{"id":10019,"date":"2019-08-15T10:57:26","date_gmt":"2019-08-15T08:57:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=10019"},"modified":"2019-08-15T13:55:53","modified_gmt":"2019-08-15T11:55:53","slug":"contre-toute-attente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/contre-toute-attente\/","title":{"rendered":"Contre toute attente"},"content":{"rendered":"\n<p>Contre toute attente, il s&rsquo;est lev\u00e9. Comme chaque jour il s&rsquo;est lev\u00e9. Lent arrachement d\u2019un \u00e9tat vers un autre \u00e9tat. Il a ouvert les yeux. La lumi\u00e8re douce de sa chambre s&rsquo;\u00e9chappait \u00e0 travers ses volets. Le soleil dans les yeux. D&rsquo;un endroit \u00e0 son envers. Il s&rsquo;est \u00e9tir\u00e9 de tout son long, sentant l&rsquo;ensemble de ses muscles dans ce mouvement, il s&rsquo;est senti vivant, il est rest\u00e9 un moment dans la chaleur des draps. Dans leurs plis. Dans les bras de la femme qu&rsquo;il aime. Il a profit\u00e9 du silence de la pi\u00e8ce. Dans le silence, ou plus exactement dans un espace o\u00f9 les bruits s\u2019\u00e9loignent. Il s&rsquo;est r\u00e9veill\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa femme, elle est d\u00e9j\u00e0 lev\u00e9e, elle se l\u00e8ve souvent plus t\u00f4t que lui. Il a pos\u00e9 le pied gauche par terre, il se l\u00e8ve toujours du pied gauche quoi qu&rsquo;on en dise, mais il n&rsquo;est pas superstitieux, le contact rugueux de son pied nu sur la fibre de coco l&rsquo;a surpris, ce matin l\u00e0 comme tous les autres. Il s&rsquo;est mis debout. Il s&rsquo;est habill\u00e9 dans la p\u00e9nombre de la chambre. Il a ouvert les volets \u00e9lectriques, leur bruit m\u00e9canique le d\u00e9range. La lumi\u00e8re \u00e9tait vive. <\/p>\n\n\n\n<p>Il a song\u00e9 \u00e0 sa journ\u00e9e \u00e0 venir. Ce qui dans la r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9siste \u00e0 la repr\u00e9sentation. Il a pens\u00e9 \u00e0 ce qu&rsquo;il allait faire de sa journ\u00e9e, ce qu&rsquo;il pourrait faire s&rsquo;il en avait le temps, tout ce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas encore fait. Ce qu&rsquo;il ne fera jamais. Il a pens\u00e9 \u00e0 tout ce qu&rsquo;il lui reste \u00e0 faire. Il a pens\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;aurait pas le temps. Il a soupir\u00e9. Pas le temps de tout faire. On le lui reproche souvent mais il s&rsquo;en fiche. Il a griffonn\u00e9 sur un bout de papier d\u00e9chir\u00e9 \u00e0 la h\u00e2te les bribes d&rsquo;un r\u00eave de la nuit pr\u00e9c\u00e9dente. Il a bu son th\u00e9 \u00e0 petites gorg\u00e9es. Il l&rsquo;a bu par habitude, car c&rsquo;est la boisson de sa femme. Elle lui en pr\u00e9pare un chaque matin, mais m\u00eame quand il est seul il continue d&rsquo;en boire. Il s&rsquo;est br\u00fbl\u00e9 tr\u00e8s souvent. Il s&rsquo;est souvenu de toutes les fois dans sa vie o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9tait br\u00fbl\u00e9 les l\u00e8vres en buvant ou en mangeant des aliments trop chauds. Il s&rsquo;est rappel\u00e9 son impatience. Il sait que c&rsquo;est un d\u00e9faut. Il a soupir\u00e9. Il a hauss\u00e9 les \u00e9paules. <\/p>\n\n\n\n<p>Il a mang\u00e9. Il a bu. Il a lu les nouvelles du matin sur sa tablette. Il a v\u00e9rifi\u00e9 ses notifications sur l&rsquo;ensemble de ses r\u00e9seaux sociaux. Il a consult\u00e9 ses emails. Il a  r\u00e9pondu \u00e0 certains d&rsquo;entre-eux, les plus urgents, sinon cela peut attendre qu&rsquo;il allume son ordinateur, \u00e0 la maison ou au travail. Il a aim\u00e9 toutes les photographies des profils qu&rsquo;il suit r\u00e9guli\u00e8rement sur Instagram. Qu\u2019est-ce qui est gard\u00e9 ? Qu\u2019est-ce qui nous \u00e9chappe ? Il s&rsquo;est souvenu que cela lui prenait trop de temps. Il l&rsquo;a regrett\u00e9 mais il n&rsquo;a pas chang\u00e9 ses habitudes pour autant.  <\/p>\n\n\n\n<p>Il est sorti de chez lui, en v\u00e9rifiant qu&rsquo;il avait bien les cl\u00e9s sur lui au moment de claquer la porte, il s&rsquo;est retrouv\u00e9 une fois prisonnier dans le couloir sombre de son immeuble, il ne souhaite pas refaire la m\u00eame b\u00eatise, vivre \u00e0 nouveau la m\u00eame situation. Il se dit qu&rsquo;on apprend de ses erreurs. Il a hauss\u00e9 les \u00e9paules en regrettant le fait de penser parfois par proverbes interpos\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 travailler. Le pr\u00e9sent est une perp\u00e9tuelle catastrophe. Il a \u00e9t\u00e9 travailler, dans un m\u00e9lange de d\u00e9cision et d\u2019abandon.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a march\u00e9 pour rejoindre la gare et prendre son train. Dans la rue, il a press\u00e9 le pas car il \u00e9tait en retard. Il s&rsquo;est d\u00e9p\u00each\u00e9 car la pluie mena\u00e7ait. Il a pris son temps quand il en avait l&rsquo;occasion. Il s&rsquo;est rendu compte que tout changeait autour de lui, comme un paysage se transforme sous les variations lumineuses. Apparitions passag\u00e8res. Conna\u00eetre une ville, c\u2019est multiplier les points de vue. Il a eu froid dans les longs couloirs venteux du m\u00e9tro, les courants d\u2019air. Il a remont\u00e9 tr\u00e8s haut le col du son pull. il a remont\u00e9 le col de sa veste. Il a frissonn\u00e9. Il a grelott\u00e9. Il a eu besoin de r\u00e9confort. Il a pens\u00e9 caf\u00e9, tendresse, calme, repos. Il a souhait\u00e9 silence, sagesse, caresse. Rendez-vous avec l\u2019impr\u00e9vu.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est mont\u00e9 dans le m\u00e9tro. Il s&rsquo;est tenu \u00e0 la rampe en pensant avec d\u00e9go\u00fbt aux milliers de mains inconnues qui l&rsquo;ont agripp\u00e9es avant lui. Il s&rsquo;est maintenu en \u00e9quilibre. Il a observ\u00e9 les passagers \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e. Il a \u00e9cout\u00e9 leurs conversations. Il a lu par-dessus leur \u00e9paule. Il a imagin\u00e9 la musique qu&rsquo;ils pouvaient \u00e9couter avec leur casque sur les oreilles. Il a \u00e9cout\u00e9 les bruits du m\u00e9tro. Il voudrait \u00eatre sourd certains jours. Il s&rsquo;est \u00e9nerv\u00e9 int\u00e9rieurement contre l&rsquo;indiscipline des voyageurs, leur incivilit\u00e9, leur mauvaise humeur, leur \u00e9pouvantable haleine du matin, leur regard torve, leur regard noir. Et la fatigue sur les visages. Il a appr\u00e9ci\u00e9 les sourires, les regards complices, les regards qui se croisent, les co\u00efncidences, l&rsquo;amabilit\u00e9 de certains, leur politesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a admir\u00e9 la beaut\u00e9 de certains visages, hommes et femmes, s&rsquo;est amus\u00e9 des gestes de quelques enfants, s&rsquo;en est \u00e9mu, agac\u00e9 parfois aussi. Il est tomb\u00e9 amoureux d&rsquo;un visage de femme, cela n&rsquo;a dur\u00e9 qu&rsquo;un instant mais c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;une rare intensit\u00e9, de la nuque d&rsquo;un homme, d&rsquo;un tatouage sur la peau nu au teint h\u00e2l\u00e9, d&rsquo;un v\u00eatement l\u00e9ger, d&rsquo;un parfum suave, d&rsquo;une promesse de tendresse ou d&rsquo;\u00e9coute. Il a esp\u00e9r\u00e9. Il a fantasm\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Il a march\u00e9 au rythme des autres passagers qui vont au m\u00eame endroit que lui prendre leur train. La lenteur de leurs mouvements est une fa\u00e7on de faire corps avec le lieu, de le parcourir en tous sens, d\u2019en prendre toute la mesure, avec le temps. Il en a d\u00e9pass\u00e9 certains. Un peu de lumi\u00e8re et d\u00e9j\u00e0 c\u2019est un visage qui vous regarde. Il a march\u00e9 au rythme des autres, en allant dans leur sens, dans leur direction. Il a march\u00e9 parfois \u00e0 contre sens. Dans le sens inverse de la foule. Il a descendu des escaliers. Il en a mont\u00e9 aussi, des fois il s&rsquo;est demand\u00e9 si le diff\u00e9rentiel s&rsquo;\u00e9quilibrait avec le temps, avant que l&rsquo;id\u00e9e lui \u00e9chappe heureusement. <\/p>\n\n\n\n<p>Il a travaill\u00e9. Il a beaucoup travaill\u00e9. Dans l\u2019\u00e9tirement des heures sans