L’Abri

Et puis un jour, je l’ai trouvé. Elle est apparue, accueillante, chaleureuse, familiale. Nid douillet, mes oisillons ont besoin d’un toit pour s’épanouir, d’un jardin pour se défouler, d’espace pour grandir. Petit à petit, personnalisation de l’endroit, appropriation de ses pièces, tapisser, casser, remodeler, aménager, habiter. Imprégnation pour une nouvelle vie, je tourne la page. Femme seule, mère entourée, je construis leurs futurs.

Et puis un jour, je partirais. Endroit d’apaisement, de réconfort, de chaleur, aller-retour constant, journalier. Partir le matin, sac sur le dos, éloignement de quelques heures, mais trop longtemps loin de cette chaleur. Revenir le soir, courir sous la pluie ou la neige pour la retrouver, marcher vite, presser de rentrer. Et je sais qu’un jour, je devrais la quitter pour de bon, je devrais partir, inévitablement. Je commence ma vie ici, et je la construirai ailleurs. Enfant indépendant, adulte à devenir, je reviendrais la voir.

Et puis un jour, on m’a accueilli. On est venu me chercher, on m’a choisi. J’ai trouvé ma place, j’ai pris de l’importance, j’ai mes coins, mes habitudes, et je ne partirais pas. Je fais partie de ce lieu, de ces gens. Relation muette, communication instinctive, on se comprend sans dire. Je les vois passer, partir, mais toujours revenir. Mais cet endroit, je ne le quitte pas, je suis la et je resterai. Chat domestique, mais chat libre, je vous attendrez ici.

Laisser un commentaire