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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
	<link>https://www.tierslivre.net/spip-443/</link>
	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>[Capital] un d&#238;ner chez William Burroughs, visite dans le Bunker</title>
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		<dc:date>2017-08-30T04:37:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Goldsmith, Kenneth</dc:subject>
		<dc:subject>Burroughs, William</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;dans l'oeuvre folle de Kenneth Goldsmith, &#171; New York capitale du XXe si&#232;cle &#187;, un emprunt &#224; Victor Bockris sur une visite &#224; William Burroughs dans son appartement sans fen&#234;tre&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique176" rel="directory"&gt;#en cheminant avec Kenneth Goldsmith&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot864" rel="tag"&gt;Goldsmith, Kenneth&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot937" rel="tag"&gt;Burroughs, William&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton4469.jpg?1504067832' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Dans le chapitre V de son &lt;i&gt;Uncreative Writing&lt;/i&gt;, Kenneth Goldsmith analyse longuement la gen&#232;se des &lt;i&gt;Passages&lt;/i&gt; de Walter Benjamin, de la nature ouverte (et pas inachev&#233;e) de l'&#339;uvre, et de la probl&#233;matique qui na&#238;t de la rassembler et la fixer en livre imprim&#233;. &lt;i&gt;Passages&lt;/i&gt; rel&#232;ve (aufheben) et accomplit le projet fou, fait de milliers de recopiages, qui s'intitulait &lt;i&gt;Paris capitale du XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;.
&lt;p&gt;Alors bien s&#251;r, quelle insolence de la part de Kenneth Goldsmith &#224; vouloir relever le d&#233;fi formel : si on fait n&#244;tre les r&#232;gles que Benjamin a d&#233;couvertes &#224; mesure de la composition de l'ouvrage, quel livre fou en d&#233;coulerait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est &lt;i&gt;CAPITAL&lt;/i&gt;. Un &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/books/2015/dec/10/kenneth-goldsmith-capital-new-york-capital-of-20th-century-review-monumental-undertaking&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;monstre cartonn&#233; dor&#233; de 900 pages grand format&lt;/a&gt;, o&#249; les marges proposent cat&#233;gories et chapitres. Et bien s&#251;r le titre entier : &lt;i&gt;New York Capital of the XXe Century&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le d&#233;fi est r&#233;ussi. Une fois mis le nez dans l'ouvrage, on n'en sort plus. On ne sort m&#234;me pas de New York (sinon dans ces New York factices qu'a reconstruits Hollywood pour avoir la capitale &#224; domicile, quel que soit le film tourn&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4461' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pour accompagner &lt;i&gt;Uncreative Writing&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (parution chez &lt;a href=&#034;https://www.jean-boite.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean Bo&#238;te Editions&lt;/a&gt; d&#233;but 2018 si tout va bien), des petits &#233;chos pris &#224; &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt;, qui m&#233;riterait bien une traduction int&#233;grale &#224; son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, nous voil&#224; chez William Burroughs. Dans la photo ci-dessus, ce sont Mick Jagger et Andy Warhol les invit&#233;s du vieux ma&#238;tre et de James Grauerholz, son secr&#233;taire et compagnon. Mais on est bien dans le Bunker (merci J-M B&#233;nard &amp; Arnaud Mirman).