{"id":100776,"date":"2022-12-22T09:36:53","date_gmt":"2022-12-22T08:36:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=100776"},"modified":"2022-12-22T09:36:56","modified_gmt":"2022-12-22T08:36:56","slug":"carnet-individuel-isabelle-vauquois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-isabelle-vauquois\/","title":{"rendered":"Carnet individuel \u2013 Isabelle Vauquois"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>40 | neuf instructions pour son double pour que continue le carnet<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9cris quelques mots, 480 signes ou plus tous les joursNote des paroles chop\u00e9es au vol<\/p>\n\n\n\n<p>Lis pour \u00e9crire, \u00e9cris pour lire<\/p>\n\n\n\n<p>Essaie d&rsquo;aller voir du c\u00f4t\u00e9 du journal de Kafka<\/p>\n\n\n\n<p>Marche et perds-toi dans la ville<\/p>\n\n\n\n<p>Marche, observe et \u00e9cris dans ta t\u00eate ou sur ton t\u00e9l\u00e9phone<\/p>\n\n\n\n<p>Ecris ce dont tu ne te sais pas d\u00e9positaire comme le dit Fran\u00e7ois Bon<\/p>\n\n\n\n<p>N&rsquo;h\u00e9sites pas \u00e0 recopier des extraits de textes aim\u00e9sReprends tes notes journali\u00e8res, donne leur de l&rsquo;\u00e9paisseur, de la hauteur, de la couleur et publies-les sur ton blog sans te soucier de tes lecteur.rices. <\/p>\n\n\n\n<p>Ajoute des photos, des dessins\u2026 et trouve ta singularit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ouvre ton carnet du lendemain et lance toi sans penser \u00e0 ce qui pr\u00e9c\u00e8de !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>39 | ce dont on ne peut parler<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>38 |&nbsp;strat\u00e9gies du r\u00eave<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00eaver. Joker. Pas mon truc. Encore moins d&rsquo;\u00e9crire sur mes r\u00eaves. Ne r\u00eave jamais. \u00c7a n&rsquo;existe pas de ne pas r\u00eaver on me dit. Rarement des souvenirs. Penser que je n&rsquo;arrive pas \u00e0 dormir. Le r\u00e9veil sonne, je reste \u00e9veill\u00e9e. Entendre des voix amies, des bruits familiers. Je me r\u00e9veille en sursaut. Je suis seule dans l&rsquo;appartement. M&rsquo;\u00e9tais rendormie apr\u00e8s la sonnerie du r\u00e9veil &#8211; Avoir l&rsquo;impression de ne pas r\u00eaver la nuit mais dans la journ\u00e9e, oui souvent r\u00eaver \u00e9veill\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>37 | du par c\u0153ur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Mrs Dalloway dit qu&rsquo;elle irait acheter les fleurs elle-m\u00eame&#8230; Quel matin frais !&nbsp; pensait Clarissa&nbsp; Dalloway. On dirait qu&rsquo;on l&rsquo;a command\u00e9 pour des enfants sur une plage. <\/em>Cette phrase me revient souvent en m\u00e9moire. Une phrase simple qui me met en \u00e9moi sans raison particuli\u00e8re. D&rsquo;une infinie po\u00e9sie. Pendant le confinement je l&rsquo;avais inscrite en lettre noire sur un carton recouvert d&rsquo;une peinture dor\u00e9e. Pos\u00e9 au-dessus de mon bureau. Photographi\u00e9e, imprim\u00e9e et coll\u00e9e dans mon&nbsp; carnet de confinement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette p\u00e9riode o\u00f9 les voyages se limitaient \u00e0 un rayon de mille m\u00e8tres, cette phrase \u00e9tait source de r\u00eaverie, de voyage \u00e0 Londres dans la t\u00eate. Mrs Dalloway un livre d\u00e9couvert au retour de mon premier voyage \u00e0 Londres, alors que depuis quelques mois je lisais le journal de Virginia Woolf et avais visit\u00e9 les lieux de l&rsquo;\u00e9crivaine. Bloomsbury, Hyde Park, Saint-Yves, Monk&rsquo;s House \u00e0 Rodmell. Sans doute que cette phrase est \u00e0 jamais grav\u00e9e dans ma m\u00e9moire et me transmute vers Londres et l&rsquo;Angleterre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>36 | routines du lire \u00e9crire, et quoi faire de mieux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Premier geste du matin attraper le livre au pied du lit. Pour temps de lecture dans la journ\u00e9e. De routine il n&rsquo;y a pas vraiment. Sauf le caf\u00e9, pas possible de commencer la journ\u00e9e avant. En p&rsquo;tt d\u00e9jeunant regarder son fil Facebook. Piocher quelques articles, lire <em>Paum\u00e9e<\/em> de Brigitte Celerier, parfois si temps et courage la chronique d&rsquo;Andr\u00e9 Markowicz sur l&rsquo;Ukraine. Les titres de Mediapart. Si pas trop tard quelques pages du livre rapatri\u00e9 de la chambre.