034;&gt;impr&#233;dictible&lt;/a&gt;. Dans les premiers mois de Facebook, avant m&#234;me l'arriv&#233;e d'un Facebook en fran&#231;ais, on devait y &#234;tre 40 ou 60, mais on apprenait une nouvelle logique. J'ai cr&#233;&#233; un compte Google +, tout en me disant que j'aimerais bien que ce truc ne d&#233;marre pas, ce qui est le cas, ouf. J'ai un compte &lt;i&gt;dormeur&lt;/i&gt; sur LinkedIn, curieux d'y trouver des liens avec des gens qui sinon ne mettent pas le bout du doigt dans l'activit&#233; r&#233;seau, ma page LinkedIn refl&#232;tera les liens css de mon compte Twitter et de ce site, mais je n'en ai jamais eu l'usage (si pourtant, une fois, et pour quelque chose qui a compt&#233; au-del&#224; de ce que j'en attendais...). Avec Twitter, l'&#233;tonnant c'est qu'on est encore dans la phase de plasticit&#233; : qu'il devienne outil de masse le renforce paradoxalement comme outil de proximit&#233;, et le caract&#232;re permanent de son usage pour nos correspondants en renforce aussi la &lt;i&gt;possibilit&#233;&lt;/i&gt; d'emploi comme outil de cr&#233;ation litt&#233;raire en direct. Combien de fois, occup&#233; &#224; lire un livre papier, comme mon Saint-Simon du soir, j'ai iPhone pos&#233; sur la page &#224; c&#244;t&#233; pour envoyer telle citation : est-ce que c'est vraiment pour les quelques connaissances en ligne &#224; cet instant, ou seulement pour mon propre archivage, mon propre carnet ? J'allais dire : l'important dans Twitter n'est pas dans ce qu'on y fait, ni dans ce qu'on y d&#233;couvre, mais &#8211; comme dans l'ensemble de l'aventure web &#8211;c'est qu'il faut y participer pour le piger avec les mains, et conna&#238;tre les possibles par notre propre invention. Rien que cela c'est un merci.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;z &#8211; &#224; vous la suite&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Mais vous avez peut-&#234;tre votre propre id&#233;e de ce qui manque ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Image d'en-t&#234;te : &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1230' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Monsu Desiderio&lt;/a&gt;, mus&#233;e des Beaux-Arts d'Orl&#233;ans. Cette toile, niveaux de circulation, agora, rues transversales, a servi de page d'accueil dans les premiers temps de remue.net (1998-2000), je continue de la trouver d'une merveilleuse affinit&#233; avec nos pratiques r&#233;seau.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crouzet (nous) rebranche</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2772</link>
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		<dc:date>2012-01-18T09:01:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>_ tiers livre invite... </dc:creator>


		<dc:subject>publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>web : veilleurs &amp; bousculeurs</dc:subject>
		<dc:subject>Crouzet, Thierry </dc:subject>
		<dc:subject>diffusion, r&#233;seaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#034;Ya Basta&#034; et &#034;J'ai d&#233;branch&#233;&#034;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;le livre &amp; l'Internet&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;publie.net&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;web : veilleurs &amp; bousculeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot541" rel="tag"&gt;Crouzet, Thierry &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot586" rel="tag"&gt;diffusion, r&#233;seaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2772.jpg?1352733767' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Parution chez Fayard du journal tenu par Thierry Crouzet pendant six mois d'une &lt;i&gt;d&#233;connexion choisie&lt;/i&gt; &#8211; et &lt;a href=&#034;http://blog.tcrouzet.com/jai-debranche/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;reprise de son blog&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;Affaire qui semblait vitale pour un de ceux qui &#233;taient pr&#233;sents le plus r&#233;guli&#232;rement sur les blogs, mais interrogation de proximit&#233;, au fil des heures, de la &lt;i&gt;d&#233;soccupation&lt;/i&gt;, des impulsions, des relations, sur ce que le &lt;i&gt;geste&lt;/i&gt; r&#233;seau transforme de notre fa&#231;on d'habiter, de penser, j'allais dire &lt;i&gt;tempser&lt;/i&gt; s'il nous manque un verbe pour exprimer notre relation au temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se r&#233;organise la pens&#233;e et la relation lorsque nous reprenons possession de l'espace pris par le r&#233;seau, qu'il faut r&#233;apprendre &#224; trouver un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone dans le bottin plac&#233; au fond de la bo&#238;te aux lettres pour &#233;viter que l'humidit&#233; contamine le courrier re&#231;u, ou aller &#224; la gare pour acheter un billet de train. Est-ce que &#231;a conduit &#224; relire plus ou autrement le journal (non), &#224; &#233;couter plus ou autrement radio et t&#233;l&#233; (non), &#224; vivre diff&#233;remment le temps familial, repas et disponibilit&#233; (oui).