dialogue #03 | Amorce

16 mai 22

— Amorce de Parcours (avec tout ce que j’entends qui me sort par les yeux — encore ! même si je sais bien que c’est moi tout ça, que je me fais tout un monde pour rien ; je sais bien… mais quand même…)

Effectif très réduit aujourd’hui, mais il y en avait partout sur la table. Les cahiers, les gourdes, des stylos, une trousse, un paquet de gâteaux sablés, une grosse salade Fraich’up, la barquette en plastique, une banane marron, un reste de couscous dans une boîte en métal, un paquet de feuilles blanches, les smartphones, le pack en carton de la barquette de salade, un petit tas de serviettes en papier, un document imprimé, un couvercle hermétique couvert de sauce orange, un bol de carottes râpées, un pot de compote, un porte-vues ouvert, un sachet de bonbons en chocolat, les couverts, une tasse noire, un ordinateur, du papier film chiffonné, le gros rouleau de papier essuie-tout. Je suis en retard, on me fait une place.

Et Ézéchiel ?

Alors lui, rien à dire. Il va à l’Alchimiste. Tout est calé dans le temps, il a tout prévu.

Le problème, après, c’est pas la proprio ?

Ah ça ! Autant elle présente bien comme ça, devant toi, autant par derrière c’est une vraie…

Attends… t’emballe pas… y a quelqu’un…

Où ? là derrière… ? qui écoute… ?

Non…

C’est qui ?

J’sais pas ?

(À moi) Toi ? tu vois toi ?

Non, je ne voyais pas. Et puis l’ombre à la porte est partie. Elles ont repris. Sur untel, qui n’a toujours pas de stage et ne cherche pas vraiment. De toute façon ça risque pas, il écoute rien quand tu lui dis d’écrire ça ou ça. Sur un autre, à qui Mr Bricolage a répondu positivement, mais lui, il veut plus faire le stage parce qu’il va se retrouver au rayon jardinage. Moi, les fleurs… Sur celle qui n’a pas besoin d’un second stage, elle sait déjà tout faire. Et quand on suppose que si vraiment elle savait tout faire elle aurait eu son diplôme… et quand on lui demande combien de temps elle a travaillé au final et si elle trouve que c’est suffisant niveau expérience… Et puis l’autre, qui se barre quand ça lui convient pas, qui va se planquer dans les toilettes et on voit sa mère le rejoindre là-dedans. Il a dû lui envoyer et elle, elle rapplique. On trouve que c’est trop fusionnel, que malsain. Ça fait penser à la mère avec son fils, dans Polisse, quand elle dit Ben quoi, si j’peux le soulager comme ça de temps en temps, ça fait pas de mal ! Et on se demande s’il n’y a pas une pathologie qui ne dit pas son nom, et comment j’ai fait, moi, pour le supporter.

Hein, t’en pense quoi toi ? y a un truc non ?

(Moi) Euh… attends… j’finis ma bouchée… mais… j’sais pas… avec moi… moi…

Attends, j’te sers un verre d’eau.

Non mais prends ton temps, faut pas s’étouffer !

(Moi) Moi… franchement ça allait… mais c’est vrai que depuis que la mère est dans la structure…

De toute façon… faut faire avec.

Et faudrait avancer.

Et manger…

Il reste qui à faire ?

Oh là, j’préfère pas regarder… J’vais faire chauffer, j’reviens.

Bon ça va, on t’saoule pas trop ?

(Moi) Non, non… j’apprends des choses en même temps.

Tu parles !

On entre, la porte claque. C’est Claire, qui s’excuse. Elle vient juste pour une impression et s’en va. Le photocopieur se met en branle.

Y a pas moyen d’être tranquille.

(Moi) On va finir par fermer.

En même temps c’est moi… je leur ai dit d’imprimer. Sinon, dommage pour eux.

(Moi) Bon mais c’est pas assez chaud tes merguez ?

Si, si… j’arrive… j’rajoute de l’eau dans le café, il est trop fort.

Avec ce temps, manger chaud… t’aurais pas préféré une salade ?

Parce que toi t’appelles ça de la salade ?

Ben quoi, ça t’fait pas envie ma salade composée ?

Tu parles ! Bon on s’y remet ?

