autobiographies #15 | Vies de chiens

des grognements sourds derrière la porte du chai entrouverte, allongée dans une couverture au milieu des patates, les petits entre les pattes, ça pime, ça frétille, la tête redressée, les oreilles, l’œil brillant, grogneur

et au fond il y a des pierres, des arbres au bord de la rivière, des chants d’oiseaux, des nuages, leurs reflets sur l’eau, le reflet des feuillages, une araignée d’eau dessus, elle glisse, elle file, il y a une main qui plonge, les reflets vibrent, entremêlés, brisés, la main à la grosse pierre, gouttes, gouttelettes, ça aboie, la main levée, la main à la pierre brandie, à la pierre qui goutte, ça raboie, la pierre plonge, la pierre clabousse, au fond, la pierre raboie, la pierre pierre, au fond, la pierre au Nèg, qui pierre et au fond

l’été, elle marche, avec cette robe flottante, elle arrive, cette longue robe, vert foncé et blanc, gris et blanc en fait, cette robe trop longue, c’est l’été, il fait beau, elle arrive, le petit haut, les bras nus, pas les jambes, c’est la robe, du vert en noir et blanc, trop long, elle marche sur le trottoir, elle arrive près de la porte, trop près, c’est l’été, c’est la robe, c’est trop, il fait beau, elle arrive, elle est là, elle s’arrête tout à coup, les bras nus, repliés, resserrés dans un cri, l’aboiement, elle est là, arrêtée, stupéfiée, ça arrive, dans son cri, resserré, dans le pli de la robe, déchirée tout d’un coup, le noir sans le blanc, tout autour ça arrive, la robe sans le vert, trop long, il fait beau, c’est le cri, l’aboiement, les bras nus repliés, la robe déchirée, d’un coup, la minijupe, c’est l’été

c’est la nuit, ça grésille, la porte de l’étable ouverte, la lumière, Margot la patte ! le vieux et son paletot, sur le trépied, la casquette dans les côtes de la vache, les mains sur les pis, ça vibre, la trappe ouverte, le foin dans le râtelier, un souffle, la vache qui tire le foin, la rumination, le coup de patte, Margot ! les ruminations, les souffles, ça vioule, le lait dans le saut, ça gicle, ça bouillonne, le moustique, la trappe fermée, Hom !

la boule de poils blanche, des taches jaunes, orange, le museau sous la queue, les babines retroussées, le corps balancé, les bouts des pattes agités, les petits cris sourds — les cris du maître, la course, d’un côté, de l’autre, les oreilles aux aguets, la gueule en sang, le pelage brun, gris, le corps élancé

la fraîcheur, les enfants sur la rive, la couverture tartan, pain et beurre, tablette de chocolat, des verres jetables bancals, la bouteille d’Oasis, Non ! la fraîcheur et le poids, l’ombre des feuillages, leur flottement, un vol de gouttelettes, en tous sens, une fois, deux fois, les enfants déguerpissent, les verres tombent, l’Oasis

la penille, sale, en lambeaux, les mains qui tirent, plié en deux, Non tu l’auras pas ! la penille, la cour, les cailloux, la maison, le hangar, l’étable, le garage, qui tournent, qui reculent, il avance, plié en deux, il tire, la penille, Non tu l’auras pas ! ça tourne, les murs et les cailloux, les mains tirées, ça avance, replié, ça lâche, la penille et sur le cul

les cuisses en extension, muscles saillants, les pattes avant sur le rebord de la fenêtre, le tiroir bancal aux nécessaires de couture, la noire et la blanche, la queue faisant l’éventail, les oreilles dressées, l’œil et la truffe brillants, babines tendues, le museau sous le rideau, la dentelle, les traces, des auréoles sur la fenêtre, les alvéoles

ça flaire, la poussière volette, en suspension dans un rai de lumière, Viens ici ! ça renifle, nifle et nifle, les murs sombres derrière les tas de planches, le coin creux, sans fond, ça renègue, une odeur de cave, les pierres qui apparaissent, qui ressortent, une porte, le mur avancé, le mur qui renifle

dans les albums photos, les chiens d’avant, les chiens polaroïd, les chiens en noir et blanc, les chiens sépia, les chiens d’appareils jetables, les chiens sans noms, comme lui et comme elle à côté, et ces petits bien vieux, sans noms comme des chiens errants, des chiens et des chats

le petit vélo bleu, le chemin, les herbes hautes, les champs de blé sec, de maïs vert, le petit vélo de course, le virage, la descente, l’arroseur noir, l’arc irisé, la sonnette enrayée, le bosquet, le petit pont, le dérapage