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Crouzet s'en tenait &#224; cela, &#231;a nous aiderait d&#233;j&#224;, chacun, &#224; v&#233;rifier que nous sommes en &#233;tat de reprendre ma&#238;trise et possession de nos r&#233;flexes messages, temps r&#233;el, l&#224; o&#249; notre relation sociale s'&#233;tablit &#233;videmment &#8211; pour la vie &lt;i&gt;r&#233;elle&lt;/i&gt; &#8211; tout autant sur nos amiti&#233;s virtuelles (voire m&#234;me bien plus) que sur les croisements dans la communaut&#233; g&#233;ographique (garer son v&#233;lo devant la vitrine du coiffeur en accompagnant les gamins &#224; l'&#233;cole, ce n'est pas un id&#233;al par rapport &#224; la vie Internet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crouzet nous d&#233;range autrement, par ce qui s'&#233;crit &#224; l'envers de son livre (et bien volontairement de sa part), comme un clich&#233; rayons-X n&#233;gatif des usages dont il se prive : la pens&#233;e fractionn&#233;e, la lecture via le web, la r&#233;activit&#233; et l'action politique ou sociale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; de &lt;i&gt;J'ai d&#233;branch&#233;&lt;/i&gt; c'est que bien s&#251;r aucun de nous, je suppose, n'emploierait de la m&#234;me fa&#231;on un temps sym&#233;trique de d&#233;connexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple auquel je pensais, le lisant. Quand l'iPad est sorti, en avril 2010, la premi&#232;re personne que j'ai vu l'utiliser c'&#233;tait Jean-Philippe Toussaint, lors d'une rencontre &#224; la Rhode Island University. Trois semaines plus tard, l'iPad est disponible au Qu&#233;bec. Pour r&#233;sister &#224; la pulsion techno (pourtant l&#233;gitime, comment comprendre ce que changent ces appareils sans les exp&#233;rimenter ?), je m'ach&#232;te un &#233;pais cahier et un stylo-plume (me suis longtemps servi de stylo-plume, de 1977 &#224; 2002 environ). J'ai toujours l&#224;, dans le tiroir, ce cahier : mes pulsions &#224; y &#233;crire m'interrogent, parce que j'en utilise les pages alors comme un blog, dans la structuration, dans l'espace. Mais ce qui me manque, et rend inapte le cahier &#224; mon usage m&#234;me le plus perso et priv&#233;, c'est l'absence de fonction &lt;i&gt;publication&lt;/i&gt;. Le besoin d'utiliser le web comme machine &#224; &#233;criture, secr&#232;te ou pas, mais il est acquis d&#233;sormais pour moi que l'espace de la publication num&#233;rique organise l'&#233;criture m&#234;me. J'avais r&#233;sist&#233; jusqu'&#224; septembre 2010 pour me procurer un iPad, dont je continue de me servir intensivement (ind&#233;pendamment des usages &lt;i&gt;pro&lt;/i&gt; pour mises en ligne publie.net), pour &lt;i&gt;#lecturedusoir&lt;/i&gt; et par exemple l&#224; ce soir pour lire en public &#224; Lieu Unique de Nantes. Mais &#231;a m'a conduit &#224; r&#233;viser ma pratique la plus intime d'&#233;criture en basculant sur un petit MacAir sur lequel je n'ai aucun fichier, dossier ou mail concernant ma socialit&#233;, professionnelle ou priv&#233;e &#8211; et qui est pourtant un &lt;i&gt;cahier d'&#233;criture r&#233;seau&lt;/i&gt; connectable quasiment partout, et je n'ai aucun souhait pour l'instant de me couper de ce que ces changements concernant l'outil induisent quant aux nouvelles pistes et formes induites pour mon &#233;criture. &lt;i&gt;D&#233;brancher&lt;/i&gt; ne serait pas me couper du &lt;i&gt;r&#233;seau&lt;/i&gt;, mais me couper de mon atelier de travail lui-m&#234;me. Je g&#232;re mon temps journalier en temps r&#233;seau et temps d'immersion, mais je sais bien que ce n'est pas facile, et peut ouvrir &#224; toutes les fuites. C'est cet espace de la fuite que questionne Crouzet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe : mais l'exercice de notre &lt;i&gt;libert&#233;&lt;/i&gt;, dans cet outil qui socialement, politiquement et artistiquement, l'accro&#238;t de fa&#231;on consid&#233;rable, comporte dans sa surface m&#234;me des pans qui nous ali&#232;nent cette libert&#233; potentielle via l'habitude, le r&#233;flexe conversationnel. La fragmentation en est un exemple : fondamentalement, nous accroissons notre rapport au monde en cr&#233;ant un autre rapport temporel, un autre rapport objet, vis-&#224;-vis du livre qui techniquement (conception, fabrication, circulation) s'en faisait le &lt;i&gt;d&#233;p&#244;t&lt;/i&gt;, mais cette fragmentation peut se retourner sur &lt;i&gt;l'&#233;cart&lt;/i&gt; n&#233;cessaire &#224; sa mise en r&#233;flexion. Aucun de nous pour en &#234;tre indemne, et bien s&#251;r l'opposition bin&#244;miale branch&#233;/d&#233;branch&#233; ne restitue de dogme d'aucun des deux c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci Thierry (et Isabelle, tant le livre para&#238;t &lt;i&gt;co-&#233;crit&lt;/i&gt;) de nous r&#233;veiller tout &#231;a, apr&#232;s lecture on regarde ses propres doigts avec un tantinet d'interrogation, mais c'est cela qui est b&#233;n&#233;fique. Et cela touche &#233;videmment les pratiques les plus priv&#233;es : une part du lien familial le plus dense ne se serait pas constitu&#233;e si elle ne venait pas s'augmenter de l'intersection num&#233;rique. Y compris en tant que l'usage num&#233;rique, pour soi-m&#234;me et les plus proches, inclut intersection compl&#233;mentaire publique et priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ci-dessous, pour qui ne conna&#238;trait pas la &lt;i&gt;pens&#233;e Crouzet&lt;/i&gt;, trois fragments parmi la trentaine qui constituent &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504769/ya-basta&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ya Basta&lt;/a&gt;. Vers le mois de f&#233;vrier, en plein milieu de sa d&#233;connexion, l'arriv&#233;e d'une petite cl&#233; USB par courrier postal, et la suggestion de mettre en ligne le jour m&#234;me, ce dont je me suis acquitt&#233;. Le &lt;i&gt;d&#233;branch&#233;&lt;/i&gt; de Thierry trouvait aussi sa limite dialectique ? Justement parce que c'est bien le &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; qu'il interroge, voir ce &lt;a href=&#034;http://www.20minutes.fr/vousinterviewez/860578-pour-avoir-succes-ligne-faut-jouer-provoc-plus-con-plus-ca-marche&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chat&lt;/a&gt; d'hier soir sur 20minutes.fr (plus int&#233;ressant que le titre choisi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504769/ya-basta&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ya Basta&lt;/a&gt;, on le propose au prix parcm&#232;tre : 0,99 euros. C'est aussi une question politique. Indispensable compl&#233;ment de &lt;i&gt;J'ai d&#233;branch&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessus : Thierry Crouzet, Ouessant, ao&#251;t 2010. &lt;i&gt;J'ai d&#233;branch&#233;&lt;/i&gt; en version num&#233;rique chez votre fournisseur habituel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Thierry Crouzet | Ya Basta (extraits)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Y'en a marre des id&#233;ologies old school&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Nous sommes comme des points math&#233;matiques qui voudraient s'&#233;vader de leur dimension d'origine. S'ils sortent de la droite, ils tombent dans un plan. S'ils sortent du plan, il tombe dans un espace 3D. Quelles que soient les id&#233;ologies dont nous nous arrachons, nous en adoptons d'autres. Nous ne pouvons vivre sans id&#233;ologie.&lt;br&gt;
