{"id":102092,"date":"2022-12-19T17:04:47","date_gmt":"2022-12-19T16:04:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=102092"},"modified":"2022-12-19T17:04:48","modified_gmt":"2022-12-19T16:04:48","slug":"carnets-individuels-vincent-francey","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-individuels-vincent-francey\/","title":{"rendered":"Carnets individuels | Vincent Francey"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>#1<\/strong><\/p>\n\n\n<p>Il ne pleut plus. Pourquoi en suis-je surpris\u00a0? Peut-on d\u00e9cider d&rsquo;\u00eatre<br \/>surpris\u00a0?<\/p>\n<p><!-- \/wp:post-content --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Cette femme dans le train, capuchon sans visage.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Train la nuit, on ne sait plus quelle gare, on \u00e9tait trop dans le livre.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Trois machines de chantier orange dans l&rsquo;ombre, \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p>D\u00e9sob\u00e9ir\u00a0: l&rsquo;impr\u00e9vu aussi dans le monde int\u00e9rieur.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong>#2<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p>Il venait, il disait quoi, poussait quels cris\u00a0? Ses mains r\u00eaches, son<br \/>sourire, sa gentillesse malgr\u00e9 le cri, et la m\u00e9moire, la sienne, qui ne sait<br \/>pas. On est samedi\u00a0? mercredi\u00a0?<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong>#3<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p>Ils coupent des arbres. Lui avec la tron\u00e7onneuse. Penser au feu, aux<br \/>cervelas\u00a0; cet hiver, un manque. Il faudra.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong>#4<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p>Ressassement de la soif, les soucis avant m\u00eame que \u00e7a commence. Ils me g\u00e2chent jusqu&rsquo;\u00e0 mon r\u00e9veil. Quelle heure ?<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong>#5<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p>Peinture de ciel, \u00e7a d\u00e9file avec le train, des \u00e0-plats je crois que \u00e7a<br \/>s&rsquo;appelle, des \u00e0-plats de gris. Mais \u00e7a veut dire quoi, un ciel \u00e0 plat\u00a0?<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Un coin de ciel bleu, un trou, une \u00e9chapp\u00e9e, et deux oiseaux qui s&rsquo;en fichent.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Avion. Looping lent sur fond gris. Son gris, s&rsquo;\u00e9loignant.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Rayon de soleil sur les arbres d&rsquo;automne. Ils avalent le ciel.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong>#6<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 ce regard. Ce type parle, ne cesse de parler, il accapare la parole, faire tout se taire alentour, mais elle jette un \u0153il sur moi, \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e. Puis la nuit (une passante\u00a0?). Ce regard, est-ce moi qui le lui ai d\u00e9rob\u00e9 ou est-ce que je l\u2019ai invent\u00e9\u00a0? Toi qui le savais, ce regard\u00a0?<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong>#7<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><em>(ici le carnet s&rsquo;interrompt) (seul visage : le capuchon de la fille dans le train, l&rsquo;autre jour) (trop perdu dans moi pour les voir) (tristesse infinie que cette journ\u00e9e sans visages) <\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><em><strong>#<\/strong><\/em><strong>8<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Alexandre Voisard Sei Sh\u00f4nagon Jeanne Cousseau Charles Baudelaire Wolfgang Amadeus Mozart Jan Van der Roost Fr\u00e9d\u00e9ric Gros David Bowie Victor Hugo Claude Eatherly G\u00fcnter Anders Hannah Arendt Iggy Pop Bruno Lalonde Andr\u00e9 Markowicz Neil Young Alain Fischer Anton Bruckner Eug\u00e8ne Ionesco Raymond Reddington Anne Savelli James Haspiel Marilyn Monroe Eve Arnold John Coprario Henry Purcell Malcolm Lowry Bernard-Marie Kolt\u00e8s William James Emmanuel Chabrier