#40jours #12 | borne d’incendie

Que fais-tu là devant chez moi, toi qui es là, toi qui ne bouges pas, contre qui je peux cogner, contre qui je peux m’accrocher, accrocher le pare-chocs, et poc et poc, je recule tu es là, j’avance et te voilà trop basse pour te voir, toi sur ton socle, un socle rien que pour toi, un socle  qui accroche, taille, perfore le pneu qui cogne, monte, poteau d’incendie, que fais-tu ici, avec ton pied rouillé qui serait mieux près d’un quai, bite d’amarrage, ton corps en forme de chope, chope sans anse, chope sans bière, une vigie peut-être, tu ne bouges pas, ton rouge fané , ton blanc sali, devenu gris, tes boulons rouillés, ton corps fendu, corps éventré mal raccommodé, qui tient à coup de pied, une plaque en fer, un nom, une ville de naissance, comme un GI, comment pourrais-tu t’égarer, sous tes élytres bancals, une tuyauterie, cachez ce sein…, donc Bayard, un constructeur, avec son nom bien en vue, combien d’autres que toi dans la ville faudrait vous compter, mais d’abord vous repérer, pourquoi ici plutôt que là, parce que fleuve, parce que pente, parce que canalisation simplement, depuis combien de temps là, des chiens sans doute lèvent la patte, des fleurs de bigogne, des herbes folles à ton unique pied, tête sans visage, fier le Bayard  qui à Lyon, quand, a dessiné cet évasé, choisi le rouge, le blanc et semé d’ici de là ces vigies capables de se transmuer en geyser, mais en attendant faut te surveiller quand reculer, avancer, se méfier, le socle saillant qui accroche… 

A propos de Betty G.

Lire, certes, mais écrire?...

Un commentaire à propos de “#40jours #12 | borne d’incendie”

Laisser un commentaire