<br>Puis allumer l&rsquo;ordinateur pro. Lire ses mails. R\u00e9pondre. Penser \u00e0 la consigne d&rsquo;\u00e9criture du jour. Ouvrir l&rsquo;appli oneNote pour jeter quelques lignes. Reprendre le fil du boulot. Passer un coup de fil. \u00c9crire un courrier. Un rapport. Coinc\u00e9e sur un dossier. R\u00eavasser. Lire trois pages du livre en cours. Parfois suffit \u00e0 d\u00e9bloquer le dossier.<br>Jour de d\u00e9placement en Dordogne. <em>Relire le paragraphe pr\u00e9c\u00e9dent jusqu&rsquo;\u00e0 Mediapart. Ensuite reprendre le fil de la lecture ici<\/em> : sauter dans la voiture de service et brancher un podcast. Souvent une \u00e9mission ou entretien litt\u00e9raire depuis que j&rsquo;ai rencontr\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture. De temps en temps s&rsquo;arr\u00eater sur un parking pour jeter quelques mots dans oneNote.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>35 |&nbsp;la panne, l\u2019embrouille<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tu te souviens de cette pi\u00e8ce vu au TNBA en janvier ? oui mont\u00e9e par Catherine Marnas &#8211; impossible de me souvenir du titre &#8211; oui avec deux acteurs &#8211; Euh\u2026 d&rsquo;eux aussi j&rsquo;ai oubli\u00e9 le nom &#8211; une jeune institutrice en Charente &#8211; fin 19e &#8211; six lits align\u00e9s sur sc\u00e8ne &#8211; cisgenre &#8211; vir\u00e9e de l&rsquo;\u00e9cole quand on a su qu&rsquo;elle avait chang\u00e9 de sexe &#8211; vie bris\u00e9e &#8211; jeu de voiles l\u00e9gers &#8211; envo\u00fbtants acteurs &#8211; en arrivant au th\u00e9\u00e2tre une affiche me nargue, la pi\u00e8ce est reprogramm\u00e9e &#8211; Herculine Barbin : Arch\u00e9ologie d\u2019une r\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>34 | ah \u00e7a ce serait une histoire pour&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ma biblioth\u00e8que : un capharna\u00fcm plus ou moins organis\u00e9. Les \u00e9tag\u00e8res avec des coins th\u00e9\u00e2tre, environnement, art contemporain, art brut, bd, litt\u00e9rature, dvd &#8211; des piles par terre &#8211; \u00e0 classer, \u00e0 lire. Pourtant je suis s\u00fbre que comme Monsieur Chardon bleu dans la parfumerie bric \u00e0 brac film\u00e9e par Agn\u00e8s Varda dans&nbsp;<em>Daguerr\u00e9otype<\/em> qui sans h\u00e9siter d\u00e9niche un flacon sur les \u00e9tag\u00e8res, je trouverais n&rsquo;importe quel livre. Et d&rsquo;ailleurs Varda elle l&rsquo;aurait film\u00e9 comment mon capharna\u00fcm, et sa voix off qu&rsquo;aurait-elle dit ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>33 | faire le vide<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Se vider la t\u00eate. Aller marcher. Franchir la dune. Entendre l&rsquo;oc\u00e9an. Red\u00e9couvrir l&rsquo;immensit\u00e9 de la plage. Sentir les odeurs des embruns. Se remplir les poumons d&rsquo;iode. Ressentir le froid vif en cette fin de journ\u00e9e de d\u00e9cembre. Admirer le contraste des couleurs. L&rsquo;orang\u00e9 du sable, les bleus, \u00e9lectrique de l&rsquo;oc\u00e9an, l\u00e9g\u00e8rement rose du ciel. L&rsquo;intensit\u00e9 du blanc des&nbsp; vagues. Ne penser \u00e0 rien. Juste fixer l&rsquo;horizon et tenter d&rsquo;apercevoir l&rsquo;Am\u00e9rique. Marcher. Rentrer quand le soleil se couche. Constater un miracle, un texte s&rsquo;est \u00e9crit dans la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#31 | de l\u2019\u00e9tat du monde<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tu te souviens qu\u2019aujourd&rsquo;hui 10 d\u00e9cembre c&rsquo;est l\u2019anniversaire de la d\u00e9claration universelle des droits de l humains. Alors tu ouvres le site d\u2019Amnesty International. Tu n\u2019\u00e9criras rien aujourd&rsquo;hui. Pas de mot pour dire la libert\u00e9 d\u2019expression.