Paul Tortelier Jean-Claude Malgloire Alan Stivell Bernard Joyet H\u00e9l\u00e8ne Martin Arwen Und\u00f3miel Atanatar Alcarin Telumetar Umbardacil Bandabras Touque D\u00e1in Ironfoot Thorin \u00c9cu-de-Ch\u00eane Muddy Waters Lucas Marchand Louis Loucheur Carols Gardel H\u00e9l\u00e8ne Brion Catherine Omn\u00e8s Jean-Roger Caussimon Abd Al Malik Bob Marley Maurice Fanon Laura Lee Downs Albert Thomas Fanny Clar Jacques Martin Michelle Zancarini-Fournel L\u00e9on Jouhaux Alphonse Merrheim Henry Gazan Madeleine Reb\u00e9rioux Ronald Brautigam Buddy Rich Johannes Brahms Edith Piaf<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><em><strong>#<\/strong><\/em><strong>9<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Ne pas s\u2019attarder sur le Qatar, le monde, le manque de bi\u00e8re, la t\u00e9l\u00e9vision install\u00e9e en salle des ma\u00eetres, ne pas s\u2019attarder sur l\u2019inhumain, l\u2019inertie, l\u2019effondrement g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><em><strong>#<\/strong><\/em><strong>10<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Pendant que j\u2019entends cette apocalypse de clarinette, le monde fait semblant de tourner encore<em>.<\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><em><strong>#<\/strong><\/em><strong>11<\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Un horrible vieux barbu, le fil de bave quand il parle, les verrues aux doigts, les poils de chats sur le veston. Il lit. Ma r\u00e9daction. \u00ab\u00a0Le temps de finir ma bi\u00e8re, je lui avais d\u00e9j\u00e0 pardonn\u00e9.\u00a0\u00bb \u00c7a doit se terminer ainsi. Une histoire de cercueils, forc\u00e9ment. Le m\u00eame barbu, un jour, nous a mis Claude Simon dans les pattes. Ma surprise\u00a0: on peut aussi \u00e9crire comme \u00e7a.<\/p>\n<p><strong>#12<\/strong><\/p>\n<p><em><span style=\"font-style: normal;\">Ciel en grisaille, certes, mais dessous\u00a0? L\u2019enfance. <\/span><\/em><\/p>\n<p><strong>#13<\/strong><\/p>\n<p><em><span style=\"font-style: normal;\">Des cartons, des noms, Philippe, Sarah, Adeline, des classeurs, l\u2019empilement des savoirs \u00e0 l\u2019arr\u00eat, on a dans la t\u00eate ces horreurs du cours, le nazisme, l\u2019endoctrinement, puis rien, un souffle, et personne, juste ces noms, Philippe, Sarah, Adeline, traces de visages d\u00e9j\u00e0 partis, et cauchemars de la nuit qui vient. <\/span><\/em><\/p>\n<p><strong>#14<\/strong><\/p>\n<p><em><span style=\"font-style: normal;\">Les bras, tendus, le torse, l\u2019eau, ma silhouette au fond, la sentir s\u2019affiner. Au loin\u00a0: ces cris d\u2019enfants. <\/span><\/em><\/p>\n<p><strong>#15 #16 #17<\/strong><\/p>\n<p><em>(ici nouvelle interruption, comme si le monde se refusait, comme si des bouches qui parlent et pas un son, seul le bourdonnement int\u00e9rieur, vague machine qui se d\u00e9glingue)<\/em><\/p>\n<p><em>(et cette nudit\u00e9 des jours de novembre)<\/em><\/p>\n<p><em>(et la laideur que rien n\u2019embellit, s\u2019y complaire ? de l\u2019\u00e9chec de l\u2019\u00e9criture faire na\u00eetre, quand il sera temps, ce nouveau qui se refuse) <\/em><\/p>\n<p><strong>#18<\/strong><\/p>\n<p><em><span style=\"font-style: normal;\">Je vivrai avec la conscience que je suis n\u00e9 pour les autres et j\u2019en rendrai gr\u00e2ce \u00e0 la nature\u00a0: comment, en effet, aurait-elle pu mieux prot\u00e9ger mon int\u00e9r\u00eat\u00a0? Elle m\u2019a donn\u00e9, moi seul, \u00e0 tous, et \u00e0 moi seul elle a donn\u00e9 tous les autres.<\/span><\/em><\/p>\n<p><em><span style=\"font-style: normal;\">Le soleil joue avec mon visage. Je devrais me raser. Rituel\u00a0: bonjour et bienvenue dans mon journal de lecture. Quelques nuages, y aller, tant pis. Et ces coquilles (\u00e9ditions arl\u00e9a, qu\u2019est-ce que vous foutez\u00a0?) comme autant d\u2019entraves. Sto\u00efque, m\u2019y d\u00e9patouiller.