Claire est revenue, pour une nouvelle impression. La porte a encore claqué. Je me suis levé pour aller chercher la bouteille d’eau et un verre. Il était question du coup foireux du matin, quand elle est arrivée et qu’elle a presque jeté les papiers sur le bureau de Claudine, en disant qu’elle n’avait pas trouvé de stage, qu’il n’y avait personne pour l’aider, que c’était pas possible, et elle gueulait presque sur Claudine, c’était de l’hystérie, comme à chaque fois quand ça ne va pas à son idée ou à son rythme, et il fallait qu’elle voit Cécile, tout de suite, et elle s’énervait, et Claudine, la pauvre, elle n’y pouvait rien et elle n’arrivait pas à la calmer, et elle lui expliquait pourtant, Pas maintenant, pas en pleine formation, et l’autre elle voulait rien entendre, on s’occupait pas d’elle, elle allait tout arrêter, pas de stage, plus de formation, il n’y en avait que pour les autres, et toujours les mêmes, toujours les sangsues du social, et ils verront, ils verront la semaine prochaine les élections, quand ils vont se retrouver à poil, à sec, et quand on pourra les renvoyer là-bas, Cassés les cassos, et Cécile est intervenue quand même, elle est sortie pour aider Claudine, et parce que ce n’était pas possible le discours qu’elle tenait, ce n’était pas la première fois qu’elle avançait ce genre d’idées, mais là c’était trop, fallait lui couper le sifflet, et il fallait voir sa tête, habillée comme un sac avec son jean trop grand et son manteau bouffant, elle devait crever de chaud, rien à voir avec la robe à fleurs de l’autre jour et son petit haut blanc estival, et les yeux rouges avec des cernes comme ça, elle avait sûrement pas beaucoup dormir et elle aura cogité toute la nuit, mais on sait tout ça, on sait que c’est difficile et qu’elle a vraiment pris sur elle pour se faire suivre et pouvoir parler à quelqu’un qui sache l’écouter, mais quand ça craque ce n’est pas une raison pour débarquer comme ça en nous balançant tout sur le dos et en racontant n’importe quoi.

D’ailleurs, si elle veut arrêter tant mieux. Moi, j’en peux plus.

Eh ben, heureusement qu’j’étais pas là.

Du coup on fait quoi… ?

Pfff…

(Moi) Quelqu’un veut un café ?

Ah oui !

Par contre il est pas très chaud.

Bon on laisse reposer, on avise plus tard.

Mais ça sera froid.

Non, j’parlais pas du café…

(Moi) Ben me regarde pas alors quand c’est pas à moi qu’tu parles !

De toute façon, vu la chaleur, un café frappé ça serait mieux.

Merci.

(Moi) Frappé… comme l’autre ?

Mais dis donc… Et d’abord tu vas où ?

(Moi) Ah ! là où personne peut aller à ma place.

J’ai pris mes affaires, je suis allé faire ma vaisselle et j’ai pris l’air. J’aime bien, avant que tout le monde arrive, quand la cour est vide. Je m’assois sur une marche, je prends le soleil sur l’échine. Avec l’ombre du feuillage naissant qui flotte sur le sol, celle d’un oiseau de passage, et le petit bruit de fond de la ville. Qu’est-ce que c’est con. Mais les jeunes à l’autre bout font pareil, assis sur l’escalier de la salle de pause. La tête dans l’écran. Et mes collègues m’ont rejoint.

Ézéchiel, le problème, c’est le temps de travail. L’autre elle est folle. Attends, tu sais ce qu’elle lui a répondu ? En gros que Oui, j’comprends pas pourquoi vous pouvez venir travailler le week-end de l’Ascension, c’est pas possible, j’m’en vais écrire à votre structure s’il faut, pour vous libérer.

Et alors, elle a écrit.

Non. Et j’espère bien que non.

Alors, on lézarde ?

(Moi) Eh oui… mais ça commence à m’chauffer.

Et pour finir, c’est qui ?

Ah ben… j’en connais un qui va être content. Notre jeune dys, tu sais, après Amorce elle a demandé une formation avec toi.

(Moi) Moi ? d’la blague !

Eh non…

Alors, ça chauffe grave maintenant ?

Ça cognait, même. Surtout quand on m’a montré le bilan orthophonique récent et l’historique du suivi — étrangement désigné comme anamnèse. Mais qu’est-ce que moi, petit formateur, sur un an maximum, je peux vraiment faire pour cette jeune femme quand des années de suivi et d’école n’ont rien pu faire ? — On se la joue quand même pas mal dans la structure, non ? On me la raconte aussi.

