La folie

Je marche, je cours, je fuis, mon souffle se coupe. Je suis au milieu de toutes ces boules, des couleurs des couleurs partout, un arc-en-ciel de sensations. J’ai l’impression qu’on me pousse, qu’on m’étouffe. Le ciel est sombre, les nuages le voilent, et moi je suis là au milieu de toutes ces formes, plus monstrueuses les unes que les autres. Je décide de courir, je cours, ferme les yeux pour fuir ces lumières, rouges, bleues, jaunes, vertes. Je lève les yeux au ciel et de grandes cordes relient les maisons entre-elles, elles aussi semblent grillager le ciel et m’enferment dans cette rue, à l’apparence splendide avant que les lumières ne l’envahissent. Trop de lumières. Je hurle, traverse la rue ou plutôt cette avenue d’apparence habituellement longue mais qui, ce soir, me paraît atrocement petite. Je suffoque. Lorsque j’arrive au bout de cette allée, même le tabac-presse a revêtu son abominable costume, des petits clignotements partout. Là, au milieu de la place, une grande statue me fait face, ne serait-ce pas l’ombre d’Hadès ? Il semble s’approcher de moi ou alors c’est moi qui m’approche de lui, je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue. Il écarte des bras hirsutes, il est large, imposant, menaçant. J’ai peur, je ne vois plus, mes yeux, des clignotements partout, je sombre.

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