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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>#enfances #00 | le soir o&#249; le Grand Meaulnes s'est perdu</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Alain-Fournier, Henri</dc:subject>
		<dc:subject>Benjamin, Walter </dc:subject>
		<dc:subject>Sarraute, Nathalie </dc:subject>
		<dc:subject>ateliers d'&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Abeille, Jacques</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac, Honor&#233; de</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;une exploration du monde &#224; hauteur d'enfance&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique221" rel="directory"&gt;12 | enfances&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot822" rel="tag"&gt;Alain-Fournier, Henri&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Benjamin, Walter &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot150" rel="tag"&gt;Sarraute, Nathalie &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;ateliers d'&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1149" rel="tag"&gt;Abeille, Jacques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot168" rel="tag"&gt;Balzac, Honor&#233; de&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/x79glWeCpY8?si=NvjdegCKzQy6aat1&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5262' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire g&#233;n&#233;ral du cycle &#171; enfances &#187;&lt;/a&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4971' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire g&#233;n&#233;ral des ateliers Tiers Livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/ateliers/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;acc&#232;s direct plateforme de publication&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://www.patreon.com/posts/enfances-00-le-91007113&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;l&#233;chargement liens et textes d'appui sur Patreon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;#00 | prologue, le soir o&#249; le Grand Meaulnes s'est perdu&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Nouveau cycle, nouvelle exploration, changeons la m&#233;thode, voici de suite le chapitre X (&#171; La bergerie &#187;) de la premi&#232;re partie du Grand Meaulnes :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Pour s'y reconna&#238;tre, il grimpa sur le talus d'o&#249; il avait saut&#233;.
&lt;p&gt;Lentement et difficilement, comme &#224; l'aller, il se guida entre les herbes et les eaux, &#224; travers les cl&#244;tures de saules, et s'en fut chercher sa voiture dans le fond du pr&#233; o&#249; il l'avait laiss&#233;e. La voiture n'y &#233;tait plus&#8230; Immobile, la t&#234;te battante, il s'effor&#231;a d'&#233;couter tous les bruits de la nuit, croyant &#224; chaque seconde entendre sonner tout pr&#232;s le collier de la b&#234;te. Rien&#8230; Il fit le tour du pr&#233; ; la barri&#232;re &#233;tait &#224; demi ouverte, &#224; demi renvers&#233;e, comme si une roue de voiture avait pass&#233; dessus. La jument avait d&#251;, par l&#224;, s'&#233;chapper toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remontant le chemin, il fit quelques pas et s'embarrassa les pieds dans la couverture qui sans doute avait gliss&#233; de la jument &#224; terre. Il en conclut que la b&#234;te s'&#233;tait enfuie dans cette direction. Il se prit &#224; courir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans autre id&#233;e que la volont&#233; tenace et folle de rattraper sa voiture, tout le sang au visage, en proie &#224; ce d&#233;sir panique qui ressemblait &#224; la peur, il courait&#8230; Parfois son pied butait dans les orni&#232;res. Aux tournants, dans l'obscurit&#233; totale, il se jetait contre les cl&#244;tures, et, d&#233;j&#224; trop fatigu&#233; pour s'arr&#234;ter &#224; temps, s'abattait sur les &#233;pines, les bras en avant, se d&#233;chirant les mains pour se prot&#233;ger le visage. Parfois, il s'arr&#234;tait, &#233;coutait &#8212; et repartait. Un instant, il crut entendre un bruit de voiture ; mais ce n'&#233;tait qu'un tombereau cahotant qui passait tr&#232;s loin, sur une route, &#224; gauche&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vint un moment o&#249; son genou, bless&#233; au marchepied, lui fit si mal qu'il dut s'arr&#234;ter, la jambe raidie. Alors il r&#233;fl&#233;chit que si la jument ne s'&#233;tait pas sauv&#233;e au grand galop, il l'aurait depuis longtemps rejointe. Il se dit aussi qu'une voiture ne se perdait pas ainsi et que quelqu'un la retrouverait bien. Enfin il revint sur ses pas, &#233;puis&#233;, col&#232;re, se tra&#238;nant &#224; peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la longue, il crut se retrouver dans les parages qu'il avait quitt&#233;s et bient&#244;t il aper&#231;ut la lumi&#232;re de la maison qu'il cherchait. Un sentier profond s'ouvrait dans la haie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Voil&#224; la