<\/span><\/em><\/p>\n<p><strong>#19<\/strong><b><\/b><\/p>\n<p>La queue\u00a0: celle qui fait remplir son gobelet, sa trottinette, une autre, jamais vue, deux mains suppl\u00e9mentaires, gant\u00e9es de bleu. Un pain au lait, il faut r\u00e9p\u00e9ter\u00a0: un petit pain. Sur l\u2019\u00e9tiquette\u00a0: en formation. Tirer les caf\u00e9s, faire aller la caisse, tiroir qui s\u2019ouvre, mon croissant pralin\u00e9, presque plus besoin de demander.<\/p>\n<p><strong>#20<\/strong><b><\/b><\/p>\n<p>Ciboulette\u00a0: sur le tableau noir, riz et lentilles, oignons. Elle verse le tout dans la po\u00eale, remue, verse. Deux pi\u00e8ces, un billet, les mains se rapprochent. Pas trop. Assez pour qu\u2019elle se les lave.<\/p>\n<p><strong>#21<\/strong><b><\/b><\/p>\n<p>B. Grosman et A. Reznik, une photo de gens cens\u00e9ment au travail, la femme parle au jeune type, le vieux, la main sous le menton, pose un regard int\u00e9ress\u00e9 (lourd serait plus juste) sur la femme. C\u2019est un livre de bien-\u00eatre, chez J\u2019ai lu (je n\u2019ai pas lu, bien s\u00fbr, j\u2019ai trouv\u00e9 dans la salle de lecture de Mis\u00e9ricorde). Il s\u2019agirait de conna\u00eetre et de d\u00e9fendre nos droits au travail et de savoir n\u00e9gocier en toutes circonstances. Le cacher quelque part dans le fatras de la salle des ma\u00eetres (le carton de Philippe, peut-\u00eatre).<\/p>\n<p><strong>#23<\/strong> <b><\/b><\/p>\n<p>1. C\u2019est 2. un 3. lar 4. ge 5. buf 6. fet 7. scul 8. pt\u00e9 (o\u00f9 placer le p, en 7 ou en 8\u00a0?)\u00a0; 9. le 10. ch\u00ea 11. ne 12. sombre, c\u2019est un alexandrin (0,5 point \u00e0 la question 2) (chiffrer la po\u00e9sie au lieu de la d\u00e9chiffrer) (contenu du buffet\u00a0: 1. fouillis de vieilles vieilleries 2. linges odorants et jaunes 3. chiffons 4. femmes et enfants (0,5 point en moins, c\u2019est un enjambement) 5. dentelles fl\u00e9tries 6. fichus de grand-m\u00e8re 7. griffons (-0,5) 8. m\u00e9daillons 9. m\u00e8ches 10. portraits 11. fleurs s\u00e8ches, ce n\u2019est pas un alexandrin). <b><\/b><\/p>\n<p><strong><i>#24 #25 #26 #27<\/i><\/strong><\/p>\n<p><i>(de plus en plus longues, les interruptions, presque une semaine\u00a0: pourquoi\u00a0?) <\/i><\/p>\n<p><i>(salle d\u2019attente\u00a0: y poser le carnet et attendre que \u00e7a s\u2019\u00e9crive tout seul) (ou\u00a0: sentiment que pas d\u2019attente) <\/i><\/p>\n<p><i>(corps\u00a0? comme si le mien mang\u00e9 par celui des autres\u00a0: celui souffrant, pleurant, celui qui se d\u00e9sagr\u00e8ge\u00a0; celui d\u00e9sir\u00e9, en miroir, le doigt caressant les l\u00e8vres\u00a0; celui f\u00e2ch\u00e9, le poing frappant la table) <\/i><\/p>\n<p><i>(choses nettes\u00a0: rien\u00a0; choses floues\u00a0: tout) <\/i><\/p>\n<p><i>(les autres ont mang\u00e9 mon double en m\u00eame temps qu\u2019ils m\u2019ont mang\u00e9 moi)<\/i><\/p>\n<p><strong>#28<\/strong><\/p>\n<p>Ce doigt pass\u00e9 sur les l\u00e8vres ces l\u00e8vres caress\u00e9es est-ce vraiment une caresse ce regard d\u00e9rob\u00e9 invent\u00e9 peut-\u00eatre et y revenir \u00e0 ces l\u00e8vres \u00e0 ce doigt qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire est-ce que \u00e7a dit oui est-ce que \u00e7a dit non est-ce que \u00e7a ne dit rien ce doigt ces l\u00e8vres y revenir mon d\u00e9sir pas le sien mais peut-\u00eatre le sien aussi parce qu\u2019on ne se passe pas le doigt sur les l\u00e8vres comme \u00e7a je ne crois pas avoir vu quelqu\u2019un d\u2019autre le faire mais c\u2019est elle pas n\u2019importe qui qui passe son doigt sur ses l\u00e8vres comme si elle se maquillait comme si elle voulait me les montrer ses l\u00e8vres mais c\u2019est moi qui interpr\u00e8te cela ne veut rien dire mais quand m\u00eame on ne se caresse pas les l\u00e8vres pour rien je n\u2019ai jamais vu \u00e7a elle me veut c\u2019est \u00e7a ou c\u2019est moi qui la veux c\u2019est \u00e7a un doigt des l\u00e8vres \u00e7a veut dire quoi ?<\/p>\n<p><strong>#29<\/strong><\/p>\n<p>Je n\u2019aurais pas d\u00fb le laisser de c\u00f4t\u00e9, ce carnet, me dire que mon esprit \u00e9tait trop occup\u00e9 pour ajouter des mots aux mots. Les mots, qu\u2019on le veuille ou non, surgissent. Parfois, ils ne devraient pas.