{"id":10579,"date":"2019-08-18T21:28:38","date_gmt":"2019-08-18T19:28:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=10579"},"modified":"2019-08-18T21:28:40","modified_gmt":"2019-08-18T19:28:40","slug":"embrasure-ete-2019-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/embrasure-ete-2019-4\/","title":{"rendered":"Embrasure (\u00e9t\u00e9 2019 #4)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/embrasure-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10580\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/embrasure-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/embrasure-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/embrasure-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/embrasure.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Du rouge, de l\u2019or. Turquoise et rubis. Du bleu, du blanc, de l\u2019orange et du jaune\u2009; \u00e7a et l\u00e0, des t\u00e2ches bordeaux, des \u00e9clats&nbsp;: de lumi\u00e8re, de coups\u2009; marteaux, clous, agrafes, peintures. La palette d\u2019un peintre abstrait. Le peintre, pas sa peinture. Il y a l\u00e0, en tout cas, un tr\u00e9sor. Une promesse. Une invite aussi&nbsp;: fer blanc, clous rouill\u00e9s, lattes disjointes, gonds us\u00e9s. Et le verrou, qui ne tient que par une vis. On pourrait ais\u00e9ment franchir la porte, et c\u2019est bien s\u00fbr trop facile. S\u2019il y a un tr\u00e9sor, il n\u2019est pas cach\u00e9 derri\u00e8re. Il est devant les yeux de celui qui sait regarder.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On pourrait ne rien voir, ne voir que le passage du temps, passer son chemin, refuser le chaos, mais le chaos n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une organisation de la nature \u00e0 laquelle nous ne comprenons rien. Lorsque je me prom\u00e8ne dans les rues du village avec mon appareil photographique, j\u2019oublie qui je suis. J\u2019oublie les formes et mes pr\u00e9conceptions. Je me fonds dans le chaos. Je laisse la nature d\u00e9river. Danser les couleurs. Les figures floues avec les aplats vifs. La beaut\u00e9 est un surgissement de l\u2019inconscient r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 travers l\u2019\u0153il de l\u2019objectif, agissant comme un passeur. Je ne suis plus \u00ab\u2009homme\u2009\u00bb. Je ne suis plus qu\u2019un amas d\u2019atomes vaguement agr\u00e9g\u00e9s et perp\u00e9tuellement en recomposition, dans l\u2019attente de l\u2019\u00e9l\u00e9vation. \u00c0 travers le viseur de l\u2019appareil, je m\u2019oublie. L\u2019esprit flotte et fusionne avec l\u2019univers. Il n\u2019y a plus de porte ni d\u2019\u00e9clats ni clous ni peinture. Il y a la beaut\u00e9, les couleurs\u2009; il y a le vertige de ce qui nous d\u00e9passe et nous touche un instant, ouvrant des perspectives qu\u2019on peine \u00e0 exprimer, des sentiments inconnus, la perception d\u2019un monde plus vaste, plus beau, un paradis perdu auquel nous n\u2019avons plus acc\u00e8s, mais qui nous est donn\u00e9 d\u2019apercevoir encore, en de rares occasions, quand l\u2019esprit de l\u2019homme et celui de la nature ne font qu\u2019un, dans l\u2019\u00e9vanouissement ou le d\u00e9r\u00e8glement des sens. Alors j\u2019appuie sur le d\u00e9clencheur pour garder quelque chose de la vague qui me submerge, un semblant d\u2019\u00e9cume, trace d\u00e9risoire d\u2019un passage, et peut m\u2019importe d\u00e9sormais le cadenas et la cha\u00eene qu\u2019on a ajout\u00e9e sur la porte. Je n\u2019ai nul besoin de la pousser. Le vrai tr\u00e9sor, je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 pris, il m\u2019appartient.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du rouge, de l\u2019or. Turquoise et rubis. Du bleu, du blanc, de l\u2019orange et du jaune\u2009; \u00e7a et l\u00e0, des t\u00e2ches bordeaux, des \u00e9clats&nbsp;: de lumi\u00e8re, de coups\u2009; marteaux, clous, agrafes, peintures. La palette d\u2019un peintre abstrait. Le peintre, pas sa peinture. Il y a l\u00e0, en tout cas, un tr\u00e9sor. Une promesse. 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