Figure 4 – Anamnèse – extrait de bilan orthophonique “détouré” – 18052022

— Non-cuisine.

C’est fou, le frigo est plein, et rien ne me dit. On s’est retrouvés avec des pâtes et des cordons bleu (ironie du sort !).

Promis, demain, une grosse salade !

— Un homme qui dort, de Georges Perec et Bernard Queysanne — j’ai regardé ce film à défaut d’autre chose à la télé et sur les plateformes (moi, les séries en vrac…), même si ça ne me fait pas vraiment sortir de la structure (je suis tombé dessus en préparant une prochaine séance).

C’est drôle, l’homme qui dort, au début c’est d’abord un homme qui lit, avant de faire un somme. Et les changements de plan (la grande avenue vide, les pigeons dans les poubelles, les camions qui nettoient la route à grande eau), on se demande si on ne voit pas ce qu’il est en train de lire, ou de rêver. Après c’est un homme qui étudie, qui va à son examen, qui écrit. Et après, le film renverse tout ça. Enfin pas vraiment le film, les images, mais la voix. La voix off. Qui commence à décrire dans le détail la vie du jeune homme qui, donc, si j’ai bien compris, ne lit pas, ne rêve pas, n’écrit pas. Avec ces bruits du quotidien, la goutte d’eau du robinet, la bouilloire qui siffle, des bruits de pas, une cloche, ou ce réveil métronomique qui égrène les secondes et change de rythme et finit par se mettre à danser.

Dans une bassine de matière plastique rose, tu mets à tremper trois paires de chaussettes.

Tes yeux restent fixés sur une étagère de bois blanc, sur une bassine de matière plastique rose dans laquelle croupissent six chaussettes.

Tu regardes, d’un œil maintenant presque fasciné, une bassine de matière plastique rose qui ne contient pas moins de six chaussettes.

Il a suffi, il a presque suffi, un jour de mai où il faisait trop chaud, de l’inopportune conjonction d’un texte dont tu avais perdu le fil, d’un bol de Nescafé au goût soudain trop amer, et d’une bassine de matière plastique rose remplie d’une eau noirâtre où flottaient six chaussettes, pour que quelque chose se casse, s’altère, se défasse, et qu’apparaisse au grand jour cette vérité décevante, triste et ridicule comme un bonnet d’âne : tu n’as pas envie de poursuivre.

Il y eut ces journées creuses, la chaleur dans ta chambre, comme dans une chaudière, comme dans une fournaise, et les six chaussettes, requins mous, baleines endormies, dans la cuvette de matière plastique rose.

Tu survis, sans gaieté et sans tristesse, sans avenir et sans passé, comme ça, simplement, évidemment, comme une goutte d’eau qui perle au robinet d’un poste d’eau sur un palier, comme six chaussettes trempées dans une bassine de matière plastique rose, comme une mouche ou comme une huitre, comme un arbre, comme un rat.

Il est où le dialogue ? Entre les images et la voix off (intérieure ?) ? Et le cinéaste ? Il est à l’image de son personnage (si c’en est un) : au fond, il ne filme pas — il tourne ?

Ça me fait penser à ce mot de Lacan : « les non-dupes errent. »

