Bribes de pensées nues

Je trouve un peu de poésie dans toutes les failles humaines. Je possède les rires et les pleurs de tous ceux que j’aime, et l’idée qu’ils puissent être vivants en moi me fait vraiment du bien. J’aime la poésie et sa musique, j’aime la musique et sa poésie. J’ai écrit et composé une chanson pour quelqu’un qui ne le saura probablement jamais. Je n’ai pas compris s’il fallait vraiment faire des liens entre mes phrases, mais tant pis. Je dérive parfois. Je pense beaucoup mais je ne réfléchis pas assez. J’ai énormément de mal à rester concentrée. On me dit que je suis passionnée et jolie, et je ne sais pas ce que je dois croire car il est évident que le mensonge se traîne toujours derrière des pensées prononcées un peu trop vite. Je suis dans la lune. Je me raconte beaucoup d’histoires. J’aime les clichés, ils sont drôles et bien trop idéals. Parfois même, j’aimerais passer, ne serait-ce qu’une journée dans un de ces bons films débiles qu’on nous sort chaque année à Noël. Peut-être aussi que c’est parce que le chocolat chaud a toujours l’air délicieux, dans ce genre de films. J’ai peur du regard des autres. J’ai du mal à accepter la critique. J’ai besoin des autres. Je suis casanière. J’ai une peur incommensurable de l’échec, quel qu’il soit. J’ai conscience de ne pas être parfaite. Parfois, j’ai envie d’une cigarette. L’autre jour, avec un garçon, nous avons énoncé une liste de mots qui nous semblaient beaux rien qu’en les prononçant, sans prendre en compte leur sens ; mon préféré doit certainement être « enivrant ». L’Art est Beau. Je me plais dans la mélancolie. La mienne, surtout. J’aime confondre le Spleen et l’Idéal, trouver de l’Idéal dans le Spleen, mais je ne crois pas que l’inverse existe, et on ne peut de toute façon pas demander à Baudelaire ce qu’il en pense. Les gens me considèrent comme une personne solaire mais c’est plutôt moi qui trouve un peu de Soleil en tout le monde. Beaucoup de personnes m’intimident, et quand je dis beaucoup, c’est pour ne pas dire tout le monde. Je me compare trop souvent aux autres, et ça me tue. Je leur trouve à tous un charme complètement fou. La luxure se trouve partout. Je n’ai pas fait exprès de faire ces rimes. J’ai du mal à avouer que, parfois, mon ego a besoin de s’exprimer. Je sais déjà que j’en ai trop écrit. Le regret existe. J’ai déjà fait pleurer des proches, et lorsque j’y repense, c’est moi qui me mets à pleurer. Je déteste me plaindre mais j’ai l’impression de le faire souvent inconsciemment. Je suis facilement influençable. Je me sens souvent coupable même lorsque je ne suis pas concernée. Je peux passer d’une humeur à une autre en quelques minutes. Je me fais souvent des listes que je ne tiens pas. Je suis absolument têtue, j’ai du mal à me remettre en question mais lorsque je le fais j’ai toujours l’impression d’avoir accompli quelque chose de bien. Il y a des défauts que je n’ose pas énumérer. Chacun de mes sens paraissent aiguisés, je leur accorde une importance démesurée et cela me donne l’impression d’être plus vivante que n’importe qui. La tristesse m’accable parfois. Quand mes rêves sont trop prenants, ils résonnent des jours entiers dans ma tête. J’aime la nuit, le jour aussi, je ne sais pas ce que je préfère entre ces deux figures de l’univers. Je pense que l’objectivité n’existe pas ; d’ailleurs, lorsque je parle de philosophie, j’en viens souvent à me demander si le sujet sur lequel je viens de débattre existe réellement, et je constate souvent que je n’en sais trop rien. Conduire seule est une des plus grandes satisfactions que je connaisse. Il arrive parfois qu’une simple chose me fasse pleurer de joie, ou bien de chagrin. Je suis particulièrement sensible au parfum, surtout masculin, et n’en oublie pas un seul ; je rêverais secrètement d’être Jean-Baptiste Grenouille qui arrive à les ressentir simplement en les pensant. Secrètement n’est plus vraiment secret lorsque je l’écris. J’aime le silence dans son intégralité, mais mes acouphènes m’empêchent de l’apprécier pleinement. Je trouve les majuscules arrogantes. Je ne veux pas d’enfants. Je me sens parfois trop chanceuse. J’ai du mal à dire « je t’aime ». Le « je » semble répétitif. Ce jeu aussi. Mes souvenirs font partis de ce que j’ai de plus précieux. Quand j’étais petite, il m’arrivait d’avoir des vertiges en pensant à la Mort. La sensibilité artistique d’une personne est primordiale pour moi. La