sente dont le vieux m'a parl&#233;, se dit Augustin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il s'engagea dans ce passage, heureux de n'avoir plus &#224; franchir les haies et les talus. Au bout d'un instant, le sentier d&#233;viant &#224; gauche, la lumi&#232;re parut glisser &#224; droite, et, parvenu &#224; un croisement de chemins, Meaulnes, dans sa h&#226;te &#224; regagner le pauvre logis, suivit sans r&#233;fl&#233;chir un sentier qui paraissait directement y conduire. Mais &#224; peine avait-il fait dix pas dans cette direction que la lumi&#232;re disparut, soit qu'elle f&#251;t cach&#233;e par une haie, soit que les paysans, fatigu&#233;s d'attendre, eussent ferm&#233; leurs volets. Courageusement, l'&#233;colier sauta &#224; travers champs, marcha tout droit dans la direction o&#249; la lumi&#232;re avait brill&#233; tout &#224; l'heure. Puis, franchissant encore une cl&#244;ture, il retomba dans un nouveau sentier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi peu &#224; peu, s'embrouillait la piste du grand Meaulnes et se brisait le lien qui l'attachait &#224; ceux qu'il avait quitt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;courag&#233;, presque &#224; bout de forces, il r&#233;solut, dans son d&#233;sespoir, de suivre ce sentier jusqu'au bout. &#192; cent pas de l&#224;, il d&#233;bouchait dans une grande prairie grise, o&#249; l'on distinguait de loin en loin des ombres qui devaient &#234;tre des gen&#233;vriers, et une b&#226;tisse obscure dans un repli de terrain. Meaulnes s'en approcha. Ce n'&#233;tait l&#224; qu'une sorte de grand parc &#224; b&#233;tail ou de bergerie abandonn&#233;e. La porte c&#233;da avec un g&#233;missement. La lueur de la lune, quand le grand vent chassait les nuages, passait &#224; travers les fentes des cloisons. Une odeur de moisi r&#233;gnait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans chercher plus avant, Meaulnes s'&#233;tendit sur la paille humide, le coude &#224; terre, la t&#234;te dans la main. Ayant retir&#233; sa ceinture, il se recroquevilla dans sa blouse, les genoux au ventre. Il songea alors &#224; la couverture de la jument qu'il avait laiss&#233;e dans le chemin, et il se sentit si malheureux, si f&#226;ch&#233; contre lui-m&#234;me qu'il lui prit une forte envie de pleurer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi s'effor&#231;a-t-il de penser &#224; autre chose. Glac&#233; jusqu'aux moelles, il se rappela un r&#234;ve &#8212; une vision plut&#244;t, qu'il avait eue tout enfant, et dont il n'avait jamais parl&#233; &#224; personne : un matin, au lieu de s'&#233;veiller dans sa chambre, o&#249; pendaient ses culottes et ses paletots, il s'&#233;tait trouv&#233; dans une longue pi&#232;ce verte, aux tentures pareilles &#224; des feuillages. En ce lieu coulait une lumi&#232;re si douce qu'on e&#251;t cru pouvoir la go&#251;ter. Pr&#232;s de la premi&#232;re fen&#234;tre, une jeune fille cousait, le dos tourn&#233;, semblant attendre son r&#233;veil&#8230; Il n'avait pas eu la force de se glisser hors de son lit pour marcher dans cette demeure enchant&#233;e. Il s'&#233;tait rendormi&#8230; Mais la prochaine fois, il jurait bien de se lever. Demain matin, peut-&#234;tre !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une suite de paragraphes r&#233;guliers (mais quiconque a feuillet&#233; la Correspondance d'Henri Alain-Fournier et de Jacques Rivi&#232;re sait comment ce travail de langue, tout entier structur&#233; par leur lecture de po&#233;sie, vient d'une pratique acharn&#233;e, sous regard double, le sien et celui de l'ami, tout autant ancr&#233; pour Alain-Fournier dans les &#233;t&#233;s en Sologne autant que cette rencontre fulgurante et sans lendemain &#224; Paris, avant qu'il finisse dans les premiers charniers de 1914... Une unit&#233; de r&#233;cit propre au chapitre, mais une seconde unit&#233; de r&#233;cit dans l'autonomie et la &lt;i&gt;figure&lt;/i&gt; sp&#233;cifique qu'organise chaque paragraphe. L'immersion subjective du lecteur dans le corps et le regard m&#234;me du personnage &#224; la troisi&#232;me personne (renforc&#233; par le dispositif qui l'amorce : apr&#232;s longue r&#233;sistance, Meaulnes a racont&#233; &#224; Seurel son aventure et c'est Seurel qui l'&#233;crit, maintenant loin apr&#232;s l'&#233;pilogue. Le lacis serr&#233;, dans l'int&#233;rieur m&#234;me du court chapitre, du descriptif et du subjectif quasi en temps r&#233;el (&#171; Rien... &#187;, &#171; &#233;puis&#233;, col&#232;re &#187;), la pr&#233;gnance des notations corporelles dans l'endormissement, le froid, les genoux au ventre, pleurer, enfin l'&#233;chapp&#233;e r&#234;ve du dernier paragraphe, et fin du chapitre, avant que commence &#171; la f&#234;te &#233;trange &#187;. La nouveaut&#233; radicale du Meaulnes, aujourd'hui encore, c'est son s&#233;quen&#231;age quasi cin&#233;matographique, concept qui n'&#233;mergera pas, avec Artaud et Epstein (mais Rivi&#232;re toujours dans le jeu) en 1927, plus de