vers un écrire/film #2 | Roman de gare

| noir et blanc | quai d’une gare routière | homme assis sur un banc | capuche du sweat shirt rabattue sur la tête | sac de matelot à ses pieds | autres voyageurs debout autour de lui | patientent | carcasse d’un bus métallisé les efface | le logo de la compagnie s’immobilise | l’homme de dos | il Continuer la lecturevers un écrire/film #2 | Roman de gare

autobiographies #13 | elle et elle.

Je suis là, jour de grand vent, avec les corbeaux qui tournent dans le gris de l’hiver. Il parait que leur intelligence est une des plus développées. Ils ne nichent pas dans son arbre à elle ; trop exposé en bordure du plateau. Ils ont leur abri plus loin, dans la densité des grands bois. Son arbre, il avait décidé de le Continuer la lectureautobiographies #13 | elle et elle.

autobiographies #10 | elle arbre

Elle se tient assise. Elle est calée contre le tronc. Elle vacille quand il ploie sous la bise. Elle tire sur les brins d’herbe jaunis et aplatis. Elle est engoncée dans son manteau bleu ciel. Elle a les joues rouges. Elle cligne un peu des yeux dans le contre-jour. Elle sourit. Elle ne voit pas les corbeaux. Elle est de Continuer la lectureautobiographies #10 | elle arbre

autobiographies #10 | vie qui bat

Elle regarde l’hiver par la fenêtre. Elle reste dans la cuisine où il fait le plus chaud. Elle met souvent la main sur sa poitrine. Elle veut savoir si son cœur bat encore. Elle a quitté son village il y a presque dix ans. Elle se souvient du jour où elle a pris le car avec sa petite valise en Continuer la lectureautobiographies #10 | vie qui bat

autobiographies #03 | arbre de A.

Photo : Jérôme Cé, novembre 2021, tous droits réservés Je n’offre aucune ombre, je suis l’ombre, cette ombre qu’on dit insane. Passez votre chemin ! Mes feuilles larmes sont tombées, sèches, depuis loin. Pliez vos mouchoirs ! La taille de mon tronc vous écrase de toute sa contre-plongée. Alors, s’il vous plaît, laissez tomber vos haches et vos cognées. Ma circonférence séculaire Continuer la lectureautobiographies #03 | arbre de A.

#L13 | quatrième de couverture.

Version de départ : Une ville et son port en déclin, accrochée au-dessus de l’océan. Un homme à l’allure de gratte – papier débarque. Il revient. Il revient pour la retrouver Elle, une dernière fois. Il revient comme un fugitif. Mais personne ne l’a oublié. Il semble sur ses gardes mais ne réalise pas combien il est attendu. On le laisse, Continuer la lecture#L13 | quatrième de couverture.

autobiographies #02 | la femme de Paul et autres figures

1– La femme de Paul Ils disent : « c’est le portrait de Michèle Morgan », ce sont les yeux: « elle a de beaux yeux ». Des jambes interminables qu’elle montre. Châtain très clair ou blond foncé naturel. Grande pour l’époque, une silhouette de mannequin : petit 40 dans le haut et grand 36 dans le bas; sa forte poitrine rarement découverte. Le grain de beauté qu’elle Continuer la lectureautobiographies #02 | la femme de Paul et autres figures

#P7 | Un rien d’île

Invisible au lever du soleil — rien d’elle n’existe à l’horizon, là où ciel et mer s’attouchent, se pénètrent parfois, se confondent souvent — rien d’elle, rien d’île, à l’exception de ces jours rares où le soleil se lève au 110 et la projette alors un court instant — un mirage — bref miracle Absente encore, longtemps dans la journée Continuer la lecture#P7 | Un rien d’île

#L6/ Semaine Kafka

Il ressasse. Il ne peut pas ne pas penser à elle. La fatigue mentale que ça représente, il l’ignore ou plutôt, en colère contre lui, il l’accepte. Il a d’abord voulu comprendre, trouver le moment faille. Cet instant où sa faillite à lui a commencé. Sa déroute. À rebours de tout ça, la quête du début de la fin. Il Continuer la lecture#L6/ Semaine Kafka

Résonance

Baudelaire, le seul mot qu’il suffisait de prononcer en cas d’urgence quand nous étions en mission à Paris. Ceux qui éventuellement pouvaient nous écouter s’efforçaient immédiatement de décrypter le code. Cela n’avait aucune importance. Les décrypteurs n’avaient aucune chance. Baudelaire n’était pas un mot codé. Il désignait simplement ce dont nous avions besoin dans une situation extrême, en cas d’exfiltration Continuer la lectureRésonance