<\/p>\n\n\n\n<p>Celle d&rsquo;Alexandra Scotchilenko, une artiste russe d\u00e9tenue pour avoir critiqu\u00e9 la guerre en Ukraine. Celle de la journaliste chinoise Zhang Zhan emprisonn\u00e9e et tortur\u00e9e pour ses reportages sur le covid. Celle de Shahnewaz Bangladais condamn\u00e9 \u00e0 10 ans de prison pour un post facebook de d\u00e9fense de l\u2019environnement. Elles, eux et tant d\u2019autres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#30 | fait divers, tout petit fait divers<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aire-sur-Adour. Landes. SDF. Trente ans. Se d\u00e9nonce \u00e0 la gendarmerie. Il dit avoir vol\u00e9 des barils de p\u00e9trole cet \u00e9t\u00e9 \u00e0 Mimizan. Les gendarmes v\u00e9rifient. Des barils ont en effet \u00e9t\u00e9 d\u00e9rob\u00e9s en ao\u00fbt dans cette commune. Valeur 1300 euros. Douze mois de prison, six avec sursis. L&rsquo;homme dit vouloir payer sa dette \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 pour prendre un nouveau d\u00e9part. Il s&rsquo;est d\u00e9nonc\u00e9 le 7 d\u00e9cembre. Il veut passer l&rsquo;hiver au chaud, commentent certains. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>#29 | on n\u2019aurait pas d\u00fb, voil\u00e0 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jamais je n&rsquo;aurai d\u00fb allumer la t\u00e9l\u00e9 dans cette chambre d&rsquo;h\u00f4tel. France 5 cha\u00eene du service publique. Voir Bardella et Le Pen dans un spot publicitaire vantant les id\u00e9es du Rassemblement national. Et incitant les t\u00e9l\u00e9spectateurs \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 ce parti. La banalit\u00e9 du mal. | Jamais je n&rsquo;aurai d\u00fb accepter ce rendez-vous avec les \u00e9lus d&rsquo;une petite commune, dont la conception de l&rsquo;urbanisation qui va saccager une zone de grande qualit\u00e9 paysag\u00e8re m&rsquo;a d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Pas r\u00e9ussi \u00e0 les convaincre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#28 | rumin\u00e9, rab\u00e2ch\u00e9, ressass\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Souvent de fa\u00e7on al\u00e9atoire elle revient en m\u00e9moire cette question de la mani\u00e8re d&rsquo;\u00e9crire mes p\u00e9r\u00e9grinations dans la ville pour en saisir l&rsquo;esprit ou le g\u00e9nie des lieux peut-\u00eatre la r\u00e9ponse hier avec ce double observ\u00e9 par la voie de la narratrice noter ces quelques pistes de r\u00e9flexion dans le carnet ainsi les garder en m\u00e9moire pour y revenir les consolider et avancer dans l&rsquo;objectif fix\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;\u00e9crire les lieux arpent\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#27 | pas moi, mais mon double<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tu participes \u00e0 la fresque du climat. Au d\u00e9but, tu \u00e9coutes les consignes, te pr\u00eates au jeu. Tu interagis avec tes coll\u00e8gues pour positionner les cartes des diff\u00e9rentes composantes du changement climatique. Je te regarde, c&rsquo;est imperceptible, je le lis sur ton visage. L&rsquo;exercice collectif, trop long pour toi. Un hochement de t\u00eate, quelques mots par intermittence, tu es ailleurs. Je le sens, je le sais. Partie dans tes pens\u00e9es, vers la journ\u00e9e de demain en Dordogne, vers les cano\u00ebs de Kerangal&#8230; Vers ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#26 | choses nettes, choses floues<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Flou le matin avant d&rsquo;avoir chauss\u00e9 mes lunettes de myope, la t\u00eate encore pleine de sommeil &#8211; Nets les messages des syndicats : \u00e9lections professionnelles, votez [pour nous] avant jeudi &#8211; Floue la pr\u00e9vision de circulation des trains en d\u00e9cembre &#8211; Floue la position de l&rsquo;Iran face \u00e0 la suppression de la police des m\u0153urs &#8211; Net le trac\u00e9 des rails du RER qui filent vers Paris &#8211; Flou le paysage de Seine par la fen\u00eatre du RER :&nbsp; brume et pluie &#8211; Peu de net beaucoup de flou c&rsquo;est lundi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#25 | fragment du corps<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Corps emmitoufl\u00e9 dans un manteau chaud et \u00e9tanche &#8211; prot\u00e8ge de la pluie &#8211; cerveau a conscience du besoin d&rsquo;eau &#8211; corps, visage et lunettes appr\u00e9cient moins &#8211; corps en marche, t\u00eate \u00e9crit en marchant &#8211; corps \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat en attente devant stands du march\u00e9 &#8211; t\u00eate lit les textes du Grand carnet &#8211; corps fatigue sous la charge des kilos qui s&rsquo; accumulent dans le panier &#8211; retour pas de pluie &#8211; corps appr\u00e9cie &#8211; cerveau moins, pas suffisant ces pluies fines pour recharger les nappes ! <\/p>\n\n\n\n<p><strong>#24 | salle d\u2019attente<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Fixer le plan de Paris jauni, un coin qui pendouille sur la tapisserie d\u00e9fra\u00eechie pendant que le r\u00e9ceptionniste de l&rsquo;h\u00f4tel r\u00e9dige la facture pour deux nuits. \u00c7a va \u00eatre long asseyez-vous. | Rester longtemps sous la chaleur de la couette alors que le r\u00e9veil a d\u00e9j\u00e0 sonn\u00e9. | Assise dans un fauteuil sans penser \u00e0 rien, enfin si : c&rsquo;est \u00e7a un temps perdu ? | Monsieur, n&rsquo;enlevez pas votre carte trop vite. \u00c7a fait trois fois. Allez-y, vous attendez trop cette fois. Allongement de l&rsquo;attente \u00e0 la caisse du supermarch\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>#23 | exercice avec d\u00e9nombrement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>2\/12\/22 | 16:32 | RER D. De Gare de Lyon (75) \u00e0 Ponthierry (77). 49 kilom\u00e8tres. 50 minutes de RER. [9h12 \u00e0 pied, 2h45 \u00e0 v\u00e9lo]. Changement \u00e0 Melun apr\u00e8s 26 minutes de trajet. 13 minutes pour le&nbsp; changement. Champ de vision trajet 1 : 3 trottinettes. 6 personnes lisent sur leur \u00e9cran de portable, 0 un livre. 1 voyageur mange 1 pomme, 1 t\u00e9l\u00e9phone. 2 portent 1 casque sur les oreilles. 0 se parle. 2 portent 1 bonnet, 3 une capuche. 1 contr\u00f4leur annonce, 0 probl\u00e8me sur la ligne. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>21 | faire bouger les choses<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Recouvrir sur les pr\u00e9sentoirs du kiosque de la gare, le Figaro par Lib\u00e9ration, Beaux-Arts magazine par Art Press, le livre \/comment se faire des amis\/ par \/La place\/ d&rsquo;Annie Ernaux | Prendre le train de 12h45 pour Mont-de-Marsan, alors que je vais \u00e0 Paris par un autre train de 12h45. Non quand m\u00eame pas ! | D\u00e9cider de passer la soir\u00e9e \u00e0 la cin\u00e9math\u00e8que et sentir que mes pas me dirigent vers Beaubourg pour la soir\u00e9e autour de Jane Campion. Aimer que mes pas d\u00e9cident de ma soir\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#20 | la sc\u00e8ne est muette (mais vaut son prix)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pas de transaction entre deux personnages, juste une appli qui dit \u00e0 une narratrice qu&rsquo;elle a \u00e9chang\u00e9 son billet de train 24h trop tard. 15 euros de p\u00e9nalit\u00e9. | 18,18 euros. Pas un mot juste un visage d\u00e9form\u00e9 par l&rsquo;\u00e9tonnement de l&rsquo;acheteuse et un rire de la caissi\u00e8re. | Dr\u00f4le de billet dans la main de la personne devant moi. Je reconnais la MIEL une monnaie alternative d&rsquo;Int\u00e9r\u00eat \u00c9conomique Locale. La caissi\u00e8re du magasin bio n&rsquo;est pas troubl\u00e9e. Elle rend la monnaie sans une seconde d&rsquo;h\u00e9sitation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#19 | Transaction<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il bascule sur sa chaise \u00e0 roulettes, fr\u00f4le la chute. Ah non le service du courrier ce n&rsquo;est pas l\u00e0. C&rsquo;est Tour A 17e \u00e9tage. Vous \u00eates Tour B 18e \u00e9tage | Glissez votre carte, c&rsquo;est bon. Bon app\u00e9tit dit-elle en enregistrant d\u00e9j\u00e0 le montant du plateau suivant | Arriv\u00e9e de la personne qui nettoie les bureaux. Un petit signe de la main pour bonjour, je suis au t\u00e9l\u00e9phone. \u00c9change de sourires. Un geste de la main plus ample, oui vous pouvez entrer, non vous ne me d\u00e9rangez pas | <\/p>\n\n\n\n<p><strong>#18 | recopier c\u2019est facile<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>J&rsquo;ai cru longtemps que je voulais raconter l&rsquo;histoire de mon p\u00e8re. Et dans la banale histoire d&rsquo;un homme banal, j&rsquo;aurais gliss\u00e9 la mienne. Puis j&rsquo;ai compris que ce n&rsquo;\u00e9tait pas ce dont il s&rsquo;agissait. Ce dont il est question ici, c&rsquo;est d&rsquo;une g\u00e9ographie. Une question de territoires qui se c\u00f4toient, se croisent, se chevauchent et s&rsquo;interp\u00e9n\u00e8trent. Si c&rsquo;est une histoire de g\u00e9ographie, c\u2019est alors une histoire de fronti\u00e8res souvent ferm\u00e9es et pourtant franchies, infranchissables et pourtant travers\u00e9es. Au del\u00e0 du silence, au del\u00e0 de la mort. La tienne.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le livre de Pascale Dewanbrechies pos\u00e9 sur la table du salon. Un bel objet \u00e0 la couverture bleu ardoise. Titre, auteur, maison d&rsquo;\u00e9dition en lettres blanches. Une typographie ronde. Georgia. Une police \u00e0 empattement cr\u00e9\u00e9e en 1993 pour une grande lisibilit\u00e9 sur \u00e9cran. Une police qui dit le voyage. Le dessin d&rsquo;une DS, en trait blanc, \u00e9vid\u00e9, laisse appara\u00eetre le fond bleu ardoise. On imagine ais\u00e9ment le choix de ce dessin pour dire la \/g\u00e9ographie d&rsquo;un p\u00e8re\/.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#1<\/strong><strong>7<\/strong><strong> petits embellissements bienvenus<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sous les pav\u00e9s la plage, sous le bitume la terre. Arracher le bitume dans la ville. Laisser pousser les arbres, les mauvaises herbes, les fleurs. Planter des arbres fruitiers. Retrouver une ville fraiche et nourrici\u00e8re. Une terre grouillante de vers de terre, papillons, limaces, abeilles, passereaux\u2026 | Remplacer les noms de rues \u00e0 la r\u00e9sonance militaire par Chantal Akerman, Agn\u00e8s Varda, Duras, G Halimi, Rosa Parks. Pas de risque qu&rsquo;elles soient majoritaires, gu\u00e8re plus de 10% aujourd&rsquo;hui \u00e0 Bordeaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#16 | une apr\u00e8s-midi \u00e0 Bordeaux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pull bleu marine brod\u00e9 d&rsquo;un \u00e9cusson TBM | Soutane d&rsquo;un noir intense, une petite touche de blanc, le col romain qui ferme la chemise | Kilt \u00e9cossais, met en valeur un tatouage sur le mollet&nbsp; | V\u00eatue de noir de la t\u00eate au pied, une seule note de couleur un foulard orange brique | Emmitoufl\u00e9e dans un blouson rose fuschia, pantalon rose parsem\u00e9 de fleurs blanches, baskets roses | Blouson jaune vif, voil\u00e9e d&rsquo;un foulard noir | Pantalon gris anthracite couvert de t\u00e2ches de pl\u00e2tre et de peinture | Blouson de cuir noir, jean, et rangers noirs un casque de moto rouge \u00e0 la main | Casquette, foulard et blouson de qualit\u00e9, jean d\u00e9chir\u00e9, baskets aux semelles compens\u00e9es&nbsp; | Tee-shirt \u00e0 lignes, blouson sans manche, sac \u00e0 dos avachi, casque sur les oreilles | Manteau beige assez long, jean, talons aiguilles, lunettes de soleil | Bermuda noir flottant, blouson \u00e0 la fermeture \u00e9clair jaune fluo, bonnet orange, chaussure de jogging | Los Angeles \u00e9crit en lettres capitales jaune \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re de son blouson noir, manches blanc-cass\u00e9 | Pantalon moulant noir et blouson coupe-vent rose fuschia | Skate viss\u00e9 au pied, pantalon noir large, Tee-shirt noir orn\u00e9 d&rsquo;un dessin en arabesque blanc, casquette noire, visi\u00e8re \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re | Tout est ajust\u00e9 laissant deviner les muscles, le pantalon, le pull, les gants, le bonnet | Tout est ample, le jean, le pull, la chemise, le blouson, le bonnet | The North Face \u00e9crit sur le pantalon, les chaussures, le blouson, le sac \u00e0 dos | Jean serr\u00e9, pull court laissant voir le ventre | B\u00e9ret Basque, pantalon de randonn\u00e9e, chaussures de marche, coquille Saint-Jacques accroch\u00e9e au sac \u00e0 dos | Keffieh autour du cou, jupe longue fleurie, veste longue en laine |<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#15 |&nbsp;cut up moi \u00e7a<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ne vous inqui\u00e9tez pas le trac\u00e9 de la v\u00e9loroute est en dehors de l&rsquo;espace naturel sensible \/ Le maire avait tout dans la t\u00eate. C&rsquo;est difficile pour ses adjoints de reprendre les dossiers depuis son d\u00e9c\u00e8s. Pas encore de candidat.es pour le remplacer. Les \u00e9lections approchent \/ Accident sur l&rsquo;autoroute A63. De gros ralentissements \u00e0 pr\u00e9voir \/ Vous n&rsquo;avez rien \u00e0 payer le vin \u00e9tait compris dans le menu \/ Le co\u00fbt d&rsquo;un mur en pierre s\u00e8che est pratiquement identique \u00e0 celui d&rsquo;un mur en b\u00e9ton. Tellement plus adapt\u00e9 \u00e0 ces paysages remarquables du P\u00e9rigord.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#14 | rien qu\u2019une seconde<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une femme marche paisiblement le long de la V\u00e9z\u00e8re aux Eyzies. En l&rsquo;espace d&rsquo;une seconde une rafale emporte tout. Les routes et les ponts. La ligne de chemin de fer. Les maisons, le mus\u00e9e de Pr\u00e9histoire, la mairie, les h\u00f4tels et restaurants. Les for\u00eats et la v\u00e9g\u00e9tation qui couvrent les falaises. En une seconde le temps fait un bond de 35 000 ans en arri\u00e8re. Du temps des premi\u00e8res occupations homo sapiennes de la Vall\u00e9e. la femme est entra\u00een\u00e9e dans ce tourbillon du temps. Elle se dirige alors vers l&rsquo;abri sous roche o\u00f9 elle vit avec sa tribu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#12 | la grisaille, les dessous<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour pr\u00e9parer l\u2019\u00e9criture sur une ville. Tenter la m\u00e9thode des Paysagistes. D\u00e9cortiquer la carte au 25 000e, rep\u00e9rer le relief, les routes et les chemins, les cours d\u2019eau, la toponymie. Puis arpenter le lieu en marchant. Saisir l&rsquo;esprit du lieu. Ouvrir Google street view et explorer la ville plus vite. S\u2019aider d\u2019internet, engranger des bribes de son histoire, sa g\u00e9ographie, ses activit\u00e9s humaines pour construire son paysage. La grisaille est pos\u00e9e sur la page, plus qu\u2019\u00e0 jeter les mots.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#11 | c\u2019est dimanche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9crire pour r\u00e9-apprendre \u00e0 lire ou lire pour mieux \u00e9crire ? Souvenir des livres, des auteur.es d\u00e9couvert.es &#8211; lu.es -depuis que je tente d&rsquo;\u00e9crire. <em>Le devenir du roman<\/em> par un collectif d&rsquo;auteur.trices paru chez Inculte. Jacques Roubaud. Danielle Collobert. Georges Perec. Jane Sauti\u00e8re. Olivia Rosenthal. Anne Savelli. Edouard Lev\u00e9. Marie Cosnay. Emmanuel Hocquard. Etel Adnan. Laurent Mauvignier. Marielle Mac\u00e9 <em>Nos cabanes<\/em>. Depuis le d\u00e9but de cette exp\u00e9rience de lecture-\u00e9criture <em>Mes cabanes<\/em> se sont consolid\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#10 | pendant que<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant qu&rsquo;Andre\u00ef Kourkov lit en russe l&rsquo;introduction de son dernier livre je pense \u00e0 Tchekov. Pendant que Ma\u00eft\u00e9 me coupe les cheveux j&rsquo;organise en pens\u00e9e mon emploi du temps de la semaine \u00e0 venir. Pendant que sonnent les douze coups de midi \u00e0 la pendule je pense aux coups de Big Ben qui retentissent souvent dans Mrs Dalloway. Pendant que je marche le long de la Garonne \u00e0 Bordeaux je suis en pens\u00e9e au bord de l&rsquo;Adour \u00e0 Bayonne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color\"><strong>09 | ne pas s\u2019attarder sur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une berge de la Dordogne couverte d&rsquo;enrochements grossiers visibles depuis l&rsquo;autre rive, verrue dans le paysage. Une plate-forme en b\u00e9ton coul\u00e9e sur un espace naturel sans autorisation. Le Maire de la commune de C. mort d&rsquo;une crise cardiaque. Les travailleurs migrants au Qatar disent qu&rsquo;ils ne verront aucun match dans les stades qu&rsquo;ils ont construits. Des files de camions sur l&rsquo;autoroute, pas un seul train sur la ligne de chemin de fer contigu\u00eb. Une seule bonne nouvelle : il pleut !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#08 | les noms c&rsquo;est du propre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alienor d&rsquo;Aquitaine Julie Gacon Vanessa Ollivier Le\u00efla Clothilde Denise de Pile Calixte Camelle Delphine Labails Na\u00efma Yahi Olivia Gesbert Catherine Meurisse Jos\u00e9phine Baker Madame Cro Magnon Sabine Maisonneuve Sonia Kronlund Raymonde Suzanne Laur\u00e9line Lamotte Madame Neanderthal Martine Armiguet Aur\u00e9lie Marilyn Monroe Fabienne Sint\u00e8s Annie Dillard Corinne Morel Darleux<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#07 | chaque visage un trait<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que l\u2019ascenseur monte les \u00e9tages de la tour de bureaux les joues de l\u2019homme se gonflent les l\u00e8vres se pincent, arriv\u00e9 \u00e0 destination il est pr\u00eat pour un soupir de d\u00e9motivation | Expression grave regard dur les yeux esquissent \u00e0 peine un sourire alors que les autres convives de la tabl\u00e9e \u00e9clatent de rire | Charlotte sur les cheveux double paire de lunettes masque sur le visage sous cet attirail perce le sourire r\u00e9confortant du dentiste pr\u00eat \u00e0 m\u2019arracher une dent |<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#06 | personne d&rsquo;autre que moi n&rsquo;aurait remarqu\u00e9 que<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Personne d&rsquo;autre que moi n&rsquo;aurait remarqu\u00e9 les insectes qui sont sortis du composteur de la rue de l&rsquo;Emaillerie \u00e0 14h34&nbsp;? Ni la coque de noix sur le bord du bac. Ni les deux \u00e9quipes d\u2019enfants qui s\u2019affrontent sur le terrain de foot, ni l\u2019homme qui man\u0153uvre le bras \u00e9l\u00e9vateur d\u2019un camion, ni le petit camion jaune du livreur, ni le chien qui traverse la rue. Personne d\u2019autre que moi ? Pas s\u00fbr. Mais ce qui est s\u00fbr c&rsquo;est que personne n&rsquo;a rassembl\u00e9 ces \u00e9v\u00e9nements minuscules dans un texte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#<\/strong><strong>0<\/strong><strong>5<\/strong><strong> | <\/strong><strong>ciel du lundi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>8h13 &#8211; Des tra\u00een\u00e9es de lignes rouges, de fines bandelettes jaunes soulignent des \u00e9charpes de nuages de toutes les nuances de gris. 9h28 &#8211; Atmosph\u00e8re changeante. Tout va si vite. Les nuages \u00e9clatent de toutes parts. Il pleut. 12h35 &#8211; Au milieu des nuages un coin de ciel bleu et un rayon de soleil luttent pour \u00e9merger. 15h05 &#8211; Les nuages blanchissent, s&rsquo;affirment, moutonnent. Le bleu du ciel a gagn\u00e9 la partie. 