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce un hasard si le r&#233;cit est emprunt&#233; &#224; Victor Bockris, l'auteur aussi d'une des rares solides biographies de Keith Richards ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne visite dans le Bunker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;div class='spip_document_6884 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/capital-600.jpg?1504076708' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;Victor Bockris | William Burroughs : une enqu&#234;te dans le Bunker&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#192; New York, une journ&#233;e ordinaire, William S Burroughs se l&#232;ve le matin entre 9h et 10h, puis se rase. Dans son &lt;i&gt;Livre des r&#234;ves&lt;/i&gt;, au 13 ao&#251;t 1975, il &#233;crit : &#171; Choses n&#233;cessaires. Miroir de rasage. Quiconque habitu&#233; &#224; se raser ressent un manque s'il n'en a pas. &#187; Dans ses &lt;i&gt;Journaux d'une retraite&lt;/i&gt;. Burroughs associe le fait de se raser &#224; la civilisation et jamais, dans aucun voyage, ne s'est laiss&#233; pousser barbe ni moustache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il prend une capsule de 100 milligrammes de vitamines B1, pensant qu'elle remplace la B1 que l'alcool d&#233;truit dans l'organisme. Il s'habille, fait la vaisselle du soir pr&#233;c&#233;dent, et se pr&#233;pare son petit-d&#233;jeuner. En g&#233;n&#233;ral du caf&#233; avec un donut ou un muffin ou autre g&#226;teau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 11h il descend toute la vol&#233;e des trois &#233;tages d'escaliers pour aller chercher son courrier (entre 5 et 10 lettres chaque jour). Entre 11h30 et 12h30 il suit son train-train dans l'appartement, relisant des notes, en &#233;crivant d'autres, et consultant des livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 12h30 et 13h, Bill descend faire des courses, principalement l'&#233;picerie ou, depuis quelque temps, des fringues neuves. D'ordinaire il est de retour &#224; 13h, ne prend pas de d&#233;jeuner et &#233;crit de 13h &#224; 16h sans interruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si James Grauerholz travaille avec lui sur un manuscrit ou une relecture, James arrive vers 16h et reste jusqu'au d&#238;ner. Ceci se produit en g&#233;n&#233;ral trois fois par semaine. Ils travaillent ensemble de 16h &#224; 18h, et Burroughs alors se repose, s'asseyant dans son rocking chair devant la fen&#234;tre. &#171; On y a une tr&#232;s belle vue, dit James. Moi je travaille &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; de l'appartement, et je vois William assis tranquillement, l'air tr&#232;s serein. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 18h, Burroughs se verse un verre. Le d&#238;ner est entre 19h30 et 20h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute sa vie, Burroughs a mang&#233; au restaurant. D&#233;sormais il pr&#233;f&#232;re faire ses courses et la cuisine, ayant souvent des invit&#233;s chez lui, ou se rendant chez des amis pas loin pour d&#238;ner. Apr&#232;s d&#238;ner, la conversation se prolonge jusque vers 23h ou minuit, et l&#224; retour &#224; la maison ou au lit. Mais il lui arrive encore de rester parler jusqu'&#224; l'aube.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une journ&#233;e moyenne, Burroughs &#233;crit six pages. Parfois cela peut monter jusqu'&#224; quinze. Quand il a commenc&#233; &lt;i&gt;Les cit&#233;s de la nuit &#233;carlate&lt;/i&gt; il a &#233;crit 120 pages en deux semaines. &#171; William excelle &#224; savoir quand il doit laisser reposer les choses, et quand les reprendre. Il sait qu'assez c'est assez, d&#233;clare James. Parfois j'essaye de le mettre sur quelque chose &#8211; relire un manuscrit dont 600 pages ont &#233;t&#233; &#233;crites et de lui dire : &#8220;Mais il faut qu'on publie &#231;a&#8221; et lui de me r&#233;pondre : &#8220;Non, &#231;a va prendre encore une paire d'ann&#233;es&#8230;&#8221; Il a d&#233;j&#224; vu assez de temps passer pour se pacifier lui-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, Burroughs habite sur Bowery, dans un grand appartement de trois pi&#232;ces qui &#233;tait autrefois le vestiaire d'un gymnase. Il l'appelle le Bunker. Acc&#233;der au Bunker peut se r&#233;v&#233;ler aventureux, et de fait William personnifie plus que quiconque que j'aie pu rencontrer quelqu'un de conscient des obstacles qui l'entourent. Il m'a r&#233;cemment