et c’était l’été, l’été en grand, sous les arbres, des arbres élancés, frémissants, des peupliers, au bord de l’eau, la rivière, plus qu’un filet, c’est l’été sec, au bord de l’eau sur un pont de pierre, une grosse pierre, énorme, un bloc, deux même, deux blocs fendus, un bout cassé, et de la mousse, de la mousse et des lichens, des lichens partout, sur les pierres fendues, les peupliers frémissants, et les cailloux dans l’eau, à fleur d’eau, de gros cailloux dans l’eau,  des cailloux à lichen, des cailloux à mousse, partout dans l’eau, des au fond de la rivière, dans le lit, le filet, pas profonde l’eau, comme un guet, à marcher sur les cailloux, sauter même, d’un caillou à l’autre, sauter dans l’eau, patauger, s’éclabousser, s’ébrouer, aboyer, aux aguets, la queue éventant, en attendant, attendant que ça, que ça, sauter, de sauter, dans l’eau, de sauter sur le caillou, sur le gros caillou, le caillou jeté, loin, de temps en temps, le plus possible, loin, jusqu’à là-bas, l’eau, en amont, jusqu’au lit plus étroit, le lit ensablé, vaseux, le filet d’eau, c’est l’été, jusque vers là, le caillou, le caillou à chercher, Va chercher, à patauger, à clabousser, à chercher et rapporter, chercher le gros caillou, le caillou dans la gueule, le gros caillou à tirer, avec ses crocs, et tirer, tirer avec ses pattes, à coups secs, tirer, un bon coup, raide sur ses pattes, tirer et rapporter, rapporter le gros caillou, rapporter et C’est bien ça, rapporter et sortir de l’eau, le caillou, le sortir, le tirer, remonter, de temps en temps, le tirer, à grands coups secs, avec ses crocs, dans la gueule, sur la berge, au pied du pont, au pied de la pierre, fendue, sur l’herbe, en aboyant, aboyer après le caillou, aboyer, la queue éventant, raide sur ses pattes, et C’est bien ça, c’est bien, la queue en éventant, et détaler, courir, sauter dans l’eau, patauger, clabousser, sauter, clabousser, Va, va chercher, le caillou vu, vu le caillou, le nouveau, l’autre gros caillou, vu, Va là-bas, l’amont, en filet d’eau, le sable, la vase, le filet, où c’est l’été, le gros caillou au fond, l’autre, le nouveau, plus gros, moins de prise, et aller, et le prendre, le caillou, le tirer, avec ses pattes, tirer à coups secs, de bons coups, le lâcher, le tirer, retirer, avec ses crocs, tirer, et résister, et pas lâcher, et en aboyant, aboyant, raboyant, et pimer, et raboyer, tirer, tirer le gros caillou, sur ses pattes raides, tirer, de toute sa gueule, à résister, le caillou dans l’eau, trop gros, de temps en temps, à tirer, à tirer, les pattes, retirer, la gueule, et C’est bien, c’est bien ça, Va, encore, tirer, tirer, Va, encore sur les pattes, sur la gueule, sur les crocs, raide, raide à tirer, raide à sortir, raide en remontant, le caillou trop gros, la queue droite, raide le Nèg, sur la berge, au pied de la pierre, le pont fendu, dans la boue, en aboyant, aboyant, raide, après le gros caillou, le six, le sept, la queue en éventant, en aboyant, aux aguets, raide sur ses pattes, aboyant sur le six, aboyant après le sept, et huit, la plus petite, la pierre plus haut, remonter plus haut, dans l’herbe, et aboyer, aboyer fort, raide, la queue dans tous les sens, aux aguets, et détaler aussi sec, Va, vu le prochain caillou, sauter, vu le caillou plonger, vu clabousser, vu claquer, vu caillasser, péter, le fond, le filet d’eau, le filet d’été, ensablé, envasé, de temps en temps, le gros caillou, qu’a claqué, caillassé, pété, fendu, qu’a claboussé, et Vas-y, et C’est bien ça, tirer, tirer, résister, tirer, le gros caillou, le gros nouveau, tirer sec, tirer raide, sur les pattes, sur les crocs, dans la gueule, le gros neuf qui résiste, qui tire sur la gueule, sur les pattes, et de dix, plus gros, plus gros sur les pattes, plus gros sur la gueule, qu’a lâché, qu’a retombé, au fond de l’eau, au bord du filet, eu pied de l’été, gros caillou, grosse gueule, qu’a résiste, qu’a tire, qu’aboie, qu’aboie, raboie, queue raide, à pimer, tirer, Va, Vas-y, Tires-le, tires-y, sur la gueule, sur le gros caillou, avec les crocs, les gros crocs, neuf, dix, onze, sur les pattes, sur la queue, tires-y, C’est bien, c’est bien ça, tires-y sur la gueule, au gros, au raide, les pattes, raide le caillou gros, tires-y au gros, les pattes, bien raides, tires-y bien, la gueule, les crocs, la queue éventail, dix, onze, douze, en aboyant, aboyant, raide, sec, aux aguets, la queue bien raide, en résistant, en aboyant quand ç’a lâché, en aboyant sec, quand ça coulé, quand ça bloqué, ça coincé, ça grincé, les crocs, raides, ça raclé, la gueule, la grosse gueule, de temps en temps, à pimer, pas pimer tirer, tires-y, le caillou, le tirer sur le coin, le tirer sec, le sable, tirer la vase, le filet, raide, l’été, tires-y raide, à grands coups secs, les crocs, la queue raide, la queue folle, jusque sur la berge, jusque dans l’herbe, la boue, à tirer raide, sur les pattes, sur la gueule, sur le pont de pierre, sur la pierre fendue, cassée, le caillou pété, le gros caillou raide, et de treize, et aux aguets, Vas-y, aux aguets, Va, en aboyant, et aboyant, aux aguets, aboyant, raboyant, et détaler, sec, sec et raide, sur les pattes, sec et raide, sur la gueule, sur les crocs raides, la gueule raide, détaler, détaler et courir, sauter, la queue à valdinguer, clabousser, l’eau, le caillou, au fond, le sable, sauter sec, au fond de l’eau, la caillasse, sur le pont, la pierre fendue, raide, le caillou cassé, caillassé, le gros dernier, le gros filet, envasé, filet d’été, sec et raide, sur les pattes, sur la grosse gueule, l’été, la queue folledingue, raide et gros, raide et sec, langue pendante, de temps en temps