Figure 5 – Un homme qui lit – photogramme du film Un homme qui dort de Georges Perec et Bernard Queysanne (1974) – copie d’écran 18052022
  1. Je passe mon temps à épier les tours jumelles. Avec toute ma force. J’y vais jour et nuit. Je note des choses, je remplis des cahiers avec ces notes, quelque peu griffonnées. Je cherche ce qui pourrait passer pour des livraisons. J’entre pendant la pause-déjeuner. Je me déguise. Les ouvriers arrivent dans des voitures normales. Je suis tellement absorbé par mon rôle d’espion que je ne vois plus l’endroit comme un chantier. Je ne vois pas le clou qui sort d’une planche. Ce gros clou rentre dans ma semelle. Trois jours au lit ! j’ai des béquilles, je me dis que je suis handicapé. Non, c’est le contraire. C’est merveilleux ! Un homme avec des béquilles ! Les gardiens m’aident. « Je vous aide ? Je tiens la porte. Asseyez-vous. Prenez votre temps. » Personne ne me demande mon badge. J’ai ce bonheur… Et même si mon pied est presque guéri, je me sers encore des béquilles. Parfois, on me voit poser mes béquilles, courir pour mesurer un truc et repartir avec mes béquilles. (Philippe Petit, dans Le Funambule, de James Marsh)
  2. f : « ce qui vide le dialogue de son flux informatif, pour ne garder que cette construction de présence. » — Euh… je crois que je vais poursuivre ma séance de cinéma avec Philippe Petit entre feues les tours jumelles.
  3. Henry Bauchau : « Ce que je comprends depuis peu, le travail importe plus que l’œuvre achevée. »
  4. « … ne garder que cette construction de présence »… Je me demande sir Barthes, dans les Fragments d’un discours amoureux, ne suit pas aussi cette piste. C’est juste un bout de phrase, un début de discours qui s’évanouit aussitôt, mais qui à lui seul permet d’entendre, voir, la figure, la posture du discours qui s’élance et disparaît, tel « le geste du corps saisi en action, et non pas contemplé au repos : […] : ce qu’il est possible d’immobiliser du corps tendu. » — Pas besoin de se perdre dans un dialogue dense, à idées gazeuses. Un dialogue de sourd, quand les informations se croisent sans jamais se rencontrer — et ça combien de fois dans une journée, même à part soi, dans le flux incessant de nos pensées —, fera mieux l’affaire.
  5. Réunion Amorce. — Trois journées sans pouvoir écrire. J’ai juste pu penser à ça, les réunions Amorce des collègues, où l’on parle de Machin et de Bidule, et comment gérer la crise. Juste pu écrire ça à la fin. Est-ce que j’ai été empêché tout ce temps (comme j’ai tendance à le croire ; mais faut-il me croire : dois-je moi-même y croire ?) ? ou bien ce blanc aura-t-il été salutaire, aura-t-il été source d’un travail inconscient, nourri des choses et d’autres, toutes plus déliées les unes que les autres (et loin, si loin, de ce qu’il y a à écrire), de la sortie du week-end ? — Mais on s’en fout : reste deux mots pour reprendre. Et maintenant, bonne nuit.
  6. Il a fallu fixer le vertige du sujet sur lequel écrire : la réunion Amorce. Ensuite, sa réalité : revivre le vertige de ce genre réunion aujourd’hui même (par peur de manquer d’imagination ?), renouer avec la matière d’une réalité dont on est expulsé (et se cogner alors à celle de la langue, des mots, des images, qui s’en fera l’écho). Et maintenant, comment amorcer l’écriture, donner une forme au texte (si vide soit-elle, sans quoi il n’existe tout simplement pas) : ça aussi c’est un vertige.
  7. J’ai pris quelques notes dans la structure même : trois fragments concernant un jeune stagiaire au prénom incroyable (Ézéchiel), autour duquel je pense faire tourner le reste. Mais c’est quoi, ce reste ? l’essentiel qui attend à la porte d’Ézéchiel ?
  8. D’abord, la matière, le corps de la réunion, à table, entre midi et deux, la parole par-dessus les gamelles et les cahiers de notes.
  9. Plutôt qu’à dire, penser à faire. — J’ai une vague idée, je la note, je la tape, les mots sur le carnet, l’écran, et ce faisant, je ne dis rien (rien de spécial), je fais et peut-être refais.
  10. f (vidéo) : … et ce qui le rend aussi difficile, c’est précisément que, le dialogue apporte, la musique, apporte, une présence, du personnage, et que pour cela, pour cette densité orale, pour ces jeux d’attente, de dépli du temps, pour ces jeux, là, de faire surgir un personnage, tout prêt, eh bien, précisément, les paroles, elles, on doit les évider, c’est-à-dire que paradoxalement, le dialogue ne vaut pas pour ce qu’il dit, mais, pour ce qu’il installe… Comme la table ? … enlever, à ce qui est dit, son importance pour, permettre, d’être concentré sur, justement, ce que ça installe, du temps, du personnage, du ton de la voix, du rapport qu’il a avec vous, et c’est là où est l’exceptionnel rôle musical du dialogue dans le texte, c’est-à-dire que ce qui est lourd, l’information, le narratif, évidemment ça passe par le dialogue, mais, n’importe où que vous alliez le lire, vous verrez que, il en est aussi détaché…
  11. Dans le genre amorce, en écriture, le journal, où l’on reprend ses notes pour les mettre en forme (ou leur donner un semblant de) : quand on ne fait pas métier d’écrire, c’est suffisant, non ?
  12. f : … comment on va construire une interaction, entre les deux personnages, par, de la parole, mais que cette parole, on va s’efforcer, de l’évider, de tout contenu, pour ne lui laisser que, sa musicalité, sa temporalité… d’en faire juste, la musique, la présence, et le temps, c’est ce qui va nous permettre de, laisser venir, dans le texte, cette instance, de la révolu de la, révélation (pas de la révolution) – faire venir, au texte, cette révélation, faite à vous-même, et qui vous concerne, qu’elle vous implique, ou pas…
  13. Pas vraiment bon signe quand j’y retourne une deuxième fois : ça tourne.
  14. Je ne jetterai ni un œil, ni une oreille, ni un mot, sur la prochaine consigne d’écriture — et pourtant, avec Duras… —, tant que je ne serai pas passé de l’autre côté du présent texte — manque surtout à l’appel Josiane.
  15. Évidemment, avec le genre journal, mieux vaut multiplier les entrées. Ici, il n’y en aura que deux. Une pour un, deux ou trois moments marquants (relativement) de la journée de travail, une autre pour le reste, réduit aux activités quotidiennes (bricolage, jardinage, ménage, repassage, etc.), et plutôt aux loisirs (lecture, cuisine, cinéma, foot, etc.). Et, malheureusement, elles seront liées d’une façon ou d’une autre.
  16. Les images, je triche. Aucune ne correspond au dialogue central. Mais je n’allais tout de même pas prendre en photo mes collègues pendant leur réunion. Elles m’auraient regardé d’un sale œil… — Avec un peu de chance, elles en diront quand même quelque chose.
  17. Un coup de chance le film de Perec et Queysanne, une aubaine. Et tant pis si je retombe dans l’atelier de l’écrire-film au lieu de celui du dialogue.
  18. Étrange, quand même, celui qui tiendrait son journal en écrivant, ou en imaginant, des dialogues vides.
  19. Un homme qui lit, ça peut être quelqu’un qui fait sa lessive ?

