dialogue #01 | Postillon

Figure 46 – Au tableau noir – photoperso Cécile image000000 (par texto) – 03/05/2022

Un postillon… ! Moi ? on me défendait, au bout de cette table, immense, toute en long, une table comme on voit ça qu’ailleurs, dans d’autres pays, dans des palais, des temples, et je me retrouve tout au bout, dans un coin, à les écouter, à me souffler des formules, des refrains, mes ritournelles, et ça fait des siècles à me défendre comme ça, comme on peut, le travail c’est la santé… et de chacun selon ses moyens… et agir en primitif… et fais pas ci fais pas ça… et d’autres trucs comme ça, tout prêts, tout faits, à me souffler dans l’oreille, tout au fond, et tout autour de la table à tourner, et elle est grande pourtant, elle est longue, elle s’étire, il en faut du temps pour faire le tour, c’est fou le temps qu’il faut, mais il y a du monde à tourner, il y en a des voix à se relayer, de siècle en siècle, à se les répéter, jusqu’à moi, ces antiennes, pour que je reste droit, raide, comme un piquet, comme la justice, sur mon totem ou mon tabou, mais ça doit se voir, ça doit se lire sur mon visage, à livre ouvert, que je viens encore de reculer, que la table s’est allongée, élargie même, et moi toujours plus au bout, toujours plus dans mon coin, ça doit se voir tout ce qui me tourne autour, tout ce qu’on me souffle, selon ses besoins… rien faire… en stratège… tout ça pour me défendre, ça doit s’entendre tourner tout ça, toutes ces voix, à toute allure, ça doit s’entendre rouler, bouler, s’entremêler, avec des yeux comme ça, de grands yeux, avec une drôle d’allure, des yeux renversés, retournés, avec un air défendu… Et ce postillon ! un nouveau et beau postillon, tout bouillonnant… il a sauté comme ça, il a traversé la table, atterri là, juste devant, une bulle presque, sur le formica imitation bois, avec nervures et nœuds, il a buté sur une dent ou glissé sur la lippe, en un mot ça a mal tourné, ça a suinté… on parlait, on parlait… on me parlait, et ça tournait, viens ici, mets-toi là… et l’eau qui montait, on parlait, on en salivait, et le mot délavé a chuinté, le postillon envolé a chuté, là, là sous mes yeux, et pour un peu sur la main… L’autre aussi, l’autre l’a vu aussi, par-dessus son écran, ses yeux ont dévié, se sont élargis, des yeux comme ça qui ont roulé, elle s’est arrêtée de taper… elle notait ce que je disais, elle faisait les questions, je faisais les réponses, elle les tapait, je me taisais, elle continuait d’écrire, et l’autre en face, l’autre au postillon, elle me questionnait, je répondais, et puis l’autre, au clavier, Non mais en fait… l’autre elle faisait aussi mes réponses, et ça commençait à m’échauffer, tout au fond, au bout de ma table, je cuisais, et ça tournait, ça tournait, la question de l’une, celle au postillon, la réponse de l’autre, à taper, et ce que j’avais à dire pour ma défense, ce que je me disais, ce que je me priais de répondre, à l’une, à l’autre, les notes, les postillons… Et ce Guide d’entretien, on y revenait et elles y tenaient à leur tableau, aux questions, à ces quelques mots, ces quelques lignes, et c’est tout petit les phrases dans ces grandes cases, ces questions toutes faites d’un côté, tout petit dans ces cases vides, et c’est à ça qu’elles tenaient, sur ça qu’elles s’appuyaient, sur quelques phrases, quelques mots centraux en fait, des mots écrits, des mots tout faits dans ces grandes cases vides, venus d’ailleurs, bilan… résultats… objectifs… compétences… degré d’autonomie… des mots sur une ou deux lignes, et une grande case, c’est à ça que ça tenait l’entretien, à des phrases toutes faites, bien cadrées, largement, avec beaucoup de vide, des phrases réduites à un mot ou deux, et les cases vierges en vis-à-vis, des cases pour mes réponses, le vide total, et ça s’est déroulé comme ça l’entretien, quelques mots, quelques lignes à lire, toutes faites, déjà écrites, des phrases d’ailleurs, des questions téléguidées, une ou deux lignes dans de grandes cases vides, pour quelques mots centraux, en haut des cases, valeur ajoutée…. développement de compétences… degré de responsabilité… des mots et quelques autres, les petits mots, les mots de liaison, d’articulation, insignifiants au fond par rapport aux autres, aux centraux, les gros, des petits mots juste pour une phrase de lancement, pour de gros mots tout prêts qu’on lance, et moi avec, avec mes mots et mes lignes inconnus, dans mes cases vides, et tout à dire avec ça, tout à dire dedans ça, avec des mots et des lignes