  1. Ça devient systématique : après chaque texte terminé, mis en ligne, j’entre dans une phase dépressive qui prend doucement à la gorge en attendant de savoir quoi écrire d’autre, maintenant. C’est donc de cette phase-là qu’il faut aussi traiter. La phase du manque, de l’attente.
  2. f souhaiterait qu’on emprunte le point de vue d’un personnage qui, issu de votre parcours biographique, s’impose à vous dans l’écriture en tant qu’énigme, ou par son énigme… J’aimerais beaucoup que ce soit un chien. C’est vrai, j’en ai déjà parlé des chiens — le chien qui s’barre… —, mais je ne me suis pas encore mis à leur place. Pas sûr que je sois à la hauteur. Et pourtant, je les entends encore pimer, dans le chai, les petits chiots qui venaient de naître, pimer comme un chien sait le faire, mais en sourdine cette fois, sur une tonalité nasillarde et étonnamment plus basse en fait, parce que la gueule n’est pas encore formée, parce qu’elle reste fermée, comme les yeux, et je les vois se tortiller, se monter dessus, guidés par l’odeur de la mère, des mamelles pleines de lait auxquelles ils donnent des coups de tête, comme de petits automates détraqués.
  3. Jérôme ne lit pas les textes des autres avant d’en avoir terminé, ou presque, avec son texte. Je fais à peu près la même chose, et comme j’écris lentement, ou plutôt comme il me faut du temps avant d’être lancé, je lis trop peu les textes des autres. — Je n’ai pas déjà parlé de ça ? — N’empêche qu’à la lecture des autres textes je trouve parfois le sujet, une image, ou peut-être la forme, qui peuvent me lancer. Et pas de honte à avoir, en se disant qu’on est en train de copier (je n’étais pas si honteux de copier sur mon voisin à l’école, et j’étais même fier de ne pas avoir, pour une fois, pleuré quand l’instit me tira les cheveux des tempes) : pour peu qu’on fasse confiance en l’écriture, le sujet se sera retourné comme un gant, l’image en aura amené d’autres et la forme n’aura pas eu d’autre choix que de s’adapter aux transformations.
  4. Le plus gênant, c’est qu’à lire ainsi, la mine à la main, je ne parviens pas toujours à finir ce que je lis.
  5. J’ai oublié : une suite de scènes-clés, qui sont le puzzle de cette énigme, la suite non résolue de ces énigmes. Et puis : scènes muettes aperçues, embrassées en un instant, un mime, une tension presque comme raconte la peinture…
  6. Et comment on fait parler un chien, à travers son regard, sachant qu’il est naturellement myope et qu’il distingue moins de couleurs ? Faut-t-il prendre en compte la queue basse ou qui remue, la truffe au vent, oreilles dressées ? Et les ultrasons ? Et les odeurs insoupçonnées et subtiles qui recolorent, remodèlent peut-être, le monde (moi qui ai régulièrement le nez encombré) ?
  7. Évidemment, avec le chien, un enfant de sang mêlé n’est sans doute pas bien loin. C’est qu’on connaît nos classiques, on a à un moment donné lu, vu, entendu, Saint Roch et son chien, Belle et Sébastien, Boule et Bill, Rintintin (Rantanplan ?). Mais qui suit qui ?
  8. Ces scènes tirées d’un trait, ce pourrait être comme dans Une Toute petite seconde de Rebecca Dautremer ? — « Le sergent Plume avait pris du poids. Un bouton doré de son plastron vint à sauter. Et dans son habit incomplet, l’agent perdit toute autorité. » — Ou Un Certain Plume, tiens, d’Henri Michaux : « Il y avait un homme en face de Plume, et dès qu’il cessait de le regarder, le visage de cet homme se défaisait, se décomposait en grimaçant, et sa mâchoire tombait sans force. »
  9. Pas croyable ! f était en retard d’une semaine pour la dernière proposition du cycle autobiographie comme fiction, le voilà en avance d’une semaine pour la première du cycle vers un écrire-film. Résultats : si j’ajoute le projet personnel en chantier, à Chalais, le projet collectif qui ne mène nulle part ailleurs que dans les galeries noires de Sauveterre, je ne sais plus où donner de la tête ; si je veux suivre ce nouveau cycle je vais devoir : soit me retarder moi-même, et rattraper le train en marche en superposant les propositions (sachant par expérience que le temps ne se concentrera pas forcément, alors à quoi bon) ; soit commencer, aujourd’hui, le nouveau cycle en même temps que je termine l’ancien. — Sinon, on peut bouder.
  10. Un ou deux chiens par jour, en quelques lignes, une poignée chacun, maintenant que la deuxième partie du Chantier a été effectuée (même si tout reste à faire), ça devrait pouvoir se développer facilement en une semaine. Je dresserai la liste des chiens à la fin.
