Garage

Il y a un fauteuil roulant au milieu. Une très vieille commode et deux étagères bien remplies. Les godasses inondent la commode. Les vieux jouets, les boîtes à souvenirs et quelques bouteilles de champagne ont pris racine sur les étagères. Il y a une fraîcheur agréable qui se dégage du sol, on venait se réfugier là les chaudes journées d’été. Au fond y a des vieux vélos auxquels on a pas touché depuis des années et des pots de peinture à moitié ou à peine entamés. Quand on lève les yeux, on aperçoit la planche à voile qu’on a pas osé jeter. Un ancien bureau noyé sous les gros et petits outils rassemblés dans des pots de crème glacée nettoyés. Des caisses et encore des caisses. Au milieu de tout ça, je suis une larme d’ordre dans une marrée désordonnée.

5 commentaires à propos de “Garage”

  1. Il y a un fauteuil roulant au milieu. C’est mamie qui se tient dedans. On vient de l’emmener au garage parce qu’elle nous a marmonné qu’elle souhait y aller. On ne sait pas bien ce qu’on fait là mais mamie semble bien. Je pense qu’elle se remémore de nombreux souvenirs car ce garage appartenait à sa mère, mamita.

  2. Il aurait probablement fallu trier. Jeter les vieilleries et enterrer le passé. Qui voulait encore ces jouets, ces boîtes à souvenirs, et même ces quelques bouteilles de champagne ? Et ces vélos presque rouillés de ne plus être utilisés ? Et cette planche à voile qui n’avait du voir l’eau qu’une ou deux fois depuis qu’on l’avait ? Et toutes ces autres babioles qui traînaient dans chaque recoins.
    Pourtant, il me semblait impossible de les voir disparaître. Ces jouets de mon enfance, ces boîtes remplies de mon passé, les balades à vélos et leur chûtes bien sûr. Et nos sorties sur l’eau aussi, aussi peu nombreuses soient-elles. Et même ces pots de glaces récupérés étaient des souvenirs de déserts sucrés.
    Alors non, impossible de les jeter.

  3. C’est arrivé du jour au lendemain. Bazarder la planche à voile au fond du garage. Entasser les chaussures dans la commode puisque… Bah oui, plus besoin maintenant. “On peut rien faire” qu’ils ont dit les médecins.
    “Le syndrome de Guillain-Barré”, j’avais jamais entendu ça moi. Une maladie qui paralyse lentement le corps en commençant par les jambes. J’étais ravi. Obligé de me déplacer en fauteuil roulant. Plus qu’à vider les bouteilles de champagne pour oublier.

  4. J’ai trop entassé les affaires sur le bureau, remettant à demain le temps du rangement. J’aurais dû trier mes outils plutôt. Les pots de crème glacée ne suffisent plus pour les ranger. Je ne retrouve rien. Les vis sont mélangées, les clés commencent même à rouiller.

  5. On avait eu cette idée-là, et franchement ça tournait bien. On l’avait aussi en version grenier. C’était démontable, et tout sur une remorque. Tu conduisais la remorque, tu l’apportais chez le client : durée à convenance, une semaine, un mois. On revenait le mois suivant : – Alors, ça vous a plu? On avait rédigé comme ça, la petite annonce, sur le Bon Coin : «Passé à louer. Un mois de passé, pour les gens qui n’en ont pas.» Et ça marchait, ça marchait !

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