nus, venus de ça, de ces cases, et tout à écrire avec ça, l’autre, tout à noter là-dedans, dans ces cases dans son écran, l’autre qui y revient, qui y tient, l’autre à taper, à écrire de case à case en vis-à-vis, tout ce vide d’entretien… On était dans la salle de réunion de la structure, la vieille salle de cours, ma première, là où il fait toujours chaud l’été, toujours froid l’hiver, toujours plus sombre tout le temps, avec ses vieilles tables imitation bois, à nervures et à nœuds, des tables de guingois, un grand ilot tout en long, d’un côté les notes, de l’autre les postillons, moi entre les deux, moi en bout de table, tout au bout, tout au fond, on était là dans cette grande salle vide pour parler de moi, pour parler de mon travail, chacun son guide d’entretien sous les yeux, chacun le même tableau ci-dessous… un tableau en deux colonnes, celle des questions, en quelques mots, quelques lignes, et la colonne des réponses, à compléter… on était là, tous les trois en bout de table, l’une devant un écran, un clavier, l’autre stylo en main, moi, la tête dans mes cases vides, tout au bout, et tous les autres autour qui se relayaient, et c’est nous les canuts… et ce que nous faisons… et derrière, dans mon dos, le grand tableau noir, le vieux tableau noir constellé d’impacts, de petits trous, et même une étrange bosse dans un coin, à se demander comment c’est arrivé, si c’est à force d’écrire, si ce sont les coups de craie, mille et un coups pour mille et une fois plus de mots, au moins, avant que la craie n’attaque enfin le tableau, l’ardoise toujours plus fragilisée au fil des siècles, ou si ce ne sont pas les mots dits, les mots lancés à, des mots et des lignes jetés sur, tirés, flèches décochées, piques, traits, dans les mille et une réunions, les cours, des mots perdus venus taper le tableau, venus se perdre là, se ficher là, dans l’ardoise, au hasard dans la matière noire, et à chaque trou, chaque éclat, même infime, la trace d’un mot, un mot pas spécialement dur en lui-même, même si beaucoup ont dû laisser des traces, peut-être dans ce coin là-bas, les trous plus larges, ou là-bas, plus profonds, non, mais des mots qui le sont devenus par force d’inertie, des mots qui se sont figés, fossilisés, des mots qui se sont ramassés, repliés sur eux-mêmes, des mots réduits, plus denses, durs et cassants, comme un bout de craie, des mots qui ne sont plus que poudre agglomérée, des mots de craie, faits pour s’effacer sur le tableau noir, des mots pour laisser des traces, des mots, des figures parfois, qu’on laisse un temps, qu’on oublie comme ça, et qu’on effacera… Compétence… c’est le mot, c’est là que ça a fourché, entre la bilabiale et dentale, ça a mal tourné, ça a fourché, pétence… ça a buté, le é oublié, impossible à rattraper dans la syllabe suivante, le mot a volé, mes yeux roulés, l’autre avec en notant, le postillon chu, et l’autre en face, bouche bée devant ça, sur la table, les fausses nervures, le faux nœud, de vraies lignes, ça qui bouillonnait… La table est grande, longue, et je suis tout au bout dans mon coin, défendu, interdit même, avec tout ce qui tourne, la table est loin, et les autres sont à l’autre bout, mais elles aussi elles ont leur relais, elles aussi ça tourne, ça fuse, et quand elles y reviennent au guide, quand on la pose la question, elles sont là, tout près de moi, tout contre, à me souffler ça dans l’oreille, tout au fond, les mots, les lignes à lire de grandes cases vides, améliorer l’organisation… et elles se sont étirées avec la table qui s’est encore allongée, et elles me soufflent, elles me lancent, me jettent, me tirent, les visages tout près, tout contre, tout au fond, et moi, au pied du mur derrière, au pied du tableau, on me défend, de ce qu’on a fait de nous… depuis des siècles, et ça souffle d’un côté, ça souffle de l’autre, les voix, les totems et les tabous, et les autres, leurs formules, les questions préparées, elles y tiennent, on y revient, d’un côté, de l’autre, que ça s’entrecroise, que ça s’entrechoque, mais ça ne se mêle pas, et ça se pulvérise, ça se loge dans la matière noire du tableau, ça impacte, ça troue, ça creuse tout ça, mener à bien les missions… nous sommes tout nus… C’était dans la salle de réunion, la salle au tableau noir, à mille impacts, souvent plein de traces, il y avait quelque chose d’écrit dessus, quelques mots, deux ou trois lignes, et un dessin, à la craie sur le bord inférieur, à la craie jaune, à la verte et la bleue, il y avait un bouquet de fleurs…

