Appartement 306

3ème étage, appartement 306. C’est la que tu habitais. Un petit appartement qui te convenait car, pas besoin de trop grand pour une petite personne comme toi, qui vis seule.

Ton salon était rempli de bizarreries, comme si tu entassais là tous tes voyages, tous tes souvenirs, tous ces fragments de mémoire, pour les avoir toujours à portée de main, pour ne pas les oublier. Des petites boites avec tes souvenirs kitchs venant d’un peu partout du monde s’éparpillaient dans la pièce, ils l’envahissaient.

Ta télé était posée  sur un grand meuble massif, contenant tes objets symboliques, comme tes albums photo, ta radio, tes livres qui t’accompagnaient toujours, ta vaisselle, peut être celle de ton mariage ou peut être cette de tes parents, ou encore les photos de tes enfants, de tes petits enfants, de tes arrières petits enfants.

L’odeur de tes crêpes au gouter me revient lorsque je pense à ton bazar organisé, et cette façon dont ton salon était rangé m’en dit beaucoup sur la femme que tu as été : une femme déterminée, voyageuse, cultivée.

3 commentaires à propos de “Appartement 306”

  1. 3ème étage, sans ascenseur, appartement 306.
    À une époque je grimpais les marches deux à deux, rien ne m’arrêtait, je voyageais, je parcourais le monde et puis il a fallu que je m’arrête pour m’occuper de mes enfants. Au fil du temps, les marches sont devenues de plus en plus difficile à monter. Il faut dire que je transportais et que je transporte toujours avec moi des sacs lourds remplis de merveilles. Je ne peux m’empêcher de rapporter dans mon petit cocon de petits objets de décorations.

  2. 4ème étage, appartement 406. C’est la que tu habitais. Un petit appartement qui te convenait car, pas besoin de trop grand pour une petite personne comme toi, qui vis seule.

    Ton salon était rempli de bizarreries, comme si tu entassais là tous tes voyages, tous tes souvenirs, tous ces fragments de mémoire, pour les avoir toujours à portée de main, pour ne pas les oublier. Des petites boites avec tes souvenirs kitchs venant d’un peu partout du monde s’éparpillaient dans la pièce, ils l’envahissaient.

    Ta télé était posée sur un grand meuble massif, contenant tes objets symboliques, comme tes albums photo, ta radio, tes livres qui t’accompagnaient toujours, ta vaisselle, peut être celle de ton mariage ou peut être cette de tes parents, ou encore les photos de tes enfants, de tes petits enfants, de tes arrières petits enfants.

    L’odeur de tes crêpes au gouter me revient lorsque je pense à ton bazar organisé, et cette façon dont ton salon était rangé m’en dit beaucoup sur la femme que tu as été : une femme déterminée, voyageuse, cultivée.

    Mais non, tu te réveillas d’une secousse, ce n’est pas ça, ce n’est pas du tout ça : ça c’est l’étage d’en dessous, c’est la 306, pas du tout la 106, ni la 206, ni la 406, ni la 606 et tous les six (qui scient, scient, scient). Mais alors j’étais où, si tout à tous les étages était pareil, toujours pareil ?

  3. Une femme déterminée, voyageuse, cultivée. Une de celles dont tout attachement est éphémère, une pour qui l’appel de l’amour est moins fort que celui de l’aventure. Celles qui collectionnent les lettres d’amour, comme on collectionne des objets sans valeurs : avec désintéressement. Celles pour qui les ‘ je t’aime ! ‘ sonnent comme des répliques de vieux films : sans goût et totalement démodés. Celles pour qui l’affection est plus à prouver qu’à crier.

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