<\/p>\n<p><strong>#30<\/strong><\/p>\n<p>Bulle, route de Morlon, peu avant minuit, un homme maigre vole le sac \u00e0 main d\u2019une octog\u00e9naire. Un autre homme, anglophone, la vingtaine, vient en aide \u00e0 la vieille femme, l\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9e. Le voleur, habill\u00e9 de noir, s\u2019en va \u00e0 pied vers le centre-ville.<\/p>\n<p><strong>#31<\/strong><\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-102092-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/VF.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/VF.mp3\">https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/VF.mp3<\/a><\/audio>\n<p>Coupe, coupez, coupe du monde, courez, coupez le monde, c\u2019est gagn\u00e9, c\u2019est perdu, c\u2019est la mort dans les stades, le dernier stade du monde, immonde monde, soleil, Qatar, cou coup\u00e9.<\/p>\n<p><strong>#32<\/strong><\/p>\n<p>Il chante \u00e0 travers ma gorge, son chant s\u2019\u00e9l\u00e8ve. Terre o\u00f9 je suis n\u00e9, sa voix, la n\u00f4tre, terre pauvre et nue, terre froide, sous la neige, il chante, terre endormie.<\/p>\n<p><strong>#33<\/strong><\/p>\n<p>Couper la musique, ne pas regarder l\u2019heure, tuer le temps, on l\u2019a, le temps, on verra apr\u00e8s, fermer les yeux. Ce go\u00fbt de cacahu\u00e8te dans la bouche, attendre qu\u2019il disparaisse.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><strong>#34<\/strong><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Cet immeuble de bureaux, face \u00e0 la gare, ces fen\u00eatres, bien s\u00fbr que Perec, en attendant le train, pendant ces quelques instants, en construirait mille histoires, le type \u00e0 son bureau qui rigole tout seul, le tableau derri\u00e8re lui, un cintre, l\u2019autre bureau, vide (disparition de quoi\u00a0? de qui\u00a0?), les trois filles en blouse blanche, des histoires de malades qu\u2019on sauve ou qu\u2019on assassine, et le g\u00e9rant de la Coop et celui de la Migros qui se toisent, et ces n\u00e9ons jaunes pour quelles glauques assembl\u00e9es, et l\u2019escalier bien s\u00fbr, auquel on ne songe jamais assez.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><strong><em>#35 #36 #37 #38 #39 #40<\/em><\/strong><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>(Ce n&rsquo;est plus une interruption, c&rsquo;est un abandon.) (M\u00eame pas lu les propositions, la vie trop prenante, on en vient \u00e0 oublier d&rsquo;\u00e9crire et d\u00e8s qu&rsquo;on s&rsquo;en rend compte on le regrette.) (Reprendre quand on aura la t\u00eate libre.) (Ce sentiment qu&rsquo;arrive un moment o\u00f9 il devient impossible d&rsquo;\u00e9crire avec le groupe, que le train est pass\u00e9 trop vite.) (Le regretter, vraiment ? S&rsquo;\u00e9manciper.)<\/em><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#1 Il ne pleut plus. Pourquoi en suis-je surpris\u00a0? Peut-on d\u00e9cider d&rsquo;\u00eatresurpris\u00a0? Cette femme dans le train, capuchon sans visage. Train la nuit, on ne sait plus quelle gare, on \u00e9tait trop dans le livre. Trois machines de chantier orange dans l&rsquo;ombre, \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat. D\u00e9sob\u00e9ir\u00a0: l&rsquo;impr\u00e9vu aussi dans le monde int\u00e9rieur. #2 Il venait, il disait quoi, poussait quels cris\u00a0? <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-individuels-vincent-francey\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Carnets individuels | Vincent Francey<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":97,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897,1],"tags":[],"class_list":["post-102092","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/102092","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/97"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=102092"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/102092\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=102092"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=102092"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=102092"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}