{"id":100285,"date":"2022-11-29T19:18:00","date_gmt":"2022-11-29T18:18:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=100285"},"modified":"2022-11-29T15:57:22","modified_gmt":"2022-11-29T14:57:22","slug":"carnet-individuel-rebecca","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-rebecca\/","title":{"rendered":"#carnet individuel &#8211; Rebecca"},"content":{"rendered":"\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/saule-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-100286\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/saule-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/saule-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/saule-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/saule-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/saule-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Pour dire le silence de mots, choisir une perspective: le bruit des quelques pi\u00e8ces jet\u00e9es | clingclingcling dans le jadis pot \u00e0 cr\u00e8me fra\u00eeche (l&rsquo;\u00e9tiquette ne l&rsquo;est plus) en verre | aucun regard de elle \u00e0 lui de lui \u00e0 elle | bien retenir le geste banal m\u00e9canique | maintes fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ? | le chien immobile et son ma\u00eetre tout contre cartons d\u00e9pli\u00e9s humides | c&rsquo;est la ville m\u00eame qui est muette (sourde)\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>regard \u00e9chang\u00e9 infime instant profondeur \u00e0 d\u00e9border le temps tous les paysages ici r\u00e9unis<\/p>\n\n\n\n<p>Un battement d&rsquo;ailes sur la Seine un cri sur le fleuve l&rsquo;air qui soul\u00e8ve le souffle qui propulse l&rsquo;infime mouvement l&rsquo;oiseau blanc le ciel gris les eaux sombres les quais vides sauf d&rsquo;un battement d&rsquo;ailes sur la Seine le vide de l&rsquo;espace emplit d&rsquo;un oiseau un seul oiseau et l&rsquo;air autour et l&rsquo;eau dessous et le reflet du ciel sur l&rsquo;eau et l&rsquo;infime battement d&rsquo;ailes un regard vers l&rsquo;oiseau.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous la pluie un sol d\u00e9tremp\u00e9 tout glisse tout est bord d&rsquo;un gouffre que le temps s&rsquo;y perde un instant seulement appara\u00eet alors sous la pluie suspendue un arbre dans un pot rose un olivier viendra un jour dans le temps revenu \u00e0 mourir priv\u00e9 de racines longues et profondes priv\u00e9 de frondaison voisine \u00e0 effleurer d&rsquo;une brise il renature dit-on tandis qu&rsquo;il ne boit qu&rsquo;\u00e0 sa perte sous la pluie reprise.<\/p>\n\n\n\n<p>quelque chose comme danser sans danser. Un mouvement de l&rsquo;int\u00e9rieur, pas forc\u00e9ment du corps. Une rythmique qui s&rsquo;installe, un tempo, l&rsquo;esprit qui danse, qui r\u00e9pond \u00e0 un appel, quelque chose comme une vibration, ma grisaille.<\/p>\n\n\n\n<p>m\u00e9moires comme souvenirs d&rsquo;enfance plac\u00e9s pr\u00e9cis\u00e9ment dans cet angle mort qui se meut dans une imperturbable synchronicit\u00e9, celle de ce qui veut \u00e9chapper \u00e0 la vue, au saisissement. Restent dans l&rsquo;ombre. C&rsquo;est pourtant l\u00e0 enfouie que doit se trouver cette premi\u00e8re rencontre du lu et de l&rsquo;\u00e9crit. Je ne sais pas.<\/p>\n\n\n\n<p>et pendant que je cours que mes cuisses dialoguent avec mes poumons, j&rsquo;avale le paysage, j&rsquo;avale les foul\u00e9es amples et l\u00e9g\u00e8res de cet homme son bonnet presque sur les yeux j&rsquo;avale le sourire lumi\u00e8re de cette femme et de cet alignement d&rsquo;arbres automne j&rsquo;avale les voiliers sur l&rsquo;\u00e9tang qu&rsquo;activent depuis un banc des mains rid\u00e9es aux rires gamins j&rsquo;avale le chien minuscule j&rsquo;avale le chant des perruches vertes j&rsquo;avale le ciel qui s&rsquo;alourdit de gris j&rsquo;avale le sentier sableux ses racines pour obstacles j&rsquo;avale les couleurs chaudes de l&rsquo;hiver partout tout autour j&rsquo;avale mes pens\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout est l\u00e0 et pourtant on s&rsquo;obstine, \u0153ill\u00e8res, voile, silences tandis que le temps s&rsquo;enroule, d&rsquo;un clignement de l&rsquo;\u0153il, complice, on lui enjoint de tourner plus vite et encore encore tout est l\u00e0 on ne s&rsquo;attarde sur rien nos vies succombent, mouvement confortable et traitre.