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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>du web comme mutation de la critique</title>
		<link>http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4292</link>
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		<dc:date>2016-01-16T22:48:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;nard, Pierre (Philippe DIaz, dit.. &#8211; site Liminaire)</dc:subject>
		<dc:subject>lire num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>politique de la litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Matton, Fran&#231;ois</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;quand un auteur d&#233;clare qu'une critique (beaucoup) lue sur blog n'a aucune existence par rapport &#224; quelques lignes dans la digne NRF que personne ne lit, sauf s'il la diffuse lui-m&#234;me sur Facebook&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot120" rel="tag"&gt;M&#233;nard, Pierre (Philippe DIaz, dit.. &#8211; site Liminaire)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot249" rel="tag"&gt;lire num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot292" rel="tag"&gt;politique de la litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot945" rel="tag"&gt;Matton, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton4292.jpg?1452981439' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff4292.jpg?1452981453&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Singulier &#233;change &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/profile.php?id=1655887543&amp;fref=ts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur Facebook&lt;/a&gt; ce matin, tout en se promenant le long des rochers de la c&#244;te bretonne, mais c'est Fran&#231;ois Matton qui avait tagg&#233; mon nom dans sa premi&#232;re r&#233;ponse, donc comme un appel &#224; y aller voir. Que ce soit bien clair d'embl&#233;e : si je n'avais pas la m&#234;me estime artistique et humaine &#224; la fois pour Philippe Diaz (Pierre M&#233;nard sur le web) et pour les dessins de Fran&#231;ois Matton (je connais et appr&#233;cie son travail depuis bien longtemps, mais ne le connais pas personnellement), je ne donnerais pas ici prolongement &#224; cette discussion. Si je me le permets, c'est qu'elle pose un probl&#232;me qui nous d&#233;borde tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, les amis &#233;vinc&#233;s de la Quinzaine litt&#233;raire (elle devient quoi, d'ailleurs, sans eux, cette brave Quinzaine exsangue ?), eux qui n'avaient jamais mis le petit doigt dans le web &#8211; en 5 ans de &lt;a href=&#034;http://publie.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publie.net&lt;/a&gt;, avant que je passe le relais fin 2013, jamais eu un &#233;cho &#224; notre travail, pas plus que dans le Matricule des Anges (il existe encore ?) ou d'autres &#8211;, d&#233;couvrent les vertus de la publication en ligne et proposent d&#233;sormais &lt;a href=&#034;http://www.en-attendant-nadeau.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;leurs critiques en ligne&lt;/a&gt;. Tant mieux. On peut y d&#233;couvrir deux tr&#232;s beaux scans de lettres de Claude Simon &#224; Maurice Nadeau. Mais si c'est pour y lire des recensions du dernier Pl&#233;iade Gallifric ou une recension du dernier Echenoz, c'est toujours le m&#234;me vieux jeu avec chaque chose &#224; sa place, alors que c'est le jeu qui a chang&#233;, et le r&#244;le du web d&#233;place la fonction m&#234;me de ces recensions cens&#233;es aider &#224; prescrire. Le web n'a pas vocation &#224; &#234;tre barque de sauvetage : longtemps qu'on a pass&#233; ce stade. Voire m&#234;me, plus loin : la vocation du web n'est pas de se faire m&#233;diation de contenus qui lui sont &#233;trangers (enfin si, pour la vente en ligne de ce que ne proposent plus les centre-villes), mais, au moins pour la litt&#233;rature, d'&#234;tre son exercice ou sa pratique ou son intervention m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais l'univers de la recommandation litt&#233;raire n'a &#233;t&#233; aussi consensuel, aussi enferm&#233; dans les pol&#233;miques qu'il suscite en son seul sein. Le m&#234;me petit bouquet de livres marketing est &#233;voqu&#233; dans chaque sommaire, et tout le reste du travail litt&#233;raire qui s'enfonce dans la nuit aussi vite que les livres disparaissent des librairies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien ma position, ici : dans cette rubrique de &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vid&#233;o-lectures&lt;/a&gt;, je fais &#233;cho &#224; mes lectures, mais l'outil web me permet de me dispenser d'en faire une chronique &#233;crite : je dis seulement la r&#233;sonance int&#233;rieure, les mots comme ils se sont mis dans ma t&#234;te. La critique litt&#233;raire, depuis Sainte-Beuve (qui &#233;crivait au temps o&#249; l'industrie naissante du livre s'appropriait un patrimoine qui d&#233;bordait soudain la seule appropriation des &#233;lites ou des notables), installait un espace de publication interm&#233;diaire, qui depuis la publication presse d&#233;signait la plus lente publication libraire. Le web ne fonctionne pas par m&#233;ta-discours, mais par mise &#224; disposition de contenus (de plus en plus nombreux les auteurs &#224; proposer en ligne le texte m&#234;me, la suggestion d'achat du livre n'en est que plus forte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette instance de recommandation (la &#034;critique&#034;) a longtemps eu fonction d'une r&#233;gulation permettant aux marges, au singulier, &#224; l'exp&#233;rimentation, d'acc&#233;der aux biblioth&#232;ques, aux fonds de rotation lente des libraires, et &#224; l'achat par des lecteurs se reconnaissant dans cette instance de m&#233;diation comme communaut&#233; de pens&#233;e ou d'identification symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-t-elle le m&#234;me r&#244;le dans l'univers web ? Chacun d'entre nous &#8211; mais cela vaut aussi pour les responsables d'acquisition en biblioth&#232;ques ou autres prescripteurs &#8211; se constitue son propre &#233;cosyst&#232;me de sources fonctionnant sur un mode de constellation, associant flux g&#233;n&#233;ralistes et ensemble sp&#233;cifique &#224; chacun de flux tr&#232;s sp&#233;cialis&#233;s. La presse le sait bien, incapable d'enrayer son &#233;rosion et sa permanente re-concentration, son recentrage sur ces flux g&#233;n&#233;ralistes qui sont les plus mous, tandis que ces flux sp&#233;cialis&#233;s peuvent &#234;tre directement produits par des individualit&#233;s chacune fid&#232;le &#224; sa singularit&#233;. Cette capacit&#233; du web &#224; donner acc&#232;s &#224; des d&#233;marches individuelles au m&#234;me plan qu'&#224; des instances institutionnelles (dont la presse), on est loin d'en mesurer encore tout l'impact &#8212; et c'est ce dont je b&#233;n&#233;ficie ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre versant de cette probl&#233;matique : en se s&#233;parant progressivement des instances sp&#233;cifiquement libraires, notamment avec la NRF avant que Gallimard s'en saisisse et la nourrisse avec l'argent de la S&#233;rie Noire, l'&#233;dition avait elle aussi valeur de prescription, &#233;lisant ses titres imprim&#233;s dans des instances &#8211; comit&#233;s de lecture, avec quelques restes momifi&#233;s encore aujourd'hui &#8211; qui assignaient &#224; ces manuscrits choisis leur valeur symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se trouve qu'aujourd'hui l'exp&#233;rimentation dans le champ du r&#233;cit a migr&#233;. Je parle assez souvent de livres ici pour qu'on comprenne que je sois souvent assez &#233;nerv&#233; quand on me taxe de militant absolutiste du num&#233;rique. Qu'on fasse le compte des livres dont j'ai fait &#233;cho, en un an, dans ma rubrique &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vid&#233;o-lecture&lt;/a&gt;, et qu'on compare avec comment mes coll&#232;gues auteurs prennent en charge, eux, la propagation de la lecture. Il y a des exceptions plus que notables, et fraternelles : la chronique de Chevillard dans le Monde, celle de Claro dans &lt;a href=&#034;http://towardgrace.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son blog&lt;/a&gt;. Je consid&#232;re comme vraiment important qu'un nombre respectable d'auteurs se pr&#233;occupent de venir avec nous sur Facebook et d'y propager leurs lectures, de la fa&#231;on la plus vivante : la litt&#233;rature n'a jamais &#233;t&#233; hors socialit&#233;, le r&#244;le des caf&#233;s, des salons, a une multitude d'h&#233;ritiers dans les formes d'aujourd'hui, y compris dans des librairies qui tentent de recevoir autre chose que Michel Drucker, comme &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1629&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sauramps&lt;/a&gt;. Vous croyez que &#231;a peut s'arranger : regardez donc si avec les derni&#232;res recrues du jury Goncourt quelqu'un comme &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4215' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mathias Enard&lt;/a&gt; (il est aussi sur Facebook) pourra le d&#233;crocher...