Un trou dans le spectre du moi

Floc.
Expulsion.
Introspecter ce qui a chu et s’est formé, le substrat formé de mère et père, et ses épaisseurs de temps mangées par le dedans.
S’est déplié mais membres un peu gourds.
S’est déployé autant qu’a pu, s’est raturé aussi, et emberlificoté dans le compliqué du vivant.
S’est replié beaucoup beaucoup.
Parfois recroquevillé. Chevillé de malfortunes.
S’est recomposé et redressé.
Surpris à se revigorer.
A osé proférer. Au risque de se défaire.
S’est délité. Parfois masure, parfois vaisseau. Envergure et délice, alors. Mais d’éphémère tessiture.
A enjambé quelques fossés notoires. S’est envasé en marécages putrides indécelables pour œil pas averti.
A enfanté. A découvert le corps de l’autre à l’issue de son propre corps.
A découvert l’étrangeté en son propre corps.
A cherché à brasser la matière des mots pour comprendre ce que je veut dire.
A cherché à pousser la langue à l’intérieur de soi.
A dormi beaucoup et maintes fois. Dans son lit et hors de son lit.
A quêté le oui de l’autre avec passion.
A cherché en livres ce que vivre veut dire.
A pratiqué quelques exercices d’impudeur pour tâter ce que s’extraire veut dire.
S’est entêté à s’aventurer surtout dans sa tête.
S’est réconforté de ne pas être assez au monde en tissant refuge de mots et de musique auprès du feu.
S’est fâché avec son moi. S’est rabiboché avec son moi. Maintes fois.
S’est obstiné. A battu des cils à chaque retour du réel dans sa ligne de mire.
A formé des kilomètres et des kilomètres de route d’échappée.
A vu passer quelques étoiles filantes.
A fumé et bu beaucoup pour vérifier ce que liberté sauvage peut vouloir dire en accès facile.
S’est impasse tombée à chercher les différences entre le masculin et le féminin.
S’est mordu la langue. S’est repu de langue non-dite.
A tâtonné, erré, fabulé, brassé-retourné dans sa tête toutes les idées tintinnabulantes obsédantes.
A trouvé le jouir dans le ouïr et le oui en terre ancrée face mer lumière oiseaux de mer.
A franchi.
Continue.

5 commentaires à propos de “Un trou dans le spectre du moi”

  1. a franchi
    continue
    pour nous, tous, même si ça fatigue à la longue
    beau résumé

  2. “S’est entêté à s’aventurer surtout dans sa tête”. Que dire de cet entêtement sinon qu’il continue à nous vriller l’esprit, à nous mordre aux mollets aussi, pour nous obliger encore et encore à avancer dans l’écriture, dans la tête.