  1. Quelques phrases, jetées comme ça, en une poignée de paragraphes qui ne trouvent pas à s’associer. En fait, je suis tiraillé par deux voix (voies) : l’une qui me dit de commencer avec l’image d’un postillon qui vient de sauter avec un mot dans une intonation détonante — ça arrive parfois, et régulièrement pour qui parle trop —, l’autre avec l’idée qu’on n’a pas envie d’être là, à écouter ce qu’on a à nous dire, ni à dire ce qu’il faut leur dire, et qu’on s’écoute parler à part soi pour oublier ce qu’on refuse d’entendre et de dire — sans y parvenir — ; et forcément, ce qui vient avec l’une ne va pas avec l’autre.
  2. Je me demande néanmoins si le problème ne vient pas du registre oral, encore — sur la lancée du dernier texte.
  3. Tenter de décrire les formes que prennent les voix dans un dialogue sur le mode du monologue : ce n’est peut-être pas la meilleure chose à faire. Se laisser d’abord embarquer comme ça, en blablas, histoire de se lancer, et puis tempérer l’ardeur de la machine, freiner un peu et revenir sur un rythme et un ton plus classique peut-être, plus écrit (mais qu’est-ce que ça veut dire ça ?). Se détacher de l’emprise du dialogue, se dégager de la joute verbale pour mieux l’observer, la décrire, la peindre, de l’extérieur comme de l’intérieur. — Et tant pis si ça se voit et si ça crie plus fort, les locuteurs : avec un peu de chance, on ne les entendra plus.
  4. À quel moment on freine ? Quel en sera l’élément déclencheur ?
  5. Quand ça coince, je me demande s’il ne serait pas utile de commencer de façon très formelle, un peu comme les fiches d’œuvres de l’Universalis en commençant par décrire l’œuvre dans sa structuration globale — ce qui, pour un dialogue sans dialogue, revient à parler de quoi en dehors de l’énoncé : du lieu d’énonciation ? de la disposition des locuteurs ? de leur posture initiale ? du mode énonciatif ? (non, ça c’est après justement, une fois qu’on est lancé).
  6. En tout cas, observer. Juste observer, noter ce qui est là, ce qu’il se passe.
  7. Étrange… il m’arrive d’aller lire ce que les autres parviennent à écrire rapidement pour m’aider, mais je ne m’attendais pas à retrouver mon précédent texte en tête de liste ! Il a été reclassé : s’il relève toujours de l’écrire-film, il a été également placé dans la catégorie du dialogue sans dialogue, qui n’existait pourtant pas au moment où je l’ai mis en ligne. Alors quoi ? f, en retard sur la création de la nouvelle catégorie, aura placé le texte au mauvais endroit ? ou il aura estimé aussi qu’il la recoupait ? — J’aurais pu modifier et remettre les choses dans l’ordre, mais je ne l’ai pas fait. C’est vrai que cette voix qui s’adresse à on ne sait qui a l’air de dialoguer, mais seule.
  8. On écrit parfois peu de choses, un petit paragraphe dont il ne restera rien le lendemain, quelques phrases qui disparaitront, on le sait et on s’en désole d’avance. Mais si peu que ce soit, l’écriture est bien là. L’espace d’un instant — et l’espace, c’est moi, c’est mon corps qui s’active sur le clavier pour l’exprimer, la coucher sur l’espace de la page-écran —, elle est revenue, elle est passée, elle a fait signe.
  9. Même quand ce n’est qu’avec un extrait venu d’ailleurs, où tu n’aurais jamais cru la reconnaître — d’ailleurs, je me pose la question : en quoi y a-t-il vraiment écriture, pour moi ? ; mais c’est peut-être elle qui me reconnaît là, quelque part ? ; qui a dit que la littérature en sait long sur les hommes ? —, comme : « Tu cherches à faire quelque chose, mais tu ne vois pas bien par quoi commencer pour y arriver ? Maximoi a encore du travail ! Il doit réfléchir à une première mission plus simple pour minimoi. Maximoi (toi) a bien travaillé quand minimoi (toi, juste après) voit parfaitement ce qu’il faut faire et comment le faire. (Jean-Philippe Lachaux, Les Petites bulles de l’attention)
  10. Non, je ne vois pas où je veux en venir. Et mal vu, mal dit. Tabula rasa.
  11. De Karl Marx : De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ; de René Char : Agir en primitif et prévoie en stratège ; d’Henri Salvador : Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver ; de Jacques Dutronc : Fais pas ci fais pas ça, viens ici, mets-toi là ; d’Aristide Bruant : C’est nous les canuts, nous sommes tout nus ; de Didier Éribon : L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous.
