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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Anna Jouy, Temps de parler de l'aube</title>
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		<dc:date>2014-01-06T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>_ tiers livre invite... </dc:creator>


		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>Jouy, Anna</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Pourquoi on ne tue pas son prochain &#224; la tomb&#233;e du jour mais &#224; la chute de la nuit ? Question. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;ceux de l'&#233;crire web&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot831" rel="tag"&gt;Jouy, Anna&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3832.jpg?1388681726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Une des choses qui me relient fortement &#224; l'&#233;volution des r&#233;seaux sociaux, c'est leur capacit&#233; &#224; vous mettre en contact, de fa&#231;on renouvel&#233;e, avec des &#233;critures qui sinon seraient rest&#233;es loin de vous, sans croisement.
&lt;p&gt;Et cela encore amplifi&#233; par le fait que ce qui s'invente par la forme Internet doit inventer aussi ces modes de reconnaissance r&#233;ciproque, loin de la masse de plus en plus normalis&#233;e du monde de l'imprim&#233; et les vecteurs de recommandation qui lui sont associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, c'est par les r&#233;seaux sociaux (Twitter en l'occurrence) que j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; lire Anna Jouy, dont je ne connaissais pas (ne connais toujours pas) les livres. Et disons que ce qui a ensuite cr&#233;&#233; et favoris&#233; le dialogue, c'est cette heure encore vide, de peu de circulation, o&#249; on est quelques-uns &#224; se savoir entre la machine et la tasse de caf&#233; &#8211; Anna Jouy souvent pr&#233;sente dans ces moments de l'aube.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne suffit pas, il faut un troisi&#232;me &#233;l&#233;ment : le site sur lequel j'ai appris &#224; la lire c'&#233;tait ce journal po&#233;tique &lt;a href=&#034;http://www.annajouy.ch/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jet&#233; sur l'aube&lt;/a&gt;, et ce concept devenait en lui-m&#234;me structurant pour l'&#233;criture. Il y a quelques mois, avec un nom de domaine renversant l'ordre nom.pr&#233;nom, elle confiait &#224; Joachim S&#233;n&#233; (&lt;a href=&#034;http://rature.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rature.net&lt;/a&gt;), qui n'en est pas &#224; sa premi&#232;re r&#233;alisation, une ergonomie de site bas&#233;e encore plus directement sur ce principe des heures du jour : &lt;a href=&#034;http://www.jouyanna.ch/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des mots sous l'aube&lt;/a&gt;, avec et incroyable bandeau s&#233;parant les &#233;critures selon le cycle des instants du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;change pour ces premiers &lt;i&gt;vases communicants&lt;/i&gt; s'&#233;tablit donc sur ce rapport de l'&#233;criture &#224; l'aube. Comme d'habitude, de mon c&#244;t&#233;, en usant alors de cette libert&#233; pour une expression que je n'aurais probablement pas os&#233;e sur mon propre site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; elle d'accueillir chez elle mon texte &lt;a href=&#034;http://jouyanna.ch/spip.php?article896&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; la bonne heure&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.jouyanna.ch&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site d'Anna Jouy&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; image ci-dessus (transmise par l'auteur) : &#171; un missionnaire du Moyen-Age raconte qu'il a trouv&#233; le point o&#249; le ciel et la Terre se touchent &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://rendezvousdesvases.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au rendez-vous des vases&lt;/a&gt;, la liste globale des &#233;changes, merci Brigitte C&#233;l&#233;rier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Anne Jouy | Temps de parler de l'aube&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Temps de parler de l'aube. Elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait quand m&#234;me long que je lui tourne autour, que je fabrique, que je boutique l&#224;, que c'est comme revenir sur une collection de cicatrices pour en faire sauter les cals. Aube coupure, aube blessure. Ce c&#244;t&#233; mercurochrome de l'aube parfois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai mal &#224; l'aube ; d'autres c'est le foie. Moi, j'ai mal qu'il faille me lever, alors que je pourrais n'avoir plus jamais &#224; dormir. Mal qu'il faille toujours couper la poire en deux, &#8211; choisir &#8211;, car j'aimerais n'&#234;tre que d'un seul clan. Parait que c'est impossible. Alors, plus de r&#234;ves ou plus de &lt;i&gt;faires&lt;/i&gt;&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'aube infusion : tu mettras bien un peu de lait dans ton noir, tu mettras un peu de deuil dans ton jour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! Ce r&#234;ve de ne jamais choisir, alors que tout me tire d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre, une jambe en l'air et puis l'autre et que j'en ai la plante des pieds au fil &#224; beurre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai essay&#233; l'aube, d'abord comme une le&#231;on d'espoir&#8230; &#231;a se l&#232;ve donc ? Et c'&#233;tait presque bon d'ouvrir les yeux. Lumi&#232;re ! Et puis lumi&#232;re ! &#199;a a commenc&#233; &#224; faire cinoche, mise en sc&#232;ne, en place, le feuilleton du jour, avec son script intime r&#233;dig&#233; entre