  11. Clarence écrit un texte qui se délite, qui tend ou tombe toujours un peu plus dans l’abstraction, qui se dé-lit plus qu’il ne se lit, et alors, elle se retrouve au cœur même de l’écriture : « Je ne sais si ce que j’écris à un quelconque rapport avec la proposition mais elle résonne avec l’architecture de ce que j’aimerais écrire et que je n’arrive pas. Perdue dans mon architecture, dans mon écriture, dans mes histoires. Je l’écris pour ne pas rien écrire et tenter de débloquer le tunnel qui semble ne pas trouver de lumière, la porte qui ne s’ouvre pas, le mur qui n’a pas de brèche. Tout ça pour ça… Excusez-moi. » — Et j’ai presque envie de lui répondre, à Clarence : Non, pas d’excuse : cette espèce de chute par touches non seulement fait vivre tout un univers, ta silhouette en Elle, mon parking défoncé à Chalais, la prison de f avant Prison, et la question de Barthes : « De qui suis-je le contemporain » ? etc., un ensemble d’univers instables, intenables, pour une note finale essentielle, qui dit le doute, qui dit la fragilité de l’écriture, et ce faisant qui dit qu’on n’abdique pas, qu’on résiste malgré le délitement, le silence apparent — Duras : « Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. » — : que tu écris. Et pour ça, aucune excuse mais mille merci Clarence ! » — Et comme elle me fait écrire ici, comme j’écris avec elle, comme on écrit ensemble — imagine-t-on à quel point on n’est pas si seul quand on écrit ? —, quoi de mieux en guise de merci que de lui donner à lire cette note-là, entière, et comme ça ? à lire ou à dé-lire ?
  12. Est-ce qu’on peut utiliser ce qu’on a déjà écrit ailleurs, avant, le copier et coller comme ça, sans prévenir, ou juste en italique, pour en faire un autre texte, nouveau si possible ? — Mais qu’est-ce qui compte vraiment alors, le texte déjà écrit, ou ce qu’on a écrit comme si c’était ce qui l’avait amené, comme si c’était ce qui lui préexistait, comme un passé en provenance du futur — et ce sera le dernier fragment puisqu’on outrepassera les limites de la consigne ?
  13. Non, on ne peut, je ne peux pas, pas comme ça. Ne pas oublier la leçon de Barthes, à l’idée de refaire « tout littéralement », Guerre et Paix : « il suffit de refaire la chose et de confier le départ qui est inscrit dans l’image de la spirale, de le confier simplement à la force naturelle de déformation et de corruption des mots et des langages. Non pas travailler ce déplacement, mais me confier simplement au déplacement qui tient au fait que je suis d’une autre époque, et que d’autres langages vont entrer dans cette entreprise et la déformer suffisamment pour qu’elle ne soit pas inscrite dans une répétition purement funèbre. » Est-ce que cela peut fonctionner pour ses propres textes ? Peut-être, dans la mesure où le contexte de réécriture diffère de celui de l’écriture en première instance. Barthes ne l’a-t-il pas lui-même expérimenté avec ces milliers de notes ? — Et alors moi, mon texte, j’en fais quoi : 1) je me replie sur le contexte de la consigne — et donc ça va saigner, avec des barrés doubles ; 2) je m’appuie sur la lettre, la structure originelle du texte — et à la place des points, des virgules.
  14. Une “scène muette” est-elle nécessairement sourde ? Une parole, une phrase courte, considérée comme une onomatopée, ou du grommelot, peut-elle participer du mime ?
  15. Le texte original du Neg, dernier épisode de la série « Induction 6b », créé lors du cycle d’atelier Prendre, autour d’une littérature sans texte… On peut le retrouver à cette adresse : http://willweb.unblog.fr/2021/02/11/induction_6b-9-cycle-prendre-le-temps-6b/ — Pas sûr que ça fonctionnait. Pas avec les verbes conjugués, à supprimer à l’aide de l’infinitif et des participes (sauf dans les présentatifs).
  16. C’est parfaitement idiot et insignifiant, mais les truffes de chiens que j’observe sur la Toile, ça me fait rire.
  17. J’aimerais beaucoup retrouver ce tableau (de maître ?) : c’est l’été (j’imagine), une table dehors est dressée, il y a de quoi boire et manger, c’est copieux, riche (coloré), et de l’autre côté de la table, en face (face au spectateur), il y a un chien (imaginé), juste le haut de son crâne et ses yeux sur la table (ses yeux sur le spectateur), juste une espèce d’arc noir et deux points brillants fixes (qui vous fixent) : mais à qui sont ces yeux (à quel peintre) ? — Impossible de retrouver sa trace sur la Toile (ou je m’y prends mal).
  18. Poupette (ou le vieux Pezeau) – Fanny – la Miss (le Nèg) – Taïaut – Miro – Pirate – Poupette Jr (Papounet) – Souris – Candy – Louloutte – Magnéto (la Gnette) – et la noire et blanche dont le nom m’échappe – (et le chat, le Gran Lou, monté sur ressorts, la queue serpentine à bout noir, et qui faisait des bonds comme ça quand on lui faisait peur).

