L’Imprévu

Accélération.

Porte fermée, se précipiter en descendant les marches, se retourner, « Est-ce que ? …Et est-ce que ? Oui, oui et oui. »

Bref interrogatoire matinal, pensées entremêlées, dénouer ses écouteurs. Se plonger parmi les ondulations sonores émanant de ses berceuses favorites, un bon vieux son qui réveille comme on les aime. Marcher pour aller prendre le bus.

Plan d’ensemble.

La boulangerie du coin, le tabac presse des teppes, le petit commerce du quartier, Domino’s pizza, la pharmacie, et devant, l’arrêt de bus. Avec le bus devant l’arrêt. Courir pour essayer de rattraper le bus, arriver à temps essouflée, mais arriver.

« Ligne 4 direction Seynod Neigos, prochain arrêt, Plaine Ecole » Plusieurs étudiants, sans doute lycéens à Berthollet, se tiennent debout, casque sur la tête, écouteurs dans les oreilles, portable à la main. Se réfugier contre la vitre, à côté d’une poussette, s’infiltrer dans la ville, à travers ses reflets. Les enseignes s’accumulent tout au long du trajet, les bâtiments, les arrêts, Galeries Lafayette, Lycée Berthollet, Manpower, Crédit agricole, Palais de Justice, « Prochain arrêt Bonlieu. Arrêt Bonlieu »

Descente du bus.

Cet endroit est toujours aussi apaisant. Petit parc, petite fontaine reposent face à Bonlieu Scène Nationale. Fraîcheur matinale douce et délicate, se diriger à la boulangerie avant les cours.

« Bonjour un Imprévu et un Proust s’il vous plaît »

C’est toujours un plaisir de se rendre ici. Les gens ont tous le sourire, tout paraît si délicieux, cet endroit respire le bonheur. Partir, le sourire fossilisé sur le visage. Attendre au passage piéton, s’amuser bêtement à compter le nombre de Minis que l’on croise, et s’émerveiller pour un rien, une fleur que l’on a aimée contempler au parc, voir une famille marcher, échanger avec une dame en attendant le 6, ou encore entendre une voix familière nous interpeler « Eh Merline !! »

Se retourner: plénitude.