Une histoire d’écriture

Alors voilà je sais qu’on ne se connaît pas. Mais on a m’a demandé d’écrire sur moi. Ecrire sur soi ce n’est pas ce qu’il y a de plus faisable. On pense se connaître. Et on réalise finalement que ce n’est pas le cas. Assez étrange dit comme ça. Alors voilà j’espère que ça te plaira. Je m’appelle Alizé, j’ai 19 ans et je suis là à te parler. J’ai les cheveux châtains toujours emmêlés et les yeux bleus qu’on me qualifia une fois de « bleu d’anthraquinone ». Je pense effectivement qu’il se payait ma tête bref. Je ne savais même pas que ce mot existait. J’aime rire, pleurer. J’aime vivre et aimer. Je suis parfois trop gentille. On me le reproche assez. Lorsque j’étais petite mon rêve était de changer le cours de l’univers. D’être celle qui fera de la femme un égal de l’homme. De récupérer tous les animaux délaissés sur Terre. De trouver pour chaque sans-abris un petit logis où passer la nuit. Je te rassure, cela n’a pas trop changé. M’enfin j’ai vite compris que soit j’étais trop idéaliste soit c’était les autres qui n’avaient rien compris. Jusqu’à ce que je lise Dostoïevski. N’est-ce pas la beauté qui sauvera le monde nous disait-il ? Alors, persuadée que les gentils ne sont pas ceux qui réussissent toujours, mais que leurs histoires sont tellement, tellement plus jolies. Je m’obstine à continuer par ce candide chemin. Je raffole de poésie. De lettres. De mots. De citations. D’ailleurs j’en accroche partout dans les toilettes. Ce qui ne cesse de faire crier ma mère et qui finira par l’envoyer chez les fous si je n’abandonne pas. J’aime regarder les nuages en forme de dragon dans le ciel. Inventer des mots, des vers et les murmurer. J’aime écrire des discours et les déclamer à grands cris. J’aime contempler les étoiles le soir. Jusqu’à ressentir l’infinité de la solitude. M’endormir dans le jardin, les yeux remplis de petits points. Jusqu’à sombrer dans les méandres de mes pensées. J’aime rire avec ma famille. Aimer, mimer, parodier, jouer à grand souffle comme si nous nous trouvions devant mille spectateurs. Par-dessus tout j’aime rêver. Ecrire et encore rêver. Je me plais à observer dans chaque pétale, dans chaque goutte de pluie, dans chaque flocon de neige un brin d’authenticité. D’originalité qui lui donne toute raison d’exister. J’aime arpenter le monde. Apprendre ses formes et les dessiner. Je suis romantique et très sensible. Peut-être un peu trop. Toujours submergée par les émotions, elles s’emparent de moi. Et lorsque le chagrin me saisit. Je me réfugie. Dans la délicieuse odeur d’un chocolat, dans la douceur d’un livre, ou dans les réconforts d’un ami. Je me laisse avoir peur. Pleurer. Mais je n’oublie pas de me relever. Je suis anxieuse. J’ai besoin d’être rassurée. Je culpabilise pour tout alors même que je n’ai rien effectué. Je ne supporte pas râler. Pourtant quelques fois je ne peux m’en empêcher. J’aime aider et être aidée. Aimer et être aimée. J’aime mettre des collants à rayures. Et danser. Porter des boucles d’oreilles en forme de radis et rêver. J’ai un nounours. Depuis que je suis petite. Quelques fois il m’arrive d’avoir peur dans le noir. J’aime voyager. Découvrir de nouvelles personnes. De nouveaux souvenirs et sensations. J’aime aussi changer de regard. Observer les choses de mille façons. Me poser des questions. Les voir à travers le prisme de la compassion. Lorsque j’étais petite, je rêvais d’épouser Marcel Proust. Dépitée d’apprendre son homosexualité je me suis laissée découragée. Aujourd’hui je l’aime toujours. Mais différemment. Heureusement. Je dirais plutôt pour son talent. J’aime la philosophie et ses débats sur la vie. J’aime réfléchir et ne plus penser. Je suis maladroite mais appliquée. Trop perfectionniste ce qui me vaut des mots de tête à un niveau démesuré. Apprendre à lâcher prise c’est ma devise. Mais je suis encore incapable de l’appliquer. Je change souvent d’humeur. Passe du rire aux larmes en quelques secondes. Je pense qu’il est important de se laisser s’abandonner au monde. A soi. S’abandonner aux larmes pour ressentir les vrais tumultes de la vie. Les instants de pleurs ne durent qu’un temps. Puis ils laissent place au beau temps. La vie il faut la vivre intensément ! La vivre fort, la vivre à fond ! On en a qu’une bon sang alors les émotions c’est notre triomphe ! Nous pensons connaître nos plus étouffants défauts ou plus fabuleuses qualités. En réalité nous ne nous connaissons peut-être jamais réellement. Tant nous n’avons jamais assez de mots pour nommer nos sentiments.

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