mis dans les mains une canne, une bombe lacrymog&#232;ne et une matraque : &#171; Je ne sortirais jamais de l'immeuble sans avoir &#231;a sur moi &#187;, me dit-il d'un ton plein de sous-entendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, descendant la rue dans son costume bleu sombre de marque, son chapeau inclin&#233; sur un &#339;il, balan&#231;ant sa canne all&#232;grement de la main droite, on dirait Bill sorti tout droit d'un roman de Kerouac. J'&#233;tais frapp&#233; en permanence par la similarit&#233; des portraits que Kerouac a fait de Bill, avec le William qui se r&#233;v&#233;lait progressivement &#224; moi durant la p&#233;riode o&#249; j'&#233;crivais mon propre portrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas avant 1975 que Burroughs a trouv&#233; ce qui deviendrait son quartier g&#233;n&#233;ral &#224; New York. Le Bunker est un &#233;l&#233;gant immeuble de vieille brique rouge. Une des premi&#232;res personnes que j'ai amen&#233;es lui rendre visite c'&#233;tait l'&#233;crivain anglais Christopher Isherwood, dont Burroughs avait lu et les romans et les r&#233;cits de voyage, et qu'il admirait comme tout un chacun, avec son compagnon, l'artiste Don Bachardy. J'ai enclench&#233; mon magn&#233;tophone d&#232;s que le taxi nous eut d&#233;pos&#233;s devant la porte de fer close du Bunker, sur la d&#233;serte, froide et venteuse Bowery.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOCKRIS (dans la rue) : Une entr&#233;e qui n'annonce rien de bon. On a du mal &#224; entrer parfois, &#231;a d&#233;pend de si la porte s'ouvre ou pas. Bill doit descendre et d&#233;verrouiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DON BACHARDY : Parce qu'on est dans un mauvais coin de la ville ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOCKRIS : Je ne crois pas que ce soit la raison. C'est un grand b&#226;timent, alors la porte reste ferm&#233;e. Ce n'est pas Bill qui la ferme. [On traverse la rue pour rejoindre un bar &#224; mi-chemin du bloc. Vent glac&#233;. Des gens enroul&#233;s dans des couvertures attendent devant leurs portes.] Ce bar est sans risque, on appellera Bill et il descendra. [On ouvre la porte, on entre dans le bar, gros bruits de rires, braillements, verre bris&#233;, cris.] Christophe et Don qui ne me l&#226;chent pas d'une semelle, diff&#233;rentes voix sur la bande : &#171; C'est mes deux dollars&#8230; Il y a un t&#233;l&#233;phone ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SERVEUR : Pas ici. De l'autre c&#244;t&#233; de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHRISTOPHER ISHERWOOD (qui jubile) : On se croirait dans du Eugene O'Neil ! [On ouvre la porte du bar d'en face. M&#234;me atmosph&#232;re. Bribes de voix sur la bande : &#171; Toi et moi on se retrouve demain, crois-le ! Quand tes potes seront avec toi&#8230; Marre de ta merde. Et de tes putains de potes.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOCKRIS : Mais &#231;a fait partie du rituel des visites &#224; William Burroughs, voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Au t&#233;l&#233;phone] : Oh&#233;, James, on est juste en bas&#8230; [Raccroche.] Ils vont descendre. [On traverse la rue.] Ce n'est pas pire que d'&#234;tre alcoolique ou drogu&#233;, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ISHERWOOD : Je n'en sais rien, je n'ai essay&#233; ni l'un ni l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOCKRIS : On voit pas mal d'alcooliques de par le monde. Les drogu&#233;s soit ils meurent soit c'est pas terrible la forme.&lt;br class='autobr' /&gt;