rien \u00e0 l\u2019horizon. Par moments, le travail, il a eu l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre loin du travail. Il a travaill\u00e9 pour lui et pour les autres, il a men\u00e9 une vie double. En travaillant en biblioth\u00e8que, il est parvenu \u00e0 d\u00e9gager du temps, m\u00eame infime, pour travailler sur ses projets, avancer sur l&rsquo;\u00e9criture de ses textes, sur l&rsquo;\u00e9laboration de son site et la mise en place de ses ateliers d&rsquo;\u00e9criture. Il parvient \u00e0 avancer masqu\u00e9, \u00e0 travailler en perruque. \u00c9crire est devenu une t\u00e2che\/m\u00e9nag\u00e8re. Il a pass\u00e9 sa journ\u00e9e derri\u00e8re son ordinateur. Il a \u00e9crit en tapotant sur les touches du clavier de son ordinateur. L\u2019\u00e9criture, est-elle l\u2019une des images possibles du manque ? Il s&rsquo;est connect\u00e9. Sur des sites d&rsquo;information, sur des r\u00e9seaux sociaux, sur des sites de partage d&rsquo;images, sur des forums. Tentative de d\u00e9chiffrement. Il a navigu\u00e9 sur Internet, passant de site en site. Le hasard fait si bien les choses. Profondeur et surface. Ni lieu de la disparition, ni de la conservation, juste le lieu de l\u2019expression libre. Il s&rsquo;est perdu quelque fois en chemin. Il a aim\u00e9 se perdre.  <\/p>\n\n\n\n<p>Il est rentr\u00e9 chez lui le soir apr\u00e8s la journ\u00e9e de travail. Il a fait le chemin \u00e0 l&rsquo;envers. Le chemin s\u2019arr\u00eate dans le regard. Il a dit bonsoir en entrant. Des mots qu&rsquo;il n&rsquo;a plus besoin de prononcer si transparente est leur \u00e9vidence. Il a ferm\u00e9 la porte derri\u00e8re lui. Bonsoir. L\u2019inertie des choses \u00e9puise l\u2019\u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a mang\u00e9. Il a bu. Il a discut\u00e9 avec sa femme, avec ses filles. Il a plaisant\u00e9. Il a ri et fait rire. Il s&rsquo;est \u00e9mu. Il s&rsquo;est emport\u00e9, il l&rsquo;a regrett\u00e9 dans l&rsquo;instant m\u00eame. Il s&rsquo;est rendu compte tout \u00e0 coup que les expressions <em>prendre la porte<\/em> et <em>sortir de ses gonds<\/em> \u00e9taient li\u00e9es par une m\u00eame violence, celle de ce qui nous pousse hors cadre. Il s&rsquo;est mis en retrait pendant le repas, r\u00eaveur, lorsque la conversation est devenue trop pr\u00e9visible. Il a eu l&rsquo;impression que les autres ne remarquaient pas ce moment de bascule o\u00f9 l&rsquo;on sait qu&rsquo;on est all\u00e9 trop loin. Il est all\u00e9 trop loin. Il a d\u00e9barrass\u00e9 les assiettes et les couverts. Il les a rang\u00e9 m\u00e9ticuleusement dans le lave-vaisselle. Il a jet\u00e9 les restes de nourriture \u00e0 la poubelle. Il a nettoy\u00e9 la table. Des fois il a laiss\u00e9 sa femme d\u00e9barrasser, ou ses filles s&rsquo;en charger. Il a pr\u00e9par\u00e9 un caf\u00e9 qu&rsquo;il a bu d\u00e8s qu&rsquo;il a pass\u00e9. Il a mang\u00e9 du chocolat 85 % pour l&rsquo;accompagner. Il a allum\u00e9 la t\u00e9l\u00e9vision. Il a regard\u00e9 un film en famille \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, sur le lecteur DVD. Il a \u00e9crit en regardant la t\u00e9l\u00e9vision. Il a \u00e9crit en \u00e9coutant de la musique. Il a \u00e9crit sur la table de la salle \u00e0 manger, dans le silence de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand tout le monde a fini par se coucher, la maison a retrouv\u00e9 son calme. Il a essay\u00e9 de veiller de son c\u00f4t\u00e9 le plus longtemps possible. Il a toujours aim\u00e9 cet instant de solitude et de calme. L&rsquo;ordinateur est toujours allum\u00e9, mais il se plait \u00e0 ne pas toujours l&rsquo;utiliser, \u00e0 r\u00eaver \u00e0 ce qu&rsquo;il va \u00e9crire un peu plus tard, ce qu&rsquo;il aura \u00e9crit le lendemain. Toutes les images s\u2019encha\u00eenent dans sa t\u00eate, sans savoir si elles viennent de son r\u00eave ou de son texte, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une de ses photographies ou s&rsquo;il invente tout cela. La chute dans le temps et la tonique \u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9teint la t\u00e9l\u00e9vision. Il a \u00e9teint la lumi\u00e8re de la salle \u00e0 manger en appuyant sur l&rsquo;interrupteur au sol d&rsquo;une pression soutenue de son pied droit. Il a travers\u00e9 la pi\u00e8ce dans la p\u00e9nombre en veillant \u00e0 ne se cogner contre aucun meuble sur son passage et ne pas r\u00e9veiller en faisant du bruit toute la maison. Il a toujours aim\u00e9 cet instant en \u00e9quilibre, flottant en suspens, ces derniers pas avant d&rsquo;aller se coucher. Seul mais fuyant la solitude dans la nuit comme en plein jour. Il a couliss\u00e9 la porte de sa chambre apr\u00e8s y \u00eatre entr\u00e9. Il a \u00e9cout\u00e9 sa femme dormir, allong\u00e9e sous les draps dans la p\u00e9nombre de leur chambre. Il a \u00e9cout\u00e9 le rythme r\u00e9gulier de sa respiration. Les battements d\u2019une musique proche de celle du c\u0153ur. Il a d\u00e9pos\u00e9 ses v\u00eatements l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre sur le chevalet de sa chambre, toujours dans le m\u00eame ordre, chaussette, pantalon, slip, chemise en dernier pour ne pas la froisser. Il s&rsquo;est couch\u00e9 sans faire de bruit. Il s&rsquo;est couch\u00e9 et s&rsquo;est endormi imm\u00e9diatement. Il s&rsquo;est parfois tourn\u00e9 et retourn\u00e9 dans son lit avant de parvenir enfin \u00e0 trouver le sommeil. Il s&rsquo;est parfois relev\u00e9 pour \u00e9teindre la veilleuse de la cafeti\u00e8re rest\u00e9e allum\u00e9e, dont le halo bleut\u00e9 colore l&rsquo;ensemble de son appartement, et donc par propagation de sa chambre aussi. Il s&rsquo;est toujours couch\u00e9 \u00e0 droite du lit, la t\u00eate pos\u00e9e sur la joue droite. Le d\u00e9but d\u2019une spirale. Il a parfois tent\u00e9 de se tourner du c\u00f4t\u00e9 gauche pour trouver le sommeil, mais il n&rsquo;est jamais parvenu \u00e0 s&rsquo;endormir de ce c\u00f4t\u00e9 l\u00e0. Il s&rsquo;est toujours endormi dans la m\u00eame position. Lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y parvient pas, qu&rsquo;il a r\u00e9fl\u00e9chi au moment de se coucher, et que bien malgr\u00e9 lui, des bribes de pens\u00e9es, des phrases en suspens, se mettent \u00e0 tourner en boucle dans sa t\u00eate, qu&rsquo;il s&rsquo;est couch\u00e9 trop tard, et que son cycle de sommeil est d\u00e9pass\u00e9, il s&rsquo;ent\u00eate \u00e0 tourner et retourner entre ses draps jusqu&rsquo;\u00e0 fr\u00f4ler la folie. Le temps est venu de rattraper le temps, pense-t-il. Jusqu\u2019\u00e0 dispara\u00eetre totalement. Il a ferm\u00e9 les yeux. Ce d\u00e9sir inavouable d\u2019assister \u00e0 sa propre disparition. Il s&rsquo;est endormi, contre toute attente.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contre toute attente, il s&rsquo;est lev\u00e9. Comme chaque jour il s&rsquo;est lev\u00e9. Lent arrachement d\u2019un \u00e9tat vers un autre \u00e9tat. Il a ouvert les yeux. La lumi\u00e8re douce de sa chambre s&rsquo;\u00e9chappait \u00e0 travers ses volets. Le soleil dans les yeux. D&rsquo;un endroit \u00e0 son envers. Il s&rsquo;est \u00e9tir\u00e9 de tout son long, sentant l&rsquo;ensemble de ses muscles dans ce <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/contre-toute-attente\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Contre toute attente<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":242,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[917],"tags":[],"class_list":["post-10019","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2019-7-introspection-sous-verbe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10019","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/242"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10019"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10019\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10019"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10019"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10019"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}