Quand nous disons que nous n'avons pas d'id&#233;ologie, nous rejetons de fait les id&#233;ologies existantes. Nous refusons les r&#232;gles fig&#233;es au profit d'une pens&#233;e plus dynamique, plus r&#233;active, plus &#224; l'&#233;coute des circonstances. C'est une id&#233;ologie de la souplesse.&lt;br&gt;
Depuis la transition n&#233;olithique, passage du nomadisme au s&#233;dentarisme, nous d&#233;pendons de r&#233;gimes pyramidaux. Des chefs, plac&#233;s au-dessus de la masse indistincte, nous commandent et nous contr&#244;lent. Tant que le monde &#233;tait simple, cette organisation fonctionnait pour le meilleur et, surtout, pour le pire.&lt;br&gt;
Le socialisme, le lib&#233;ralisme, le marxisme, le communisme&#8230; toutes ces doctrines ont accept&#233; le commander et contr&#244;ler5 qui leur servait d'id&#233;ologie tut&#233;laire.&lt;br&gt;
Regardons l'autogestion. Elle promettait l'&#233;galit&#233; aux ouvriers. &lt;br&gt;Copropri&#233;taires de l'outil de production, ils se partag&#232;rent les actions, mais bien souvent ils ne chang&#232;rent pas l'organisation. Certains parmi eux devinrent chefs, d'autres sous-chefs. Ils rest&#232;rent accroch&#233;s au mod&#232;le pyramidal.&lt;br&gt;
Changer les hommes sans changer le mode d'organisation ne change rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auto-organisation s'oppose directement au commander et contr&#244;ler. Elle en conteste l'universalit&#233;, sans pour autant en nier l'utilit&#233; dans les situations o&#249; la complexit&#233; reste faible ou mod&#233;r&#233;e6. Pour longtemps encore, les enfants auront besoin de fermet&#233;. Le 100 % auto-organisation n'est pas un objectif. Il existera toujours des &#238;lots de relative simplicit&#233; o&#249; le mode pyramidal s'imposera (et o&#249; certaines personnes assumeront les responsabilit&#233;s au nom des autres).&lt;br&gt;
Comme attir&#233;es par la gravit&#233;, les structures sociales versent vers l'organisation optimale au regard de la population et de la complexit&#233; du r&#233;seau social.&lt;br&gt;
Faible d&#233;mographie, autarcie, simplicit&#233;&#8230; m&#232;nent presque inexorablement &#224; la dictature (dans ces conditions, les autres mod&#232;les ne survivent pas longtemps). R&#233;gime politique de la plupart des entreprises (dictatures au mieux &#233;clair&#233;es).&lt;br&gt;
D&#233;mographie moyenne, commerce international, complexit&#233; interm&#233;diaire&#8230; nous approchent de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative (niveau atteint par l'Occident au cours de la r&#233;volution industrielle).&lt;br&gt;
D&#233;mographie forte, interd&#233;pendance massive (notamment gr&#226;ce &#224; un r&#233;seau de communication lui-m&#234;me auto-organis&#233;), complexit&#233; exponentielle&#8230; constituent le bon cocktail pour l'auto-organisation et le d&#233;veloppement de la conscience collective.&lt;br&gt;
Au XIXe si&#232;cle, les premiers anarchistes milit&#232;rent pour l'auto-organisation. Le moment n'&#233;tant pas venu pour les modalit&#233;s politiques auxquelles ils aspiraient, on les traita de terroristes. Aujourd'hui, si nous souhaitons d&#233;velopper l'auto-organisation, nous sommes pragmatiques.&lt;br&gt;
L'auto-organisation peut servir d'id&#233;ologie tut&#233;laire &#224; un ensemble de nouvelles doctrines o&#249; les notions de gauche et de droite s'estompent, mais ne disparaissent pas. L'auto-organisation de gauche favoriserait le d&#233;veloppement de structures d'entraide, chacun de nous participant tour &#224; tour &#224; la marche de l'&#201;tat (exemple : militance pour la neutralit&#233; du Net7), l'auto-organisation de droite favoriserait le d&#233;veloppement technologique et l'accomplissement des utopies individuelles (exemple : militance pour la gestion discriminatoire du trafic8).&lt;br&gt;
Dans tous les cas, les id&#233;ologies sous-tendant l'auto-organisation seront elles-m&#234;mes auto-organis&#233;es, changeantes, &#233;volutives, nulle part grav&#233;es dans le marbre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Y'en a marre de nommer des porte-paroles&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Dans un groupe auto-organis&#233;, les liens hi&#233;rarchiques disparaissent au profit des liens transversaux. Le r&#233;seau d&#233;centralis&#233; se substitue &#224; la pyramide. Si un membre du groupe parle au nom des autres, il se place implicitement au-dessus d'eux. C'est le d&#233;but de la fin.&lt;br&gt;
Nous ne pouvons parler qu'en notre nom. Nous devons dire &#171; je &#187;, ou &#171; nous &#187; de mani&#232;re m&#233;taphorique (un &#171; nous &#187; qui n'engage que le locuteur). Ne recherchons plus l'assentiment des autres. Vouloir &#234;tre tous d'accord, c'est se diriger droit vers la dictature. Se satisfaire de la majorit&#233;, c'est laisser mourir les meilleures id&#233;es.&lt;br&gt;
Les paroles se rencontrent, s'enlacent, s'aiment et produisent &#233;ventuellement une musique commune. Tant que l'harmonie n'est pas atteinte, poursuivons le dialogue. Attention : l'harmonie n&#233;cessite plusieurs notes !&lt;br&gt;
