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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Alfred Jarry | la cervelle d'un sergent de ville</title>
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		<dc:date>2011-08-12T19:34:22Z</dc:date>
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		<dc:creator>_ tiers livre, grandes pages</dc:creator>


		<dc:subject>publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>Jarry, Alfred</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;un de nos plus grands insolents, cent ans pass&#233;s et pas une ride de prise&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2631.jpg?1352733607' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
En accompagnement de la mise en ligne sur publie.net &#8211; toujours en suivant l'inclination de nos biblioth&#232;ques num&#233;riques personnelles &#8211; de l'indispensable &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504967/ubu-roi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ubu Roi&lt;/a&gt;, une page bien connue des curieux des &#224;-c&#244;t&#233;s du surr&#233;alisme, parue dans &lt;i&gt;La revue blanche&lt;/i&gt; du 15 f&#233;vrier 1901, &lt;i&gt;La cervelle du sergent de ville&lt;/i&gt;.
&lt;p&gt;Et surtout merci &#224; Laurent Margantin, du site fr&#232;re &lt;a href=&#034;http://www.oeuvresouvertes.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oeuvres ouvertes&lt;/a&gt; de l'introduction tr&#232;s politique qu'il propose pour accompagner l'insolence toujours neuve de cette farce toute remplie de langue, jouant chaque ligne avec &lt;i&gt;Macbeth&lt;/i&gt; ou Rabelais, qu'est Ubu Roi (la lire int&#233;gralement dans l'extrait epub accompagnant cette reprise d'&lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504967/ubu-roi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ubu&lt;/a&gt;) &#8211; qui d'autre pouvait mieux introduire Ubu que l'intercesseur du c&#233;l&#232;bre et incontournable &lt;i&gt;Roi des &#233;diteurs&lt;/i&gt; ?.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Alfred Jarry | La cervelle du sergent de ville&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On n'a point oubli&#233; cette r&#233;cente et lamentable affaire : &#224; l'autopsie, on trouva la bo&#238;te cr&#226;nienne d'un sergent de ville vide de toute cervelle, mais farcie de vieux journaux. L'opinion publique s'&#233;mut et s'&#233;tonna de ce qu'elle jugea une macabre mystification. Nous aussi, nous sommes douloureusement &#233;mus, mais en aucune fa&#231;on &#233;tonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voyons point pourquoi on se serait attendu &#224; d&#233;couvrir autre chose dans le cr&#226;ne du sergent de ville que ce qu'on y a en effet trouv&#233;. C'est une des gloires de ce si&#232;cle de progr&#232;s que la grande diffusion de la feuille imprim&#233;e ; et en tous cas il n'est point douteux que cette denr&#233;e s'atteste moins rare que la substance c&#233;r&#233;brale. &#192; qui de nous n'est-il pas arriv&#233; infiniment plus souvent de tenir entre les mains un journal, vieux ou du jour, que m&#234;me une parcelle de cervelle de sergent de ville ? &#192; plus forte raison serait-il oiseux d'exiger que pussent en pr&#233;senter &#224; toute r&#233;quisition une toute enti&#232;re ces obscures et peu r&#233;mun&#233;r&#233;es victimes du devoir. Et d'ailleurs, le fait est l&#224; : c'&#233;tait bien des journaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat publi&#233; de cette autopsie est propre &#224; jeter une salutaire terreur dans l'esprit des malfaiteurs. Quel sera d&#233;sormais le cambrioleur ou l'escarpe qui ira risquer de faire sauter sa propre cervelle en affrontant un adversaire qui ne s'expose, lui, qu'&#224; un dommage aussi anodin qu'un coup de crochet de chiffonnier dans une poubelle ? Il para&#238;tra peut-&#234;tre, &#224; des contribuables peu scrupuleux, d&#233;loyal en quelque sorte d'avoir recours &#224; de tels subterfuges pour la d&#233;fense de la soci&#233;t&#233;. Mais ils r&#233;fl&#233;chiront qu'une si noble fonction ne conna&#238;t point de subterfuges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'un plus d&#233;plorable abus que nous accuserons la Pr&#233;fecture de police. Nous ne d&#233;nions point &#224; cette administration le droit de munir ses agents de cervelles en papier. On sait que nos p&#232;res march&#232;rent &#224; l'ennemi chauss&#233;s de brodequins &#233;galement en papier, et ce n'est pas cela qui nous emp&#234;chera de clamer indomptablement, et &#233;ternellement s'il le faut, la Revanche. Nous pr&#233;tendons seulement examiner quels &#233;taient ces journaux en lesquels consistait la cervelle du sergent de ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici le moraliste et l'honn&#234;te homme s'attristent. H&#233;las ! C'&#233;taient la &lt;i&gt;Gaudriole&lt;/i&gt;, le dernier num&#233;ro du &lt;i&gt;Fin-de-Si&#232;cle&lt;/i&gt;, et une foule de publications plus que frivoles, dont quelques-unes de contrebande belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui illumine certains actes, jusqu'&#224; ce jour inexplicables, de la police, et singuli&#232;rement ceux qui caus&#232;rent la mort du h&#233;ros de ce fait divers. Il voulut, si nous nous souvenons bien, arr&#234;ter pour exc&#232;s de vitesse un fiacre qui &#233;tait stationnaire, et le cocher ne put ob&#233;ir, logiquement, qu'en faisant reculer son v&#233;hicule. D'o&#249; chute dangereuse de l'agent qui se tenait derri&#232;re. Il reprit n&#233;anmoins ses forces apr&#232;s quelques jours de repos, mais, somm&#233; de reprendre pareillement son service, mourut aussit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; de cet &#233;v&#233;nement incombe sans contredit &#224; l'incurie de l'administration polici&#232;re. Qu'elle surveille mieux &#224; l'avenir la composition des lobes c&#233;r&#233;braux de ses agents : qu'elle la v&#233;rifie au besoin par tr&#233;panation avant toute nomination d&#233;finitive ; que l'expertise m&#233;dico-l&#233;gale ne rencontre d&#233;sormais dans leurs cr&#226;nes que... Nous ne dirons point une collection de la &lt;i&gt;Revue Blanche&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Cri de Paris&lt;/i&gt;, ce serait pr&#233;matur&#233; d&#232;s cette premi&#232;re r&#233;forme ; ni nos &#339;uvres compl&#232;tes, notre modestie naturelle s'y refuse, d'autant que des agents, charg&#233;s de veiller sur le repos des citoyens la t&#234;te ainsi, constitueraient un danger public. Voici les quelques ouvrages, &#224; notre avis, les plus recommandables pour un tel usage :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le Code p&#233;nal : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un plan des rues de Paris avec la nomenclature des arrondissements. lequel brocherait sur le tout et figurerait agr&#233;ablement par ses divisions g&#233;ographiques un simulacre de circonvolutions c&#233;r&#233;brales ; on le consulterait sans dommage pour le porteur au moyen d'un verre de loupe fix&#233; apr&#232;s l'op&#233;ration du tr&#233;pan ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un nombre restreint de tomes du grand dictionnaire, de police sans doute si nous nous hasardons &#224; en pr&#233;juger par son nom : LA ROUSSE ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et surtout, un choix &#233;clair&#233; d'opuscules des membres les plus notoires de la Ligue contre l'abus du tabac.
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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