#construire 04 | premier passage

tu descends il est presque 10h. Tu as le temps. Des gens sortent de la boulangerie d’à côté; tu n’as rien mangé, tu as peut-être faim. Il y a la queue devant la boulangerie : c’est dimanche, tu pourrais entrer pour qu’on te voie : est ce que déjà tu t’effaces. Tu t’attardes  à  la surface de la vitre, aux visages de l’autre côté Continuer la lecture#construire 04 | premier passage

#construire #03 | confusion

Il faisait beau; une fine couche de neige recouvrait l’herbe et les toits des bateaux. Des péniches pour la plupart avec leurs passerelles encombrées de bidons et de linge gelé. Les bateaux sur l’autre rive semblaient plus mystérieux, c’est l’aura de la distance j’imagine. Il faisait beau; l’eau était crasse, luisait par nappes comme gelée. Si quelqu’un était tombé à l’eau Continuer la lecture#construire #03 | confusion

#construire #01(1) | Or la neige — un début

Ça a débuté ainsi. Je vous le livre en secret. Et la neige est tombée. Or la neige. Comme dans le livre, la neige. J’ai pris le livre comme j’aurais pris la main de quelqu’un, même inconnu, dans une rue, en confiance, portée par une intuition j’imagine. Ce livre que je venais de lire, même de relire, à quelques années d’écart Continuer la lecture#construire #01(1) | Or la neige — un début

#boost # 15 | silence

Silence, respiration, trou, pause, blanc, gouffre; ange passant ce jour de mère ventre ouvert : douze- heure, dit la neige qui entre portant un plat de viande bouillie – toute cette neige en une nuit et noir d’arbres sans voix – mais ce n’est pas l’heure pourtant, papi ne pipe mot et les enfants jouent au ballon avec leur tête Continuer la lecture#boost # 15 | silence

#Boost #11bis (2) | un train de neige

Nous étions partis à l’aube sur ses traces. Quelles traces peut laisser un train avais-je pensé avant de monter avec lui dans le dernier Wagon. Le dernier avec sa porte fenêtre où se déployait le paysage que nous laissions derrière nous. Je scrutais le rail que la neige recouvrait en partie, son âme, comme le ballast, s’enfouissait dans le blanc. Continuer la lecture#Boost #11bis (2) | un train de neige

#boost #11(2) | Soir

Le cheval courait dans le champ ; nous avions franchi la barrière et malgré notre peur – ou entrainés par elle –, nous jouâmes à le poursuivre. Des hirondelles hachuraient le ciel bleu-rose du presque soir. Et cette neige rose de l’arbre de l’autre champ qui ensemençait l’air; nous aperçûmes le chapeau sous les fleurs qui regardaient ; nous perçûmes l’éclat Continuer la lecture#boost #11(2) | Soir

#boost #09, Kafka

Mirage La neige tombe, tout frais, tout doux, qui enveloppe le paysage de son manteau immaculé. Les collines autour de la ville sont blanches, enneigées. L’air est vif, c’est l’hiver, c’est souvenir, c’est autrefois. Tu as attendu la couche blanche avec impatience comme chaque hiver. Tu montes, tu montes toujours plus haut, tu arrives à la cime, immensité, liberté, les Continuer la lecture#boost #09, Kafka

#boost #09 | soir

Le cheval court dans le champ ; les enfants jouent à le poursuivre. Ciel bleu d’avant nuit avec un peu de rose. Lent. On dirait juin. Les voix rient. Cette odeur d’herbe foulée, de sueur, de crin avec un peu de vent. Neige de fleurs blanc-rose de l’arbre de l’autre champ, derrière la clôture, qui donnera des fruits. Et je Continuer la lecture#boost #09 | soir

#Anthologie# 11 Retour de l’école, un soir ordinaire

Retour de l’école, un soir de décembre, dans la Meuse J’essaie de me souvenir, je n’ai pas vu de neige tomber depuis si longtemps Quelques filles sortent en même temps que moi et chahutent, je crois que je me concentre pour ne pas tomber, elles riraient de moi Au bout de l’allée, on arrive sur le large trottoir de la Continuer la lecture#Anthologie# 11 Retour de l’école, un soir ordinaire

#anthologie #09 | au chaud du poing

comme on sait je suis devenu ouvrier-saisonnier circulant depuis mon jeune âge accroché à la main de mon père qui déguerpissait laissant derrière lui un pays détruit et tentait de survivre dans une déambulation désespérée à travers les campagnes du nord de l’Europe, moi j’étais son enfant et nous étions des miséreux rien que de pauvres gens malheureux, et forcément Continuer la lecture#anthologie #09 | au chaud du poing