Si un journaliste veut interviewer un porte-parole, expliquons-lui qu'il n'existe que des paroles libres et irr&#233;ductibles. Les journalistes apprendront &#224; entrem&#234;ler des histoires et ne se contenteront plus d'une Histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Y'en a marre des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales&lt;br&gt;
Les manifestants se regroupent et font cercle. Ils parlent tour &#224; tour comme dans les assembl&#233;es l&#233;gislatives. Ils cassent alors un des m&#233;canismes de l'auto-organisation : la polyphonie.&lt;br&gt;
Dans une pyramide, le chef ordonne et tout le monde re&#231;oit en m&#234;me temps sa parole comme si un orage venait d'&#233;clater. Dans un r&#233;seau, des informations diverses circulent continument, &#224; la fa&#231;on du sang dans nos art&#232;res ou des voitures dans une ville. Sans flux point d'auto-organisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le flux unifie la soci&#233;t&#233;. Il lui donne vie. Il l'irrigue. Il la nourrit. Inutile d'attendre le grand soir, la messe du dimanche, la voix rassurante du pr&#233;sentateur. L'&#233;v&#232;nement se d&#233;roule maintenant, partout.&lt;br&gt;
Plut&#244;t que des assembl&#233;es, organisons des barcamps. Des grappes d'une dizaine de personnes se forment. De multiples d&#233;bats coexistent, puis chacun des participants essaime vers d'autres grappes. Redisons ce que nous avons entendu, r&#233;p&#233;tons une id&#233;e &#233;mise par un autre, argumentons-la autrement. Les messages se croisent, certains particuli&#232;rement puissants se renforcent, d'autres sans impact s'&#233;vanouissent.&lt;br&gt;
Dans les assembl&#233;es, apr&#232;s les prises de paroles, le moment du vote arrive. &#171; &#202;tes-vous d'accord sur ce qui a &#233;t&#233; dit ? &#187;&lt;br&gt;
Non !&lt;br&gt;
Apr&#232;s un barcamp, il n'existe pas un point de vue univoque. Une musique commune berce peut-&#234;tre chacun des participants, rien de plus.&lt;br&gt;
Dans assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, il y a g&#233;n&#233;ral, il y a chef, il y a l'id&#233;e de repr&#233;sentation, de hi&#233;rarchie&#8230; L'auto-organisation n'a plus besoin de ces oripeaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Y'en a marre qu'ils d&#233;cident pour nous&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Les &#233;lus et les dirigeants de toute esp&#232;ce justifient souvent leurs pr&#233;rogatives par &#171; Il faut bien que quelqu'un d&#233;cide ! &#187; Comme si quelqu'un, il y a quelques millions d'ann&#233;es, avait d&#233;cid&#233; de raser les singes pour les transformer en hominid&#233;s.&lt;br&gt;
Une d&#233;cision n'est pas n&#233;cessairement le fait d'un homme ou d'une femme en particulier. Lors d'un barcamp, une grappe peut avoir envie de faire une chose, d'autres grappes de faire d'autres choses. Aucune d&#233;cision globale n'est prise.&lt;br&gt;
Chacun, p&#233;n&#233;tr&#233; par la musique sociale, &#339;uvre avec quelques autres. Ils ont pris une d&#233;cision qui ne vaut que pour eux. Si leurs actes portent leurs fruits, leurs amis en prendront connaissance, ils les imiteront peut-&#234;tre. Une d&#233;cision locale, car n&#233;e dans une grappe, se propagera et gagnera des adh&#233;rents, au point de devenir quasi globale. Aucun vote ni approbation g&#233;n&#233;rale n'aura &#233;t&#233; n&#233;cessaire. Pourtant, vue de l'ext&#233;rieur, une d&#233;cision aura &#233;t&#233; prise.&lt;br&gt;
Les actions comme les paroles s'appr&#233;cient sur pi&#232;ce, au fur et &#224; mesure de leur propagation. Dans une organisation pyramidale, un responsable avan&#231;ait une id&#233;e. Quand il ne l'imposait pas, il la soumettait au vote oui-non. Dans une organisation en r&#233;seau, n'importe qui peut mettre en &#339;uvres ses propres id&#233;es. Si elles fonctionnent, elles gagnent du soutien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous quittons la logique binaire du pour ou contre. Nous ne r&#234;vons plus de l'accord g&#233;n&#233;ral. Le consensus ne nous int&#233;resse plus. Nous ne fermons aucune porte. La solution surgit souvent d'un endroit inattendu. N&#233;cessairement imparfaite, elle ne r&#233;v&#232;le sa puissance qu'a posteriori. Personne ne peut pr&#233;tendre la d&#233;tenir a priori (surtout pas un expert).&lt;br class='autobr' /&gt;
La transparence apparait comme n&#233;cessaire &#224; la g&#233;n&#233;ralisation des initiatives locales. Si nous ne communiquons pas, nous n'avons aucune chance de provoquer une r&#233;action en cha&#238;ne. L'auto-organisation doit s'appuyer sur un capital exp&#233;rimental, une base de donn&#233;es de politique pratique ouverte &#224; tous, un syst&#232;me de partage battis gr&#226;ce &#224; des technologies open source et libres.&lt;br&gt;
La clandestinit&#233; ne profite pas &#224; l'auto-organisation9 : elle implique une forme de hi&#233;rarchisation. &#338;uvrer en secret pour le bien des autres, c'est d&#233;cider pour eux, comme n'importe quel potentat, c'est pr&#233;tentieux, irrespectueux, voire &#233;go&#239;ste. De la m&#234;me mani&#232;re que nous parlons en notre nom, nous agissons pour nous. Si nos actions b&#233;n&#233;ficient &#224; nos compagnons de lutte, elles s'amplifieront. &#171; Je cherche une solution locale, je ne cherche pas &#224; r&#233;gler tous les probl&#232;mes d'un coup de baguette magique. &#187;&lt;br&gt;
La transparence implique la visibilit&#233;, m&#234;me aux yeux des adversaires politiques. Sortir du cadre l&#233;gal ou user de la violence entra&#238;ne une r&#233;action imm&#233;diate, parfois tout aussi immod&#233;r&#233;e. L'auto-organisation ne se d&#233;ploie qu'avec la non-violence. Elle passe par la subversion, non par l'affrontement direct.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>je n'ai pas le temps, disent-ils</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2353</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2353</guid>
