#construire #09 | (avec ratures)

« je n’aurais pas écrit de livres sous la contrainte, ni sous la torture »: qui peut se présumer a priori d’acte de résistance – nombreux et nombreuses étaient mortes pour avoir tenu tête(combien d’autodafés intérieurs) qui peut dire : je ne l’aurais pas fait je n’écrirai pas de livre politique, je ne saurais pas je n’écrirai pas de livre d’enquêteje ne pourrai Continuer la lecture#construire #09 | (avec ratures)

#construire #07 | salle des machines

il fallait qu’il y ait cette passerelle pour voir ainsi l’ensemble et d’aussi haut ; sur la droite un barbu en pyjama rayé blanc et rose, calvitie stade trois et ventre proéminant, est assis les mains sur les genoux ; deux rangées plus loin – il y a de nombreuses tables ou plutôt des bureaux qui forment des rangées comme dans Continuer la lecture#construire #07 | salle des machines

#construire #06 | l’instant d’écrire à la poussière le geste d’un souvenir

d’abord les chaussures, les lacets nœuds sur nœuds, s’y casser les ongles ; essayer de tirer la chaussure soudée au pied, le pied a gonflé de marcher ainsi dans la neige, de marcher ainsi dans la boue. Se raviser, partant du bas, déboutonner le manteau ; un Duffle-Coat, les boutons oblongs en plastique imitent le bois, rugosité, comme si l’écorce sous la Continuer la lecture#construire #06 | l’instant d’écrire à la poussière le geste d’un souvenir

#construire 04 | premier passage

tu descends il est presque 10h. Tu as le temps. Des gens sortent de la boulangerie d’à côté; tu n’as rien mangé, tu as peut-être faim. Il y a la queue devant la boulangerie : c’est dimanche, tu pourrais entrer pour qu’on te voie : est ce que déjà tu t’effaces. Tu t’attardes  à  la surface de la vitre, aux visages de l’autre côté Continuer la lecture#construire 04 | premier passage

#construire #03 | confusion

Il faisait beau; une fine couche de neige recouvrait l’herbe et les toits des bateaux. Des péniches pour la plupart avec leurs passerelles encombrées de bidons et de linge gelé. Les bateaux sur l’autre rive semblaient plus mystérieux, c’est l’aura de la distance j’imagine. Il faisait beau; l’eau était crasse, luisait par nappes comme gelée. Si quelqu’un était tombé à l’eau Continuer la lecture#construire #03 | confusion

#construire #01(1) | Or la neige — un début

Ça a débuté ainsi. Je vous le livre en secret. Et la neige est tombée. Or la neige. Comme dans le livre, la neige. J’ai pris le livre comme j’aurais pris la main de quelqu’un, même inconnu, dans une rue, en confiance, portée par une intuition j’imagine. Ce livre que je venais de lire, même de relire, à quelques années d’écart Continuer la lecture#construire #01(1) | Or la neige — un début

#boost # 15 | silence

Silence, respiration, trou, pause, blanc, gouffre; ange passant ce jour de mère ventre ouvert : douze- heure, dit la neige qui entre portant un plat de viande bouillie – toute cette neige en une nuit et noir d’arbres sans voix – mais ce n’est pas l’heure pourtant, papi ne pipe mot et les enfants jouent au ballon avec leur tête Continuer la lecture#boost # 15 | silence

#Boost #11bis (2) | un train de neige

Nous étions partis à l’aube sur ses traces. Quelles traces peut laisser un train avais-je pensé avant de monter avec lui dans le dernier Wagon. Le dernier avec sa porte fenêtre où se déployait le paysage que nous laissions derrière nous. Je scrutais le rail que la neige recouvrait en partie, son âme, comme le ballast, s’enfouissait dans le blanc. Continuer la lecture#Boost #11bis (2) | un train de neige

#boost #11(2) | Soir

Le cheval courait dans le champ ; nous avions franchi la barrière et malgré notre peur – ou entrainés par elle –, nous jouâmes à le poursuivre. Des hirondelles hachuraient le ciel bleu-rose du presque soir. Et cette neige rose de l’arbre de l’autre champ qui ensemençait l’air; nous aperçûmes le chapeau sous les fleurs qui regardaient ; nous perçûmes l’éclat Continuer la lecture#boost #11(2) | Soir

#boost #09, Kafka

Mirage La neige tombe, tout frais, tout doux, qui enveloppe le paysage de son manteau immaculé. Les collines autour de la ville sont blanches, enneigées. L’air est vif, c’est l’hiver, c’est souvenir, c’est autrefois. Tu as attendu la couche blanche avec impatience comme chaque hiver. Tu montes, tu montes toujours plus haut, tu arrives à la cime, immensité, liberté, les Continuer la lecture#boost #09, Kafka