<\/p>\n\n\n\n<p>demi-lune sombre creus\u00e9e sous l\u2019\u0153il bleu s&rsquo;\u00e9tire en arc invers\u00e9 comme caresse autour de la joue encore gonfl\u00e9e d&rsquo;un dernier sourire | ligne drue soutient le front un oiseau immense d&rsquo;horizon a ici d\u00e9pos\u00e9 son ombre | vague pourpre \u00e9paisse ourle la peau noire en jaillissent des mots, flots lointains inaudibles on les r\u00eave<\/p>\n\n\n\n<p>le temps s&rsquo;\u00e9coule pour chacun selon une rythmique propre, ici il s&rsquo;\u00e9tend devant un caf\u00e9, l\u00e0 il trotte derri\u00e8re un chien roux en laisse, plus loin il attend le client, d&rsquo;\u00e9crire un humain depuis le temps qui s&rsquo;enroule autour de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Sont toujours pr\u00e9sentes dans mon ciel les formes vivantes, les animaux et les visages tapis dans les strates grises et \u00e9paisses bouscul\u00e9es par le vent. Il est lourd, menace de c\u00e9der. Si demain je ne les vois plus, ne les reconnais plus, serais-je morte ou alors aurais-je trop grandi ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas mentir. Rencontrer l&rsquo;avant-\u00e9crire, trouver les mots qui existent, se posent, prennent forme avant l&rsquo;\u00e9criture, c&rsquo;est ce que je cherche ici.<\/p>\n\n\n\n<p>avancer une journ\u00e9e enti\u00e8re dans la ville, collecter tous les visages crois\u00e9s, qu&rsquo;ils s&rsquo;impriment sur la r\u00e9tine, les collectionner, arr\u00eater le temps et \u00e0 chacun consacrer l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, les garder ni dessin\u00e9s, ni d\u00e9crits, pour chacun trouver un mot ou l&rsquo;inventer (peut-\u00eatre alors retrouver les traits des visages oubli\u00e9s)<\/p>\n\n\n\n<p>Une forme arrondie. Les traits sont flous les chercher un \u00e0 un. Un front. Un nez peut-\u00eatre. Une bouche. Un profil. Rien ne vient. Ne subsiste qu&rsquo;une impression, une unique impression. \u00c9merge des anciennes ann\u00e9es non pas un regard, mais la sensation du regard sur soi port\u00e9 par un visage sans traits, vide, absent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ouvrir mon agenda et y planifier l&rsquo;impr\u00e9vu pour les 24h \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>*La derni\u00e8re proposition est en haut d&rsquo;article*<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour dire le silence de mots, choisir une perspective: le bruit des quelques pi\u00e8ces jet\u00e9es | clingclingcling dans le jadis pot \u00e0 cr\u00e8me fra\u00eeche (l&rsquo;\u00e9tiquette ne l&rsquo;est plus) en verre | aucun regard de elle \u00e0 lui de lui \u00e0 elle | bien retenir le geste banal m\u00e9canique | maintes fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ? | le chien immobile et son ma\u00eetre <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-rebecca\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#carnet individuel &#8211; Rebecca<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":346,"featured_media":100286,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897],"tags":[],"class_list":["post-100285","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100285","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/346"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=100285"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100285\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/100286"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=100285"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=100285"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=100285"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}