		<dc:date>2010-11-26T08:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>outils de l'&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>diffusion, r&#233;seaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;du temps qu'on passe &#224; des b&#234;tises au lieu d'&#234;tre sur le web&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;2011 | Apr&#232;s le livre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot572" rel="tag"&gt;outils de l'&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot586" rel="tag"&gt;diffusion, r&#233;seaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2353.jpg?1352733260' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;seau est-il chronophage ? Sans doute c'est la phrase qu'on entend le plus souvent, assortie de la version sym&#233;trique : &#171; Combien de temps tu y passes par jour ? &#187; Mais justement posant imm&#233;diatement la question de la socialit&#233;, et de comment elle s'organise. Si je suis comme ces jours-ci en stage ou en cours, j'interviendrai peu sur le r&#233;seau. Si je suis requis par une t&#226;che concentr&#233;e &#224; l'ordinateur (et ce n'est pas seulement l'&#233;criture), je passerai deux heures ou plus sans quitter l'&#233;cran de mon logiciel principal. Il n'est pas imperm&#233;able : des &#171; notifications &#187; des e-mails re&#231;us pourront s'afficher dans une lucarne discr&#232;te, pour des discussions ou r&#233;ponses importantes, j'irai y voir ou pas. Je peux conna&#238;tre aussi des phases d'addiction : qu'on initie soi-m&#234;me un fil de discussion sur Twitter ou Face Book, et les r&#233;ponses viendront, et quand on repasse d'un r&#233;seau sur un autre de nouvelles pistes sont l&#224; qu'on peut suivre. Mais cette addiction paresseuse, je sais la mettre en cause si un travail me requiert, et je sais qu'avant toute phase de travail dense je pourrai avoir de telles semaines de retrait &#8211; retrait qui s'exprime d'abord par rapport &#224; soi-m&#234;me, je n'ai jamais craint de passer de pleines journ&#233;es &#224; relire de vieux Simenon sur un canap&#233;, ou racler ind&#233;finiment mes guitares, porte soigneusement ferm&#233;e. Le web, alors, est-il chronophage de quoi ? Se souvenir de Damvix, o&#249; les voisins agriculteurs venaient timidement demander &#224; ma grand-m&#232;re de t&#233;l&#233;phoner pour eux &#224; l'ins&#233;minateur ou au v&#233;t&#233;rinaire : c'&#233;tait la Vend&#233;e des ann&#233;es 60, ou de comment le dimanche matin, &#224; Civray o&#249; nous habitions, je r&#233;pondais au t&#233;l&#233;phone que &#171; non, mon p&#232;re n'est pas l&#224; &#187;, une voix d'enfant &#231;a fait plus honn&#234;te tandis qu'il faisait de grands gestes &#224; un m&#232;tre de l&#224;, parce que la voiture d'Untel ou d'Untel ne d&#233;marrait pas, et que des quatre garagistes ce n'&#233;tait pas son tour de permanence : le t&#233;l&#233;phone en tant qu'outil de proximit&#233; sociale avait beau avoir largement soixante-dix ans, son usage n'&#233;tait pas si massif ni populaire. Combien de fois encore ces temps-ci je re&#231;ois des e-mails o&#249; on me demande un rendez-vous t&#233;l&#233;phonique, mais j'ai une phrase toute pr&#234;te pour r&#233;pondre &#8211; et c'est vrai &#8211; que je n'aime pas le t&#233;l&#233;phone, et que le mail permet de retracer l'historique d'une conversation : je consid&#232;re le t&#233;l&#233;phone, temps brutal d'arrachement, passage de la pens&#233;e &#224; la voix, comme intrusif, et non pas l'e-mail. Mais dans les professions qui m'entourent, deux d&#233;cennies o&#249; le t&#233;l&#233;phone est l'instrument principal les s&#233;parent du rapport &#224; l'ordinateur comme outil de socialit&#233;. Il y a encore quatre ou cinq ans, on nous mettait en garde sur la soi-disant a-socialit&#233; que repr&#233;sentaient nos usages num&#233;riques : je r&#233;torquais que ces amiti&#233;s nouvelles, r&#233;seau qui m'aidait &#224; avancer avec une pr&#233;cision incroyable dans mon livre sur Led Zeppelin, chantiers de r&#233;flexion ouverts simultan&#233;ment, &#224; trois ou quatre, entre Nagoya et Montr&#233;al, &#233;taient une socialit&#233; qui m'importait plus que celles issues de la contrainte g&#233;o-localis&#233;e. Cela pose quelques probl&#232;mes adjacents : le message texte, qui n'a plus sur le web l'apparat et le rituel de la lettre, ni sa m&#233;diation temporelle, peut s'amplifier outre-mesure et nous porter &#224; un exc&#232;s qui surprendra beaucoup celui qui en est moins familier. Ou bien : prot&#233;g&#233;s de la relation directe, la complexit&#233; relationnelle qui peut na&#238;tre de vos &#233;changes r&#233;seau vous laissera sans rien avoir &#224; dire &#224; la m&#234;me personne lors d'une rencontre r&#233;elle, parce que cette lucarne sur votre atelier personnel vous ne la laissez accessible que par l'&#233;cran &#224; la d&#233;coupe toujours partielle, heureusement. La question ici, c'est plut&#244;t : comment &#233;duquer collectivement &#224; ce d&#233;placement r&#233;el de fronti&#232;res entre usages priv&#233;s et usages sociaux ? Me frappe plut&#244;t la vitesse de s&#233;dimentation sociale : les ados que nous connaissons (ou les &#233;tudiants auxquels professionnellement nous avons affaire, m&#234;me partageant les m&#234;mes outils r&#233;seaux) ont par n&#233;cessit&#233; inclus cette s&#233;paration complexe de strates d'implication et d'&#233;change. Cela n'emp&#234;che pas, enjeu consid&#233;rable, que ces usages soient formulables au niveau d'une soci&#233;t&#233; civile, et d'une protection effective de ceux