17h35 &#8211; La nuit tombe, la lutte est termin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#<\/strong><strong>04 | phrase de r\u00e9veil<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9veil. Pas de r\u00eave. Pas de phrase. Seulement une sensation de chaleur. Me revient en m\u00e9moire une info. En octobre, 2\u00b0 au-dessus de la p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence 1991-2020. Et en 2030, en 2035, et dans un si\u00e8cle ? Combien ? Les r\u00e9fugi\u00e9s climatiques. Qui va les accueillir ? 2050 au Bangladesh&nbsp;: 20 % du territoire perdu. 13 novembre \u2013 sept ans d\u00e9j\u00e0. Se lever. Caf\u00e9. Douche. Se laver le cerveau. Lire Autoportrait d\u2019Edouard Lev\u00e9. <em>Je me passe du journal pendant des mois<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#03 | il aurait fallu&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Regarde la rosace&nbsp;! Au plafond de l&rsquo;appartement du dernier \u00e9tage d\u2019un immeuble bourgeois. Aper\u00e7u furtivement dans la nuit. Et si je traversais. Et si je poussais le portail. Et si je montais les \u00e9tages. Et si je frappais \u00e0 la porte. S\u00fbre que je n&rsquo;y retrouverais pas les personnages de <em>Huit heures ne font pas un jour<\/em> de Fassbinder, quitt\u00e9s quelques minutes plus t\u00f4t. S\u00fbre du contraste avec l&rsquo;appartement des Kr\u00fcger-Epp, une famille de la classe ouvri\u00e8re du Cologne des ann\u00e9es 70.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#02 | si loin, si loin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le plus petit de mes carnets de voyage. Quelques centim\u00e8tres de long. Un centim\u00e8tre de large. Une trentaine de pages. Perdu depuis longtemps. La couverture cartonn\u00e9e peinte de la couleur des feuilles d&rsquo;automne de la for\u00eat proche. Sur les pages griffonn\u00e9s les noms des lieux visit\u00e9s. Des aquarelles lilliputiennes. Des dates. Des brins d&rsquo;herbes et fleurs s\u00e9ch\u00e9es. Une page color\u00e9e avec la terre locale. Des pages blanches jamais compl\u00e9t\u00e9es. Sans doute d&rsquo;autres choses. Oubli\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#<\/strong><strong>0<\/strong><strong>1<\/strong><strong> | D<\/strong><strong>e l\u2019impr\u00e9vu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Huiti\u00e8me \u00e9tage de la cit\u00e9 administrative. 17h30. Lever la t\u00eate de l&rsquo;ordinateur. Par la fen\u00eatre la ville en plong\u00e9e. Les boulevards puis la ville intramuros. Suivre des yeux la rue qui descend vers l&rsquo;\u00e9glise St-Seurin. Au loin la place des Quinconces, en toile de fonds les coteaux de Garonne. Le soleil d\u00e9cline, le ciel s&#8217;empourpre. Au dessus de la ville un immense nuage rouge orang\u00e9, des petits gris noirs. Vision cauchemardesque en \u00e9cho aux images apocalyptiques des grands incendies de l&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>40 | neuf instructions pour son double pour que continue le carnet \u00c9cris quelques mots, 480 signes ou plus tous les joursNote des paroles chop\u00e9es au vol Lis pour \u00e9crire, \u00e9cris pour lire Essaie d&rsquo;aller voir du c\u00f4t\u00e9 du journal de Kafka Marche et perds-toi dans la ville Marche, observe et \u00e9cris dans ta t\u00eate ou sur ton t\u00e9l\u00e9phone Ecris <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-isabelle-vauquois\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Carnet individuel \u2013 Isabelle Vauquois<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":565,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897],"tags":[],"class_list":["post-100776","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100776","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/565"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=100776"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100776\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=100776"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=100776"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=100776"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}