mot du jour – Citations

Citations

Parce qu’il aime à parler avec les mots des autres, ou quand il ne trouve rien de mieux à dire – de toute façon, même avec ses mots, il ne dit rien de spécial. Ici, même pour quelques mots, une simple expression, une petite brique trop facile à insérer – le texte ne risquant pas de s’effondrer si on l’enlevait : d’abord, cette jeune femme inconnue dont l’amour qu’elle porte à son cousin germain, « officier dans le régiment d’infanterie de Royal-La-Marine » qu’elle voit très peu et qui s’enferme dans la boisson, « n’a pas le droit d’exister ni de se dire, seulement de s’écrire en secret » ; ensuite, beaucoup d’autres dont le métier est d’écrire (chacun à sa mesure et avec ses moyens, des rigoureuses définitions du Trésor de la Langue Française au énumérations dadaïstes du groupe Salut c’est cool) ; ceux, par extension, dont le métier est de vivre (Anne Frank par exemple) ; et enfin, et surtout, ceux auxquels on pense, même l’espace d’un instant entre deux mots, et qu’on finit par oublier, la phrase ayant repris ses droits sans qu’on sache bien s’ils ont aidé à la pousser ni si elle les a absorbés.

6 commentaires à propos de “mot du jour – Citations”

    • Pardon, je vous ai frustrée ? Et dire qu’hier soir encore, tout le monde (les auteurs que je cite, si c’est bien d’eux que vous parlez) était là, bien aligné comme les soldats en colonne impeccable le jour du défilé. Je les ai enlevé au dernier moment, et transformé le texte en conséquence. Sans véritable interrogation sur l’énumération de noms propres, ça faisait pompeux. Mais si vous voulez les noms, je les ai. Ils sont encore en interrogatoire.

    • Merci. Je ne sais pas si « beau » est le mot, en tout cas je m’efforce d’écrire « au mieux ». Quant au feuilleton, je n’y avais pas pensé ! Moi qui n’en regarde plus. Je crois que le dernier c’était L’Agence tous risques.

    • Se débarrasser du superflu : oui, c’est ce que je disais en somme dans un autre commentaire, mais à travers cette citation de Cendrars à propos de Gustave Le Rouge (qui m’ai parfaitement inconnu) :

      « il laissait aller son démon, faisant appel à la science et à l’érudition, non par vain étalage encyclopédique […] mais pour détruire l’image, ne pas suggérer, châtrer le verbe, ne pas faire style, dire des faits, des faits, rien que des faits, le plus de choses possible avec le moins de mots possible et, finalement, faire jaillir une idée originale, dépouillée de tout système, isolée de toute association, vue comme de l’extérieur, sous cent angles à la fois et à grand renfort de télescopes et microscope, mais éclairée de l’intérieur. »

      Evidemment, je cours après. En attendant de prendre une autre piste, un jour, peut-être.

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