qui pourraient &#234;tre victimes de leur non-ma&#238;trise de cette s&#233;paration : les enjeux d'une r&#233;gulation y compris juridique de ces usages reviennent constamment sur la place publique (dois-je restreindre une visibilit&#233; publique telle que param&#233;tr&#233;e par d&#233;faut par Face Book, ou bien doivent-ils eux s'astreindre &#224; un contrat minimal que je ne puis &#233;largir qu'en cliquant volontairement ? Depuis quelques semaines, lors d'une cr&#233;ation de &#171; groupe &#187; sur Face Book il est possible d'y inclure des personnes non sollicit&#233;es : je d&#233;teste &#234;tre soumis &#224; cet embrigadement faible, mais qui inonde soudain ma bo&#238;te mail : nous ne sommes pas d&#233;gag&#233;s de ces probl&#233;matiques). Avec ceux qui me disent &#171; J'ai pas le temps &#187; ou &#171; Combien de temps tu y passes par jour &#187;, j'aime bien qu'on y regarde de plus pr&#232;s : le temps que j'y passe par jour, je ne sais plus le mesurer. Je viens de faire, l&#224; dans la rue, la photographie d'une bo&#238;te aux lettres et d'une sonnette sur une vieille maison, l'absence de nom, sur deux fonctions sociales aussi intimes, avait d&#233;clench&#233; ce geste qui tient &#224; la fois de notre rapport global au monde et du carnet de note personnel. Mais l'outil dont je me suis servi fait partie de mon arsenal num&#233;rique. Si je lis le journal, sur un point politique ou scientifique qui me concerne en tant que citoyen ou dans cette curiosit&#233; que nous avons sans cesse &#224; r&#233;veiller, je passe par mes outils num&#233;riques. Mais le livre que je lirai tard le soir, ou ce morceau de piano avec quatuor &#224; cordes de Morton Feldman qui m'a accompagn&#233; hier durant tout ce temps de travail, c'&#233;tait aussi l'usage num&#233;rique. On dirait donc, r&#233;ellement, qu'Internet en tant que tel a commenc&#233; de se dissoudre, devenir transparent. Tel ami libraire qui me dit n'avoir pas le temps conf&#232;re t&#233;l&#233;phoniquement avec ses coll&#232;gues, sur des questions strictement professionnelles, une moyenne d'une heure et demie par jour, me dit-il, et accompagne cette r&#233;flexion de nombreux articles, tribunes, ou interventions directes : la pr&#233;sence r&#233;seau que j'aurais de ces trois niveaux ne serait pas, de mon c&#244;t&#233;, un temps suppl&#233;mentaire, et les outils dont je dispose, il en dispose aussi. Ou discussion l'autre vendredi avec deux amis enseignants, l'un avec pratique r&#233;seau et l'autre sans &#8211; pour chacun de nous, le temps de relation avec les &#233;tudiants est &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me (avec ce param&#232;tre lui compl&#232;tement chang&#233; : la relation avec nos &#233;tudiants n'est plus limit&#233;e au temps de pr&#233;sence &#224; la fac, et souvent l'essentiel passe par l'&#233;change virtuel). L'ami sans r&#233;seaux nous dit consacrer deux heures par jour sur son logiciel mail, dossiers, relations individuelles aux &#233;tudiants &#8211; c'est dans ce m&#234;me temps fixe que l'ami avec r&#233;seau ou moi-m&#234;me avons transf&#233;r&#233; une part dans la communication de groupe, constitution de liste, groupe FaceBook et, pour nos propres rapports entre enseignants, &#233;change Twitter. Cela aussi pose beaucoup de probl&#232;mes adjacents : la s&#233;paration grandissante entre ceux qui pratiquent les outils r&#233;seaux et ceux qui s'en tiennent &#224; distance &#8211; alors que, c&#244;t&#233; &#233;tudiants, aucun pour s'en tenir &#224; distance, uniquement par le fait que leurs usages priv&#233;s les y ancrent. Ou bien : pour ma part, d&#233;saffection grandissante de la bo&#238;te e-mail, huit messages sur dix &#233;manant de personnes qui n'ont pas compris que transmettre des informations collectives par ce biais ne sert &#224; rien, gestion accrue des discussions en temps r&#233;el, mise en attente de r&#233;ponses qui demandent plus d'&#233;cart. Mais la socialit&#233;, elle, est accrue : il para&#238;t que le pont sur la Loire doit prochainement &#234;tre interdit aux v&#233;los, le voisin d'en face m'en instruit par e-mail, &#231;a n'emp&#234;che pas que lorsqu'il passe dans la rue, sur son v&#233;lo, il jette un oeil &#224; ma petite fen&#234;tre sur bureau et qu'on se salue d'un grand geste de la main, qui ne m'interrompt pas plus dans mon travail qu'un message twitter (est-ce qu'on ne pense pas, en m&#234;me temps qu'on travaille : c'est cette voix off que j'exp&#233;die dans la petite bo&#238;te en cent quarante caract&#232;res). L'ami libraire le confirme : son site Internet, ce sont les clients qu'il voit le plus souvent dans son magasin qui l'utilisent. La socialit&#233; de proximit&#233; s'est install&#233;e dans le num&#233;rique, et tout ce que nous faisons, concernant le num&#233;rique, c'est le dissoudre : dans le d&#233;calage horaire du Qu&#233;bec, j'&#233;tais spectateur &#8211; de loin &#8211; du web des insomniaques, qui ne ressemble en rien au web diurne. Le num&#233;rique n'est pas du temps en plus : il est seulement la recomposition de notre temps social, avec l'enjeu pour nous consid&#233;rable d'une relation accrue de ce temps avec notre temps artistique ou professionnel, et une relation complexifi&#233;e, avec tous les dangers mais toutes les ouvertures que cela induit, de notre temps social et de notre temps priv&#233;. Une phrase qui me marque, dans le livre, que je lis, un mouvement du pouce sur l'&#233;cran de l'iPad et elle est sur le r&#233;seau, c'est l&#224; que moi-m&#234;me j'irai la piocher pour la retrouver. &#171; Combien de temps tu y passes par jour ? &#8211; Je n'y passe pas un temps sp&#233;cial &#187;, je r&#233;ponds, maintenant, &#233;vasivement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Temps qui passe et temps qu'il fait : Blois, stage &#034;de l'&#233;crit &#224; l'&#233;cran&#034;, Gu&#233;na&#235;l Boutouillet, coordonnateur du site de &lt;a href=&#034;http://www.livreaucentre.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Livre au Centre&lt;/a&gt;, twitte qu'il neige.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>syndication r&#233;ellement simple</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2331</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2331</guid>
