La chambre à l’étage

Descendant de la voiture, la première chose que je voulais voir c’était là où j’allais dormir, en général c’était très sommaire à part un lit ou deux. La propriétaire nous avait expliqué qu’elle avait longuement et soigneusement tricoté les couvertures, celle-là douce et rose reposait sur mon lit. Au-dessus d’un de ces lits figurait le portrait d’une jeune femme en noir et blanc : chignon relevé col blanc, collier de perles, sans doute appartenant à la famille des anciens propriétaires, celui-là me faisait peur alors je prenais le lit à côté. Je regardais en-dessous, pas grand-chose mais un peu de toiles d’araignées dont une en train de tisser sa toile au pied de mon futur lit, je la balayais d’un revers de main.

                             Je m’amusais à fouiller les placards :  plein de literie blanches débordait et m’atterrit sur la tête. Je vérifiais la lumière de la table de chevet, c’était une de ces anciennes lampe avec les franges qui me fit éternuer. Récupérée dans une de ces innombrables brocantes du marché ; elle fonctionnait une fois sur deux. J’ai voulu changer de lit et tester si la lampe fonctionnait que je m’aperçus qu’une petite boîte à bijoux traînait là. En l’ouvrant, il n’y avait rien. J’étais déçue, mais je gardais la boîte en bois ornée avec des fleurs gravées, je la trouvais jolie.

                             En tentant d’allumer le lustre, le courant sauta. J’entendis gronder mon père « les vacances commencent bien »

3 commentaires à propos de “La chambre à l’étage”

  1. Les vacances commencent bien, il pleut non-stop depuis hier. Aujourd’hui rien d’autre à faire que s’extirper de ce vieux chalet pour aller visiter un musée. A Ugine on est allé voir un truc de folklore ancien. Et là, la même boîte, exactement, avec les fleurs gravées.

  2. Vacances.
    Un mot chargé de sentiments de joie et de beauté, jusqu’à voir le courant sauter. Papa râlait, maman riait, petit-frère piaillait, mais jamais ils ne se disaient qu’un retour dans un temps pas si lointain était une bonne idée, un plaisir de nouvelles découvertes — de soi, de l’autre — et une opportunité pour se séparer d’un quotidien empli d’images sur écran et de bruits incessants.
    Enfin, si papa continuait à maugréer à tout-va, il deviendrait à lui tout seul un plus gros émetteur de sons parasites qu’une télévision ou un portable…

  3. Le portrait d’une jeune femme en noir et blanc : chignon relevé col blanc, collier de perles, sans doute appartenant à la famille des anciens propriétaires : non, bien sûr, je n’avais pas peur, pourquoi j’aurais eu peur, après tout nous arrivions pour les vacances. C’est un peu plus tard. C’est passé minuit. La lune éclairait le dedans de la chambre. La couverture de laine rose avait glissé, j’avais froid, et soudain cette certitude: le portrait, le portrait me regardait.

Laisser un commentaire