r&#234;ves et gestes, et moi les yeux sur insomnie en train de v&#233;rifier l'&#233;tat du circuit&#8230; Lumi&#232;re ? Pas s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit, c'est devenu mon d&#233;ambulatoire. Faut &#171; incanter &#187;, comme d&#233;verser une brouette de mort vive dans le fondement. Apr&#232;s &#231;a suit, je crois &#234;tre connect&#233;e aux Lares du quotidien. Je vivote, je popote. Enfin, je marotte quoi&#8230; J'&#233;cris. C'est ce que je me dis et qui peut &#234;tre un d&#233;gagement psycho sur le flipper. Ce devrait &#234;tre mieux que &#231;a. Mais mieux, ce n'est pas tellement exprimable, ce n'est pas tellement justifiable&#8230; &#201;crire, comme au clo&#238;tre nocturne comme le font de vrais savants, et pas des &#171; volants &#187; comme moi, qui viennent le matin, &#224; l'aube, se la jouer moine... J'ai la religion assez hypocrite, entre cilice et bas r&#233;sille. Pas vraiment de la bonne conviction, de la vraie script-attitude. Ce n'est pas &#8211; j'en ai conscience &#8211; totalement de ma faute. Je dois vivre et ce sont gr&#226;ce &#224; des &lt;i&gt;faires&lt;/i&gt; (des fers) qui se passent apr&#232;s l'aube que je le peux, apr&#232;s l'aube que je dis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... pas impalpable, pas diaphane. Rideau monobloc. Manque plus que &#231;a grince. Souvent avec des ridelles pour tenir le foin de la nuit, mont&#233;es ou descendues &#8230; c'est &#224; moi de voir ! Sensation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... je ne la d&#233;fais pas, anti-P&#233;n&#233;lope. Je la finis toujours d'un couperet de nuit. Tchac ! &#199;a me p&#232;te dans la corbeille &#224; ciboulot. Puis c'est lever : debout le sans-t&#234;te ! Entends souvent que c'est l'heure des ex&#233;cutions. Faudrait comprendre pourquoi&#8230; Pourquoi on ne tue pas son prochain &#224; la tomb&#233;e du jour mais &#224; la chute de la nuit ? Question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... soulever, c'est agr&#232;s, c'est acrobaties. Apr&#232;s l'ombre explose comme une baudruche trop gonfl&#233;e. Illumination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... toujours pareil point de rupture. Tirer sur deux pans de tissu et sentir exactement &#224; quel moment les conjonctives c&#232;dent et saignent. D&#233;lectation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... &#224; rebrousser, comme une course en arri&#232;re, en prenant tout le temps que &#231;a va prendre. Courir dans l'autre sens, pousser la Terre &#224; l'envers de son axe&#8230; &#231;a dure parfois deux heures, une aube. Athl&#233;tique effort, je vis ventredieu ! Fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... jeu de billes suspendues, une qui tape d'un c&#244;t&#233; et la derni&#232;re de la file qui se met en branle et renvoie la force. Et tout le reste qui ne bouge pas une oreille. Fascination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt; ... chant de ma m&#232;re qui s'en meurt. Je lui gazouille le joli mois de mai. Je lui tiens la main. Mais c'est elle qui me tient, je ne me rends pas compte que c'est la vie. &#192; l'aube, elle sera morte. &#201;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... p&#233;dalier. Courir, trotter avec l'aiguille, prendre de la vie sur les autres, gagner ce qu'ils ne veulent pas ramasser, la coupe de leurs vies. Encore quelques insomnies. J'en aurais trois... de vie. Je me m&#232;ne de front. Ponction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... bascule avec les saisons. Parce que l&#224; o&#249; je dors, j'appartiens forc&#233;ment &#224; l'aube. L'Est, perspective sp&#233;ciale que ce l&#224;&#8211;bas, carr&#233;ment du c&#244;t&#233; des racines et du verbe &#234;tre. Basculer tous les matins pas faits et les matins d&#233;faits. D&#233;j&#224; le soleil et jamais la lumi&#232;re. Et moi je suis le point fixe : 4 heures debout. Captation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... lutte. Me pr&#233;parer, pr&#233;-parer. Parade, parade r&#233;sistance. Empiler les barricades, de mots, de pav&#233;s sur la rue toute droite de la nuit, une rue ficel&#233;e de moellons, de r&#234;veries, de songeries, d'animaleries. Faut-il m'offrir si je peux un surplus de munitions Novartis ou de petits machins chinois ? Conduire l'opposition dans cet espace- temps o&#249; je suis chef de file de moi-m&#234;me, ni reine ni putain. Rien, pur esprit en vacation anarchiste avant la d&#233;monstration rang&#233;e de mes appartenances minables, o&#249; n'&#234;tre qu'une part est une vertu capitale. R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... l'esprit manivelle, le truc avec des roues dent&#233;es, des cha&#238;nes, des maillons gras et huileux dont je suis l'horlog&#232;re. L'esprit gymnaste musculeux qu'il faut imaginer pour manipuler comme &#231;a le rideau noir de fond de sc&#232;ne. Penser &#224; le monter lentement, m&#233;nager le suspense. Ce qui va surgir peut avoir ou non de l'importance. D&#233;cors. Action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube&#8230;&lt;br&gt;
... creux, pilonner la faille, l'entre, le mot qui veut &#224; lui seul engouffrer tout l'&#233;crit parce que c'est l'exacte place centrale o&#249; se tient la statue du Commandeur. &#192; chaque &lt;i&gt;entre&lt;/i&gt;, je me retrouve dans ma m&#233;taphore, jet&#233;e dedans, &#233;tir&#233;e, tiraill&#233;e des deux c&#244;t&#233;s, le tout et le rien. Ce tout que je sais n'&#234;tre quasi rien et ce rien que je devine &#234;tre plus que tout. Aube quoi, ni nuit ni jour, entre, l&#224; o&#249; je dois me rendre. Fiction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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