A propos de Will

Formateur dans une structure associative (en matière de savoirs de base), amateur de bien des choses en vrac (trop, comme tous les grands rêveurs), écrivailleur à mes heures perdues (la plupart dans le labyrinthe Tiers Livre), twitteur du dimanche sur un compte Facebook en berne (Will Book ne respecte pas toujours « les Standards de la communauté »), blogueur éphémère sur un site fantôme (willweb.unblog.fr, comme un vaisseau fantôme).

4 commentaires à propos de “dialogue #03 | Amorce”

  1. Grand merci pour tous ces fragments – Ezechiel, Perec, les chaussettes dans la bassine, le journal d’écriture – qui dialoguent tellement bien – entre eux, mais à l’intérieur aussi, ça fourmille de dialogues. Et ce lien avec le cinéma, omniprésent. Avec la scène dialoguée qui nous immerge dans un flux de paroles tellement humaines, on se croirait au cinéma. Je ne sais pas si c’est l’évocation de “Polisse” mais il y a un écho avec ce film que j’ai tellement aimé : humain, drôle et grave tout à la fois. Extrêmement vivant.

    • Oui, le coup des chaussettes, c’est un coup de chance heureux : la référence m’a amusée, et je ne m’attendais pas à ce qu’elle revienne si souvent. — Je n’ai en effet pas vraiment lâché l’écrire-film de départ, d’où le cinéma, que j’essaie de glisser au mieux. Avec le genre journal, c’est plus simple, on peut introduire ce qu’on veut (c’est triché!). — Le flux de paroles, c’est le plus étrange dans un journal dit intime, surtout quand il ne dit a priori rien de vraiment intime. — Merci Emilie.

  2. Ézéchiel, comme ça embarque. Mais enfin, c’est toujours le même truc de la Structure : tu m’as définitivement décalé ça dans un univers parallèle.(Y’en a-t-il qui ne soit pas ?). Ézéchiel, ça m’a directement mené très loin, à un film de politique fiction, ou science fiction avec Denzel Washington. En y réfléchissant, ça s’appelle Le Livre d’Élie, mais bon, l’inconscient ne chipote pas avec les prophètes. Quand à l’Amorce, comment dire, le décalage gagne encore un cran de ceinture dans le sens large.

    • Avec Ézéchiel, j’aurais pu gagner en fantastique, peut-être, mais j’aurais forcé le trait je crois. — Pour le décalage d’univers, je me suis posé la question avec le multivers et le trou de ver dans un autre texte. Mais c’est un autre texte. — Merci.

Laisser un commentaire