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on aille lire quelques entr&#233;es d'un blog exemplaire de ce point de vue, &lt;a href=&#034;https://materiaucomposite.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mat&#233;riau composite&lt;/a&gt; du nantais Gu&#233;na&#235;l Boutouillet, ou le massif et collectif travail initi&#233; par Florence Trocm&#233; sur son &lt;a href=&#034;http://poezibao.typepad.com/poezibao/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Poezibao&lt;/a&gt;, et on mesurera comment l'activit&#233; web des auteurs, comment une recherche sur site interf&#232;rent organiquement avec l'activit&#233; &#233;ditoriale, et comment le plus exp&#233;rimentateur et inventeur de l'activit&#233; &#233;ditoriale n'exclut pas les &lt;i&gt;grandes&lt;/i&gt; maisons, mais ne se limite pas &#224; elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors voil&#224; la discussion de ce matin, qu'il ne me semble pas pouvoir m'autoriser &#224; citer en entier, puisque d&#233;velopp&#233;e sur la page Facebook de Fran&#231;ois Matton :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1, Fran&#231;ois Matton recopie sur &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/profile.php?id=1655887543&amp;fref=nf&amp;pnref=story&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son mur Facebook&lt;/a&gt; une br&#232;ve note de lecture qui vient de para&#238;tre dans la NRF, quatre mois apr&#232;s la publication de son livre. Fait int&#233;ressant en lui-m&#234;me : une note de lecture parue dans une telle revue ne peut devenir effective, et conqu&#233;rir son statut de recommandation, qu'&#224; la condition d'&#234;tre reprise par l'auteur sur son mur Facebook. En se f&#233;licitant de cette note, petit commentaire amer de Fran&#231;ois Matton : c'est le premier et le seul &#233;cho &#224; son livre paru chez POL, ignor&#233; donc (combien de livres et d'auteurs &#231;a concerne pour la derni&#232;re rentr&#233;e litt&#233;raire) par le reste de la presse. Je cite :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Il &#233;tait temps que cette critique (la premi&#232;re) arrive. Je finissais par me demander si je n'avais pas compl&#232;tement r&#234;v&#233; mon livre (sa fabrication, sa diffusion, sa pr&#233;sence en librairies (tr&#232;s rare ai-je cru remarquer (en fait je ne l'ai vu nulle part (mais il est vrai que je fr&#233;quente bien plus les biblioth&#232;ques que les librairies))...
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2, r&#233;action de Pierre M&#233;nard, rappelant &#224; Fran&#231;ois Matton qu'&#224; la sortie du livre il en avait, lui, propos&#233; une &lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/livre-anime-et-dessin-filme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recension&lt;/a&gt;. Et il ne s'agit pas d'un blog de m&#233;diation du livre (comme l'est par exemple l'imposante plateforme &lt;a href=&#034;http://www.babelio.com/livres/Matton-Sous-Tes-Yeux/209008&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Babelio&lt;/a&gt;), mais d'un des blogs historiques du web litt&#233;raire francophone, une mine d'exp&#233;rimentations et d'aventures d'&#233;criture. &#192; preuve le &lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/livre-anime-et-dessin-filme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;billet m&#234;me&lt;/a&gt; de Pierre M&#233;nard, reprenant une intervention vid&#233;o de l'auteur pr&#233;sentant lui-m&#234;me son livre, proposant des liens vers le blog de l'auteur (je fais expr&#232;s de ne pas le faire, passez par Liminaire !)... Je cite in extenso :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Mon cher Fran&#231;ois, vous &#234;tes un peu injuste sur la &#034;premi&#232;re&#034; critique (&#224; moins de croire que le papier ne peut-&#234;tre trait&#233; que par le papier), il me semble qu'un texte paru sur &lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/.../article/livre-anime-et-dessin-filme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liminaire&lt;/a&gt; &#233;voquait d&#233;j&#224; il y a quatre mois (au moment o&#249; le livre &#233;tait encore sur les tables des libraires) ce que Ga&#235;lle Flament y voit &#233;galement dans son papier de la NRF : &#034; le trait fin et l&#233;g&#232;rement trembl&#233; des dessins, tr&#232;s expressifs (et qui font penser &#224; ceux de Baudouin)...&#034; Ceci dit non pour tirer la couverture &#224; moi mais pour pointer l'importance du net en mati&#232;re de prescription litt&#233;raire.