dix ans apr&#232;s la mort d'Alain-Fournier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas de pathos. Et il nous laisse un double espace &#224; travailler : la part tr&#232;s discr&#232;te de l'&#233;nonciateur dans son r&#233;cit (des &#171; il &#187;, le pr&#233;nom une seule fois et seulement dans la r&#233;plique orale, trois fois l'occurrence du nom propre, mais qui est aussi l'instance neutre du titre. Et si Alain-Fournier s'appuie avec rigueur sur la binarit&#233; imparfait/pass&#233; simple (voir exercice &#224; ce propos dans &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4923&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Outils du roman&lt;/a&gt;), rien ne nous emp&#234;che d'en faire la revisite au pr&#233;sent, avec nos armes suppl&#233;mentaires de l'infinitif, des participes pr&#233;sents, des phrases nominales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, pour ce prologue, le contexte. Deux livres majeurs sur l'enfance :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Une enfance berlinoise&lt;/i&gt;, de Walter Benjamin, n&#233; en 1892, &#233;crit vers 1930, publication posthume, 32 s&#233;quences mono-bloc ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Enfance&lt;/i&gt;, Nathalie Sarraute, n&#233;e en 1900, publi&#233; dans sa 84&#232;me ann&#233;e, 68 s&#233;quences narratives avec dialogues ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; il ne s'agit pas d'aller &lt;i&gt;&#224; la rencontre&lt;/i&gt; ni de faire r&#233;cit &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; son enfance (c'est votre t&#226;che si elle s'impose, mais on s'en tiendra ici, avec insistance, au &lt;i&gt;monde vu &#224; hauteur d'enfance&lt;/i&gt;), mais d'utiliser ces 32 plus 68 s&#233;quences &#8212; la biblioth&#232;que s'&#233;toffera bien s&#251;r &#8212; comme autant d'outils optiques (se souvenir du livre de Deleuze sur Proust, loin en amont de la grande vague des &#233;tudes proustiennes) pour arpenter le monde par regard ou prisme interpos&#233; de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, se perdre. Comment mieux d&#233;buter que par se perdre. Transition aussi avec un r&#233;cit de Balzac, &lt;i&gt;Adieu&lt;/i&gt;, plusieurs fois &#233;voqu&#233; et qui devait trouver place dans le cycle #&#233;t&#233;2023, o&#249; on reconstruit en pleine &#206;le-de-France la sc&#233;nographie de la retraite de Russie et la travers&#233;e de la B&#233;r&#233;sina, cassant toute id&#233;e de r&#233;el autrement que comme repr&#233;sentation, Balzac utilisant pour cela &#224; des ann&#233;es de distance un lieu qui lui avait &#233;t&#233; essentiel, cabane de jardin mise &#224; sa disposition en for&#234;t de l'Isle-Adam par un ami de son p&#232;re, et o&#249; pour la premi&#232;re fois, &#224; moins de vingt ans, il avait pu se lancer dans l'&#233;criture comme pr&#233;occupation unique. &lt;i&gt;Adieu&lt;/i&gt; commence par une grille, et l'arriv&#233;e devant la grille de deux hommes perdus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vid&#233;o, j'y reviens aussi avec insistance : lors du cycle &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5150&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;crire au quotidien, les 40 jours&lt;/a&gt;, 40 exercices r&#233;partis en 4 d&#233;cades, j'avais voulu ouvrir la deuxi&#232;me d&#233;cade par une ponctuation tr&#232;s forte, en partant justement du verbe &lt;i&gt;se perdre&lt;/i&gt;. On trouvera ici &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5164&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la consigne et la vid&#233;o&lt;/a&gt;, et voir dans les ressources abonn&#233;s le &lt;a href=&#034;https://www.patreon.com/posts/sommaires-les-56912595&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;module PDF&lt;/a&gt; rassemblant les 40 propositions et leurs textes d'appui. J'avais pris appui pour cela sur la si belle trilogie de Jacques Abeille, et notamment son &lt;i&gt;Veilleur du jour&lt;/i&gt;. En r&#233;sult&#232;rent 55 contributions, publi&#233;es le jour m&#234;me puisque la loi in&#233;luctable &#233;tait de continuer de jour en jour, d'explorer ce que cela changeait &#224; l'&#233;criture. Prenez le temps d'aller les relire, c'est litt&#233;ralement incroyable. On a &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/ateliers/category/40jours/40jours-11-perdu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;55 fois se perdre dans la ville&lt;/a&gt;, et pourtant rien qui remonte &#224; l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors non pas redoublement de la proposition, puisque trois diff&#233;rences : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;le temps&lt;/i&gt;, c'est un moment, qui peut &#234;tre tr&#232;s bref, o&#249; a surgi et domin&#233; la sensation d'&#234;tre perdu ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;l'enfance&lt;/i&gt;, on ne d&#233;voile rien sur l'enfant lui-m&#234;me, mais on recourt (selon le principe explor&#233; dans &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5118&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;de l'autobiographie comme fiction&lt;/a&gt;) &#224; sa perception subjective pour explorer ce lieu et ce temps ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;l'&#233;criture&lt;/i&gt;, puisque l&#224; on s'installe de nouveau dans le rythme de l'atelier hebdo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et vrai bonheur, vraie promesse, pour moi &#8212; dans les couleurs sombres des jours &#8212; &#224; s'engager r&#233;solument dans cette voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bon voyage dans les myst&#232;res du Grand Meaulnes r&#233;ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>livres qui vous ont fait | le grand Meaulnes</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3761</link>
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		<dc:date>2013-11-07T20:33:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>lire, lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Alain-Fournier, Henri</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;pourquoi garde-t-on les livres apr&#232;s les avoir relus ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique144" rel="directory"&gt;s&#233;rie | dans ma biblioth&#232;que&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot574" rel="tag"&gt;lire, lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot822" rel="tag"&gt;Alain-Fournier, Henri&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3761.jpg?1383856299' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff3761.jpg?1383856311&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment se perdre &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de chez soi, quand tout le plus familier se r&#233;v&#232;le aussi charg&#233; d'inconnu que les lointains dont vous &#234;tes priv&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;'aurait d&#251; &#234;tre le livre num&#233;ro un, celui par lequel tout a commenc&#233;, mais &#224; cause de cela m&#234;me je ne pouvais pas en parler trop t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai lu en sixi&#232;me, mais dans ces derniers mois o&#249; nous vivions en Vend&#233;e, &#224; port&#233;e de vue de la mer : en avril on prendrait la route toute droite vers les collines du bord de Charente, et plus loin encore c'&#233;tait son pays, au Grand Meaulnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce dont il &#233;tait parl&#233; ici, l'&#233;cole, le pr&#233;au, la maison de l'instit secr&#233;taire de mairie (&#224; Coex mon grand-p&#232;re maternel instituteur en accomplissait lui aussi la fonction), et la forge et l'arriv&#233;e des forains, et les bagarres dans la cour ou comment on recharge un po&#234;le au bois moi je le savais. Le monde n'avait pas beaucoup chang&#233; de 1913 &#224; 1963, et d'ailleurs des objets de la Grande Guerre la maison en &#233;tait remplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais d&#233;j&#224; lecteur de beaucoup de livres, ou encore mieux : lecteur sachant relire les livres. La myopie, l'isolement du village, et une famille qui ne l&#233;sinait pas sur la mise &#224; disposition des livres. De Petitou &#224; Jacques Rogy, de la Biblioth&#232;que de l'Amiti&#233; en int&#233;grale, ou les Jules Verne qui prendront leur place ici, j'&#233;tais pr&#234;t pour le Grand Meaulnes. Deux ans plus tard, en quatri&#232;me, l'&#233;tape d&#233;cisive ce serait &lt;em&gt;Le rouge et le noir&lt;/em&gt;, et probablement que jusqu'&#224; la seconde je relirais le Meaulnes une fois l'an. Ai-je cess&#233; de le lire, hors cette p&#233;riode des dix-sept aux vingt-cinq ans o&#249; tout s'interrompit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai repris le Meaulnes, c'&#233;tait dans l'&#233;dition m&#234;me qui me l'avait fait d&#233;couvrir, un livre de poche avec illustration sur fond vert. Le livre &#233;tait devenu cassant, fragile, il est parti en morceaux. Je n'aime pas beaucoup les livres de poche, j'ai rachet&#233; celui-ci chez un bouquiniste, une sorte d'&#233;tat interm&#233;diaire : un livre qui n'&#233;tait pas celui de ma premi&#232;re lecture, mais lui &#233;tait contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lui non plus n'a jamais boug&#233; de la pi&#232;ce, quels que soient les d&#233;m&#233;nagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Grand Meaulnes a &#233;t&#233; un des premiers livres disponibles sur les sites de t&#233;l&#233;chargement, m&#234;me quand la diffusion en &#233;tait encore bloqu&#233;e par les droits (Flammarion, je crois ?). Depuis au moins 1998, je ne l'ai jamais relu que sur &#233;cran, mais l&#224; le paradoxe : la pi&#232;ce o&#249; je travaille impose ces rep&#232;res mat&#233;riels dans l'espace, dont il est.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/meaulnes-01.jpg?1383856339' width='500' height='334' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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