ISHERWOOD : J'ai bu pas mal dans ma vie, mais jamais au point d'&#234;tre alcoolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOCKRIS : [La silhouette de James Grauerholz, le secr&#233;taire de Burroughs, appara&#238;t derri&#232;re la porte avec la cl&#233;. On monte les marches de pierre.] Je vous montre le chemin. [On monte jusqu'au grand appartement de Burroughs.] Je les pr&#233;sente les uns aux autres. [On se serre la main, on rit.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BURROUGHS : Vous n'allez pas garder vos manteaux, gentlemen ? [Tous on pose nos manteaux dans la chambre de Bill, on les pose pr&#232;s de son pyjama, pli&#233; avec soin sur le couvre-lit, puis revenons dans la pi&#232;ce principale et nous asseyons dans une s&#233;rie de chaises de bureau orange &#224; accoudoirs, autour d'une grande table de r&#233;union que Burroughs a install&#233;e dans sa cuisine.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GRAUERHOLZ : Vous prendrez bien un verre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TOUT LE MONDE : Oui, oui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ISHERWOOD : Merveilleux, cet endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BURROUGHS : Il n'y a pas de fen&#234;tre. Avantage : pas de bruit. Tout le b&#226;timent c'&#233;tait une salle de gym. Ici, les vestiaires. Le voisin du dessus a gard&#233; la salle de gym, et celui du dessous s'est install&#233; dans la piscine. Maintenant c'est une boutique d'ameublement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOCRKIS : Pourquoi avez-vous d&#233;m&#233;nag&#233; de Franklin Street pour le Bunker ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BURROUGHS : J'en avais assez de monter et descendre tous ces escaliers Franklin Stret ; puis ils n'arr&#234;taient pas de monter le loyer. Ce qui m'a d&#233;cid&#233;, c'est que John Giorno avait v&#233;cu &#224; l'&#233;tage au-dessus. Le propri&#233;taire m'avait montr&#233; o&#249;. Personne ne voulait d'ici, parce qu'il n'y a pas de fen&#234;tre. &#199;a servait d'entrep&#244;t &#224; l'&#233;poque. Il y avait d&#233;j&#224; l'&#233;vier, la douche et les toilettes. Je l'ai pris. C'&#233;tait un espace d'un seul tenant, alors on a fait faire ces cloisons. James y a d'abord habit&#233; pendant six mois, avant que je d&#233;m&#233;nage de Franklin Street. C'&#233;tait en sale &#233;tat quand je suis arriv&#233;, et j'y avais mis un r&#233;frig&#233;rateur, un &#233;vier, les toilettes, refait le sol &#231;a m'a co&#251;t&#233; 7 000 dollars. Mais personne pour m'en donner quoi que ce soit, alors je l'ai donn&#233; &#224; Malcolm McNeil, il vit l&#224; maintenant. Je me suis mal d&#233;brouill&#233; avec le march&#233;. Mais aussi personne ne voulait grimper les trois &#233;tages. Maintenant c'est le bazar, si tu veux te faire livrer un r&#233;frig&#233;rateur au troisi&#232;me &#233;tage. Ils te font payer tout un suppl&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOCKRIS : Qu'est-ce qui vous a donn&#233; l'id&#233;e de peindre le sol du Bunker en blanc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BURROUGHS : Quand j'ai emm&#233;nag&#233;, c'&#233;tait une sorte de gris cuirass&#233;, &#231;a faisait miteux. Dans un lieu comme &#231;a, sans aucune lumi&#232;re naturelle, l'&#233;vidence c'est qu'il en faut le plus possible. Je suis tr&#232;s heureux du r&#233;sultat. Bien s&#251;r on n'a vue sur rien, mais qu'est-ce que j'avais comme vue Franklin Street ? Rien que l'immeuble d'en face. Et ici j'ai quatre portes entre moi et le dehors, et pendant la journ&#233;e il y a du monde juste en dessous. C'est quasiment inexpugnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOCKRIS : Le syst&#232;me du t&#233;l&#233;phone pour entrer c'est parfait. Personne pour venir frapper &#224; la porte &#224; l'improviste et vous emb&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BURROUGHS : C'est le mieux que j'ai trouv&#233;. Je suis parfaitement confortable ici.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#169; Kenneth Goldsmith, &lt;i&gt;CAPITAL&lt;/i&gt;, p 449-451&lt;br/&gt;
&#169; Victor Bockris, &lt;i&gt;Burroughs : a report from the Bunker&lt;/i&gt;, New York, Seaver Books, p 79-81.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>lectures | William S. Burroughs, Le m&#233;tro blanc</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4236</link>