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est en r&#233;pondant &#224; Pierre M&#233;nard que Fran&#231;ois Matton me cite et tagge mon nom pour me signaler lui-m&#234;me cette conversation... (Nota : pour ma part, &#224; mon bureau j'alterne les positions debout et assis, mais la lecture web, o&#249; les lectures num&#233;riques du soir, c'est sur l'iPad, canap&#233; ou couch&#233;.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Quant au fait que je parle abusivement d'un &#034;premier&#034; article, je reconnais que je r&#233;v&#232;le par l&#224; &lt;i&gt;accorder plus d'importance symbolique &#224; la presse &#233;crite sur m&#233;dia traditionnels qu'aux blogs et sites en ligne&lt;/i&gt;. En quoi, sur ce point, je ne suis pas (au sens de suivre &#233;motic&#244;ne smile) Fran&#231;ois Bon, principalement du fait de l'inconfort &#233;vident de la lecture en ligne, assis au bureau comme un cadre s'usant les yeux sans respirer, fascin&#233; par les pixels et souffrant d'un sentiment de perte du r&#233;el.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un bravo sp&#233;cial &#224; Fran&#231;ois Matton, de prendre alors le temps de d&#233;velopper sa propre approche :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Du mon point de vue de dessinateur, je dois reconna&#238;tre que je suis tr&#232;s m&#233;diocrement satisfait de travailler chaque jour en vue de publier en ligne. J'ai le sentiment d'avoir perdu un rapport irrempla&#231;able avec la mat&#233;rialit&#233; des outils du dessin, quand bien m&#234;me je dessine encore sur papier, avec des crayons que je taille. Mais le seul fait de passer au scan et &#224; la mise en ligne aussit&#244;t le dessin termin&#233; me donne le sentiment de me retrouver d&#233;poss&#233;d&#233; de l'unicit&#233; de mon dessin (son aura dirait Benjamin ?) qui se retrouve noy&#233; dans un flux d'images sans ancrage.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Comment cette question ne nous concernerait-elle pas tous sur le fond ? Il nous serait inutile d'&#233;voquer les uns les autres nos recherches et nos inventions, sous pr&#233;texte que ce ne serait pas cautionn&#233; par l'univers des revues mortes, mais imprim&#233;es ? Les centaines de lectures qui traversent sans cesse nos sites (35 000 visiteurs mensuels, tr&#232;s stable, pour ce Tiers Livre), pas la peine de vouloir rester dans la &lt;i&gt;tradition&lt;/i&gt; m&#234;me du lire/&#233;crire, en faisant part de ce que je d&#233;couvre par mes lectures, en m&#234;me temps que je propose l&#224; mes propres travaux ? Voir comment, &#224; l'inverse, nos amis de la presse continuent de parler de &lt;i&gt;papier&lt;/i&gt; (l'adjectif excellent est &#224; la mode : &#171; excellent papier &#187; pour leurs publications web).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon c&#244;t&#233;, il me semble que c'est le chemin int&#233;rieur de ces derniers mois : oui, il est d&#233;cisif d'&#234;tre actif dans ce champ obscur, mall&#233;able, qui s'appelle pr&#233;histoire d'une mutation en train de se faire. Non, cela ne m'emp&#234;che pas de travailler avec des &#233;diteurs &#171; historiques &#187;, je ne saurais pas donner &#224; mes Lovecraft une r&#233;ception, mais aussi une finalisation du texte m&#234;me, hors de la collaboration avec Points-Seuil (et le paradoxe de les publier directement en poche). Mais je suis tout aussi visc&#233;ralement attach&#233;, d&#233;sormais, au fait d'en garder les droits num&#233;riques, pour la libert&#233; d'une exp&#233;rimentation web libre et constamment changeante. L'&#233;chec de plus en plus av&#233;r&#233; du livre num&#233;rique, par rapport &#224; cette vie m&#234;me de l'invention web, ne r&#232;gle pas la responsabilit&#233; que nous avons tous, de donner &#224; nos travaux web la m&#234;me instance, n&#233;cessairement collective, n&#233;cessairement &lt;i&gt;distribuable&lt;/i&gt;, pour nos travaux en ligne (c'est en cela que je prends tr&#232;s au s&#233;rieux ce que dit Fran&#231;ois Matton : cette &lt;i&gt;&#233;ditorialisation&lt;/i&gt; de nos travaux en ligne est une t&#226;che aussi complexe et harassante que son &#233;quivalent pour l'imprim&#233;). Il y a d'autres prolongements : ma migration vers la vid&#233;o en est une, la valorisation micro-micro-&#233;conomique de nos travaux en ligne (pour moi, via le &lt;a href='http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3608' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pass forfaitaire et p&#233;renne&lt;/a&gt; &#224; 20&#8364;) en est