		<dc:date>2010-11-25T08:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>historicit&#233; du num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>diffusion, r&#233;seaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;les agr&#233;gateurs, histoire r&#233;cente et mouvante des flux&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;2011 | Apr&#232;s le livre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot575" rel="tag"&gt;historicit&#233; du num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot586" rel="tag"&gt;diffusion, r&#233;seaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le terme d'agr&#233;gateur passe mal, il n'a rien d'une baguette magique, comme il nous l'est apparu au quotidien. Ils ont du mal, les mots d'Internet, pour d&#233;finir du neuf avec ce qu'on a d&#233;j&#224; dans nos tiroirs. Littr&#233;, pour agr&#233;gat : &#171; Masse produite par la r&#233;union de substances diverses qui ont &#233;t&#233; unies ensemble &#224; l'&#233;poque de leur formation. &#187; Et si on dit &#171; flux rss &#187;, c'est bien pire : m&#234;me si, &#224; deux ans d'&#233;cart, beaucoup moins de vos amis et relations pour vous demander de quoi il s'agir, avec la m&#233;fiance coutumi&#232;re. Pourtant, rss signifie &#171; syndication r&#233;ellement simple &#187;, et le verbe syndiquer est n&#233; en France sur l'id&#233;e de &#171; mettre en commun &#187;, administrer ensemble. Et puis toujours ce paradoxe du web, qui mange ce qu'il invente &#224; mesure que cela grandit : la petite case bleue en haut du navigateur, on sait la cliquer sans forc&#233;ment lui demander son nom, et le verbe &#171; s'abonner &#187;, tout simple, a remplac&#233; les d&#233;nominations bizarres &#8211; le navigateur a d'ailleurs inclut &#224; son tour ces fonctions, et les rend partiellement invisibles, puisque outil &#224; votre service. Ma &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/liens.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page &#171; liens &#187;&lt;/a&gt; d'avant les flux est probablement, avec la page d'accueil, la page bio/biblio et la page agenda, la trace fossile principale de mon site. Et j'ai beau la r&#233;viser r&#233;guli&#232;rement, l'entretenir avec soin comme un jardin (pourtant, je suis tr&#232;s mauvais jardinier, pas jardinier du tout), elle inclut des sites qui n'ont pas boug&#233; depuis des ann&#233;es, et ne saurait en m&#234;me temps suivre l'&#233;bouriffement permanent des nouveaux sites : la page liens, qui fait respirer votre site par le paradoxe d'envoyer chez les autres (autre axiome web : plus vous proposez de quitter une page, plus vous inciterez &#224; y revenir), est une activit&#233; r&#233;dactionnelle comme les autres &#8211; ou comme dans un livre imprim&#233; on soigne &#224; la fin la liste des autres livres publi&#233;s dans la collection. Longtemps, j'y consacrai un moment privil&#233;gi&#233; le dimanche matin : faire le tour des sites amis, ce qui s'y &#233;tait &#233;crit, et l&#224; o&#249; eux-m&#234;mes renvoyaient. Mais quelquefois on trouvait le site dans le m&#234;me &#233;tat que le dimanche pr&#233;c&#233;dent. Ou bien on regrettait de n'avoir pas d&#233;pist&#233; plus t&#244;t l'arriv&#233;e du nouveau texte. On cliquait pour &#234;tre pr&#233;venu par e-mail des nouvelles mises en ligne : ces lettres par mail, sauf exceptions, d&#233;sormais on continue de les recevoir mais on ne les ouvre plus. Sont donc apparus des outils de veille : on r&#233;pertorie (&#224; cela sert ce petit fichier &lt;i&gt;backend&lt;/i&gt; dit &lt;i&gt;flux rss&lt;/i&gt;) les sites &#224; suivre, et apparaissent en gras les nouveaux articles, ainsi que la possibilit&#233; d'en visionner sommairement tout ou partie, avant de s'y rendre. Je me souviens de mon premier &lt;i&gt;bloglines&lt;/i&gt; (site r&#233;cemment disparu). Google a bien s&#251;r investit lourdement ce champ strat&#233;gique avec &lt;i&gt;Google Reader&lt;/i&gt;, y associant des fonctions pr&#233;c&#233;demment s&#233;par&#233;es &#8211; travail de groupe, envoi par lettres d'info et autres param&#233;trages. Comme souvent, un nouvel outil fait surgir des entit&#233;s qui l'exploitent de fa&#231;on cr&#233;ative, avant que les initiateurs les revendent bon prix &#224; plus gros qu'eux. &lt;a href=&#034;http://www.netvibes.com/tierslivre#tiers_livre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Netvibes&lt;/a&gt; par exemple a un mod&#232;le original : vous constituez vous-m&#234;me votre outil de veille, qui devient, &#224; l'int&#233;rieur de votre navigateur, comme un site fait de morceaux de tous les sites que vous suivez. C'est gratuit, mais le m&#234;me service existe pour les entreprises. Puis le service pour les entreprises devient lui-m&#234;me accessible aux particuliers : la page de veille que vous avez constitu&#233;e, on la d&#233;calque dans une page accessible depuis le web, vous voil&#224; donc initiateur d'un &#171; univers &#187; o&#249; c'est &#224; vous de trier les rubriques... J'utilise toujours ma page Netvibes, o&#249; j'ai inclus (et tout est visible d'un coup d'oeil), une moyenne de 400 sites et blogs &#8211; gens que j'aime et m&#234;me ceux que je n'aime pas : mais le nombre d'informations et rubriques qu'on collectait autrefois via la lecture du journal quotidien, est-ce que ce n'&#233;tait pas de cet ordre ? Et c'est bien la lecture