A propos de Will

Formateur dans une structure associative (en matière de savoirs de base), amateur de bien des choses en vrac (trop, comme tous les grands rêveurs), écrivailleur à mes heures perdues (la plupart dans le labyrinthe Tiers Livre), twitteur du dimanche sur un compte Facebook en berne (Will Book ne respecte pas toujours « les Standards de la communauté »), blogueur éphémère sur un site fantôme (willweb.unblog.fr, comme un vaisseau fantôme).

2 commentaires à propos de “autobiographies #15 | Vies de chiens”

  1. Va sans y, peut-être sans S… un détail, un poil de chien. “Pimer” c’est là le plus mystérieux, qu’est-ce donc que ça, “cimer”? Comment ça parle un chien ? Peut-être bien comme le maitre à force, un peu? Pour le point 12, je remarque te lisant à quel point je suis sans scrupule : je lis pour écrire. Toujours. Pas seulement ici. Comment faire autrement ? Un chien qui m’a marquée c’est Lynx, dans le”Mur Invisible”, je l’ai aimé celui-là, presque autant que le caniche Super de “La vie devant soi”. Récemment, j’ai écrit ça, drôle d’écho à distance :Ce mot ne va pas.
    Il ne correspond pas à ce qui m’est arrivé.
    Il me fait penser au sursaut de terreur quand un chien qu’on n’avait pas vu venir vous hurle dessus derrière une grille. Ça agresse..

    • En effet, à l’impératif sans adverbe à suivre, pas de “s” à “Va”. Sympa de me le signaler : l’erreur était systématique ! — Eh oui, ça agresse. Surtout le petit roquet du voisin, caché derrière la murette. — Merci.