  12. Le problème, c’est que je me suis jeté directement dans le dialogue. Ça m’oblige à utiliser trop vite peut-être des images que Sarraute, dans L’Usage de la parole, prend le temps de découvrir, en dégageant un peu le lieu, comme un archéologue qui ensuite déterre et dépoussière patiemment le squelette qui se révèle peu à peu. Moi, je suis plutôt le terrassier qui tombe sur le site à grands coups de pelleteuse, les os broyés.
  13. Il y a comme une sorte de désordre quand voulant écrire fond, chaque fois, de manière systématique, incompréhensible, sinon comme un lapsus révélateur terrible, vient se glisser un i.
  14. Je crois que ce qui m’a aussi gêné au départ, c’est la trop grande proximité avec l’art de Sarraute. J’essayais de l’imiter. Mais je m’en suis détaché en m’ouvrant au lieu, en utilisant ses éléments pour circonscrire le dialogue.
  15. Oui, bon : on est dans le dialogue, même sourd, faut que ça saute un peu à l’oreille les images, alors désolé pour les jeux de mots sonores faciles : suinté, chuinté, chuté, buté… en dérivation et catastrophe. Mais c’est ça aussi, la langue orale, c’est toujours un peu facile et brut.
  16. Il me manque une photo.
  17. Il manque aussi un peu plus de foutraque. (J’aime bien ce mot, foutraque. Ça doit être pour le contraste fort entre les lettres : la douceur et la légèreté du f solitaire, qu’on pourrait prononcer à l’infini si nos poumons le permettaient, contre la dureté des dentales explosives, liées entre elles par la vibrante, trq ; la voyelle fermée, ou, qui pousse les lèvres le plus en avant, contre la plus ouverte, a, comme si aux huées suivait de la joie ; l’étonnant, et c’est bien là le foutraque, c’est que les voyelles ne sont pas accordées avec les bonnes consonnes ; mais, si je dis fatrouque, c’est pire !) — C’est ça aussi, du dialogue sans dialogue : s’intéresser aux sonorités de la langue hors contexte, hors du champ de l’oralité ? (Heureusement, je ne suis pas linguiste.)
  18. C’est une façon de me détourner d’un texte qui n’avance pas vraiment, et de la consigne qui me dit moins que j’aurais cru ? ou un moyen tordu, avouons-le, de se reconcentrer, de relancer la machine à écrire qui vient de s’emmêler les pattes de lettres ?
  19. Toujours par mimétisme avec Sarraute (malheureux !), le texte se déploie par petits paragraphes. Nés de l’association d’idées, en passant d’un élément à l’autre de la situation — mais toujours le postillon en vue, nœud du dialogue —, ils n’ont pas d’autre ordre que celui de leur apparition et semblent relativement indépendants. Je pourrais les permuter (sauf le premier) qu’on n’y trouverait sûrement rien à redire. D’autant que l’ensemble constituera un bloc-paragraphe. — Je devrais quand même abandonner l’usage des points de suspension, du moins les réduire, en enlever.
  20. Voilà, j’ai remplacé les points de suspension par des virgules, sauf aux syntagmes en italique (citations disparates), et aux fins de phrases (vestiges de la structure en paragraphes).
  21. C’est vrai, j’aurais aussi pu citer ce que m’ont dit mon père ou ma grand-mère. — Ingrat !
  22. Pour une photo, je ne vois toujours pas. Le guide d’entretien, mais ça risque d’être très abstrait. Les fleurs du tableau noir ?
  23. Tout cela a pris une tournure que j’observe maintenant de loin de manière circonspecte. J’aurais préféré, comme Bernard, un énième repas de famille languide (j’interprète un peu) qui vire au drame pour filmer les différents plans-séquences, la position des puissances, la montée des périls, le conflit avec la table renversée, la vaisselle qui vole, le vin qui tache. J’aurais pu trouver un équivalent dans la structure : des réunions où les esprits s’échauffent, où l’on sort en claquant la porte, il y en a eu. Mais non, je suis revenu à une conversation tout ce qu’il y a de formel, d’assez neutre et insignifiant (pour moi du moins) et pas du tout spectaculaire, même dans le dialogue. Pourquoi ?
  24. Et si ça ne me convient pas vraiment, tant pis, ça conviendra peut-être à d’autres. Et puis, on cherche, on s’essaie.
  25. Le saviez-vous ? Postillon se dit aussi, selon le Grand Robert, d’une « boulette de pain renfermant un message, envoyée par des détenus ».