du journal qui en est la premi&#232;re m&#233;taphore : o&#249;, autrefois, on reconnaissait facilement le lecteur du Monde du lecteur de Lib&#233;ration, ou que le lecteur de l'Humanit&#233; le laissait toujours d&#233;passer de sa poche, chacun se compose soi-m&#234;me un journal fait de sources multiples, o&#249; l'onglet &#171; presse litt&#233;raire &#187; inclura les suppl&#233;ments livre de huit ou dix journaux. Consid&#233;rable changement &#233;conomique pour les journaux eux-m&#234;mes, tant qu'ils ne proposeront pas d'abonnement par bouquet : autre question. Une double &#233;volution se cr&#233;e alors, sur un m&#234;me concept : la r&#233;-&#233;ditorialisation des flux. Dans cette formule barbare, l'id&#233;e que chaque site structure de la m&#234;me fa&#231;on ses contenus &#8211; et c'est le m&#234;me vocabulaire (xml, &#171; balisage g&#233;n&#233;rique &#187;) qui sert d'ailleurs &#224; la structuration des autres contenus &#233;dit&#233;s, livres ou magazines &#8211;, la possibilit&#233; de les r&#233;interpr&#233;ter &#224; la vol&#233;e, dans une matrice graphique dont vous choisirez vous-m&#234;me les options. &lt;a href=&#034;http://feedly.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Feedly&lt;/a&gt; est venu le premier, puis d'autres services, qui vous transmettent par exemple automatiquement une conversion PDF imprimable, quotidienne ou hebdomadaire, de votre s&#233;lection de flux. Belle initiative aussi des Fran&#231;ais de &lt;a href=&#034;http://www.pearltrees.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pearltrees&lt;/a&gt; : jeux de perles qu'on assemble &#224; son gr&#233;, chacune &#233;tant constitu&#233;e d'un mini-univers de liens en permanence actualis&#233;s. Alors, un chemin neuf pour le web ? Oui, si chaque stabilisation n'&#233;tait pas &#224; son tour mang&#233;e : il faut un clic volontaire pour se rendre sur la page &#171; univers &#187; de Tiers Livre, o&#249; je propose une s&#233;lection r&#233;vis&#233;e avec soin de &lt;a href=&#034;http://www.netvibes.com/tierslivre#tiers_livre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;130 blogs&lt;/a&gt; &#8211; d'autant qu'on peut f&#233;d&#233;rer de l'une &#224; l'autre ces pages via un outil de type r&#233;seau social : bizarrerie du web, &#231;a n'a pas pris. Si, dans les dix premiers mois de son apparition, nous n'&#233;tions que quelques dizaines &#224; exp&#233;rimenter curieusement et dubitativement &lt;a href=&#034;http://www.twitter.com/fbon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;twitter&lt;/a&gt;, voil&#224; un outil qui vous envoie en temps continu de ces nouveaux liens, l'outil &#233;tant lui-m&#234;me un flux &#8211; et de nouveaux outils, comme FlipBoard (sur iPad seulement), qui recr&#233;e graphiquement un objet-lecture en allant piocher &#224; la source des liens transmis, non plus donc depuis votre s&#233;lection fixe de flux, mais depuis ceux que vous aurez relay&#233; en temps r&#233;el sur les r&#233;seaux sociaux comme Face Book ou Twitter. Et voyez la quantit&#233; de noms (anglophones, en plus) que nous aurons &#224; oublier si nous souhaitons qu'il s'agisse de choses simples. Dans cette notion d'impr&#233;dictible qui caract&#233;rise nos apprentissages web, en temps brutal d'une mutation v&#233;cue en direct, l'importance prise par ces flux est certainement le noyau central. &#192; mesure que grandissait le bassin de ressources, sa profusion, ses masses molles ou tout aussi bien les zones du web dont nous pr&#233;f&#233;rons rester &#224; l'&#233;cart, ont grandi les outils qui permettent de s'y rep&#233;rer : quelle joie que suivre au jour le jour &#224; la fois la &lt;a href=&#034;http://www.isle-bourbon.com/article-naissance-d-un-cp-a-ramena-4-60543726.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cr&#233;ation d'une classe pr&#233;paratoire&lt;/a&gt; dans un village au nord de Madagascar, et le quotidien d'un &lt;a href=&#034;http://lebarbareerudit.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;directeur d'&#233;cole&lt;/a&gt; &#224; l'autre bout du monde en pays Inuit, ou bien de laisser venir dans sa proximit&#233; imm&#233;diate, sans avoir &#224; s'en enqu&#233;rir, la permanence du travail de quelques proches. &#192; l'inverse, le regret de voir des sites t&#244;t apparus dans la galaxie virtuelle, qui en sont des points de rep&#232;re importants, en rester &#224; une mise en page html &#171; fixe &#187;, et d'avoir &#224; continuer quand m&#234;me, le dimanche, la tourn&#233;e des vieux camarades &#8211; et ce qui s'en induit pour soi-m&#234;me : jusqu'&#224; quand tiendra-t-on le rythme de l'&#233;volution des outils, et ce qui na&#238;t d&#233;sormais directement comme propagation dans l'int&#233;rieur m&#234;me des flux, plut&#244;t que les consid&#233;rer comme panneaux indicateurs de ressources ouvertes, mais d&#233;finitivement mises en ligne ? En tout cas, pour l'instant, pas trop de remords : encore &#233;norm&#233;ment &#224; faire pour &#233;duquer aux pratiques de veille, et m&#234;me, en fixer le vocabulaire pour qu'elles deviennent transmissibles. Bien s&#251;r, &#224; regarder d'un peu pr&#232;s, &#224; une g&#233;n&#233;ration de moi, les pages Face Book de mes &#233;tudiants, la plateforme en tient le r&#244;le pour eux. Mais le concept qu'on ait &#224; fabriquer soi-m&#234;me, de fa&#231;on critique et d&#233;couvreuse, son propre outil de l'ancestrale curiosit&#233;, c'est un enjeu qu'on conna&#238;t en termes de formation, mais pas encore en termes de soci&#233;t&#233;. &#199;a s'appelle agr&#233;gateurs, flux, r&#233;-&#233;ditorialisation des flux, syndication r&#233;ellement simple donc, mais pas d'objet plus glissant &#224; saisir en ce moment...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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