une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'en tiens l&#224;, et j'ouvre pour une fois les commentaires. On p&#232;se dur sur les leviers en ce moment, et jamais la lecture web n'a &#233;t&#233; aussi inventive, g&#233;n&#233;rative. J'ai longtemps pens&#233; que le r&#244;le des auteurs de l'imprim&#233; s'impliquant directement dans le web serait d&#233;cisive &#8211; Fran&#231;ois Matton en est un des symboles, depuis longtemps. Hier soir je m'&#233;nervais qu'un prochain colloque universitaire, auquel j'&#233;tais fier d'&#234;tre convi&#233;, ait &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233; en cours de route, X&#232;me ignorance d&#233;lib&#233;r&#233;e de la cr&#233;ation web&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fait non, c'est moi qui n'avais rien compris : &#171; car l'objet du colloque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en contrepoints d'interventions qui seront sans doute passionnantes (pour eux), consacr&#233;es &#224; des auteurs (Reinhardt bof, mais Mauvignier ou Emmanuelle Pireyre des forts) qui ne sont pas vraiment les mains dans le web au jour le jour. Au point que je balance vraiment de renoncer &#224; ma propre intervention, m'en tenant au vieux &lt;i&gt;convaincre est inf&#233;cond&lt;/i&gt; de Walter Benjamin. Il est grand temps de commencer &#224; oublier les auteurs qui ne font pas l'effort d'une pr&#233;sence web &#8212; les Centres r&#233;gionaux du livre, m&#234;me les meilleurs, commencent &#224; ressembler aux hospices de l'abb&#233; Pierre, dans leurs bourses et r&#233;sidences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est du r&#233;cit web, rapport &#224; la fragmentation, temporalit&#233; se publication, statut de l'enqu&#234;te, convocation de la biblioth&#232;que, statut narratif des images fixes et anim&#233;es, nouveau statut de l'auteur, que nous avons &#224; d&#233;battre &#8212; et les modalit&#233;s multiples des pratiques web l'autorisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; pr&#233;cis&#233;ment il me semble que le temps est &#224; la &lt;i&gt;responsabilit&#233;&lt;/i&gt; : ce ne sont pas les vieilles instances de la m&#233;diation creuse qui peuvent soutenir, accueillir, recommander nos travaux. Pour exister chacun, besoin des autres. Besoin de ne pas s&#233;parer ce qu'on recommande de ses propres travaux, de ce qu'on re&#231;oit des travaux des autres. Le billet de Pierre M&#233;nard sur le livre de Fran&#231;ois Matton &#233;tait exemplaire &#224; cet &#233;gard : je suppose qu'il ne se donnera plus la peine de recommencer &#8211; l'auteur lui-m&#234;me tenant cela pour non avenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le web &lt;i&gt;n'est pas&lt;/i&gt; &#171; perte du r&#233;el &#187;, il est le r&#233;el m&#234;me de nos lectures et de notre &#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; prolonger ce billet, s'il vous a int&#233;ress&#233;, un geste qui compte aussi : si le livre a disparu des librairies, se souvenir que vous pouvez cependant le recevoir chez vous en 48h, c'est ici &#8212; et, comme Babelio et pas mal d'autres, les 5% de ristourne c'est ce qui aide &#224; payer les serveurs :&lt;/p&gt;
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&lt;a rel=&#034;nofollow&#034; href=&#034;http://www.amazon.fr/gp/product/2818037905/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2818037905&amp;linkCode=as2&amp;tag=letierslivre-21&#034;&gt;&lt;img border=&#034;0&#034; src=&#034;http://ws-eu.amazon-adsystem.com/widgets/q?_encoding=UTF8&amp;ASIN=2818037905&amp;Format=_SL250_&amp;ID=AsinImage&amp;MarketPlace=FR&amp;ServiceVersion=20070822&amp;WS=1&amp;tag=letierslivre-21&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;&lt;/a&gt;&lt;img src=&#034;http://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=letierslivre-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2818037905&#034; width='1' height='1' border=&#034;0&#034; alt=&#034;&#034; style='border:none !important; margin:0px !important;' /&gt;
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		&lt;hr /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En fait non, c'est moi qui n'avais rien compris : &#171; car l'objet du colloque est de se pencher sur des auteurs pas forc&#233;ment webeux au d&#233;part, mais dont les livres int&#232;grent des po&#233;tiques identifi&#233;es de fa&#231;on explicite sur le Net &#187; me pr&#233;cise Gilles Bonnet, mais donc effectivement dans ce cas &#231;a ne me concerne pas du tout ce truc-l&#224;.&lt;/p&gt;
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