musique m’apaise, mais celle que je tente de faire n’est jamais assez bonne à mon goût. Je n’aime pas tellement enfreindre les règles. Je n’ai jamais souhaité la mort à personne, et pour ceux qui l’ont déjà pensé, vous êtes sacrément névrosés. Je pense que je n’ai pas une grande culture et j’en ai honte. Je croyais ne pas aimer les chats. J’ai souvent honte pour tout et pour rien. Mes émotions me possèdent plus que je ne les possède moi-même. J’adore parler et écouter les autres parler. Je pourrais mourir pour mes amis, ma famille et mon petit frère. J’ai tendance à minimiser ou même oublier une émotion trop forte une fois qu’elle a fini de s’exprimer. J’aime le voyage mais ai peur de l’inconnu. Quand j’étais petite, je jouais avec le vent, lui chantait des chansons, et j’avais la douce impression qu’il soufflait plus ou moins fort lorsque je le lui demandais. Je ne crois pas aux coïncidences. Je déteste le café. J’aimerais être invisible le lundi, le mardi, le dimanche ; j’aimerais que l’on me remarque le jeudi, le vendredi et le samedi. Je n’aime pas le mercredi. Je ne sais pas détester quelqu’un. Je pense que l’amour éternel n’existe pas. Je deviens extrêmement rouge dans beaucoup de situations qui m’échappent. Je ne sais pas si j’aime ou déteste les regards insistants. Si je ne parle pas du physique, c’est que je ne suis pas à l’aise avec ça. Je détourne facilement le regard. Je ne veux pas me marier, mais j’épouserais bien un musicien. Je suis romantique. J’aime aimer. Je rêve. J’oublie. Je rêve. J’oublie. Je suis trop perfectionniste pour des choses qui n’ont pas vraiment de sens. Je ne sais pas ce qui est le mieux pour moi. Je fais de l’anxiété. J’ai tendance à beaucoup culpabiliser. Lorsque quelque chose me contrarie, je peux y penser pendant des semaines. Je ne sais pas ce qui me plaît vraiment. J’ai déjà eu un ami imaginaire. Mon doudou s’appelle Doudou. Quand je suis dans le noir, je ne pense pas au fait que je suis dans le noir sinon il m’arrive d’avoir peur. J’aime les chansons douces. Je suis bourrée au bout de trois verres, mais on m’a dit une fois que c’était bien, parce qu’au moins, je ne coûtais pas cher. J’aime avoir le contrôle sur des choses qui ne devraient pas être domptées et à l’inverse, j’ai tendance à lâcher prise sur les choses qui doivent être mieux contrôlées. Je trouve certaines personnes narcissiques, je ne sais pas si ces personnes m’énervent vraiment ou si je les envie. Je suis contradictoire. Un ami m’a appris ce qu’était la confiance en soi, et je crois que je ne m’en sors pas si mal contrairement à tout ce que j’ai toujours pensé. Ou bien, j’ai seulement grandi, entre-temps. J’ai du mal à me mettre en avant et du mal à avouer le fait d’en avoir parfois envie. Celui qui prétend vouloir aider à lui aussi tout autant besoin d’aide. Lorsque je regarde le ciel, j’ai l’impression qu’il se déploie à moi, qu’il veut me conter tous les plus beaux joyaux et secrets de l’univers. Je suis fascinée par la brume. Je suis fascinée par beaucoup de choses en réalité, mais les énumérer une par une reviendrait presque à faire le tour de la Terre à pied. Les détails m’intriguent. Je passe mon temps à analyser tout ce qui m’entoure. Ma réalité n’est pas celle des autres. La philosophie me fait vibrer, même lorsque je n’y comprends rien. Petite, j’étais amoureuse d’Harry Potter, et aussi de Thomas Dutronc et aujourd’hui encore, ça n’a aucun sens. Je crois que je commence à comprendre qui je suis. Je dis très souvent « je crois » car je crois que je ne suis pas sûre. Je ne sais plus ce qu’est l’ennui depuis que je peux passer mes journées à voyager rien qu’en fermant les yeux. Je ne pensais pas que cet exercice s’apparenterait à un journal intime. Je souris bêtement en écrivant ces phrases. Je crois n’avoir jamais été aussi claire et comprise qu’en parsemant des bribes de mon âme ici. C’est très certainement la première fois que j’écris des phrases comme elles me viennent, simplement d’une traite. Je me prends trop la tête. Il y a des choses que je ne dirais pas. Pas maintenant. Et si vous pensez tout savoir de moi après avoir lu ceci, simplement parce que ce texte est particulièrement long et qu’il vous agace presqu’autant qu’il me soulage, je ne saurais pas vous dire si vous avez raison ou tort. Mais vous seriez quand même assurément fou, de prétendre que vous savez déjà tout.

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