A propos de Will

Formateur dans une structure associative (en matière de savoirs de base), amateur de bien des choses en vrac (trop, comme tous les grands rêveurs), écrivailleur à mes heures perdues (la plupart dans le labyrinthe Tiers Livre), twitteur du dimanche sur un compte Facebook en berne (Will Book ne respecte pas toujours « les Standards de la communauté »), blogueur éphémère sur un site fantôme (willweb.unblog.fr, comme un vaisseau fantôme).

11 commentaires à propos de “dialogue #01 | Postillon”

  1. Enivrant. Lire sur ta lancée, lire comme tu écris dans l’accumulation de mots, de phrases et de pensées qui tournent autour de cette longue table. Et ces posts, pour continuer à penser en sortant de la salle, de la table. Enivrant et enivré.

    • Ce n’est pas la première fois que je procède de cette façon d’écrire. Je me laisse porter, et difficile alors de revenir en arrière. Pourtant, je mets des freins, que recueillent les posts (à croire qu’ils sont faits pour ça, sinon je n’écrirais rien). Et je suis toujours un peu perplexe à la fin. Mais ça fonctionne quand même apparemment. Merci.

    • Merci François. Et je me demande si c’est une nouvelle tournure que prennent les annotations, ou si c’est le fait de la thématique du cycle. En tout cas, l’interactif, voilà qui va me donner à réfléchir (pas trop quand même).

    • Oui, il y a sûrement un lien avec le Chantier. Sans doute parce que je suis toujours au bord du monologue, avec une voix qui discours sans discontinuer. — Faut que j’apprenne à varier un peu, non ? Peut-être avec Dialogue #2, mais affaire à suivre. — Merci Clarence

  2. (non, moi non le “foutraque” je ne l’aime pas – il a quelque chose de contemporain non ? un peu comme le “jubilatoire” qu’on entend moins, certes) (ce genre de situation provoque chez moi l’apparition de gros mots (genre “merdalakon” ou autre) (on disait ça, quand on était môme, des mots grossiers qui n’allaient pas au delà de “crétin”) – pourtant je n’ai jamais subi ce type d’entretien – qui date je crois bien de la loi du nom d’un ministre socialiste, du temps où le code du travail avait une certaine valeur) (et puis il y avait une marque de vin de ce nom aussi – je crois qu’il s’agit encore aussi du type qui mène les chevaux de la diligence, pas celle du far-west mais celle de, mettons, “un début dans la vie”) (la diligence est un beau mot) (merci)

    • Oui, c’est un joli mot “diligence”, très peu utilisé. Moins utilisé que “foutraque”, sûrement — même si je ne connais personne qui emploie ce dernier (hormis le f sur YouTube, une fois). Mais bien plus joli. — C’est drôle, c’est la seconde fois que j’écris sur ce genre d’entretien professionnel inutile (selon moi), et c’est la seconde fois que tu réagis vivement contre cela. — Je te comprends. Moi aussi, avec tout ce qui concerne le travail, je m’écrie.s (oui, je reconnais qu’il est facile ce jeu de mots). — Merci d’avoir pris le temps de me lire et de laisser un message

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