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		<dc:date>2016-05-20T06:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Burroughs, William</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fiction &amp; Cie republie &#171; Le m&#233;tro blanc &#187;, une plong&#233;e dans l'univers des r&#233;cits, d&#233;rives, cut-ups du gigantesque Burroughs, ici en 15 samples&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot937" rel="tag"&gt;Burroughs, William&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton4236.jpg?1444427030' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;fond_noir&#034;&gt;&lt;br/&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;480&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/5HyeZ2Vh9Ms&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.amazon.fr/gp/product/2020044781/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2020044781&amp;linkCode=as2&amp;tag=letierslivre-21&#034;&gt;&lt;img border=&#034;0&#034; src=&#034;http://ws-eu.amazon-adsystem.com/widgets/q?_encoding=UTF8&amp;ASIN=2020044781&amp;Format=_SL250_&amp;ID=AsinImage&amp;MarketPlace=FR&amp;ServiceVersion=20070822&amp;WS=1&amp;tag=letierslivre-21&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;&lt;/a&gt;&lt;img src=&#034;http://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=letierslivre-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2020044781&#034; width='1' height='1' border=&#034;0&#034; alt=&#034;&#034; style='border:none !important; margin:0px !important;' /&gt;
&lt;br/&gt;
&lt;small&gt;William Burroughs, &lt;i&gt;Le m&#233;tro blanc&lt;/i&gt;, achetez-le ici... &lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et si d&#233;sormais nous &#233;tions capables de lire autrement William S Burroughs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si nous &#233;tions capables maintenant de percevoir autrement la radicalit&#233; de sa tentative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;criture li&#233;e &#224; ces revues, &#233;ph&#233;m&#232;res, provocations ou actions, reprenant chaque fois par une autre entr&#233;e le charroi de violence et de corps (le sien, et celui de l'Am&#233;rique tout court), les d&#233;rives, voyages, villes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si nous &#233;tions capables aujourd'hui de placer et de lire ces fictions br&#232;ves, ces bulles formelles radicales comme de bien plus d'importance que ses roman-flux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; m&#233;tro blanc &#187; de Burroughs ce n'est pas un &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt;, c'est une plong&#233;e dans ce monde grouillant de tentatives, slogans, r&#233;cits coup&#233;s, modes d'emploi pour l'&#233;criture. Et quand on s'y plonge on ne peut plus s'en d&#233;faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crits principalement fin des ann&#233;es 60, ces textes avaient &#233;t&#233; publi&#233;s chez Christian Bourgois (traduction Mary Beach et Claude P&#233;lieu-Washburn) en 1976 &#8211; ils viennent d'&#234;tre repris au Seuil dans la collection Fiction &amp; Cie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#231;a d&#233;m&#233;nage. Mode de lecture adopt&#233; ici : j'ai ouvert 15 fois le livre au hasard, et lu chaque fois les 3, 5, 10 ou 15 lignes maximum du r&#233;cit. Et c'est un dr&#244;le d'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pas vraiment de lien direct &#224; proposer, mais quand m&#234;me 2 fortes suggestions : chez Claro, son &lt;a href=&#034;http://towardgrace.blogspot.fr/2015/10/strabisme-textuel-et-traduction-differee.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;hommage &#224; Denis Roche&lt;/a&gt;, et remonter son site, masse d'articles sur traduction et litt&#233;rature am&#233;ricaine ; et puis les ressources (sonores, visuelles, textuelles) sur &lt;a href=&#034;http://search.freefind.com/find.html?si=61902956&amp;pid=r&amp;n=0&amp;_charset_=UTF-8&amp;bcd=%C3%B7&amp;query=burroughs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;William Burroughs&lt;/a&gt; dans la grande malle &#224; tr&#233;sor d'UbuWeb. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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